Agence France-Presse

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Agence France-Presse

alt=Description de l'image Afp_2012_(logo).png.
Création 1944
Personnages clés Jean Marin, Pierre Louette, Henri Pigeat, Charles-Louis Havas
Forme juridique Organisme privé à statut particulier, fonctionnant selon les règles commerciales
Siège social Drapeau de France 11, 15 place de la Bourse, Paris (France)
Direction Emmanuel Hoog, Président-directeur général[1]
Activité Agence de presse
Produits Nouvelles
Effectif 3 760 (2011)
Site web www.afp.com
Chiffre d’affaires 280 millions € (2011)

L’Agence France-Presse (AFP) est une agence de presse mondiale et généraliste chargée de collecter, vérifier, recouper et diffuser l'information, sous une forme neutre, fiable, et utilisable directement par tous types de médias (radios, télévision, presse écrite, sites internet) mais aussi par des grandes entreprises et administrations. Réalisant la moitié de son chiffre d'affaires commercial à l'étranger, l'AFP est implantée dans environ 150 pays avec 200 bureaux. Elle assure depuis 1957 une couverture complète de l'actualité mondiale, dans tous les domaines et sous toutes ses formes : photographie, infographie, vidéo et texte dans six langues. À la différence de son lointain ancêtre Havas, l'AFP n'a pas d'actionnaire. Son conseil d'administration est composé majoritairement d'éditeurs de presse, à l'instar de l'Associated Press et de Reuters jusqu'en 1984. Pour garantir son indépendance, la loi exige qu'elle équilibre son budget, après amortissement comptable des investissements, l'AFP ayant de plus accès aux marchés financiers pour emprunter.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ancêtre, l'agence Havas[modifier | modifier le code]

L'AFP a repris les locaux et les clients du bureau de presse fondé en 1825 par Charles Louis Havas, fils de l'inspecteur royal de la Librairie de Rouen, chargé du contrôle des livres étrangers, et devenu négociant en coton après la Révolution française. Havas fait fortune dans les ports de Nantes et Lisbonne lors de l'émigration au Brésil de la famille royale portugaise, puis sur les obligations. Entièrement ruiné par la crise boursière de 1825, il crée à Paris le petit Bureau de traduction des journaux étrangers, futur Bureau de nouvelles puis reprend en 1832 la Correspondance Garnier, l'ex-Bureau Bornsteïn, fondé en 1811, et sa précieuse clientèle de plusieurs centaines de lecteurs outre-Rhin[2]. Il rachète aussi la Correspondance Degouve-Denainques et la Correspondance de Paris, puis créé en 1835 l'Agence des Feuilles Politiques-Correspondance Générale, expédiée dès 1838 en Hollande, Belgique, Allemagne, Angleterre et "à quelques organes de l'opinion légitimiste dans les départements"[3], en communiquant par le télégraphe de Chappe[4]. Vers 1840, Havas et Delaire diffusent quatre services : une Correspondance politique destinée aux préfets et aux sous-préfets, une autre pour la presse départementale, et un petit bulletin aux membres du gouvernement, résumant les nouvelles de la veille et de la nuit. Pour les hommes d'affaire, une feuille synthétique résume des extraits de journaux, quelques faits boursiers et la cote des obligations. Les milliers de pigeons-voyageurs d'Havas relient Paris, Londres et Bruxelles lors du krach de 1847. En 1851, le premier câble transmanche l'amène à bifurquer vers le télégraphe électrique, utilisé par ses ex-employés installés à leur compte, Paul Julius Reuter et Bernhard Wolff. Juste avant sa retraite en 1852, Charles-Louis Havas se lance dans la publicité, en entrant au capital du Bulletin de Paris[5], fondé en 1845 par Charles Duveyrier (1803-1866)[6] pour servir La Presse d'Émile de Girardin. Sa régie donne aux journaux de toutes tailles l'accès à des publicités nationales et aux nouvelles, en échange d'espaces publicitaires réservés. Ses héritiers et les lois sur le télégraphe de 1878 favorisent ensuite l'avènement de la Petite presse. L'Agence s'installe au 13 place de la Bourse, dans l'immeuble du restaurant Champeaux puis profite dans les années 1920 du boom de la publicité financière.

L'après guerre[modifier | modifier le code]

L'immeuble actuel de l'Agence France-Presse fut le premier pris par les résistants, lors de la Libération de Paris. Le groupe de journalistes clandestins qui s'en empare diffuse la première dépêche de l'AFP le 20 août 1944[7], cinq jours avant l'arrivée des blindés du général Leclerc.

« Grâce à l’action des Forces Françaises de l’Intérieur, les premiers journaux libres vont paraître », révèle la dépêche[7].

