Adélard Godbout

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Adélard Godbout
Adélard Godbout
Adélard Godbout
Fonctions
15e premier ministre du Québec
11 juin 193626 août 1936
(2 mois et 15 jours)
Prédécesseur Louis-Alexandre Taschereau
Successeur Maurice Duplessis
8 novembre 193930 août 1944
(4 ans, 9 mois et 22 jours)
Prédécesseur Maurice Duplessis
Successeur Maurice Duplessis
Biographie
Date de naissance 24 septembre 1892
Lieu de naissance Saint-Éloi, Québec, Canada
Date de décès 18 septembre 1956 (à 63 ans)
Lieu de décès Montréal, Québec, Canada
Parti politique Libéral
Conjoint Dorilda Fortin
Profession Agronome

Joseph-Adélard Godbout (24 septembre 1892 - 18 septembre 1956) est un agronome et homme politique québécois. Il fut premier ministre du Québec brièvement en 1936, et de nouveau de 1939 à 1944. Il était également chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

Biographie[modifier | modifier le code]

Adélard Godbout est né à Saint-Éloi, dans le comté des Basques au Bas Saint-Laurent. Son père était Eugène Godbout, fermier et député libéral de 1921 à 1923 ; sa mère était Marie-Louise Duret. Il fit ses études au Séminaire de Rimouski, l'école d'agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et le Amherst Agricultural College, dans l'État américain du Massachusetts. Il enseigna ensuite à l'école d'agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière de 1918 à 1930. Il fut agronome pour le ministère de l'Agriculture de 1922 à 1925.

Il fut élu sans opposition sous la bannière du Parti libéral du Québec dans la circonscription de L'Islet aux élections partielles du 13 mai 1929, et fut ensuite réélu en 1931 et 1935. Il occupa le poste de ministre de l'Agriculture dans le cabinet du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau de 27 novembre 1930 au 27 juin 1936.

Godbout devint premier ministre du Québec suivant la démission de Louis-Alexandre Taschereau le 27 juin 1936. Sali par les scandales de l'administration Taschereau, il perdit l'élection d'août 1936 face à l'Union nationale de Maurice Duplessis, ce qui mit fin à 39 ans (entre 1897 et 1936) de gouvernement libéral sans interruption. Bien qu'il perdit aussi son siège à l'Assemblée nationale, Godbout demeura chef du Parti libéral et revint au pouvoir à l'élection de 1939. Son gouvernement nationalisa la Montreal Light, Heat and Power et fonda Hydro-Québec, accorda le droit de vote aux femmes et rendit obligatoire l'instruction élémentaire[1].

À l'élection de 1944, il fut battu une fois de plus par Maurice Duplessis, malgré le fait que son parti eut obtenu un plus important suffrage populaire. Il fut accusé d'avoir appuyé l'instauration de la conscription par le premier ministre canadien Mackenzie King

Il demeura chef de l'opposition jusqu'à l'élection de 1948, dans laquelle il perdit sa propre circonscription par une mince marge. En 1949, Godbout fut nommé au Sénat du Canada sur la recommandation du premier ministre canadien Louis St-Laurent. Il demeura sénateur jusqu'à sa mort en 1956. Il fut enterré au cimetière de Frelighsburg,

Comme Charles-Eugène Boucher de Boucherville, John Jones Ross, Félix-Gabriel Marchand, Antonio Barrette, René Lévesque et Jacques Parizeau, Adélard Godbout n'était pas avocat de profession, contrairement à la plupart des premiers ministres.

Legs[modifier | modifier le code]

Adélard Godbout, sculpture de Michel Binette près de l'hôtel du Parlement du Québec

Les historiens reconnaissent aujourd'hui dans les actions d'Adélard Godbout d'importants précédents progressistes, ainsi que les fondements de la révolution tranquille. Durant son mandat, le gouvernement Godbout fit adopter des lois sans précédent dans l'histoire du Québec qui accordèrent le droit de vote aux femmes en 1940, rendirent obligatoire les études scolaires jusqu'à l'âge de quatorze ans et instaurèrent la gratuité de l'éducation au primaire. Son gouvernement adopta aussi un nouveau code du travail qui affirma clairement le droit aux travailleurs de se syndiquer, et nationalisa les compagnies électriques à Montréal (dont la très influente Montreal Light, Heat and Power) pour créer Hydro-Québec, l'institution publique qui serait largement étendue par René Lévesque et le gouvernement de Jean Lesage durant la Révolution tranquille.

Il a toutefois été critiqué pour sa position faible en matière d'autonomie et de nationalisme québécois. Par exemple, il acquiesca au transfert constitutionnel de l'assurance-emploi vers le gouvernement fédéral en 1940, ainsi qu'à un accord de location d'impôts de temps de guerre qui enleva aux provinces leur autonomie fiscale. L'explication habituelle invoque l'impossibilité pour l'équipe Godbout de défier le gouvernement de William Lyon Mackenzie King, étant donné l'aide massive donné au PLQ par le parti de Mackenzie King pour l'élection de 1939. D'autres historiens, plus ambivalents sur ces jugements, expliquent son attitude par les nécessités de la guerre.

Godbout est l'un des premiers ministres québécois les moins connus malgré les importantes réalisations de son gouvernement. En 2000, un documentaire portant sur lui intitulé Traître ou Patriote et confrontant ce phénomène a été fait par le cinéaste renommé Jacques Godbout, qui est le fils de son cousin germain Fernand Godbout.

Élections à titre de chef de parti[modifier | modifier le code]

Il perdit l'élection de 1936, gagna l'élection de 1939, perdit l'élection de 1944 ainsi que celle de 1948.

Hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs hommages sont présents au Québec à Adélard Godbout. Il y a 5 rues nommées en son honneur dans les villes de Cowansville, Sainte-Julie, Québec (Ville), Vaudreuil-Dorion et Trois-Rivières. Il y a un Parc dans la capitale du Québec. Il y a un pont et un chemin dans la municipalité de Frelighsburg. Un pavillon à La Pocatière. Un édifice public à Saint-Jean-Port-Joli et un poste électrique dans la ville de Montréal. Il y a aussi des rues ayant seulement le toponyme Godbout lui rendant hommage. Ces rues sont présentes dans les municipalités de Rouyn-Noranda, Dunham, à Saguenay dans le secteur Jonquière, à Sherbrooke, à Rimouski.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Guy Genest, Godbout. Éditions du Septentrion, 1996

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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