Poitou

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Comté de Poitiers

Contai de Potchiers (poitevin)

Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

La province de Poitou au sein du royaume de France avant la réorganisation territoriale de 1789.

Informations générales
Statut Comté
Capitale Poitiers
Langue Poitevin, occitan, français
Religion Christianisme (catholicisme)

Le Poitou (en poitevin Poetou) était une province française, comprenant les actuels départements de la Vendée (Bas-Poitou), Deux-Sèvres et de la Vienne (Haut-Poitou) ainsi que le nord de la Charente et une partie de l'ouest de la Haute-Vienne, dont la capitale était Poitiers.

Il a donné son nom au Marais poitevin, marais situé dans l'ancien golfe des Pictons, sur la côte occidentale de la France, deuxième plus grande zone humide de France en superficie après la Camargue ; le marais s'étend de l'Atlantique aux portes de Niort et du sud de la Vendée au nord de La Rochelle.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Roche-sur-Yon Une des villes principales du Poitou historique.

Le Poitou est partagé entre différentes formations géologiques qui donnent des reliefs différents. À l'ouest (Bas-Poitou ou Vendée) et dans le sud-est, se trouvent les massifs anciens, au relief très érodé, donnant des collines, aux terres froides et siliceuses : ce sont des pays de bocage. Au centre, le plateau calcaire de Poitiers, presque plat, descend du seuil du Poitou vers la vallée de la Loire en passant par le Châtelleraudais, variant entre une altitude de 150 à 100 m.

Le Poitou est une zone de transition ancienne entre les Bassins parisien et aquitain : de langue d'oc au XIe siècle, il est aujourd’hui de langue d'oïl à l'exception de six communes limitrophes de la Haute-Vienne; il se situe également à la limite des zones de couverture traditionnelle (ardoise au nord, tuile canal au sud), ainsi que des noms de villages en -ay, -y (presque toute la zone) et -ac (petite zone au sud-est).

Les villes principales du Poitou sont Poitiers (capitale traditionnelle du Poitou), Niort, La Roche-sur-Yon, Châtellerault (longtemps le bastion des rois de France en Poitou), Fontenay-le-Comte, Thouars, Parthenay, Luçon, etc.

La province du Poitou au XVIIIe siècle et les communes actuelles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Batailles du Seuil du Poitou[modifier | modifier le code]

Le seuil du Poitou, comme passage stratégique entre les bassins parisien et aquitain, a vu se dérouler plusieurs batailles importantes :

Antiquité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pictons.

Pendant la protohistoire, c’est le peuple gaulois des Pictons qui occupe le Haut-Poitou (correspond approximativement aux actuels département des Deux-Sèvres et de la Vienne). Pendant la guerre des Gaules, il est partagé : une partie des Pictons luttent contre César, une autre partie se rallient à lui.

Sous l'empire romain, le territoire picton s'étend approximativement sur les départements actuels de la Vendée, des Deux-Sèvres et de la Vienne. Il forme une cité (subdivision administrative romaine), moule repris par le diocèse chrétien de Poitiers. Deux figures du christianisme sont présentes à Poitiers à la fin de l'Antiquité : saint Hilaire le Grand, évêque, et saint Martin de Tours.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Invasions[modifier | modifier le code]

Plusieurs peuples s'installèrent en Poitou : Taïfales, Angles, Sarmates ; ce furent cependant les Wisigoths qui le réunirent à leur royaume d'Aquitaine au IVe siècle jusqu'à la bataille de Vouillé (voir plus haut).

Les comtes de Poitiers établirent une principauté à partir du IXe siècle qui s'étendit entre Loire et Pyrénées.

Voir aussi la liste des Raids normands en Poitou et pays de la Charente

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Localisation du pays Pictons

Au traité d'Angers de 851, le roi de Francie occidentale Charles II le Chauve donne une partie du Bas-Poitou au roi des Bretons Erispoë (Pays de Retz).

Au début du XIe siècle, le duc d'Anjou, Foulque Nerra guerroie sans relâche contre les comtes de Blois, de Bretagne et de Poitiers. Maintes fois vainqueur de ses adversaires, il agrandit l'Anjou en conquérant le Maine, la Touraine et s'empare des Mauges. Une fois de plus le Poitou se voit amputé de territoires.

