Acadie
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| Devise : « L'union fait la force » | ||||
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| Langues | Français acadien, français cadien, français québécois, chiac | |||
| Autres langues | Anglais | |||
| Villes principales | Dieppe, Edmundston, Lafayette, Moncton, Montréal,Caraquet,. | |||
| Souveraineté : | Principalement aussi |
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| Administration : | Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse, Québec, Maine, Louisiane, etc. | |||
| Population: - Totale - Canada - Autres pays |
? Entre 96 145 et ~500 000 ? |
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L'Acadie, aussi appelée Nouvelle Acadie ou Acadie contemporaine, est un groupe informel de régions réparties à travers l'hémisphère Ouest et composé des principales communautés acadiennes.
Les Acadiens descendent des colons européens établis au bord de la baie de Fundy dès la fondation de l'Acadie en 1604. L'Acadie fut une colonie française de la Nouvelle-France jusqu'en 1713, date à laquelle elle fut conquise par le Royaume-Uni. Les Britanniques déportèrent ensuite les Acadiens entre 1755 et 1763, lors du Grand Dérangement, mettant définitivement fin à l'Acadie historique, mais donnant naissance à l'Acadie contemporaine. Après maintes migrations, une partie des survivants revinrent sur leurs anciennes terres, alors que les autres fondèrent des communautés ailleurs au Canada, aux États-Unis, aux îles Malouines, dans les Antilles et finalement en France, y compris à Saint-Pierre-et-Miquelon et en Guyane.
La définition de l'Acadie varie selon les régions et les sources. On considère généralement qu'elle dépend de l'acadianité d'une communauté, autrement dit du sentiment d'appartenance à la culture acadienne, mais aussi de la généalogie, de l'histoire et de l'usage du français. En effet, plusieurs communautés sont anglicisées, l'appartenance des Cadiens et des Brayons à l'Acadie ne fait pas l'unanimité et plusieurs communautés acadiennes, en particulier au Québec, sont peu informées sur leurs origines. Les limites de l'Acadie sont donc floues, certains allant jusqu'à mettre en doute son existence après sa conquête en 1713. En outre, l'Acadie ne possède aucun statut officiel et ne possède pas de gouvernement propre.
À l'opposé, l'Acadie, en particulier au Canada, possède de nombreuses particularités culturelles et économiques, en plus d'avoir ses symboles et ses institutions. Sa population est de plus en plus présente en politique et certaines institutions officielles, en particulier au niveau de l'éducation, tiennent maintenant compte de l'Acadie.
Sommaire |
[modifier] Origine du nom
Le nom « Acadie » aurait été utilisé pour la première fois sous la forme « Arcadie » en 1524 par l'explorateur italien Giovanni da Verrazano, au service de François Ier de France[1]. Il désignait la péninsule de Delmarva, près de Washington, aux États-Unis, dont la végétation abondante rappelait à l'explorateur cette région grecque représentant un lieu idyllique pour les poètes[2]. Au XVIIe siècle, ce nom a été appliqué à une région correspondant à peu près aux actuelles provinces maritimes du Canada[1]. La lettre « r » aurait disparu suite aux relations grandissantes avec les Micmacs, passant donc d'« Arcadie » à « Cadie » puis finalement à l'actuel « Acadie »[1]. Certains historiens doutent que le choix de Verazanno ait un lien avec l'usage actuel[1]. En effet, le nom Acadie pourrait venir du micmac « cadie », qui veut dire « terre fertile »[1], d'« algatig », un mot de la même langue signifiant « lieu de campement » ou encore de « quoddy », un mot malécite-passamaquoddy voulant dire « endroit fertile ».
Au Québec, le mot « Cadie » désigne une région où vivent les Acadiens. Il est vraisemblablement dérivé du mot « Acadie » et son usage est très ancien, mais il a été popularisé par des historiens, comme Raymond Casgrain, Antoine Bernard, Robert Rumilly, Napoléon Bourassa et Eugène Achard[3]. Le mot « Cadie » est aussi un autre nom donné à l'Acadiane, une région de Louisiane.
[modifier] Définitions
[modifier] Généralités
La définition de l'Acadie est un sujet complexe. Selon le géographe Adrien Bérubé, il existe quatre définitions possibles[4]. La première est l'Acadie historique, comprenant les rives de la baie de Fundy ou, dans une définition plus vaste, tout le territoire des provinces Maritimes ainsi que le Maine et la Gaspésie. La deuxième est l'Acadie généalogique, aussi appelée Acadie de la diaspora, qui comprend les régions ayant accueilli les familles acadiennes au moment du Grand Dérangement, soit les provinces de l'Atlantique, le Québec, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Nouvelle-Angleterre, la Louisiane, les Antilles, la Guyane française, les îles Malouines et la France. La troisième est l’Acadie fonctionnelle ou opérationnelle, qui inclut uniquement les provinces Maritimes du Canada, où vivent la majorité des Acadiens. Cette région est aussi appelée Acadie des Maritimes, mais l'expression Acadie de l'Atlantique circule, fruit des efforts de reconnaissance de la communauté acadienne de Terre-Neuve-et-Labrador. La quatrième est l'Acadie prospective, qui englobe tous les comtés et paroisses francophones du Nouveau-Brunswick, soit le territoire revendiqué durant les années 1970 pour la formation d'une province acadienne par le Parti acadien. On parle aussi d'Acadie du Nord pour les secteurs au Canada et en Nouvelle-Angleterre, alors que l'Acadie du Sud fait référence à l'Acadiane. L'Acadie des terres et des forêts est le nom donné aux régions acadiennes éloignées de la mer. Elle comprend la région des Hauts-Plateaux, dans le comté de Restigouche, ainsi que le Madawaska, une région englobant le nord du comté d'Aroostook, aux États-Unis, et les comtés de Madawaska et de Victoria, au Canada[5].
[modifier] Acadianité
L'acadianité est le fait de se considérer acadien. Cette notion est importante, car elle est la base de l'appartenance d'une région à l'Acadie. Les Acadiens descendent de colons européens, pour la plupart français, établis à partir de 1604. Les Cadiens sont intimement liés aux Acadiens, car il descendent d'expatriés acadiens et d'autres immigrants établis en Louisiane vers la fin du XVIIIe siècle.
Le sentiment d'appartenance à l'Acadie serait apparu dès le XVIIe siècle et aurait été engendré par l'isolement de l'Acadie face aux autres colonies de la Nouvelle-France[6]. Le mot Acadien est apparu pour la première fois en 1699[6].
La définition de ce qu'est un Acadien dépend en fait des régions. Dans les Maritimes, on considère généralement que tous les francophones sont acadiens[7] mais plusieurs sont par exemple d'origine canadienne-française ou canadienne anglaise. Plus précisément, les Acadiens de l'ouest de la Nouvelle-Écosse ont plutôt tendance à définir un Acadien selon ses habitudes au lieu de ses origines[8].
Les Acadiens des Maritimes considèrent généralement l'Acadie comme une évidence[8]. Une identité nationale acadienne s'est en effet développée dans les Provinces maritimes, plus que dans n'importe qu'elle autre région[8]. Lors des Conventions nationales acadiennes, dont la première eut lieu à Memramcook en 1881, les symboles suivants ont été choisis : une sainte patronne, une fête nationale, une association nationale, un drapeau, un hymne national et une devise. Au cours du XIXe siècle, les Acadiens des Maritimes ont acquis des droits politiques, le droit à la propriété terrienne, une meilleure représentation au sein du clergé et la promotion de leurs intérêts économiques et sociaux[8]. Ces multiples changements ont contribué à la solidarité, alors que les changements survenus lors du XXe siècle qui ont fait passer l'Acadie d'une société traditionnelle à une société moderne ont, selon la géographe Cécyle Trépanier, divisé les Acadiens[8]. Par ailleurs, les Acadiens des Maritimes sont plus enclins à s'identifier à leur ville, à leur région, à leur province ou à leur pays avant de s'identifier à l'Acadie[9]. Parmi toutes les régions des Maritimes, le Madawaska est celle ayant le plus fort sentiment identitaire distinctif[9]. Une partie des habitants se considère comme des Brayons au lieu d'Acadiens[9]. Depuis 1979 a lieu la Foire brayonne[9]. Le nom de République du Madawaska est toujours utilisé de façon symbolique, Edmundston est considéré comme son chef-lieu et son maire porte le titre honorifique de Président de la République. Avant la fusion municipale de 1995, le Conseil de la République était formé des 6 maires des municipalités du comté de Madawaska. Le Madawaska possède plusieurs symboles, dont un drapeau et un plat national.