L'AFP naît officiellement par une ordonnance du 30 septembre 1944. Elle reprend le bâtiment de l'OFI, créé par Vichy à partir de l'agence Havas, que l'occupant avait transformée en officine de propagande, au mépris d'une histoire qui remonte à 1835[8]. L'AFP a aussi hérité des structures nées sous l'occupation : l'Agence française d'information (AFI) lancée à Londres en 1940, l'Agence France-Afrique à Alger en 1942, et l'Agence d'information et de documentation (AID), créée en 1944.

Alors qu'Havas avait profité d'un cartel des agences, réservant à chacune sa part de la planète, l'AFP affronte un marché ouvert des agences de presse, imposé par la montée en puissance des trois américaines, Associated Press, UPI et INS, à qui la jurisprudence a interdit les accords d'exclusivité. Près d'une dizaine d'agences rêvent alors d'une envergure mondiale, permettant de mutualiser les coûts entre un très grand nombre de clients.

L'AFP ne récupère qu'une partie du réseau international d'Havas, qui avait profité des déboires du rival Reuters au début des années 1920 pour augmenter sa capitalisation par étapes : 105 millions de francs en 1930 contre 28 millions en 1921[9], grâce à sa "vache à lait", la publicité financière, la bourse de Paris ayant quintuplé dans les années 1920. Et la donne a depuis changé : Reuters, qui appartient depuis 1941 à la presse britannique, s'est reprise dans les années 1940, triplant son nombre des correspondants et son chiffre d'affaires. La presse anglophone, en Inde, Australie et Nouvelle-Zélande[10], est associée à son "Reuters Trust", créé en 1941 pour garantir l'indépendance rédactionnelle. Le gouvernement anglais reste à l'écart, se gardant de rééditer les censures malheureuses de 1914-1918 et les pertes de Reuters sont effacées par les bénéfices d'une nouvelle filiale, Comtelburo (finances, matières premières)[11].

L'AFP subit aussi dès 1951 la concurrence de l'ACP, créée par deux groupes de presse de gauche. En 1957, elle compte 25 bureaux en province mais seulement 59 "outre-mer", dont 13 dans les colonies. Quarante ans après, elle aura 112 bureaux à l'étranger, presque deux fois plus[12], grâce au vote à l'unanimité par le parlement, le 10 janvier 1957, d'une loi garantissant son indépendance par un statut spécial[13], proche de celui de Reuters ou de l'Associated Press américaine, puisque la majorité des administrateurs seront désormais des éditeurs de presse. La clientèle internationale est développée par Jean Marin, ex-journaliste de Radio Londres, l'artisan du nouveau statut, auteur de la maxime "l'AFP ne peut fonctionner que si celui qui paye ne commande pas". Dès 1958, il ouvre un bureau à Pékin. Élu président en 1957, il le reste jusqu'en 1975, quand le chiffre d'affaires atteint 196 millions de francs[14]. Il s'allie avec les quotidiens du sud-est qui créent en 1967 l'agence Aigles. Pour consolider l'expansion internationale, il veut un « Manuel de l'agencier », qui codifie les règles professionnelles, en 1971, année de rédaction de la charte internationale de déontologie.

Croissance internationale, investissements en informatique, photo, vidéo et finance[modifier | modifier le code]

L'AFP ouvre un bureau à Pékin en 1958 puis acquiert de grands clients comme le Washington Post, le Los Angeles Times, et d'autres quotidiens américains en 1972, après le scoop de Charles Biétry lors de la Prise d'otages des Jeux olympiques de Munich. L'expansion internationale accompagne celle de grands clients français:Le Monde triple sa diffusion en 20 ans, France-Soir dépasse le million d'exemplaires dans les années 1960, avec de nombreuses pages internationales. En 1974, la surenchère entre syndicats amène le SNJ à réclamer, sans l'obtenir, une taxe pour financer le changement de dimension de l'AFP[15]. L'expansion se fait par autofinancement.

L'AFP poursuit sa forte croissance internationale après le départ de Jean Marin. De 1977 à 1995, elle quadruple son chiffre d'affaires en 18 ans, période au cours de laquelle celui du leader mondial, l'américain Associated Press, ne fait que doubler, malgré la quasi-disparition du rival américain United Press. Alors qu'elle était encore 4 fois plus importante que Reuters en 1964, l'Associated Press est aussi dépassée en trombe par la britannique, qui réussit dès les années 1960 une percée sur le marché de l'information financière aux États-Unis puis à l'échelle mondiale : Reuters multiplie par 16 son chiffre d'affaires en 15 ans[16], entre 1965 et 1981, puis lance sa propre introduction en Bourse en 1984.

