Daniel Johnson (père)

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Daniel Johnson
Daniel Johnson par Paul Lancz
Daniel Johnson par Paul Lancz
Fonctions
20e Premier ministre du Québec
Lieutenant-gouverneur Hugues Lapointe
Gouvernement Gouvernement Johnson
Législature 28e législature
Prédécesseur Jean Lesage
Successeur Jean-Jacques Bertrand
Vice-président de l'Assemblée législative
Premier ministre Maurice Duplessis
Gouvernement Gouvernement Duplessis
Législature 24e législature
25e législature
Ministre des Ressources hydrauliques
Premier ministre Maurice Duplessis
Paul Sauvé
Antonio Barrette
Gouvernement Gouvernement Duplessis
Gouvernement Sauvé
Gouvernement Barrette
Législature 25e législature
Prédécesseur John Samuel Bourque
Successeur René Lévesque
Biographie
Nom de naissance Francis Daniel Johnson
Date de naissance
Lieu de naissance à Danville (Québec)
Date de décès (à 53 ans)
Lieu de décès à Manic 5 (Québec)
Nationalité Québecoise
Citoyenneté canadienne
Parti politique Union nationale
Conjoint Reine Gagné (décédée en 1994)
Diplômé de Université de Montréal
Profession Avocat

Daniel Johnson (père)
Liste des premiers ministres du Québec

Daniel Johnson (né le , décédé le ) était un homme politique québécois. Il a été premier ministre du Québec de 1966 à 1968.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Danville en Estrie en 1915, baptisé Francis Daniel, il est le fils de Francis Johnson, un anglophone d'ascendance irlandaise [1], et de Marie-Adéline Daniel, une Canadienne-française. Daniel est le deuxième de neuf enfants. L'anglais et le français sont parlés à la maison, mais Daniel fera ses études en français. Son père est commis dans une ferronnerie, exercera aussi divers métiers dans la vente et est un organisateur du parti conservateur.

Études[modifier | modifier le code]

De 1928 à 1935, Daniel Johnson fait ses études classiques au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Puis, se destinant à la prêtrise, il étudie au Grand Séminaire de 1935 à 1937. Il change toutefois d'idée et, à l'automne de 1937, il quitte le Grand Séminaire et entreprend des études de droit à l'université de Montréal. Puisque la session d'études est déjà commencée, il doit pour s'inscrire obtenir une permission du bâtonnier général, qui est à ce moment Maurice Duplessis. C'est à cette occasion qu'il rencontre pour la première fois Duplessis, qui lui accorde la permission demandée. Il étudie le droit de 1937 à 1940. La famille Johnson étant de condition modeste, les études de Daniel au Grand Séminaire puis à l'université sont financées à partir de 1935 par une riche bienfaitrice, Mme Huot, une amie de sa mère[2].

En 1939, Daniel Johnson est président de l'association des étudiants de l'université de Montréal. En ce début de Deuxième Guerre mondiale, ceux-ci sont engagés dans la campagne anti-conscriptionniste. Johnson se fait le porte parole du mouvement et participe notamment à la manifestation devant l'hôtel de ville de Montréal, à l'occasion de laquelle les étudiants obtiennent le soutien du maire Camillien Houde à leur cause. Johnson développe aussi l'argumentation du mouvement dans divers textes publiés dans les journaux[3].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Daniel Johnson est admis à la pratique du droit en 1940. Il exerce d'abord à Montréal, dans un bureau du quartier de affaires, rue Saint-Jacques. Puis il s'associe avec deux avocats anglophones pour former l'étude Robinson, Wilson et Johnson[4]. L'un de ses nouveaux associés, Jonathan Robinson, est depuis 1936 le député de l'Union nationale de la circonscription de Brome à l'Assemblée législative du Québec. L'étude est prospère et s'occupe notamment des intérêts du colonel Robert R. McCormick, riche industriel américain propriétaire des journaux New York Times et Chicago Tribune et fondateur de la ville de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord québécoise, où il exploite de vastes concessions forestières accordées par le gouvernement québécois[5]. Ces circonstances tissent des liens étroits entre Johnson et l'Union nationale. Johnson ouvre aussi un bureau d'avocat à Acton Vale, une ville de la circonscription de Bagot.

Député de Bagot[modifier | modifier le code]

En 1946, le décès du député libéral de Bagot, Cyrille Dumaine, rend nécessaire la tenue d'une élection partielle. Daniel Johnson est élu député provincial de la circonscription de Bagot pour l'Union nationale lors d'une élection partielle le . Johnson l'emporte sur ses deux adversaires, le docteur Bailly, candidat libéral, et Georges Degranpré, candidat indépendant. Johnson sera réélu sans interruption à cette fonction lors des six élections générales de 1948, 1952, 1956, 1960, 1962 et 1966.

Le , sa femme est atteinte de plusieurs balles par son amant, qui veut qu'elle quitte son mari. L'agresseur, un journaliste de Radio-Canada nommé Bertrand Dussault, se suicide ensuite en retournant son arme contre lui. Daniel Johnson offre alors sa démission au premier ministre Maurice Duplessis, qui la refuse et qui use de son influence pour étouffer l'affaire. Seul le journal La Presse rapporte alors l'événement dans un court filet et sans mentionner le nom complet de la victime, ce qui préserve la réputation du député[6].

Le , il est choisi par les députés comme vice-président de l'assemblée législative. Cela lui donnera l'occasion de présider les séances de comités parlementaires et de maîtriser la procédure parlementaire.

