Nunavik

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55° 00′ N 64° 00′ O / 55, -64 ()

Nunavik
Image illustrative de l'article Nunavik

Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région administrative Nord-du-Québec
Ville(s) principale(s) Kuujjuaq, Inukjuak, Puvirnituq
Coordonnées 55° 00′ 00″ N 64° 00′ 00″ O / 55, -64 ()55° 00′ 00″ Nord 64° 00′ 00″ Ouest / 55, -64 ()  

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Carte administrative du Nunavik

Le Nunavik (inuktitut : ᓄᓇᕕᒃ), ou autrefois nommé le Nouveau-Québec, est le nom donné au territoire québécois situé au nord du 55e parallèle. Faisant partie de la région du Nord-du-Québec, le Nunavik couvre un territoire reculé d'une superficie d'environ 507 000 km² et composé de lacs sculptés par les glaciers, de toundra et de forêt boréale.

Les quelque 11 000 habitants du Nunavik, dont 90 % sont des Inuits, vivent le long des côtes dans 14 villages nordiques formant le Kativik. Il y a aussi le village amérindien de Whapmagoostui qui regroupe une communauté crie.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Nunavik signifie « la grande terre »[1] en Nunavimmiutitut (dialecte inuktitut au Nunavik). Les Inuits du Nunavik s'autodésignent Nunavimmiut.

Histoire[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Nunavik est séparé du territoire du Nunavut par la baie d'Hudson, à l'ouest, et le détroit d’Hudson et la baie d'Ungava, au nord. Le 55e parallèle le sépare de la région de la Baie-James, au sud. Ensemble, ces deux régions ainsi que Eeyou Istchee forment la région administrative du Nord-du-Québec. Au sud-est du Nunavik, se trouvent la région administrative de la Côte-Nord et la province de Terre-Neuve-et-Labrador. La péninsule d'Ungava forme les deux tiers nord du Nunavik.

Le centre administratif du Nunavik est le village de Kuujjuaq, sur le fleuve Koksoak, au sud de la baie d'Ungava. Les autres villages importants sont Inukjuak (où le film Nanouk l'Esquimau a été tourné, en 1922), Salluit, Puvirnituq et Kangiqsualujjuaq.

Il n’y a aucune liaison routière entre le Nunavik et le Québec méridional, bien que la route Transtaïga se termine près du 55e parallèle (sur les bords du réservoir de Caniapiscau, à quelques centaines de kilomètres de Kuujjuaq), d'une part, et que la route de la Baie James soit éloignée de quelque 250 km des villages jumelés de Whapmagoostui et Kuujjuarapik (sur la côte orientale de la baie d'Hudson), d'autre part. Il y a un service aérien régulier et un lien maritime saisonnier (été et automne).

Il y a 3 sites de cratères météoriques au Nunavik, soit les cratères des Pingualuit, Couture et La Moinerie.

Environnement[modifier | modifier le code]

Enfants de Kuujjuaq.

Le Nunavik abrite encore des paysages forestiers intacts, qui ont disparu de l'essentiel des zones tempérées de la planète, et qui sont en régression au nord de l'Europe de la Russie et des ex-pays de l'Est ainsi qu'au nord de l'Extrême-Orient. De nombreuses espèces devenues rares ou menacées survivent dans la zone boréale (du Nunavik à l'Alaska pour l'Amérique du Nord).

Bien qu'éloignées des grands centres urbains et industriels, les régions boréales ne sont nullement épargnées par la pollution ; Les polluants émis dans l'hémisphère nord tendent même à se concentrer dans la zone arctique où ils se déposent en contaminant l'Océan Arctique[2] et/ou les zones polaires émergées[3].

Cet environnement, via notamment la consommation traditionnelle d'animaux chassés ou pêchés appartenant au haut de la chaîne alimentaire, surexposent aussi les Inuits à des taux élevés de mercure, plomb et d'autres polluants bioaccumulables[4],[5].

Le Nunavik est également une des régions du monde qui pourrait subir un fort impact du réchauffement climatique.