Chiffre d'affaires en dollars UPI AFP Associated Press (AP) Ecart entre AFP et AP Reuters
1961 NC NC NC NC 4,01 millions
1964 NC NC 28,7 millions NC 6,1 millions
1977[17] NC 43 millions 100 millions 135% 67 millions
1980[18] 90 millions 70 millions 140 millions 100% 150 millions
1995[17] démantelée 147 millions 230 millions 56% 2,703 milliards

Dès 1971, l'AFP utilise la transmission par satellite pour ses dépêches, puis ses photos. En 1973, le conseil d'administration décide d'informatiser la rédaction, mission accomplie dès 1975, ce qui aide ses clients médias à l'imiter. Les années 1980 voient éclore de nouveaux produits : téléphotographie en 1985, minitel en 1986 et infographie en 1988. Toutes les agences de presse subissent alors la guerre des prix lancée par l'américaine United Press International, qui lutte pour sa survie et cumule 24 millions de dollars de pertes en six ans. Pour l'AFP, cela se traduit par une grave crise financière, amenant les administrateurs presse à durcir le ton, pour réduire d'un cinquième l'effectif de l'AFP à partir de 1986. L'ACP, elle, disparaît.

En 1991, le chiffre d'affaires de l'AFP dépasse le milliard de francs. La part des clients publics revient à moins de 50 %, puis à 40% dix ans après. Le PDG Claude Moisy vient de lancer un service d'informations financières en anglais, en implantant dans les bureaux à l'étranger AFX News, coentreprise avec le britannique Extel, qui rapportera 16 millions d'euros lors de sa cession en 2006. Le Financial Times en devient actionnaire en 1993. AFX News emploie 35 journalistes dans 13 villes d'Asie dès 1997, l'année de l'ouverture d'une direction régionale AFP à Montevideo après celle de Hong Kong en 1982. L'AFP vient aussi de livrer son premier journal internet clés en main. Elle développe après 2001 un département AFP-TV, s'inspirant de Visnews, cofondé en 1957 par Reuters et la BBC.

Les dépenses et déficits découlant de la bulle Internet en 1998-2002[modifier | modifier le code]

Les comptes de l'AFP font ressortir un bénéfice brut d'exploitation qui lui permet d'autofinancer largement ses investissements. Mais à court terme, son bénéfice net est amputé par des coûts de restructuration, en raison des pertes nettes apparues depuis 2000, en violation de l'article 12 de son statut d'indépendance, prévoyant que l'AFP ne peut rester en déficit. Sur fond de bulle Internet et de loi sur les 35 heures, les dépenses ont en effet progressé de 25 % entre 1998 et 2000, sous la présidence d'Eric Giuly, accusé par les syndicats d'avoir secrètement tenté de privatiser l’AFP pour "l'adosser à Vivendi"[19]. La filiale AFX, qui sera revendue 16 millions d'euros en 2006, affiche un déficit béant en 2002. À partir de 2002, plusieurs plans de préretraites suppriment 110 emplois, pour un coût de 30 millions d'euros[20], qui dévore un bénéfice brut d'exploitation jusque là consacré à l'autofinancement. Début 2004, l'AFP subit le désabonnement du Washington Post et de Metro. Pour donner une explication, son PDG Bertrand Eveno oppose les clients les uns aux autres, au mépris du principe des économies d'échelle, en déclarant ne pas vouloir que ´´la République des Pyrénées paie pour le développement de l’agence en Inde"[21] et refusant le projet de diffuser en chinois et en russe.

Année 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Chiffre d'affaires[22] 202,9 211,9 235,3 244,8 249,8 242,4 246,6 262,7 270,9 272,2 281 281 280
Effectif CDI + CDD[réf. nécessaire] 1443 1453 1420 1389 1370 1350
Résultat brut d'exploitation[réf. nécessaire] 14,3 9,8 2,3 3,9 –4,6 3,5 8,7 13,4 15,4 19 21,4 21,8
Investissements non financiers[réf. nécessaire] 13,7 12,6 12 11
Résultat net[22] 0,0 0,1 –12,9 –4,7 –19,7 –14,3 –5,8 1,3 0,4 6,1 1 8,9 0,4 0,5

En 2003, la cession provisoire de l'immeuble parisien oblige l'AFP à le racheter progressivement jusqu'en 2011, via un crédit-bail. Une fois payées les annuités, elle consacre le reste de sa marge d'exploitation (19 millions d'euros en 2008 comme en 2007) à investir et réduire sa dette. Une provision de 5 millions d'euros est passée en 2008, en prévision d'un autre plan de départs, qui n'aura pas eu lieu. Fin 2008, le PDG est parvenu à ramener l'endettement à 37 millions d'euros (crédit-bail compris), soit seulement six semaines de chiffre d'affaires. Les travaux de déménagement, transformation du siège social et investissement dans un système informatique externalisé ont ensuite pesé sur les comptes. À l'automne 2007, la direction souhaite créer huit postes à l'international pour AFP TV, en supprimant des emplois dans les bureaux de province. Trois syndicats sur 5 réclament une grève puis y renoncent, faute d'une majorité suffisante lors d'un vote du personnel, tandis qu'un compromis est négocié pour répartir l'effort aussi au siège.

