Bataille de la Ristigouche

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Bataille de la Ristigouche
Informations générales
Date 3 juillet au 8 juillet 1760
Lieu Rivière Ristigouche entre le Québec et le Nouveau-Brunswick actuels
Issue Victoire britannique
Belligérants
Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Commandants
John Byron François Chenard de la Giraudais
François-Gabriel d’Angeac
Forces en présence
3 vaisseaux de ligne
2 frégates
1 frégate
7 navires marchands
400 marins
Guerre de Sept Ans
Batailles
Europe

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Afrique de l'Ouest

Saint-Louis (1758) · Gorée (1758) · Gambie

Coordonnées 48° 00′ 17″ N 66° 43′ 15″ O / 48.00472, -66.72083 ()48° 00′ 17″ Nord 66° 43′ 15″ Ouest / 48.00472, -66.72083 ()  

Géolocalisation sur la carte : Canada

(Voir situation sur carte : Canada)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de la Ristigouche.

Géolocalisation sur la carte : Nouveau-Brunswick

(Voir situation sur carte : Nouveau-Brunswick)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de la Ristigouche.

Géolocalisation sur la carte : Québec

(Voir situation sur carte : Québec)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de la Ristigouche.

La bataille de la Ristigouche est une bataille navale de la fin de la Guerre de Sept Ans, entre des éléments de la Royal Navy et une petite flottille envoyée de France pour soulager la Nouvelle-France, après la chute de Québec.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1760, le conflit allumé depuis 1754 entre la France et la Grande-Bretagne semble tourner à l'avantage de cette dernière. De l'autre côté de l'Atlantique, malgré ses premiers succès, la France se trouve dans une position critique. Après avoir perdu Louisbourg en 1758 puis Québec l'année suivante, elle voit son maintien en Amérique du Nord fort compromis. Mais cependant tout n'est pas joué, les troupes françaises s'opposent à l'avancée anglaise et les obligent à prendre leurs quartiers d'hiver repoussant à l'année suivante leurs projets de conquête et laissant au général Lévis l'occasion d'organiser une riposte.

Ainsi le 28 avril 1760, le Chevalier de Lévis, à la tête de 7 000 soldats, marche sur Québec et livre un combat victorieux à Sainte-Foy, entamant alors le deuxième siège de Québec. Les renforts venant de la mer apporteront avec eux la victoire à un des deux camps. Cette victoire ne tarde pas, les navires anglais sont les premiers à parvenir devant Québec après avoir battu les maigres forces navales du commandant Vauquelin, ils pilonnent les troupes françaises qui manquent de munitions et les forcent à battre en retraite. Mais la victoire n'en est pas garantie pour autant. Montréal, la dernière place forte française attend toujours en vain des renforts qui pourrait la sauver.

Situation[modifier | modifier le code]

Afin d'apporter les renforts de la dernière chance à la Nouvelle-France, le royaume arme en toute hâte à Bordeaux un convoi de cinq navires marchands réquisitionnés: le Bienfaisant, le Soleil, l'Aurore, la Fidélité et le Marquis de Malauze; escortés par la frégate de 26 canons le Machault. Le commandement de la flottille est confié à François Chenard de la Giraudais, ce jeune lieutenant de frégate âgé de 33 ans possède, en dépit de son jeune âge une grande expérience et les qualités nécessaires pour mener à bien cette mission. En effet en 1759, il avait déjà escorté plusieurs convois, toujours à bord du Machault dont il connaît bien les qualités nautiques.

À la suite des défaites successives à Lagos, aux Cardinaux et de la prise de ses ports sur la côte nord-américaine, la France n'a pu ravitailler ses colonies qui se retrouvent dépourvues de tout. Ainsi le convoi embarque plus de 2 000 tonneaux de vivres et de munitions, ainsi que 400 hommes de troupes commandés par le capitaine François-Gabriel d’Angeac, homme d'expérience qui connaît bien le pays. Dans leurs cales, les navires marchands embarquent une multitude de vivres dont la moitié est composée de viandes salées et de farines, à cela s'ajoutent munitions et fournitures. Le Machault n'est pas en reste car il embarque à lui seul 150 soldats (sur un équipage de 250 hommes) et une bonne partie de la poudre et des munitions.

