Fête de la Saint-Jean

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Fête de la Saint-Jean en Pologne. 1865

La fête de la Saint-Jean d'été, traditionnellement accompagnée de grands feux de joie, est la fête de Jean le Baptiste, le 24 juin.

Elle est proche du solstice d'été dans l'hémisphère nord, qui a lieu le plus fréquemment le 21 juin, exceptionnellement le 19 juin (prochaine occurrence en 2488), rarement le 20 juin (occurrences en 1896, 2008 et 2012) et le 22 juin (occurrences en 1975, au début du XXIIIe siècle puis en 2302)..

Le solstice d'été est fêté depuis longtemps[réf. nécessaire]. La fête de la Saint-Jean reprend donc des traditions pré-chrétiennes.

Origines[modifier | modifier le code]

Les fêtes antiques du solstice d'été[modifier | modifier le code]

En Syrie et en Phénicie, le solstice donnait lieu à une grande fête en l'honneur de Tammuz, qui commençait la veille au soir, comme dans la Saint-Jean traditionnelle.

Les feux de la Saint-Jean, repris par les chrétiens, auraient été copiés sur les rites celtes et germaniques de bénédiction des moissons. La théorie selon laquelle ces rites seraient eux-mêmes directement dérivés du culte moyen-oriental de Baal est aujourd'hui réfutée[réf. souhaitée].

Le culte du feu associé au solstice d'été se retrouve également en Chine, en Turquie, dans les rites vaudous, chez les Incas.

Le bûcher de la Saint-Jean se pratiquait jadis à Paris, les autorités de la ville se chargeant de son organisation. Le feu était traditionnellement allumé par le roi de France en personne sur la Place de Grève (actuellement Place de l'Hôtel-de-Ville), coutume qui perdura jusqu’en 1648, date à laquelle Louis XIV officia pour la dernière fois[1].

La fête est également très vivace en Scandinavie.

Canada[modifier | modifier le code]

Au Québec[modifier | modifier le code]

Au Québec, il s'agit de la Fête nationale du Québec. La fête a remplacée la fête religieuse traditionnelle de la Saint-Jean qui soulignait jadis le début de l'été et donnait lieu à des feux de joie sur les berges du Saint-Laurent. Ces feux avaient pour objectif de célébrer l'arrivée de l'été mais aussi de communiquer aux villages environnants les dernières nouvelles de l'hiver. Combien de morts ? Combien de nouveau-nés ? Les signaux de fumée faisaient office d'alphabet et donnaient un premier aperçu de l'état de la vie du Québec rural de l'époque.[réf. nécessaire] Dans les années 1960 et 1970 la Saint-Jean est devenue un des symboles de l'affirmation nationale québécoise, devenant le point de convergence des grands rassemblements politiques, sociaux et culturels. Elle demeure à ce jour un des rendez-vous annuels majeurs de la collectivité québécoise. Elle est officiellement appelée fête nationale depuis 1977.

Au Canada français[modifier | modifier le code]

Les plus importantes célébrations de la Saint-Jean-Baptiste au Canada français hors Québec ont lieu dans le cadre du Festival franco-ontarien, qui se tient chaque année à Ottawa, en Ontario. La Saint-Jean-Baptiste est aussi une célébration importante pour la région du nord de l'Ontario dans diverses petites villes, dont Hearst et Kapuskasing. Bien que la célébration de la Saint-Jean-Baptiste par les Acadiens en tant que fête catholique ne soit pas inconnue, elle est largement surpassée par la Fête nationale de l'Acadie le 15 août, instituée en 1881 lors d'une convention acadienne, alors que cette date était en compétition avec le 24 juin.

En Belgique[modifier | modifier le code]

À Mons[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1822[modifier | modifier le code]

À Mons, jusqu'en 1823, la Saint-Jean se fêtait par l'allumage d'un feu dans chaque quartier. Ce feu était accompagné d'un coq en cage. Les feux sont montés grâce aux récoltes de bois des enfants. Un concours de chant a aussi lieu à la Saint-Jean. Le premier prix en est un coq vivant.

Arrêt[modifier | modifier le code]

Suite à un incendie survenu dans une autre ville de Belgique, le collège des bourgmestre et échevins de l'époque interdit la fête.

Reprise[modifier | modifier le code]

Depuis le 23 juin 1990, une nouvelle fête a repris grâce à un comité formé pour la circonstance, l'association non lucrative Les Feux de saint Jean. Au départ, des cortèges accompagnés de tambours parcouraient la ville pour annoncer la mise à feu d'un bûcher sur la place Nervienne. De nombreuses animations culturelles se déroulaient toute la soirée sur la place Nervienne ainsi que dans les casemates (anciens dépôts militaires) y attenant.