  • Pollution par le mercure : Les taux de mercure (issu de la chair d'animaux arctiques consommés comme nourriture) sont anormalement et excessivement élevés dans les échantillons sanguins de nombreux Inuits, avec toutefois une nette amélioration de la concentration sanguine moyenne de 1992 à 2004 (descendue à 51,2 nmol/L, soit une diminution de 32 % en 12 ans[6]), avec toutefois de fortes différences selon l'âge et selon la consommation de viande de mammifères marins (phoque, morse, cétacé, etc.) qui constituent la première source de mercure chez les Inuits[7],[8],[9],[10]. Le mercure n'étant pas (à la différence du plomb) connu pour s'accumuler dans les tissus humains, ces différences laissent penser que les jeunes adultes dans les années 2000 consomment beaucoup moins d'aliments traditionnels (mammifères marins, oies, canards, etc.) que les plus âgés, ce que les enquêtes alimentaires confirment[6]. D'ailleurs, les études montrent aussi que les résidents de la baie d'Hudson restent - en moyenne - plus contaminés par le mercure que ceux de la Baie d'Ungava où la nourriture est moins traditionnelle. On avait déjà démontré en 1992 que les taux de mercure étaient plus élevés chez les Inuits plus âgés consommant plus de phoque et de béluga (foie en particulier)[11]. Les enquêtes alimentaires montrent que la portion moyenne quotidienne de viande de mammifère marin est passée de 28,7 g/jour en 1992 à 17,5 g/jour en 2004 (- 40 % en 12 ans)[12], et des aliments moins contaminés (omble chevalier par exemple) sont plus souvent mangés. Cependant la charge corporelle de mercure (51,2 nmol/L en moyenne) est encore près de 14 fois plus élevée au Nunavik que dans la population générale québecoise (3,7 nmol/L)[13] et elle est plus du double de celle observée chez les Crie d'Oujé-Bougoumou (21,3 nmol/L, moyenne calculée pour 169 personnes) et bien plus élevée que celle des Nemaska ​​(14,4 nmol/L, moyenne calculée pour 71 personnes) au Québec[14], sans toutefois atteindre les taux très élevés mesurés chez les grands consommateurs de poissons de luxe (marlin, espadon, etc.) de San Francisco[15], ou des indiens amazoniens exposés au mercure de l'orpaillage[16]. Les inuits canadiens présentent en outre des taux de mercure moins élevés que ceux du Groenland[17]. les progrès fait depuis 1992 (51,2 nmol de mercure par litre de sang en 2004) ont permis qu'en moyenne et pour le mercure, le seuil de 99,7 nmol/L établie par Santé Canada pour la population générale adulte[18] ne soit pas dépassé. Néanmoins, chez certaines personnes, des taux de mercure sanguin atteignant 1200 nmol/L étaient encore relevés en 2004 (12 fois le seuil maximal recommandé au Québec), et 28 % de la population générale du Nunavik dépassaient en 2004 ce seuil, et ce sont 72 % des femmes en âge de procréer qui dépassaient le seuil fixé pour limiter les risques pour l'embryon (28,9 nmol/L au Canada). Les teneurs du corps humain en mercure ont diminué de 1992 à 2004, mais moins que pour le plomb[6] ;
  • Pollution par le cadmium : Comme pour le plomb, le cadmium sanguin a diminué de 1992 à 2004 (-22 %) et les analyses sanguines montrent que l'origine du cadmium aujourd'hui trouvé dans le sang est en grande partie due au tabagisme actif ou passif (Les données stratifiées selon l'usage du tabac montrent des moyennes variant de 5,3 nmol/ de sang chez les Inuits n'ayant jamais fumé, à 40,4 nmol/L chez les fumeurs)[6].
    Deux autres sources sont alimentaires : foie et reins du caribou. Ces deux organes sont connus chez d'autres espèces pour leur fonction de détoxication, et leur tendance à bio-accumuler le cadmium. Ces progrès sont attribués aux campagnes de sensibilisation sur l'alimentation, le passage aux cartouches sans plomb, mais les auteurs pointent le besoin de sensibiliser aux risques du tabagisme[6].
  • Polluants organiques : Un autre problème est celui de l'exposition des enfants et femmes enceintes, et de toute la population inuite aux pesticides et à divers organochlorés. Ces produits sont très bio-accumulables dans les graisses animales. La nourriture traditionnelle contamine ainsi les femmes (plus que les hommes qui ont moins de tissus gras). Les poissons, oiseaux et mammifères marins, souvent grands migrateurs, sont exposés à des pesticides (dont organophosphorés et carbamates connus pour leur toxicité sur les animaux à sang froid et à sang chaud) qu'ils transportent, pour partie, dans leur organisme lors des migrations, contribuant ainsi à la dilution, mais aussi diffusion des ces produits dans l'environnement.
