Toundra

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Taïga.

Toundra

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Toundra sur les plaines côtières de l'Alaska.

Caractéristiques
Superficie[1] : 11 700 000 km2 (8.0 %)
Latitudes : 65° Sud à 45° Sud
55° Nord à 85° Nord
Climat : Subarctique et polaire
Végétation : Buissons et herbacées

Localisation

alt=Description de l'image Biome_map_11.svg.

La toundra, terme emprunté au russe, lui-même emprunté au same désigne la formation végétale circumpolaire[2]. Elle forme un cercle autour du pôle de plus de huit millions de km², soit 6 % des terres émergées. Du fait de la répartition des terres émergées sur la planète, la toundra se concentre essentiellement dans l'hémisphère nord.

« Toundra » est également la dénomination de l'un des quatorze grands biomes terrestres du fait de son écosystème qui a pour particularité l'existence d'une strate végétale unique : une strate basse composée d'herbacées, principalement de lichen, et de sous-frutescentes. La toundra est importante pour les peuples du Grand nord qui y conduisent leurs rennes lors de leur migration estivale. Ces derniers y passent le court été arctique et se nourrissent massivement de lichens avant de retourner dans la taïga au retour de la période hivernale.

Climat[modifier | modifier le code]

Les conditions climatiques rudes sont marquées par un long hiver de gel, avec une température moyenne de -28 °C, et une courte période végétative — généralement trois mois — pendant laquelle la température moyenne ne dépasse pas 10 °C. Les précipitations, variables, ne dépassent pas en général 250 mm par année, ce qui donne un climat plutôt sec. L'eau tombe essentiellement sous forme de neige. Enfin, le vent y est le plus souvent violent et se nomme blizzard.

C'est dans la zone de la toundra que l'on rencontre les pergélisols, des sols qui ne dégèlent qu'en surface. Ils sont jeunes et minces car peu de matières organiques s'y sont déposées. Ils dégèlent en partie durant l'été. On parle de mollisol.

En descendant vers le sud, la toundra cède la place à la taïga.

Flore[modifier | modifier le code]

La flore de la toundra constitue du sud au nord, des landes à arbustes de la famille des salicacées avec de nombreuses espèces de saules herbacés nains, des landes où se trouvent encore quelques arbres comme les bouleaux, puis des pelouses à cypéracées et joncacées, enfin des zones où la végétation n'est plus représentée que par des mousses et des lichens (certains consommés par les rennes). Toutes ces plantes ont une croissance ralentie en raison des conditions climatiques extrêmes.

Lichens et mousses[modifier | modifier le code]

Les cladonia sont abondants et recouvrent les sols en particulier le lichen des caribous, Cladonia rangiferina [3].

Fougères[modifier | modifier le code]

Joncs[modifier | modifier le code]

La linaigrette dense une Epiphorum.

Graminées[modifier | modifier le code]

Fleurs[modifier | modifier le code]

La toundra compte environ 200 espèces de fleurs[4]. les stratégies pour résister au froid sont de plusieurs types : les plantes forment des tapis bas, elles développent des enveloppes laineuses autour des graines et leurs tiges sont pour la plupart velues. Certaines sont emblématiques.

L'Épilobe à feuilles larges (epilobium latifolium) possède des fleurs remarquables rose violacé à quatre pétales et quatre sépales étroits.

Le Lupin arctique (lupinus articus), le Lupin soyeux (lupinus sericeus) le lupin d'Alaska ou lupin d'Écosse (Lupinus nootkatensis), la Céraiste vulgaire (cerastium fontanum Baumg), le Thé du Labrador ou qisiqtuti (ledum decumbens) fleurissent également.

L'Oxytropis de Maydell (oxytropis maydelliana) présente des fleurs jaunes en grappes, la Pyrole à grandes fleurs (pyrola grandiflora) des petites fleurs blanches elles aussi en grappes.

Plusieurs pavots, le Pavot arctique ou Pavot safrané (Papaver radicatum), ainsi que Papaver hultenii, Papaver keelei et Papaver cornwallisensis se développent sur la toundra[4]. Le saxifrage à feuilles opposées Saxifraga oppositifolia aux fleurs roses est très résistant et répandu[3]. Le séneçon orangé Senecio fuscatus, le myosotis alpin, la saxifrage à flagelles et une pédiculaire Pedicularis capitata, une minuscule primevère Primula cuneifolia fleurissent aussi sur la toundra.

L'Œillet marin ou gazon d’Olympe armeria maritima apparait dès la fonte des neiges[4].

La renoncule septentrionale a la caractéristique d'accumuler des éléments nutritifs durant plusieurs années avant de fleurir.

En Suède dans les iles Öland et Gotland poussent plus de 35 variétés d'orchidées[5]. En Islande fleurissent entre autres la centaurée des montagnes (Centaurea montana), l'orpin rose (Rhodiola rosea), la gentiane des neiges (Gentiana nivalis),le lychnis des Alpes (Lychnis alpina) et une plante carnivore la grassette commune (Pinguicula vulgaris)[6].

Baies[modifier | modifier le code]

Les Canneberges, arbrisseaux à feuilles persistantes et rameaux minces et rampants ne dépassent pas 30 cm de haut[4].

D'autres baies sont présentes dont la ronce petit-mûrier Rubus chamaemorus.

Biomasse[modifier | modifier le code]

Le sol de la toundra est pauvre et mince.

La biomasse de cet environnement est très faible à cause de la vitesse de croissance lente des végétaux. Elle représente environ 5 tonnes par hectare et se localise dans le système racinaire.

Faune[modifier | modifier le code]

La faune est très bien adaptée aux conditions de vie. Elle porte le plus souvent une fourrure ou un plumage épais et blanc en hiver ainsi qu'une grosse couche de graisse pour se protéger du froid, du vent et de la glace.

Le harfang des neiges et le tétras sont des oiseaux sédentaires qui réussissent à résister aux conditions climatiques.

Des hardes de grands ruminants exploitent aussi la toundra et migrent en fonction des ressources alimentaires. On peut citer les caribous en Amérique du Nord, les rennes en Eurasie, les bœufs musqués. Les carnivores sont représentés par les ours blancs, les loups ou les renards polaires. Une partie de leur alimentation est constituée par des petits rongeurs appelés lemmings.

Le court été boréal est aussi l'occasion du développement d'insectes comme les moustiques et les papillons.

Article détaillé : Faune de l'Arctique.

Équivalences biogéographiques[modifier | modifier le code]

L'étage alpin des montagnes peut présenter des conditions climatiques semblables ayant permis à des espèces arctiques végétales comme animales de perdurer après la dernière glaciation, pour exemple parmi d'autres le Moiré cendré papillon européen arctique et alpin[7].

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle occupe l'extrême nord du Québec tandis qu'en France, elle est le biome dominant des terres australes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Approximation arrondie au 100 000 et pour une surface terrestre totale de 146 300 000 km2, d'après les données du WildFinder : World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions »,‎ janvier 2006.
  2. Étymologie de Toundra - CNRTL
  3. a et b Fred Bruemmer, Le grand nord,(ISBN 272425441-4)
  4. a, b, c et d Iqualuit site Inuit
  5. Suède : flore de la toundra
  6. flore de l'Islande
  7. Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord de Tom Tolman, Richard Lewington,, éditions Delachaux et Niestlé, 1998 - (ISBN 2603011146)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Boulain, Géographie des sols, Presses Universitaires de France, 1975, pp. 124-126.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Écorégion de toundra.

Liens externes[modifier | modifier le code]