La formule a évolué depuis 1990 et s'est vue complétée de diverses animations, entre autres pour les enfants. Une cérémonie spectacle se déroule sur la Grand-Place de Mons à laquelle participent 300 figurants et 200 musiciens. Ensuite ce sont plus de 6 000 personnes qui se rendent sur la place Nervienne munis de flambeaux dans un cortège rythmé par 8 formations musicales. Un final musical accompagne le boutage de feu. En 2008, 20 000 personnes ont participé à la manifestation qui se déroulait en une soirée. À partir de 2009 deux jours sont consacrés à cette manifestation.

En Espagne[modifier | modifier le code]

Cette fête est célébrée aussi dans plusieurs endroits (villes et villages) de l’Espagne. Elle symbolise le combat entre les forces du Bien et du Mal (Dieu et Satan), avec le triomphe du premier.

Le San Xoán Galicien[modifier | modifier le code]

Il est célébré la nuit du 23 au 24 juin. Le feu est le protagoniste, puisqu'il est considéré un élément purificatoire.

Les rites de feu[modifier | modifier le code]

Un jeune sautant la cacharela de San Xoán

Les jours précédant la fête, les jeunes apportent du bois pour faire un feu de joie, et l’allumer la nuit. Quand le feu de joie est plus ou moins consommé, les gens sautent par-dessus. Ainsi, et selon la tradition et la croyance populaires, on expulse les impuretés et on éloigne les maléfices.

Les rites d'eau[modifier | modifier le code]

  • Le bouquet de la Saint-Jean

Un autre rite typique de cette fête est celui des « herbes de la Saint-Jean » ou bouquet de la Saint-Jean. La veille de la Saint-Jean (le soir du 23 juin), on cueille sept herbes différentes, aromatiques ou pas, et des fleurs qui ont des propriétés prétendument magiques : du fenouil, du romarin, des mauves, des fougères mâles, des roses sauvages…

On laisse le bouquet dans l’eau pendant la nuit et le lendemain, on le sort et on se lave le visage avec l’eau. On garde le bouquet, le laissant sécher pendu derrière la porte de la maison, pour la protéger des sorcières

La gastronomie typique de la Saint-Jean[modifier | modifier le code]

À la Saint-Jean, il est habituel de manger des sardines, puisqu’elles sont en saison et c’est une tradition de manger ce poisson. Les sardines sont rôties dans des braises faites avec des caisses, du bois, etc. On mange les sardines avec du pain de maïs, appelé boroa, accompagnées de vin rouge.

En Catalogne, il est coutume de manger la « Coca de San Juan », une espèce de galette sucrée.[réf. nécessaire]

En Catalogne[modifier | modifier le code]

Chaque année, la fin de semaine précédant la Saint-Jean, les villages de Catalogne montent à la croix du Pic du canigou un petit fagot de sarments.

Le 22 juin, 3 montagnards du cercle des jeunes de Perpignan portent la flamme du canigou depuis le Castillet de Perpignan et régénèrent la flamme chaque année. Elle est ensuite descendue et distribuée dans chaque village des pays catalans, en Provence et dans des associations catalanes dans le monde.

Le 23 juin vers 22 heures, tous les villages allument un bûcher avec cette flamme[2].

En France[modifier | modifier le code]

La fête de la Saint-Jean était traditionnellement, dans la plupart des paroisses de France, la fête de la Jeunesse avec des jeux et des rites de passages qui étaient à la fois le moment de réception des nouveaux membres de la bachellerie du village ou du quartier (les adolescents), et l'élection du roi et de la reine de la Jeunesse pour la nouvelle année. Cette fête, qui était celle de l'apogée de l'Été, était fortement marquée par la musique. Elle commençait le matin avec la messe de la Saint-Jean au cours de laquelle on chantait et jouait l'Hymne à saint Jean-Baptiste qui a donné son nom aux notes de musiques, et comportait toujours le soir une veillée avec un grand feu allumé avec des bûches que les jeunes gens et les jeunes filles étaient allés mendier les jours précédents dans chaque maison. Elle se terminait par un bal nocturne.

Dans certaines communes françaises, un bûcher de bois d'une dizaine de mètres de haut est construit pour être brûlé le soir de la fête, notamment dans la grande majorité des communes du nord de l'Alsace, ainsi que dans le sud de l'Alsace dans les communes de la vallée de la Thur et du pays de Thann, et récemment de la vallée de la Doller, mais aussi en Lorraine à Contz-les-Bains, Harsault et Fontenoy-le-Château notamment. En Alsace, le bûcher est appelé un fackel, dans la petite commune de Soultzbach-les-Bains, cette tradition perdure le feu est appelé Johànisfirla et est fêté chaque année le dernier samedi de juin. Dans les Vosges, ainsi que dans le Sud de Meurthe-et-Moselle, cette construction est appelée une chavande.

