Ethnie

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Une ethnie ou groupe ethnique est un groupe social de personnes qui s'identifient entre elles sur la base d'une ascendance commune (réelle ou non), d'une culture commune ou d'un vécu commun[1]. L'appartenance à une ethnie ou ethnicité est liée à un patrimoine commun que ce soit la culture, l'ascendance, l'histoire, l'origine géographique, la langue ou le dialecte, l'idéologie, la religion, la mythologie, la cuisine, l'habillement ou l'apparence physique, etc.

Les plus grands groupes ethniques actuels peuvent comprendre plusieurs centaines de millions d'individus (Hans, Arabes[2] ou Bengalis) alors que les plus petits peuvent être limités à quelques centaines d'individus (ethnies indigènes isolés). Les plus grandes ethnies ont tendances à former des sous-groupes (connu historiquement sous nom de tribus), qui avec le temps peuvent elles-mêmes se séparer en groupe ethnique distinct à travers le processus d'ethnogenèse. Ces ethnies, issus d'un même groupe originel, continuent à parler des langues reliées et sont groupées en tant que groupe ethno-linguistique ou phyla ( Slaves, peuples iraniens, Bantous, peuples turcs, Austronésiens, etc.).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ethnie est un terme apparu en 1896 dans la langue française[3]. Il dérive de l'un des quatre termes qui, en grec ancien, servaient à désigner les groupes humains : γένος / genos signifiant « famille, clan, tribu », λάος / laos signifiant « peuple assemblé, foule », δῆμος / dêmos signifiant « peuple du lieu, citoyens » et ἔθνος / éthnos signifiant « gens de même origine ».

Définitions[modifier | modifier le code]

Selon Max Weber, l'appartenance à une ethnie, ou « ethnicité », est le sentiment de partager une ascendance commune, que ce soit à cause de la langue, des coutumes, de ressemblances physiques ou de l'histoire vécue (objective ou mythologique). Cette notion est très importante sur le plan social et politique car elle est le fondement de la notion d'identité[4].

Un exemple de carte ethnique : les groupes ethnolinguistiques de l'Afghanistan (CIA, 1997).

Comparativement à l'ethnie, l'« ethnicité » est d'usage plus ou moins récent lié à l'évolution du concept ethnie. Cette évolution résulte d'une nouvelle approche du concept ethnie qui jusque là était appréhendé uniquement comme une réalité objective sans prendre en compte sa réalité de fait subjectif. La dimension objective a conduit surtout les anthropologues et les historiens à l'analyser en tant que groupe à travers des critères objectifs tels que la langue, la coutume, le lien d'ascendance et de descendance... C'est l'approche notamment de Paul Mercier [5]. Par contre, la dimension subjective résulte des analyses surtout des sociologues, politologues et psychologues qui saisissent le concept d'ethnie sous l'angle d'identité comme un construit social.

C'est de cette approche subjective que le concept d'« ethnicité » est né, pour saisir les interactions qui aboutissent au sentiment d'appartenance au sein de groupe . C'est l'approche de Max Weber [6]. Ce dernier considère l'« ethnicité » non seulement comme une construction sociale, mais aussi comme un moyen d'instrumentaliser les luttes sociales et politiques. Cette approche subjective de l'ethnie a permis l'émergence du concept d'« ethnicité » lequel a généré à son tour les notions d'« ethnocentrisme » (parfois synonyme de communautarisme), d'« ethnocide » et d'« ethnisme »...

L'ethnie est un concept important de l'ethnologie, mais l'approche subjective le rend souvent imprécis et malléable à souhait. C'est une autre importante raison qui met en question sa pertinence ; deux exemples suffiront à illustrer les difficultés d'utilisation :