  • Plomb et saturnisme au Nunavik : Certaines espèces abondamment chassées sont victimes de saturnisme animal (par l'ingestion de plomb de chasse avec les aliments ou soit comme gastrolithe), et cette pollution peut perdurer dans le temps ; En 2006, une nouvelle étude[19] a confirmé qu'en Amérique du Nord, plus de 20 ans après l'interdiction des cartouches à grenaille de plomb (sauf dérogation pour l'intoxication au plomb pour les amérindiens et inuits), le saturnisme touche encore fréquemment des oiseaux.
    Comme l'agriculture est quasiment impossible dans le cercle polaire arctique, la chasse et la pêche sont encore des sources traditionnelles très importante de nourriture, devenue source d'intoxication saturnique chronique pour une partie de la génération des enfants nés des années 1920 aux années 1990 au moins, tandis que l'usage des fusils se répandait, combinant et additionnant la toxicité des munitions au plomb à celle d'autres polluants ; au point que certains chercheurs dénonçaient dans les années 1980 une « épidémie silencieuse d'empoisonnement par les métaux »[20]. Les oies qui ingèrent le plomb répandu par les chasseurs sur les lieux de chasse (lieux qui sont aussi des aires de repos ou d'alimentation des oiseaux) semblent en être le premier responsable : l'analyse isotopique du sang de cordon ombilical[10] provenant des bébés inuits, au moment de la naissance a mis en évidence 8 fois plus de bébés inuits atteints de saturnisme à la naissance qu'au sud du Québec, et que ce plomb provient bien des cartouches de chasse (et non de retombées atmosphériques ou des poissons ou phoques). Le plomb est interdit pour les chasseurs canadiens, mais une tolérance a persisté pour les amérindiens et les inuits, au motif que les cartouches à grenaille de plomb étaient moins coûteuses à l'achat que celles à grenaille d'acier.
    Un constat similaire de plombémie trop élevée a été confirmé au début des années 2000 côté Groenland[21].
    Une étude[21] récente (2005) a comparé le plomb contenu dans des échantillons de foie d'inuits[22] et de caucasiens danois décédés de diverses causes. À âge et sexe égal, les différences sont remarquables : Les foies d'inuits se sont montrés beaucoup plus chargés de plomb, et chez les hommes plus que chez les femmes (alors que les femmes accumulent plus de mercure)[21]. La différence Homme-Femme entre taux de plomb dans le foie était nette chez les Inuits, et à peine marquée chez les Danois. 81 1 % des échantillons danois étaient sous la limite de détection du plomb, alors que tous les foies d'Inuits étaient au-dessus[21]. Dans les deux cas (inuit et danois, le plomb était d'autant plus présent dans le foie que la personne était âgée, ce qui montre une exposition chronique et bio-accumulative. La teneur médiane (percentile 5-95) était de 14,96 μmol/kg/kg de foie sec (4,83 à 74,80) chez les Inuits, et inférieure à 0,05 μmol/kg de foie sec (moins de 0,05 à 29,44) chez les danois. Toutes les Inuits avaient des teneurs en plomb du foie au-dessus de la limite de détection, alors que 60 Danois (81 %) avaient la teneur en plomb du foie en dessous de la limite de détection[21]. Selon les auteurs de ces études, l'explication la plus plausible de cette plombémie est (comme pour les inuits du Canada) la consommation[23] d'oiseaux atteints de saturnisme aviaire suite à l'ingestion de grenaille de plomb, laquelle peut se poursuivre longtemps après l'interdiction du plomb, tant que la grenaille tombée au sol reste exposée aux oiseaux qui la recherchent comme gastrolithe[21], les oies et eiders[24] par exemple.
    Après une sensibilisation, des progrès spectaculaires ont été constatés de 1992 à 2004 pour les plombémies (taux moyen descendu à 0,19 mmol/L, soit une diminution de 55 % en 12 ans), les plus âgés conservant toutefois des plombémies plus élevées[6].
Articles détaillés : Saturnisme et Histoire du saturnisme.

