Groenland

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Groenland
Kalaallit Nunaat (kl)
Armoiries du Groenland
Armoiries du Groenland
Drapeau du Groenland
Drapeau du Groenland
Carte de localisation du Groenland.
Carte de localisation du Groenland.
Administration
Pays Drapeau du Danemark Danemark
Statut politique Pays constitutif du Royaume du Danemark
Pays et territoire d'outre-mer de l'Union européenne
Capitale Nuuk
Gouvernement Démocratie parlementaire avec une monarchie constitutionnelle
Chef d'État Margrethe II de Danemark
Premier ministre Aleqa Hammond (Siumut)
Président du Parlement Josef Motzfeldt (IA)
Démographie
Gentilé Groenlandais(e)
Population 56 282 hab. (2014)
Densité 0,03 hab./km2
Langue(s) Groenlandais[1]
PIB (2012)
 · PIB/hab.
11,3 milliards DKK
Géographie
Coordonnées 72° 00′ 00″ N 40° 00′ 00″ O / 72, -40 ()72° 00′ 00″ Nord 40° 00′ 00″ Ouest / 72, -40 ()  
Superficie 2 166 086 km2
Divers
Monnaie Couronne danoise (DKK​)
Fuseau horaire UTC -1, -3 et -4[2]
Domaine internet .gl
Indicatif téléphonique +299
Hymne Nunarput utoqqarsuanngoravit
Devise aucune

Le Groenland, parfois orthographié Groënland, (prononcé /ɡʁɔ.ɛn.lɑ̃d/), en groenlandais Kalaallit Nunaat, est une île danoise de l'océan Atlantique située au nord-est de l'Amérique du Nord. Il s'agit d'un pays constitutif du Royaume du Danemark et un territoire d'outre-mer associé à l'Union européenne[3]. Il a pour capitale Nuuk, pour langue officielle le groenlandais, pour monnaie la couronne danoise, et hymne Nunarput utoqqarsuanngoravit. Le drapeau est constitué de deux demi-cercles inclus dans deux bandes rouges et blanches. Avec une population de 56 370 habitants au 1er janvier 2013, le Groenland est le pays constitutif le moins densément peuplé[pas clair] au monde.

En 1984, le Danemark a signé un traité modificatif avec la Communauté européenne pour préciser la situation du Groenland. Ce territoire a été retiré des accords sur le charbon et l'acier (CECA)[4] et des accords sur l'énergie atomique (Euratom)[5]. Des dispositions particulières ont été convenues pour protéger la pêche[6]. Le Groenland bénéficie néanmoins de la libre circulation des Européens au sens de la Convention de Schengen. Suite à la loi sur l'autonomie du Groenland votée par le parlement danois le 19 mai 2009[7], le Groenland a accédé le 21 juin 2009 à une autonomie renforcée. Le Danemark lui cède 32 domaines de compétences, dont ceux de la police et de la justice. La monnaie, la défense et la politique étrangère relative à ces aspects restent toutefois sous le contrôle danois. Cet acte fait suite à un référendum consultatif qui s'est déroulé au Groenland le 25 novembre 2008.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce sont les anciens colons scandinaves qui ont donné au pays le nom de Groenland. Dans les sagas islandaises, il est dit que l'Islandais d'origine norvégienne Erik le Rouge a été exilé d'Islande pour meurtre. Avec sa famille élargie et ses esclaves (thrall), il partit à bord de navires pour explorer la terre glacée connue pour se situer au nord-ouest. Après avoir trouvé une zone habitable et s'y être installé, il l'a nommée Grœnland, littéralement « terre verte », soi-disant dans l'espoir que le nom serait agréable pour attirer des colons[8],[9],[10]. Le nom du pays en groenlandais est Kalaallit Nunaat (« terre des Groenlandais »).

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de Skálholt (1570).

L'histoire du Groenland est celle de la survie et de l'adaptation des hommes dans les conditions climatiques extrêmes de l'Arctique. La couverture de glace recouvrant environ 95 % du territoire, l'activité humaine est cantonnée aux seules régions côtières. Si le Groenland était inconnu des Européens jusqu’au Xe siècle[11], époque à laquelle il a été découvert par des Vikings islandais, en 982, il avait été habité auparavant pendant près de trois millénaires par des peuples de l'Arctique (cultures du Dorset et de Saqqaq notamment). Lors de l'arrivée des Vikings qui y subsistèrent pendant plus de quatre siècles, il était en revanche très probablement inhabité. Les premiers arrivants avaient en effet disparu et les peuples inuits vivant actuellement au Groenland ne s'y sont établis qu'au début du XIIIe siècle.

