Agence spatiale canadienne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

45° 31′ 12″ N 73° 23′ 37″ O / 45.52, -73.393501

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir ASC et CSA.
Logo de l'agence spatiale canadienne
Logo de l'agence spatiale canadienne
Nom officiel Agence spatiale canadienne / Canadian Space Agency
Pays Drapeau du Canada Canada
Siège social Centre spatial John H. Chapman, Longueuil
Création 1er mars 1989
Effectif 670 (2012)
Budget annuel 424.60 millions $CAN (2010-2011)
Directeur général Walter J. Natynczyk

L'Agence spatiale canadienne ou ASC (en anglais Canadian Space Agency ou CSA) est l'agence spatiale du Canada. Elle a été fondée le 1er mars 1989 par la Loi sur l'Agence spatiale canadienne, promulguée en décembre 1990. L'agence qui emploie 670 personnes et gère un budget d'environ 400 millions de $CAN a pour mission de planifier et de gérer les programme spatiaux du Canada, d'accroitre et de diffuser le savoir-faire spatial dans l'industrie canadienne et de promouvoir l'utilisation des applications spatiales. Le principal programme spatial national est constitué par la série des satellites d'observation de la Terre radar Radarsat qui mobilise plus d'un tiers de ses investissements. Les autres projets de l'agence canadienne sont essentiellement des participations à des projets d'autres agences spatiales. L'ASC a participé à la réalisation de la Station spatiale internationale et à ce titre des astronautes canadiens font régulièrement partie de l'équipage de la station. L'agence est membre de l'Agence spatiale européenne et fournit ou participe à la réalisation d'instruments scientifiques embarqués dans des missions européennes. Elle participe de la même manière à des missions scientifiques de la NASA comme la sonde spatiale martienne MSL.

Description[modifier | modifier le code]

Objectifs[modifier | modifier le code]

L'Agence spatiale canadienne a été créée en 1990 avec quatre missions principales[1] :

  • Assister le ministre de tutelle pour coordonner les politiques spatiales et les programmes
  • Planifier et réaliser les programmes et projets liés à la recherche spatiale industrielle et scientifique ainsi qu'aux applications de la technologie spatiale
  • Promouvoir le transfert et la diffusion de la technologie spatiale au profit de l'industrie spatiale
  • Encourager l'exploitation commerciale des capacités spatiales, des technologies, des installations spatiales et des systèmes spatiaux.

Organisation[modifier | modifier le code]

Avec 670 employés (2012), l'agence spatiale canadienne est d'une taille relativement modeste en comparaison des autres agences spatiales occidentales. Le siège de l'agence est situé au Centre spatial John H. Chapman, à Longueuil, au Québec dans lequel se trouve environ 90% des effectifs. L'agence dispose également d'un établissement à Ottawa dans le Laboratoire David Florida (en) qui est principalement un centre technique. L'agence dispose dispose de bureaux de liaison avec la NASA aux États-Unis à Washington, à Cap Canaveral et à Houston, et avec l'Agence spatiale européenne à Paris en France[2]. L'ASC a un statut semblable à celui d'un ministère fédéral et est placée sous l'autorité du ministère de l'Industrie. Son président est Walter Natynczyk, dont le mandat est effectif à partir du 6 août 2013[3]. L'agence spatiale définit un plan quinquennal d'investissement qui est actualisé chaque année. La plupart des développements de l'agence se font en mode projet en appliquant une méthodologie de conduite de projet normalisée.

L'Agence spatiale canadienne dispose d'un budget qui a oscillé ces dernières années autour de 400 millions $CAN. Environ 15% de ce budget est affecté au fonctionnement interne le reste est affecté aux différents projets.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Canada développe dans les années 1950 ses premières fusées avec la série des Black Brant conçus initialement pour servir de prototype à un système anti-missiles. Les Black Brant seront développés par la suite comme fusées-sondes. Elles sont toujours commercialisées en 2013. En 1957 des ingénieurs et des scientifiques du Canadian Defence Research Telecommunications Establishment (DRTE), sous la direction de John H. Chapman, développent le projet S-27 dans le cadre de recherches sur l'ionosphère qui débouchera plus tard sur la réalisation du premier satellite canadien Alouette 1. Celui-ci est lancé par une fusée Delta de la NASA en 1962 faisant du Canada le premier pays après les deux superpuissances de l'époque à disposer d'un satellite en orbite. En 1972 le Canada est le premier pays à mettre en place un réseau de satellites de télécommunications en orbite géostationnaire avec le lancement du satellite Anik A-1. L'agence spatiale canadienne n'est créée que le 14 décembre 1990 avec comme objectif de promouvoir et développer les utilisations pacifiques de l'espace, d'accroitre les connaissances sur l'univers les techniques spatiales pour le bénéfice des canadiens et de l'humanité.

