Guerre de Sept Ans

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guerre de Sept Ans
La Mort du général Wolfe, lors du siège de Québec.
Informations générales
Date 1754 (en Amérique du Nord)
Puis du 29 août 1756 à 1763
Lieu L'Europe et les colonies d'Amérique du Nord, des Caraïbes, de l'Inde et des Philippines
Casus belli Attaque de Frédéric II sur la Saxe
Issue Statu quo en Europe, mais victoire britannique en Amérique du Nord et en Inde
Belligérants
Européens (et leurs colonies) :

Flag of the Kingdom of Prussia (1750-1801).svg Royaume de Prusse
Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Flag Portugal (1707).svg Royaume de Portugal
Drapeau de l'Électorat de Hanovre Électorat de Hanovre
Flag of Hesse (state).svg Hesse-Cassel
Armes de Brunswick-Lunebourg Duché de Brunswick-Lunebourg

Européens (et leurs colonies) :

Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Drapeau de l'Autriche Archiduché d’Autriche
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Drapeau de la Suède Royaume de Suède
Bandera de España 1701-1760.svg Royaume d'Espagne
Drapeau de l'Électorat de Saxe Électorat de Saxe
Chorągiew królewska króla Zygmunta III Wazy.svg République des Deux Nations
Duché de Wurtemberg Duché de Wurtemberg
Flag of the Kingdom of the Two Sicilies (1816).svg Royaume de Naples

Pertes
Prusse
180 000 morts

Royaume de Grande-Bretagne
20 000 morts ou blessés
Saint Empire Archiduché d'Autriche
125 000 à 145 000 morts

Royaume de France
168 000 morts ou blessés

Russie impériale
138 000 morts ou blessés

Royaume d'Espagne
3 000 morts ou blessés
Notes
500 000 à 800 000 civils tués
990 000 à 1 300 000 morts au total[1]
Batailles
Europe

Minorque (navale) (1756) · Pirna (1756) · Lobositz (1756) · Reichenberg (1757) · Prague (1757) · Kolin (1757) · Hastenbeck (1757) · Gross-Jägersdorf (1757) · Moys (1757) · Rochefort (1757) · Rossbach (1757) · Breslau (1757) · Leuthen (1757) · Carthagène (navale) (1758) · Olomouc (1758) · Saint-Malo (1758) · Rheinberg (1758) · Krefeld (1758) · Domstadl (1758) · Cherbourg (1758) · Zorndorf (1758) · Saint-Cast (1758) · Tornow (1758) · Lutzelberg (1758) · Hochkirch (1758) · Bergen (1759) · Kay (1759) · Minden (1759) · Kunersdorf (1759) · Neuwarp (navale) (1759) · Hoyerswerda (1759) · Baie de Quiberon (navale) (1759) · Maxen (1759) · Meissen (1759) · Landshut (1760) · Emsdorf (1760) · Warburg (1760) · Dresde (1760) · Glatz (1760) · Legnica (1760) · Rhadern (1760) · Berlin (1760) · Kloster Kampen (1760) · Torgau (1760) · Belle-Île (1761) · Langensalza (1761) · Cassel (1761) · Grünberg (1761) · Villinghausen (1761) · Ölper (1761) · Kolberg (1761) · Wilhelmsthal (1762) · Burkersdorf (1762) · Lutzelberg (1762) · Almeida (1762) · Valencia de Alcántara (1762) · Nauheim (1762) · Vila Velha de Ródão (1762) · Cassel (1762) · Freiberg (1762)


Amérique du Nord
Guerre de la Conquête (1754-1763)

Jumonville Glen (1754) · Fort Necessity (1754) · Fort Beauséjour (1755) · 8 juin 1755 · Monongahela (1755) · Petitcoudiac (1755) · Lac George (1755) · Fort Bull (1756) · Fort Oswego (1756) · Kittanning (1756) · Fort William Henry (1757) · Louisbourg (1758) · Le Cran (1758) · Fort Carillon (1758) · Fort Frontenac (1758) · Fort Duquesne (1758) · Fort Ligonier (1758) · Québec (1759) · Fort Niagara (1759) · Beauport (1759) · Plaines d'Abraham (1759) · Sainte-Foy (1760) · Ristigouche (navale) (1760) · Mille-Îles (1760) · Signal Hill (1762)


Antilles

Cap-Français (1757) · Martinique (1759) · Guadeloupe (1759) · Dominique (1761) · Martinique (1762) · Cuba (1762)


Asie
Troisième guerre carnatique (1757-1763)

Chandernagor (1757) · Plassey (1757) · Gondelour (1758) · Negapatam (navale) (1758) · Condore (1758) · Madras (1758) · Pondichéry (navale) (1759) · Masulipatam (1759) · Chinsurah (1758) · Wandiwash (1760) · Pondichéry (1760) · Manille (1762)


Afrique de l'Ouest

Saint-Louis (1758) · Gorée (1758) · Gambie

La guerre de Sept Ans (1756-1763) est un conflit majeur du XVIIIe siècle, souvent comparé à la Première Guerre mondiale[2] parce qu’elle s'est déroulée sur de nombreux théâtres d’opérations : Europe, Amérique du Nord et Inde. Elle oppose principalement d’une part au niveau mondial le Royaume de France au Royaume de Grande-Bretagne, d’autre part au niveau européen le Royaume de Prusse aux états des Habsbourg (archiduché d'Autriche, royaumes de Bohême et de Hongrie). Cependant, par le jeu des alliances et des opportunismes, de nombreux pays européens et leurs colonies participent à cette guerre, notamment l’Empire de Russie aux côtés de l’Autriche ainsi que le Royaume d’Espagne et son empire d’Amérique du Sud aux côtés de la France.

Le conflit s'est traduit par un rééquilibrage important des puissances européennes[3]. S’emparant de Québec (1759) et de Montréal (1760), l’Empire britannique fait presque entièrement disparaître le Premier espace colonial français. Sa puissance hégémonique dans le monde s’affirmera tout au long du XIXe siècle. En Europe, c'est la Prusse qui s'affirme au sein de l’espace germanique par les victoires de Rossbach sur les Français et de Leuthen sur les Autrichiens (1757) : elle y conteste désormais la prééminence de l’Autriche. Après avoir frôlé l’effondrement, elle est finalement sauvée par l’abandon des hostilités par la Russie.

Le début de la guerre est généralement daté du 29 août 1756, jour de l'attaque de la Saxe par Frédéric II, qui fait ainsi le choix de devancer l’agression programmée par l’Autriche pour reprendre possession de la Silésie. Cependant, l’affrontement avait débuté plus tôt dans les colonies d’Amérique du Nord.

Sommaire

Contexte géopolitique[modifier | modifier le code]

Conflits entre puissances européennes[modifier | modifier le code]

En Europe continentale, la principale zone de friction est la Silésie. C’est une province riche et peuplée conquise en 1742 par le royaume de Prusse aux dépens du royaume de Bohême lors de la guerre de succession d’Autriche. Si la toute jeune Marie-Thérèse de Habsbourg obtient bien d’être confirmée sur le trône de Vienne, avec le titre d’archiduchesse d’Autriche, de reine de Hongrie et de Bohême (son mari François de Lorraine portant le titre d’empereur romain germanique), en revanche Frédéric II réussit son coup de main sur la Silésie. En 1754, Marie-Thérèse ne s’est toujours pas résolue à la perte de cette province.

De leur côté, les Français s’inquiètent depuis longtemps des visées de la Grande-Bretagne sur leur domaine colonial (Nouvelle-France, Antilles, Inde française).

Le conflit larvé entre la France et la Grande-Bretagne tourne autour de plusieurs points :

  • La possession de l’immense territoire de la Louisiane (situé entre les Grands Lacs, le golfe du Mexique, les Appalaches et le Mississippi)[4]
  • La concurrence dans le lucratif commerce de peaux au détriment du respect des traités avec les différentes tribus amérindiennes
  • La crainte des Britanniques de voir l’influence des catholiques grandir via les colonies françaises et la présence de missionnaires en Nouvelle-France
  • La zone de pêche au large de Terre-Neuve est très poissonneuse et les droits de pêche sont contestés par les uns et les autres.

Le point le plus crucial est sans conteste le contrôle de la vallée de l’Ohio. Ce territoire est convoité par les Français, les Britanniques mais aussi les Iroquois. Les Britanniques fondent leur revendication sur le traité d’Utrecht de 1713 : ce traité stipule que les Iroquois sont des sujets de la couronne britannique. Or, comme l’Ohio est considéré comme une terre ancestrale iroquoise, les Britanniques s’en estiment les propriétaires légitimes. Mais, concrètement, cette zone est sous le contrôle des Français grâce à la présence de plusieurs forts.