Les Acadiens du Maine, en particulier ceux du Madawaska, sont depuis les années 1970 de plus en plus conscients de leur acadianité, bien qu'ils se considèrent américains, et maintiennent d'importants liens avec la partie canadienne du Madawaska[10]. Les Acadiens du Québec sont rarement conscients de leurs origines et découvrent souvent le fait en faisant leur arbre généalogique[11].
[modifier] L'Acadie existe-t-elle?
Selon plusieurs auteurs, dont Léon Thériault[12] et Michel Roy, parler de l'Acadie après 1763 est paradoxal et consiste en un « acte de foi », parce que l'Acadie avait déjà été perdue par les Français au profit des Britanniques puis par les Acadiens eux-mêmes, qui ont pour la plupart été tués ou déportés. Selon Adrien Bérubé, l'Acadie a tout simplement disparu, car il n'y a plus d'Acadiens[13].
En 1994, à la suite de nombreuses entrevues effectuées dans les Maritimes, Cécyle Trépanier est cependant parvenue à une conclusion différente de celle de Bérubé, reprenant ses quatre définitions de l'Acadie et en ajoutant trois autres[13]. L'Acadie généalogique ne serait ainsi pas seulement liée aux descendants des survivants du Grand Dérangement et n'aurait pas vraiment de rapport avec un territoire. L'Acadie opérationnelle serait plutôt l'« Acadie officieuse », car 49 % de la population considère que l'Acadie regroupe quelques rares secteurs des Maritimes, où les gens parlent français ou non[13]. L'Acadie prospective serait perdue car peu de gens s'intéressaient au départ à l'indépendance. Des trois autres définitions apportées par l'auteur, la première est l'« Acadie sentie et vécue ». En effet, 45 % des Acadiens des Maritimes considéreraient l'Acadie non pas selon l'endroit où l'on vit, la généalogie ou l'histoire, mais par sa manière de vivre et ses sentiments envers son identité et son « pays ». La deuxième est l'« Acadie déconcertante », autrement dit le fait que plusieurs Acadiens (5 % selon l'auteur) ne peuvent tout simplement pas donner une définition de l'Acadie. Finalement, l'« Acadie folklorique » serait un mirage que l'on vend aux touristes, dont le lieu le plus symbolique est le Village historique acadien, un village reconstituant la vie des Acadiens de 1770 à 1939, situé près de Caraquet.
Selon un autre article de Cécyle Trépanier publié en 1996, l'Acadie des Maritimes est un mythe et il y aurait en fait six Acadies[8] : l'« Acadie torturée » du Cap-Breton, appelée ainsi car ses habitants ont été réduits au servage pendant plus d'un siècle, qu'ils ont eu du mal à avoir des services en français et qu'ils sont toujours peu présents en politique ; l'« Acadie silencieuse » de l'ouest de la Nouvelle-Écosse, où les habitants font peu d'efforts pour développer leur économie et protéger leur culture, apparemment à cause d'un sentiment d'infériorité ; l'« Acadie solidaire » est la Région Évangéline où, malgré leur statut minoritaire, les Acadiens ont su réduire l'effet de l'anglicisation, développer la coopération et promouvoir leur culture ; l'« Acadie frileuse » du sud-est du Nouveau-Brunswick, où la population est peu politisée et peu consciente de son histoire alors que le français est peu présent ; l'« Acadie prétentieuse » est la péninsule acadienne, où les Acadiens sont généralement très fiers de leur culture, de leur histoire et de leur langue, ce qui les fait souvent comparer aux Québécois ; finalement, l'« Acadie brayonne » du Madawaska est appelée ainsi à cause du sentiment de différence de sa population et de son attachement à la région.
[modifier] Géographie
[modifier] Particularités
L'Acadie possède une forte tradition maritime. La plupart des communautés sont établies au bord de la mer ou à proximité. De nombreuses régions ont un paysage caractéristique, à cause de l'usage d'aboiteaux qui ont transformé les marais en terres cultivables. La mer est si importante qu'elle a influencé la plupart des aspects de la culture, de l'économie et de l'histoire. Même des régions éloignées de la mer comme le Madawaska possèdent des liens insoupçonnés avec celle-ci, tels que des éléments maritimes utilisés dans l'architecture[14].
[modifier] Régions
Dans l'Acadie du Nord, la principale région représente les rives de la baie des Chaleurs et la vallée du fleuve Ristigouche[15], soit le sud de la région québécoise de la Gaspésie et le nord du Nouveau-Brunswick. Au Québec, ce secteur est subdivisé en deux régions, soit d'est en ouest la Baie-des-Chaleurs et la vallée de la Matapédia. La partie néo-brunswickoise est quant à elle constituée, d'est en ouest, de la Péninsule acadienne, de la région Chaleur, du Ristigouche et des Hauts-Plateaux. À l'ouest de cette principale région s'étend le Madawaska, situé de part et d'autre du fleuve Saint-Jean entre le Nouveau-Brunswick et l'état américain du Maine.
Au sud du Nouveau-Brunswick, on retrouve l'est du comté de Northumberland, incluant une minorité à Miramichi, la presque totalité du comté de Kent, ainsi que le pays de Gédaïque, le pays de Cap-Pelé et la rive gauche des Trois-Rivières, dans le comté de Westmorland, incluant une importante minorité à Moncton. Il y a également des minorités à Minto, Nackawic, Oromocto, Fredericton et Saint-Jean.
À part la Gaspésie, le Québec compte de nombreuses autres communautés acadiennes. La principale est les îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent, ainsi que Montréal, plus particulièrement le quartier de Verdun. Il y a aussi la Côte-Nord, le quartier de Limoilou à Québec, Saint-Théophile en Beauce, la région de Saint-Jacques dans Lanaudière, la haute et la basse vallée de la rivière Richelieu, Nicolet et Bécancour dans le Centre-du-Québec, Yamachiche en Mauricie, Béarn en Abitibi-Témiscamingue, etc.
Il y a huit régions acadiennes en Nouvelle-Écosse. La Baie-Sainte-Marie, au bord de la baie de Fundy, ainsi que l'Argyle, au bord de l'océan Atlantique, occupent tout deux l'ouest de la province. Près de la frontière du Nouveau-Brunswick se trouvent les villages de Nappan, Maccan et Minoudie, qui sont considérés comme faisant partie de l'Acadie bien qu'ils soient complètement anglicisés[16]. La ville d'Halifax compte une importante communauté acadienne, en particulier à Chezzetcook. À l'est de la province, la rive du détroit de Northumberland abrite les villages de Pomquet, Havre-Boucher et Tracadie, alors que Larry's River est situé au bord de l'océan. Finalement, l'île du Cap-Breton compte deux régions acadiennes, soit celle de Chéticamp, Saint-Joseph-du-Moine et Margaree au bord du golfe du Saint-Laurent ainsi que l'Isle Madame et l'île Petit-de-Grat, au bord de l'océan.
