Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

48° 50′ 56″ N 2° 19′ 35″ E / 48.84889, 2.32639

Emblème des Sulpiciens, les lettres « A » et « M » entrelacées, résumant la formule latine Auspice Maria – sous la protection de Marie –.

La compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, appelés aussi sulpiciens, est une société de vie apostolique catholique fondée en 1645 à Paris par Jean-Jacques Olier de Verneuil (1608-1657). Ses membres sont appelés des sulpiciens, menant une vie commune sans vœux. À ce titre, ils ne sont pas considérés comme des religieux. La compagnie est nommée en l'honneur de Sulpice le Pieux. Ils signent P.S.S.

Fondation[modifier | modifier le code]

L'origine de la Compagnie est intimement liée au grand mouvement d'évangélisation et de rénovation chrétienne qui s'est développé en France au XVIIe siècle. En effet, le concile de Trente avait prescrit la création de séminaires (qui n'existaient alors pas) pour une meilleure formation du clergé de la réforme catholique.

Le 31 décembre 1641[1], Jean-Jacques Olier fonda un séminaire à Vaugirard, qui le suivit lorsqu'il fut nommé curé de la paroisse de Saint-Sulpice à Paris. En 1645, pour assurer un encadrement de valeur à son séminaire, il fonde la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, dits Messieurs de Saint-Sulpice. Sollicité par de nombreux évêques pour leur diocèse, il dut envoyer des sulpiciens jusqu'au Canada, ouvrant un séminaire à Montréal en 1657. Ils s'installent à Nantes en 1649, à Viviers en 1650, au Puy en 1652, à Clermont en 1653, à Lyon, à Limoges, etc.

Historique et rayonnement[modifier | modifier le code]

Église de Saint-Sulpice de Paris

Le rayonnement des sulpiciens est dû, après la mort de M. Olier, à Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers (1621-1676) qui donne une organisation juridique à la compagnie. Il la fait approuver, le 3 août 1664, par le légat d'Alexandre VI, le cardinal Chigi, qui leur donne la permission d'ouvrir un noviciat. Les Messieurs de Saint-Sulpice sont reconnus comme « une compagnie de prêtres séculiers dédiés à Notre-Seigneur pour servir son clergé ». Ils n'émettent pas de vœux, mais des promesses de persévérance à l'intérieur de l'insititut, et de ne pas accepter de bénéfices ecclésiastiques.

Les constitutions rédigées par M. de Bretonvilliers sont approuvées par le roi de France en 1713. Ils sont dispersés à la Révolution française, période particulièrement douloureuse pour la compagnie. Un certain nombre d'entre eux[2] passent l'Atlantique et se replient à Baltimore, où ils ouvrent un séminaire, qui devient leur maison principale, jusqu'à ce que le séminaire de Paris soit rouvert en 1801 par Jacques-André Émery, mais Napoléon le ferme peu après, et il faut attendre 1814 pour sa restauration complète. Louis XVIII l'approuve d'un point de vue civil le 3 avril 1816. Pie IX confirme l'approbation de 1664, en 1863. Les constitutions sont définitivement approuvées par le Saint-Siège en 1931, sous le pontificat de Pie XI.

Les sulpiciens ont dirigé des grands séminaires et assuré la formation permanente du clergé en France, en Amérique du Nord comme du sud, au Viet Nam comme au Japon et en Afrique. L'activité missionnaire et pastorale des Sulpiciens était particulièrement importante en Nouvelle-France, où la société assura notamment le service spirituel de Ville-Marie, future Montréal, depuis le séminaire de Saint-Sulpice.

Les sulpiciens sont au nombre de 400, dont 185 Français, dans 28 maisons. Ils sont connus pour leur dévotion mariale.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Au Canada, l'ancien primat national et archevêque de Québec était un sulpicien du nom de Marc Ouellet, maintenant préfet pour la congrégation des évêques. Mgr Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, Mgr Lionel Gendron, évêque de Longueuil et feu le cardinal Édouard Gagnon étaient également membres de cette compagnie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

George-Étienne Cartier comptait parmi ses clients les Sulpiciens, l'ordre religieux le plus important du Québec.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Deslandres, Dominique, Dickinson, John A. et Hubert, Ollivier. « Les Sulpiciens de Montréal. Une histoire de pouvoir et de discrétion 1657-2007 ». Montréal : Fides, 2007. 670 p.
  • Philippe Molac : Histoire d'un dynamisme apostolique : la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice. Cerf, Paris 2008 ISBN 978-2-204-08713-1

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Deslandres et al. 2007. Page 28.
  2. Comme Jean-Baptiste David, Benoît-Joseph Flaget, qui deviendront évêques

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :