Océanie

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Océanie
Carte géopolitique de l'Océanie
Carte géopolitique de l'Océanie
Superficie 9 008 458 km2
Population 38 277 000 hab. (2013)
Densité 4 hab./km2
Pays 16
Dépendances 15
Principales langues Anglais, français, indonésien
Fuseaux horaires UTC-11 (Samoa)
UTC+12 (Kiribati)
Plus grandes villes Sydney, Melbourne, Brisbane, Perth, Adélaïde, Honolulu, Auckland, Nouméa, Papeete
Image satellite centrée sur l'Océanie.

L'Océanie est une vaste région regroupant des territoires situés dans l'océan Pacifique. Elle est l'un des six continents sur Terre (divisions traditionnelles des terres émergées de la planète).

Elle inclut l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Guinée et d'autres îles et archipels. L'Australie comprend l'essentiel de sa surface, et, alors que le reste de l'Océanie ne peut être traitée que comme un ensemble insulaire, la terre principale d'Australie peut quant à elle être considérée comme la plus petite des masses continentales.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le néologisme français « Océanie » vient du mot « océan » : c'est un toponyme inventé en 1812 par le géographe français d'origine danoise Conrad Malte-Brun (1775-1826), qui a largement diffusé la vision d'un monde découpé en cinq « continents ». Le genre féminin s'accorde au genre des autres parties (Europe, Afrique...). L'adjectif et le substantif « océanien » apparaissent dès 1845, preuve du succès de cette invention[1].

Généralités[modifier | modifier le code]

Les 16 pays (en comptant l'Australie, la Nouvelle Zélande, Niue et Cook) et les 16 dépendances de l'Océanie.

L'Océanie est généralement décrite comme la région du monde qui se situe entre l'Asie du Sud-Est et l'Amérique du Sud. C'est l'une des raisons pour laquelle les géographes Antheaume et Bonnemaison ont décrit l'Océanie et plus généralement le bassin Pacifique comme un « espace gigogne »[2].

« À travers l'évocation de traits significatifs de modernité et de tradition, des relations centre-périphérie à diverses échelles, l'aire du Pacifique apparait en fait comme un espace complexe à structure « gigogne », comme l'ont fort bien exprimé B. Antheaume et J. Bonnemaison, en 1988, dans leur Atlas du Pacifique : au plus large, le Bassin du Pacifique qui couvre 25 millions de km²; puis l'Asie-Pacifique incluant l'Océanie; enfin au cœur du dispositif les îles du Pacifique. Évidemment, cette nomenclature demande parfois à être précisée. Ainsi, la Nouvelle-Zélande est-elle la somme de deux grandes îles, mais reste "extérieure" au Pacifique insulaire, tout en accueillant une communauté polynésienne importante; La Papouasie-Nouvelle Guinée émarge, comme l'Australie, à la partie continentale de l'Océanie, mais peut-être incluse dans le Pacifique insulaire puisqu'elle participe, malgré sa masse, à la problématique des îles, au-delà par le fait que ses ressortissants émargent aux traditions mélanésiennes. »

— Évolution géopolitique et stratégique du Pacifique insulaire et de l'Australasie à l'orée du XXIe siècle., J.P Doumenge dans Geostrategiques, avril 2001 - N° 4

Ces découpages reposent sur les stéréotypes raciaux et ethniques du XIXe siècle européen et américain (peau noire versus peau cuivrée ; cheveux « crépus » ou « laineux » versus cheveux « ondulés » ; « cannibale mélanésien » versus « bon sauvage polynésien »…) et sont aujourd'hui dépassés, car non-scientifiques : c'est par tradition que les expressions « Mélanésie », « Micronésie » et « Polynésie » continuent d'être usitées et conservent dans le langage courant et aux yeux des populations concernées, une certaine valeur identitaire.

Dans les années 1970, les linguistes puis géographes, proposèrent de subdiviser dans leurs travaux scientifiques, l'Océanie en « Proche-Océanie » et « Lointaine-Océanie », la première accessible en gardant au moins une terre en vue, la seconde uniquement en navigation hauturière. Néanmoins là encore, ce nouveau découpage, basé sur des éléments d'histoire naturelle (tectonique des plaques) et de navigation, est loin de faire l'unanimité, notamment parmi les ethnologues.