Alors que les établissements vikings de la côte sud-ouest disparaissaient finalement au cours du XVe siècle du fait du refroidissement de plusieurs siècles appelé « petit âge glaciaire », les Inuits y ont, quant à eux, survécu jusqu'à nos jours. Ils ont développé une société capable de vivre sous un climat très rude. Ainsi, ils demeurèrent pendant plusieurs siècles le seul peuple à habiter l'île. Au XVIIIe siècle, le Royaume de Danemark et Norvège fit cependant valoir ses droits sur le territoire, alors qu'il n'y a eu aucune nouvelle des Vikings partis coloniser l’île depuis plusieurs centaines d'années. Craignant qu'ils ne soient retombés dans le paganisme, les autorités danoises organisèrent une expédition missionnaire en 1721. Ne trouvant aucun descendant des Vikings groenlandais, les membres de l'expédition se consacrèrent à la conversion des Inuits et à l'établissement de colonies commerciales le long de la côte. L’île repassa donc sous domination scandinave et conserva son statut de colonie jusqu'en 1953. Durant la Seconde Guerre mondiale, le Groenland se détacha socialement et économiquement du Danemark, alors occupé par les Allemands. En revanche, de nombreux liens se créèrent avec les États-Unis et le Canada. Après la guerre, le Danemark reprit le contrôle du Groenland, mais dut transformer le statut de l’île en 1953 : de colonie, il passa à celui de comté d'outre-mer, avant d'acquérir l'autonomie interne en 1979. Enfin, en 1985, les habitants décidèrent de quitter la CEE à laquelle le Danemark avait adhéré en 1973.

Politique[modifier | modifier le code]

En tant que territoire autonome, le Groenland est membre du Conseil nordique. Cependant le Danemark le représente auprès du Conseil arctique. À l'occasion du référendum consultatif du 23 février 1982, le Groenland a souhaité modifier ses relations avec l’Europe. Il s'agissait de ne pas être soumis à certaines contraintes de la CEE, en particulier pour protéger son industrie de pêche. Ce souhait a donné lieu à une demande du Danemark présentée à la Communauté européenne. Suite à l'acceptation de celle-ci en 1984, un traité modifiant les traités instituant les communautés européennes en ce qui concerne le Groenland a été signé. Le Groenland a été retiré des accords sur le charbon et l'acier, ainsi que des accords sur l'énergie atomique. Il a été placé sur la liste des territoires d'outre-mer associés à la Communauté européenne (devenue Union européenne). En 2006, le Conseil européen se prononce sur les relations entre l'Union européenne, d'une part, et le Groenland et le Royaume de Danemark, d'autre part. Il a notamment été déclaré : « La Communauté européenne a un intérêt durable, sur un plan géostratégique, à tisser des relations privilégiées avec son voisin groenlandais, qui est partie intégrante de l’un de ses États membres, et à participer au bien-être et au développement économique de ce territoire[12]. »

Le 25 novembre 2008, a été organisé un référendum consultatif portant sur l'autonomie de l'île, où les habitants ont très majoritairement voté en faveur d'un plan d'autonomie vis-à-vis du Danemark. Selon des résultats officiels définitifs, 75,5 % des suffrages exprimés ont voté en faveur d'un régime d'autonomie élargie. Le nouveau régime, soutenu par Copenhague, prévoit, entre autres, de donner au Groenland le pouvoir sur sa police, ses tribunaux, et ses garde-côtes, de faire du groenlandais, qui est une langue inuite, la langue officielle. Il accorde également aux Groenlandais le droit de contrôle sur leurs propres ressources (pétrole, gaz, or, diamants, uranium, zinc, plomb). Le texte, soumis à la population, proposait, au total, des transferts de compétence dans trente domaines. Il est entré en vigueur le 21 juin 2009, jour de la fête nationale du Groenland. Néanmoins seules les dispositions qui relèvent des compétences transférées dans le statut d'autonomie de 1978 s'appliquent. En particulier, la politique étrangère, la défense nationale, la politique monétaire constituent un domaine conservé par le pouvoir central danois[13].. Les Groenlandais peuvent participer à des négociations internationales sur des sujets qui les concernent exclusivement, sauf sur les questions de défense et de sécurité. Cet accord ne limite pas les pouvoirs constitutionnels du Danemark. Il est réaffirmé que les affaires internationales, la défense et la politique de sécurité, sont affaires du Royaume de Danemark. En outre, le gouvernement du Groenland peut envoyer des représentants au sein des missions diplomatiques danoises à l'étranger pour faire valoir les intérêts groenlandais. Enfin, tout projet de loi concernant le Groenland doit faire l'objet d'observations de la part du Parlement groenlandais avant que le Folketing (le Parlement danois) n'adopte (ou ne refuse) le texte. Ce procédé concerne aussi les projets d'ordonnance administrative, auquel cas c'est le gouvernement groenlandais qui se charge de l'observation.