  • selon Marcel Courthiade [7], les Roms en tant qu’ensemble n’ont ni langue commune - car les nombreuses variétés de romani ne sont parlées que par une partie d'entre eux, ni dénomination commune - les noms de Bohémiens, Gitans, Manouches, Romanichels, Sintis, Tziganes et bien d’autres étant employés, et ceux qui les revendiquent ne se reconnaissant pas tous comme Roms, ni religion commune - puisqu’ils partagent généralement la religion des populations environnantes, ni traditions communes - leurs occupations étant aussi diverses que celles des populations non-roms, ni même des origines communes - car si tous les auteurs s’accordent à reconnaître que le romani est une langue provenant de l’Inde, les Roms européens, eux, se sont mélangés avec toutes les populations au milieu desquelles ils ont évolué, comme en témoigne la variété de leurs phénotypes. En fin de compte, « être rom » est avant tout une revendication, et aussi parfois une étiquette : il existe des pays où, pour que l’identité “rom“ soit prise en compte, il faut être en difficulté sociale, car si on a un emploi, un domicile fixe et des diplômes, on n’est plus comptabilisé comme “rom“ dans les statistiques[8] ;
  • à l’inverse, selon Jean-Pierre Chrétien, certaines “ethnies” tels les Hutus et les Tutsis habitant la région des grands lacs africains ont tout en commun et « ...ne se distinguent ni par la langue, ni par la culture, ni par l’histoire, ni par l’espace géographique occupé »[9] : en Europe, on parlerait plutôt de classes sociales, anciens agriculteurs d'un côté, anciens éleveurs de l'autre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Loup Amselle, si au XVIe et XVIIe siècles, le terme « nation » équivalait en français à celui de « tribu », en revanche dans leur usage moderne, les termes d'« ethnie » et de « tribu » font plus spécifiquement référence aux différentes communautés linguistiques et culturelles d'Afrique, d'Océanie ou encore aux peuples que les Occidentaux ont regroupés sous le terme générique d'« Indiens d'Amérique ».

Si le mot « ethnie » (de même que celui de « tribu ») a acquis un usage massif en langue française depuis le XIXe siècle, au détriment d'autres termes comme « nation » c'est sans doute qu'il agissait de classer ces sociétés à part, en leur déniant la cohésion d'une nation. Durant la période coloniale, il convenait ainsi de définir les sociétés amérindiennes, africaines, océaniennes et certaines sociétés asiatiques, voire balkaniques, comme "autres" et "différentes", en les présentant comme des sociétés situées hors de "la" civilisation, le mot « civilisation » ne désignant que l'aire culturelle de « l'Occident chrétien »[10].

La notion d'« ethnie » a longtemps été le pendant sociologique de la notion de « race » (elle en est parfois encore l'euphémisme). Alfred Rosenberg, idéologue du parti nazi définit, dans ses livres tels Le Mythe du vingtième siècle, l'« ethnicité » (en allemand Volkstum ) comme un « organisme » quasi-biologique, « produit par la sélection naturelle » parmi les humains, ce qui ne correspond à aucune réalité génétique, biologique, historique, linguistique ou sociologique, mais a servi à définir, dans la doctrine nazie, des « peuples supérieurs » (auxquels cette supériorité proclamée conférait le « droit » d'agrandir leur « espace vital » au détriment d'autres peuples) et des « peuples inférieurs » (dont le statut ainsi arbitrairement défini « légitimait » l'asservissement et/ou l'extermination)[11].

Comme pour la « race », l'utilisation de la notion d'« ethnie » pose problème, parce que toute classification d'une population selon des clivages ethniques relève de critères nécessairement arbitraires : que faut-il retenir ? Uniquement la langue ? Une histoire commune ? Des origines communes (lesquelles) ? La religion ? De simples traditions, coutumes ? Tout cela à la fois ? Doit-on se référer au droit du sang ou au droit du sol ? Selon les critères choisis, l'« ethnie » ne sera pas la même...

L'usage colonial du terme « ethnie » n'est plus aujourd'hui réservé aux communautés linguistiques et culturelles africaines, océaniennes ou amérindiennes. Il peut désigner des communautés linguistiques, religieuses ou historiques et est souvent récupéré par les principaux concernés pour désigner leur propre communauté.

Les détracteurs de Jean-Loup Amselle nient l'utilisation par les anthropologues modernes de la définition coloniale du terme « ethnie »[12].

Vocabulaire associé[modifier | modifier le code]

Certains mots ou néologismes sont directement hérités ou inspirés de la signification que revêt « ethnie » dans le vocabulaire des sciences sociales. En voici quelques-uns parmi les plus fréquemment rencontrés :

L’ethnogenèse est l’ensemble des faits et des idées qui concourent à la formation d'un peuple, en tant qu'ensemble d'individus partageant le sentiment d'une identité commune.