Sans doute faut-il comprendre l'Océanie avant tout comme un continuum où depuis des siècles et bien avant le passage de premiers Européens, métissages et brassages culturels et linguistiques étaient la règle. Continuum qui n'interdit pas pour autant les ruptures et les isolements, qu'elles soient linguistiques entre langues austronésiennes et non austronésiennes ; géographiques entre le monde insulaire et les ensembles plus conséquents que représentent l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'île de Nouvelle-Guinée ; historico-linguistiques (issues du découpage colonial) entre une Océanie anglophone et une Océanie francophone, voire hispanophone avec l'île de Pâques ; économiques entre pays développés et des pays en développement ; politiques enfin entre pays indépendants et territoires sous tutelle (avec des statuts intermédiaires comme celui d'État souverain, mais associé à un autre plus puissant)…

Dans un autre ordre d'idées, le climat tropical parfois humide, parfois sec des pays océaniens vient avec une faune et une flore complètement distincte du continent asiatique. Les populations insulaires peuvent en effet jouir de plantes qu’on ne retrouve pas en Asie, comme la canne à sucre, l’igname ou le taro qui constituent d’ailleurs les aliments de base de cette région. On y retrouve également l’arbre à pain, le pandanus et le bananier, qui sont des plantes un peu plus répandues.

La faune sauvage est d’autant plus remarquable, car tout comme en Australie, les mammifères se font très rares dans les îles . Ce sont plutôt les marsupiaux qui y prédominent, ce qui fait qu’il n’y a pratiquement pas de grands prédateurs sur le territoire. De plus, il y a très peu d’animaux domestiques en Océanie, à l’exception des porcs et des moutons, qu’on élève pour en vendre la viande à l’étranger.

Pays et territoires[modifier | modifier le code]

La liste suivante et la carte qui s'y rapporte, regroupent de la manière la plus exhaustive possible, les différents pays et territoires composant cet espace (lorsque le territoire n'est pas indépendant, le pays dont il dépend est indiqué entre parenthèses). Cette dépendance prend d'ailleurs des degrés très divers selon les territoires, allant d’un territoire ou province totalement intégré, au statut intermédiaire de territoire d’outre-mer ou de pays quasi indépendant, jusqu'à l’indépendance de droit avec une libre association avec un autre par un traité bilatéral de coopération renforcée).


Oceanie2.svg
États indépendants Pays ou territoires non indépendants, à statut spécial ou largement autonomes

Outre la représentation cartographique traditionnelle des états d'Océanie, figurant dans tous les Atlas « grand public », il en existe une autre, maritime, figurant sur les cartes marines et/ou géopolitiques.

Cette dernière, permet d'appréhender notamment l'étendue des eaux internationales et la forme réelle de ces états compte tenu de leurs eaux territoriales en 1988.

Cartographie habituelle de l'Océanie, et cartographie réelle, d'après l’Atlas des îles et États du Pacifique sud de 1988[3].

Plus grandes agglomérations[modifier | modifier le code]

Les plus grandes agglomérations d'Océanie se trouvent principalement en Australie, le pays le plus peuplé du continent. Voici le classement :

  1. Sydney avec 4,6 millions d'habitants (Australie, 2011)
  2. Melbourne avec 4,2 millions d'habitants (Australie, 2011)
  3. Brisbane avec 2,1 million d'habitants (Australie, 2011)
  4. Perth avec 1,8 million d'habitants (Australie, 2011)
  5. Auckland avec 1,3 million d'habitants (Nouvelle-Zélande, 2012)
  6. Adélaïde avec 1,3 million d'habitants (Australie, 2011)
  7. Honolulu avec 976 372 habitants (Hawaï, États-Unis, 2012)
  8. Gold Coast-Tweed Heads avec 576 747 habitants (Australie, 2011)
  9. Newcastle avec 540 002 habitants (Australie, 2011)
  10. Canberra-Queanbeyan avec 418 292 habitants (Australie, 2011)
  11. Christchurch avec 382 200 habitants (Nouvelle-Zélande, 2012)
  12. Wellington avec 381 900 habitants (Nouvelle-Zélande, 2012)
  13. Suva-Nausori avec 330 000 habitants (Fidji, 2007)
  14. Port-Moresby avec 307 643 habitants (Papouasie-Nouvelle-Guinée, 2009)
  15. Wollongong avec 288 101 habitants (Australie, 2011)
  16. Manokwari avec 286 079 habitants (Papouasie occidentale, Indonésie, 2010)
  17. Sunshine Coast avec 241 643 habitants (Australie, 2011)
  18. Dili avec 234 331 habitants (Timor oriental, 2010)
  19. Jayapura avec 233 859 habitants (Papouasie, Indonésie, 2010)
  20. Hobart avec 216 276 habitants (Australie, 2011)
  21. Hamilton avec 209 300 habitants (Nouvelle-Zélande, 2012)
  22. Hilo avec 189 191 habitants (Hawaï, États-Unis, 2012)
  23. Kota Sorong avec 184 239 habitants (Papouasie occidentale, Indonésie, 2005)
  24. Geelong avec 174 086 habitants (Australie, 2011)
  25. Townsville avec 167 636 habitants (Australie, 2011)
  26. Nouméa avec 163 723 habitants (Nouvelle-Calédonie, France, 2009)
  27. Kahului avec 158 316 habitants (Hawaï, États-Unis, 2012)
  28. Cairns avec 146 477 habitants (Australie, 2011)
  29. Papeete avec 131 715 habitants (Polynésie française, France, 2007)

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Océanie.

