Bombardier (entreprise)

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Bombardier Inc.

alt=Description de l'image Bombardier.svg.
Création 1941 (à Valcourt)[1]
Personnages clés Joseph-Armand Bombardier, fondateur
Forme juridique Société par actions
Action TSX : BBD.ABBD.B
Slogan Des avions. Des trains. Une fierté
Siège social Drapeau du Canada Montréal, Québec (Canada)
Activité Aérospatiale, Construction ferroviaire, Maintenance de matériel roulant, Services financiers
Produits Challenger, Jet Régional CRJ, Learjet, CL-215 et CL-415, Acela, JetTrain, Z 50000
Filiales Bombardier Transport
Bombardier Aéronautique
Effectif 76 400 (2013)
Site web http://www.bombardier.com/
Chiffre d’affaires 18,15 milliards de $US (2013)
À peu près à parts égales entre aéronautique et ferroviaire

Bombardier Inc. (TSX : BBD.ABBD.B), est une entreprise multinationale canadienne dont le siège social est situé à Montréal, Québec (Canada)[2]. Spécialisée dans la construction de matériels de transports, elle est présente dans la construction aéronautique (Bombardier Aéronautique) (avions régionaux, avions d'affaires, bombardiers d'eau (Canadair)…), dans la construction ferroviaire (Bombardier Transport) et, jusqu'à 2006, dans les services financiers (Bombardier Capital). La société a vendu fin 2003 son secteur récréatif (fabrication de divers véhicules de loisirs : motoneiges, motomarines, hors-bord, etc.) à l'entreprise Bombardier Produits récréatifs, ainsi que quelques années plus tard ses engins de damage à la société italienne Prinoth.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Pour l'histoire plus complète avant 1970, voir : Bombardier Produits récréatifs et Joseph-Armand Bombardier.
Autoneige Bombardier B-12 de série R

Joseph-Armand Bombardier[3], de Valcourt au Québec, eut l'ambition de faire de l'hiver une saison où il serait aussi facile de se déplacer que pendant les trois autres saisons. Il possède le garage Bombardier où il travaille depuis longtemps sur des prototypes de véhicules capables de circuler dans la neige. Finalement, il développe un véhicule à chenilles et durant l'hiver 1936-1937[4],[3], il vend ses premières autoneiges B7 (B pour Bombardier et 7 pour sept passagers). Devant le succès de son produit, il décide de fonder une société qui produira ces véhicules à grande échelle. La société fut originellement créée sous le nom de « L'Auto-Neige Bombardier Limitée » le 29 janvier 1941[1].

Dameuse BR100+

L'autoneige B12 de 1941 fut produite en diverses versions jusqu'en 1982. Bombardier participa à la Seconde Guerre mondiale en produisant des versions militaires de ses autoneiges. Bombardier diversifie sa production après 1948 avec diverses autoneiges spécialisées dans le travail forestier, le damage des pistes de ski, etc. Bombardier développe également la première motoneige moderne. Le 23 janvier 1967, la compagnie devient Bombardier Limitée et elle est inscrite aux bourses de Montréal et Toronto.

Développement[modifier | modifier le code]

Déjà en 1970, Bombardier achetait la compagnie Rotax d'Autriche, un fabricant de moteurs de motoneiges ainsi que de wagons de tramways. Cet achat avait pour but une intégration de la production de son meilleur vendeur. Ce fut également l'occasion de s'introduire par la bande dans le domaine ferroviaire. En 1972, Bombardier se diversifie dans les activités financières avec la création des filiales Crédit Bombardier Ltée, au Canada, et Bombardier Credit Inc., aux États-Unis. Cette diversification a pour but de promouvoir la vente de ses produits.

Ferroviaire[modifier | modifier le code]

Une locomotive IORE en tête d'un train.
Article détaillé : Bombardier Transport.

Bombardier entre ainsi dans le secteur ferroviaire en 1974 en remportant un contrat de fourniture de voitures au métro de Montréal[5]. Il acquiert par la suite plusieurs sociétés de construction ferroviaire, notamment : BN en Belgique en 1988 qui lui ouvre le marché européen, ANF-Industrie en France en 1989, Constructora Nacional de Carros de Ferrocarril au Mexique et UTDC au Canada en 1992, et en Allemagne Waggonfabrik Talbot GmbH en 1995 et Deutsche Waggonbau AG en 1998[5].