À l'Île-du-Prince-Édouard, la principale communauté acadienne réside dans le comté de Prince, à l'ouest, plus particulièrement dans la région Évangéline, au bord du détroit de Northumberland. Terre-Neuve-et-Labrador compte aussi une petite communauté acadienne, en particulier sur la péninsule de Port-au-Port.
Aux États-Unis, il y a la communauté du Madawska, mentionnée ci-dessus, ainsi que l'Acadiane, en Louisiane. Cette région occupe la portion sud-ouest de l'état, au bord du golfe du Mexique et du fleuve Mississipi. Il y a aussi des communautés plus petites au Texas et en Nouvelle-Angleterre.
En France, on compte entre autres Saint-Pierre-et-Miquelon, la Guyane, Belle-Île-en-Mer en Bretagne, les villages d'Archigny et de La Puye en Poitou-Charentes ainsi qu'une minorité à Nantes et Saint-Malo.
Finalement, certains lieux ne sont pas situés dans des communautés acadiennes mais sont liés à l'Acadie pour des raisons historiques, tels que le fort Beauséjour, la forteresse de Louisbourg, l'île Sainte-Croix et Grand-Pré.
[modifier] Histoire
[modifier] Régime français
L'Acadie est fondée en 1604 par Pierre Dugua de Mons. À son apogée, l'Acadie comprenait le littoral entre la rivière Pentagouet (Penobscot) au sud-est et Gaspé, au nord. De nos jours, ce territoire comprendrait la partie continentale de la Nouvelle-Écosse, une partie du Québec, la majeure partie du Nouveau-Brunswick et l'est du Maine. Les établissements acadiens se sont développés à partir de Port-Royal, fondé en 1605, autour de la baie de Fundy, en particulier vers l'est. Les Acadiens préféraient les terrains marécageux, qu'ils asséchaient au moyen de digues munies d'aboiteaux. En plus des forts, quelques autres établissements ont été fondés en régions éloignées, soit Miscou, Miramichi et Nipisiguit au nord ainsi que Pentagouet à l'ouest.
[modifier] Régime britannique
L'Acadie, renommée Nouvelle-Écosse, est cédée au Royaume-Uni en 1713 par le traité d'Utrecht. Ce dernier, assoupli par une lettre de la reine Anne, permet aux Acadiens de quitter la Nouvelle-Écosse sans conditions[17]. Au même moment, la France tente de les attirer à l'île Royale, qui a remplacé Plaisance comme centre de commerce français dans le golfe du Saint-Laurent, ainsi qu'à l'île Saint-Jean, qui doit servir de colonie agricole[17]. La plupart des Acadiens décident tout de même de rester sur place, en raison des conditions de vie difficiles de ces deux îles[17]. Par contre, les Anglais sont encore peu nombreux en Nouvelle-Écosse et tentent d'empêcher les Acadiens de la quitter, car il n'y a pas encore d'agriculteurs anglais et ils craignent que les relations commerciales des Acadiens contribuent à la puissance de l'île Royale[18]. En outre, les Français changent rapidement de stratégie, en supposant que les Acadiens empêcheraient une colonisation britannique s'ils restent en Nouvelle-Écosse[18].
Les Français construisent la forteresse de Louisbourg sur l'île Royale à partir de 1720, ce qui asseoit leur contrôle sur la région, au même moment où une importante immigration de France et de Terre-Neuve grossit la population de l'île[19]. Lors de la guerre de succession d'Autriche, les Français tentent sans succès de reprendre la Nouvelle-Écosse[20]. Les Britanniques prennent Louisbourg en 1745[20]. Une importante expédition militaire française tente de reprendre la Nouvelle-Écosse en 1746, mais une tempête tue la moitié des hommes et disperse les bateaux[21]. Une expédition terrestre reprend tout de même les Mines en 1746, mais est rapidement expulsée par les Britanniques[21].
En 1748, le traité d'Aix-la-Chapelle redonne l'île Saint-Jean et l'île Royale à la France, ce que les Britanniques considèrent comme un affront[22]. Ils décident alors de changer de stratégie et d'en finir avec la présence française, y compris acadienne[22]. C'est ainsi que 2 000 colons fondent Halifax en 1749[22]. Les Acadiens conservent depuis un certain temps une attitude neutre et leur exode se poursuit vers les régions limitrophes de la Nouvelle-France. Les Britanniques tentent encore de leur faire prêter serment d'allégeance[23] et, en 1761, les Français déclarent rebelle tout Acadien refusant de prêter allégeance au roi de France[24]. Entre 1751 et 1754, les deux puissances construisent plusieurs forts en préparation de la guerre[24].
[modifier] Grand Dérangement
[modifier] Déportation des Acadiens
En 1755, le gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Charles Lawrence, fait prendre le fort Beauséjour aux mains des Français et commence la Déportation des Acadiens[24]. Jusqu'en 1763, les territoires limitrophes de la Nouvelle-Écosse sont annexés et les Acadiens déportés vers la Nouvelle-Angleterre[25]. De nombreux autres réussissent à s'enfuir vers le Canada, l'île Saint-Jean (actuelle Île-du-Prince-Édouard) ou se cachent chez les Amérindiens[25]. Plusieurs colonies refusent ces prisonniers, qui sont ensuite déportés vers l'Angleterre ou ramenés en Nouvelle-Écosse[26]. L'île Saint-Jean est presque vidée de sa population en 1758. Les deux tiers sont déportés en France alors que les autres se réfugient à la Ristigouche ou au Québec[27]. Les réfugiés d'Angleterre sont expatriés en France en 1763[28]. Des Acadiens se réfugient à Saint-Pierre-et-Miquelon, mais sont presque tous déportés en 1778. Plus de la moitié des Acadiens meurent durant cette période[26].
[modifier] Migrations
Après la signature du Traité de Paris en 1763, les Acadiens se déplacent vers les Antilles, en France, en Louisiane et au Québec, mais surtout en Nouvelle-Écosse[29]. 12 000 immigrants de la Nouvelle-Angleterre se sont déjà établis dans les anciens villages acadiens et la loi interdit aux Acadiens de s'établir en communautés trop nombreuses[29]. Ils ont alors la possibilité de s'établir sur certaines terres qui leurs sont réservées parmi les anglophones ou plutôt de fonder de nouveaux villages dans les recoins éloignés de l'ancienne l'Acadie, soit l'île du Cap-Breton, l'Île-du-Prince-Édouard ou le territoire qui deviendra le Nouveau-Brunswick en 1784, ce que la plupart font[29]. Parmi tous les anciens villages du cœur de l'Acadie, les seuls n'étant pas réservés aux anglophones sont Pobomcoup et la rive gauche des Trois-Rivières[29] ainsi que Beaubassin, bien que ce dernier accueille très peu d'Acadiens. Les exilés s'établissent au fur et à mesure à Halifax et au bord du détroit de Canso puis dès 1767 à la Baie-Saint-Marie, à Tousquet et à Pobomcoup et, à partir de 1780, à Chéticamp et Margaree[29].
Près des deux tiers des Acadiens de France se rendent en Louisiane en 1785[30].
Un groupe d'Acadiens de Saint-Malo s'établit aux îles Malouines en 1764. La plupart quittent l'archipel dans les années suivantes mais il semble que quelques familles aient laissées des descendants sur ces îles ainsi qu'à Montevideo, en Uruguay[31].
À partir de 1785, le Madawaska voit l'arrivée des Acadiens, qui avaient dû laisser la basse vallée du fleuve Saint-Jean aux Loyalistes[27]. À la fin du XVIIIe siècle, 36 % des Acadiens sont établis dans les Provinces maritimes et leur retour d'exil se poursuit jusqu'aux années 1820[29]. Jusqu'à la deuxième moitié du XXe siècle, les établissements des Maritimes s'étendent le long des côtes et dans l'arrière-pays[27]. Plusieurs facteurs contribuent aux mouvements de population, mais le plus constant est la présence religieuse. Ainsi, la construction d'une chapelle ou l'établissement d'un prêtre signifient généralement qu'une communauté est établie pour de bon[32]. Durant cette période, l'arrivée de nombreux immigrants britanniques accentue le statut minoritaire des Acadiens[33].
