Piémont

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Piémont
Blason de Piémont
Héraldique
Drapeau de Piémont
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Chef-lieu Turin
Provinces 8
Communes 1 206
Président Sergio Chiamparino (PD)
2014-2019
NUTS 1 ITC (Italie du nord-ouest)
ISO 3166-2 IT-21
Démographie
Population 4 463 135 hab. (30/09/2011)
Densité 176 hab./km2
Géographie
Superficie 2 540 200 ha = 25 402 km2
Localisation
Localisation de Piémont
Liens
Site web http://www.regione.piemonte.it

Le Piémont (prononcé [pje.mɔ̃ ] ; en piémontais Piemont et en italien Piemonte) est une région du nord-ouest de l'Italie. Le Piémont tire son nom de sa situation géographique, au pied des Alpes. Traversé par le , son chef-lieu est Turin. Le Piémont est limitrophe des régions italiennes du Val d'Aoste, de Lombardie, de Ligurie et d’Émilie-Romagne, des cantons suisses du Valais et du Tessin et des régions françaises de Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côte d'Azur [1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Val Formazza.

Le Piémont fait partie de la région naturelle de la plaine du Pô, aux côtés de la Lombardie, de la Vénétie, de l'Émilie-Romagne et du Trentin-Haut-Adige.

Le Piémont est entouré, sur trois de ses côtés, par les Alpes, incluant le mont Viso au pied duquel le prend sa source, et le mont Rose. La géographie du Piémont est celle d'un territoire essentiellement montagneux (à 43,3 %) mais comportant aussi de vastes espaces de collines (30,3 % du territoire) et de plaines (26,4 %). Le Piémont est la deuxième plus grande région d'Italie, après la Sicile, en termes de superficie, sur les vingt régions que compte le pays. Son territoire recouvre essentiellement la partie supérieure du bassin du Pô, qui naît à l'ouest de la région, et est le plus important fleuve italien. Le Pô recueille l'eau provenant des rivières comprises dans le demi-cercle de montagnes (Alpes et Apennins) qui entoure trois côtés du Piémont. Le Piémont a toujours été une région riche d'Italie, berceau de l'industrie transalpine (Fiat, Agnelli), comparé au sud du pays (Pouilles, Sicile). Aujourd'hui, la majeure partie de la population est active dans les services.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Piémont.
Le pavillon de chasse de Stupinigi, l'une des résidences royales de la maison de Savoie au Piémont.

Le territoire qui correspond au Piémont d'aujourd'hui fut habité par des populations d'origine celto-ligure, qui ont été soumises à la culture romaine depuis le IIe siècle avant notre ère. De nombreuses villes piémontaises conservent d'importantes traces de l’époque romaine. Le Piémont a été, à plusieurs reprises, ravagé lors d'incursions des tribus germaniques et, pendant le Haut Moyen Âge, a été une liaison entre le royaume des Lombards et celui des Francs principalement en raison du Col du Mont-Cenis, poste frontière avec la France de la Val de Suse, en face de Turin. En 1418, la Principauté du Piémont naît pour être annexée, l'année suivante, par le duc de Savoie, lequel a la faveur de l'empereur et représente, pour celui-ci, une opposition fiable au parti guelfe. Dès 1494, le Piémont est embrasé par les guerres d'Italie. Dans la première moitié du XVIe siècle, le Pays devient le lieu de batailles entre des armées étrangères, ce qui bloque la vie culturelle. Avec le retour du Duché de Savoie et le déplacement de la capitale de Chambéry à Turin en 1563, commence une nouvelle époque au cours de laquelle le sentiment national piémontais devient toujours plus fort. Le Piémont est occupé par la France en 1796 et annexé le 11 septembre 1802. Après le retour du roi, l’élite culturelle piémontaise combat pour l’unité de l’Italie, qui est réalisée en 1861. Après la formation du royaume d’Italie, le Piémont perd beaucoup de son importance ; la langue piémontaise subit la concurrence de l’italien et la littérature piémontaise devient provinciale. En 1864, Turin perd son rôle de capitale et la langue ainsi que la culture italiennes prennent définitivement le pas sur la langue et la culture piémontaises. Au XXe siècle, le Piémont devient une région industrielle, caractérisée par une forte immigration en provenance du sud de l'Italie.

