Érable rouge

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L'érable rouge (Acer rubrum) est une espèce d'arbres de la famille des Sapindacées, originaire de l’est du Canada et des États-Unis, et largement cultivé comme arbre d'ornement. Il est l'arbre-emblème de l'État de Rhode Island. Il a pour synonymes le plaine ou plaine rouge au Canada et il est parfois appelé l’érable de Virginie en France.

Description[modifier | modifier le code]

Feuille d'érable rouge en automne
Feuilles d'érable rouge en début d'automne.
Écorce d'érable rouge à Hemingway (caroline du Sud)
Samares d'érables rouges à Milford (New Hampshire) en 2004

L'érable rouge est un arbre de taille moyenne, pouvant atteindre des hauteurs de 15 à 30 mètres[1] (rarement plus de 40 m), un diamètre de 0,5 à près de 2 m, et peut vivre de 100 à 200 ans, parfois plus.

Bien qu'il soit généralement assez facile à identifier, l'érable rouge est de tous les érables d'Amérique du Nord le plus sujet à des variations de ses caractéristiques morphologiques[2].

Les feuilles de l'érable rouge sont les plus aisées à distinguer de celles des autres érables. Comme chez tous les érables américains, elles sont caduques et disposées en opposition sur la tige. Elles ont en moyenne 5 à 10 cm de long pour une largeur identique, et sont divisées en trois à cinq lobes irrégulièrement dentés[2]. La face supérieure des feuilles est vert clair tandis que la face inférieure est blanchâtre. Les feuilles prennent une couleur rouge vif à l'automne, cette coloration étant plus accentuée en sol humide qu'en sol sec[2].

Les pétioles sont habituellement rouges, de même que les rameaux.

En comparaison, les feuilles de l'espèce apparentée proche, l'érable argenté (Acer saccharinum), sont plus profondément lobées et ont presque toujours cinq lobes. Le pétiole de la feuille d'érable rouge est beaucoup plus court et d'un rouge plus vif; les lobes sont plus trapus et les dents beaucoup plus régulières et rapprochées[2].

Les rameaux de l'érable rouge ont une écorce rouge à gris-brun et glabre. Des pousses naines sont présentes sur de nombreuses branches. En hiver, les rameaux portent des bouquets de bourgeons floraux, facilement reconnaissables de loin. Les rameaux de l'érable rouge sont pratiquement impossibles à distinguer de ceux de l'érable argenté, sauf que ces derniers exhalent une odeur désagréable quand ils sont froissés[2].

Les fleurs sont unisexuées, les fleurs mâles et femelles se trouvant dans des inflorescences distinctes, mais généralement sur le même arbre (mais pas toujours). Les fleurs femelles (graines), sont rouges avec cinq pétales très petits. Les fleurs mâles (pollen) ne comportent que des étamines jaunes et sont portées par de courtes pousses sur les branches. La floraison commence tôt dans l'année, après une période de 1 à 30 jours à température croissante[2].

Le fruit est une samare, de couleur variant du rouge au brun et au jaune. Les samares sont portées par paires (disamares) avec un angle de 50 à 60 degrés. Elles mûrissent de fin mai ou début juin[2]. Elles n'ont pas besoin de stratification pour germer; la germination se fait suite à la chute des fruits au sol, dans les conditions idéales de germination.

L'érable rouge s'hybride facilement avec l'érable argenté ; l'hybride, connu sous le nom d'érable de Freeman, Acer × freemanii, présente des caractères intermédiaires entre ceux des deux parents.

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Acer rubrum range map.png

L'érable rouge est l'un des arbres caducs les plus communs et les plus répandus dans l'Est de l'Amérique du Nord. On le trouve à l'état naturel au nord-ouest depuis le lac des Bois à la frontière de l'Ontario et du Minnesota jusqu'à Terre-Neuve au nord-est. Sa limite méridionale va de la Floride jusqu’à l'est du Texas[2].

L’arbre peut vivre dans des milieux naturels très différents allant des terrains marécageux jusqu’aux sols plus secs. Il tolère également une large gamme de pH, bien que la chlorose puisse l'affecter en condition de sols alcalins[1]. Il pousse en général dans des zones dont l’altitude est inférieure à 900 mètres[2].

C'est la première espèce d'érable américain qui fut introduite en Europe. C'est probablement John Tradescant le Jeune qui le rapporta de Virginie dans les années 1650 dans son jardin près de Londres[2].