En cas de doute dans la dévolution des pouvoirs, une cour constituée de deux représentants du gouvernement danois, deux représentants du gouvernement groenlandais et trois membres de la Cour Suprême danoise nommés par le président de celui-ci doivent trancher. Si aucun accord n'est trouvé, les membres de la Cour Suprême ont le dernier mot[14]. Le parti Inuit Ataqatigiit, qui milite pour un Groenland indépendant, a obtenu, lors des dernières élections législatives de l'ile le 2 juin 2009, 43,7 % des voix au scrutin anticipé, soit près du double du score qu'il avait réalisé lors d'une consultation en 2005. Inuit Ataqatigiit, qui a pour dirigeant Kuupik Kleist, disposera de 14 sièges sur 31 au Parlement, contre sept précédemment [réf. nécessaire].

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions du Groenland.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Groenland.
Carte politique du Groenland.

C'est sur la bande de terre montagneuse périphérique que l'on retrouve exclusivement les habitants ainsi que la faune et la flore. En hiver, cette bande côtière est cernée par la banquise à l'exception du Sud-Ouest de l'ile (environ jusqu’à la capitale Nuuk). En effet une branche du courant du Gulf-Stream y empêche la mer de geler. La côte est n'en bénéficiant pas, elle possède un climat plus hostile et un dégel de la banquise plus court. Ceci explique que seuls deux villages y existent : Ammassalik et Ittoqqortoormiit. Ce dégel, qui se déroule de la fin mars jusqu'en juillet, s'appelle la débâcle. La reformation progressive de la banquise a lieu vers le mois de novembre. Aucun réseau routier n'existe entre les différents villages et seuls des ferrys, et plus rarement des avions, relient les villages entre eux en été. En hiver, des hélicoptères permettent d'assurer certains ravitaillements des villages pour la plupart isolés par la banquise.

Les sommets les plus hauts du pays sont situés dans le même massif sur la côte est. Le point culminant est le mont Gunnbjørn, haut de 3 733 mètres. Le plus connu est le mont Forel (3 360 mètres). Il porte le nom du professeur suisse François-Alphonse Forel qui, en 1912, organisa une souscription pour financer une expédition suisse au Groenland. On signalera qu'un autre mont proche porte le nom de Paul-Émile Victor, explorateur et ethnologue français. Deux autres Français ont contribué à la connaissance de ce pays : Jean-Baptiste Charcot et Jean Malaurie.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Inlandsis du Groenland.
Image satellitaire.

L'île est recouverte à 80 % par un inlandsis de 1 710 000 km2 de superficie et d'une épaisseur atteignant près de trois kilomètres de glace au centre, correspondant à l'altitude la plus élevée. Cet inlandsis est bordé de reliefs montagneux modérés entre lesquels s'écoule la glace par des glaciers. De certains d’entre eux se détachent des icebergs qui sont entrainés au large par les courants. C'est le cas à Ilulissat où les plus gros icebergs de l'hémisphère nord sont produits. En 1912, c'est l'un d'eux que le Titanic heurta. En 2013, grâce à des observations satellitaires, une équipe de scientifiques a découvert l'existence d'un canyon d'au moins 750 kilomètres de long et 800 mètres de profondeur par endroits, traversant toute la partie nord-ouest de l'île arctique[15].

Diagramme de répartition des altitudes du Groënland[16]

Les glaciers et la couche de glace présentent une certaine élasticité, mais les avancées différenciées et périodiques (rythme saisonnier marqué) de coulées de glace provoquent des cassures dont les ondes élastiques génèrent des tremblements de terre, enregistrés par des sismographes loin du pôle à travers le monde. Ces « tremblements de terre glaciaires » du Groenland sont caractérisés par une forte saisonnalité. Une étude publiée en 2006 a conclu que le nombre de ces séismes avait doublé de 2000 à 2005, tendance temporelle suggérant un lien avec une modification du cycle hydrologique et une réponse glaciaire à l'évolution des conditions climatiques[17]. Le Groenland a le plus Grand Canyon du monde, situé sous l'inlandsis.