Nature[modifier | modifier le code]

La ville de Coni.

La région du Piémont présente des milieux naturels variés dus aux différences de relief. Environ 1 930 km² sont des zones protégées, soit un peu moins de 8 % de la superficie totale, et la région compte 190 hectares de parcs nationaux. Le parc national du Grand Paradis, à cheval entre Val d'Aoste et Piémont, est le plus connu. Ses paysages de haute montagne et sa faune riche en bouquetins sont très évocateurs. Le Val Grande est aussi un parc national. En outre, on dénombre pas moins de cinquante-six réserves ou parcs régionaux. Les zones marécageuses de la plaine du Pô ont fait l'objet de soins particuliers. La haute vallée de Suse est aussi un espace montagnard avec des zones protégées (Rochemelon).

Démographie[modifier | modifier le code]

Turin, la capitale du Piémont.
Novare, la Basilique de San Gaudenzio.

Le Piémont compte 4 463 135 habitants pour une superficie de 25 402 km2, soit une densité de 176 habitants par km2. Outre les chefs-lieux de provinces, les villes importantes sont Moncalieri, Rivoli et Collegno.

Rang Ville Province Population
1 Turin Turin 903 705
2 Novare Novare 102 037
3 Alexandrie Alexandrie 90 289
4 Asti Asti 73 159
5 Moncalieri Turin 57 025
6 Coni Coni 54 624
7 Rivoli Turin 51 996
8 Collegno Turin 48 091
9 Verceil Verceil 47 946
10 Biella Biella 47 353

Économie[modifier | modifier le code]

Le Piémont est une région riche, tant au point de vue agricole qu'industriel. Il totalise 1,7 million de salariés. Sa partie basse est une région agricole fertile. Les principaux produits agricoles de la région sont les céréales comme le riz, qui représentait plus de 10 % de la production nationale en 1999, et le maïs, les grappes de raisin pour le vin, les fruits et le lait[2]. La production de betterave à sucre et de pomme de terre y est également importante. Le Piémont est une des plus grandes régions viticoles d'Italie. Plus de la moitié de ses 700 km² de vignes sont enregistrées comme DOC. Des vins renommés y sont produits, tels que le barolo, le barbaresco et le moscato d'Asti. Les différents cépages incluent le nebbiolo, la barbera, le dolcetto, le freisa, le grignolino et le brachetto. Le fromage y est aussi réputé : neuf sont de type DOC.

Une rizière entre Novare et Verceil.

La région comprend des centres industriels majeurs comme Turin, siège du constructeur automobile Fiat, créé il y a plus d'un siècle, et Ivrée, siège du fabricant de matériel informatique Olivetti. Biella est spécialisée dans la filature et la production de laine. Le Piémont compte d'ailleurs environ un millier d'entreprises textiles, qui exportent 70 % de leur production. La province de Coni comporte des fabriques de chocolat du groupe Ferrero dont le siège est implanté à Alba, et d'importantes industries mécaniques. Le Piémont compte environ 396 000 entreprises industrielles et 122 000 entreprises artisanales. On dénombre également une centaine de laboratoires de recherche et développement et quatre universités dont l'Université de Turin, fondée en 1404 et considérée comme l'une des plus importantes d'Italie[3].