Les États-Généraux de la presse et le projet de transformation en société par actions[modifier | modifier le code]

Lors de ses vœux à la presse du 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy annonce des réformes pour les média, qu'il détaille les mois suivants[23]. Le 20 mars, le PDG de l'Agence Pierre Louette révèle un projet visant à mettre fin au statut coopératif de l'AFP - qui n'a jamais eu d'actionnaires - pour en faire une société par actions, avec un "actionnaire public stable". Il évoque aussi la possibilité, pour les salariés, d'entrer au capital[24]. Les syndicats n'ont pas été consultés et craignent une privatisation[25], qui est réclamée par le député UMP Claude Goasguen[26]. Peu après, débute une polémique[27] sur la couverture par l'AFP, jugée insuffisante, de communiqués UMP réagissant à la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-attachées parlementaires, ce qui déclenche une manifestations des salariés de l'AFP[26]. Le 30 mai[28], Nicolas Sarkozy demande à Danièle Giazzi, députée UMP, "de formuler des propositions de mesures d'accompagnement" pour aider les média à migrer vers Internet. Il annonce des états généraux de la presse écrite[29]. Le rapport de Mme Giazzi, publié le 17 septembre, préconise d'ouvrir le capital de l'AFP[30], mais sans guère recueillir de soutien à l'UMP ni dans d'autres partis.

Le 23 octobre 2008, alors que les états généraux débutent, le gouvernement français demande la création d'une société par actions[31]. Craignant un double risque d'étatisation et de privatisation, les six syndicats de l'AFP, SNJ, USJ-CFDT, SNJ-CGT, FO, SUD et CGC, lancent le 27 novembre 2008 une pétition électronique[32]. Parmi les 22 000 signataires, nombre d'intellectuels et personnalités : Rony Brauman, Edgar Morin, Jacques Delors, Noam Chomsky, Jean Ziegler, Axel Kahn, Danielle Mitterrand ou Jean Peyrelevade. Les six syndicats recueillent ensuite 100 % des voix aux élections professionnelles de mars 2009, marquée par un bond de la participation : 63,7 % des inscrits, +8 points sur 2007[33]. Les états généraux de la presse écrite ne soutiennent pas le projet de réforme, qui n'est même pas abordé. Le gouvernement demande quand même au PDG de l'effectuer, mais sans insister beaucoup, Claude Moisy, ex-PDG qui a fait sa carrière aux États-Unis, avertissant dans une tribune libre au Monde[34] que le statut de 1957 protège la crédibilité internationale acquise par l'AFP. Les salariés déclenchent aussi grèves et manifestations. Début 2010, Pierre Louette quitte l'AFP avant la fin de son second mandat : il vient d'être nommé secrétaire général de France Télécom[35]. Son successeur Emmanuel Hoog annonce que le changement de statut n'est plus à l'ordre du jour.

Nouvelle tentative de changement du statut en 2011 : la proposition de loi sénatoriale[modifier | modifier le code]

Le 16 mai 2011, dans la plus grande discrétion, une proposition de loi est déposée au Sénat par Jacques Legendre, visant à changer le statut de l’AFP. Cette fois, plus question d'ouvrir le capital de l'entreprise, mais de réduire la présence des éditeurs de presse au conseil d'administration de l'AFP, sans diminuer celle de l'État. Cinq des six syndicats de l'AFP appellent à une assemblée générale[36] le 23 mai : grève et motion de défiance contre la direction sont votées à l'unanimité, moins 10 abstentions[37]. La SDJ demande à son tour un "référendum du personnel". Le 1er juin, le PDG accepte de recevoir les syndicats. La CFDT est la dernière à se prononcer, par un communiqué du 6 juin, demandant au gouvernement de "laisser l’AFP travailler"[38]. Le lendemain, une nouvelle grève de 24 heures est votée.