Climat[modifier | modifier le code]

Tableau comparatif des données climatiques de différentes localités du Groenland[18]
Localité Max. Temp oC Min. Temp oC Moy. Temp oC Précipitations
Nuuk64° 10′ N 51° 45′ O / 64.17, -51.75 () 6,5 °C -8,0 °C -1,4 °C 756 mm/an
Thulé76° 31′ N 68° 50′ O / 76.517, -68.83 () 4,6 °C -24,6 °C -11,2 °C 124 mm/an
Ilulissat69° 13′ N 51° 03′ O / 69.217, -51.05 () 8,0 °C -15,2 °C -4,4 °C 257 mm/an
Nord Ads81° 36′ N 16° 40′ O / 81.6, -16.67 () 3,3 °C -30,1 °C -16,8 °C 200 mm/an
Prins Christian Sund60° 03′ N 43° 10′ O / 60.05, -43.17 () 6,5 °C -4,1 °C 0,6 °C 2 504 mm/an

La calotte s'est formée il y a 4,1 millions d'années – durant le pliocène – par la fermeture de l'isthme de Panama. Les précipitations neigeuses qui s'accumulent au centre de l'ile, se transforment progressivement en glace et assurent théoriquement la pérennité de cette calotte. Les scientifiques s'intéressent de près à l'évolution de l'épaisseur de la glace et aux apports d'eaux douces générés par la fonte (impact sur la circulation thermohaline) dans le cadre du réchauffement climatique. Ce désert de glace représentant 80 % de la surface de l'ile, est très inhospitalier. On y trouve des températures extrêmes été comme hiver, des vents violents dits catabatiques et un sol fait de glace, impropre au développement d'une vie animale (à l'exception d'un être microscopique nommé le tardigrade).

En hiver, dans le Nord du Groenland, le soleil disparait presque totalement pendant plus de trois mois. La température moyenne avoisine −30 °C et il souffle un vent violent. Tandis que l'intérieur du Groenland connait un climat d'inlandsis, les températures moyennes en bord de mer varient de −15 °C dans le Nord à °C dans le Sud. La côte sud-ouest bénéficie d'étés assez longs et assez doux. Les maximales y avoisinent les 10 °C en été, avec un record de chaleur de 28 °C. Alors que le Nord connait un climat très sec, le Sud bénéficie d'un climat beaucoup plus humide. Les précipitations tombent majoritairement sous forme de neige en hiver sur la côte orientale alors que sur la côte occidentale elles tombent majoritairement en été sous forme de pluie. À noter que Narsarsuaq, dans le Sud-Ouest du Groenland, a un climat non polaire puisqu'en juillet on y mesure une température moyenne supérieure à 10 °C.

−66,7 °C est le record absolu mesuré à Northgrip à environ 2 900 mètres, le 8 janvier 2007[19]. − 66,1 °C est le record mesuré à Northice à 2 341 mètres, 78°04'N, 38°29'W, le 9 janvier 1954[20]. Pendant l'été 2012, la calotte glaciaire a fondu sur 97 % de sa surface, pourcentage le plus important enregistré depuis qu'on mesure le dégel[21]. De nombreux sites d'information francophones[22],[23] indiquent faussement que 97 % de l'inlandsis a disparu.

Environnement[modifier | modifier le code]

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Chamerion latifolium.

La végétation du Groenland est en très grande majorité constituée de toundra, une végétation basse et pauvre composée de mousses et d'herbes poussant dans les zones polaires qui occupe une grande partie du Groenland hors inlandsis. La grande végétation ne peut en général pas y pousser car le sol est trop gelé en profondeur. Il ne pousse que quelques arbustes, tels les bouleaux rampants, qui sont une adaptation de la végétation aux conditions très rudes du milieu, en particulier des vents desséchants. Il n'existe que deux petites zones à l'abri des vents, dans le Sud de l'île, qui sont pourvus d'arbres. La première, la Vallée de Qinngua, est la seule forêt naturelle groenlandaise et abrite principalement des espèces de bouleau pubescent (Betula pubescens) et de saule à feuilles grises (Salix glauca) poussant jusqu'à une hauteur de sept à huit mètres[24]. La seconde, quant à elle, n'est autre que l'Arboretum Groenlandicum, un arboretum à Narsarsuaq abritant sur quinze hectares des arbres de taïga arctique tels que le mélèze de Sibérie, le pin tordu, l'épinette blanche et l'épinette de Sitka[25].