Situation des différentes puissances européennes[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

La France est dans une situation inconfortable autant dans ses colonies qu’en Europe. Durant la guerre de succession d’Autriche, elle n’a rien obtenu de son alliance avec la Prusse si ce n’est un statu quo, mais ses finances ont été durement éprouvées par cette guerre inutile. La paix séparée conclue par les Prussiens en 1745 et leur alliance avec les Britanniques en 1756 ont fortement contrarié la France et, encouragé par sa cour (dont la marquise de Pompadour, favorite du roi), Louis XV se résigne à un renversement d’alliance pour abandonner la Prusse et s’allier avec l’Autriche. Ce traité d’alliance, signé en mai 1756 et nommé traité de Versailles, vise à contrecarrer la montée en puissance de la Prusse et met fin à plusieurs siècles d’inimitié avec Vienne[5]. Le 21 mars 1757, la France conclut une convention avec la Suède qui fait référence au besoin de maintenir les résultats de la paix de Westphalie. La Suède promet une armée d'hommes, subsidiée par la France.

La situation en Amérique du Nord est aussi très tendue et inquiète le gouvernement français : l’immigration française, trop limitée, ne permet pas à la France d’assurer un contrôle réel et une défense efficace de son empire colonial. Les pertes de territoires faisant suite à la guerre de Succession d'Espagne ont sérieusement amputé les possessions françaises mais l’ambition demeure d’étendre la domination sur le continent américain. En Inde, les affrontements précédents ont tourné plutôt à l’avantage des Français mais les princes indiens sont prompts à changer de camp et ainsi renverser l’équilibre existant.

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

La Grande-Bretagne possède déjà un empire colonial très étendu, très peuplé (à l’inverse des colonies françaises) et qui rapporte beaucoup d’argent à la couronne. Depuis maintenant plusieurs siècles, la Grande-Bretagne (et son prédécesseur, l'Angleterre) ne possède plus d’armée puissante et, malgré la guerre civile anglaise au siècle précédent et la création de la New model army par Oliver Cromwell et Thomas Fairfax, l’armée britannique reste de petite taille et très orientée vers le feu. Elle est principalement utilisée pour maintenir la paix intérieure et pour la conquête et la pacification des colonies. Le point fort des Britanniques est la déjà fameuse Royal Navy. Comme Mahan l’expliqua plus tard, elle est le fondement de la puissance britannique qui permet de maîtriser le commerce maritime, de contrôler et de conquérir les colonies et, militairement parlant, de déplacer la frontière de la Grande-Bretagne sur les côtes de ses adversaires et non sur les siennes.

Cependant, le Royaume de Hanovre est une épine stratégique dans le pied du gouvernement britannique : les rois de Hanovre ont accédé à la couronne britannique depuis George Ier (1714). Politiquement, les Britanniques ne peuvent donc naturellement pas l’abandonner mais, en cas de conquête du Hanovre par la France, des concessions seraient nécessaires pour le récupérer. Les Britanniques cherchent donc avant chaque conflit à trouver un allié continental pour les aider à protéger le Hanovre. Cet allié se trouve être la Prusse, suivie d’une partie des États allemands.

Hors d’Europe, la principale zone de friction de la Grande-Bretagne avec la France est en Amérique du Nord. La guerre de succession d’Espagne lui a permis de prendre le contrôle d’une partie de l’Acadie, de la baie d’Hudson et de Terre-Neuve, contrôle reconnu par le traité d'Utrecht conclu en 1713. Mais le conflit n’est pas réglé définitivement. En Inde, la situation est aussi conflictuelle mais les deux puissances coloniales ne possèdent que des comptoirs et, sur un théâtre d’opérations aussi éloigné, elles doivent jouer avec les très versatiles alliés du sous-continent indien.

Autriche[modifier | modifier le code]

Impératrice et reine Marie-Thérèse.

L’Autriche du XVIIIe siècle s'est isolée diplomatiquement. En 1713, Charles VI, empereur du Saint-Empire, fait adopter la Pragmatique Sanction afin de s’assurer la transmission du trône à l'aînée de ses filles à défaut d'un héritier mâle. En 1716, le fils de Charles VI meurt avant d'atteindre l'âge d'un an, et après la mort de Charles VI, le 20 octobre 1740, Marie-Thérèse hérite de la couronne impériale. Plusieurs pays, dont la France, veulent profiter de cette entorse à la tradition salienne pour contester la puissance autrichienne.

La guerre de succession d’Autriche qui s’ensuit se conclut par deux traités pour l’Autriche : au traité de Breslau, elle reconnaît la perte de la Silésie au profit de la Prusse et, au traité d’Aix-la-Chapelle, elle perd les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla. Ne pouvant se résigner à cette perte, non seulement parce que la Silésie est une province riche, l’Autriche veut ardemment reprendre ce territoire et, si possible, humilier la Prusse.

Prusse[modifier | modifier le code]

La Prusse est la puissance émergente du XVIIIe siècle. Sous la houlette de Frédéric Ier, puis de Frédéric II, elle s’impose comme un acteur majeur en Europe centrale. Devant défendre des territoires morcelés, elle dispose de moyens humains et industriels limités, mais son armée est très performante et bien entraînée. Frédéric II est de plus un excellent stratège et tacticien. Il a conquis la Silésie lors de la guerre de succession d’Autriche.

Ce succès ne fait pas oublier à la Prusse sa position délicate et, s’étant alliée à la France à la fin de la guerre, elle se tourne désormais vers la Grande-Bretagne qui accepte bien volontiers cette alliance. Cependant, même avec les subsides britanniques, l’armée prussienne est en infériorité numérique et en position stratégique délicate face à ses adversaires.

Russie[modifier | modifier le code]

En Russie, la tsarine Élisabeth, après avoir conquis le pouvoir en 1741, a confié la direction du pays au vice-chancelier Alexis Pétrovich Bestoujev-Rioumine, un fervent défenseur de l’alliance britannique et autrichienne. Durant la guerre de succession d’Autriche, la Russie a réussi à se sortir du conflit sans dommages mais une de ses principales inquiétudes est la montée en puissance de la Prusse qu’elle souhaitait retransformer en petit État allemand impuissant. Dans cette optique, l’alliance de la Prusse avec la Grande-Bretagne est une mauvaise nouvelle et nécessite de revoir la position diplomatique de la Russie : c’est donc tout naturellement que la Russie se range dans le camp franco-autrichien, d'autant que la roi Louis XV se montre enthousiaste quant à l'aide de ce nouvel allié de poids et y envoie même le célèbre chevalier d'Éon pour finir de convaincre la Tsarine en la préservant des conseils anglophiles du vice-chancelier.

Spirale de la guerre[modifier | modifier le code]

Les alliances à la veille de la guerre de Sept Ans.

En comparaison avec le rapport de forces antérieur, l’année 1756 voit un changement complet d’alliances en Europe : la Grande-Bretagne et la Prusse s’allient contre la France, l’Autriche et la Russie. Une fois ce jeu de chaises musicales diplomatiques terminé, les protagonistes se mettent immédiatement en ordre de bataille pour finir ce qui a été laissé en chantier en 1748 : la possession de la Silésie pour l’Autriche et la rivalité nord-américaine pour la France et la Grande-Bretagne.

En ce qui concerne l’Amérique du Nord, le conflit larvé est déjà commencé depuis 1743 et ne demande pas beaucoup pour éclater totalement. Plusieurs heurts autour des forts Oswego et Carillon poussent la Grande-Bretagne à réagir en mettant en place un blocus « non officiel » (puisque sans déclaration de guerre) contre les colonies d’Amérique du Nord. En réaction, la France décide de s’en prendre à la base navale de Minorque et de menacer Hanovre. La Prusse, sentant la tension monter, et sachant par ses espions que l’Autriche et la Russie mobilisent leurs armées, décide de prendre les devants et attaque la Saxe. La guerre de Sept ans a officiellement commencé.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Opérations militaires en Europe[modifier | modifier le code]

La guerre en Europe se déroule sur deux fronts assez distincts : l’Europe centrale d’un côté avec la Silésie comme théâtre et l’Europe occidentale avec l’affrontement naval franco-britannique et la bataille pour le Hanovre.