L’ethnohistoire est l’histoire d'une ethnie, en tant qu'elle construit sa propre identité dans la longue durée.

L'adjectif « ethnique » est parfois employé dans le sens de « relatif à des peuples ou cultures exotiques », il est considéré comme un mot porteur en marketing (marketing ethnique). Les campagnes y font donc volontiers référence de façon directe ou indirecte.

L’ethnisme est l’ensemble de liens qui réunissent des groupes d'individus ayant un patrimoine socioculturel commun, particulièrement la langue. Il a servi pour établir une catégorisation, sur la base de particularités sociales et au prétexte de différences d'origines raciales ou géographiques. Ce terme a été utilisé dans cette acception à propos de la Côte d'Ivoire, l'ethnisme de l'« ivoirité », et à propos du Rwanda et du Burundi (lire à ce sujet Le Défi de l'ethnisme de l'historien Jean-Pierre Chrétien qui rassemble des conférences qu'il a faites à partir de 1990).

L'ethnolinguistique est une discipline des sciences humaines qui se penche sur la variabilité linguistique à travers les différentes sociétés humaines et qui voisine dès lors avec la sociolinguistique et la dialectologie.

Les processus d'intégration inter-ethnique ont des dénominations différentes selon les pays, melting pot aux États-Unis, salad bowl (en) au Canada, mizzoug galouyot (intégration des seuls immigrés juifs) en Israël. Il n'y a pas d'unanimité quant au qualificatif désignant la pluralité ethnique : pluriethnique, multiethnique, polyethnique, voire multiculturel.

L'ethnocentrisme est un ensemble de pratiques sociales qui crée les différences dans le but de marquer l'infériorité des certains par rapport aux membres de sa propre communauté (lire Guy Aundu Matsanza, État et Partis au Congo-Kinshasa, l'ethnicité pour légitimité, Paris, L'Harmattan, 2010)

L'ethnocide est un ensemble des pratiques qui conduisent à la disparition d'une ethnie. Elle s'apparente au génocide d'une communauté ethnique (lire Robert Jaulin, La Décivilisation: politique et pratique de l'ethnocide, Bruxelles, éditions Complexe, 1974).

Catégorisation d'une population d'après l'appartenance ethnique[modifier | modifier le code]

Certains pays recensent leur population suivant des critères ethniques ou nationaux.

Il peut s'agir de discrimination positive et de mise en place de mesures d'affirmative action comme le font les États-Unis pour ses minorités raciales, l'Inde pour la caste des intouchables, la République populaire de Chine envers ses diverses nationalités.

Les intentions du législateur ne sont pas toujours innocentes, comme on l'a vu au Burundi et au Rwanda. Ce dernier a pratiqué également une catégorisation de sa population, mise en place par l'administration coloniale belge, et maintenue jusqu'au génocide de 1994. La nouvelle constitution en 2003 abandonne toute référence aux ethnies Hutu, Tutsi et Twa, réprime toute discrimination basée sur l'ethnie (art. 11) et interdit aux formations politiques de se réclamer d'une ethnie ou d'un clan particulier (art. 54).

La catégorisation ethnique n'est pas nécessairement une action politique à fin discriminative. En Indonésie, la majorité des gens continuent à se définir d'abord par leur appartenance ethnique ou suku (Balinais, Javanais, Minangkabau), qui correspond à une identité et une langue régionale (bahasa daerah) dont l'existence est officiellement reconnue.

Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, le terme « groupes ethniques » désigne les groupes sociaux issus de l'immigration qui ne font partie ni des deux « peuples fondateurs » (Anglais et Français), ni des « peuples autochtones » (Amérindiens, Inuits, Métis). Un autre terme a été introduit en 1995 dans la législation canadienne, celui de « minorité visible ».

