Rivière des Outaouais

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Rivière des Outaouais
La rivière des Outaouais, entre les villes de Gatineau et d'Ottawa.
La rivière des Outaouais, entre les villes de Gatineau et d'Ottawa.
Carte du bassin de l'Outaouais.
Carte du bassin de l'Outaouais.
Caractéristiques
Longueur 1 271 km [1]
Bassin 146 300 km2 [1]
Bassin collecteur Fleuve Saint-Laurent
Débit moyen 1 950 m3/s [1]
Cours
Source Lac des Outaouais
· Localisation Lac-Moselle (Québec)
· Altitude 409 m
· Coordonnées 47° 39′ N 75° 39′ O / 47.65, -75.65 (Source - Rivière des Outaouais)  
Confluence Fleuve Saint-Laurent
· Localisation Pointe-des-Cascades / Notre-Dame-de-l'Île-Perrot (Québec)
· Altitude 25 m
· Coordonnées 45° 20′ 00″ N 73° 55′ 00″ O / 45.333333, -73.916666 (Confluence - Rivière des Outaouais)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Rivière Nation Sud, Rivière Rideau, Rivière Kinojévis
· Rive droite Rivière du Nord, Rivière Rouge, Rivière de la Petite Nation, Rivière Gatineau, Rivière Dumoine
Pays traversés Drapeau du Canada Canada
Principales villes Ottawa, Gatineau, Montréal

La rivière des Outaouais est le principal affluent du fleuve Saint-Laurent (Québec, Canada). La rivière constitue un important segment de la frontière entre les provinces canadiennes du Québec et de l'Ontario. L’Outaouais a joué un rôle déterminant de voie de pénétration dans le continent nord-américain, au nord vers la baie d’Hudson et à l’ouest vers les Grands Lacs. Elle est la plus longue rivière du Québec. Elle est nommée en l'honneur de la nation des Outaouais.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Le bassin versant de l’Outaouais s'étend sur environ 179 000 km2. D'une longueur de 1 271 km, l’Outaouais prend sa source principale dans le lac des Outaouais dans la région de l’Outaouais (Québec) (municipalité régionale de comté de La Vallée-de-la-Gatineau), à 280 km au nord-ouest de Montréal. De là, la rivière alimente le lac Capimitchigama[2] dans la Réserve faunique La Vérendrye et ensuite les réservoirs Cabonga et Dozois, puis le Grand Lac Victoria et le lac Granet. Elle quitte la réserve faunique avant de rejoindre le réservoir Decelles, le lac Simard et le lac Des Quinze. Jusque-là elle s’est écoulée en zigzaguant vers l'ouest à travers les régions de l’Outaouais et de l'Abitibi-Témiscamingue. À partir du lac Témiscamingue, la rivière bifurque vers le sud et devient la frontière naturelle entre l'Ontario et le Québec. Elle poursuit alors son cours dans un axe nord-ouest sud-est. jusqu'à Hawkesbury Est où son rôle de frontière naturelle s’arrête. Elle continue de descendre, au Québec exclusivement, jusqu’à se jeter dans le Saint-Laurent, après une course de plus d’un millier de kilomètres.

Affluents[modifier | modifier le code]

L’Outaouais compte plusieurs dizaines d’affluents dont la Dumoine, la Noire, la Coulonge et la Quyon. À partir de Gatineau, sur sa rive gauche et d'Ottawa, sur sa rive droite, elle a pour affluents plusieurs autres rivières d'importance : Rideau et Nation sud, rive droite, en Ontario, et Gatineau, Blanche, du Lièvre, Nation nord, la Rouge, rive gauche, au Québec.

Plus loin, à la hauteur de Grenville sur le flanc québécos et de Hawkesbury sur le flanc ontarien, la rivière s'élargit pour former le lac Dollard-des-Ormeaux qui est borné en aval par le barrage de Carillon. Au pied du barrage se trouve un élargissement naturel de la rivière, le lac des Deux Montagnes, lui-même alimenté par quelques affluents.

Rive gauche

Rive droite

Émissaires[modifier | modifier le code]

L’Outaouais termine sa longue course dans le fleuve Saint-Laurent, principalement par la rivière des Prairies qui reçoit 70% de son eau et, dans une moindre mesure, par la rivière des Mille Îles (qui rejoint la rivière des Prairies avant que celle-ci se jette dans le fleuve). Le reste s'écoule vers le fleuve par le lac Saint-Louis.

Canaux[modifier | modifier le code]

L’Outaouais est une importante voie navigable parsemée d’obstacles naturels que sont les rapides et les chutes d’eau. Dès la première moitié du XIXe siècle on a creusé et aménagé quatre canaux sur son parcours, auxquels s’ajoutèrent, formant un ensemble complexe, les canaux des autres cours d’eau auxquels il est rattaché (notamment, le canal Lachine et le canal Rideau). C’est cet ensemble qui permit la libre circulation des bateaux dans un vaste réseau navigable jusqu’au cœur de l’Amérique du Nord.