Succès prussiens et français de 1756[modifier | modifier le code]

Opérations en Europe pour l’année 1756.

En Europe centrale, Frédéric II est en position d’infériorité mais peut compter sur une armée formidable. Son idée maîtresse est de profiter de sa position centrale pour défaire les trois alliés de manière distincte et sur un terrain de son choix. La Saxe représente une première cible de choix parmi les alliés de l’Autriche : c’est un pays riche mais avec une armée faible. Une fois la décision prise, l’armée prussienne fond sur l’armée saxonne et la défait à la bataille de Lobositz le 1er octobre : la Saxe tombe sous la coupe de la Prusse sans coup férir mais en plus de temps que prévu : il n’y aura pas d’autres offensives pour cette année puisque l’hiver arrive.

Pendant ce temps, la France prend l’offensive en Méditerranée en visant la possession britannique de Minorque (où se trouve la grande base navale de Port-Mahon). Un corps expéditionnaire français débarque et assiège la ville. L’amiral Byng est envoyé en renfort mais il se fait battre par le marquis de La Galissonnière le 20 mai. Minorque tombe aux mains des Français et Byng sera exécuté par une cour martiale en Grande-Bretagne pour cette défaite. Au nord, l’armée française, sous les ordres de Soubise, se prépare à avancer vers le Hanovre et vers la Silésie.

Frédéric II de Prusse à son apogée (1757)[modifier | modifier le code]

Opérations en Europe pour l’année 1757.

Frédéric, une fois la défaite de la Saxe consommée, se tourne vers la Bohême et part à l’assaut de Prague, défendue par l’armée autrichienne commandée par le maréchal Brown et Charles de Lorraine. L’affrontement est sanglant mais les Prussiens s’imposent et assiègent Prague (6 mai). Avec son principal corps d’armée assiégé dans Prague, l’Autriche est en difficulté mais le maréchal Daun rassemble une nouvelle armée et marche vers Prague. Frédéric va à leur rencontre mais, profitant d’une position avantageuse, les Autrichiens défont les Prussiens à la bataille de Kolin le 18 juin, obligeant Frédéric à lever le siège et à battre en retraite en Silésie. La Prusse se retrouve alors dans une position délicate avec l’armée autrichienne qui avance sur elle du Sud depuis la Bohême et l’armée française arrivant de l’Ouest. L’armée russe s’impose en outre à la bataille de Gross-Jägersdorf mais ne profite pas de son avantage pour envahir la Prusse orientale.

Frédéric II décide alors de concentrer ses forces et d’attaquer ses ennemis un par un. Il se tourne d’abord vers les Français et les défait sévèrement à la bataille de Rossbach le 5 novembre. Ensuite, il regroupe son armée et repart vers l’est où il écrase l’armée autrichienne à la bataille de Leuthen, le 5 décembre.

« Camp de Frinquen… du 24 au 25 juillet 1757 », gravure sur cuivre « Numéro 24 » par Jacob van der Schley

L’offensive française vers le Hanovre, dorénavant dirigée par le maréchal d’Estrées à la tête d’une armée coalisée de 100 000 hommes, progresse bien face aux Britanno-hanovriens. La supériorité numérique française finit par s’imposer à la Bataille de Hastenbeck le 26 juillet, et le Hanovre capitule. En réaction, et dans le but de détourner l’armée française du Hanovre, William Pitt l’Ancien organise la stratégie britannique sur le continent autour de « descents », des expéditions navales avec débarquement de troupes et raids en territoires alliés (cette stratégie n’est pas sans rappeler celle, beaucoup plus réussie, des Anglais au début de la guerre de Cent Ans). La première de ces expéditions est organisée à l’automne et vise Rochefort, le grand arsenal français. Le 8 septembre, John Mordaunt et Edward Hawke quittent la Grande-Bretagne et, le 23 septembre, prennent l’île d’Aix, mais Rochefort est imprenable et l’expédition retourne bredouille le 1er octobre.

Enlisement de la situation (1758)[modifier | modifier le code]

Frédéric le Grand à la bataille de Zorndorf.

Après la victoire de Leuthen, Frédéric descend vers le sud à la poursuite de l’armée autrichienne mais ne parvient pas à se débarrasser définitivement de cet adversaire. Or, pendant ce temps, les armées russes et suédoises passent à l’attaque. Frédéric est obligé de revenir sur son sol pour y faire face. Son offensive contre l’armée russe culmine à la bataille de Zorndorf le 25 août. Cette bataille sanglante ne donne la victoire à aucun des camps mais permet à Frédéric d’empêcher la jonction des Russes et des Autrichiens. Contre les Suédois, Frédéric connaît un sort moins heureux en ne parvenant pas à prendre le dessus à la bataille de Tarnow, le 25 septembre. La situation de Frédéric passe alors de dangereuse à catastrophique : le 14 octobre, à la bataille de Hochkirch, Frédéric est battu nettement par les Autrichiens.

Après Rossbach, l’armée française subit un deuxième choc. En effet, la Grande-Bretagne refuse de ratifier la capitulation du Hanovre et décide de poursuivre le combat. Une nouvelle armée se forme donc sous les ordres de Ferdinand de Brunswick-Lüneburg (sans aucune troupe britannique : des mercenaires sont stipendiés par Londres) et, en six semaines, l’armée française est repoussée du Hanovre. Le coup est dur et montre l’incapacité de l’armée française, en supériorité numérique, à s’imposer contre un ennemi plus mobile et plus décidé. En parallèle, l’armée britannique se livre à une deuxième attaque : elle débarque dans la baie de Cancale le 5 juin et progresse vers Saint-Malo. L’arrivée d’une armée de secours française empêche les Britanniques de prendre la ville et ils ne peuvent que brûler les bateaux du port. L’armée britannique réembarque et rentre en Grande-Bretagne après avoir caressé brièvement l’idée de débarquer à Cherbourg (le mauvais temps a contrarié ses plans). Nullement découragé par ses deux précédents échecs, Pitt organise une troisième expédition en direction de Cherbourg. Soutenue par un bombardement naval, l’armée britannique débarque et capture Cherbourg. Après avoir pillé la ville, l’armée britannique reprend la mer et débarque à nouveau le 3 septembre près de Saint-Malo pour essayer de prendre la ville. C’est un nouvel échec. Le mauvais temps force la flotte à chercher un port plus abrité à Saint-Cast ; l’armée doit la rejoindre à pied. L’intervention de l’armée française menace un temps l’expédition mais le sacrifice de l’arrière-garde sous les ordres du général Dury permet à l’armée britannique de rembarquer.

Difficultés de la France et de la Prusse (1759)[modifier | modifier le code]

L’année 1759 est terrible pour la Prusse qui voit les défaites s’accumuler et son territoire envahi de toutes parts : à la Bataille de Kay, le 23 juillet, Von Wedel est défait par les Russes ; à la bataille de Kunersdorf, le 12 août, Frédéric est aussi battu par les Russes ; à la bataille de Maxen, le 21 novembre, la totalité du corps du général Von Finck se rend aux Autrichiens. La Prusse est au bord de l’effondrement et Frédéric II envisage le suicide. Néanmoins, une mauvaise entente entre les généraux russes et autrichiens les empêche de clore définitivement la guerre, tandis que Frédéric résiste toujours.

Malgré la défaite de l’année précédente, l’armée française reprend l’offensive contre le Hanovre. Début juin, une armée de 80 000 hommes aux ordres de Contades et Broglie pénètre en Hanovre. L’armée de Ferdinand de Brunswick-Lüneburg ne comptant que 35 000 hommes, celui-ci cherche avant tout à esquiver l’armée française tout en menaçant ses lignes de communication. Pourtant, début juillet, Broglie parvient à prendre la ville de Minden, important centre de ravitaillement, et ainsi fournit à l’armée française un point d’appui pour reconquérir le Hanovre. Ferdinand se doit de réagir. Il rassemble alors son armée et attaque Minden le 1er août. La bataille se solde par une défaite française. En parallèle, après la défaite de Kunersdorf, Ferdinand doit envoyer des renforts pour aider Frédéric et se voit dans l’impossibilité de poursuivre offensivement la campagne contre les Français.

Durant cette même période, un plan est élaboré par les Français pour tenter d’envahir la Grande-Bretagne. À cette fin, une armée est rassemblée à l’embouchure de la Loire et les flottes de Brest et Toulon doivent assurer la maîtrise des mers. Malheureusement pour les Français, la flotte de Toulon est battue par la flotte britannique de Boscawen à la bataille de Lagos (19 août) et, à la bataille de Quiberon (20 novembre), l’amiral Edward Hawke défait la flotte de Brest.