Bas Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Malgré les mariages de la dernière Ramnulfide, Aliénor d'Aquitaine avec le roi de France Louis VII le Jeune puis, après l'annulation de celui-ci, son remariage avec Henri de Plantagenêt, roi d'Angleterre, le Poitou entendait garder une certaine autonomie et il supporta mal de la voir remise en cause. La noblesse poitevine le manifesta par de nombreuses révoltes : tout d'abord contre le roi d'Angleterre en 1173-1179, 1188 et 1194 ; puis en 1219-1224 et 1242 contre le roi de France (de 1241 à 1271, le Poitou est l'apanage d'Alphonse de Poitiers frère de Louis IX). Cette révolte s'acheva à la bataille de Taillebourg en 1242.

Par la suite et jusqu'à la fin du Moyen Âge, la noblesse poitevine participa à tous les mouvements de contestation du pouvoir central.

La maison de Lusignan, fondée selon la légende par Mélusine et Raymondin, fournit plusieurs rois de Chypre et de Jérusalem ; elle est une des principales familles du Poitou, et détient un temps le comté d'Angoulême et celui de la Marche.

XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, la Réforme s’implante dans la province, suite notamment au passage de Calvin, et notamment dans les campagnes. La province est un fidèle soutien des protestants durant les guerres de religion, et est durement touchée (sièges de Niort, de Poitiers). Les protestants sont environ 90 000 vers 1630[1].

Les Poitevins forment une partie importante des colons venus en Nouvelle-France (Québec et Acadie).

En 1790, le Poitou donna principalement naissance aux départements de Vendée, des Deux-Sèvres et de la Vienne et laissa quelques paroisses anciennement poitevines intégrées dans les nouvelles communes des divers départements limitrophes.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Voir Histoire de Poitou-Charentes

Divers[modifier | modifier le code]

Pour le régiment d'Ancien Régime appelé le régiment du Poitou, voir le 25e régiment d'infanterie de ligne

Le musicien poitevin Paul Rougnon est l'auteur d'un hymne patriotique poitevin[2].

Blason[modifier | modifier le code]

Le blason du Poitou était "De gueules à cinq châteaux donjonnés chacun de trois tourelles d'or, ordonnés en sautoir"

Blason du Poitou
Les armoiries d'Alphonse de France

L'origine du blason remonte à Alphonse de Poitiers. En 1241, le roi saint Louis attribua en effet le comté de Poitiers en apanage à son frère Alphonse, qui, devenu comte de la province avait pour armes personnelles : « parti de France et de Castille (alias, parti au I d'azur semé de fleurs de lys d'or, au II de gueules semé de châteaux d'or) ». Ces armes étaient donc de France brisées de Castille, comme celles des autres fils de Louis VIII le Lion et de Blanche de Castille (Robert, comte d'Artois, brisait les armes de France d'un lambel de gueules chargé de châteaux d'or ; Charles d'Anjou brisait par une bordure également chargée de châteaux d'or). Alphonse de France mourut sans postérité en 1271 et le comté de Poitiers fit retour à la couronne, mais ses armes issues de celles de celles de la Castille donnèrent par la suite celles du Poitou.

D'autres fils de France furent ensuite apanagistes du Poitou ; ils portaient tous un écu "d'azur semé de fleurs de lys d'or" avec une brisure :

  • Philippe, fils de Philippe le Bel et futur roi Philippe V : "d'azur semé de fleurs de lys d'or chargé d'un lambel à 5 pendants componé"
  • Charles de Valois (futur Charles V) : "d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure de gueules"
  • Jean de Valois, duc de Berry : "d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure engrêlée de gueules".
Armoiries du Poitou dans le territoire Poitou

