Fort Chambly

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Fort Chambly
Image illustrative de l'article Fort Chambly
Présentation
Date de construction XVIIe - XVIIIe siècles
Destination initiale Fort militaire
Propriétaire État
Protection Lieu historique national (1920)
Géographie
Pays Drapeau du Canada Canada
Région Québec
Localité Chambly
Localisation
Coordonnées 45° 26′ 58″ N 73° 16′ 37″ O / 45.44949, -73.2769345° 26′ 58″ Nord 73° 16′ 37″ Ouest / 45.44949, -73.27693  

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Fort Chambly

Le fort Chambly est situé sur la rive gauche de la rivière Richelieu au Québec. Au pied des rapides de Chambly, il constitue l'un des plus importants vestiges de l’architecture militaire des XVIIe et XVIIIe siècles ; il s’inspire des principes des fortifications françaises à la Vauban.

Désigné lieu historique national en 1920, le fort Chambly est aujourd'hui un lieu d'interprétation qui rappelle l'histoire militaire et sociale de la vallée du Richelieu, de 1665 à 1760.

Histoire[modifier | modifier le code]

«Carte du Lac Champlain depuis le Fort de Chambly Jusques au desus du Fort St Frederic dans la Nouvelle France. [1739]»Plan cadastral indiquant les concessions et seigneuries sur les bords du lac suivant le bornage de 1739; indication du cours des eaux et rapides.

Premier fort[modifier | modifier le code]

Ce fort fut construit en 1665 par les Français sous le nom de fort Saint-Louis. Après de multiples demandes de la colonie, le roi Louis XIV envoya le régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France pour combattre les Iroquois.

Le capitaine Jacques de Chambly, du même régiment, est envoyé pour construire un fort de bois près des rapides du Richelieu. Il n'avait qu'une seule porte, mesurait 144 pieds de côté et avait des palissades en bois de 15 à 20 pieds de haut (soit 5 à 7 mètres de haut). Il y avait des bâtiments dans l'enceinte pour abriter les soldats et pour les dépôts. La construction du fort Saint-Louis coïncide avec la date de la fête de saint Louis (Louis IX), le 25 août. Ce fort faisait partie d'un réseau de cinq forts construits le long du Richelieu jusqu'au lac Champlain, servant de places fortes et comme postes de ravitaillement au cours des raids contre les Agniers.

Deuxième fort[modifier | modifier le code]

Après la paix franco-iroquoise en 1667, quelques soldats du régiment de Carignan-Salières retournèrent en France, tandis qu'une petite garnison était maintenue au fort Saint-Louis jusque vers 1675, lorsqu'il fut abandonné. Cette paix durera jusqu’au début des années 1680. C’est entre 1687 et 1693 qu’un deuxième fort de bois aurait été reconstruit.

En 1689, le capitaine Raymond Blaise, sieur des Bergères, remplace le capitaine François Lefebvre Duplessis Faber comme commandant du fort Saint-Louis à Chambly. Il restera en poste jusqu'en 1696. Il arrivera avec son légendaire chien « Niagara ». Fidèle compagnon, chien sentinelle et « courrier du roi », celui-ci deviendra vite un héros dans le triangle des forts de La Prairie, Chambly et Boucherville.

Troisième fort[modifier | modifier le code]

Le fort Chambly en 1863

Durant la guerre de Succession d’Espagne, de nouveaux ennemis s’ajoutèrent aux Iroquois : les Britanniques. C’est en novembre 1702 que le deuxième fort de bois fut détruit par un incendie accidentel. Les troupes régulières furent affectées à la reconstruction d’un troisième fort de bois. L’enceinte formée de pieux s’élevait à 12 pieds de hauteur. En 1709, pour améliorer son efficacité face à l'artillerie anglaise, le gouverneur de l'époque, Philippe de Rigaud de Vaudreuil, ordonna de remplacer la palissade de bois par une muraille de pierre. C’est entre 1709 et 1711 que les Français procédèrent à la construction d'un fort de pierre.

L'ancien commandant du fort Frontenac, François Dejordy-Moreau, devint le nouveau commandant du fort Chambly entre 1711-1712.

Lors de l'invasion britannique de la Nouvelle-France par le Lac Champlain, en septembre 1760, les troupes américano-britanniques utilisèrent un bouclier humain pour prendre le fort de Chambly.

« Le jeudi 4 septembre au matin... un détachement est parti vers Chambly ; ils étaient environ un millier d'hommes commandés par le colonel Derby... Sans perdre de temps, un détachement se rend dans chaque maison pour y chercher les femmes et leurs enfants. On les conduit devant le fort pour former une muraille humaine devant les assiégeants. Aussitôt, les défenseurs cessent leurs tirs et regardent avec effarement le déroulement des événements. Dès que tout est mis en place, le brave Derby, ... donne l'ordre à ses hommes de faire feu au-dessus des têtes des otages. Lusignan... envoie un émissaire... (Derby répond) que s'ils ne se rendent pas immédiatement, il les soumettra tous (la garnison) par les armes[1]. »

C'est pour cela que d'autres auteurs, croyant à la propagande des conquérants britanniques, ont répandu l'idée que le fort se rendit aux Anglais sans combattre. Quelques mois plus tard, toutes les troupes françaises de la Nouvelle-France quittèrent définitivement l'Amérique. Ces Anglais tiennent le fort jusqu'au 20 octobre 1775, date de son invasion par les Américains. Les Britanniques en reprirent le contrôle en juin 1776. Au début de la guerre de 1812, ils y aménagèrent un important complexe militaire et le fort Chambly resta en leur possession jusqu'à la fin du conflit. Mal entretenu et décrépit, il fut abandonné en 1851.

Restauration[modifier | modifier le code]

Natif de Chambly, Joseph-Octave Dion s’attacha au vieux fort en ruine et entreprit en 1881 de sauver ce qui, à ses yeux, était un véritable monument historique.

Il était journaliste, il écrivit plusieurs articles sur le sujet et obtint finalement des fonds du gouvernement canadien pour restaurer le bâtiment. Dion mourut au fort après y avoir habité pendant près de 35 ans. À son décès, le fort fut confié à Parcs Canada.

Photos du Fort Chambly[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Réal Fortin, Le Fort de Chambly, Les cahiers du Septentrion, 2007, 213 pages, (ISBN 2-89448-496-8)
  • Cyrille Gélinas, Le rôle du fort de Chambly dans le développement de la Nouvelle-France, 1665-1760, 1977, 192 pages, Ottawa, Ministère des Approvisionnements et Services Canada, 1983, (ISBN 0-660-91049-7)
  1. R. Fortin, Le Fort de Chambly, p. 95

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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