Acteurs économiques majeurs de la zone, l’Australie et la Nouvelle-Zélande font partie des pays développés, souvent inclus dans la Triade. Ils sont exportateurs, entre autres, de matières premières tel que les produits miniers car leur sous-sol est très riche. C'est d'ailleurs grâce à cette ressource que l'Australie a traversé la crise économique de 2008 sans trop d'égratignure contrairement au reste du globe. Ils commercent principalement avec l’Asie de l'Est et les pays d’Amérique. Les autres pays d'Océanie, qui dépassent rarement une « taille critique » pour peser sur la scène internationale, sont moins intégrés économiquement au reste du monde. C'est le cas par exemple de la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui regorge de ressources naturelles, mais qui ne sont que très peu exploitées. Environ 85 % de la population vit encore de l'agriculture de subsistance.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Océanie.

Le peuplement de l'Océanie s'est fait à travers deux grandes vagues migratoires. La première s'est produite il y a 45 000 à 50 000 ans, voire davantage, et a amené des chasseurs-cueilleurs à peupler l'Insulinde puis l'Océanie proche, c'est-à-dire la Nouvelle-Guinée, certaines îles de la Mélanésie et l'Australie. La seconde vague est plus récente et débute il y a environ 6 000 ans. Elle mène des agriculteurs et navigateurs parlant des langues austronésiennes à peupler l'Insulinde, soit les Philippines, la Malaisie et l'Indonésie et de là, sur une période allant de cette époque au XVIe siècle, les divers archipels de l'Océanie lointaine.

C'est aussi au tout début du XVIe siècle que les Européens découvrent le monde océanien. Ces premiers contacts sont lents car ils s'étalent sur quatre siècles, inégalement répartis car ils sont plus intenses à l'est qu'à l'ouest de l'Océanie. Les rencontres peuvent être amicales, distantes ou hostiles, mais toutes répandent dans les archipels des épidémies contre lesquelles les insulaires n'avaient pas encore d'anticorps.

L'Océanie est ensuite confrontée à la période coloniale, l'Espagne, le Portugal et les Pays-Bas étant les premiers présents. De la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle ce sont principalement les Britanniques, les Français et les Nord-Américains qui s'implantent et, dans l'ouest de l'Océanie, les Allemands suivis par les Japonais puis par les nord-Américains. La décolonisation qui va suivre va être tardive, ayant débuté en 1962 et continuant encore de nos jours sous la forme de processus d'autonomisation des archipels encore rattachés à des puissances européennes.

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues océaniennes.

Les langues d'Océanie se répartissent en deux groupes distincts :

Certains linguistes vont classer à part les langues parlées sur les côtes orientales de Nouvelle-Guinée, des autres langues du Pacifique insulaire.

Religions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion en Océanie.

Les religions initiales de l'Océanie étaient polythéistes et, dans leur diversité, s'articulaient généralement autour de trois axes :

  • le culte de divinités créatrices et/ou destructrices, parfois alliées, parfois opposées, liées aux puissances de la nature, comme par exemple les sœurs Nā-maka-o-Kahaʻi et Pélé à Hawaii ou Make-make à Rapanui ;
  • le culte des ancêtres, ou culte des tikis, symbolisant pour chaque population ses fondateurs divinisés, dont la forme la plus célèbre est le culte des moaïs de Rapanui ;
  • le monde des esprits émanant de ces deux ensembles mais aussi de la nature et des hommes, et qui générait un complexe système d'obligations, d'échanges, de symboles et de tabous qui réglait la vie de ces populations.

Depuis l'époque coloniale, les missionnaires protestants (anglicans, congrégationnistes anglo-saxons, méthodistes Wesleyens, presbytériens, adventistes, mormons et autres) et catholiques (picpuciens, maristes, spiritains...) y ont introduit le christianisme, aujourd'hui largement majoritaire, tandis que les commerçants chinois et les travailleurs agricoles indiens (aux Fidji) ou japonaisHawaii) ont introduit, minoritairement, le confucianisme, le shintoisme, l'hindouisme, le bouddhisme et l'islam (1,5 %).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Revue spécialisées :

Autres ressources bibliographique

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Grataloup, L'Invention des continents, Larousse, 2009, p. 121
  2. Antheaume B., Bonnemaison J., 1988, Atlas des îles et État du Pacifique Sud, GIP RECLUS/PUBLISUD, Montpellier
  3. Benoît Antheaume et Joël Bonnemaison, Atlas des îles et états du pacifique sud, Publisud, 1988.