Ordre de Sainte-Ursule

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Sainte Ursule, par Benozzo Gozzoli, v. 1455-1460.

L'Ordre de Sainte-Ursule est un ordre religieux catholique fondé en novembre 1535 à Brescia en Lombardie (Italie) par sainte Angèle Merici (1474-1540). Il se consacre principalement à l'éducation des filles ainsi qu'aux soins des malades et des nécessiteux dans de nombreuses maisons qui en vinrent à être appelés couvents des ursulines.

Naissance de l'ordre[modifier | modifier le code]

Contrairement aux congrégations catholiques de cette époque, la compagnie de Sainte-Ursule fondée par Angèle Merici est une nouvelle famille de religieuses non cloitrées et n'ayant pas prononcé de vœu public. Ces sœurs sont donc, en fait, des laïques qui se rencontrent souvent pour des congrès et des actes de dévotion, mais ne vivent pas en communauté. Dans ses écrits, Angèle Merici ne donne aucune consigne concernant leur apostolat. Quatre ans après sa mort la compagnie est reconnue par le pape Paul III, mais, en 1572, le cardinal archevêque de Milan, saint Charles Borromée en modifie les institutions en soumettant les sœurs à la règle de saint Augustin. Les sœurs prononcent désormais des vœux et se voient imposer la vie commune. Elles se soumettent à l'autorité épiscopale. Le nouvel ordre ainsi créé est officiellement reconnu par Grégoire XIII. Seules les sœurs de Brescia conservent les institutions originales d'Angèle Merici. Le rayonnement des ursulines se propage ensuite rapidement au monde entier.

En France[modifier | modifier le code]

Les Ursulines apparaissent en France en 1586. Au cours des décennies suivantes l'ordre se développe à travers le royaume. Par exemple, les Ursulines s'installent à Quimper en 1621, en 1633 à Crémieu en Isère et à Valenciennes en 1654.

À Valenciennes, la Révolution française n'a initialement qu'une faible incidence sur leur vie quotidienne. L'arrêté de 1792 signifiant la fermeture de tous les couvents dans le Nord-Pas-de-Calais commence à les inquiéter.

En mars 1793, l'armée de la République est sous la menace des coalisés. Valenciennes est occupé par les troupes autrichiennes et anglaises. Après quelques moments de calme, les Français remportent la bataille de Fleurus en juin 1794 et reviennent à Valenciennes.

Un révolutionnaire nommé Lacoste entre à Valenciennes et procède à de nombreuses arrestations. En octobre 1794, les personnes arrêtées pour « crime d'émigration » et exercice d'une fonction interdite sous la protection de l'ennemi sont conduites à l'échafaud. Le nombre d'exécutions doit se situer autour de 60 à 70 personnes dont trente-sept prêtres, onze Ursulines, Brigittines et Urbanistes.

Dès 1792, réfugiées au couvent de Mons, six Ursulines rejoindront ensuite le couvent des Ursulines de Liège. Les onze Ursulines martyrisées furent béatifiées en 1920 par le pape Benoît XV.

Couvents de France[modifier | modifier le code]

En Belgique[modifier | modifier le code]

C'est un évêque suffragant qui établit les Ursulines à Liège en 1614, en provenance de Bordeaux, souhaitant renforcer l'enseignement catholique aux frontières de la Réforme. Elles se fixent au Pont-de-Torrent derrière Saint-Denis. En 1619, elles demeurent en Souverain-Pont à Lombard et enfin, en 1642, dans la rue Hors-Château où elle vont rester jusqu'à l'époque du Royaume-Uni des Pays-Bas en 1817. La dernière Ursuline de Liège, Marie-Madeleine Lovinfosse, est décédée à l'âge de 84 ans à cette date[1]. La chapelle est construite en 1660.

Article détaillé : Couvent des Ursulines de Liège.

Couvents de Belgique[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Les couvents belges vont ensuite s'installer en Allemagne

Canada[modifier | modifier le code]

Marie de l'Incarnation, ursuline de Tours, et deux consœurs arrivent en Nouvelle-France en 1639 pour fonder une maison à Québec, dont le but est d'instruire et de convertir au christianisme les petites Amérindiennes. Des monastères seront par la suite créés, principalement au Canada francophone, dans les villes et villages suivants date de fondation entre parenthèses :

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Au XXIe siècle, 43 familles religieuses la reconnaissent pour fondatrice : ordre religieux, congrégations, fédérations, maisons autonomes, institut séculier... Les Ursulines continuent cette œuvre d'éducation de manières diverses : accueil, établissements scolaires, accompagnement spirituel, dispensaires, aide aux plus pauvres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gobert Th., Liège à Travers le âges, Les rues de Liège, t. 11, p. 37 Édition augmentée de 1924-1929, Culture et Civilisation, Bruxelles, 1975
  2. Christyn Jean-Baptiste, Les délices des Païs-Bas, L'évêché et la Principauté de Liège, t.4, p.73 et ss., p. 157, Ed. Bassonpierre Liège, 1769
  3. Lartigue J., Le Catte A.Givet. Recherches historiques, 12 pp., 1868, p.108:
  4. Christyn Jean-Baptiste, Les délices des Pays-Bas, t. 4, p. 170, Anvers, 1786: un couvent de Capucins et un d'Ursulines qui y sont venues depuis peu d'Aix la Chapelle
  5. Christyn Jean-Baptiste, Les délices des Pays-Bas, t. 4, p. 186, Anvers, 1786