Chine[modifier | modifier le code]

La constitution de la République populaire de Chine, dont tous les habitants ont, selon le droit du sol, la « citoyenneté chinoise », reconnaît en outre selon le droit du sang et selon le modèle soviétique, 56 « ethnies » appelées « nationalités » (小组民族 : xiǎozǔ mínzú = "nation groupée", ou 族 : pouvant signifier "clan", "groupe", "peuple", "ethnie", "tribu")[13], dont les Hans, qui représentent 92 % de la population, mais sont eux-mêmes linguistiquement divisés, avec plusieurs dialectes, et plusieurs variantes régionales du chinois mandarin. Mentionnée, comme dans l'ex-URSS, sur la carte d'identité, l'identité ethnique permet, selon le gouvernement chinois, d'appliquer une « discrimination positive », afin de préserver la culture et la langue des peuples « non-hans ».

France[modifier | modifier le code]

En principe, depuis la Révolution française, il n'y a en France métropolitaine qu'un seul peuple et les statistiques ethniques n'y sont pas autorisées (sauf en Nouvelle-Calédonie[14]). Dans l’état civil français, l’origine ethnique n’est pas indiquée et n’a pas d’existence juridique[15], ce qui n’empêche pas l’existence de dispositions réglementaires obligeant les français nés hors-métropole à faire la preuve de la nationalité française de leurs ascendants, chaque fois qu’ils doivent renouveler leurs documents d’identité. Ces dispositions particulières sont ressenties par les citoyens concernés comme une suspicion administrative déguisée à l’égard de leurs origines, que leurs ancêtres aient été des étrangers, ou bien qu’ils aient été des « Français de souche » (concept statistique à connotation ethnique et sans fondement juridique, désignant en langage courant les citoyens dont les ascendants sont, géographiquement et culturellement, originaires de France métropolitaine)[16]. Cette ambiguïté a déterminé l’Africagora et deux députés de l’UMP membres de la CNIL, à proposer un amendement au projet de loi sur l’immigration, adopté jeudi 13 septembre 2007 par la commission des lois de l’Assemblée nationale, autorisant les statistiques ethniques[17].

Hongrie[modifier | modifier le code]

En Hongrie, la constitution reconnait la citoyenneté hongroise selon le droit du sol à tous les citoyens du pays, mais leur reconnaît aussi, selon le droit du sang, une nationalité ethnique, selon laquelle ils peuvent, s'ils ne sont pas de souche magyare, se déclarer allemands, slovaques, slovènes, croates, serbes, bulgares, polonais, ruthènes, ukrainiens, roumains, grecs, arméniens, juifs ou roms ; ces nationalités sont regroupées en une « collectivité des minorités » (nemzetiségi önkormányzat) et représentées au Parlement.

Inde[modifier | modifier le code]

Il existe un débat entre sociologues et orientalistes spécialistes de l'Inde quant à l'applicabilité du concept de groupe ethnique aux castes. Certains ont développé la thèse d'une origine ethnique des diverses castes, qui auraient initialement été des groupes ethniques stratifiés par la domination politique de certains, qui se seraient érigés en castes supérieures, mais cette thèse est très controversée[18],[19],[20],[21], tout comme la thèse inverse qui affirme qu'une caste peut se transformer en groupe ethnique en quittant le sous-continent indien (cas possible des Roms[22]).

Indonésie[modifier | modifier le code]

En Indonésie, le terme suku bangsa, qui signifie littéralement « partie de la nation », désigne un groupe selon le droit du sang, dont les membres possèdent en commun notamment une langue, ou un groupe de langues proches, des coutumes et un territoire. Parmi les groupes les plus connus, on peut citer les Balinais, les Batak du Nord de Sumatra, les Javanais, les Malais. Tous sont citoyens indonésiens selon le droit du sol, mais leur appartenance à un suku bangsa déclaré est prise en compte dans les statistiques.

Israël[modifier | modifier le code]

En Israël, deux termes existent pour désigner un groupe ethnique :

  • eda (pl. edot) pour les différents groupes ethniques juifs (parfois qualifiés de « tribus », shevatim, à l'instar des tribus israélites bibliques) groupés par origine nationale (par exemple Geruzim, Juifs originaires de Géorgie, Sefardim, originaires d'Espagne, Ashkenazim originaire d'Europe centrale et orientale) ou infra-nationale (Urfalim, Juifs originaires de la région turque autour de la ville d'Urfa).
  • le'om, nationalité ethnique selon le droit du sang (Juif, Arabe, Druze, Circassien, Arménien, etc.), qui diffère de la citoyenneté israélienne selon le droit du sol.

