Danse québécoise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La danse québécoise comprend plusieurs danses traditionnelles (solo, couple, et groupe), le ballet classique ainsi que plusieurs danses contemporaines telles que le ballet-jazz et la danse expérimentale.

Danse traditionnelle[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe, les contredanses et les menuets étaient fort populaires en Nouvelle-Fance. Le peu de sources manuscrites (moins d'une dizaine) au sujet de la danse sous le Régime français ne mentionnent que le Menuet[1]. Il serait cependant fort étonnant que la Contredanse n'eut été partie prenante des bals de l'époque, tant elle représentait le genre le plus pratiqué à l'époque en France[2]. C'est Pierre de Sales Laterrière qui mentionne pour la première fois (vers 1776) la pratique de la contredanse au Québec : « ont encore les contre-danses françoises et les menuets ». Les reels et les gigues irlandais et écossais sont introduits dans la colonie suite à la Conquête anglaise de 1759 (et du Traité de Paris 1763). Le quadrille s'installera au Québec après 1815. Il arrive principalement par l'intermédiaire de maîtres à danser formés en Angleterre (Mme West à Montréal, et les sœurs D'Aspinall à Québec, entre 1819 et 1822). C'est au cours du XIXe siècle que ces danses de salons (quadrilles principalement) se «folkloriseront» pour former une part de la tradition populaire.

Les Contredanses, souvent giguées, qui font partie du répertoire traditionnel québécois, sont issues des Îles britanniques et ne sont donc pas directement liées aux contredanses françaises (sur plan carré) qui étaient pratiquées au XVIIIe siècle en Nouvelle-France[3]. Les Contredanses traditionnelles québécoises sont toujours dansées en colonnes (une ligne d'hommes en face d'une ligne de femmes) et comportent souvent des pas de gigue. Elles ne sont par ailleurs pas «progressives» dans le sens de duple minor ou triple minor (ou contredanse à quatre et contredanse à six) mais plutôt sur le mode de progression appelé «whole set», dans lequel le premier couple exécute l'ensemble des figures, puis se retrouve au bas de la danse, chacun des autres couples remontant d'une place.

Les set carrés (ou sets câllés/danses carrées/danses câllées)[4] sont d'origine américaines et sont arrivées au Québec vers la fin du XIXe siècle pour les régions frontalières (sud du Québec) mais surtout dans la première moitié du XXe siècle pour l'ensemble du Québec. L'exode canadien-français vers la Nouvelle-Angleterre, principalement pour travailler dans les usines de textiles, a grandement collaboré à cet importation de la danse carrée et câllée.

Le cotillon québécois traditionnel rappelle quant à lui les premiers Cotillons français (1706-1715) sans lui ressembler totalement. Sa présence n'est pas attestée en Nouvelle-France et sa forme, ainsi que son refrain le plus fréquent, ne trouvent pas d'équivalent en France. Il pourrait éventuellement provenir de la pratique anglaise ou encore de la Nouvelle-Angleterre. Des recherches restent à faire dans ce domaine.

Ballet classique[modifier | modifier le code]

Les premiers studios de ballet classique voient le jour au Québec à partir de 1945[5]. Ludmilla Chiriaeff fonde en 1952 à Montréal les Ballets Chiriaeff, qui deviendront les Grands Ballets canadiens en 1957, puis crée en 1966 l'Académie des Grands Ballets canadiens (aujourd'hui connue sous l'appellation d'École supérieure de ballet du Québec)[6].

Plus récemment, Christiane Bélanger fonde à Québec l'École Christiane Bélanger-Danse (1989), puis la Compagnie Christiane Bélanger (2001), qui devient le Ballet de Québec en 2005, l'école devenant l'École du Ballet de Québec en 2013, alors qu'elle lance son programme collégial en ballet classique au Cégep Garneau. Le Centre Uriel [7]est aussi le tout premier diffuseur spécialisé en danse classique exclusivement dans la Ville de Québec.

La Société de ballet du Québec (2012) a pour mission le développement de la scène professionnelle en ballet classique à Québec.

Danse contemporaine[modifier | modifier le code]

La danse continue d'évoluer de nos jours au Québec. Les institutions les plus célèbres sont Les Ballets Jazz de Montréal, les Grands Ballets canadiens de Montréal ainsi que la troupe de danse contemporaine La La La Human Steps, dirigée par le chorégraphe Édouard Lock et sa figure emblématique, la danseuse Louise Lecavalier. On peut citer également Marie Chouinard, Benoît Lachambre, Ginette Laurin ainsi que la compagnie qu'elle a fondée O Vertigo, D et PPS Danse qui ont une projection internationale reconnue.

Il existe plusieurs salles de spectacle de danse contemporaine au Québec. À Montréal se retrouvent l'Agora de la danse, Danse-Cité, la Compagnie Marie Chouinard, Tangente et plusieurs autres ; à Québec, La Rotonde et le complexe Méduse.

Liens externes[modifier | modifier le code]

La danse en Nouvelle-France

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La danse en Nouvelle-France (Bulletin Mnémo Vol. 5, No 1, Été 2000)
  2. Mémoires de Pierre de Sales Latterrière et de ses traversées. Pierre de Sales Laterrière (père), Québec, 1873, p. 61.
  3. Le Livre de contredanses... (manuscrit de Trois-Rivières) : Bulletin Mnémo, Vol.12, No 2, 2009.
  4. Du set au cotillon... Petite introduction à la danse traditionnelle québécoise et à ses genres... (Bulletin Mnémo, Vol. 1 No. 4, 1997)
  5. Michel Landry, La danse au Québec
  6. École supérieure de ballet du Québec
  7. Le Centre Uriel: http://centreuriel.com/