Au-delà de 66° de latitude nord, la végétation ne pousse plus, car on se trouve dans les glaciers. Seuls quelques animaux vivent dans de tels milieux : l'ours polaire, le phoque, etc. C'est une des zones du monde les plus exposées au réchauffement climatique et aux effets du changements climatiques qui semble y être plus rapide qu'ailleurs.

Santé environnementale[modifier | modifier le code]

Spécimen d'épicéa à l'Arboretum Groenlandicum de Narsarsuaq.

Paradoxalement, malgré l'éloignement des grands centres urbains et industriels, le Groenland reçoit des polluants aéroportés de tout l'hémisphère nord, et via l'alimentation (produits de la mer en particulier) les Groenlandais sont exposés à certains contaminants, plus que la moyenne des humains, et souvent excessivement par rapport aux recommandations de l'OMS ou de la Commission européenne. C'est le cas pour les polluants organochlorés (dioxines, furanes, PCB…) et pour des métaux toxiques tels que le plomb, le cadmium, le mercure et le sélénium par exemple[26].

Éducation[modifier | modifier le code]

Le système d'éducation est calqué sur le système danois. L'école publique du Groenland est, comme au Danemark, sous la juridiction des municipalités : ce sont donc des écoles municipales. L'assemblée législative précise les normes autorisées pour les contenus dans les écoles, mais les administrations municipales décident des modalités du fonctionnement des écoles placées sous leur responsabilité. L'éducation est gratuite et obligatoire pour les enfants âgés de sept à seize ans. L'effort financier consacré à l'éducation est aujourd'hui très important (11,3 % du PIB). L'article 1 de l'Ordonnance du gouvernement relative aux écoles publiques (modifiée au 6 juin 1997) impose le groenlandais comme langue d'enseignement. L'éducation est régie par le règlement no 10, du 25 octobre 1990, concernant l'enseignement primaire et secondaire du premier cycle. Ce règlement a été modifié par le règlement no 8 du 13 mai 1993 et le règlement no 1 du 1er mars 1994. En vertu du règlement no 10 du 25 octobre 1990, l'intégration linguistique dans les écoles primaires et secondaires du premier cycle est devenue obligatoire pour tous les élèves. L'objectif est de placer les élèves de langue groenlandaise et ceux de langue danoise dans les mêmes classes, alors que, auparavant, ils étaient répartis dans des classes séparées en fonction de leur langue maternelle. En même temps, le gouvernement garantit aux danophones de pouvoir apprendre le groenlandais. Le gouvernement groenlandais désire ainsi donner la même formation linguistique, culturelle et sociale à tous les élèves, tant ceux d'origine groenlandaise que danoise. Une étude, qui a été réalisée au cours d'une période d'essai de trois ans, est arrivée à la conclusion que cette politique avait obtenu des résultats positifs. C'est cette politique de bilinguisme qui est en vigueur depuis 1994.

Une centaine d'établissements scolaires ont été créés. Le groenlandais et le danois y sont enseigné. Normalement, le groenlandais est enseigné de la maternelle à la fin du secondaire, mais le danois est obligatoire dès le premier cycle du primaire comme langue seconde. Comme au Danemark avec le danois, le système scolaire prévoit des cours de « Groenlandais 1 » et des cours de « Groenlandais 2 ». Des tests linguistiques autorisent les élèves à passer d'un niveau à l'autre. Selon l'évaluation des enseignants à l'égard de leurs élèves, un troisième niveau de cours a été ajouté : le « Groenlandais 3 ». Au Groenland, l'enseignement secondaire correspond généralement à une formation professionnelle et un enseignement technique. Le système est régi par le règlement no 16 du 28 octobre 1993 relatif à la formation professionnelle et l'enseignement technique, les bourses d'études et l'orientation professionnelle. Le danois reste la principale langue d'enseignement. La capitale, Nuuk, abrite un collège (bilingue) de formation des maitres et une université (bilingue). À la fin de leurs études, tous les étudiants doivent passer avec succès un test en langue groenlandaise.

Un enseignement supérieur est offert au Groenland : « formation universitaire » (règlement no 3 du 9 mai 1989) ; formation des journalistes, la formation des enseignants de l'école primaire et secondaire du premier cycle, la formation des travailleurs sociaux, la formation des éducateurs sociaux (règlement no 1 du 16 mai 1989) ; et formation d'aides-soignants et d'infirmiers (règlement no 9 du 13 mai 1990). Les élèves groenlandais peuvent poursuivre leur scolarité au Danemark, s'ils le désirent et en ont les moyens financiers. Pour être admis dans les établissements d'enseignement danois, les candidats groenlandais sont placés sur un pied d'égalité avec les candidats danois. Des bourses d'études sont accordées aux élèves groenlandais admis dans les établissements d'enseignement du Danemark. Pour avoir droit à ces bourses, le candidat ou la candidate doit avoir la citoyenneté danoise et avoir une résidence permanente au Groenland depuis au moins cinq ans. La durée totale des séjours effectués hors du Groenland ne peut pas être supérieure à trois années.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Groenland.
1 krone du Groenland, 1913.

