Guinée-Bissau

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11° 52′ 00″ N 15° 36′ 00″ O / 11.8667, -15.6

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La Guinée-Bissau ou Guinée-Bissao[1], en forme longue la République de Guinée-Bissau ou la République de Guinée-Bissao, en portugais Guiné-Bissau et República da Guiné-Bissau, est un pays lusophone de l'Afrique de l'Ouest. Sa capitale est Bissau. Le pays fait partie de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de Guinée-Bissau
Article détaillé : Géographie de la Guinée-Bissau.

La Guinée-Bissau qui doit son nom à sa capitale, Bissau, est un pays d'Afrique de l'Ouest lusophone, baigné par l'océan Atlantique, limité au nord par le Sénégal, à l'est et au sud par la République de Guinée (Conakry), états francophones.

La Guinée-Bissau s'étend sur 36 120 km2, 28 000 km2 de terre et 8 120 km2 de mer (ce qui est à peine plus étendu que la Belgique), y compris une soixantaine d’îles dans l’Atlantique, dont l'archipel des Bijagos (ou « archipel des Bissagos »).

Article connexe : Villes de Guinée-Bissau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, le royaume mandingue de Gabou exerce une forte influence sur la région. Les premiers contacts européens sont établis, en 1446, par le navigateur portugais Nuno Tristão, tué en prenant pied dans la zone. Le Portugal établit quelques comptoirs sur la côte.

En 1879, la région devient une colonie portugaise.

Les Portugais quittent le pays après la révolution des œillets en 1974. Le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert qui avait mené la lutte politique puis militaire pour l'indépendance remporte les élections. Après une lutte acharnée de 12 ans le peuple bissau-guinéen a vu sa proclamation d'État en 1973 à l'ONU.

Langue[modifier | modifier le code]

La langue officielle du pays est le portugais. La langue de communication (et langue maternelle d'environ un tiers de la population) est le créole guinéen qui s'est développé à partir du portugais. Les différentes ethnies maintiennent leurs langues.

Francophonie[modifier | modifier le code]

La Guinée-Bissau, entourée de pays francophones, compte une minorité significative[évasif] de ses habitants possédant des connaissances du français.

Le pays est membre de l'Organisation internationale de la francophonie[2] depuis 1979.

Politique[modifier | modifier le code]

À la suite d'un coup d'État militaire en 2003, le pays a depuis entrepris une phase de normalisation démocratique, culminant avec des élections législatives en 2004 et une élection présidentielle le 24 juillet 2005. Le 1er mars 2009, le chef d'état-major des forces armées, le général Tagmé Na Waié, est tué dans un attentat à la bombe. Le président João Bernardo Vieira, que certains militaires tiennent pour responsable de cet attentat[3], est assassiné à son tour, le 2 mars 2009, par des hommes en armes.

La Guinée-Bissau a été qualifié de « narco-État » par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime[4]. Selon Le Figaro, les attentats contre le général et contre le président Vieira auraient probablement été perpétrés par les trafiquants colombiens, peut-être en représailles contre la destitution en août 2008 du contre-amiral José Américo Bubo Na Tchuto (en), chef de la marine nationale soupçonné de couvrir le trafic[4], arrêté en mars 2013 par la DEA pour trafic de drogue et emmené aux États-Unis[5].

En avril 2010, un coup d'État — qui voit le retour de Bubo Na Tchuto au premier plan — est organisé par les militaires contre le premier ministre Carlos Gomes Junior[6]. Le premier ministre est relâché le lendemain, mais demeure en résidence surveillée, tandis qu'Antonio Njai se présente comme le nouvel homme fort de l'armée[7].

Le premier tour des élections présidentielles du 11 mars 2012 accorde au premier ministre sortant, Carlos Gomes Jr, 49 % des voix, et à l'ancien président Kumba Yala 23,3 %. Le second tour était initialement prévu pour le 22 avril mais les nombreux recours pour fraude massive de la part de cinq candidats poussent la commission électorale à le repousser d'une semaine. L'annonce a été faite le 11 avril.

Le lendemain, 12 avril 2012, Kumba Yala déclarait à la presse « Quiconque s'aventurera à battre campagne assumera la responsabilité de tout ce qui adviendra ». Dans la soirée, un putsch militaire bloque l'accès au palais présidentiel, à la radio et à la télévision nationales, aux différentes ambassades, au siège local des Nations unies et au siège du parti de Carlos Gomes Jr. Ce dernier est enlevé avec d'autres responsables politiques et interné à la forteresse d'Amura.

À la suite du coup d'État militaire de 2012, l'Union africaine suspend la Guinée-Bissau le 17 avril 2012.

Sources:

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de la Guinée-Bissau.

La Guinée-Bissau est divisée en 9 régions, elles-mêmes partagées en 37 secteurs.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Guinée-Bissau.

La Guinée-Bissau est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine.

La principale source de devises est l'exportation de noix de cajou, qui représente 60 % des revenus du pays. La Guinée-Bissau est le 3e producteur de noix de cajou d'Afrique, et le 6e mondial, avec sa production de 120 000 tonnes par an lui rapportant 60 millions de dollars. Le pays possède de nombreuses autres ressources naturelles : bauxite, bois, pétrole, phosphates... Son littoral, très riche en poissons, attire les pêcheurs de l'Union européenne qui viennent pêcher chaque année 500 mille tonnes de poisson, versant en échange à la Guinée-Bissau environ 7 500 000 €. Le potentiel agricole du pays est énorme, mais sa forêt, par exemple, n'est exploitée que de manière informelle.

