Jeffery Amherst

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Jeffery Amherst
Jeffery Amherst par Gainsborough vers 1785
Jeffery Amherst par Gainsborough vers 1785

Naissance 29 janvier 1717
Sevenoaks
Décès 3 août 1797 (à 80 ans)
Sevenoaks
Allégeance Drapeau du Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Grade Field marshal
Années de service 1731 – 1795
Conflits Guerre de Succession d'Autriche
Guerre de la Conquête
Commandement Commandant en chef de l'armée britannique en Amérique du Nord
Commandant en chef de l'armée britannique (1778-1782) (1783-1795)
Faits d'armes Bataille de Fontenoy
Siège de Louisbourg
Distinctions Chevalier de l'Ordre du Bain

Jeffery Amherst (29 janvier 17173 août 1797), 1er baron Amherst, est un officier de l'armée britannique et un administrateur colonial. Il a été anobli par le roi George III. Son prénom est parfois orthographié Geoffrey ou Jeffrey.

Carrière en Europe[modifier | modifier le code]

Jeffery Amherst est né à Sevenoaks, dans le Kent. Il a été page du duc de Dorset.

En 1731, il s'enrôle dans l'armée et, en 1741, devient aide de camp du général John Ligonier (1680-1770). Au cours de la guerre de Succession d'Autriche, il participe à la bataille de Fontenoy en 1745. Il est promu au grade de lieutenant-colonel. Après la signature du traité d'Aix-la-Chapelle en 1748, il repasse en Angleterre, et la période de paix qui suit réduit ses chances d'avancement.

Guerre de Sept Ans : fin de la Nouvelle-France[modifier | modifier le code]

Amherst, 1758

Lorsqu'éclate la Guerre de Sept Ans, Jeffery Amherst voit sa fortune changer: il sert d'abord en Allemagne et participe à la bataille de Hastenbeck en juillet 1757. Son protecteur le général Ligonier ayant été nommé commandant en chef de l'armée britannique, Amherst se voit confier le grade temporaire de « major général en Amérique » avec la mission particulière de prendre la forteresse de Louisbourg. Il a entre autres sous ses ordres le futur général James Wolfe. Il commande l'expédition contre la forteresse et en obtient la capitulation le 27 juillet 1758.

Nommé commandant en chef en Amérique du Nord en remplacement de James Abercromby, il passe l'hiver suivant à New York à faire des plans pour la campagne de l'été suivant. Il remonte en 1759 le lac Champlain avec une armée de 11 000 hommes, et se rend jusqu'à Crown Point où il construit un fort. Il lance quelques attaques sur l'île aux Noix sur la rivière Richelieu, où s'est réfugié le commandant français Bourlamaque. Cette tactique reste néanmoins sans effets notoires et est abandonnée après la prise de Québec par Wolfe en septembre.

Durant l'hiver suivant, Amherst planifie l'attaque de trois armées contre Montréal: James Murray remontant le Saint-Laurent à partir de Québec, William Haviland venant du lac Champlain et Amherst lui-même attaquant à partir du lac Ontario. Au début de septembre 1760, la jonction des trois armées fonctionne parfaitement et aboutit à la capitulation des Français le 8 septembre. Amherst nomme alors trois gouverneurs militaires pour les trois districts du Canada : James Murray, confirmé dans le poste qu'il occupait déjà à Québec, Ralph Burton à Trois-Rivières et Thomas Gage à Montréal.

Cependant, la guerre n'est pas terminée, et Amherst, à titre de commandant en chef, organisa au cours de 1761 et 1762 des expéditions à la Dominique, en Martinique et à Cuba.

En 1762, il nomme son frère William Amherst commandant des forces de reconquête de l'île de Terre-Neuve. Depuis New York, Jeffery Amherst supervise cette opération militaire. La bataille de Signal Hill et la capitulation du fort de Saint-Jean mettent fin à l'aventure française en Amérique du Nord. Mais dès mai 1763 le soulèvement de Pontiac oblige Amherst à reprendre les armes contre les Amérindiens, qu'il méprisait.

Amherst rentre définitivement en Grande-Bretagne en novembre 1763. Il fut le premier gouverneur sous l'occupation militaire de la Nouvelle-France, de 1760 à 1763.