En 1998, Bombardier s'implante en Chine par le biais d'une coentreprise, Sifang Locomotive & Rolling Stock Works, de Qingdao pour la fabrication de voitures à voyageurs pour le marché chinois. En rachetant ADtranz au groupe DaimlerChrysler en mai 2001, Bombardier est enfin devenu le premier constructeur mondial de matériel roulant ferroviaire[5].

En 2006, Bombardier et la SNCF signent un contrat pour la fourniture de près de 330 NAT (Nouvelle Automotrice Transilien ou Z 50000) sur les réseaux de Paris Nord, Paris Saint-Lazare et Paris Est afin de remplacer les rames inox à l'origine de la vétusté de certaines lignes de banlieue. La première de ces 330 automotrices a été livrée sur le réseau de Paris Nord le 12 décembre 2009 pour être mise en service entre Luzarches et Paris Nord.

À l'avenir, ces automotrices remplaceront également les rames tractées VB2 Duplex.

Aéronautique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bombardier Aéronautique.

Bombardier est entré dans le secteur aéronautique en rachetant la société Canadair le 23 décembre 1986. Trois ans plus tard, soit en mars 1989, Bombardier donne le feu vert à un programme qui marque un virage dans son histoire  : le programme du Regional Jet portant sur la mise au point d'un avion de ligne à réaction de 50 places conçu pour le transport régional  : ce sont les Bombardier CRJ. L'appareil reçut l'homologation de type canadienne le 31 juillet 1992.

En 1989, Bombardier acquiert la société Short Brother PLC en Irlande du Nord à Belfast, puis, en juin 1990, prend possession de Learjet Corporation constructeur des célèbres avions Learjet (américains). En 1992, c'est l'achat de la société canadienne De Havilland Canada située à Toronto en Ontario.

Services financiers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bombardier Capital.

Bombardier Capital (BC) fut créé en 1973 pour offrir auprès de ses clients des services de financement d'achat, de prêt-bail et de gérance de flottes[6],[7]. Son siège social original était à Colchester (Vermont), États-Unis, pour desservir les deux Amériques. Le siège social a été transféré à Jacksonville (Floride) à partir de 1997[7]. Après les événements du 11 septembre 2001, Bombardier Capital a vu ses activés être restreintes et Bombardier Inc. s'est graduellement départi de ses intérêts dans le secteur[7],[8]. En mai 2005, les stocks financiers de Bombardier Capital ont été vendus à GE Commercial Finance[9]. En novembre de la même année, Bombardier a vendu ses opérations dans le domaine des maisons usinées à Green Tree Servicing LLC[10]. Depuis 2006, Bombardier Inc. se départit graduellement des actifs restants et ne prend plus de nouveaux clients.

Réorganisation[modifier | modifier le code]

À la suite des problèmes causés au secteur aéronautique par les attentats du 11 septembre 2001, Bombardier éprouve des difficultés financières et doit se réorganiser[11]. En décembre 2003, il abandonne le secteur des véhicules de loisirs, qui fut à l'origine de la société, en vendant cette activité pour plus de 2,5 milliards de dollars canadiens à un consortium composé de Bain Capital, des membres de la famille Bombardier ainsi que de la Caisse de dépôt et placement du Québec[12]. L'activité cédée comprend notamment les motoneiges Ski-Doo et les moteurs hors-bord Johnson et Evinrude. La partie aéronautique commence à refaire des profits en 2006.

Le secteur ferroviaire est demeuré solide, mais doit faire face à une certaine surproduction en Europe. Le groupe Bombardier met au point un plan de restructuration incluant la fermeture de certaines usines dans cette région mais se heurte aux lois assez contraignantes dans ce domaine.

Faits marquants récents[modifier | modifier le code]

Train Acela

La réputation de Bombardier a été temporairement ternie dans l'est des États-Unis par la mauvaise qualité de fabrication de certaines composantes du train Acela à grande vitesse commandé par Amtrak. En août 2002, peu après son entrée en service, l'Acela Express fut mis hors-service quand on trouva que les attaches des amortisseurs de certains bogies avaient des fissures[13]. Le remplacement des attaches fautives et un programme d'inspections plus fréquentes permirent la remise en service. Depuis ce temps, la conception des attaches et des amortisseurs a été modifié pour les rendre plus sécuritaires. Le 15 avril 2005, les trains Acela ont cessé de circuler pendant plusieurs mois, à cause de fêlures découvertes dans les disques des freins[14]. Les trains Metroliner (en), que l’Acela remplace, comblèrent le vide. Le consortium Bombardier-Alstom remplaça les disques selon la garantie et un service restreint reprit en juillet avec les rames ayant été mises à niveau. Le 21 septembre, Amtrak annonça la reprise totale du service.