[modifier] Rétablissement
Au début du XIXe siècle, les Acadiens tentent surtout de combler leurs besoins élémentaires[34]. Toutes leurs ambitions et leur activités sont ainsi liées à leur survie[34]. Aucune institution n'est proprement acadienne. L'Église est la seule institution française et le clergé catholique vient du Québec ou de France[34]. Seuls quelques villages possèdent une école et l'éducation est dispensée par de rares enseignants, pour la plupart des maîtres itinérants[34]. Il n'y a pas de journal francophone, ni même de médecins ni d'avocats ou de classe moyenne[34].
[modifier] Renaissance acadienne
Les Acadiens commencent à s'exprimer en tant que peuple dans les années 1830 et élisent leurs premiers députés aux assemblées législatives des trois Provinces maritimes dans les années 1840 et dans les années 1850[34]. Le poème Evangéline (1847), de l'écrivain américain Henry Longfellow, exerce une influence indéniable[34].
François-Xavier Lafrance, un prêtre originaire du Québec, ouvre en 1854 à Memramcook le premier établissement d'enseignement supérieur de langue française, le Séminaire Saint-Thomas[34]. Il doit fermer ses portes en 1862 mais il est rouvert deux ans plus tard par des prêtres de la Congrégation de Sainte-Croix et devient le Collège Saint-Joseph[34]. Le premier journal francophone des Maritimes, Le Moniteur acadien, est fondé en 1867 à Shédiac[34]. D'autres journaux suivront, dont L'Impartial, fondé en 1893 à Tignish, à l'Île-du-Prince-Édouard et L'évanégline, qui fut le plus durable, publié de 1887 à 1982[34].
Les communautés religieuses féminines qui s'établissent en Acadie y jouent un rôle essentiel dans l'éducation et les soins de santé[34]. Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, de Montréal, ouvrent des pensionnats à l'Île-du-Prince-Édouard[34]. En 1868, les Sœurs de Saint-Joseph prennent la direction du lazaret de Tracadie, au Nouveau-Brunswick, et s'établissent aussi à Saint-Basile où leur pensionnat deviendra plus tard le Collège Maillet[34].
Les Acadiens font part de leur opinions sur la scène politique juste avant la Confédération canadienne[34]. Au Nouveau-Brunswick, ils votent en majorité contre la Confédération à deux reprises[34]. Bien qu'ils ne soient pas les seuls à s'opposer à la Confédération, de nombreuses personnalités politiques les accusent d'être réactionnaires[34].
[modifier] Époque nationaliste
[modifier] Époque contemporaine
[modifier] Nationalisme acadien
[modifier] Capitale
Même si l'Acadie n'a pas de statut légal, plusieurs lieux ont été considérés comme sa capitale. Memramcook est l'un des seuls villages ayant résisté au Grand Dérangement. Plusieurs réfugiés y sont retournés dès 1763, faisant du village le plus important en Acadie. Par la suite, des habitants de Memramcook ont fondé d'autres villages, ce qui lui a valu le surnom de « Berceau de l'Acadie »[35]. Memramcook est aussi le lieu de fondation du Collège Saint-Joseph en 1863, de la première Convention nationale acadienne en 1881 ainsi que le village natal de Pierre-Amand Landry, élu en 1883, trois des événements ayant contribué à la renaissance acadienne du XIXe siècle.
En 1847, l'américain Henry Longfellow publie le poème Evangéline, racontant la quête d'Évangéline pour retrouver son époux Gabriel, duquel elle a été séparée juste après son mariage par l'armée britannique, venue déporter la population de Grand-Pré. L'élite acadienne y reconnaît une incarnation des valeurs de piété, de soumission et de résignation ainsi que du respect de l'Église et du pouvoir civil[36]. Cette même élite impose alors le personnage d'Évangéline comme un symbole national[36]. Le succès du poème de Longfellow attire de plus en plus de touristes à Grand-Pré et le chemin de fer Windsor et Annapolis, desservant le site, se sert de l'image d'Évangéline à des fins publicitaires. Pour protéger le site de la profanation, John Frederic Herbin commence alors la construction d'un parc commémoratif à l'emplacement présumé de l'église Saint-Charles-des-Mines, symbole de la Déportation. Le travail est poursuivi par la compagnie de chemin de fer, qui installe une statue d'Évangéline. Grand-Pré devient entretemps le cœur symbolique de l'Acadie et des pèlerinages y sont organisés. Le parc est légué à la Société Nationale de l'Acadie en 1921, lors de la VIIIe Convention nationale acadienne. Celle-ci fait construire l'église-souvenir à l'aide d'une collecte de fonds. Grand-Pré devient un lieu historique national en 1955, à l'occasion du 200e anniversaire du Grand Dérangement. Durant les années 1960 et 1970, plusieurs jeunes écrivains ont rejeté les symboles traditionnels acadiens, ridiculisé l'image d'Evangéline et ignoré la Déportation et Grand-Pré, que certains considèrent comme le symbole d'un peuple muet et résigné[36]. L'une de leurs raisons est qu’Evangéline fut écrit en anglais pour un public anglophone et, bien que l'histoire débute à Grand-Pré, le poème décrit surtout la grandeur des États-Unis et l'assimilation des réfugiés en Louisiane[36]. Grand-Pré est par ailleurs pratiquement anglophone.
Moncton est dès lors considérée comme la principale ville de l'Acadie[36]. Cette réputation est controversée, car le nom même de la ville lui a été donné en l'honneur de Robert Monckton, un militaire anglais ayant dirigé la Déportation des Acadiens dans la région[36]. De plus, Moncton est une ville à majorité anglophone[37], avec, qui plus est, un fort taux d'anglicisation[37], et où les Acadiens ont eu beaucoup de difficulté à faire respecter leurs droits. Selon l'historien Michel Roy, la principale région acadienne, composée des rives de la baie des Chaleurs, perd ainsi un poids considérable face à cette « prétendue capitale » et prouve qu'une « fausse interprétation de l'histoire » peut avoir des effets néfastes[38]. D'un point de vue symbolique, Moncton est situé près de la rivière Mésagouèche, qui représente la frontière entre l'Acadie et la Nouvelle-Écosse depuis la période pré-déportation[38]. Par contre, Moncton se trouve non loin de Memramcook et de la région de Beaubassin et a donc un réel lien géographique avec l'ancienne Acadie[38]. La ville abrite par ailleurs la plupart des institutions acadiennes, dont l'Université de Moncton, alors que sa voisine Dieppe est le siège de la Société Nationale de l'Acadie.
Après cette vague de contestation, le poème de Longfellow a été revisité par une nouvelle génération, qui le considère plutôt comme un poème sur l'amour et ses ardeurs[39]. Grand-Pré a refait surface dans la culture acadienne, bien que ce lieu ne fasse plus beaucoup partie des œuvres traitant du Grand Dérangement[40]. En 1986, Réjean Aucoin et Jean-Claude Tremblay publient le conte Le Tapis de Grand-Pré, plus tard porté à l'écran par Phil Comeau. Il raconte l'histoire de deux enfants partant à la recherche de 12 brins de laines manquants pour compléter un tapis crocheté, dernier souvenir de l'église Saint-Charles-des-Mines, mais devant faire face au fantôme de Charles Lawrence, l'instigateur de la Déportation des Acadiens, qui souhaite aussi retrouver ces brins. La lecture de ce conte est devenue une tradition de Noël dans plusieurs communautés acadiennes. De plus, il a donné un sentiment d'appartenance et d'enracinement à de nombreux enfants et a, en quelque sorte, créé des liens entre les différentes régions acadiennes de la Nouvelle-Écosse[41]. Chaque année, des milliers de personnes font encore un pèlerinage à Grand-Pré[42]. Le lieu figure aujourd'hui sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Entre temps, la ville de Caraquet s'est auto-proclamée capitale de l'Acadie en 1993. Cette ville abrite le quotidien L'Acadie Nouvelle ainsi que la fédération des Caisses populaires acadiennes, deux importantes institutions. Plusieurs municipalités ont cependant critiqué cette proclamation, dont Shippagan, qui compte entre autres un collège, une université, des centres de recherche et une tradition maritime aussi importante. Plus au sud, Saint-Martinville est considéré comme le cœur de l'Acadiane.
