Bataille de Saint-Eustache

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Bataille de Saint-Eustache
Vue arrière de l'église Saint-Eustache et dispersion des insurgés, Lord Charles Beauclerk, 1840
Vue arrière de l'église Saint-Eustache et dispersion des insurgés, Lord Charles Beauclerk, 1840
Informations générales
Date 14 décembre 1837
Lieu Saint-Eustache, au Québec
Issue Victoire britannique
Belligérants
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni Flag of the Patriote movement (Lower Canada).svg Patriotes
Commandants
John Colborne (armée)
Maximilien Globenski (volontaires)
Jean-Olivier Chénier
Forces en présence
1 280 soldats
220 volontaires loyalistes
6 canons
200 miliciens
Pertes
3 tués
6 blessés
70 tués
120 capturés
Rébellion des Patriotes
Batailles
Saint-DenisSaint-CharlesSaint-EustacheBeauharnoisBaker's farmLacolleOdelltown

La bataille de Saint-Eustache s'est produite le 14 décembre 1837 à Saint-Eustache au Québec (Canada). Il s'agit d'un des engagements entre les troupes britanniques et les patriotes du Bas-Canada lors de la Rébellion de 1837-38. La région au nord de Montréal où s'est déroulée cette bataille était connue comme un foyer du ressentiment contre l'absolutisme britannique.

Origine[modifier | modifier le code]

Situé près de la Rivière-des-Mille-Îles, le village de Saint-Eustache est le centre d'activités socio-économiques de la Seigneurie des Mille-Îles, à l'aube des événements de 1837. Au nord-ouest de Montréal, elle le chef-lieu de la troisième région en importance au Bas-Canada par sa population et n'a pas connu de problème économique grave dans les années 1830. Plusieurs des chefs de la Rébellion demeurent dans la région dont Girouard, Scott, Girod, Jean-Olivier Chénier, Jean-Baptiste Dumouchelle, Luc-Hyacinthe Masson et Chartier. L'agitation y est donc très forte comme l'autoritarisme du gouvernement britannique.

John Colborne, commandant en chef des forces armées britanniques dans les colonies du Haut et du Bas-Canada, veut éliminer les centres de résistance lorsque les événements de 1837 éclatent. Selon ses informations, la région de Saint-Eustache s'organise et pose un grand risque. Il décide donc d'envoyer des troupes, depuis Montréal, le 13 décembre.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Les défenseurs Patriotes réfugiés dans l'église de Saint-Eustache le 14 décembre 1837.

Les troupes du général Colborne, traversent la Rivière-des-Mille-Îles à la hauteur de Sainte-Rose sur l'Île Jésus. On retrouve sous les ordres du général John Colborne deux brigades. La première, dirigée par le colonel John Maitland, est formée du 32e Régiment et du 83e Régiment, comportant 1200 soldats, ainsi que le Royal Montreal Cavalry avec 52 volontaires. La deuxième brigade, sous le commandement du colonel George Augustus Wetherall (vainqueur à la bataille de Saint-Charles le 25 novembre) comporte 78 hommes de troupes du Royal Artillery et 53 volontaires du Montreal Rifles Corps. Elle comporte également un détachement de 83 volontaires loyalistes de Saint-Eustache, le St.Eustache Loyal Volunteers qui a pour mission de couper la retraite des Patriotes sur la rivière des Mille-Îles, gelée en décembre à cette époque, et 45 volontaires du Queen's Light Dragoons. Au total, 1280 soldats réguliers et 220 volontaires avec tout leur équipement et train de munitions.

Dès 11h15, le tocsin sonne quand les volontaires de la troupe sont aperçus et Chénier se rue, avec 150 à 300 rebelles, à leur rencontre. Mais les tirs des troupes régulières les forcent à se replier. Les patriotes se retranchent dans le couvent, le presbytère, l'église de Saint-Eustache et le manoir seigneurial. Le rebelle patriote Amury Girod quitta le champ de bataille au début de l'affrontement, prétendant ramener des renforts de Saint-Benoît. Suspecté de trahison, des patriotes le poursuivirent et finalement Girod se serait suicidé.

Le village est rapidement encerclé et pendant une heure l'artillerie bombarde les bâtiments contenant les insurgés sans grand effet. Le général Colborne tente de pulvériser la porte de l'église avec un obusier mais le feu nourri des défenseurs fait reculer les servants de la pièce. Graduellement, le presbytère et les autres refuges tombent les uns après les autres. L'église est la dernière à tomber et devient la cible des tirs nourris britanniques.

Chénier, devenu commandant des rebelles, y résiste avec environ 60 hommes mais un groupe de soldats réussit à s'infiltrer dans la sacristie à l'arrière du bâtiment. Ceux-ci mettent le feu qui s'étend rapidement. Les rebelles se trouvent surtout aux jubés et doivent sauter par les fenêtres pour échapper aux flammes, car les escaliers avaient été démolis pour empêcher les troupes britanniques de pouvoir les atteindre. Les hommes sont ainsi exposés au tir ennemi et plusieurs sont blessés ou tués, dont Chénier. Il essaie quand même de fuir mais est tué dans sa tentative, prononçant Souvenez-vous de Weir !, une référence à George Weir.

Épilogue[modifier | modifier le code]

La bataille a duré plus de quatre heures et se termine avec la défaite des Patriotes. On compte 70 morts chez les rebelles, une quinzaine de blessés et 120 prisonniers. Les Britanniques ont un mort et huit blessées, dont deux mourront plus tard. Les troupes, mais surtout les volontaires loyalistes, brûlent 65 maisons des 150 du village et se livrent au pillage.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La bataille de St-Eustache ; Raymond Paiement ; Montréal : A. St-Martin, 1975. (OCLC 2346991)
  • Le Héros de St-Eustache Jean Olivier Chénier. ; Montréal : E. Demers, 1893. (OCLC 7966340)
  • La rébellion de 1837 à Saint-Eustache ; Charles Auguste Maximilien Globensky ; 1884(OCLC 8119047)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]