Malgré ses nombreux atouts, la Guinée-Bissau est le troisième pays le plus pauvre du monde, parmi les pays les moins avancés (PMA). L'indicateur de développement humain (IDH) est de 0,289 en 2010 (position 164 entre 196 pays). En 2005, le budget de l'État dépend à 75 % de l'aide internationale. Il n'y a pas partout de l'électricité et 85 % des habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour.

En effet, l'instabilité politique, les séquelles de la guerre civile de 1999, l'obsolescence des infrastructures découragent les investisseurs et donc les possibilités de développement.

Du fait de sa pauvreté et de sa désorganisation économique, la Guinée-Bissau est une proie facile pour les trafiquants de drogue de l'Amérique du Sud qui l'utilisent comme passerelle pour atteindre l'Union européenne, leur principal client depuis que les États-Unis ont durci leur politique de contrôles aux frontières. La Guinée-Bissau a une position géographique privilégiée, au sud du Sénégal, qui l'exclut du dispositif de contrôle de l'immigration clandestine, qui s'étend du Maroc au Sénégal et rend les trafics difficiles. La drogue sud-américaine est donc stockée en Guinée-Bissau, où elle est ensuite introduite par petites quantités dans les produits de marché (fruits, poissons, noix de Cajou) acheminés vers l'Europe, ou ingérée par des mules qui risquent leur vie et leur liberté pour 5 000 € (leur salaire pour acheminer 500 grammes à 1 kilogramme de cocaïne en capsules). La Guinée-Bissau, loin d'être consommatrice de ces drogues de « luxe » que ses habitants n'ont pas les moyens de s'offrir, est devenue en quelques années la plaque tournante du trafic de cocaïne.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Guinée-Bissau.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
  • Population : 1 533 964 habitants (en 2010). 0-14 ans : 40,8 %; 15-64 ans : 56,1 % ; + 65 ans : 3,1 %[8]
  • Densité : 42 hab./km²
  • Espérance de vie des hommes : 46,07 ans (en 2010)[8]
  • Espérance de vie des femmes : 49,79 ans (en 2010)[8]
  • Taux de croissance de la population : 2,019 % (en 2010)[8]
  • Taux de natalité : 35,97 ‰ (en 2010)[8]
  • Taux de mortalité : 15,79 ‰ (en 2010)[8]
  • Taux de mortalité infantile : 99,82 ‰ (en 2010)[8]
  • Taux de fécondité : 4,58 enfants/femme (en 2010)[8]
  • Taux de migration : 0 ‰ (en 2010)[8]

Culture[modifier | modifier le code]

Un carnaval à Bissau
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an Ano Novo
20 janvier Jour des Héros Dia dos heróis
8 mars Journée internationale de la femme Dia Internacional da Mulher
1er mai Fête du Travail Dia do Trabalho
3 août Journée des Martyrs de la colonisation Dia dos mártires da colonização
24 septembre Jour de l'indépendance (1973) Dia da independência fête nationale
20 décembre Festa do Cordeiro
25 décembre Noël Natal

Médias[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

  • Frontières terrestres : 724 km (Guinée 386 km; Sénégal 338 km)
  • Littoral : 350 km
  • Extrémités d'altitude : 0 m > + 300 m
  • Indépendance : 24 septembre 1973 (ancienne colonie portugaise)
  • Lignes de téléphone : 4 600 (en 2008)[8]
  • Téléphones portables : 500 200 (en 2008)[8]
  • Postes de radio : 49 000 (en 1997)
  • Postes de télévision : n.c.
  • Utilisateurs d'Internet : 37 100 (en 2008)[8]
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 82 (en 2009)[8]
  • Routes : 3 455 km (dont 965 km goudronnés) (en 2002)[8]
  • Voies ferrées : aucune
  • Voies navigables : n.c.
  • Nombre d'aéroports : 9 (dont 2 avec des pistes goudronnées) (en 2010)[8]

Codes[modifier | modifier le code]

La Guinée-Bissau a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les institutions françaises utilisent Guinée-Bissao, voir la Liste annexée à l'arrêté du 4 novembre 1993 et sur le liste du ministère de la Culture
  2. Francophonie.org États et gouvernements
  3. Coup d’État sanglant en Guinée-Bissau, article paru dans L'Humanité le 3 mars 2009
  4. a et b Thierry Oberlé, À Bissau, le naufrage du narco-État guinéen, Le Figaro, 17 mars 2009.
  5. « Guinée-Bissau : le contre-amiral Bubo Na Tchuto arrêté et emmené aux États-Unis », sur Jeune Afrique,‎ 5 avril 2013
  6. coup d'État de 2010
  7. Antonio Dabo, Les dirigeants de Guinée-Bissau réunis en urgence, dépêche Reuters reprise par 'le Nouvel Observateur 03/04/2010, article en ligne Le 12 avril 2012, le pays est à nouveau la cible d'un coup d'état mené par les militaires.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o (en) The World Factbook, « Guinea-Bissau », CIA,‎ 19 août 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]