Le 8 juin, le Sénat renonce à inscrire la proposition de loi à l'ordre du jour de sa session de juin. En juillet, Olivier Baube, de la SDJ, est élu administrateur de l'AFP avec 37% des voix chez les journalistes contre 34% pour Samir Douaihy, candidat de l'ADIAFP, association rivale créée en 2009 pour mieux défendre l'indépendance[39] et 22% à une liste FO-Unsa-SNJ. Le 17 août, le Canard Enchaîné publie la copie d'un devis de 114 400 euros[40] de Media9[41], société de Pierre-Jérôme Henin, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy[42], visant à relancer la promotion de la proposition de loi via "une cartographie des adversaires/alliés"[43], au sein des différents syndicats, et une charte des "éléments de langage". La direction répond que "des propositions lui sont faites régulièrement", mais qu'elle "n’a pas donné suite"[40]. Elle estime "nécessaire" une évolution "pour améliorer la gouvernance de l'agence", et "se mettre en conformité avec les exigences du droit" européen[44]. Le 7 septembre, une motion de défiance est votée à bulletins secrets, à 88%, avec la participation de 58% des 1380 salariés inscrits[45], accompagnant une nouvelle grève de 24 heures. Le SNJ-CGT devient dix jours après le 2e syndicat de la rédaction derrière le SNJ, alors que la CFDT fut longtemps 1re[46], avant la suppression en décembre 2003 du service de son leader[47], qui avait entraîné son départ, avec tous les élus CFDT, à la CGT, pour diriger le comité d'entreprise, après avoir révélé une affaire de bonus[48]. Fin septembre, le PDG annonce l’ouverture d’un "cycle de concertation avec les partenaires sociaux" sur la réforme, qui est abandonnée en octobre, juste après l'alternance au Sénat.

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Six langues diffusées et 150 pays couverts par 80 nationalités[modifier | modifier le code]

Siège de l'AFP place de la Bourse à Paris.

Basée à Paris, l'AFP couvre 200 pays, grâce à 150 bureaux, 50 correspondants locaux et cinq centres régionaux :

  1. Washington DC (Amérique du Nord)
  2. Hong Kong (Asie-Pacifique)
  3. Montevideo (Amérique latine)
  4. Nicosie (Moyen-Orient)
  5. Paris (Europe et Afrique)

L’AFP affirme employer 3700 collaborateurs de 80 nationalités différentes, dont bon nombre de pigistes. Elle informe en six langues (français, anglais, espagnol, allemand, portugais et arabe), 24 heures sur 24, et a lancé en 2010 des pages officielles sur Facebook, en français et en anglais[49].

Au début du XXIe siècle, l'étranger représente la moitié des ventes commerciales et les abonnements aux ministères, préfectures, ambassades, agences et services publics pèsent pour 40 % du chiffre d'affaires[50].

Le statut d'indépendance et de neutralité[modifier | modifier le code]

Le statut particulier de l'AFP fut créé par la loi du 10 janvier 1957, votée à l'unanimité par le parlement français, suite à une mission de réflexion de 18 mois, souhaitée par Jean Marin (président de l'AFP de 1954 à 1975), et lancée par le premier ministre Pierre Mendès France.

L'AFP est « un organisme autonome doté de la personnalité civile » au « fonctionnement assuré suivant les règles commerciales ». Sa mission est « de rechercher, tant en France qu’à l’étranger, les éléments d’une information complète et objective » et de les « mettre à la disposition des usagers ». Le spécialiste de droit public Jean Waline y voit une personne morale de droit public sui generis ou innommée. Mais le Conseil d'État l'a qualifiée d'organe de droit privé sui generis, dans un avis d'assemblée du 10 juin 2004 relatif au statut juridique du siège de l’AFP[51].

L'AFP est gouvernée par un conseil d'administration de 16 membres :

La loi de 1957 a également institué un conseil supérieur de 8 membres, qui veille au respect par l’AFP de la mission impartie par ses statuts, et reçoit les plaintes des usagers ou des professionnels. Généralement qualifié de juridiction administrative spéciale (Jean Waline) ou d'autorité administrative indépendante (Rapport 2001 du Conseil d'État), il peut sanctionner le PDG.

Une commission financière composée de deux membres de la Cour des comptes française et d'un expert désigné par le ministre de l’économie et des finances surveille sa gestion financière[52].

Le contenu éditorial a été plusieurs fois contesté. Le député UMP Frédéric Lefebvre s'est plaint en 2008 que sa réaction à une condamnation de Ségolène Royal n'ait pas été reprise[53]. L'AFP a répliqué que « L'affaire de la condamnation de Mme Royal a été largement traitée sur les fils de l'AFP, qui ne saurait par ailleurs répercuter systématiquement les très nombreux communiqués qu'elle reçoit. Le choix de traiter ou pas un communiqué dépend de sa valeur informative[54]». À l'inverse, des associations de la gauche radicale déplorent la trop grande couverture accordée à Nicolas Sarkozy[55] ; tandis que l'intersyndicale déplore l'insuffisante protection des sources des journalistes[56].

Le financement par une convention pluriannuelle[modifier | modifier le code]

L'AFP n'a pas d'actionnaires, mais dispose de capitaux propres résultant de ses excédents bruts d'exploitation. Son statut lui interdit d'être subventionnée directement par l'État, ce qui mettrait en doute son indépendance. Elle dépend donc de ses seules ressources commerciales, dont 40% d'abonnements par les services publics.

