Mode de vie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le mode de vie (ou style de vie, ou encore lifestyle en anglais) est la manière de vivre - d'être et de penser - d'une personne ou d'un groupe d'individus. C'est son comportement quotidien, sa façon de vivre autour et pour certaines valeurs.

Dans les sociétés industrialisées, le mode de vie est une notion qualitative : il désigne la façon dont les ménages utilisent leur pouvoir d'achat.

Il existe de très fortes disparités de modes de vie de par le monde, entre les pays développés et les pays en développement (ou pays du Sud).

Pour un niveau de vie équivalent, il existe de multiples manières de consommer, de se distraire, de se cultiver… etc. (à ne pas confondre les deux, niveau de vie étant le PIB soit le revenu des habitants d'un pays sans calculer les inégalités).

En sociologie, un mode de vie est la façon dont une personne ou un groupe vit. Cela inclut ses types de relations sociales, sa façon de consommer, sa façon de se divertir, de s'habiller. Un mode de vie reflète également l'attitude d'un individu, ses valeurs, sa façon de voir le monde dans lequel il vit.

Avoir un mode de vie particulier implique un choix, conscient ou inconscient, entre différents types de comportements.

Dans le commerce et dans la publicité, un mode de vie devient une cible marketing, que les commerciaux tentent de cibler pour s'approcher au mieux des besoins et des envies de consommation de cette population particulière.

Histoire du concept[modifier | modifier le code]

La notion de « mode de vie » est apparue tardivement.

Alvin Toffler, écrivain et futurologue américain, écrit en 1970 dans Future Shock : « le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changement dans un trop petit intervalle de temps. » Ces changements qui nous dépassent sont de trois types :

  • Premièrement la transience qui peut être traduit par brièveté. La brièveté des choses : nous jetons nos possessions pour en acquérir de nouvelles. La brièveté des endroits : nous quittons les endroits qui nous ont vu naître pour de nouveaux. La brièveté des gens : nous perdons le contact avec nos anciens amis et connaissances et nous avons du mal à créer un contact avec de nouveaux. La brièveté des organisations : les sociétés gouvernementales et les sociétés commerciales créent de nouvelles positions seulement pour mieux les reformer et les changer. La brièveté de l'information : les connaissances scientifiques et populaires ne sont pas figées et s'accroissent de façon rapide et permanente.
  • Deuxièmement, la nouveauté. La nouveauté des sciences, qui progresse et qui changera peut-être l'espèce humaine ou la combinera avec des machines. La nouveauté des relations sociales, dans des structures familiales en remaniement permanent.
  • Troisièmement, la diversité. La diversité des choix, la diversité des sous-cultures et des spécialités, la diversité des modes de vie. Cette diversité permet aux individus de se trouver, de s'individualiser au sein d'une société dans laquelle ils ne se sont jamais reconnus.

En 1980 dans The Third Wave il décrit trois types de sociétés et le concept de vagues. Chaque nouvelle vague pousse l'ancienne société et établit la nouvelle. La société de la 3e vague est la société dite post industrielle (post années 1950) et est caractérisée par l'information, la technologie et la très grande diversité des sous-cultures.

Ainsi Toffler prédit donc une explosion des sous-cultures et des modes de vie, en même temps que l'explosion de la diversité au sein de nos sociétés post-industrielles.

En effet dans les sociétés pré-modernes, nous n'avions pas besoin d'un terme spécifique pour décrire une sous-culture ou un style de vie : les différents modes de vie étaient considérés comme des cultures, des religions, des groupes ethniques totalement différents.

Ainsi une culture différente étaient toujours vue comme totalement étrangère. En comparaison, les styles de vie, ne sont pas considérés comme étrangers ; ils sont acceptés ou partiellement acceptés, comme une différence minoritaire, au sein de la culture ou du groupe majoritaire.

Le mode de vie : sujet télé[modifier | modifier le code]

Le mode de vie est un bon sujet de télévision, ainsi l'émission Vis ma vie, créée sur une chaîne française en octobre 2001, a pour principe de trouver deux personnes ayant des a priori les unes vis-à-vis des autres et de leur faire vivre pendant quelques jours la vie d'une personne aux antipodes de leur style de vie ou de leur mode de pensée.

Ainsi l'émission du 14 novembre 2002 a battu tous ses records avec 3,6 millions de téléspectateurs, soit 39,8 % de part d'audience.[réf. souhaitée] Les reportages présentés ce soir-là étaient celui d'un fêtard homosexuel habitué des nuits parisiennes se rendant chez un homosexuel rangé et travaillant dans une porcherie en Bretagne, celui d'une coquette coiffeuse habituée au luxe et à la mode partant en vadrouille en Égypte avec une routarde habituée à la poussière, aux dortoirs et aux plans petits budgets et enfin celui d'une femme qui s'est faite stériliser car elle ne voulait surtout pas avoir d'enfants et qui part vivre chez une mère de 12 enfants.

Durabilité du mode de vie occidental[modifier | modifier le code]

Le mode de vie américain, popularisé par le cinéma, s'est répandu depuis la Seconde Guerre mondiale dans les pays d'Europe occidentale et dans plusieurs pays développés du monde. Certains produits sont devenus des symboles universels.

Cependant, la question de la pérennité de ce mode de vie se pose depuis quelques années, avec l'émergence des enjeux de développement durable. Ainsi, si tous les habitants de la Terre avaient le même mode de vie qu'un Américain du nord, il faudrait six planètes comme la Terre pour nourrir tous ses habitants. En effet, l'empreinte écologique d'un Américain du nord correspond à six fois la capacité biologique de la Terre[1]. Un point crucial est constitué notamment par notre forte dépendance au pétrole.

Les modes de vie font partie des facteurs qui interviennent dans les émissions de gaz à effet de serre. Ils sont eux-mêmes influencés par le réchauffement climatique. Une étude prospective[2]est consacrée aux Modes de vie en 2050.

L'expert français Jean-Marc Jancovici considère ainsi que le changement climatique, dont on parle beaucoup, est d'abord et avant tout un problème de choix de mode de vie[3].

L'expert américain Lester R. Brown considère que le mode de vie occidental actuel résulte de la révolution industrielle, qui a libéré une énergie créatrice gigantesque, en raison d'une productivité supplémentaire. Elle correspond malheureusement à l'ère la plus destructrice pour l'environnement que l'histoire humaine ait jamais connue[4].

Lorsque l'évolution du mode de vie est subie et résulte d'une menace venue d'une ou plusieurs cultures différentes, on parle d'insécurité culturelle.

Note[modifier | modifier le code]

  1. L'empreinte écologique sur le site du WWF
  2. http://www.iddri.org/Publications/Les-cahiers-du-CLIP/Clip21_modes%20de%20vie%20prospective%202050.pdf
  3. Jean-Marc Jancovici, l'avenir climatique, conclusion, p. 275
  4. Lester R. Brown, Éco-économie, une autre croissance est possible, écologique et durable, Seuil p. 143

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bénédicte Châtel (Auteur), Jean-Luc Dubois (Auteur), Bernard Perret (Auteur), Justice et Paix-France (Auteur), François Maupu (Postface), Notre mode de vie est-il durable ? : Nouvel horizon de la responsabilité, Karthala Éditions, 2005

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]