Administration[modifier | modifier le code]

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975 a ouvert la voie à la construction du complexe hydroélectrique La Grande et a jeté les bases d'une autonomie gouvernementale pour la région de Nunavik : l’Administration régionale Kativik (ARK). Tous les résidents des 14 villages nordiques, autochtones et non-autochtones, ont le droit de vote. L'ARK est subventionnée par le gouvernement du Québec (50 %) et le gouvernement du Canada (25 %).

La Société Makivik, qui a son siège social à Kuujjuaq, représente les Inuits du Québec dans leurs relations avec les gouvernements du Québec et du Canada et gère les indemnités versées par le gouvernement du Québec dans le cadre de la Convention de la Baie James et du Nord québécois (environ 140 millions de dollars entre 1975 et 1999). La Société milite en faveur d'une plus grande autonomie du Nunavik et elle a récemment conclu une entente de principe sur la reconnaissance des droits ancestraux des Inuits du Nunavik sur les îles au large des côtes, qui font partie du territoire du Nunavut.

Le village cri de Whapmagoostui, près du village nordique Kuujjuarapik, fait partie de l'Administration régionale crie et du Grand Conseil des Cris (Eeyou Istchee) et ne participe pas à l'ARK. La nation naskapie de Kawawachikamach, de la Côte-Nord, est propriétaire de terres de chasse et de piégeage dans le sud du Nunavik et elle est représentée au sein de l'ARK.

Bien que l'on trouve plusieurs îles près de la côte du Nunavik, ces îles comme toutes celles de la baie et du détroit d'Hudson sont sous la juridiction du Nunavut.

Communautés du Nunavik[modifier | modifier le code]

Carte des villages du Nunavik

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Louis-Jacques Dorais (1996). La Parole Inuit, Éditions Peeters, p. 22.
  2. Muir DC, Wagemann R, Hargrave BT, Thomas DJ, Peakall DB, Norstrom RJ. Arctic marine ecosystem contamination. Sci Total Environ. 1992 Jul 15;122(1-2):75–134. (Résumé)
  3. Thomas DJ, Tracey B, Marshall H, Norstrom RJ. Arctic terrestrial ecosystem contamination. Sci Total Environ. 1992 Jul 15;122(1-2):135–164 (Résumé)
  4. Berti PR, Receveur O, Chan HM, Kuhnlein HV: Dietary exposure to chemical contaminants from traditional food among adult Dene/Metis in the western Northwest Territories, Canada. Environ Res 1998, 76:131-42.
  5. Chan HM, Kim C, Khoday K, Receveur O, Kuhnlein HV: http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?tool=pubmed&pubmedid=7588487 Assessment of dietary exposure to trace metals in Baffin Inuit food]. Environ Health Perspect 1995, 103:740-6 ([résumé])
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  8. Dumont C, Girard M, Bellavance F, Noel F: Mercury levels in the Cree population of James Bay, Quebec, from 1988 to 1993/94. Canadian Medical Association Journal 1998, 158:1439-45 (Résumé)
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  15. Hightower JM, Moore D: Mercury levels in high-end consumers of fish. Environ Health Perspect 2003, 111:604-8 (Résumé)
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  17. Deutch B, Dyerberg J, Pedersen HS, Asmund G, Moller P, Hansen JC: Dietary composition and contaminants in north Greenland, in the 1970s and 2004. Sci Total Environ 2006, 370:372-81
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  21. a, b, c, d, e et f Nils Milman, Jens Laursen, Keld-Erik Byg, Henning Sloth Pedersen, Gert Mulvad, Jens Carl Hansen, [Lead content in autopsy liver tissue in samples from greenlandic inuit and danes], (Int J Circumpolar Health 2005; 64(4):314-321.)
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  24. Falk K, Merkel F. Embedded lead shots in common and king eiders wintering in West Greenland. Field Report. Ornis Consult and Greenland Institute of Natural Resources 2001: 14

Bibliographie[modifier | modifier le code]