Iroquoiens du Saint-Laurent

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Territoire occupé par les Iroquoiens du Saint-Laurent, vers 1535

Les Iroquoiens du Saint-Laurent vivaient, jusqu'à la fin du XVIe siècle, le long du fleuve Saint-Laurent au Québec et en Ontario, Canada, et dans l'État de New York, États-Unis. Nos connaissances des Iroquoiens du Saint-Laurent proviennent des écrits de Jacques Cartier et des études récentes en archéologie et en linguistique comparée.

Les voyages de Jacques Cartier[modifier | modifier le code]

Lors de son deuxième voyage en Amérique du Nord, en 1535-1536, l'explorateur Jacques Cartier a vu plusieurs villages iroquoiens sur la rive nord du fleuve dans les environs de la ville moderne de Québec, dont les villages de Stadaconé et d'Hochelaga, ce dernier à l'emplacement de l'actuelle Montréal. Les traces d'autres villages contemporains ont été découvertes par des archéologues à l'Ouest, près de l'exutoire du lac Ontario. Les Iroquoiens du Saint-Laurent vivaient dans des villages localisés à quelques kilomètres des berges du fleuve. Une palissade de bois protégeait chaque village dont la population pouvait atteindre 2 000 personnes. Jacques Cartier a observé des maisons longues à Hochelaga, mais il ne nous a laissé aucune description des habitations des autres villages iroquoiens dans les environs de Québec.

La dispersion des Iroquoiens[modifier | modifier le code]

Les Iroquoiens du Saint-Laurent accueillent Samuel de Champlain, à bord du Don de Dieu, lors de son arrivée à Québec en 1608. Cette image est cependant une représentation fictive puisque lors de son premier voyage à Québec, Champlain s'est arrêté à Tadoussac avec son navire et a poursuivi vers Québec en barque pour y arriver le 3 juillet 1608[1].

Au moment de l'arrivée de Samuel de Champlain et de l'établissement de la ville de Québec en 1608, il n'y avait plus aucune trace des Iroquoiens du Saint-Laurent rencontrés par Cartier quelque 75 ans auparavant. Leur disparition a donné naissance à plusieurs hypothèses : une guerre avec les Iroquois ou les Hurons, l'impact des maladies contagieuses du Vieux Monde ou leur migration vers la région des Grands Lacs.

Les indices archéologiques suggèrent fortement qu'il y a eu des guerres avec les tribus iroquoises et huronnes dans le but de contrôler les routes commerciales avec les Européens. Au milieu du XVIe siècle, la vallée du Saint-Laurent était probablement devenue une zone convoitée et les Iroquoiens du Saint-Laurent en ont payé le prix. Des indices laissent croire que des survivants auraient trouvé refuge chez les Hurons, les Mohawks et les Algonquins.

Au moment de l'arrivée de Samuel de Champlain, les Algonquins et les Iroquois pratiquaient la chasse et la pêche dans la vallée du Saint-Laurent, mais ni l'une ni l'autre tribu n'avait établi de villages permanents dans la vallée. La localisation exacte du village de Hochelaga à Montréal, tout comme celui de Stadaconé à Québec, demeure, par ailleurs, inconnue.

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Laurentien (langue).

Les Iroquoiens du Saint-Laurent parlaient probablement plusieurs dialectes. Leur langue, souvent appelée le Laurentien par les linguistes, fait partie de la famille des langues iroquoiennes qui comprend notamment le Mohawk, le Huron et le Cherokee. Étant donné notre connaissance limitée de la langue des Iroquoiens du Saint-Laurent, connaissance qui se résume à une liste de 200 mots dressée par Jacques Cartier lors de ses premiers voyages, il est bien possible que les Iroquoiens de la vallée du Saint-Laurent, dont le territoire s'étendait sur près de 600 km, parlaient plusieurs langues distinctes.

Un mot de la langue des Iroquoiens du Saint-Laurent est toujours en usage: le mot "canada", qui signifiait village dans la langue des habitants de Stadaconé. Jacques Cartier écrivait dans le récit de son deuxième voyage qu'ils appellent une ville "canada". Cartier employait aussi le nom Canada pour désigner les régions autour du village de Stadaconé ainsi que le fleuve, la "rivière de Canada". Par ailleurs, les langues Mohawk et Oneida ont toutes les deux un mot très semblable signifiant village. En Mohawk moderne, on écrit kaná:da.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Droulers/Tsiionhiakwatha, plus important et le mieux conservé des sites connus associés aux Iroquoiens du Saint-Laurent au Canada. Quelques-uns des bâtiments reconstruits du village qui est excavé sur la colline voisine. On estime que la colline recèle 7 millions d'artefacts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lacoursière, Jacques, Histoire populaire du Québec Tome 1 Des origines à 1791, Septentrion, 1995, pp. 42-43.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • CLERMONT, N., et M. GAGNÉ, 2004: People of the Drumlins. A Passion for the Past. Papers in Honour of James F. Pendergast. Canadian Museum of Civilization, Mercury Series, Archaeology paper 164 : 77-86.
  • Roland Tremblay (2006). Les Iroquoiens du Saint-Laurent, Peuple du Maïs. Montréal: Éditions de l'Homme.
  • Roland Tremblay. (1999). "Regards sur le passé: réflexions sur l'identité des habitants de la vallée du Saint-Laurent au XVIe siècle", Recherches amérindiennes au Québec. Volume 29. No.1 Pages 41–52.
  • Serge Bouchard et al. (1989). Peuples autochtones de l'Amérique du Nord. De la réduction à la coexistence. Québec: Télé-université (Pages 93–95, "La disparition des Iroquoiens laurentiens").
  • Jacques Cartier. (1545). Relation originale de Jacques Cartier. Paris: Tross (édition de 1863).
  • James F. Pendergast. (1998). "The Confusing Identities Attributed to Stadacona and Hochelaga", Revue d'études canadiennes. Volume 32. Pages 149-167.
  • Bruce G. Trigger et James F. Pendergast. (1978). "Saint Lawrence Iroquoians", Handbook of North American Indians. Volume 15. Pages 357-361.
  • Bruce G. Trigger et William R. Swagerty (1996). "Entertaining Strangers: North America in the Sixteenth Century", dans The Cambridge History of the Native Peoples of the Americas. Cambridge: Cambridge University Press. Pages 325-398, à 335.
  • Bruce G. Trigger. (1991). Les enfants d'Aataentsic: l'histoire du peuple huron. Montréal: Libre Expression. (Pages 206-220, La disparition des Iroquoiens du Saint-Laurent).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]