Son statut, défini par une loi de 1957 votée à l'unanimité par le parlement français, prévoit une indexation des abonnements des services publics (40 % du chiffre d'affaires en 2004) sur le coût des transmissions télégraphiques et sur le montant des abonnements des clients privés, dans le cadre d'une convention[52] pluriannuelle, afin de limiter les rendez-vous avec l'État. En 2011, les abonnements de l'État représentaient 115 millions d'euros[57].

Avec ce statut, les journalistes revendiquent l'indépendance absolue de la ligne éditoriale[58] en soulignant que le montant des abonnements est fixé à l'avance, ce qui assure à l'entreprise une visibilité à moyen terme, qui est réclamée par le député UMP Claude Goasguen[26].

La pérennité de ce mode de financement est garantie par la jurisprudence de la Cour de justice des communautés européennes, via l'Arrêt Altmark, qui autorise le financement d'entreprises privées comme l'AFP, ou comme les écoles privées, à condition de respecter quatre critères, dont l'accomplissement d'une mission d'intérêt général. L'article 14 de la loi de 1957 sur le nouveau statut prévoit que l'AFP ne peut être dissoute[52], avec interdiction de liquider ses actifs, même en cas de pertes, pour éviter tout chantage à la faillite.

Après les pertes financières apparues lors des crises monétaires et pétrolières de la période 1979-1982, l'État a proposé en 1982 à l'AFP d'éponger les pertes par un prêt, en échange d'un plan à dix ans. Mais il transforme ce plan en contrat d'objectifs et de moyens sur cinq ans, qui n'inclut pas de développement international ou de la photo, et les restructurations nécessaires sont repoussées. Les administrateurs issus de la presse s'inquiétent des hésitations de l'État et montent au créneau : l'AFP est contrainte en 1986-1987 à une restructuration tardive et brutale[59], le plan Pigeat, qui supprime 150 postes.

L'AFP et l'information gratuite sur Internet[modifier | modifier le code]

L'AFP ne diffuse normalement pas ses informations, photos et vidéos auprès du grand public. Ses centaines d'abonnés médias paient en fonction de leur taille, un système imaginé pour favoriser la création de nouveaux médias et encourager la diversité de la presse magazine et régionale, deux industries très développées en France. Mais s'ils rediffusent gratuitement sur Internet des dépêches, l'AFP les leurs facture plus cher[réf. nécessaire].

L'information rediffusée gratuitement par les sites Internet des grands abonnés de l'AFP fragilise en effet la presse écrite dans son ensemble[réf. nécessaire], même quand elle dispose de ses propres sites gratuits, car les lecteurs quittant le papier pour Internet[60] rapportent dix fois moins de publicité et souvent aucun abonnement. Sur 2 milliards d’euros de dépenses publicitaires en France sur Internet, 800 millions vont à Google et 420 millions aux PagesJaunes[61][réf. nécessaire].

L'AFP a gagné en 2006 un procès contre Google, qui diffusait gratuitement les informations de l'AFP sur Internet[62][réf. nécessaire].

L'AFP et les réseaux sociaux[modifier | modifier le code]

En septembre 2010, une cellule réseaux sociaux a été créée à la rédaction en chef centrale de l'agence à Paris. Cette cellule, qui n'était constituée que d'une seule personne à l'origine, en comptait quatre fin 2013 (trois journalistes francophones et un anglophone). Cette cellule a deux missions principales : assurer la présence de l'AFP sur les réseaux sociaux ; former et accompagner les journalistes de l'agence à la pratique et à l'usage des réseaux sociaux. Ceux-ci, particulièrement Twitter, sont quotidiennement utilisés par les journalistes.

Fin 2013, l'AFP est présente sur Twitter en français, anglais, espagnol, allemand et arabe, ainsi que sur Facebook, en français et anglais. L'agence compte également deux pages Google+ en français et anglais, un Tumblr qui met en avant le travail de ses photoreporters et une page Pinterest mettant également en valeur la production de ses photographes à travers le monde.

Les présidents[modifier | modifier le code]

Les dix premières années de son existence, l'AFP n'avait qu'un directeur. À partir de 1957, un président est élu pour trois ans.

Cinq des dix présidents de l'AFP ont fait plus d'un mandat. Henri Pigeat est resté 7 ans, tandis que Jean Marin, le président à l'origine du statut d'indépendance et de neutralité, 21 ans, soit sept mandats consécutifs. L'élection en 1978 de Roger Bouzinac, ancien des cabinets ministériels et premier non-journaliste à la tête de l'entreprise, avait provoqué la démission d'Hubert Beuve-Méry, patron du Monde pour dénoncer « le fait du prince »: le gouvernement avait d'abord envisagé de nommer un ambassadeur de France, puis des administrateurs représentant des médias publics s'étaient alliés à une partie des éditeurs de presse.C'est le seul PDG à n'avoir pas fini son premier mandat, avec Eric Giuly, victime d'une motion de défiance des salariés, sur une question de déontologie. Henri Pigeat est parti après une grave crise financière et politique, sur fond de dumping de l'agence concurrente, United Press International, disparue peu après.