L'industrie du tourisme dans le Piémont emploie plus de 75 000 personnes, et environ 17 000 entreprises sont liées aux activités de l'hôtellerie et de la restauration, dont près de 1 500 hôtels et résidences de tourisme[4]. Le secteur génère un chiffre d'affaires d'environ 2,7 millions d'euros par an, ce qui équivaut à 3,3 % des 80,2 millions d'euros que représentent les dépenses totales estimées dans le tourisme en Italie[4]. La région attire légèrement plus de touristes italiens qu'étrangers (respectivement 58 % et 42 % du total des touristes). En 2002, le nombre de touristes s'élevait à 2 651 068[4]. Les sites traditionnellement les plus visités sont la région des lacs qui compte pour un tiers des séjours, et l'aire urbaine de Turin (environ 26,5 %)[4]. En 2006, cette dernière a organisé les XXe Jeux olympiques d'hiver et en 2007, l'Universiade d'hiver.

D'après une étude d'Eurostat, le PIB du Piémont atteignait 125 070 millions d'euros en 2007 (5e au plan national)[5]. En termes de PIB par habitant, il arrivait au 9e rang national avec 28 600 euros[5]. Enfin, le PIB par habitant du Piémont en standard de pouvoir d'achat équivalait à 113,6 % de la moyenne de l'Union européenne[5].

Transports[modifier | modifier le code]

Le Piémont dispose du plus long réseau d'autoroutes (environ 800 km) de toutes les régions du pays[2]. Ce réseau a pour centre Turin d'où partent les différentes autoroutes en direction des autres provinces de la région. En 2001, le nombre de voitures de tourisme pour 1000 habitants atteignait les 623, bien au-dessus du niveau national (575)[2].

Plusieurs accès avec la France existent : les tunnels du Fréjus et du col de Tende, tous deux composés d'un tunnel routier et d'un tunnel ferroviaire; ainsi que les cols du Mont-Cenis, de l'Échelle, de Montgenèvre, Agnel, de Larche et de la Lombarde. De même, l'accès avec la Suisse se fait par le col du Simplon et le col du Grand-Saint-Bernard (via le Val-d'Aoste pour ce dernier).

Le réseau ferroviaire est long de 2 000 km. Deux aéroports internationaux assurent des liaisons aériennes vers l'étranger et le reste de l'Italie : l'aéroport Sandro-Pertini de Turin Caselle et l'aéroport international de Coni.

Culture[modifier | modifier le code]

Costigliole Saluzzo - L' Castlòt.

Le Piémont a développé au cours des siècles une culture originale, avec une langue latine, le piémontais, qui a produit une littérature très riche, dont les premiers textes remontent au XIIe siècle. Ayant été partie d'un État plurinational comme le Duché de Savoie, puis le Royaume de Sardaigne (Savoie, Piémont, Nice, Sardaigne, Ligurie), le Piémont a toujours été un pays plurilingue, dans lequel le français, le piémontais, l'occitan, l'arpitan (ou franco-provençal) et plus tard l'italien se sont côtoyés sans problème. Aujourd'hui l'italien est la langue universelle, le piémontais est parlé par la moitié de la population (et enseigné dans certaines écoles à titre facultatif), et le français reste une langue relativement bien connue. Au-delà du piémontais et de l'italien, certaines vallées du Piémont possèdent également une langue locale.

Au Piémont occidental, les vallées arpitanes du Piémont (la Vallée de l'Orco, la Vallée Soana, les trois vallées de Lanzo, la Vallée Cenischia, la moyenne et la basse Vallée de Susa et la Vallée Sangone) sont des régions de langue arpitane.

Toutes les autres vallées du Piémont occidental sont influencées par la culture langue occitane (dialecte vivaro-alpin), c'est pourquoi on les appelle les Vallées Occitanes. Protégées par la loi italienne (loi 482/1999), plusieurs municipalités ont installé des panneaux de signalisation routière bilingue en italien et en occitan provençal (Par exemple : Roccaforte Mondovì/Rucafuart, Caraglio/Caralh (prononcé Caraï) et Valdieri/Vaudier), même s'il existe encore des discussions sur la normalisation orthographique des versions locales d'occitan et sur la transcription italianisée des prononciations locales.

Quelques vallées autour du Mont Rose sont de langue walser, qui dérive d'un dialecte allemand médiéval du Valais.

L'est du Piémont au long du Tessin parle un dialecte lombard.

