Maison longue amérindienne

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Reconstitution d'une maison longue sur l'île Grosbois
Maison longue sur le site traditionnel huron de Onhoüa chetek8e, Wendake

Une maison longue amérindienne est une habitation traditionnelle des Amérindiens d'Amérique du Nord (ou Nord-Amérindiens).

Description[modifier | modifier le code]

Peu après l’an 1000 les groupes Iroquoiens se sont mis à vivre de la culture du maïs, de la courge, du haricot et du tabac. Ils passent ainsi de la vie de nomades à une vie de sédentaires, c’est-à-dire qu’ils construisent des villages et développent une organisation sociale sophistiquée[1]. Constatant des rendements agricoles qui s’amenuisent au fil des ans, les Iroquoiens déménagent leurs villages aux 10 à 30 ans. Le nouvel emplacement est sélectionné en fonction de la fertilité du sol et de la proximité de cours d’eau et de forêts. Ainsi, la fertilité du sol leur permet de pratiquer l’horticulture, les cours d’eau leur fournissent l’eau potable et des poissons et les forêts fournissent les ressources nécessaires pour construire et chauffer leur maison. Les villages Iroquoiens sont constitués de maisons-longues, leur type d’habitat spécifique qui sert de lieux de résidence, de lieux de rencontres collectifs et d’entrepôts. Les villages peuvent compter jusqu’à 2000 habitants et sont entourés de palissades construites avec des pieux plantés en terre pour protéger les Iroquoiens contre des animaux sauvages, des ennemis possibles et des grands vents[2].

Structure[modifier | modifier le code]

Maison longue huronne reconstituée.

La longueur des maisons-longues variait beaucoup selon le nombre de familles qui habitaient la maison-longue. Certaine maison-longue mesuraient entre 25 à 30 mètres mais des vestiges maisons-longue de 100 mètres on déjà été retrouvé[3]. Cependant, en moyenne elles mesuraient de 6-7 mètres de largeur et de 5-6 mètres de hauteur. Les recherches archéologiques révèlent que leur longueur varie de 18 à 41 mètres de long, en fonction du nombre de familles qui habitaient la maison-longue et de l’utilité du bâtiment[4]. En effet, plusieurs membres d’une même famille nucléaire pouvaient cohabiter dans une maison-longue. Pour la construction d’une maison-longue, les Iroquoiens plantent des pieux au sol et ils recourbent la partie du haut en attachant les bouts deux par deux pour former le toit[5]. Plus de 650 pieux peuvent être utilisés lors de la construction d’une maison-longue[6]. Pour solidifier la structure, des perches sont installées horizontalement[7]. Ensuite, des sections d’écorce de cèdre ou d’orme sont cousues ensemble pour recouvrir le toit ainsi que pour tapisser les murs. Puisque les maisons-longues n’ont pas de fenêtre, des ouvertures sont faites au toit pour que la fumée des foyers puisse s’échapper[5].

Intérieur[modifier | modifier le code]

Intérieur d'une maison longue (reconstitution)

Une maison-longue pouvait recouvrir un espace intérieur d’environ 146 mètres carrés[8]. Le niveau inférieur était composé d’un plancher traversé d’une allée centrale d’environ 3 mètres de large où s’alignent des feux de cuisson. Le plancher cache parfois des fosses qui servent de lieux d’entreposage ou de rejet des déchets. La partie supérieure de la maison-longue servait également d’espace d’entreposage et de rangement. Des banquettes sont installées à une hauteur variable entre 40 à 150 cm. Ils pouvaient habiter de 10-20 familles. Sur ces banquettes logent des familles. L’espace sous les banquettes sert à entreposer le bois pour le foyer et des objets d’usage quotidien. Chaque foyer est utilisé par deux familles installées face-à-face dans la maison-longue. Ces deux familles réunies par leur cohabitation forment un compartiment. Les compartiments sont généralement séparés par des cloisons, ce qui assure à chaque membre des familles une intimité relative[9]. Les lits sont faits avec des branches sont superposés pour accueillir plus de membres[10].

Site de Lanoraie[modifier | modifier le code]

Le site archéologique de Lanoraie, qui se situe près de Montréal au Québec, possède encore des traces de maison-longue d’Iroquoiens du Saint-Laurent. Ce site se déploie dans un champ de montagne de sable, formé par le vent, à environ 1.5 km à l’ouest du village de Lanoraie et à un kilomètre au nord des rives actuelles du fleuve Saint-Laurent[11]. L’environnement sablonneux de la région était avantageux pour l’horticulture telle que pratiquée anciennement par les groupes autochtones sédentaires qui habitaient la région entre les années 1200 et 1600. Le site de Lanoraie a été découvert en 1927 par l'archéologue ontarien William Wintemberg. Une fouille intensive y a été faite durant trois ans à partir de 1970[11]. Cette fouille a permis de trouver des traces d’une maison-longue mesurant 29 mètres de long par environ six mètres de large. 233 traces de piquets démontrent l’ampleur de la structure d’habitation. À l’intérieur, il y a sept foyers disposés à intervalle régulier ainsi que 140 fosses qui gravitent autour des zones de feux. On retrouve des fosses contenant des concentrations de cendre et de charbon servant à la vidange des foyers, des fosses recelant des résidus culinaires, maïs ou restes osseux, des fosses renfermant des fragments de céramiques. De plus, certaines fosses étaient complètements vides, ce qui laisse présager que ces fosses étaient utilisées comme garde-mangers provisoires[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wright, 1980, p.77
  2. Martel, Bélanger, 2004, p. 22
  3. Tremblay, 2006, p.26
  4. Tremblay, 2006, p. 27
  5. a et b Martel, Bélanger, 2004, p. 23
  6. Clermont, Chapdelaine, Barré, 1984, p.28
  7. Thibeault, Charland et Ouellet, 2007, p. 37
  8. a et b Clermont, Chapdelaine et Barré, 1984, p.28
  9. Tremblay, 2006, p.27
  10. Thibeault, Charlan et, Ouellet, 2007, p. 37
  11. a et b Clermont, Chapdelaine et Barré, 1984, p.10

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Clermont, Norman, Claude Chapdelaine et Georges Barré (1984). Le site Iroquoiens de Lanoraie : témoignage d’une maison-longue, Montréal, Recherches amérindiennes au Québec, 203 p.

Martel, Virginie et Sophie, Bélanger (2004). Voyages, Anjou, CEC inc., 144 p.

Thibeault, Andrée, Jean-Pierre, Charland et Nicolas Ouellet (2007). Repères : Histoire et éducation à la citoyenneté, Canada, Éditions du renouveau pédagogique inc. 216 p.

Tremblay, Roland (2006). Les Iroquoiens du Saint-Laurent, peuple du maïs, Montréal, Les Éditions de L’Homme/ Pointe-à-callière Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, 139 p.

Wright J.V. (1980). La préhistoire du Québec, Montréal, Éditions Fides, 138 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]