L'activité spatiale canadienne[modifier | modifier le code]

Contrairement aux autres grandes agences spatiales telles que la NASA, l'Agence spatiale européenne (ESA) ou l'Agence spatiale fédérale russe (FKA), l'ASC n'a pas pour objectif de développer un programme spatial plus ou moins indépendant afin d'avoir un accès à l'espace. Elle préfère s'associer aux autres agences, principalement à la NASA et à l'ESA, et ainsi collaborer à moindre frais aux grands projets spatiaux, tels la Station spatiale internationale (ISS) ou le Télescope spatial James Webb (successeur du Télescope spatial Hubble).

L'Agence spatiale canadienne consacre ses ressources et ses activités à l'exécution de trois objectifs clés[1] :

  • le programme données, informations et services spatiaux regroupe les applications spatiales dans le domaine par exemple de l'Observation de la Terre. Il s'agit de répondre aux priorités nationales telles que la souveraineté, la défense, la sureté, la gestion des ressources, la surveillance de l'environnement et des régions arctique. Le projet emblématique de ce programme est RADARSAT. Ce programme représente jusqu'à 50% des investissements de l'agence spatiale.
  • Le programme en faveur de la connaissance et l'innovation via l'exploration spatiale regroupe les projets de recherches scientifique et de technologie spatiale. Le principal projet rattaché à ce programme est la participation du Canada à la Station spatiale internationale. Le développement d'instruments scientifiques embarqués sur des missions d'autres agences fait également partie de ce programme. Ce programme représente environ 30% du budget d'investissement de l'agence spatiale.
  • Le programme de maintien et d'amélioration des capacités spatiales du Canada a pour objectif de maintenir un nombre minimum de spécialistes des technologies spatiales.

Les programmes nationaux[modifier | modifier le code]

Pour l'observation de la Terre, l'ASC utilise plusieurs satellites :

  • RADARSAT-1 : lancé en novembre 1995 et toujours en activité. C'est le premier satellite commercial canadien d'observation de la Terre. Équipé d'un puissant radar à synthèse d'ouverture, il peut acquérir des images de la Terre de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques, au couvert nuageux ou à la présence de fumée et de brouillard.
  • RADARSAT-2 : lancé le 4 décembre 2007, c'est une version améliorée de RADARSAT-1

De plus, pour la recherche :

  • SCISAT : lancé le 12 août 2003, le satellite est destiné à aider les chercheurs canadiens et internationaux à étudier le problème de la couche d'ozone, en particulier la partie au-dessus du Canada et de l'Arctique
Satellite Lancement Statut Lancement
Alouette 1 29 septembre 1962 Retiré en 1972 Exploration de l'ionosphère
Alouette 2 29 novembre 1965 Retiré en 1975 Exploration de l'ionosphère
ISIS I 30 janvier 1969 Retiré en 1990 Exploration de l'ionosphère
ISIS II 1er avril 1970 Retiré en 1990 Exploration de l'ionosphère
Hermes (en) 17 janvier 1976 Retiré en 1979 Satellite de télécommunications expérimental
Radarsat-1 4 novembre 1995 Retiré en 2013 Satellite de télédétection radar
MOST 30 juin 2003 Opérationnel Télescope spatial
SCISAT-1 (en) 12 août 2003 Opérationnel Observation de l'atmosphère terrestre
Radarsat-2 14 décembre 2007 Opérationnel Satellite de télédétection radar
NEOSSat (en) 25 février 2013 Opérationnel Détection d'astéroïdes et de satellites
Sapphire (en) 25 février 2013 Opérationnel Usage militaire
UniBRITE-1 (en) 25 février 2013 Opérationnel Nano satellite
CASSIOPE 30 septembre 2013 Opérationnel Étude de l'ionosphère, Messagerie asynchrone expérimentale
RADARSAT Constellation 2018 En développement Satellite de télédétection radar

Participations aux programmes internationaux[modifier | modifier le code]

Participations à la Station Spatiale Internationale[modifier | modifier le code]

L'Agence spatiale canadienne a fourni une partie du système de télécommunications de la Station spatiale internationale ainsi que les principaux systèmes utilisés pour l'assemblage de la station et la manipulation de ses pièces de rechange et des expériences scientifiques externes :

Grâce à cette participation, l'agence spatiale canadienne dispose de 2,3 % des droits d'utilisation de la station ce qui se traduit par la présence relativement fréquente d'astronautes de nationalité canadienne dans l'équipage de la station.