Roumanie[modifier | modifier le code]

En Roumanie, la constitution définit la nationalité roumaine selon le droit du sol (cetăţenie soit "citoyenneté") pour tous les habitants du pays, mais en outre, s'ils ne sont pas culturellement et linguistiquement Roumains, ils peuvent aussi déclarer leur appartenance à une « nationalité ethnique » (naţionalitate) selon le droit du sang. Ils peuvent alors se déclarer magyars (dont les Sicules et les Csángós), allemands (dont les Saxons), turcs et tatars, juifs, grecs, aroumains, roms, bulgares, russes (dont les Lipovènes), ukrainiens (dont les Ruthènes et les Houtsoules), croates (dont les Carashovènes), serbes, tchèques ou slovaques et former des partis politiques ethniques, représentés d'office au Parlement.

Union soviétique[modifier | modifier le code]

L'Union soviétique, à l'instar d'autres pays d'Europe centrale et orientale, distinguait la citoyenneté selon le droit du sol de la « nationalité » selon le droit du sang, dans le sens de groupe ethnique (natsiïa) : tous les Soviétiques avaient la même citoyenneté, celle de l'URSS, mais appartenaient à des groupes ethniques différents (et parfois fictifs) également mentionnés sur leurs cartes d'identité. En employant des critères de définition arbitraires, l'ethnologie soviétique a tenté de manipuler les identités, soit pour diviser des groupes jugés trop importants (cas des Adyghés séparés des autres Circassiens, ou cas des Moldaves séparés des autres Roumains), soit pour rassembler artificiellement des groupes dont on voulait détruire l'identité (par exemple en comptant comme « Coréens » les colons japonais capturés en 1945 au Manchoukouo et déportés au Kazakhstan)[23]. En créant un complexe système d'entités territoriales prétendument « autonomes » mais d'échelons administratifs différents (de la république fédérée, telle l'Arménie, au simple arrondissement autonome, tel l'Artsakh inclus dans l'Azerbaïdjan, en passant par des « républiques autonomes » subalternes dans des républiques fédérées telles le Tatarstan ou la RSSA des Bachkirs en Russie), Staline s'est partiellement inspiré du système américain des États fédérés et des réserves indiennes, mais ce système discriminatoire, générateur de nombreuses frustrations, ne pouvait garder sa cohérence que dans un régime totalitaire, et avec la fin du totalitarisme, l'Union soviétique s'est fragmentée, comme divers analystes l'avaient d'ailleurs anticipé[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Peoples, James; Bailey, Garrick (2010). Humanity: An Introduction to Cultural Anthropology (9th ed.). Wadsworth Cengage learning. p. 389. "In essence, an ethnic group is a named social category of people based on perceptions of shared social experience or ancestry. Members of the ethnic group see themselves as sharing cultural traditions and history that distinguish them from other groups. Ethnic group identity has a strong psychological or emotional component that divides the people of the world into opposing categories of “us” and “them.” In contrast to social stratification, which divides and unifies people along a series of horizontal axes on the basis of socioeconomic factors, ethnic identities divide and unify people along a series of vertical axes. Thus, ethnic groups, at least theoretically, cut across socioeconomic class differences, drawing members from all strata of the population."
  2. David Levinson, Ethnic Groups Worldwide: A Ready Reference Handbook. Pg 108 : "Arabs are an ethnic group indigenous to the Middle East and are the majority population of 15 nations in the Middle East and North Africa."
  3. Amselle, M’Bokolo, édition 1999, p. 14
  4. Économie et société, 1922
  5. Tradition, changement, histoire, les somba du Dahomey septentrional, Paris Anthropos, 1968
  6. Économie et société, Paris Plon, 2003 et Guy Aundu Matsanza État et partis au Congo-Kinshasa, l'ethnicité pour légitimité, Paris L'Harmattan, 2010
