Thuya occidental

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Le Thuya occidental (Thuja occidentalis L.) est une espèce de conifère du genre Thuja de la famille des Cupressacées, originaire du Nord-Est de l'Amérique du Nord[1]. Il est appelé aussi « cèdre blanc » ou « cèdre » dans les régions francophones d'Amérique du Nord, où ses populations sont appelées « cédrières ».

Cet arbre est parfois appelé Cèdre blanc du Canada ou Thuya du Canada et plus rarement Thuya d'Occident ou Balai.

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Du sud au nord, l'arbre pousse du sud du lac Michigan jusqu'au sud de la baie James; à l'ouest, une population isolée se situe au nord du lac Winnipeg. Son aire principale de distribution commence au sud-est du Manitoba,et va jusqu'à l'île d'Anticosti et l'ouest de la Nouvelle-Écosse à`l'est. Le thuya occidental apparaît également sporadiquement dans les Appalaches[1]. Poussant seul ou parfois avec des pins de Weymouth ou des tsugas du Canada, il fut introduit en Europe dès 1540[1]. L'arbre résiste bien au gel et n'a pas besoin d'un sol riche. Cet arbre pousse naturellement dans les forêts humides et se développe en abondance dans les marécages, là où les autres arbres plus grands et à croissance plus rapide ne peuvent pas les concurrencer efficacement. On le rencontre aussi dans d'autres sites tels que les falaises où la concurrence d'autres arbres est réduite.

Description[modifier | modifier le code]

Feuillage et cônes

Le Thuya du Canada est un petit arbre de 15 à 20 mètres de haut avec un tronc de 40 cm de diamètre (dimensions qui peuvent atteindre exceptionnellement 30 m et 1,6 m respectivement).

L'écorce de couleur rouge brun est sillonnée et s'exfolie en étroite bandes longitudinales[1].

Le feuillage est constitué de rameaux aplatis recouverts de feuilles en forme d'écaille de 3 à 5 mm de long. La couleur de la face supérieure est vert foncé alors que la face inférieure est vert jaunâtre[1].

Les cônes élancés, vert jaune devenant bruns à maturité, mesurent de 8 à 12 mm de long sur 4 à 5 mm de large et sont formés de 4 à 5 écailles ovulifères[1]. La semence est plate à bord membraneux[1].

Haie taillée de thuya du Canada
Écorce et bois

Huiles essentielles[modifier | modifier le code]

Les rameaux du Thuya contiennent 0,4 à 1 % d'huile essentielle incolore ou jaune verdâtre. Elle est composée d'un mélange de divers hydrocarbures, pinène, fenchone, éther acétique et formique du bornéol, de la thuyone (surtout de l'α-thuyone).

Utilisation[modifier | modifier le code]

Son bois très peu putrescible, léger, odorant et facilement inflammable sert à de multiples usages :

  • Poteaux et planches de clôtures
  • Coffres de rangement de vêtements, naturellement antimite
  • Planches de décoration murales
  • Bardeaux de recouvrement extérieur
  • Bois d'allumage
  • Le thuya du Canada est très largement utilisé comme arbre d'ornement, en particulier pour constituer des écrans et des haies dans les jardins; plus de 300 cultivars ont été sélectionnés pour un emploi dans les jardins.

Remède anti-scorbut[modifier | modifier le code]

Bouquet de Thuya occidentalis,
Bas-St-Laurent, Québec.
Âge approximatif 80 ans

Lors du deuxième voyage de Jacques Cartier en 1535, pendant l'hiver passé à Stadaconé, une épidémie de scorbut décimait son équipage. Les Amérindiens lui révèlent un remède efficace contre cette maladie, l'annedda. Cartier a ramené des spécimens en France, mais les registres s'étant perdus, il a fallu attendre le XXe siècle pour connaître l'origine de la plante. Au terme d'une longue recherche, le botaniste et érudit québécois Jacques Rousseau a déterminé que la tisane qui avait guéri les marins de l'explorateur malouin était faite avec les feuilles et l'écorce pilées du cèdre blanc, riche en vitamine C[2],[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (fr) Arbres - Jaromir Pokorny - p.74 - (ISBN 2-7000-1818-4) - Éditions Gründ - 1987
  2. Couture et Laverdière 2000, p. 138
  3. Jacques Rousseau, « L'Annedda, l'arbre employé par Jacques Cartier contre le scorbut », Chronica Botanica, vol. 9, no 2/3,‎ Automne 1945, p. 151-153 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Couture et Camille Laverdière, Jacques Rousseau : La science des livres et des voyages, Montréal, XYZ éditeur,‎ 2000, 175 p. (ISBN 2-89261-294-2)

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