Toxicité[modifier | modifier le code]

Les feuilles de l’érable rouge sont très toxiques pour les chevaux. Elles comportent une toxine qui cause des problèmes aux globules rouges et qui induit une mauvaise oxygénation des cellules. L’ingestion de 700 grammes est déjà considérée comme toxique et l’absorption du double de la quantité est mortelle. Les symptômes apparaissent un jour ou deux après l’ingestion. Le cheval a des difficultés à respirer, les battements de son cœur augmentent. Cela peut mener au coma et à la mort. Le traitement peut passer par l’utilisation du bleu de méthylène ou de l’huile minérale ou du charbon activé afin de stopper l’absorption des toxines au niveau de l’estomac. 50 à 75 % des chevaux touchés périssent ou doivent être euthanasiés[3].

Utilisation et culture[modifier | modifier le code]

Récolte de l'eau d'érable qui une fois chauffée se transformera en sirop d'érable

L'érable rouge est largement cultivé comme arbre d'ornement dans les parcs et les grands jardins, sauf sur sols alcalins ou salés [4]. C’est l'un des arbres introduits les plus communs dans les régions du nord-ouest des États-Unis. Sa popularité provient des couleurs rougeâtres de ses fleurs au printemps et de ses feuilles en automne. L’arbre fut introduit en Grande-Bretagne dans les années 1650 (il apparait dans les listes d'inventaire des pépinières de John Tradescant le Jeune vers 1656[5]) et fut rapidement cultivé ensuite pour être planté en Europe.

L'érable rouge est un bon choix comme arbre à planter dans les zones urbaines sous réserve qu'il y ait suffisamment d'espace pour qu'il puisse développer son système racinaire. L'érable rouge est excellent dans des conditions urbaines difficiles supportant à la fois la sècheresse et l'humidité, et plus tolérant à la pollution que l'érable à sucre,mais moins que l'érable argenté.

Comme l'érable argenté, il attire les écureuils, qui consomment ses bourgeons au début du printemps, bien que ceux-ci préfèrent les plus gros bourgeons de l'érable argenté[6].

Dans l’industrie forestière, il est considéré comme un arbre à bois de qualité mais néanmoins de moins bonne qualité que celui de l'érable à sucre. Son bois est ainsi plus tendre, plus coloré, plus difficile à travailler et il travaille plus lors de son séchage après traitement mécanique. On préfèrera employer par conséquent d’autres érables à bois plus durs pour beaucoup d’applications mais il est toutefois utilisé dans la fabrication de meuble, de palettes en bois mais également pour fabriquer du papier[7].

La sève de l'érable rouge peut aussi être utilisée pour produire du sirop d'érable ou du sucre, mais elle est moins riche en sucre que celle de l'érable à sucre et de l’érable noir[8],plus de sève est nécessaire par litre de sirop.

Cultivars[modifier | modifier le code]

De nombreux cultivars ont été sélectionnés, souvent pour l'intensité du coloris du feuillage en automne, dont 'October Glory' et 'Red Sunset' sont parmi les plus populaires. Vers la limite de sa zone de culture, les cultivars 'Fireburst', 'Florida Flame' et 'Gulf Ember' sont préférés. De nombreux cultivars de l'érable de Freeman sont également largement cultivés[9],[10]:

  • Armstrong
  • Autumn Blaze
  • Autumn Flame[1]
  • Autumn Radiance
  • Autumn Spire
  • Bowhall
  • Burgundy Bell
  • Columnare
  • Gerling
  • Northwood
  • October Brilliance
  • October Glory
  • Red Sunset [1]
  • Scarlet Sentinel[1]
  • Schlesingeri [1]
  • Shade King
  • V.J. Drake

Divers[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (fr) « L’érable rouge », nature.jardin.free.fr (consulté le 07-12-2007)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) « Acer Rubrum », USDA (consulté le 07-12-2007)
  3. (en) Goetz R. J., « Red Maple Toxicity », Perdue University (consulté le 07-12-2007)
  4. (en) Mitchell A. F. et Alan Mitchell, Trees of Britain & Northern Europe, éditeur=Harper Collins Publishers, 1974, Londres, p.347,ISBN 0-00-219213-6
  5. Yve-Marie Allain, D'où viennent nos plantes ?, Calmann-Lévy,‎ septembre 2004, 223 p. (ISBN 2702134440), p. 143
  6. (en) Reichard Timothy A. ,Spring Food Habits and Feeding Behavior of Fox Squirrels and Red Squirrels, American Midland Naturalist, Octobre 1976, volume 96 seconde édition, p.443-450, doi 10.2307/2424082
  7. (fr) « L’érable rouge », sympathico.ca (consulté le 07-12-2007)
  8. (fr) « L’industrie du sirop en Ontario », Ministère agriculture (consulté le 07-12-2007)
  9. (en) Evans E., « Select Acer rubrum Cultivars », North Carolina State University (consulté le 07-12-2007)
  10. (en) Gilman E. F. et Watson, Dennis G., « Acer rubrum 'Gerling' », University of Florida (consulté le 07-12-2007)