Miracle de Maison de Brandebourg (1760 à 1762)[modifier | modifier le code]

Chute de Kolberg en 1761.

Après une année 1759 catastrophique, la Prusse continue donc à résister. La défaite de Landshut (23 juin), la prise de Marbourg et de la Poméranie ainsi que la perte de Glatz en Silésie sont maigrement compensées par les deux victoires de Liegnitz (15 août) et Torgau (3 novembre). Les armées russes et autrichiennes ont même brièvement occupé Berlin le 9 octobre. À l’ouest, le scénario de l’année précédente se répète : l’armée française, supérieure en nombre, lance l’offensive mais se voit déjouée par la mobilité des alliés et l’année s’achève sans avancée notable.

En 1761, étant donné la situation stratégique et l’épuisement de son armée (qui s'est réduite à 100 000 hommes), Frédéric II est contraint de passer à une stratégie purement défensive : c’en est fini des victoires de Rossbach, Leuthen ou même Liegnitz où l’armée prussienne avait su montrer ses formidables capacités manœuvrières. Dans cette optique, il fortifie la position de Schweidnitz avec une force importante. Mais, profitant d’un allégement des défenses, les Autrichiens parviennent à prendre cette place.

1762 devait être l’année de l’effondrement pour la Prusse : Frédéric II ne possède plus que 60 000 hommes sous ses ordres et la Grande-Bretagne menace d’arrêter son financement. Mais, le 5 janvier, la tsarine Élisabeth meurt. C’est un véritable miracle pour Frédéric II car le successeur de la tsarine, Pierre III de Russie, est prussophile : il signe immédiatement un traité de paix et laisse l’Autriche isolée. Revigorée par ce retournement de fortune inespérée, l’armée prussienne repousse l’armée autrichienne de Silésie après la bataille de Freiberg (29 octobre). Pour la Prusse, exsangue, c’est un dénouement inespéré de la guerre.

Opérations militaires aux Amériques[modifier | modifier le code]

Carte des positions franco-britanniques à la veille de la guerre de Sept Ans en Amérique du Nord.

Au Canada, cette partie du conflit porte le nom de Guerre de la Conquête alors qu'aux États-Unis, on l'appelle French and Indian War. En 1754, la France possédait un vaste empire en forme de croissant qui s’étendait de la région du Canada et des Grands Lacs jusqu’aux rives du golfe du Mexique. Elle avait réussi à s’allier avec de nombreuses et puissantes tribus algonquines, huronnes et montagnaises qui l'aidèrent dans son établissement, avec l'exception notable des Iroquois qui demeurèrent la plupart du temps fidèles à leurs alliés britanniques.

Un chapelet de fortins et de postes réunissait le Canada aux possessions du sud encerclant les treize colonies britanniques de la côte atlantique. Les possessions britanniques se trouvaient donc isolées à l’est des Appalaches et les colons américains ne pouvaient pas progresser vers l’ouest.

La partie nord-américaine du conflit opposa la Grande-Bretagne et ses colonies d’Amérique aux Français et à leurs alliés indiens. Il s'agissait notamment d'une lutte pour dominer les territoires les plus intéressants pour le piégeage des castors, lièvres, lynx, loups dont les fourrures étaient à l'époque source d'importants bénéfices commerciaux (la ressource s'étant épuisée en Europe par suite de la surexploitation). Pour les Américains, cette guerre ne s’appelle pas « guerre de Sept Ans » mais « French and Indian War », indiquant bien qu’elle concerne aussi les Indiens, même si c’est avant tout un conflit entre puissances coloniales européennes.

Dans les Antilles, les Français possèdent un certain nombre d’îles qui sont d’une grande importance économique car elles fournissent beaucoup de sucre, d’épices et de vanille ; les Britanniques possèdent aussi des îles, mais la principale puissance (déclinante) de la région est l’Espagne.

Début du conflit en Amérique du Nord (1754–1755)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de la Conquête.
Illustration de la lecture de l’ordre de déportation des Acadiens par le colonel Winslow dans l’église de Grand-Pré.

Les premières escarmouches du conflit ont lieu dans la région de l’actuel emplacement de Pittsburgh. Les Virginiens, sous les ordres de William Trent, y élèvent tout d’abord un fort, le fort Prince George en janvier 1754. Les Français les délogent le 18 avril 1754 et bâtissent à la place Fort Duquesne. George Washington attaque 31 soldats canadiens aux petites heures du matin le 28 mai 1754 à la bataille de Jumonville Glen. Il en tue 10, incluant le commandant, Joseph Coulon de Jumonville. Ensuite, Washington construit Fort Necessity le 12 juin 1754. Cependant, face à un grand nombre de Canadiens et de Français sous le commandement du frère de Jumonville, il capitule le 4 juillet 1754 à la bataille de Fort Necessity[6]. Les tentatives britanniques pour reprendre le fort seront des échecs. En réaction, la Grande-Bretagne décide d’envoyer deux régiments en renfort ainsi que 10 000 £ et 2 000 mousquets pour lever des troupes coloniales. En parallèle, du 19 juin au 10 juillet 1754, à Albany, les représentants des colonies britanniques se réunissent pour discuter d’une alliance avec les tribus indiennes mais aussi décider de l’organisation des colonies. Un traité de non-agression sera conclu avec les tribus iroquoises mais il aura peu de conséquences sur le conflit qui va suivre.

L’année 1755 voit les escarmouches entre les Français et les Britanniques se multiplier. La principale zone d’affrontement est, comme prévu, la vallée de l’Ohio, revendiquée par les deux protagonistes. La principale action est l’attaque du fort Niagara par les Britanniques, qui se solde par un échec. Dans la région de Fort Duquesne, un affrontement oppose 2 000 soldats britanniques (dont 450 colons) à 900 Français et Indiens[7]. Combattant avec des tactiques « à l’européenne » (ordre serré, colonne de bataille…), les Britanniques sont vaincus par les Français qui utilisent des méthodes locales proches de la guérilla (ordre dispersé, tir et repli).

Un deuxième acte d'agression est commis par l'amiral Edward Boscawen; qui établit un blocus à l'entrée du Golfe du Saint-Laurent avec 11 vaisseaux de guerre et tente d'intercepter tout navire français. Au large du Cap Race, pointe sud de Terre-Neuve, une bataille navale éclate le 8 juin 1755 et plusieurs navires anglais prennent en chasse et font feu sur 2 navires français, l'Alcide et le Lys qui sont capturés, pendant que le Dauphin Royal , réussi a échapper à 2 navires anglais qui le poursuivaient. Le harcèlement par les Britanniques durant l'année 1755, ainsi que la saisie de ses navires et ses marins, a contribué à la déclaration de guerre par les deux belligérants au printemps de 1756[8].

Pendant ce temps-là, en Nouvelle-Écosse, territoire britannique depuis le traité d’Utrecht en 1713, le gouverneur Charles Lawrence veut régler le problème des Acadiens, colons d’origine française et donc suspects à ses yeux en cas de conflit avec la France. Il décide alors d’obliger les Acadiens à se soumettre à la couronne, ce qui implique de pouvoir servir dans l’armée britannique. Après leur refus, les Acadiens furent déportés par l’armée britannique, se réfugièrent au Québec pour certains, et en France pour d'autres. Mais la grande partie fut disséminée de force dans les différentes colonies britanniques de l’époque. Une majorité de leurs descendants allèrent par la suite s’installer sur les terres de Louisiane pour donner naissance à la communauté des Cadiens. Cet épisode particulièrement tragique de l’histoire américaine porte le nom du Grand Dérangement. L’affrontement prend de l’ampleur aussi au niveau maritime entre la marine française, qui veut protéger l’accès à la Nouvelle-France et ravitailler ses colons, et la Royal Navy britannique qui veut instaurer un blocus.

Succès français (1756–1757)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Fort Oswego.
Portrait de Louis-Joseph marquis de Montcalm.

Dans l’escalade en cours, les deux camps décident de nommer un commandant en chef en prévision de l’affrontement à venir : pour les Britanniques, c'est le général John Campbell, comte de Loudon, et pour les Français Louis-Joseph de Montcalm. Le 18 mai, la Grande-Bretagne déclare formellement la guerre à la France à la suite de l’attaque prussienne contre la Saxe : c’est le début officiel de la guerre de Sept Ans. Alors que la France se concentre avant tout sur sa stratégie européenne, la Grande-Bretagne veut profiter de ce conflit pour régler définitivement le conflit nord-américain et affirmer sa mainmise sur tout le continent, de la baie d’Hudson jusqu’aux Antilles.