[modifier] Représentation
Malgré les différents niveaux d'appartenance à l'Acadie, la plupart des communautés acadiennes du monde possèdent des associations, dont la principale est la Société nationale de l'Acadie (SNA), regroupant quatre associations des provinces de l'Atlantique, associées à des groupes du Québec, des Îles de la Madeleine, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la France et de la Louisiane. La SNA siège à l'Organisation internationale de la francophonie en tant que membre de la délégation d’accompagnement du Canada[43]. La SNA entretient également des relations officielles avec la France, le Québec, la Communauté française de Belgique, Saint-Pierre-et-Miquelon et la province de Hainaut. La SNA organise tous les cinq ans le Congrès mondial acadien, qui a pour but de rassembler la diaspora acadienne et pendant lequel sont organisés des retrouvailles familiales, des conférences et des spectacles.
[modifier] Reconnaissance et revendications territoriales
Le seul territoire de l'Acadie aujourd'hui reconnu officiellement est l'Acadiane, en Louisiane.
Au Nouveau-Brunswick, les Acadiens sont majoritaires dans la plupart des comtés et paroisses du nord et de l'est de la province, soit le comté de Madawaska, le nord du comté de Victoria, le comté de Restigouche, le comté de Gloucester, l'est du comté de Northumberland, le comté de Kent et des portions du comté de Westmorland. Malgré les réformes du Premier ministre Louis J. Robichaud durant les années 1960, les régions acadiennes restent sous-développées comparativement au « triangle d'or », composé des villes de Fredericton, de Saint-Jean et de Moncton. C'est dans ce contexte qu'est fondé le Parti acadien en 1972, dont l'un des objectifs est la formation d'une onzième province canadienne à partir des régions à majorité acadienne du Nouveau-Brunswick[44]. En raison de la situation minoritaire des Acadiens dans la province, le parti vise plutôt à politiser la population[44]. De plus, les tensions entre les militants du nord et du sud puis les politiques conciliantes de Richard Bennett Hatfield minent les appuis du parti, qui disparaît en 1986[44].
[modifier] Symboles
[modifier] Drapeau
Le drapeau de l'Acadie, ou tricolore étoilé, fut proposé par le curé Marcel-François Richard le 15 août 1884, lors de la seconde Convention nationale acadienne se déroulant à Miscouche, à l'Île-du-Prince-Édouard[45]. Le drapeau fut adopté le lendemain. Il est composé du drapeau français avec une étoile dorée, ou Stella Maris, dans la partie bleue. L'étoile représente la Vierge Marie et sa couleur est associée à la papauté, signifiant l'attachement des Acadiens à la religion catholique et l'importance de l'Église dans l'histoire de l'Acadie[46]. Le drapeau original, brodé par Marie Babineau, est conservé au Musée acadien de l'Université de Moncton. Le drapeau est aujourd'hui le plus populaire des symboles de l'Acadie[46].
[modifier] Fête nationale
La fête nationale de l'Acadie fut choisie lors de la première Convention nationale acadienne, organisée en 1881 à Memramcook[45]. Le débat fut chaudement disputé entre le 24 juillet, jour de la Saint-Jean-Baptiste et fête nationale des Canadiens français, et le 15 août, jour de l'Assomption[45]. Face à l'insistance de Marcel-François Richard, les délégués votèrent en faveur du 15 août[45].
[modifier] Devise et insigne
La devise de l'Acadie est L'union fait la force. L'insigne consiste en une bandelette de soie bleue en haut de laquelle apparaît une étoile entourée de rayons, surmontant un bateau voguant à pleines voiles et dont le pavillon porte le mot « Acadie ». La devise nationale est écrite en-dessous du bateau et le tout est surmonté d'une rosette constituée de rubans rouges et blancs. L'insigne doit être porté à la boutonnière durant les jours fériés. Ces deux symboles ont été choisis lors de la Convention nationale acadienne de 1884[45]. Il est possible que les délégués présents aient voulu imiter la décision prise lors d'un Congrès de la Saint-Jean-Baptiste organisé à Québec quatre ans plus tôt, où une insigne représentant la feuille d'érable et le castor ainsi que la devise L'union fait la force furent choisis[47]. L'insigne n'a pas été populaire et est pratiquement oublié de nos jours[47] ; il en existe un seul exemplaire conservé au Musée acadien de l'Université de Moncton. La devise est, quant à elle, rarement utilisée.
[modifier] Hymne
L'hymne national de l'Acadie fut choisi lors de la Convention de 1884[45]. Il consiste en un texte latin, l'Ave Maris Stella. Il remplaçait les divers chants patriotiques utilisés à l'époque, dont La Marseillaise[45]. Des paroles en français furent écrites en 1994.
[modifier] Autres symboles
Il existe plusieurs autres symboles non-officiels de l'Acadie. L'un des plus anciens est le poème Evangéline de l'auteur américain Henry Longfellow, publié en 1847. Des concours annuels sont organisés dans plusieurs communautés afin de choisir un Gabriel et une Évangéline, les deux personnages principaux du poème.
Le phare est une très ancienne forme utilisée dans l'architecture, l'artisanat et l'art acadien[48]. Le monument de l'Acadie à Québec représente un phare surmonté d'une étoile.
Le saule représente, selon la légende, le site d'un ancien établissement acadien. Grand-Pré compte des saules vieux de plusieurs siècles, qui ont inspiré le roman Le saule de Grand-Pré de René Verville.
Depuis 2005, au Canada, le 28 juillet est officiellement la « Journée de commémoration du Grand Dérangement », en mémoire de ce jour de 1755 où fut décidée la déportation des Acadiens. Le 13 décembre est le « Jour du souvenir acadien », commémorant cette journée de 1758 où deux navires transportant des prisonniers de l'Île-du-Prince-Édouard sombrèrent près de l'Angleterre.
[modifier] Société
[modifier] Démographie
[modifier] Économie
Au Canada, depuis 1961, la situation économique des Acadiens s'est améliorée face à la moyenne nationale[49]. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution, dont l'augmentation de l'accès à l'éducation post-secondaire, l'augmentation de la participation au marché du travail et finalement le dynamisme entrepreneurial[49]. L'économie traditionnelle acadienne était plutôt socialiste et encourageait la coopération, alors que l'individualisme qui accompagne l'urbanisation et la modernisation a orienté les entrepreneurs vers le capitalisme[49].
Ce dynamisme a mené au développement d'un réseau d'organisations spécifiques au monde économique, qui augmente entre autres l'implication de la population dans les décisions du gouvernement[49].
Finalement, la montée de l'état-providence a joué un rôle majeur. D'abord, les transferts de revenus représentent 20% du revenu total chez les Acadiens des Maritimes, contre 16% chez les anglophones[49]. Ces revenus supplémentaires soutiennent principalement le secteur des services[49]. Ensuite, le développement des services publics permet la création de nombreux emplois bien rémunérés et ce dans l'ensemble des régions, élargissant ainsi la base économique[49]. Troisièmement, les gouvernements ont soutenu le développement de l'entreprenariat, par l'entremise de programmes comme l'APECA, permettant ainsi la création d'emplois[49].