La pêche représente 95 % des exportations. Il existe un accord de partenariat en matière de pêche entre la Communauté européenne, d’une part, et le gouvernement du Danemark et le gouvernement local du Groenland. Le Groenland présente un fort potentiel minier et pétrolier. Ses eaux côtières recèleraient des réserves de pétrole équivalentes à la moitié de celles de la mer du Nord. Le réchauffement climatique va faciliter l'accès à ces ressources. L'US Geological Survey estime les réserves pétrolières à la moitié de celle de l'Arabie saoudite[27]. Cela représenterait environ 10 % des réserves mondiales connues. Les réserves de gaz sont importantes, mais elles n'ont pas été évaluées précisément. Le groupe américain Alcoa envisage l'implantation d'une grande usine d'aluminium sur la côte ouest (Maniitsoq)[28]. Elle pourrait occuper 5 000 personnes à la construction[29], et créer environ 700 emplois. L'investissement prévu est de l'ordre de trois milliards d'euros[30]. La date prévue de mise en service est 2014. Ce projet suscite d'ores et déjà un conflit avec le Danemark. Le gouvernement groenlandais souhaite que les droits d'émission de gaz à effet de serre soient ceux d'un pays en voie de développement. Actuellement ce sont les règles danoises qui s'appliquent. Elles impliquent une pénalisation de la production de gaz à effet de serre[31].

À la pointe sud de l'ile, dans le sous-sol du plateau surplombant la ville de Narsaq, la compagnie australienne Greenland Minerals and Energy Ltd a découvert ce qui pourrait être le plus grand gisement mondial de métaux rares. L'exploitation des richesses du sous-sol est une perspective à double tranchant : elle ouvre la possibilité de s'affranchir de la tutelle danoise, mais, ce faisant, menace l'environnement et les traditions.

Importance stratégique et militaire[modifier | modifier le code]

Une importante base militaire américaine intégrée à l'OTAN se situe à Thulé. Elle existe depuis 1941. Elle est intégrée à l'OTAN en 1951. En 1961 l'effectif atteint 10 000 personnes. C'est à cette époque qu'est construit un radar du Ballistic Missile Early Warning System (BMEWS), c'est-à-dire un élément stratégique de la défense antimissiles des États-Unis (12th Space Warning Squadron, 22d Space Operations Squadron). La base de Thulé a été très active pendant la guerre froide. Un vol de bombardier armé d'armes nucléaires, non déclaré au Danemark, s'est écrasé au Groenland en janvier 1968 (Accident de Thulé). Il dissémine quatre bombes, dont l'une semble n'avoir jamais été retrouvée[32]. En 2004 le gouvernement danois a signé un accord avec les États-Unis autorisant le renforcement de la base pour la modernisation du système antimissiles. Il existe aux États-Unis une conscience aiguë de l'importance du Groenland. Le journaliste John J. Miller déclare : « C’est une honte qu’un pays aussi insignifiant que le Danemark puisse tenir une telle place à propos d’un aspect aussi essentiel pour la sécurité des États-Unis[33]. »

De 1958 à 1966, les États-Unis ont déployé au Groenland, à 200 km de la base de Thulé, un projet nommé Iceworm[34] qui consistait à créer un réseau de centaines de km de tunnels sous-glaciers pour déployer des dizaines de missiles nucléaires mobiles. L’implantation a commencé à « camp Century » avec une logistique fournie par un réacteur nucléaire mobile. Le projet a été abandonné à cause de problèmes de stabilité des tunnels. L’ensemble a été présenté à l’époque, notamment par le gouvernement danois, comme un projet scientifique de recherches polaires[35].

Avec le réchauffement climatique et ses effets dans l’Arctique, le passage du Nord-Ouest est pressenti s'ouvrir. Il s'agit d'une voie courte de communication maritime entre les océans Atlantique et Pacifique, via l'Arctique. À la suite de dérogations au traité de Nice, le Danemark ne fait pas partie de la politique européenne de sécurité et de défense. Le Groenland n'est pas non plus partie à cette politique. Par contre à la suite du Danemark il est membre de l'OTAN. Le nouveau secrétaire général de cette organisation est Anders Fogh Rasmussen ancien premier ministre du Danemark de 2001 à 2009.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la population comprenait 56 749 habitants[36].