Dès son arrivée, Montcalm réalise que son premier souci est de conserver la communication entre le Canada, centre névralgique de la Nouvelle-France et l’Ohio, objet du conflit territorial. Or cette communication est menacée par la présence du fort britannique d’Oswego, sur la rive du lac Ontario. Rapidement menée avant que les Britanniques ne puissent s’organiser, l’expédition sur Oswego est un succès et le fort est complètement rasé[9].

Jeton sur la prise de places fortes lors de la Guerre de Sept ans. Description revers : Vue de quatre fortifications dont les canons de celle au premier plan tirent ; à l’exergue en trois lignes : EXPUG. Sti. DAVIDIS/ ARCE ET SOLO/ ÆQUATA.

En 1757, les renforts britanniques commencent à affluer avec l’instruction de partir à l’offensive avec comme objectif stratégique la prise de la forteresse de Louisbourg. Cette forteresse, située à l’embouchure du Saint-Laurent, commande aussi bien l’accès au Québec que les zones de pêche très riches au large de la côte. Loudon dirige alors son armée vers Halifax en Nouvelle-Écosse et attend là l’intervention de la marine. Mais la flotte britannique ayant pris du retard, trois escadres françaises se regroupent à Louisbourg et bloquent l’intervention de la marine. L’armée britannique hésite et, la saison avançant, ne peut plus espérer mener une campagne : Loudon décide alors de retraiter vers New York.

Pendant ce temps, Montcalm, profitant de l’immobilisation de l’armée britannique dans sa campagne vers Louisbourg, continue de renforcer la frontière franco-britannique au niveau des Grands Lacs. Après Fort Oswego, il attaqua le fort William Henry à la pointe sud du lac Champlain. La résistance du colonel Munro fut héroïque, mais, sans espoir de renforts, la place fut prise et brûlée.

L’année 1757 se finit encore à l’avantage des Français. William Pitt l'Ancien, Premier ministre britannique, décide alors de nommer Abercrombie commandant des forces britanniques.

Renversement britannique (1758)[modifier | modifier le code]

Mémorial de la guerre de Sept Ans à l'Hôpital général de Québec.

Les renforts continuent d’arriver côté britannique et la Navy parvient à mettre en place un blocus efficace qui interdit tout renfort côté français. L’offensive britannique s’effectue selon trois axes : Louisbourg, Fort Carillon, et Fort Duquesne.

En juillet, le général Abercromby, nouveau général en chef des armées britanniques, se met en marche avec une armée de 7 000 réguliers et 9 000 coloniaux en direction du lac Champlain avec la ferme intention de s’en prendre à Fort Carillon. Montcalm fait alors converger sa petite armée de 3 000 hommes vers le fort pour les arrêter. La bataille de Fort Carillon voit les troupes britanniques avancer en ordre serré vers les troupes françaises qui les déciment par leur feu. Cette bataille se solde par une nette victoire française et l’avance britannique dans cette direction est stoppée. Néanmoins, les dirigeants britanniques, conscients de leur supériorité numérique et de la longueur de la frontière, ont lancé en parallèle une offensive vers l’Ohio et une autre vers Louisbourg. Le 27 août, ne disposant que de 100 hommes de garnison face aux 2 000 hommes du capitaine Bradstreet, Fort Frontenac est pris. C’est un coup dur car ce fort est un centre de ravitaillement important des Français dans cette zone. Fin octobre, les Britanniques s’en prennent au Fort Duquesne et le prennent facilement (il sera renommé Fort Pitt en l'honneur de William Pitt l'Ancien, actuelle Pittsburgh).

Carte de la campagne de Louisbourg.

Sur la côte atlantique, une action combinée de l’armée et de la marine permet aux Britanniques de débarquer une armée de 14 600 soldats au sud de Louisbourg. Après une campagne de six semaines, la garnison de Louisbourg se rend aux Britanniques le 26 juillet. L’année se termine donc nettement en faveur des Britanniques : s’ils n’ont pas progressé dans leur conquête du Canada, ils ont néanmoins pris possession de la frontière et surtout complètement isolé la Nouvelle-France avec la prise de Louisbourg. Ils ont donc en main toutes les cartes pour se lancer à l’assaut l’année suivante.

Prise de Québec et de Montréal (1759–1760)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Québec de 1759.

Les offensives britanniques se multiplient pour clarifier les zones abandonnées par les Français : tous les forts de la vallée de l’Ohio sont pris, Fort Carillon tombe et le lac George devient une base britannique en prévision des futures offensives sur le Canada. Dans la foulée, le lac Champlain est conquis mais la saison est trop avancée pour pousser encore plus vers le Nord et vers Montréal.

Le long du Saint-Laurent, après la prise de Louisbourg, les Britanniques disposent d’une base d’attaque formidable et ne vont pas tarder à l’utiliser. Le 21 juin, la flotte britannique arrive en vue de Québec avec une armée imposante. Le siège commence le 12 juillet mais la forteresse est solidement défendue par 15 000 hommes et résiste farouchement. Dans la nuit du 12 au 13 septembre, les Britanniques réussissent à débarquer une armée dans une zone non défendue et forcent Montcalm à livrer bataille. Lors de la bataille des plaines d'Abraham, James Wolfe, le commandant britannique, est tué, mais les forces françaises sont battues et Montcalm est mortellement blessé. Michel Chartier de Lotbinière, l'aide de camp de Vaudreuil, dirige la retraite des troupes (voir journal de 1759 de Lotbinière conservé à la New-York Historical Society). La garnison de Québec se rend aux Britanniques, par la capitulation de Québec, le 18 septembre. L’armée française n’est pas encore anéantie.

La même année, une expédition britannique prend possession de l’île de la Guadeloupe dans les Caraïbes.

L’hiver a été rude pour la garnison britannique de Québec et une offensive française, menée par Lévis, fait reprendre brièvement espoir au camp français après la victoire de Sainte-Foy (aux portes de Québec) le 29 avril. Mais l’offensive britannique en direction de Montréal et l’arrivée de la flotte britannique le long du Saint-Laurent forcent les Français à se retirer. Le 8 septembre, les Britanniques font une offensive sur Montréal et la ville est occupée. S'ensuit la prise du Fort Pontchartrain du Détroit (Détroit), encore aux mains des Français.

Attaques britanniques dans les Caraïbes (1761–1762)[modifier | modifier le code]

Après la défaite totale des Français en Amérique du Nord, l’attention des Britanniques se porte désormais sur les Caraïbes. La conquête de la Guadeloupe en 1759 leur donne une base d’attaque solide. Le fait nouveau dans cette région est l’entrée en guerre, le 4 janvier 1762 aux côtés de la France de l’Espagne. Si, à elles deux, ces deux puissances eussent pu rivaliser avec la Grande-Bretagne aussi bien sur mer que sur terre au début de la guerre, la France ne dispose plus de forces terrestres ou navales suffisantes. L’offensive britannique est rondement menée et prend l’île de la Dominique tout en préparant une grande offensive pour l’année 1762.

Remontant les Caraïbes, la flotte britannique prend possession de la Martinique et de nombreuses îles françaises pour arriver en vue de La Havane le 6 juin. Le siège est mis sur l’une des plus grandes villes espagnoles du Nouveau Monde qui capitule le 10 août. L’ensemble des Caraïbes est maintenant entre les mains britanniques avec des pertes plus dues à la maladie qu’aux combats. Profitant de ces offensives en Amérique centrale, la France tente de reprendre possession de certaines parties du Canada en vue des négociations de paix, mais cette expédition ne débouche sur rien si ce n’est la défaite de Signal Hill à Terre-Neuve le 15 septembre 1762 et les Britanniques restent maîtres du continent.

Opérations militaires en Asie[modifier | modifier le code]

Aux Indes[modifier | modifier le code]

Carte de l’Inde à la veille du conflit.