Ces progrès s'accompagnent néanmoins de la persistance d'un important écart de développement[49]. Cela s'explique, entre autres, par le fait que le taux d'activité y est inférieur à la moyenne canadienne et le taux de chômage supérieur. L'activité économique est très saisonnière dans plusieurs régions, en partie parce que le secteur manufacturier est axé sur la transformation des ressources naturelles[49].
L'emploi demeure donc la principale préoccupation dans l'Acadie des Maritimes. Pour cette raison, les dernières années ont été marquées par un forte opposition à la réforme de certains programmes gouvernementaux, en particulier dans le secteur de la pêche[49]. Les pêcheurs et autres travailleurs liés à ce domaine vivent de l'assurance-emploi durant les saisons d'inactivité. Le taux de chômage atteint 15,5% en janvier au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, et 16,1% dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, comparativement à 7% pour l'ensemble du Canada. Les efforts de diversification de l'économie ont donné des résultats décevants dans plusieurs régions[49]. Par ailleurs, certains projets de diversification ont suscité un vaste mouvement d'opposition, comme la construction d'un incinérateur de sols contaminés à Belledune[49].
Un problème important à l'heure actuelle est l'accès aux services sur l'ensemble du territoire, en particulier la santé, qui a causé de nombreux débats au Nouveau-Brunswick[49]. La centralisation et la rationalisation de ces services causent une plus grandes spécialisation des institutions, ce qui à son tour réduit le nombre d'emplois et accentue la différence entre les villes et la campagne[49].
[modifier] Éducation et autres services publics
Le Ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick a la responsabilité du financement des écoles et du respect des normes, mais la gestion des écoles et du programme scolaire est confiée aux deux secteurs indépendants français et anglais[50]. La Nouvelle-Écosse a quant à elle un Conseil scolaire acadien provincial au sein de son ministère. Il gère 19 écoles unilingues françaises, offrant des cours de la maternelle à la 12e année et comptant 4 000 élèves et 600 employés[51]. Toutes les provinces canadiennes possèdent des écoles francophones, et il est aussi possible d'étudier en français dans certaines écoles de Louisiane et du Maine.
Les Collèges communautaires du Nouveau-Brunswick comptent un secteur francophone de 5 établissements. L'Université de Moncton possède aussi un campus à Edmundston, desservant ainsi le Maine et le Québec, ainsi qu'un campus à Shippagan. L'Université Sainte-Anne compte 4 campus en Nouvelle-Écosse et un à l'Île-du-Prince-Édouard, offrant une formation professionnelle et universitaire en français. Le Québec compte un vaste réseau de CÉGEP, correspondant au collège, ainsi que plusieurs universités.
Le Nouveau-Brunswick possède également un dense réseau de divers services publics en français. Elle est en effet la seule province officiellement bilingue au Canada, statut confirmé par les articles 16 et 16.1 de la Charte canadienne des droits et libertés ainsi que par la loi sur les langues officielles, la loi 88 et la loi sur les municipalités au niveau provincial. À part au Québec, où le français est la langue officielle, les services particuliers aux Acadiens sont à la discrétion des différents paliers de gouvernements. Le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL) est une agence de l'État pour la promotion de l'usage du français dans la population de Louisiane.
[modifier] Médias
Les médias, en particulier la presse écrite, ont joué un rôle important dans le développement de la culture acadienne à partir du milieu du XIXe siècle. Bien qu'ils ont souvent été au centre des aspirations politiques et économiques, ils se sont développés lentement à cause de divers facteurs comme la répartition géographique, le statut minoritaire, le dynamisme économique, le niveau d'éducation et les transports[52]. Le plus ancien journal, Le Moniteur acadien, fut fondé en 1867 et est encore publié. Parmi les journaux anciens, le plus influent fut L'Évangéline. Des dizaines de journaux et magazines francophones existent actuellement au Canada et aux États-Unis mais seul le Nouveau-Brunswick compte un journal quotidien, L'Acadie Nouvelle. La radio est bien implantée et l'internet se développe rapidement. Il n'y a par contre pas de télévision proprement acadienne.
[modifier] Culture
La musique et le folklore demeurent les formes d'expression artistiques les plus répandues jusqu'au milieu du XXe siècle [53]. La marginalisation géographique et économique des régions acadiennes ont ainsi causé un isolement culturel[53]. L'arrivée de l'enseignement supérieur et l'ouverture au monde des années 1960 provoquent une explosion de la culture acadienne, qui se diversifie dans l'artisanat, la peinture, la sculpture, la musique, la danse, le théâtre, le cinéma ou la littérature[53].
[modifier] Architecture
L'architecture acadienne est à l'origine d'inspiration française, mais adaptée aux conditions climatiques et aux matériaux locaux. Plus tard, des techniques de construction amérindiennes sont utilisées, surtout pour améliorer l'isolation des maisons. La plupart des constructions acadiennes sont démolies durant le Grand Dérangement, entre 1755 et 1763. Durant plusieurs années, les maisons sont de piètre qualité et construites à la hâte. Malgré l'amélioration des conditions de vie, l'architecture reste simple jusqu'au milieu du XIXe siècle. Les traces d’inspiration française s'effacent alors progressivement devant les influences américaine et anglaise. C'est alors que les premiers architectes acadiens commencent leur carrière. Il est difficile de définir un style typique acadien puisque aucune étude exhaustive n'a été effectuée à ce sujet. Par contre, l'architecture est de plus en plus mise en valeur et protégée. Plusieurs villages historiques ont ainsi été construits depuis les années 1970 et de nombreux nouveaux édifices s'harmonisent avec l'architecture traditionnelle.
[modifier] Sculpture et peinture
Jusqu'au début du XXe siècle, la sculpture et la peinture étaient surtout réalisées par les décorateurs d'églises[54]. Parmi les principales réalisations toujours existantes, notons celles de Philomène Belliveau, Caroline Léger, Anna Bourque-Bourgeois, Jeanne Léger, Alma Buote et Yolande Boudreau, qui ont toutes étudié l'art à l'étranger. À partir des années 1930, le docteur Paul Carmel Laporte enseigna la sculpture et le dessin à Edmundston et forma plusieurs artistes de renom, dont Claude Picard, Claude Roussel et Marie-Hélène Allain[54]. Plusieurs artistes de la même époque ont dû suivre des cours à l'extérieur avant de poursuivre leur carrière en Acadie, dont Gertrude Godbout, Eulalie Boudreau, René Hébert, Georges Goguen, Roméo Savoie, Hilda Lavoie-Franchon et Claude Gauvin. Certains ont produit des peintures religieuses et murales pour les églises, dont Édouard Gautreau, Claude Picard et Ernest Cormier. L'église Sainte-Anne-de-Kent, qui comptait entre autres des tableaux de Gautreau, était surnommée la « chapelle Sixtine de l'Acadie » jusqu'à sa destruction dans un incendie en 2007[54]. Nelson Surette s'est fait connaître grâce à ses tableaux représentant la vie quotidienne. Adrien Arsenault est aussi reconnu. Nérée De Grâce puise son inspiration dans le folklore acadien et ses tableaux se retrouvent dans plusieurs collections à travers le monde, ainsi que sur un timbre canadien[54]. Les musées canadiens possèdent des œuvres d'autres artistes, dont les plus connus sont les sculpteurs Arthur Gallant, Alfred Morneault et Octave Verret ainsi que les peintres Léo B. LeBlanc, Médard Cormier et Camille Cormier[54].