Collaboration avec la NASA[modifier | modifier le code]

Le Canada a participé à plusieurs missions scientifiques de la NASA en fournissant des instruments scientifiques ou en contribuant à les développer :

Collaboration avec l'Agence spatiale européenne[modifier | modifier le code]

Le Canada est un membre associé, c'est-à-dire coopérant à statut privilégié, de l'Agence spatiale européenne. La contribution de l'agence canadienne de 0,5% soit 18,7 millions € en 2012 lui donne droit automatiquement à un retour industriel équivalent qui lui permet de participer à la réalisation d'instruments scientifiques de plusieurs missions européennes. L'Agence canadienne contribue ou a contribué ainsi aux missions :

Autres participations[modifier | modifier le code]

En outre, l'ASC collabore avec les agences spatiales suédoise, finlandaise et le CNES pour la France sur le projet Odin[4] (du nom du dieu de la mythologie nordique). Cette mission a pour but d'étudier l'atmosphère terrestre les objets astronomiques (étoiles, comètes, etc.). L'ASC a fabriqué le spectrographe OSIRIS, optique et imageur dans l'infrarouge. C'est cette mission qui en 2002 a démontré que l'appauvrissement de l'ozone était en perte de vitesse[5].

  • Interball 2 (1996) Satellite scientifique pour l'étude de la magnétosphère développé par l'agence spatiale russe Roscosmos,
  • Akebono (1989) Satellite scientifique pour l'étude de la magnétosphère développé par l'agence spatiale japonaise JAXA
  • Nozomi (1998) sonde martienne de la JAXA
  • ASTRO-H (2014) télescope spatial rayons X de la JAXA

Astronautes canadiens[modifier | modifier le code]

Nom Lanceur Mission Date du lancement Station spatiale Remarques
Marc Garneau Challenger STS-41-G 5 octobre 1984 1er Canadien dans l'espace
Roberta Bondar Discovery STS-42 22 janvier 1992 1re Canadienne dans l'espace
Steven MacLean Columbia STS-52 22 octobre 1992
Chris Hadfield Atlantis STS-74 12 novembre 1995
Marc Garneau Endeavour STS-77 19 mai 1996 1er Canadien à retourner dans l'espace
Robert Thirsk Columbia STS-78 20 juin 1996
Bjarni Tryggvason Discovery STS-85 7 août 1997
Dafydd Williams Columbia STS-90 17 avril 1998
Julie Payette Discovery STS-96 27 mai 1999 1re Canadienne à visiter l'ISS
Marc Garneau Endeavour STS-97 30 novembre 2000 Station spatiale internationale (ISS) 3e visite dans l'espace
Chris Hadfield Endeavour STS-100 19 avril 2001 2e visite dans l'espace. 1er Canadien à marcher dans l'espace
Steven MacLean Atlantis STS-115 9 septembre 2006 Station spatiale internationale (ISS)
Dafydd Williams Endeavour STS-118 27 août 2007 Station spatiale internationale (ISS)
Robert Thirsk Soyouz-FG Soyouz TMA-15 27 mai 2009 Expédition 20, Expédition 21 1er vol d'un Canadien sur un véhicule russe
Julie Payette Endeavour STS-127 15 juillet 2009 13 personnes dans une station spatiale, 5 nationalités différentes
Guy Laliberté Soyouz Soyouz TMA-16 30 septembre 2009 1er touriste canadien dans l'espace
Chris Hadfield Soyouz-FG Soyouz TMA-07M 19 décembre 2012 Expédition 34, Expédition 35 1er Canadien à commander une équipe spatiale

Organisation[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Marc Garneau, premier canadien à être allé dans l'espace et chef de l'agence de 2001 à 2007

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « ASC : budget des dépenses 2013-2014 : rapport sur les priorités et les plans », Agence spatiale canadienne,‎ 2013
  2. « L'ASC en bref », Agence spatiale canadienne (consulté le 12 février 2012)
  3. (en) The Globe and Mail, 14 juin 2013, Canada’s former top soldier appointed head of space program
  4. (fr) « De l'astronomie à l'aéronomie », Centre national d'études spatiales,‎ mars 2007 (consulté le 10 juillet 2008)
  5. (fr) « OSIRIS à l'avant-garde des études sur la couche d'ozone », Agence spatiale canadienne,‎ 14 mars 2007 (consulté le 10 juillet 2008)

Lien externe[modifier | modifier le code]