Contz-les-Bains - La roue
Contz-les-Bains. La roue enflammée

À Sierck-les-Bains, en Lorraine, les lumières de la ville s'éteignent à la nuit tombée et l'on fait descendre le long de la colline du Stromberg, de la commune voisine Contz-les-Bains, une roue de feu qui termine sa course dans la Moselle. Cette roue artisanale d'un diamètre de 2m10 est bourrée de sarments de vignes et de paille que l'association La Jeunesse de la Saint-Jean de Contz-les-Bains enflamme juste avant de la lancer du haut de la colline face au château des Ducs de Lorraine de Sierck-les-Bains. Il s'ensuit ensuite l'embrasement du bûcher.

Les villageois de Contz-les-Bains en liaison avec la ville de Sierck-les-Bains, répètent chaque année au mois de juin cette cérémonie, un rite bien étrange qui remonte à la nuit des temps. Cette coutume est une survivance d'un culte solaire très ancien et devenu rare de nos jours ! Beaucoup d'historiens citent dans leurs travaux la roue enflammée du Stromberg. (extrait du livre Les Feux de la Saint-Jean, une fête celtique en Lorraine de Francis André-Cartigny).

Une fête réputée dans la région et les spectateurs sont chaque année au rendez-vous.

Le brandon à Saint-Aventin (vallée du Larboust), photographie d'Eugène Trutat, 1898
Pont-sur-Seine (25 juin 2011)

Dans les Pyrénées, et particulièrement en Comminges, le feu de la Saint-Jean s'appelle le brandon. Il est constitué par un tronc de conifère préparé longtemps à l'avance : il est fendu longitudinalement, sur tout le pourtour, en plaçant dans les fentes des coins de bois. Finalement, il a une forme de fuseau, il est dressé et on y met le feu. Dans les Pyrénées-Orientales, une marche est organisée du Canigou à Perpignan : les marcheurs portent des torches qui viennent grossir le feu qui brûle aux pieds du Castillet. Cette cérémonie est suivie de sardanes, danses traditionnelles catalanes, et de feux d'artifice.

Dans le Limousin, les enfants du village ou de la ville allaient chercher du bois mort ou d'autres combustibles et fabriquaient eux-mêmes le bûcher auquel ils mettaient le feu la nuit venue. Ils avaient l'accord tacite des parents qui laissaient célébrer une tradition qu'ils avaient respectée quand ils étaient plus jeunes. D'ailleurs beaucoup d'adultes venaient veiller autour du feu, c'est-à-dire tard, car à trois jours du solstice d'été, les jours sont très longs. Dans les années 50, ainsi, on voyait en ville, ou sur la route, des attroupements autour de ce qui ressemblait à un feu de camp. Lorsque les flammes baissaient, les garçons surtout, sautaient par-dessus le feu autant de fois qu'ils le voulaient pour montrer qu'ils en étaient capables. Pour profiter de cette liberté nocturne, ne pas aller se coucher de bonne heure, pour une fois pouvoir s'amuser la nuit, les jeunes ravivaient le feu, quelquefois avec du laurier ce qui faisait crépiter le brasier. L'apparition des pétards, des fusées de feu d'artifice ont provoqué des accidents que les édiles ont voulu éviter pour la population mais aussi pour ne pas être accusés de laxisme. De plus, le goudronnage des routes, les chaussées transformées en aires de stationnement, l'augmentation de la circulation, la télévision ont eu raison de ces mœurs pittoresques.

Dans le Puy-de-Dôme, les jeunes, souvent des étudiants, se rassemblaient à Royat et montaient à pied au sommet du Puy de Dôme où ils passaient la nuit en attendant l'aube du 25 juin pour observer le lever du soleil qui apparaît à l'horizon limité à l'Est par les Monts du Livradois et les Monts du Forez. Quelquefois ils allumaient un feu au sommet (peut être aussi pour se réchauffer un peu). Cette coutume existait dans les années 1940 et beaucoup plus tard dans les années 1960 mais existe-t-elle encore ?

À Rennes (Ille-et-Vilaine)[modifier | modifier le code]

Sur le territoire de la paroisse Sainte-Thérèse, au sud de la gare, dans les années 1950, se déroulaient deux événements le soir de la Saint-Jean : un feu place de l'église et un feu place Bir Hakeim.