Claude Roussel a mis sur pied le département d'arts visuels de l'Université de Moncton, qui a permis de former de nombreux artistes sur place[54]. Les plus prolifiques sont l'artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson et le peintre Yvon Gallant mais on compte aussi Paul Édouard Bourque, Jacques Arseneault, Francis Coutellier, Marc Cyr, Pierre Noël LeBlanc, Anne-Marie Sirois, Lucille Robichaud, Lionel Cormier, Luc A. Charette, Daniel Dugas, Guy Duguay, Roger Vautour, Ghislaine McLaughlin, Gilles LeBlanc, Georges Blanchette, Gilles Arsenault, Hélène LaRoche et André Lapointe. Robert Saucier, Jocelyn Jean et Paul-Émile Saulnier travaillent au Québec mais leurs œuvres se vendent à l'étranger.
[modifier] Littérature
Marc Lescarbot a donné naissance à la littérature acadienne à Port-Royal en 1606[55]. Plusieurs visiteurs ainsi que des prêtres ont ensuite écrit sur la géographie ainsi que sur les conditions religieuses et économiques[55]. La situation politique trouble et la lente croissance de la population expliquent le faible nombre de textes produits par les Acadiens durant cette période[55]. Après la Déportation, la littérature prend du temps à réapparaître mais la tradition orale reste florissante[55]. Avec la fondation d'écoles et de collèges au XIXe siècle puis les Conventions nationales acadiennes, les Acadiens et leur clergé commencent à redécouvrir leur identité et leurs aspirations dans un monde d'anglophones[55]. Jusqu'aux années 1960, la littérature est dominée par le débat nationaliste[55]. La redécouverte de l'histoire de l'Acadie a donné lieu à un nombre important de textes, en particulier ceux de Pascal Poirier[55]. Au XXe siècle, le nationalisme devient moins important et plusieurs auteurs dont Antonine Maillet se penchent sur d'autres sujets[55]. Plusieurs auteurs de la diaspora publient durant les années 1960, dont Donat Coste et Rénald Després. Dès 1966, les plus jeunes auteurs remettent en question les valeurs traditionnelles ; ce mouvement est amplifié par la Révolution tranquille au Québec, par les réformes de Louis Robichaud au Nouveau-Brunswick, par les grèves étudiantes et par le succès phénoménal de La Sagouine d'Antonine Maillet[55]. La poésie est la première forme littéraire à suivre cette tendance[55]. Le roman est dominé par l'œuvre d'Antonine Maillet mais de nombreux autres auteurs sont à remarquer[55]. Depuis le milieu des années 1980, la littérature acadienne se porte très bien, ce qu'illustre le nombre grandissant des maisons d'éditions et la reconnaissance dont elle jouit tant en Amérique qu'en France[55]. Les œuvres sont de genres variés et la littérature pour enfants se développe[55].
[modifier] Théâtre
Marc Lescarbot a aussi donné naissance au théâtre acadien en produisant Le Théâtre de Neptune en 1606[56]. Il faut cependant attendre 1956 pour voir la création de la première véritable troupe de théâtre : la Troupe Notre-Dame de Grâce de Moncton[56]. Deux troupes professionnelles, le Théâtre populaire d'Acadie de Caraquet et le Théâtre l'Escaouette de Moncton, dominent aujourd'hui la scène théâtrale[56]. Le TPA a présenté plusieurs pièces de Jules Boudreau, qui traite aussi bien de sujets historiques comme dans Louis Mailloux ou de sujets contemporains[56] ; Herménégilde Chiasson a ainsi présenté sa première pièce à ce théâtre[56]. Le théâtre L'Escaouette a ensuite fait une grande place à Chiasson, dont la vaste œuvre traite de trois sujets principaux : l'histoire révisionniste, l'humour et le fantastique[56].
[modifier] Cinéma et télévision
Le premier film canadien, réalisé en 1913, reprend l'histoire d'Evangéline[57]. Le pionnier du cinéma acadien est Léonard Forest, qui commença à travailler à l'Office national du film du Canada dans les années 1950[57]. Récemment, Dano Leblanc a écrit l'une des premières bandes dessinées acadiennes, Acadieman, qui est adaptée la la télévision. L'anti-héros a fait l'objet en 2009 du premier long métrage d'animation, Acadieman vs. le Congrès mondial acadien. Parmi les cinéastes notoires, mentionnons Renée Blanchar, Phil Comeau, Anne-Marie Sirois et Jacques Savoie. Parmi les acteurs, mentionnons Lacey Chabert, Shia LaBeouf, Lash La Rue, Robert Maillet ainsi que les frères Randy et Dennis Quaid.
[modifier] Folklore
Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'isolement de l'Acadie a permis de préserver un folklore varié, transmis de générations en générations[58]. Les chansons du début du XXe siècle témoignent de l'éveil à la culture[58]. Le folklore est en quelque sorte méprisé par l'élite jusqu'à ce que le journal L'Évangéline publie à partir de 1939 une chronique sur les chansons acadiennes par Thomas LeBlanc et qu'Anselme Chiasson et Daniel Boudreau publient le recueil Chansons d'Acadie entre 1942 et 1956[58]. Des chercheurs étrangers se sont dès lors intéressés au folklore acadien, tôt imités par les Acadiens eux-mêmes[58]. L'Université de Moncton enseigne le folklore depuis 1966 et son Centre d'études acadienne, comme l'Université Laval, possèdent d'importantes collections dédiées à ce sujet[58]. Les chansons traditionnelles sont maintenant présentes dans les médias et les spectacles ; ces mêmes chansons ont contribué à lancer les carrières d'Edith Butler et d'Angèle Arsenault[58]. Le folklore a également inspiré de nombreux auteurs, dont Antonine Maillet[58].
[modifier] Cuisine
La cuisine acadienne est d'origine française mais ont trouve plusieurs autres influences, particulièrement canadiennes françaises, amérindiennes et allemandes. Il y a en fait plusieurs cuisines régionales. La plupart des ingrédients sont disponibles sur places alors que certains proviennent d'un commerce avec les Antilles et le Brésil, comme les raisins secs, le riz, la cassonade et la mélasse. La pomme de terre est l'aliment de base et le poisson et les fruits de mer sont très populaires.
La cuisine cadienne a été introduite en Louisiane par les Acadiens. Elle reprend donc une origine française, à laquelle s'ajoutent des influences espagnoles, africaines et amérindiennes. Son influence française se remarque, entre autres, dans l’utilisation du roux. Elle se caractérise par son recours aux épices, aux oignons, aux poivrons, aux gombos et au céleri. Les fruits de mer, mais surtout les écrevisses, tiennent une place proéminente dans la cuisine cadienne. Les sauces sont épaissies à l’aide de poudre de gumbo filé faite de feuilles de sassafras.
[modifier] Sport
Le sport est pratiqué en Acadie depuis sa fondation mais est peu présent dans la culture avant les années 1960. C'est à cette époque que de nouvelles écoles sont construites avec des installations sportives comme des gymnases. La fondation d'une école normale francophone à Moncton, puis l'ouverture du Département d'éducation physique de l'Université de Moncton permettent la formation des enseignants en français. Depuis 1979, les Jeux de l'Acadie sont l'occasion, pour les athlètes en herbe de toutes l'Acadie, de se mesurer les uns aux autres. Plusieurs Acadiens et Cadiens se sont démarqués dans le sport professionnel, comme Yvon Durelle à la boxe, Rhéal Cormier, Chad Gaudin et Andy Pettitte au baseball, Bob Pettit au basket-ball, Jake Delhomme au football américain ainsi que Roland Melanson au hockey sur glace. Quelques équipes professionnelles sont installées dans les régions acadiennes, dont plusieurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.
[modifier] Notes et références
- ↑ a b c d e Nicolas Landry et Nicole Lang, Histoire de l'Acadie, Les éditions du Septentrion, Sillery, 2001 (ISBN 2-89448-177-2), p. 9.