Le Groenland possède l'un des taux de suicide les plus élevés du monde[37]. Le football est l'un des sports les plus pratiqués, bien que l'équipe de l'île ne soit pas membre de la FIFA. Le Groenland dispose aussi d'une équipe nationale de handball, qui dispute depuis le début des années 2000 plusieurs championnats du monde.

Principales villes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste des villes du Groenland.

Évolution[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005 en millier d'habitants).

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Groenland.

La lecture des œuvres de Jorn Riel, un Danois qui a vécu lui-même au Groenland pendant de nombreuses années, offre une excellente représentation des modes de vie des Groenlandais et des Inuits. Une grande partie de la population, surtout urbaine, parle ou comprend l'anglais, qui est la seule langue étrangère enseignée et parlée, avec le danois, qui était langue officielle[1]. En première ou seconde langue, vu le statut international de l'anglais, au niveau du tourisme, de la proximité avec le Canada ou les États-Unis, les échanges avec les autres Inuits qui vivent au Canada, le nombre de locuteurs anglophones dépasse sans doute les locuteurs danophones. L'anglais est enseigné dès l'école primaire.

Thulé est la ville la plus anglophone du Groenland, car une base militaire américaine est située juste à côté de la ville. Généralement, les élus, les politiques, et les élites maitrisent parfaitement l'anglais.

Médias[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport au Groenland.
Un cairn sur le chemin de Sisimiut, à quelques kilomètres de Kangerlussuaq.

Les glaciers et la ligne côtière, fortement découpée par les fiords, empêchent de construire des routes entre les localités. Tout le monde voyage en bateau, en hélicoptère, en avion et, l'hiver, en traineau à chiens. Il existe néanmoins quelques rares itinéraires à travers la toundra, comme les deux cents kilomètres qui séparent Kangerlussuaq et Sisimiut, balisés par les Inuits grâce à des cairns (ou inuksuit). Ceux-ci étaient et sont encore parcourus en été par des marcheurs et parfois même des coureurs, et de plus en plus empruntés par les touristes en quête de treks originaux.

Codes[modifier | modifier le code]

Le Groenland a pour codes :

Recherche[modifier | modifier le code]

