Robert Bourassa

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Robert Bourassa
Illustration.
Fonctions
22e premier ministre du Québec

(&&&&&&&&&&&023896 ans, 6 mois et 13 jours)
Lieutenant-gouverneur Hugues Lapointe
Gouvernement Gouvernement Bourassa
Prédécesseur Jean-Jacques Bertrand
Successeur René Lévesque

(&&&&&&&&&&&029528 ans, 0 mois et 29 jours)
Lieutenant-gouverneur Gilles Lamontagne et Martial Asselin
Gouvernement Gouvernement Bourassa
Prédécesseur Pierre Marc Johnson
Successeur Daniel Johnson (fils)
Député de la circonscription provinciale de Mercier

(&&&&&&&&&&&0382610 ans, 5 mois et 20 jours)
Prédécesseur Jean-Baptiste Crépeau
Successeur Gérald Godin
23e chef de l'opposition officielle du Québec

(&&&&&&&&&&&&01153 mois et 25 jours)
Prédécesseur Jean Lesage
Successeur Jean-Jacques Bertrand

(&&&&&&&&&&&&01715 mois et 18 jours)
Prédécesseur Gérard D. Lévesque
Successeur Pierre-Marc Johnson
7e Ministre des Finances du Québec

(&&&&&&&&&&&&01424 mois et 19 jours)
Gouvernement Gouvernement Bourassa
Prédécesseur Mario Beaulieu
Successeur Raymond Garneau
5e Ministre des Affaires intergouvernementales du Québec

(&&&&&&&&&&&&035611 mois et 21 jours)
Gouvernement Gouvernement Bourassa
Prédécesseur Gérard D. Lévesque
Successeur Gérard D. Lévesque

(&&&&&&&&&&&&&0441 mois et 13 jours)
Gouvernement Gouvernement Bourassa
Prédécesseur François Cloutier
Successeur Claude Morin
Député de la circonscription provinciale de Bertrand

(&&&&&&&&&&&&01825 mois et 29 jours)
Prédécesseur Denis Lazure
Successeur Jean-Guy Parent
Député de la circonscription provinciale de Saint-Laurent

(&&&&&&&&&&&029137 ans, 11 mois et 21 jours)
Prédécesseur Germain Leduc
Successeur Normand Cherry
11e chef du Parti libéral du Québec

(&&&&&&&&&&&024986 ans, 10 mois et 2 jours)
Prédécesseur Jean Lesage
Successeur Gérard D. Lévesque

(&&&&&&&&&&&0371310 ans, 1 mois et 29 jours)
Prédécesseur Gérard D. Lévesque
Successeur Daniel Johnson (fils)
Biographie
Nom de naissance Jean Robert Bourassa
Date de naissance
Lieu de naissance à Montréal (Québec, Canada)
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès à Montréal (Québec, Canada)
Nationalité Drapeau du Canada Canada
Parti politique Parti libéral du Québec
Conjoint Andrée Simard
Enfant(s) François et Michèle Bourassa
Diplômé de Université de Montréal, Université d'Oxford et Université Harvard
Profession Avocat / Économiste

Robert Bourassa
Liste des premiers ministres du Québec

Robert Bourassa ( à Montréal au Canada - à Montréal) était un homme politique canadien.

Il a exercé la fonction de premier ministre du Québec, sous la bannière du Parti libéral du Québec, à deux reprises : du 12 mai 1970 au 25 novembre 1976, puis du 12 décembre 1985 au 11 janvier 1994.

Biographie[modifier | modifier le code]

La statue de Bourassa sur la colline parlementaire de Québec.

Robert Bourassa a fait ses études classiques au Collège Jean-de-Brébeuf. Il fut par la suite diplômé de la Faculté de droit de l'Université de Montréal en 1956 et fut reçu au Barreau du Québec cette même année. Plus tard, il étudia à l'Université d'Oxford et décrocha également un diplôme en économie politique à l'Université Harvard.

Élu pour la première fois à l'Assemblée nationale en 1966 comme député de Mercier, Robert Bourassa est devenu chef du Parti libéral du Québec le et premier ministre du Québec à l'élection générale du 29 avril de cette même année, défaisant le gouvernement de l'Union nationale. À 36 ans, il devint ainsi le plus jeune premier ministre du Québec de l'histoire de la fédération (Louis-Hippolyte La Fontaine est devenu premier ministre du Canada-Est à l'âge de 34 ans en 1842, avant la création du Dominion). Il a épousé Andrée Simard fille d'Edouard Simard, président de Sorel industries. Il eut deux enfants, François et Michèle Bourassa.

En tant que premier ministre du Québec, il joua un rôle crucial pendant la crise d'octobre de 1970 durant lequel son ministre du travail, Pierre Laporte, fut enlevé (il est ensuite mort durant l'enlèvement, mais personne ne sait vraiment comment) par des membres du Front de libération du Québec. Ce fut Bourassa qui demanda au premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, de déclarer une situation d'urgence et d'invoquer la Loi sur les mesures de guerre, envoyant l'armée canadienne pour patrouiller dans les rues des grandes villes québécoises et celles de la capitale canadienne, Ottawa.

Bourassa et Trudeau s'affrontèrent fréquemment sur les questions de relations fédérales-provinciales et de nationalisme québécois, Trudeau étant opposé à ce qu'il voyait comme des concessions au souverainisme. Trudeau n'avait pas non plus un grand respect personnel pour Bourassa, le traitant en une occasion de « mangeur de hot-dogs ».