  7. Marcel Courthiade, « Les Rroms dans le contexte des peuples européens sans territoire compact, Rapport rédigé pour le Conseil de l’Europe dans le cadre du séminaire « Rroms et groupes analogues », Strasbourg, 3 septembre et 1er octobre 2003 », Bulletin de l'Association des Anciens Élèves de l'INALCO,‎ octobre 2004 (lire en ligne)
  8. C’est le cas par exemple pour la communauté rom de Roumanie, dont le député Nicolae Păun revendique près de deux millions de membres (sur Nicolae Păun's page at the Romanian Chamber of Deputies), membres pour la plupart si intégrés à la société roumaine, qu’ils sont comptés comme Roumains par le recensement de 2002, qui ne reconnaît que 535 250 Roms (sur [1]).
  9. (in Amselle, M’Bokolo, 1985, p. 129
  10. Jean-Loup Amselle, 1999, Ethnies et espaces : pour une anthropologie topologique, in Au cœur de l'ethnie, Ethnie, tribalisme et État en Afrique, Paris, La Découverte&Syros, p. 11-48; Édouard Thouvenel, alors ambassadeur de France dans l'Empire ottoman, écrivit en 1852 à Napoléon III que « L'Orient est un ramassis de détritus de races et de nationalités dont aucune n'est digne de notre respect » (One War at a Time by Dean B. Mahin, p. 96-97)
  11. Pierre Grosclaude, Alfred Rosenberg et le mythe du XXe siècle, éd. Sorlot
  12. Mariella Villasante Cervello, Christophe de Beauvais, Colonisations et héritages actuels au Sahara et au Sahel : problèmes conceptuels, état des lieux et nouvelles perspectives de recherche, XVIIIe-XXe siècles, L'Harmattan,‎ 2007, 543 p. (ISBN 2296040241, lire en ligne), p. 92
  13. La liste figure dans les annexes des dictionnaires chinois-français, avec la liste des provinces : voir Wen Zongfu Petit dictionnaire chinois-français
  14. La CNIL a donné un avis favorable au recensement de 2009 pour la Nouvelle-Calédonie, qui fait apparaître « l'origine ethnique » des personnes. Ces données étaient enregistrées jusqu'en 1996, mais ne l'ont pas été pour le recensement de 2004. La CNIL rappelle une délibération de 2002, dans laquelle elle avait affirmé que « le recueil de l'appartenance ethnique des personnes, compte tenu des caractéristiques sociodémographiques propres au territoire de Nouvelle-Calédonie, répond à un motif d'intérêt public [...] »
  15. L'article 8 de la loi Informatique et libertés de 1978 interdit « de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques » : Un amendement au projet de loi sur l'immigration autorise la statistique ethnique Le Monde
  16. « Le Monde » - rubrique "Société", consultée 10 déc. 2013 : « Les personnes nées de parents nés à l'étranger ou nées elles-mêmes à l'étranger de parents français, ont eu le plus grand mal à prouver leur nationalité française » sur [2].
  17. Un amendement au projet de loi sur l'immigration autorise la statistique ethnique Le Monde, 13 septembre 2007.
  18. Louis Dumont, Homo hierarchicus. Le système des castes et ses implications, Paris, Gallimard, 1966 ISBN 2-07-028649-5
  19. (en) Michael Bamshad et al, « Genetic evidence on the origins of Indian caste populations », Genome Research, vol. 11(6):994-1004.,‎ septembre June (lire en ligne)
  20. Stephen Knapp, « Death of the Aryan Invasion Theory » (consulté le 8 décembre 2006)
  21. David Frawley, « Solid Evidence Debunking Aryan Invasion » (consulté le 8 décembre 2006)
  22. R. C. Majumdar et A. D. Pusalker (dir.) : An Advanced History of India, MacMillan, 1967, et Sailendra Nath Sen, Ancient Indian History and Civilization, p. 205 à 207.
  23. Н.Ф. Бугай (Nikolaï Feodorovitch Bougaï) : Корейцы Союза ССР в ХХ веке. История в документах (Les Coréens d'URSS au XXe siècle ; histoire et documents). Мoscou, 2003
  24. Андрей Алексеевич Амальрик (Andreï Amalrik) : L'Union soviétique survivra-t-elle en 1984 ?, Fayard, 1970, et Hélène Carrère d'Encausse, L'Empire éclaté, Fayard 1979

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Ethnies et « Nation » en Chine, conférence donnée par Joël Thoraval à l'Université de tous les savoirs le 7 janvier 2003, Service du film de recherche scientifique, Vanves ; Cerimes, 2006, 67' (DVD)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]