En Inde, l’affrontement entre Britanniques et Français s'effectue à travers leurs deux monopoles d’État : la Compagnie française des Indes orientales et la British East India Company. Leur puissance est avant tout économique et elles ne possèdent que quelques comptoirs le long de la côte est de l’Inde. Les hostilités éclatent dès 1756 alors que les deux camps se préparent à une guerre imminente. L’un des puissants princes indiens, le Nawab Siradj al-Dawla, intime l’ordre aux Français et aux Britanniques d'arrêter leurs préparatifs sinon il considérera la situation comme un casus belli. Si les Français cèdent, les Britanniques poursuivent. En conséquence, les armées de Siradj al-Dawla attaquent et prennent possession de tous les comptoirs britanniques du Bengale, y compris Calcutta. En réponse, les Britanniques montent une expédition à partir de Madras qui leur permet de reprendre possession de leurs comptoirs et de faire plier le Nawab. Dans la foulée, l’armée britannique prend le comptoir de Chandernagor aux Français le 23 mars 1757. Le Nawab cherche alors à se rapprocher des Français en vue de chasser les Britanniques. La victoire britannique de Plassey sur les troupes franco-indiennes et la trahison de l’oncle de Siradj al-Dawla, Mir Jafar, défont les alliances et permettent aux Britanniques de s’assurer le contrôle du Nord-Est de l’Inde.

Comptoirs anglais, français, néerlandais et portugais en Inde. (XVIe ‑ XVIIe siècle).

En 1758, le conflit se porte alors dans le Sud-Est de l’Inde autour des comptoirs de Madras et Pondichéry. La campagne est dirigée par les Français pour prendre Madras. Versailles envoie une division navale avec 4 000 hommes de renfort commandé par Lally-Tollendal qui arrive au début de 1758. Après une série de victoires mineures, l’armée française et ses alliés locaux mettent le siège à Madras en décembre mais, avec l’arrivée de renforts britanniques par la mer, le siège est levé en février 1759.

Profitant de renforts en provenance d’Europe, le nouveau général en chef britannique, le colonel Eyre Coote, reprend un certain nombre de possessions autour de Madras. La bataille décisive a lieu au Fort Wandiwash : le 22 janvier 1760, l’armée britannique y défait les troupes françaises. Poussant son avantage tout au long de l’année, Coote parvient à assiéger et prendre Pondichéry le 15 janvier 1761, le général français Thomas Arthur de Lally-Tollendal capitule. La ville est ravagée de fond en comble par les troupes anglaises.

Aux Philippines[modifier | modifier le code]

Avec l’entrée en guerre de l’Espagne en 1762, les Britanniques décident de mener une attaque contre les Philippines, possessions espagnoles. Utilisant des troupes indiennes, les forces britanniques débarquent aux Philippines sans opposition et mettent le siège à Manille le 25 septembre 1762. Le 6 octobre, une brèche est faite dans les murs et la ville est conquise ainsi que toutes les Philippines dans la foulée.

Conclusion du conflit et conséquences[modifier | modifier le code]

Traités de paix[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Après des premiers pourparlers de paix en 1761, interrompus par l’entrée en guerre de l’Espagne aux côtés de la France, il faut attendre 1762 et l’épuisement militaire et économique des protagonistes pour voir de vraies négociations s’engager.

La paix sera signée en deux fois. Le premier traité, le traité de Paris, concerne la Grande-Bretagne, la France et l’Espagne. Il est signé le 10 février 1763 et la Grande-Bretagne, étant en position de force, obtient d’énormes gains. En Amérique du Nord, la Grande-Bretagne se voit accorder le Canada et toutes les îles au large, sauf Saint-Pierre-et-Miquelon qui reste aux Français, ainsi que tous les territoires à l’est du Mississippi[10]. Dans les Caraïbes, la France ne peut récupérer que la Martinique, la Guadeloupe, la Marie-Galante et la Sainte-Lucie. Toutes ses autres îles deviennent britanniques. Cuba et les Philippines sont rendues aux Espagnols en échange de la Floride et de l’évacuation du Portugal en Europe. En ||Inde]], les cinq comptoirs de Pondichéry, Kârikâl, Yanaon, Mahé et Chandernagor sont rendus aux Français mais avec interdiction de les fortifier ou d’y stationner une armée (donnant de facto le contrôle de l’Inde aux Britanniques). En Europe, Belle-Île, occupée par les Britanniques est rendue aux Français en échange de Minorque. La France accepte d’évacuer tous les territoires appartenant au roi de Grande-Bretagne et ses alliés. En Afrique, Gorée est rendue aux Français en échange du Sénégal.

Les Autrichiens et les Prussiens signent de leur côté le traité de Hubertsbourg le 15 février de la même année. Ce traité valide les frontières de 1756 et l’évacuation de la Silésie par l’Autriche en échange de l’abandon par la Prusse de la Saxe.

Front commun amérindien en Amérique[modifier | modifier le code]

La prise de contrôle de la Nouvelle-France par les Britanniques a mené à une alliance entre 14 nations amérindiennes : les Outaouais, les Ojibwés, les Potawatomis, les Hurons-Wendat, les Miamis, les Weas, les Kickapous, les Mascoutins, les Piankashaws, les Delawares, les Shawnees, les Mingos et les Sénécas. Dix de celles-ci avaient été alliés de la France lors des conflits précédents, incluant la guerre de sept ans, tandis que les Sénécas avaient jusque là été du côté britannique. La Rébellion de Pontiac commença le 7 mai 1763 en tant que prolongement immédiat de la guerre de sept ans dans le but de chasser les Britanniques hors de l'ex-Nouvelle-France. Le traité de paix fut signé le 25 juillet 1766.

Mémorial de la guerre de Sept Ans à Krefeld-Hueckelsmay en Allemagne.

Conséquences géopolitiques[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni, puissance mondiale[modifier | modifier le code]

D’un point de vue diplomatique, la Grande-Bretagne s’impose comme la grande puissance mondiale dominante. Non seulement son territoire national n’a jamais été inquiété, mais sa flotte et son armée coloniale lui permettent de contrôler maintenant toute l’Amérique du Nord, l’Inde et surtout de dominer toutes les mers du globe.

Les armées britanniques quant à elles ont prouvé leur grande adaptabilité, surtout dans les colonies, où elles ont su passer d’une stratégie européenne (ordre linéaire, attaque en formation) à une stratégie locale, qui passe par l'appui des populations (natifs et colons). Ce sont donc ces mêmes capacités d’adaptation qui feront défaut aux Britanniques pendant la révolution américaine.

Prusse, grande puissance militaire[modifier | modifier le code]

Autre vainqueur du conflit, la Prusse est passée tout près du désastre mais a survécu et, mieux, a acquis un prestige important : ce prestige lui permet de s’imposer comme un acteur majeur de l’équilibre politique des États allemands.

Militairement, la Prusse sort grandie de ce conflit, s’étant imposée avec sa petite armée contre des armées bien plus nombreuses et réputées meilleures. La méthode prussienne influence alors très fortement les autres pays européens qui cherchent à la copier, oubliant les nombreuses défaites prussiennes. Mais cette réputation finira par être trompeuse : le niveau de l’armée prussienne fort de ces victoires passées se dégradera petit à petit jusqu’à l’humiliation que lui infligera Napoléon lors de la campagne de Prusse en 1806.

Échec relatif de l'Autriche[modifier | modifier le code]

L’Autriche est aussi perdante mais dans une moindre mesure. Son armée s’est battue plus vaillamment que les Prussiens ne s’y attendaient, et seule la perte définitive de la Silésie est un coup dur. Elle a néanmoins compris que la Prusse ne pourrait pas être abattue. L'impératrice et reine Marie-Thérèse va utiliser l'alliance française et sa politique matrimoniale pour gommer la perte de la Silésie. Grâce à son action, l'Autriche va s'affirmer comme puissance dominante en Italie.

Au niveau territorial, l'Autriche trouvera encore à s’agrandir du côté de l’empire ottoman.

Confirmation de l'assise avant tout européenne de la monarchie française[modifier | modifier le code]

Du côté des perdants, la France sort du conflit extrêmement affaiblie. En Amérique du Nord son influence est perdue au profit de la Grande-Bretagne, dominante : c'est en partie pour prendre une revanche que la France, quinze ans plus tard, soutient les colons américains dans leur guerre d’indépendance.

Les Français n'ont pas conscience immédiatement, dans une Europe à ce moment conquise par la culture française, que la victoire britannique à l'issue de la guerre de sept ans donne une longueur d'avance décisive à l'expansion non seulement de l'empire colonial britannique mais aussi de la culture anglo-saxonne dans le monde.