Métro de Montréal

En avril 2006, un contrat évalué à environ 1,2 milliard de dollars canadiens pour renouveler environ 300 wagons du métro de Montréal, devient disponible. Deux des sociétés qui ont le potentiel pour remplir ce contrat sont Bombardier Transport et la française Alstom. Comme le matériel doit être remplacé le plus tôt possible, le gouvernement du Québec a décidé de ne pas faire d'appel d'offres pour accélérer la livraison. De plus, Bombardier est le seul soumissionnaire ayant des installations au Canada pour ce genre de travail. Le gouvernement a donc autorisé Bombardier Transport à être le seul à discuter avec la Société de transport de Montréal en vue d'un contrat de gré à gré pour le renouvellement[15],[16]. Alstom a contre-attaqué en demandant à la Cour supérieure du Québec de se pencher sur le sujet et a requis le 11 mai 2007 une injonction pour faire cesser les discussions entre Bombardier et l'opérateur du Métro (STM) afin de ne pas rendre son action en cour caduque[17]. Un juge a entendu la demande en septembre 2007 et a rendu une décision en faveur de Alstom en janvier 2008. Le 6 février 2008, le ministre du développement économique du Québec, Raymond Bachand, a déclaré que le gouvernement du Québec ne ferait pas appel de la décision de la Cour supérieure et a décidé d'aller en appel d'offre afin de ne pas retarder la livraison[18].

Métro de Chicago

Le 28 juillet 2006, elle obtient un contrat de 577 millions de dollars américains pour la construction de voitures de métro destinées à la ville de Chicago[19].

Métro de New York

Bombardier est également connu pour avoir fourni des wagons pour le renouvellement du matériel roulant du Métro de New York de 1984 à 2003 et doit en livrer à nouveau pour 2014.

Train de la SNCF

À la suite d'un appel d'offres, le 25 octobre 2006, Bombardier Transport signe un contrat de 4 milliards d'euros avec la SNCF pour le remplacement de ses automotrices Transilien (Trains Île-de-France) portant sur une commande de 172 rames qui circuleront sur les réseaux Paris-Nord, Paris-Est et Paris-Saint-Lazare à partir de décembre 2009. Ce matériel sera construit dans l'usine ex-ANF de Crespin dans le département du Nord de la France. Cette décision a suscité une polémique en France car Bombardier était accusé par Alstom d'être favorisé sur son marché local pour ainsi pouvoir vendre moins cher sur les marchés étrangers. Il semble qu'en octroyant une part du contrat des trains de l'Île-de-France à Alstom, Bombardier ait apaisé ce conflit[20].

CSeries
Article détaillé : Bombardier CSeries.

Après des années de suspens et d'hésitation, Bombardier Aéronautique a annoncé le 13 juillet 2008, au Salon aéronautique de Farnborough, que les avions de la Série C verraient le jour et que l'assemblage final des appareils se ferait à Mirabel au Québec, le fuselage de l'appareil sera construit en Chine, tandis que ses installations de Belfast, en Irlande du Nord, se chargeront des ailes. L'usine Canadair de Bombardier de l'arrondissement Saint-Laurent, à Montréal, construira le fuselage arrière et le poste de pilotage. L’entrée en service est prévue en 2013. La valeur approximative de chaque avion est de 46,7 millions $US. L'investissement total sera de 2,6 milliards $Can dans la mise au point dont un tiers proviendra de Bombardier, un tiers des fournisseurs et un tiers des gouvernements. Les retombées au Québec seront de 1 000 emplois d'ici 2013 et de 3 500 au maximum de la production vers 2017.

Depuis l’annonce du programme d’avions CSeries au salon aéronautique de Farnborough en 2008, Bombardier a reçu des commandes fermes de Deutsche Lufthansa AG, du Lease Corporation International Group et de Republic Airways, totalisant 33 CS100 et 57 CS300. De plus, des options ont été prises sur un total de 90 autres avions CSeries. Au 19 juillet 2010, 50 pour cent des commandes nettes dans le segment de marché des avions de 100 à 149 places au cours des deux dernières années[21].