Il accède au cabinet le en devenant ministre des Ressources hydrauliques dans le gouvernement Duplessis, poste qu'il conserve dans le gouvernement Sauvé et le gouvernement Barrette, jusqu'à la défaite de l'Union nationale en 1960.

Chef de l'Union nationale[modifier | modifier le code]

Réélu député en 1960, il réclame la tenue d'un congrès à la direction du parti et s'y porte candidat. Son principal adversaire à cette occasion est Jean-Jacques Bertrand. L'élection est chaudement disputée. Johnson y représente la tendance conservatrice du parti et Bertrand y représente la tendance réformatrice. Johnson obtient 1006 voix et Bertrand 912[7]. Johnson l'emporte donc et devient le quatrième chef de l'Union nationale et le chef de l'Opposition officielle en 1961, succédant ainsi à Antonio Barrette (entre temps l'intérim avait été assuré respectivement par Yves Prévost et Antonio Talbot). Le parti avait gouverné le Québec sous Maurice Duplessis de 1936 à 1939, avec une interruption par le gouvernement libéral d'Adélard Godbout avant de reprendre le pouvoir en 1944 jusqu'à sa défaite en 1960 au profit des libéraux de Jean Lesage. La défaite de l'Union nationale est vue comme le début de la Révolution tranquille, qui cherchait à renverser la domination de l'économie québécoise par les anglophones ainsi que le rôle dominant de l'Église catholique romaine dans la société québécoise.

Sous sa gouverne, l'Union nationale perd l'élection générale québécoise de 1962, déclenchée par Jean Lesage au sujet de son projet de nationalisation de l'électricité. Il demeure toutefois député et chef de l'Opposition. En 1964, au cours d'un voyage à Paris, Johnson est victime d'un malaise cardiaque. En 1965, il publie un livre intitulé « Égalité ou indépendance », dans lequel il expose sa doctrine concernant la Constitution du Canada et l'avenir du Québec dans la Confédération canadienne. Tel qu'il l'écrit dans le livre, sa position était « l'indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement l'indépendance » (une référence à la célèbre phrase du premier ministre canadien Mackenzie King concernant la conscription durant la Seconde Guerre mondiale).

Premier ministre[modifier | modifier le code]

À la surprise générale, sous ce même slogan (Égalité ou indépendance), Johnson mène l'Union nationale à la victoire à l'élection générale québécoise de 1966. Bien que son parti ait obtenu moins de votes que le parti libéral, une majorité de candidats unionistes est élue. Johnson est assermenté à titre de premier ministre le . Il accueille le général de Gaulle en 1967. Il occupe son poste jusqu'à son décès, survenu le 26 septembre 1968 lors d'une visite au chantier du barrage Manic 5. Il est enterré au cimetière de Saint-Pie-de-Bagot, chef-lieu de la circonscription qu'il représentait. Jean-Jacques Bertrand lui succède comme chef de l'Union nationale et Premier ministre.

Plaque du barrage Daniel-Johnson

On donne son nom au barrage Daniel-Johnson, lieu où il est décédé. À Laval, le boulevard Daniel Johnson, dans le quartier de Chomedey, a été créé en son honneur. De plus, une école secondaire située dans l'est de Montréal porte son nom depuis son ouverture en 1969.

Deux de ses fils occupent eux aussi par la suite la fonction de premier ministre du Québec, Pierre Marc, du Parti québécois, en 1985, et Daniel, du Parti libéral du Québec, en 1994.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Laporte, Daniel Johnson, cet inconnu, Beauchemin, Montréal, 1968, 112 pages
  • Paul Gros d'Aillon, Daniel Johnson - l'égalité avant l'indépendance, Stanké, Montréal, 1979, 257 pages (ISBN 2-7064-0030-1) édité erroné[8] (OCLC 6197388)
  • Pierre Godin, Daniel Johnson, Éditions de l'Homme, Montréal, 1980
  • Pierre Godin, La fin de la grande noirceur, Éditions Boréal, Montréal, 1991
  • Jean Loiselle "Daniel Johnson, le Québec d'abord" VLB Éditeurs, Montréal, 2000

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son ancêtre George Johnson, du comté de Mayo en Irlande du Sud, arrive au Québec en 1843 et s'installe à Tingwick. (Godin, 1980, t. I, p. 11)
  2. Johnson aura entièrement remboursé sa bienfaitrice en 1945. (Godin, 1980, t. I, p. 33)
  3. Godin, 1980, t. I, pp. 20 à 22
  4. Godin, 1980, t. I, pp. 17-18
  5. Godin, 1980, t. I, p. 18
  6. L'affaire était connue dès cette époque. Elle est notamment mentionnée dans la biographie de Daniel Johnson par Pierre Godin publiée en 1980 (t. I, pp. 57-58). Certains détails ne sont dévoilés qu'au moment de la parution d'une biographie non autorisée de la famille Johnson signée par Benoît Gignac en janvier 2007. On a tiré sur madame Daniel Johnson.
  7. Deux autres candidats, MM. Nadeau et Maher, obtiennent peu de voix. (Godin, 1980, t. I, p. 269)
  8. Bien que ce numéro ISBN soit techniquement erroné si on considère sa clef de contrôle, ce numéro est celui qui est imprimé dans le livre et c'est généralement sous ce numéro que le livre est référencé.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Libéral
Député de Bagot
Union nationale
Assemblée nationale du Québec
1946-1968
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Union nationale