L’armée et la marine française sortent affaiblies de cette guerre. En effet, la marine est décimée et si l'armée a pu tenir le front en Europe, elle a subi plusieurs défaites graves en supériorité numérique et n'a pu défendre efficacement les colonies (en infériorité numérique). La réforme de l'armée est difficile, quoique certaines améliorations anticipent déjà l’armée napoléonienne (réorganisation de l’artillerie par Gribeauval, organisation de l’armée en divisions pseudo-autonomes, utilisation plus importante des tirailleurs). La marine est aussi réformée grâce à l'action de Choiseul qui s'appuie sur le sursaut patriotique des Français et leur volonté de revanche. Cette marine rénovée prouvera son efficacité lors de la guerre d’indépendance américaine où elle battra son homologue britannique en Amérique du Nord.

Autres conséquences[modifier | modifier le code]

Économiques[modifier | modifier le code]

D’un point de vue économique, le bilan est catastrophique pour tous les pays, principalement pour la France et la Grande-Bretagne. La guerre totale et mondiale que se sont livrées les deux puissances a coûté extrêmement cher et a fait grimper de façon vertigineuse leur dette[11].

La Grande-Bretagne, sortant victorieuse du conflit, a profité de ses colonies pour essayer de rembourser au mieux ses dettes (passées de 75 millions de livres en 1754 à 133 en 1763[12]) par des taxes nombreuses et une bureaucratie plus efficace. Ces augmentations (comme le Stamp Act sur les timbres ou le Tea Act sur le commerce du thé) seront l’une des étincelles déclenchant la guerre d’indépendance américaine.

La France de son côté, décide de ne pas augmenter dans un premier temps les taxes mais de financer sa dette par des emprunts. Or, avec une dette passée de 1,36 milliard de livres en 1753 à 2,35 milliards en 1764 et des revenus en nette diminution à la suite de la perte des colonies, les taux d’intérêts vont grimper en flèche et finir par vider les caisses. Contrainte donc de modifier sa politique, de nouvelles levées d'impôts vont être décidées par le gouvernement afin de régler au plus vite l'endettement et de rebâtir une marine en perdition ; des mesures très mal perçues par la population au point d'en faire probablement l'une des causes des futurs troubles qui mèneront à la Révolution française.

La Prusse a aussi beaucoup souffert économiquement de ce conflit. Outre le fait d'avoir à maintenir une armée énorme comparée à ses ressources en population, le conflit en Europe centrale s’est principalement déroulé sur ses propres terres. Tous les moyens sont donc bons pour la Prusse afin de recouvrir ses dettes et se reconstruire : augmentation des taxes, pillage en règle des finances de la Saxe et aide financière britannique. L’Autriche, quant à elle, a connu les mêmes problèmes de finances mais baisse volontairement les effectifs de son armée pour diminuer de manière drastique ses dépenses militaires.

Humaines[modifier | modifier le code]

Das bettelnde Soldatenweib Gravure de Daniel Chodowiecki en 1764 sur les conséquences humaines de la Guerre de Sept Ans.

Humainement enfin, le conflit a été destructeur. Les nombreuses campagnes menées en Europe centrale ont beaucoup touché les civils (pillage, famines, taxes supplémentaires). Beaucoup d’armées en campagne n’avaient pas assez de ravitaillement, voire des problèmes de paye et ne se privaient pas de piller les territoires traversés. On note entre autres le manque de scrupule des armées françaises dans les États allemands (alors que ce sont des États alliés qui fournissent le financement à la France pour cette campagne).

En outre, les pertes militaires sont très importantes de chaque côté, du fait de la longueur même du conflit et de la multiplication de batailles sanglantes ne donnant aucun camp vainqueur, et contraignant les belligérants à poursuivre toujours plus en avant leurs confrontations jusqu'à ce que se dessine la bataille décisive. Quant à l'impact des améliorations techniques et organisationnelles apportées aux armes à feu, elles sont à la fin de la guerre de Sept Ans toujours contrecarrées. Les méthodes britanniques en Amérique du Nord ont été parfois extrêmes, allant du cruel ravage des campagnes de la Nouvelle-France et ce juste avant l’hiver, au pur et simple « nettoyage ethnique » pratiqué à l’encontre des Acadiens (déportation). En cela, même le théâtre secondaire de l’Inde n'a pas été épargné, les exactions sur la population ont été courantes, les soldats n’étant pas souvent payés.

Tableaux récapitulatif des batailles[modifier | modifier le code]

Théâtre européen[modifier | modifier le code]

Victoire autrichienne à la bataille de Kolin le 18 juin 1757
Nom Date Protagonistes Bilan
Bataille de Minorque 20 mai 1756 Grande-Bretagne / France Victoire française (navale)
Bataille de Lobositz 1er octobre 1756 Prusse / Autriche Victoire prussienne
Bataille de Reichenberg 21 avril 1757 Prusse / Autriche Victoire prussienne
Bataille de Prague 6 mai 1757 Prusse / Autriche Victoire prussienne coûteuse
Bataille de Kolin 18 juin 1757 Prusse / Autriche Victoire autrichienne
Bataille de Hastenbeck 26 juillet 1757 Hanovre / France Victoire française
Bataille de Gross-Jägersdorf 30 août 1757 Prusse / Russie Victoire russe
Bataille de Moys 7 septembre 1757 Prusse / Autriche Victoire autrichienne
Bataille de Rossbach 5 novembre 1757 Prusse / France Victoire prussienne décisive
Bataille de Breslau 22 novembre 1757 Prusse / Autriche Victoire autrichienne
Bataille de Leuthen 5 décembre 1757 Prusse / Autriche Victoire prussienne décisive
Bataille de Domstadtl 18 juin 1758 Prusse / Autriche Victoire autrichienne
Bataille de Krefeld 23 juin 1758 Hanovre / France Victoire hanovrienne
Bataille de Zorndorf 25 août 1758 Prusse / Russie Victoire prussienne indécise
Bataille de Saint-Cast 11 septembre 1758 Grande-Bretagne / France Victoire française
Bataille de Tarnow 25 septembre 1758 Prusse / Suède Victoire suédoise
Bataille de Hochkirch 14 octobre 1758 Prusse / Autriche Victoire autrichienne
Bataille de Bergen 13 avril 1759 Hanovre / France Victoire française
Bataille de Kay 23 juillet 1759 Prusse / Russie Victoire russe
Bataille de Minden 1er août 1759 Hanovre / France Victoire hanovrienne
Bataille de Kunersdorf 12 août 1759 Prusse / Autriche & Russie Victoire russo-autrichienne
Bataille de Lagos 18 août-19 août 1759 Grande-Bretagne / France Victoire britannique (navale)
Bataille de Neuwarp 10 septembre 1759 Prusse / Suède Victoire suédoise (navale)
Bataille de Hoyerswerda 25 septembre 1759 Prusse / Autriche Victoire prussienne
Bataille de la Baie de Quiberon 20 novembre 1759 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de Maxen 21 novembre 1759 Prusse / Autriche Victoire autrichienne
Bataille de Meissen 4 décembre 1759 Prusse / Autriche Victoire autrichienne
Bataille de Landshut 23 juin 1760 Prusse / Autriche Victoire autrichienne
Bataille de Warburg 1er août 1760 Hanovre / France Victoire hanovrienne
Bataille de Legnica 15 août 1760 Prusse / Autriche Victoire prussienne
Bataille de Rhadern 13 septembre 1760 Prusse & Hanovre / France Victoire française
Bataille de Torgau 3 novembre 1760 Prusse / Autriche Victoire prussienne coûteuse
Bataille de Villinghausen 15-16 juillet 1761 Hanovre / France Victoire hanovrienne
Bataille de Burkersdorf 21 juillet 1762 Prusse / Autriche Victoire prussienne
Bataille de Lutzelberg (1762) 23 juillet 1762 Prusse / Autriche Victoire prussienne
Bataille de Freiberg 29 octobre 1762 Prusse / Autriche Victoire prussienne

Théâtre américain[modifier | modifier le code]