Jean de Berry est, au XIVe siècle, à l'origine de la construction de divers bâtiments à Poitiers dont la tour Maubergeon du palais comtal. Alors que dans le premier, où se rendait la justice au nom du pouvoir royal, il fit sculpter ses armes et celles du roi son frère, dans la seconde, qui était le centre féodal du comté du Poitou (où il recevait les hommages de ses vassaux), il fit sculpter ses armoiries : un écu semé de 11 châteaux disposés 3, 2, 3, 2, 1. La forme des châteaux en nombre de cet écu sculpté était celle des châteaux castillans. Faute d'en connaître l'origine, les hommes des XVIe et XVIIe siècle hésitaient entre une tour et un château. On lit ainsi dans Jean de La Haye, en 1581 : de gueules échiquetées de tours ou de châteaux d'or. En 1610, on retrouve en frontispice des Coutumes du Poitou, un écusson où figurent des tours. La présentation n'est pas très gracieuse ; elles sont posées trois en haut de l'écu (en chef) et deux en bas (en pointe). En 1659, alors que jusqu'à présent, le nombre de tours n'était pas fixé, Finé de Brianville, auteur d'un petit armorial écrit : "Poitou :De gueules à 5 tours d'or en sautoir. Cette nouvelle disposition figure dans plusieurs ouvrages et sur le papier timbré de la généralité de Poitiers de 1740 à 1748. Elle trouva de l'écho auprès de la Commission des sceaux et armoiries de l'Etat qui, sous le régime de Vichy, confirma l'attribution à la province du blason de gueules à cinq châteaux d'or[réf. nécessaire].

A. Gouget (archiviste des Deux-Sèvres), dans son Armorial du Poitou[3], attribue ces armes au Poitou.

Les armes "d'argent au lion de gueules, à la bordure de sable besantée d'or, au chef d'azur à trois fleurs-de-lys d'or", qu'on voit parfois présentées comme étant celles du Poitou sont en fait celles de la ville de Poitiers.

Culture régionale[modifier | modifier le code]

Cuisine[modifier | modifier le code]

Entrées[modifier | modifier le code]

Plats de résistance[modifier | modifier le code]

Fromages[modifier | modifier le code]

Desserts[modifier | modifier le code]

  • broyé du Poitou ou broyé poitevin ;
  • La grimolle : gâteau aux pommes cuit traditionnellement au four sur feuilles de chou.
  • fouace ;
  • Mont-Blanc ou gâteau de Nouzillac (purée de marrons) ;
  • tourteau fromager ;
  • Migé (ou mighet) : plat-dessert des laboureurs, c'est une soupe sucrée à base de vin rouge, d'eau glacée, de sucre et de pain rassis ; en saison on peut remplacer le pain par des fraises.
  • Gâche de Vendée : une brioche dont la mie serait plus serrée. Elle est principalement composée de farine, d'œufs, de beurre, de sucre et de crème fraîche.
  • Gâteau Minute de Vendée : un gâteau qui se conserve et qui est ainsi toujours prêt "à la minute" !

Vins et spiritueux[modifier | modifier le code]

Friandises et petits gâteaux[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

Le poitevin, également appelé parlanjhe est considéré comme un dialecte du poitevin-saintongeais, tout comme le saintongeais, parlé plus au sud. C'est une langue romane appartenant à la famille des langues d'oïl au même titre que le français, l'angevin et le gallo.

Article détaillé : Poitevin.

Danses traditionnelles[modifier | modifier le code]

Le Poitou est une terre de musiques et de danses traditionnelles. On y trouve des branles, des rondes, des quadrettes, des danses à deux, ...

Quelques danses du Poitou :

De nombreux groupes perpétuent ces danses traditionnelles lors de bals, spectacles, veillées, ateliers, dans toute la région poitevine, tels La Marchoise de Gençay, Les Compagnons de la Claire Fontaine, Bal'Taquin, Engoulvent, Le Per'cordanche, Les Virouneux d'ô bourg, Tap Dou Païe, Les Gueurlets do Clain

Poitevins illustres ou "célèbres"[modifier | modifier le code]

Animaux[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Combes (dir.), Histoire du Poitou et des Pays charentais : Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Charente-Maritime, Clermont-Ferrand, éditions Gérard Tisserand,‎ 2001, 334 p. (ISBN 2-84494-084-6, lire en ligne)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p 435
  2. « Hymne aux enfants du Poitou », sur Paul Rougnon, publié le 10 juillet 2012, consulté le 10 juillet 2012
  3. A. Gouget, Armorial du Poitou, Librairie Ancienne Brissaud, 1866, réédité en 1994, (ISBN 2-902170-74-2), p 234