Personnalités piémontaises[modifier | modifier le code]

  • Vittorio Alfieri (1749-1803) est un poète, dramaturge et philosophe,
  • Beppe Fenoglio (1922-1963), ses récits et romans I ventitre giorni della città d’Alba (1952), sont basés sur la résistance dans « Les Langhe ». Ses œuvres posthumes, Una giornata di fuoco (1963), Il partigiano Johnny (1968), sont largement autobiographiques.
  • Umberto Eco (1932), essayiste et romancier.
  • Primo Levi (1919-1987), écrivain turinois.
  • Umberto Tozzi (1953- ), chanteur populaire

Politique[modifier | modifier le code]

Réputé fief de la droite, le Piémont a basculé lors des élections régionales d'avril 2005. Le président sortant Enzo Ghigo (Forza Italia) a été battu par Mercedes Bresso (Démocrates de gauche puis Parti démocrate). Cependant, aux élections générales de 2008, la coalition de centre-droit composée du Peuple de la liberté et de la Ligue du Nord et menée par Silvio Berlusconi a recueilli environ 47 % des votes dans le Piémont, contre 38 % pour la coalition de centre-gauche[6],[7].

Lors des élections régionales de 2010, le Piémont retourne à droite : la liste de la Ligue du Nord menée par Roberto Cota l'emporte de justesse avec 47,3 % des voix contre 46,9 % à la présidente sortante. À l'issue de ce scrutin, le conseil régional de Piémont compte 13 élus du Peuple de la liberté, 13 du Parti démocrate, 9 de la Ligue du Nord, 3 de l'Italie des valeurs, 2 de l'Union de centre et du Mouvement 5 étoiles et 1 pour les verts, le Parti des retraités, la Fédération de la gauche, Gauche, écologie et liberté et pour les Modérés pour le Piémont. Mais cette élection contestée est invalidée : la victoire a été obtenue notamment grâce à une liste Pensionati per Cota qui a déposé des signatures falsifiées pour pouvoir se présenter. Le Conseil d'État italien annule en conséquence cette élection en janvier 2014 et oblige la tenue d'élections régionales en mai 2014.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Les huit provinces du Piémont.

Le Piémont est divisé en huit provinces (portant le nom de leur chef-lieu) :

Province Superficie (km²) Population Densité (hab./km²)
Province d'Alexandrie (Alessandria) 3 560 438 062 123,1
Province d'Asti 1 504 219 629 146,0
Province de Biella 913 187 090 204,9
Province de Coni (Cuneo) 6 903 584 467 84,7
Province de Novare (Novara) 1 339 365 156 272,7
Province de Turin (Torino) 6 821 2 288 614 335,5
Province du Verbano-Cusio-Ossola
(chef-lieu Verbania)
2 255 162 618 72,1
Province de Verceil 2 088 179 164 85,8

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte de la région Piémont Carto-mondo.fr
  2. a, b et c (en) Portrait of the Regions - Italy - Piemonte - Economy, CIRCA, a collaborative workspace with partners of the European Institutions. Consulté le 27 mars 2009.
  3. (en) Top 100 European Universities - Academic Ranking of World Universities 2007
  4. a, b, c et d (en) [PDF] Tourisme in Piedmont: the figures, Regione Piemonte, p. 4. Consulté le 27 mars 2009.
  5. a, b et c [PDF] « PIB régionaux par habitant en 2007 : Le PIB par habitant variait entre 26 % de la moyenne de l’UE27 dans la région du Severozapaden en Bulgarie et 334 % dans celle d'Inner London », communiqué de presse d'Eurostat, 18 février 2010, p. 5. Consulté le 19 février 2010.
  6. (it) Elezione della Camera dei Deputati del 13 - 14 aprile 2008, Ministero dell'Interno. Consulté le 28 mars 2009
  7. (it) Elezione del Senato della Repubblica del 13 - 14 aprile 2008, Ministero dell'Interno. Consulté le 28 mars 2009