Variole[modifier | modifier le code]

Une correspondance avec son subalterne, le colonel Henri Bouquet, mercenaire d'origine suisse, nous révèle qu'en 1764, Amherst suggéra d'utiliser la variole (petite vérole) comme arme de guerre en contaminant des couvertures qui furent distribués à des membres de la tribu des Delaware qui assiégeaient le fort[1].

Cette idée a-t-elle été réellement mise en œuvre ? Une épidémie de variole s'est effectivement répandue parmi les Amérindiens à cette époque et, comme le phénomène s'est produit dans plusieurs autres régions sur d'autres continents (entre autres en Nouvelle-Zélande) dans des conflits impliquant l'armée britannique, certains pensent qu'elle a été causée volontairement. Cette épidémie, si elle a bien été causée par les couvertures infectées de variole, serait alors le premier cas de guerre biologique recensé en Amérique du Nord.

Voici un extrait de cette correspondance: « You will do well to try to innoculate the Indians by means of blankets, as well as every method that can serve to extirpate this execrable race. » (« Vous feriez bien d'essayer d'infecter les Indiens avec des couvertures, ou par toute autre méthode visant à exterminer cette race exécrable. »)

Honneurs et fin de carrière[modifier | modifier le code]

Amherst a été gouverneur de Virginie de 1759 à 1768, fonction qu'il n'exerçait pas réellement mais qui lui procurait un revenu. Il a été fait chevalier de l'Ordre du Bain en 1761. Il fut titré, en 1776, baron Amherst of Holmesdale, titre qui s'éteignit avec lui parce qu'il n'avait pas de descendance. En 1775, puis en 1778, le roi lui demanda de reprendre le commandement en Amérique, où la guerre avec les colonies menaçait, mais Amherst refusa. De 1778 à 1782, il fut tout de même nommé commandant en chef des forces armées britanniques, après neuf années de vacance du poste. Brièvement remplacé dans cette fonction, en 1782-1783, par Henry Seymour Conway, il reprit du service dans la même fonction de 1783 à 1795. Il se retire alors avec le titre de maréchal.

Il fut gouverneur de Guernesey de 1770 à 1794. En 1788, une autre baronnie lui fut conférée avec le titre de « baron Amherst of Montreal », qui échut à son neveu William Pitt Amherst (1773-1857), second baron Amherst (1797-1826) puis premier comte Amherst (1826-1857).

Il est décédé le 3 août 1797, également à Sevenoaks, à sa résidence appelée Montréal.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) C. P. Stacey. « Amherst, Jeffery, 1er baron Amherst », dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, Université Laval, University of Toronto, 2000
  • (en) Louis Des Cognets. Amherst and Canada, Princeton, N.J. : L'auteur, 1962
  • (en) John Cuthbert Long. Lord Jeffery Amherst: A Soldier of the King, New York : MacMillan, 1933, 373 p.
  • (en) Jeffery Amherst. The Journal of Jeffery Amherst; Recording the Military Career of General Amherst in America from 1758 to 1763, Toronto : Ryerson Press, 1931, 341 p. [édité par J. Clarence Webster]
  • (en) Lawrence Shaw Mayo. Jeffery Amherst; A Biography, New York: Longmans, Green and Col, 1916, 344 p. (en ligne)
  • (en) Francis Parkman. The Conspiracy of Pontiac: and the Indian War After the Conquest of Canada, Boston : Little, Brown and Company, 2 volumes (en ligne: vol. 1, vol. 2)
  • Jeffery Amherst. Commissary Wilson's Orderly Book: Expedition of the British and Provincial Army, Under Maj. Gen. Jeffrey Amherst, Against Ticonderoga and Crown Point, 1759, Albany : J. Munsell, 1857, 220 p. (en ligne)
  • (en) John Knox. An Historical Journal of the Campaigns in North-America, for the Years 1757, 1758, 1759, and 1760: Containing the Most Remarkable Occurences of that Period; Particularly the Two Sieges of Quebec, & c. & c.; The Orders of Admirals and General Officers; [...], London : printed for the author and sold by W. Johnston and J. Dodsley, 1769, 2 volumes (en ligne: vol 1., vol. 2)
  • (fr) Laurent Turcot. « The Surrender of Montreal to General Amherst de Francis Hayman et l’identité impériale britannique» Mens : revue d'histoire intellectuelle et culturelle, Volume 12, numéro 1, automne 2011, p. 91-135.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'entrevue de Denis Vaugeois par Fabien Loszach (ledevoir.com du lundi 24 août 2009).