Récession

Au début de février 2009, Bombardier a décidé de supprimer 1 360 emplois. Au début d'avril 2009, à cause de l'instabilité des marchés et malgré des profits records pour l'exercice 2008-2009, Bombardier a annoncé la suppression de 3 000 emplois supplémentaires dans sa division aérospatiale[22].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le groupe est organisé en trois pôles :

Membres actuels du conseil d'administration de Bombardier Inc.[23]  :

  • Laurent Beaudoin ;
  • Pierre Beaudoin ;
  • André Bérard ;
  • J.R. André Bombardier ;
  • Janine Bombardier ;
  • Martha Finn Brooks ;
  • L. Denis Desautels ;
  • Thierry Desmarais ;
  • Jean-Louis Fontaine ;
  • Daniel Johnson ;
  • Jean C. Monty ;
  • Carlos E. Represas ;
  • Jean-Pierre Rosso ;
  • Heinrich Weiss.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « De 1939 à 1945 : Les années de guerre », Biographie, sur Musée J.-Armand Bombardier (consulté le 4 janvier 2013)
  2. "Répertoire de Bombardier Aéronautique." Bombardier Inc. Consulté le 4 décembre 2010. "800, boul. René-Lévesque Boulevard Ouest, Montréal (Québec) H3B 1Y8 Canada"
  3. a et b « La motoneige de Bombardier », Les archives de Radio-Canada, Société Radio-Canada
  4. « De 1926 à 1938 : Premiers succès », Musée J-Armand Bombardier (consulté le 20 avril 2007)
  5. a, b et c « Historique », Bombardier Incorporé (consulté le 21 mai 2007)
  6. (en) « Information Builders.com: Bombardier Capital Drives ERP Efficiency », Information Builders (consulté le 22 février 2009)
  7. a, b et c (en)« Jacksonville's Bombardier Capital cuts hundreds of jobs », Florida Times-Union,‎ 27 septembre 2001
  8. (en) Jane Bennett, « Bombardier reduces space », Jacksonville Business Journal,‎ 4 october 2002 (consulté le 22 février 2009)
  9. « Bombardier annonce une entente pour la vente de la division de financement de stocks de Bombardier Capital », Communiqué de presse, Bombardier Inc.,‎ 28 avril 2005 (consulté le 20 février 2009)
  10. « Bombardier annonce son retrait de la gestion du portefeuille de maisons usinées de Bombardier Capital », Communiqué de presse, Bombardier Inc.,‎ 7 novembre 2005 (consulté le 20 février 2009)
  11. « Publication des résultats financiers pour l'exercice 2003 », Communiqué de presse, Bombardier Inc.,‎ 3 avril 2003 (consulté le 20 février 2009)
  12. « Bombardier annonce la signature d'une entente pour la vente du secteur des produits récréatifs », Communiqué de presse, Bombardier Inc.,‎ 27 août 2003 (consulté le 20 février 2009)
  13. (en) « Amtrak's high-speed Acela train sidelined », CNN,‎ 12 août 2002 (consulté le 27 juillet 2008)
  14. (en) Associated Press, « Acela train back in action, brake problem under investigation », USA Today,‎ 2006 (consulté le 27 juillet 2008)
  15. Presse Canadienne, « Métro de Montréal: Bombardier récolte le contrat sans appel d'offres »,‎ 10 mai 2006 (consulté le 6 mars 2008)
  16. Presse Canadienne, « Jacques Olivier plaide pour Bombardier », Société Radio-Canada,‎ 29 juillet 2005 (consulté le 6 mars 2008)
  17. Marie Tison, « Le métro de Montréal surgit au palais de justice », La Presse,‎ 11 mai 2007 (consulté le 29 juillet 2007)
  18. Robert Melnbardis, version française Gilles Guillaume, « Le Québec va ouvrir un appel d'offres pour le métro de Montréal », sur tradingsat.com, Reuters,‎ 6 février 2008 (consulté le 22 décembre 2013)
  19. Presse Canadienne, « Bombardier obtient un contrat de 577 millions $ US pour le métro de Chicago », Agence News,‎ 28 juillet 2006 (consulté le 6 mars 2008)
  20. « Alstom et Bombardier font la paix en Ile-de-France », Le Figaro,‎ 13 novembre 2006
  21. « Le programme d'avions CSeries de Bombardier continue d'aller de l'avant »
  22. Claude Turcotte, « Bombardier supprime 3000 nouveaux emplois », Le Devoir,‎ 3 avril 2009 (lire en ligne)
  23. « Équipe de direction », sur Bombardier Inc. (consulté le 30 décembre 2011)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bombardier L'internationalisation d'un rêve. (1942-1992), Bibliothèque nationale du Québec (ISBN 2-921393-08-5)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]