Enfin après un armement rapide, le convoi lève l'ancre le 10 avril 1760. Dès le lendemain, les Anglais qui font le blocus du port prennent en chasse le convoi qui doit se disperser. Mais alourdis par leurs marchandises, l'Aurore et le Soleil sont arraisonnés par l'ennemi. Deux semaines plus tard, alors que le convoi croise au large des Açores, la Fidélité fait naufrage. Le 15 mai, il ne reste plus que trois navires lorsque la flottille amoindrie mouille dans le Golfe du Saint Laurent. Là, il apprend que les Britanniques sont arrivés les premiers et ont détruit la flottille de Vauquelin devant Québec. La Giraudais décide alors de se réfugier dans la baie des Chaleurs. Le 18 mai, il jette l'ancre dans l'estuaire de la Ristigouche. Les Indiens locaux, alliés des Français, promettent de combattre les Anglais aux côtés de La Giraudais. Cinq navires de guerre britanniques menés par le capitaine de vaisseau John Byron, appareillent de Louisbourg.

Bataille[modifier | modifier le code]

Le 22 juin, La Giraudais se retrouve piégé au fond de la baie des Chaleurs et décide de remonter la rivière Ristigouche en espérant que le tirant d'eau des navires de Byron ne lui permette pas d'en faire autant. L'hésitation de ce dernier laisse à La Giraudais le temps d'organiser sa défense. Il installe une batterie à terre puis fait saborder des goélettes dans le chenal pour en interdire l'accès et protéger le Machault. Le 3 juillet, Byron parvient enfin à trouver le chenal principal et s'engage dans la rivière. A courte portée, le combat est sanglant et malgré leur infériorité numérique, les Français parviennent à infliger de lourds dommages aux Britanniques avant que ceux-ci n'aient pu détruire la batterie côtière. Mais face à l'avance de ceux-ci, La Giraudais décida de remonter encore plus la rivière. Pendant de nombreuses heures et cinq jours durant, de furieux combats eurent lieu et La Giraudais parvint à tenir tête à Byron. Mais plus le temps passait plus la victoire semblait impossible.

Finalement résigné, La Giraudais décida, au matin du 8 juillet, de saborder ses bâtiments après les avoir fait évacuer. Afin que l'ennemi ne s'empare pas des vivres, il fait sauter le Machault et le Bienfaisant. Le Marquis de Malauze qui compte des prisonniers à son bord ne subit pas le même sort et est capturé. Une fois à terre, les Français établissent un petit fort et y prennent garnison.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Proue du Machault au lieu historique national de la Bataille-de-la-Ristigouche.

Privée de renforts et de ravitaillements, Montréal doit se résoudre à l'inéluctable. Le 8 septembre, la ville se rend au général Amherst. Le 23 octobre, la petite garnison de Ristigouche apprend la triste nouvelle et se rend aux Anglais six jours plus tard. Même si le convoi était parvenu à Montréal, sa cargaison n'aurait procuré qu'un léger sursis à la Nouvelle-France dont le sort semblait scellé depuis longtemps. Avec la chute des dernières places fortes, la guerre s'achève en Amérique ainsi que le rêve de Samuel de Champlain. En application du traité de Paris en 1763, la Grande-Bretagne obtient la Nouvelle-France.

Malgré sa défaite, la défense de La Giraudais et son opiniâtreté lui vaudront le grade de capitaine de brûlot.

Un musée, le lieu historique national de la Bataille-de-la-Ristigouche, commémore cet événement à Pointe-à-la-Croix. L'épave du Marquis de Malauze a été classé objet patrimonial en 1965[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère de la Culture et des Communications, « Épave du Marquis de Malauze », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le 22 septembre 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Proulx, Combattre à Ristigouche : hommes et navires de 1760 dans la baie des Chaleurs, Ottawa, « Parcs Canada - Lieux historiques nationaux »,‎ 1999, 151 p. (ISBN 0-660-96120-2).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]