  • Le feu de la place de l'église : un caractère religieux

Un petit bûcher de fagots secs était dressé au milieu de la place dans l'axe de l'entrée principale de l'église. Vers 20 h, des paroissiens se rassemblaient autour du bûcher. Un prêtre de la paroisse, accompagné d'un choriste muni d'un petit seau d'eau bénite et d'un goupillon, venait réciter des prières puis bénissait le bûcher en l'aspergeant d'eau bénite, tout en prononçant des formules pieuses. Ensuite, l'enfant de chœur, à l'aide d'une boîte d'allumettes, mettait le feu au papier disposé sous les fagots. Le feu se propageait vite et en quelques minutes l'ensemble du bûcher flambait. Le prêtre et son servant assistaient un moment à la combustion puis se retiraient dans l'église. Les fidèles contemplaient un moment le feu puis se dispersaient alors, les uns rentrant chez eux, les autres se rendant place Bir Hakeim.

  • Le feu de la place Bir Hakeim : un caractère festif

La place Bir Hakeim était alors un espace herbu sans utilité particulière ; c'était une aire de jeux naturelle pour les enfants du quartier. À l'époque, avant que ne se construisent les maisons des Castors et celles du Foyer, la campagne se trouvait à 50 m.

De très nombreux habitants du quartier s'y rendaient en famille.

Une estrade était dressée à l'est de la place pour, dans un premier temps, un spectacle à forte connotation bretonnante : musique jouée par les instruments traditionnels de Bretagne intérieure tels que binious, bombardes, et interprétée par des hommes ou adolescents costumés pour la circonstance et danses bretonnes où se mêlaient hommes et femmes eux aussi habillés de vêtements bretons.

Puis, après la danse sur scène, venait le moment tant attendu : l'allumage du bûcher. Dès que celui-ci était consumé, les jeunes filles et les jeunes gens entamaient de folles rondes autour des braises. Ainsi se terminait invariablement la fête et chaque famille regagnait son domicile entre 23h et 24h

Dans le Finistère[modifier | modifier le code]

Charles Cottet : Les feux de la Saint-Jean (peut-être à Plougastel), (huile sur toile, salon de 1901, manoir de Kerazan à Loctudy, fondation Astor)

En 1875, la revue La Terre Sainte décrit ainsi la Fête de la Saint-Jean à Brest :

« À Brest la Saint-Jean a une physionomie particulière et plus fantastique encore que dans le reste de la Bretagne. L'heure venue, trois à quatre mille personnes accourent sur les glacis : enfants, ouvriers, matelots, tous portent à la main une torche de goudron enflammée, qu'ils agitent avec violence. Au milieu des ténèbres de la nuit, on aperçoit des milliers de lumières mobiles qui courent, décrivent des cercles, scintillent et embrasent l'air par d'innombrables arabesques de flammes ; parfois, lancées par des bras vigoureux, ces torches s'élèvent en même temps vers le ciel, et retombent en gerbes d'étoiles sur le feuillage des arbres. Une foule immense de curieux, attirés par l'étrangeté du spectacle, circule sous cette rosée de feu. Quand le roulement de rentrée se fait entendre, la foule reprend le chemin de la ville, le calme se rétablit, tandis que sur les routes de Saint-Marc, de Morlaix et de Kérinou, on voit des torches fuir en courant, s'éteindre successivement comme les feux follets des montagnes[3]. »

La commune voisine de Plougastel-Daoulas avait aussi des coutumes originales pour la Fête de la Saint-Jean : le journal L'Ouest-Éclair écrit le 25 juin 1900 :

« La côte de Plougastel offrait hier soir, à la nuit tombée, un bien curieux aspect. Çà et là de longues gerbes de flammes montaient vers le ciel. C'étaient les feux que, par suite d'une antique coutume, on allume chaque année en Bretagne, en l'honneur de la Saint Jean.
Du haut du cours Dajot, du port de commerce et de la place de Kerjean-Vras, le spectacle était féérique ! Aussi, nombreux étaient les Brestois qui s'attardaient pour jouir de ce spectacle pittoresque.
À Brest même, au Gaz, au Pilier-Rouge, à Lambézellec et à Saint-Pierre-Quilbignon, des feux ont été allumés et des groupes joyeux se sont formés pour danser de gaies farandoles[4]. »

Un témoin décrit les Feux de la Saint-Jean à Ouessant en 1910 :