Références[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Agence France-Presse, Abécédaire de l'AFP : Comment l'agence informe sur le monde, Victoires, collection Métier journaliste, 2010, 243 p. (ISBN 978-2-35113-058-2)
  • Agence France-Presse, Agence France-Presse 1944-2004. Photographies, BNF, 2004, 127 p. (ISBN 978-2-7177-2318-2)
  • Claude Castéran, Aux sources de l'info : L'Agence France-Presse, Actes Sud Junior, 2012, 98 p. (ISBN 978-2-330-00535-1) (pour expliquer l'AFP aux enfants)
  • Collectif, L'Agence : les photojournalistes de l'Agence France-Presse, La Martinière, 2001, 420 p. 29, 5 x 34 cm relié, (ISBN 978-2-7324-2768-3)
  • Jean Huteau et Bernard Ullmann, AFP, une histoire de l'Agence France-Presse : 1944-1990, Robert Laffont, 1992, 570 p. (ISBN 978-2-221-05883-1)
  • Camille Laville, Les transformations du journalisme de 1945 à 2010 : le cas des correspondants étrangers de l'AFP, De Boeck, 2010, 222 p. (ISBN 978-2-8041-6241-2)
  • Jean Robin, Le livre noir de l'AFP, Tatamis, 2014, 180 p. (ISBN 978-2917617823)
  • Jacques Thomet, AFP, 1957-2007 : les soldats de l'information, Hugo & Cie, collection Hugodoc, 2007, 470 p. (ISBN 978-2-7556-0195-4)