La prise de Québec, huile sur toile par Hervey Smyth, 1797.
Nom Date Protagonistes Bilan
Bataille de Jumonville Glen 28 mai 1754 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de Fort Necessity 3 juillet 1754 Grande-Bretagne / France Victoire française
Bataille de Fort Beauséjour 3 - 16 juin 1755 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de la Monongahela 9 juillet 1755 Grande-Bretagne / France Victoire française
Bataille de Petitcoudiac 1er - 3 septembre 1755 Grande-Bretagne / France Victoire française
Bataille du Lac George 8 septembre 1755 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de Fort Oswego 10 - 14 août 1756 Grande-Bretagne / France Victoire française
Bataille de Fort Bull 27 mars 1756 Grande-Bretagne / France Victoire française
Bataille de Kittanning 8 septembre 1756 Colonie de Pennsylvanie / Lenapes Victoire britannique nominale
Bataille de Fort William Henry 3 - 8 août 1757 Grande-Bretagne / France Victoire française
Siège de Louisbourg 8 juin - 26 juillet 1758 Grande-Bretagne / France Victoire britannique décisive
Bataille de Fort Carillon 7 - 8 juillet 1758 Grande-Bretagne / France Victoire française décisive
Bataille de Fort Frontenac 25 - 27 août 1758 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de Fort Duquesne 14 septembre 1758 Grande-Bretagne / France Victoire française
Bataille de Fort Ligonier 12 octobre 1758 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de Fort Carillon 25 - 26 juillet 1759 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de Fort Niagara 6 - 26 juillet 1759 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de Beauport 31 juillet 1759 Grande-Bretagne / France Victoire française
Bataille des Plaines d’Abraham 13 septembre 1759 Grande-Bretagne / France Victoire britannique décisive
Bataille de la Ristigouche 3 - 8 juillet 1760 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de Sainte-Foy 28 avril 1760 Grande-Bretagne / France Victoire française
Bataille des Milles-Îles 16 - 24 août 1760 Grande-Bretagne / France Victoire britannique
Bataille de Signal Hill 15 septembre 1762 Grande-Bretagne / France Victoire britannique

Théâtre des Indes orientales[modifier | modifier le code]

Nom Date Protagonistes Bilan
Bataille de Plassey 23 juin 1757 Grande-Bretagne / France Victoire britannique décisive
Bataille de Gondelour 29 avril 1758 Grande-Bretagne / France Victoire britannique (navale)
Bataille de Negapatam 3 août 1758 Grande-Bretagne / France Bataille indécise (navale)
Bataille de Pondichéry 10 septembre 1759 Grande-Bretagne / France Bataille indécise (navale)
Bataille de Wandiwash 22 janvier 1760 Grande-Bretagne / France Victoire britannique décisive
Bataille de Manille 24 septembre 1762 Grande-Bretagne / Espagne Victoire britannique décisive

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Statistics of Wars, Oppressions and Atrocities of the Eighteenth Century », sur http://necrometrics.com (consulté le 12 décembre 2013)
  2. Winston Churchill en parlera en ces termes dans War and British Society 1688-1815 de HV Bowen en 1998 publié chez Cambridge University Press (ISBN 0-521-57645-8) page 7
  3. Vision mondiale du conflit sur le site du musée de la guerre canadien
  4. La guerre dite de Sept Ans, précédée dès 1754 de graves incidents dans la vallée de l’Ohio où les troupes britanniques attaquèrent, sans déclaration de guerre, les postes français, ne pouvait être que désastreuse. sur le site du Ministère de la Culture
  5. Voir la célébration du traité de Versailles et le renversement des alliances sur le site du ministère de la culture
  6. Anderson 2000, p. 51–65
  7. « La bataille de la Monongahéla », sur World Digital Library,‎ 1755 (consulté le 2013-08-04)
  8. Fowler, p. 74-75,98.
  9. Site du gouvernement canadien : ici
  10. Perte des colonies par les Français sur le site du ministère des cultures
  11. Henri Léonard Jean Baptiste Bertin alors ministre des Finances de Louis XV avant même la fin de la guerre se demandait comment réduire la dette de l’État
  12. La dette atteint même 146 : British governmental debt climbed to about 146,000 £,000 by the end of the Seven Years’ War d’après History Cooperative

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français 
  • Jean-Claude Castex, Dictionnaire des batailles terrestres franco-anglaises de la Guerre de Sept ans, Québec, éditions Presses Universitaires de Laval,‎ 2006 (ISBN 2-7637-8334-1, présentation en ligne)
  • David Hume (trad. Smollett et Adolphéus), Histoire d'Angleterre depuis 1760 jusqu'à la fin du règne de Georges III, t. 6, Paris,‎ 1821 (lire en ligne)
  • Richard Waddington, La guerre de Sept Ans, Paris,‎ 1899-1914, 5 volumes
  • Paul Kennedy (trad. M.-A. Cochez, J.-L. Lebrave), Naissance et déclin des grandes puissances [« The Rise and Fall of the Great Powers »], Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot »,‎ 1988 (réimpr. 1989, 1991) (ISBN 2-228-88401-4)
  • Gilles Perrault, Le Secret du Roi, L’ombre de la Bastille, La Revanche américaine,‎ 1996, 3 vol.
  • André de Visme, Terre-Neuve 1762 : Dernier combat aux portes de la Nouvelle-France, Montréal,‎ 2005 (ISBN 2-9808847-0-7)
  • Jonathan R. Dull, La Guerre de Sept Ans. Histoire navale, politique et diplomatique, Éditions Les Perséides,‎ 2009, 536 p. (ISBN 978-2915596366)
  • Société généalogique canadienne-française, Fédération française de généalogie, Combattre pour la France en Amérique : dictionnaire des soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France 1755-1760, Paris, Archives & Culture, 624 p.
  • Bertrand Fonck et Laurent Veyssière, La guerre de sept ans en Nouvelle-France, Septentrion, 2012, 400 p.
En anglais 
  • (en) David G. Chandler, Atlas of Military Strategy : The Art, Theory and Practice of War 1618-1878, Arms and Armour,‎ 1996 (ISBN 1-85409-493-9)
  • (en) Fred Anderson, Crucible of War : The Seven Years War and the Fate of Empire in British North America, 1754-1766, Faber and Faber,‎ 2000
  • (en) Daniel Marston, The Seven years’ war, Osprey Publishing,‎ 2001 (ISBN 1-84176-191-5)
Roman
Autres lectures
  • Gustave Lanctot, Perspective économiques et militaires de la guerre de Sept Ans au Canada, dans Culture, Vol. II, No 1 (mars 1941), p. 29-40 (extrait sur le site Marianopolis)
  • D. Peter MacLeod, Les Iroquois et la Guerre de Sept Ans, VLB Éditeur, 2000, (ISBN 2-89005-713-5)
  • Jean-Claude Besida, Les ennemis de Frédéric (Art de la guerre), revue Vae Victis no 64, sept.-oct. 2005
  • Jean-Claude Besida, La Guerre de Sept Ans, revue Vae Victis, no 65, novembre-décembre 2005.
  • Saint-Martin, Gérard, Québec 1759-1760! Les Plaines d'Abraham : L'adieu à la Nouvelle-France ?, Édition Économica, 2007, (ISBN 978-2-7178-5350-6)
Jeux de guerre
  • Batailles pour la Nouvelle-France, par Luc Olivier & Benoit Larose, revue Vae Victis no 44, mai 2002
  • La Guerre de Sept Ans : 1756-1763, par Jean-Claude Bésida, revue Vae Victis no 65, novembre-décembre 2005

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Pourvu qu'elles soient douces (Libertine II), par Laurent Boutonnat. L'action de ce clip de Mylène Farmer, datant de 1988, prend place durant la Guerre de Sept Ans. Réalisé avec un budget de plus de 450 000 euros et avec le concours d'un conseiller historique, ce clip est le plus long de l'histoire du clip français (17'52).
  • Le dernier des Mohicans, par Michael Mann, Twentieth Century Fox, 1992 ASIN B00005OSRM
  • Entre l'amour et le devoir, vf de Trenck - Zwei Herzen gegen die Krone, par Gernot Roll, produit par Bavaria Film GmbH, 2002.
  • Fanfan la Tulipe, par Gérard Krawczyk, Fox Pathé Europe, 2003, ASIN B0000CGESI
  • La guerre qui a fait l'Amérique, version fr. The War That Made America: The Story of the French and Indian War, traduit pour la TV à Canal Savoir, PBS, 2006, ASIN: B000E1MXZ0
  • Montcalm, Wolfe et les autres… Vaugeois raconte, par l'historien Denis Vaugeois, document éducatif, en 7 émissions, sur la guerre de Sept Ans, Télé-Québec, 2009. Voir à Canal Savoir.
  • Nouvelle-France, par Jean Beaudin, Studio 7, 2006, ASIN B000EOVWGM
  • Barry Lyndon, par Stanley Kubrick

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]