- ↑ Jean Daigle, L'Acadie, 1604-1763. Synthèse historique, L'Acadie des Maritimes, Centre d'études acadiennes, Université de Moncton, Moncton, 1980 (ISBN 2921166062)), p. 18.
- ↑ Pierre-Maurice Hébert (préface de Pierre Trépanier), Les Acadiens du Québec, Éditions de L'Écho, Montréal, 1994 (ISBN 2-920312-32-4)
- ↑ Jean Daigle, Samuel Arsenault et Rodolphe Lamarche, Les géographes et l'aménagement des structures spatiales, L'Acadie des Maritimes, Centre d'études acadiennes, Université de Moncton, Moncton, 1993 (ISBN 2921166062), p. 104.
- ↑ « L’Acadie du monde 2014 en Acadie des terres et forêts » dans Le Madawaska, 1er mai 2009 [lire en ligne (page consultée le 30 mai 2009)]
- ↑ a b Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 112.
- ↑ Jean Daigle et Murielle K. Roy, Démographie et démolinguistique en Acadie, 1871-1991, L'Acadie des Maritimes, Centre d'études acadiennes, Université de Moncton, Moncton, 1993 (ISBN 2921166062).
- ↑ a b c d e f Cécyle Trépanier, « Le mythe de « l'Acadie des Maritimes » », dans Géographie et cultures, no 17, 18 janvier 2009 [texte intégral].
- ↑ a b c d Jacques Paul Couturier, « La République du Madawaska et l’Acadie : la construction identitaire d’une région néo-brunswickoise au XXe siècle », dans Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 56, no 2, Automne 2002 [texte intégral (page consultée le 12 avril 2009)]
- ↑ (en) Collectif, Acadian culture in Maine, Boston, Mass. : National Park Service, North Atlantic Regional Office, 1994. Chapitre We Know Who We Are sur University of Maine at Fort Kent. Consulté le 28 janvier 2009
- ↑ Pierre-Maurice Hébert, op. cit., p.
- ↑ Jean Daigle et Léon Thériault, L'Acadie de 1763 à 1990, synthèse historique, Centre d'études acadiennes, Université de Moncton,, Moncton, 1993 (ISBN 2921166062), p. 45.
- ↑ a b c Cécyle Trépanier, « À la recherche de l'Acadie et des perceptions identitaires des Acadiens des provinces maritimes du Canada »
- ↑ (en) Collectif, Acadian culture in Maine, Boston, Mass. : National Park Service, North Atlantic Regional Office, 1994. Chapitre Maine Acadian Houses sur University of Maine at Fort Kent. Consulté le 12 janvier 2009
- ↑ Michel Roy, L'Acadie perdue, Éditions Québec/Amérique, Montréal, 1978 (ISBN 0885520424), p. 102.
- ↑ Sally Ross et J. Alphone Deveau, Les Acadiens de la Nouvelle-Écosse : hier et aujourd'hui, Éditions d'Acadie, Moncton, 1995 (ISBN 2-7600-0263-2).
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- ↑ a b Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 67.
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- ↑ a b Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 75.
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- ↑ Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 81.
- ↑ a b c Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 82.
- ↑ a b Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 89.
- ↑ a b Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 92.
- ↑ a b c Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 129.
- ↑ Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 96.
- ↑ a b c d e f Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 128.
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- ↑ (fr) Jacques Leclerc L'aménagement linguistique dans le monde - Îles Malouines
- ↑ Jean Daigle et Samuel P. Arsenault, La Géographie et les Acadiens, L'Acadie des Maritimes, Centre d'études acadiennes, Université de Moncton, Moncton, 1980 (ISBN 2921166062), p. 114.
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- ↑ a b c d e f g h i j k l m n o p q Anselme Chiasson et Nicolas Landry, « Histoire de l'Acadie » sur L'encyclopédie canadienne
- ↑ Paul Surette, « La Préséance de Memramcook après le Grand Dérangement », dans Cahiers, vol. 5, no 1, juin 1993.
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- ↑ a b Statistique Canada - Profil des Communautés 2006 - Moncton - Langue
- ↑ a b c Roy (1978), op. cit., p. 103.
- ↑ Viau (1993), op. cit., p. 168-169.
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- ↑ Viau (1993), op. cit., p. 170.
- ↑ Viau (1993), op. cit., p. 200.
- ↑ Société nationale de l'Acadie, « À propos de la SNA »
- ↑ a b c Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 272-273.
- ↑ a b c d e f g Landry et Lang (2001), op. cit.,p. 192.
- ↑ a b Daniel Robichaud, « Notre drapeau ... notre fierté » sur Cyberacadie
- ↑ a b Daniel Robichaud, « L'insigne et la devise acadienne » sur Cyberacadie
- ↑ Jean-Claude Dupont, Histoire populaire de l'Acadie, Leméac, 1978 (ISBN 2-7609-5278-9), p. 31
- ↑ a b c d e f g h i j k l m n o Marc L. Johnson et André Leclerc, « Acadie contemporaine - Économie » sur L'encyclopédie canadienne
- ↑ Introduction sur Ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick
- ↑ http://csap.ednet.ns.ca/lecsap.php?id=50
- ↑ Gérard Beaulieu, direction de Jean Daigle, L'Acadie des Maritimes, Chaire d'études acadiennes, Université de Moncton, Moncton, 1993, (ISBN 2921166062), « Les médias en Acadie », p. 507.
- ↑ a b c Culture de l'Acadie sur L'encyclopédie canadienne
- ↑ a b c d e f Luc A. Charette, « Culture de l'Acadie - Peinture et sculpture » sur L'encyclopédie canadienne
- ↑ a b c d e f g h i j k l m Yves Bolduc, Léonard E. Doucette et Marc Johnson, « Culture de l'Acadie - Littérature » sur L'encyclopédie canadienne
- ↑ a b c d e f Léonard E. Doucette, « Culture de l'Acadie - Théâtre » sur L'encyclopédie canadienne
- ↑ a b Roland Brideau, « Culture de l'Acadie - Cinéma » sur L'encyclopédie canadienne
- ↑ a b c d e f g Père Anselme Chiasson et Ronald Labelle, « Culture de l'Acadie - Folklore » sur L'encyclopédie canadienne
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Bibliographie
- Georges Arsenault, Les Acadiens de l'Île : 1720-1980, Éditions d'Acadie, Moncton, 1987 (ISBN 2760001415)
- Samuel P. Arsenault, Atlas de l'Acadie : petit atlas des francophones des Maritimes, Éditions d'Acadie, Moncton, 1976.
- Adrien Bérubé, Atlas prospectif de l'Acadie, Société historique du Madawaska, Edmundston, 1979.
- Adrien Bérubé, direction de J. Lapointe et A. Leclerc, « De l'Acadie historique à l'Acadie à la Nouvelle Acadie : les grandes perceptions contemporaines de l'Acadie », dans Les Acadiens : état de la recherche, 1987.
- Jean-Marie Fonteneau, Les Acadiens - Citoyens de l'Atlantique, Éditions Ouest-France, Rennes, 2001 (ISBN 2737328810).
- Pierre-Maurice Hébert (préface de Pierre Trépanier), Les Acadiens du Québec, Éditions de L'Écho, Montréal, 1994 (ISBN 2-920312-32-4)
- Sally Ross, Les Acadiens de la Nouvelle-Écosse : hier et aujourd'hui, Éditions d'Acadie, Moncton, 1995 (ISBN 2-7600-0263-2)
- Michel Roy, L'Acadie perdue, Éditions Québec/Amérique, Montréal, 1978 (ISBN 0885520424).
[modifier] Liens externes
- Cyberacadie – L'histoire des Acadiens et de L'Acadie
- CapAcadie.com - Portail de l'Acadie
- Société Nationale de l'Acadie
- Visionnez le documentaire L' Acadie, l'Acadie?!? à ONF.ca