Prix[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel Berretta, « Emmanuel Hoog, élu pape de l'AFP », Agence France-Presse,‎ 15 avril 2010 (lire en ligne)
  2. "When news was new", par Terhi Rantanen", page 30
  3. "Des petits journaux aux grandes agences", par Michael B. Palmer - 1983 - page 343
  4. "Les mots de la presse écrite", par Serge Bénard, Belin, 2002
  5. "Histoire de la presse, 1914 à 1939", par Raymond Manevy, Éditions Corréa & cie, 1945, page 138
  6. "La Société Générale des annonces (1845-1865", par Gérard Lagneau
  7. a et b http://caveat.ouvaton.org/2009/08/19/65-ans-de-lafp-des-%C2%ABjournaux-libres%C2%BB-a-linternet-libre/
  8. (fr) AFP / Historique
  9. « Un siècle de chasse aux nouvelles : de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957) », par Pierre Frédérix – 1959, page 338
  10. Biographie de Christopher Chancellor par Time Magazine
  11. "Breaking News: How the Wheels Came off at Reuters", par Brian Mooney et Barry Simpson, page 7 [1]
  12. "The globalization of news", par Oliver Boyd-Barrett et Terhi Rantanen, page 29
  13. Loi portant statut de l'AFP
  14. "Quatre milliards de journaux : la presse de province", par François Archambault et Jean-François Lemoine - 1977 - page 223
  15. Jean Huteau et Bernard Ullmann, AFP, une histoire de l'Agence France-presse : 1944-1990, page 313, ed. Robert Laffont, 1992. (ISBN 978-2-221-05883-1)
  16. "The globalization of news", par Oliver Boyd-Barrett et Terhi Rantanen, page 29
  17. a et b « The Globalization of News », par Oliver Boyd-Barrett, Terhi Rantanen, page [2]
  18. "Translation in Global News", par Esperanca Bielsa, Susan Bassnett, page 44 [3]
  19. Primes, rotations et action syndicale, SNJ-AFP
  20. http://extranet.senat.fr/commission/cult/cult031219.html
  21. [4]
  22. a et b http://www.afri-ct.org/IMG/pdf/78_Mathien.pdf
  23. En juin, il annonce sa volonté que le président de France Télévisions soit désormais nommé en Conseil des ministres, après avis conforme du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) [5]
  24. "Le PDG de l'AFP suggère un actionnaire public stable et des salariés au capital de l'Agence", par l'AFP, le 20 mars 2008 [6]
  25. Dépêche AFP du 20 mars 2008
  26. a, b et c "AFP : la polémique rebondit sur la privatisation" par Le Point du 23/05/2008 [7]
  27. "L'UMP accuse l'AFP de rouler pour Ségolène Royal", par Julien Martin, dans Rue89 du mai 2008 [8]
  28. Acteurs Publics du 30 mai 2008 [9]
  29. "Nicolas Sarkozy : La presse est une industrie stratégique qui mérite d'être développée", dans Le Monde du 16.07.2008 [10]
  30. "Médias : à qui profite le rapport Giazzi ?", dans Le Point du 17 septembre 2008 [11]
  31. "Statut de l'AFP : le PDG chargé de faire des propositions de modernisation", par l'AFP, 23 octobre 2008, sur le blog de Danièle Giazzi [12]
  32. « Le comment et le pourquoi », sur SOS AFP (consulté le 14 août 2009)
  33. http://www.blog4ever.com/blogfichiers/70633/fics/70633090414083524.pdf
  34. http://www.sos-afp.org/fr/node/27106
  35. "Pierre Louette quitte l'AFP pour France Télécom", dans Le Monde du 24.02.2010 [13]
  36. Communiqué des syndicats CGT, FO, SNJ, CGC, SUD et CFTC de l’AFP
  37. Quand la majorité devient "une partie", la minorité minore, Communiqué CGT toutes catégories de l'AFP [14]
  38. "Le gouvernement doit laisser l’AFP travailler", site de la CFDT-Journalistes [15]
  39. Élections au CA de l'AFP
  40. a et b "L’AFP en sale État" par FRÉDÉRIQUE ROUSSEL, dans Libération du 25 août 2011 [16]
  41. "Crise de gouvernance à l'AFP. Changement de statuts ou main mise de l'État ? Pour les salariés de l'agence de presse, qui ont voté à 88% une motion de défiance contre leur P.-D.G. Emmanuel Hoog, leur indépendance est en danger", par Richard Sénéjoux, dans Télérama du 07/09/2011 [17]
  42. "Tensions à l'AFP autour d'une éventuelle réforme de son statut", dans L'Express du 31/08/2011 [18]
  43. Canard Enchaîné du 17 août 2011 [19]
  44. "La motion de défiance contre le PDG de l'AFP adoptée à 88%", par Xavier Ternisien dans Le Monde du 08.09.2011 [20]
  45. "Grève de 24 heures à l'AFP sur le statut de l'agence", dépêche Reuters du 14/9/2011 sur le site Le Point [21]
  46. Résultats officiels
  47. Coup de force et règlement de comptes au service des cours ECO - matières premières [22]
  48. http://www.humanite.fr/node/337189
  49. Retrouvez l'AFP sur Facebook
  50. Aldo Cardoso, « Mission Cardoso sur la gouvernance des aides à la presse »,‎ 2010
  51. Conseil d'État, Assemblée générale – Avis n° 370.252 – 10 juin 2004 : « Il résulte de l’ensemble des dispositions de la loi du 10 janvier 1957, rapprochées des termes de l’exposé des motifs et éclairées par les travaux parlementaires, que l’Agence France-Presse présente le caractère d’un organisme de droit privé sui generis. » Consulté le 2 avril 2013
  52. a, b, c et d http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000315388
  53. « Frédéric Lefebvre : un sarkozyste contre l'AFP », L'Express,‎ 9 mai 2008 (consulté le 26 décembre 2009)
  54. « L'UMP accuse l'AFP de rouler pour Ségolène Royal », Rue 89,‎ 2 mai 2008 (consulté le 26 décembre 2009)
  55. « Quand Sarkozy parle, l’AFP claque des talons », ACRIMED,‎ 26 janvier 2006 (consulté le 26 décembre 2006)
  56. « A l’AFP, la police n’a qu’à passer commande ! », ACRIMED,‎ 28 octobre 2005 (consulté le 26 décembre 2006)
  57. Avis n⁰3806 présenté au nom de la commission des affaires culturelles et de l'éducation sur le projet de loi de finances pour 2012, tome VII, Médias, livre et industries culturelles : presse, par Michel Françaix, député
  58. http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/l-afp-fixe-les-regles-de-participation-de-ses-journalistes-aux-reseaux-sociaux_1040280.html
  59. Jean Huteau et Bernard Ullmann, AFP, une histoire de l'Agence France-Presse, 1944-1990, p. 444
  60. http://www.capresse.org/?p=1964
  61. http://www.precisement.org/blog/+Deboires-financiers-de-la-presse+.html
  62. http://www.generation-nt.com/afp-google-news-actualites-contenu-protege-plainte-actualite-15544.html
  63. Emmanuel Hoog réélu pour trois ans à la présidence de l'AFP. Consulté le 4 avril 2013
  64. Notice du fonds en salle des inventaire virtuelle des Archives nationales
  65. [23]2012 - Huit prix remportés par des photographes de l'AFP au POYi.
  66. http://geopolis.francetvinfo.fr/les-photographes-de-lafp-primes-en-2012-a-travers-le-monde-9325
  67. http://www.poyi.org/70/70WinnersList.html
  68. [24] Philippe Lopez remporte le 1er prix POYi
  69. [25]Photo de Philippe Lopez 1er prix POYi 2014