Selon une étude menée en 2007 par Mark Meier de l'Université du Colorado à Boulder (États-Unis), la fonte partielle prévue des glaces du Groenland et de l'Antarctique ne contribuerait, qu'à hauteurs respectives de 28 % et 12 %, à l'élévation du niveau des mers durant le XXe siècle. Ce serait donc dans un premier temps les petits glaciers du monde qui, fondant désormais à une vitesse accélérée, contribueraient à des apports excédentaires de 417 milliards de mètres cubes en eau par an. Ils devraient rester les plus gros contributeurs jusqu'à la fin du siècle, avec 10 à 25 cm de surélévation du niveau marin actuel, à laquelle il faudrait rajouter l'expansion du volume d'eau des mers due à leur réchauffement (l'eau chaude est moins dense que l'eau froide).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Depuis 2009, le groenlandais est la langue officielle : Débat linguistique Québec-Groenland, 13 août 2012.
  2. Le Groenland s'étend sur les fuseaux horaires UTC -1 à UTC -4, mais UTC -2 n'est pas utilisé. Seule la région d'Ittoqqortoormiit (UTC -1) observe l'heure d'été européenne.
  3. « Article 3 : Traité modifiant les traités instituant les communautés européennes en ce qui concerne le Groenland, signé le 13 mars 1984 », sur Journal officiel des Communautés européennes,‎ 1er février 1985 (consulté le 20 décembre 2013).
  4. Article 1 du traité modifiant les traités instituant les Communautés européennes en ce qui concerne le Groenland, signé le 13 mars 1984, publié le 1er février 1985 dans le Journal officiel de la Communauté européenne.
  5. Article 5 du traité modifiant les traités instituant les Communautés européennes en ce qui concerne le Groenland, signé le 13 mars 1984, publié le 1er février 1985 dans le Journal officiel des Communautés européennes.
  6. Protocole sur le régime particulier applicable au Groenland. Annexe du Traité modifiant les traités instituant les communautés européennes en ce qui concerne le Groenland, signé le 13 mars 1984, publié le 1er février 1985 dans le journal officiel de la communauté européenne.
  7. « Loi numéro 473 du 12 juin 2009 » (consulté le 27 février 2014).
  8. « Eirik the Red's Saga », Gutenberg.org,‎ 8 mars 2006 (consulté le 26 février 2014)
  9. (en) « How Greenland got its name », sur The Ancient Standard (consulté le 2 janvier 2012).
  10. (en) Grove, Jonathan, « Norse Greenland: Selected Papers of the Hvalsey Conference 2008 », Journal of the North Atlantic Special Volume 2,‎ 2009, p. 30 (lire en ligne).
  11. (en) « The Fate of Greenland's Vikings » (consulté le 8 juin 2013).
  12. (en) « Décision du Conseil européen »,‎ 17 juillet 2006 (consulté le 8 juillet 2014).
  13. « DANEMARK », sur Sénat français (consulté le 8 juillet 2014).
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  17. (en) Göran Ekström, Meredith Nettles et Victor C. Tsai, « Seasonality and Increasing Frequency of Greenland Glacial Earthquakes », Science,‎ 24 mars 2006, p. 1756-1758 (lire en ligne).
  18. (en) « Greenland Climate Charts Index », sur climate-charts.com (consulté le 8 juillet 2014).
  19. « Record de froid frôlé au Groenland ! », sur lachainemeteo.com,‎ 3 mars 2013 (consulté le 12 mars 2013).
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  24. (en) « Qinngua Valley », Wondermondo (consulté le 20 décembre 2013).
  25. Documentation de l'Arboretum Groenlandicum, Narsarsuaq.
  26. P. Johansen, T. Pars et P. Bjerregaard, « Lead, cadmium, mercury and selenium intake by Greenlanders from local marine food », Science of The Total Environment, vol. 245, no 1–3,‎ 17 janvier 2000, p. 187-194.
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  29. Protocole d'accord entre Alcoa et le gouvernement autonome du Danemark, signé le 26 mai 2007
  30. (en) « Greenland postpones decision on Alcoa plant-paper », sur Reuters,‎ 15 juillet 2009 (consulté le 20 décembre 2013).
  31. Berlingske Tidende,‎ 28 août 2009, (Premier ministre groenlandais Kuupik Kleist) : Le Groenland se réserve le droit de ne pas participer à l'accord sur le climat, si les conditions de l'accord se traduisent par des sanctions sur des pays comme le Groenland, qui essayent de se développer et de renforcer leur peuple et leur société.
  32. Selon un reportage de la télévision BBC news le 10 novembre 2008 par Gordon Corera.[réf. insuffisante]
  33. (en) John J. Miller, dans NRO (national review onLine), 2001.
  34. Weiss, Erik D, « Cold War Under the Ice: The Army's Bid for a Long-Range Nuclear Role, 1959-1963 », Journal of Cold War Studies, vol. 3, no 3,‎ 2001, p. 31-58.
  35. Il est révélé ultérieurement que le gouvernement danois n’avait pas été mis au courant de la nature du projet Iceworm (Grønland under den kolde krig. Dansk og amerikansk sikkerhedspolitik 1945-68, København: Dansk Udenrigspolitisk Institut, 1997, p. 319-325)
  36. a et b (fr) Naatsorsueqqissaartarfik, « Population dans les communes au 1er janvier par commune, âge, sexe et lieu de naissance 1977-2012 » (consulté le 5 février 2013).
  37. (en) Al Jazeera, « Rising suicide rate baffles Greenland »,‎ 23 septembre 2010 (consulté le 20 décembre 2012).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) David Cranz, Historie von Grönland, enthaltend die Beschreibung des Landes und der Einwohner etc., insbesondere die Geschichte der dortigen Mission der Evangelischen Brüder zu Neu-Herrnhut und Lichtenfels. 2. Auflage. Ebers, Barby 1770.
  • Damien Degeorges, « Le Groenland : enjeux et nouveaux défis », Nordiques, nr. 14 (2007), Institut Choiseul.
  • Georges Bayard, « Moi, Eric Le Rouge », (1988), Casterman, Moi, Mémoires.
  • (de) Michael Harbsmeier, Stimmen aus dem äußersten Norden: wie die Grönländer Europa für sich entdeckten. Thorbecke, Stuttgart 2001. ISBN 3-7995-0610-1 (Sammlung alter Berichte aus dem 18. Jahrhundert)
  • (de) Harald Steinert, Tausend Jahre Neue Welt - Auf den Spuren der Wikinger in Grönland und Amerika. Deutsche Verlags-Anstalt, Stuttgart 1982. ISBN 3-421-06113-0

Liens externes[modifier | modifier le code]