« Un grand bûcher pyramidal, composé surtout d'ajoncs, seul bois qui pousse dans l'île, est dressé sur la pointe qui domine le port et qui fait face à la grande mer. À huit heures et demie, le clergé, en habit de chœur, précédé de la croix et accompagné d'un assez grand groupe de fidèles, s'y rand processionnellement en chantant l'hymne de la Saint-Jean. Puis il y met le feu et entonne le Te Deum. En un instant, grâce à une assez forte brise du large,ce n'est qu'un immense brasier d'où jaillissent des milliers de flammèches. Quand la combustion est bien avancée, la procession, notablement diminuée, rentre à l'église et on se disperse. Dans la plupart des hameaux, il y a des feux de proportions plus modestes. Chacun y contribue et apporte, qui des ajoncs, qui des morceaux de bois hors d'usage. Autour de ces feux, tout le quartier se donne rendez-vous. Les grandes personnes devisent entre elles ; les jeunes gens et les enfants s'amusent. Lorsque le feu est un peu tombé, on saute par-dessus. Parfois un maladroit ou un présomptueux manque son élan et tombe dans le brasier, d'où il se retire avec plus de peur que de mal. Je n'ai jamais vu d'accident sérieux. Un autre jeu consiste à soutenir quelqu'un par les aisselles et, par les pieds, à le balancer au-dessus du feu en comptant un, deux, … neuf. Alors on le baisse jusqu'à toucher le brasier, à la grande terreur de ceux qui n'y sont pas habitués. Mais le plus pittoresque de la fête, ce sont les bispoun : on appelle ainsi des torches faites de toile goudronnée, d'étoupe, de cordages effilés, de brai et autres substances inflammables. Ces torches sont solidement fixées au bout d'un bâton. Les enfants et les jeunes gens se poursuivent, vont en courant d'un hameau à l'autre, en faisant tourner ces torches au-dessus de leurs têtes. L'effet est magique[5]. Le même cérémonial et les mêmes amusements se reproduisent le 28 juin,à la veille de la fête de la Saint-Pierre[6]. »

À Soultzbach-les-Bains (Alsace)[modifier | modifier le code]

Depuis des siècles, le feu de la Saint-Jean à Soultzbach-les-Bains est organisé par les conscrits (avant l'incorporation à l'armée), c'est aussi une épreuve de courage ; en effet les conscrits doivent franchir le feu, dressé avec des sarment de vignes. Le feu a lieu le dernier samedi du mois de juin de chaque année. Y participent les adolescents de 16 à 18 ans, dans une tenue adéquate, avec des chapeaux couverts de roses fraîches, cueillies le jour même.[réf. nécessaire]

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Saint-Jean d'Hiver[modifier | modifier le code]

La Saint-Jean d'Hiver correspondant au solstice d'hiver, est la fête de Jean l'Évangéliste. À cette époque, le soleil est au plus bas, il recommence à monter sur l'écliptique.

Cette fête folklorique a lieu à Chièvres, Mons (Belgique) et dans différentes régions françaises, notamment en Bretagne, en Galice, ainsi qu'en Roussillon, principalement à Perpignan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves-Marie Bercé, Fête et révolte : des mentalités populaires du XVIe au XVIIIe siècle, Hachette, coll. « Le Temps et les hommes », Paris, 1976, p. 62.
  2. http://www.feuxdelasaintjean.com/index.html
  3. La Terre Sainte, no du 15 juillet 1875, Gallica
  4. Journal L'Ouest-Éclair no 322 du 25 juin 1900, Gallica
  5. François-Marie Luzel, qui en fut témoin à Crozon en 1865 le compare à une danse d'étoiles et de feux follets, voir "Annales de Bretagne", janvier 1911, page 158
  6. O. Séa, Coutumes et superstitions de la Saint-Jean à l'île d'Ouessant, Revue des traditions populaires, mai 1911, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58359168/f26.image.r=Ouessant.langFR

Sources[modifier | modifier le code]

  • Élie Fleur, « Les feux de la Saint-Jean à Metz » dans L’Austrasie, juillet 1909, 12, p. 380-400.
  • Arnold Van Gennep, Manuel du folklore français contemporain, 1938.
  • « Dissertation sur l’ancien usage des feux de la Saint-Jean, et d’y brûler les chats à Metz, un inédit de dom Jean François » dans Cahiers Élie Fleur no 11, édité par Marie-Claire Mangin, 1995, p. 49-72.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Maximin Deloche lien Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres lien Année 1888 lien Volume 32 lien Numéro 3 lien pp. 187-189, « La procession de la Lunade et les feux de la Saint-Jean à Tulle. La fête du solstice d'été et le commencement de la période diurne chez les Gaulois » en ligne sur le site persee.fr.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]