Projet Manic-Outardes

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Le barrage Daniel-Johnson, monument emblématique du projet de construction de 7 centrales électriques sur les rivières Manicouagan et aux Outardes.

Le projet Manic-Outardes est un vaste projet de développements hydroélectriques sur les rivières Manicouagan et aux Outardes, sur la Côte-Nord du Québec, mené par Hydro-Québec entre 1959 et 1978. Les sept centrales de ce complexe ont une capacité installée de 7 305 megawatts[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant les saisons estivales de 1919 et 1920, des expéditions hydrologiques sont conduites sur les rivières Manicouagan et Outardes qui se jettent dans le fleuve Saint-Laurent aux environs de Baie-Comeau. On évalue alors leur débit combiné à 40 millions de mètres cubes ce qui en fait l'un des plus importants systèmes hydriques au Canada[2]. Le harnachement de ce potentiel est donc très intéressant mais l'éloignement des grands centres et l'absence de réseau routier pour les atteindre ne permet pas de les développer à ce moment-là. De plus, les investissements pour construire des barrages dans cette région étaient prohibitifs.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la Deuxième Guerre mondiale, les gisements de fer découverts dans la région et l'exploitation de la forêt donnent lieu à un formidable développement de la Côte-Nord[3]. Des villes comme Sept-Îles et Baie-Comeau sont maintenant reliées au centre de la province par une route. En même temps, l'industrie demande de plus en plus d'électricité dans le sud du Québec et les techniques de transport d'électricité sur de grandes distances se sont améliorées[4].

Décision[modifier | modifier le code]

En 1955, Hydro-Québec lance une campagne d'évaluation très poussée du potentiel hydroélectrique qui durera cinq ans. Ces études montrent le potentiel exceptionnel du site et mettent en évidence la nécessité de construire plusieurs barrages de manière à graduer le relâchement d'eau et ainsi profiter au maximum du dénivelé. Avant la fin de ces études, en 1959, le projet Manicouagan-Outardes est lancé, tellement les données préliminaires sont bonnes[2]. On prévoit construire cinq barrages sur la rivière Manicouagan (nommés Manic-1, Manic-2, Manic-3, Manic-4 et Manic-5) ainsi que trois sur la rivière aux Outardes (Outardes-2, Outardes-3 et Outardes-4). Manic-4 ne verra jamais le jour parce que Hydro-Québec désirait augmenter la masse d'eau du réservoir de Manic-3 plutôt que de créer deux petits réservoirs. L'idée rentabilisait davantage le projet et permettait la mise en service plus rapide de la centrale. Il ne s'agissait pas d'une erreur de calcul comme peuvent le penser beaucoup de gens. Également, en l'honneur de l'idée de construire 5 centrales et barrages hydroélectriques, l'idée de Manic-4 est restée et pour démontrer le fait que le projet comportait initialement 5 barrages, Manic-5 a préservé son numéro 5 plutôt que de prendre la place du 4eme.

Construction[modifier | modifier le code]

Concurrence de Churchill Falls[modifier | modifier le code]

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les centrales[modifier | modifier le code]

Centrales du complexe Manic-Outardes[1]
Puissance installée (MW) Mise en service
Manic-5 1 596 1970
René-Lévesque (Manic-3) 1 244 1975
Manic-5-PA 1 064 1989
Jean-Lesage (Manic-2) 1 145 1965
Outardes-3 1 026 1969
Outardes-4 785 1969
Outardes-2 523 1978
Manic-1 184 1966
Total 7 567

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hydro-Québec 2009, p. 124
  2. a et b Robert Dion, Jacques Lambert, Marcel Corbeau, Félicien Gagnon, Armour Landry et Jean Desraspes, Manicouagan, Imprimerie Pierre DesMarais,‎ avril 1964
  3. Frenette 1996
  4. Archambault 1984

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]