Alors qu'il était au pouvoir, Bourassa introduisit des politiques qui visaient à protéger la langue française au Québec. En 1974, il fit adopter la Loi sur la langue officielle ou Loi 22, la première loi visant à renforcer la position du français au Québec. Toutefois, cette loi fut bientôt supplantée par la Charte de la langue française, aussi connue sous le nom de loi 101, introduite par le gouvernement péquiste qui le remplaça en 1976. Toutefois, la loi 22 eut peut-être un plus grand impact que la loi 101. En faisant du français la langue officielle du Québec, cela indiquait que le Québec n'était plus officiellement bilingue (anglais et français). La loi 22 souleva la colère à la fois des anglophones, qui y voyaient une atteinte à leurs droits, et des francophones, dont un bon nombre jugeait que la loi n'allait pas assez loin. Bourassa fut dénoncé par les deux groupes et fut défait aux élections de 1976. L'assurance-maladie (1970), le régime des allocations familiales du Québec (1973), l'aide juridique (1973), la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (1975), marquèrent aussi son premier mandat.

Bourassa perdit les élections de 1976 face à René Lévesque, chef du Parti québécois. De plus, il perdit son propre siège à l'Assemblée nationale, étant défait par Gérald Godin dans la circonscription de Mercier. Il démissionna de la direction du Parti libéral du Québec et accepta des postes d'enseignement en Europe et aux États-Unis. Bourassa demeura en exil politique jusqu'en 1983 quand il revint à la politique provinciale ; il fut de nouveau élu chef du Parti libéral le , et reprit le pouvoir comme premier ministre aux élections de 1985. Cependant, il fut battu dans sa propre circonscription de Bertrand et dut se faire élire six semaines plus tard dans une circonscription sûre, celle de Saint-Laurent, qu'un de ses députés lui céda. Le premier ministre dut assister en spectateur à la lecture du discours inaugural de la session faite par la vice-première ministre Lise Bacon.

Dans son deuxième mandat, il utilisa la clause nonobstant de la Charte canadienne des droits et libertés pour passer outre un jugement de la Cour suprême du Canada qui déclarait inconstitutionnelles certaines parties de la Charte de la langue française. Cette décision provoqua la démission de quelques ministres anglophones de son cabinet. Quelques années plus tard toutefois, il apporta certaines modifications à la charte. Ces compromis réduisirent la controverse sur la langue qui avait été une question dominante de la politique québécoise depuis des décennies. La majorité des Québécois en arrivèrent à un consensus et acceptèrent le nouveau statu quo.

Bourassa milita pour une reconnaissance du Québec comme étant une "société distincte" dans la constitution canadienne, promettant aux Québécois que leurs différends avec le Canada pouvaient être résolus avec un nouvel accord constitutionnel. Toutefois, Trudeau s'opposa avec succès à Bourassa dans ses deux mandats. Tôt dans son premier mandat, il participa à une première tentative de réforme constitutionnelle, la Charte de Victoria de 1971, qui n'aboutit à rien. Lors de son deuxième mandat, il collabora de près avec le premier ministre canadien Brian Mulroney et réussit à obtenir plusieurs concessions du gouvernement fédéral, qui furent incluses dans l'Accord du lac Meech et l'Accord de Charlottetown. Après l'échec de ces deux accords, les efforts pour réformer la constitution s'effondrèrent, et le mouvement souverainiste reprit du poil de la bête.

Bourassa lança le projet hydroélectrique de la baie James, mais fit face à l'opposition de groupes environnementalistes, ainsi que des Cris qui habitaient la région touchée. Le gouvernement Bourassa joua également un rôle crucial pour sauver les Jeux olympiques d'été de 1976 à Montréal des énormes dépassements budgétaires et des délais de construction causés par la mauvaise gestion du projet par l'administration du maire Jean Drapeau. Toutefois, Bourassa fut accusé de jeter de l'argent par les fenêtres pour sauver les Jeux olympiques sans prendre des mesures pour assurer une supervision adéquate; son gouvernement fut mis en cause dans des scandales de corruption qui contribuèrent à sa défaite électorale en 1976.

Bourassa instaura en 1990 dans la controverse une taxe sur les produits et services (son ministre du Revenu de l'époque M. Yves Séguin démissionna suite à l'adoption du projet de loi).

Bourassa se retira de la politique en 1994 affaibli par la maladie. Daniel Johnson le remplaça comme chef libéral et premier ministre du Québec et fut défait par le Parti québécois neuf mois plus tard.

Il mourut en 1996, à Montréal, d'un cancer de la peau, à l'âge de 63 ans. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal.

La centrale hydroélectrique LG2 a été renommée Centrale Robert-Bourassa en son honneur. L'Avenue du Parc de Montréal avait été pressentie pour être renommée l'avenue Robert-Bourassa en 2006, mais ce projet fut abandonné face à des protestations populaires. Cette même année, l'Autoroute Du Vallon de Québec est renommée Autoroute Robert-Bourassa.

Le fonds d’archives de Robert Bourassa est conservé au centre d’archives de Québec de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[1].

Citation[modifier | modifier le code]

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Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. (Discours prononcé le 22 juin 1990 à l'Assemblée nationale suite à l'échec de l'Accord du lac Meech.)

Références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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