Les premiers canaux[modifier | modifier le code]

En remontant le fleuve, on rencontrait un premier obstacle de taille, à Montréal: les rapides de Lachine. Il était nécessaire de les contourner pour aller plus loin. Pour ce faire on creusa dans un premier temps le canal Lachine (XIXe siècle) puis, au XXe siècle, on aménagea la voie maritime du Saint-Laurent. Ces deux ouvrages permettaient de passer du fleuve Saint-Laurent au lac Saint-Louis situé quelque 15 m plus haut. La route de l’Outaouais passait par le lac des Deux Montagnes. Pour rejoindre ce lac (situé 1 m plus haut) à partir du lac Saint-Louis, il fallait un canal, le premier sur l’Outaouais, celui de Sainte-Anne-de-Bellevue. Plus loin on arrivait aux rapides du Long-Sault. Pour les contourner il fallut creuser et aménager trois canaux successifs sur une distance d’environ 20 km, celui de Carillon, celui de la Chute-à-Blondeau et celui de Grenville. À la hauteur des villes de Gatineau et Ottawa le passage était bloqué par les Chutes des Chaudières et il l’est toujours aujourd’hui. L’amont de la rivière n’est plus directement accessible par eau à partir de ce point. Il n’existe aucun canal qui permet de contourner ces chutes ni tous les rapides qui se trouvent en amont sur le reste du parcours. Pourtant, la navigation était possible plus en amont et jusque dans les lacs d’Abitibi grâce aux trains de portage qui permettaient de transporter les marchandises et les passagers au-delà de chaque nouvel obstacle[3].

Les nouveaux canaux[modifier | modifier le code]

Du pied des rapides de Lachine dans le Vieux port de Montréal à l’entrée du canal Rideau à Ottawa, l’escalier d’eau comptait, au XIXe siècle, dix-sept marches, qui étaient autant d’écluses sur le parcours. Depuis les années 1960 et l’avènement de la voie maritime du Saint-Laurent et de la centrale hydro-électrique de Carillon, les navigateurs ont, selon la taille de leur bateau, le choix entre deux voies, soit le passage du canal Lachine, soit celui de la voie maritime. Pour remonter vers Ottawa et Gatineau l’escalier compte désormais quatre marches (par la voie maritime) ou sept marches (par le canal Lachine).

Harnachement[modifier | modifier le code]

Le cours de la rivière des Outaouais est ponctué de dix barrages qui captent et transforment son énergie en hydroélectricité et contrôlent par le fait même son débit. En amont du lac Témiscamingue, six structures sont en place. Toutes ces installations à l’exception d’une seule, la centrale de Rapide-7, sont dites centrales au fil de l’eau. Le premier barrage a produit de l’électricité dès 1910[4], à Hull, aujourd’hui Gatineau mais on a produit de l’électricité sans barrage dès 1881 à l’usine E.B. Eddy, puis en 1882 à Ottawa.

  1. La Centrale de la Première-Chute
  2. La Centrale de Bryson
  3. La Centrale de Rapide-2
  4. La Centrale de Rapide-7
  5. La Centrale des Rapides-des-Îles
  6. La Centrale des Rapides-des-Quinze
  7. La Centrale de la Chute-des-Chats
  8. Le Barrage des Chaudières (Hull, auj. Gatineau)
  9. La Centrale de Hull-2
  10. La Centrale de Carillon

Dans la partie où elle est la frontière naturelle entre les deux provinces, la production hydroélectrique est parfois le fait de l’Ontario Power Generation, parfois celui d’Hydro-Québec, les deux sociétés d'État provinciales de production d'électricité, et elle est parfois le fait des deux sociétés, conjointement. Certaines centrales sont privées, ou l’ont été. Au barrage de Carillon, en amont de Montréal, la moyenne du débit s'établit à 1 950 m3/s ; ce débit connaît des variations entre 700 et 8 000 m3/s selon les saisons. En 1974, la crue amène des inondations importantes à Hudson dans la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent[5].

Tous ces barrages ont haussé le niveau de la rivière et modifié ses rives. Ils ont noyé des rapides et altéré les écosystèmes. Les eaux vives se sont transformées en eaux calmes. Certains de ces obstacles naturels, connus des communautés autochtones et notés dans les rapports d’expédition des explorateurs européens, sont disparus sous les eaux. C’est notamment le cas des rapides du Long-Sault en amont du barrage et de la centrale de Carillon ainsi que des rapides des Sept-Chutes[6] en amont du barrage de Bryson.

Lacs[modifier | modifier le code]

La rivière des Outaouais comprend plusieurs lac fluviaux et plusieurs lacs de barrages, des élargissements qui sont tantôt l’œuvre de la nature et tantôt la conséquence de la construction de barrages permettant d’exploiter l’énergie de la rivière.

Îles[modifier | modifier le code]

La rivière des Outaouais est parsemée de centaines d’îles. Les plus importantes portent un nom. Certaines sont habitées. D’autres abritent des écosystèmes variés. Les deux plus grandes îles de l’Outaouais sont situées en territoire québécois. La première est l’île aux Allumettes qui est habitée par une population de 1346 personnes (2014), en face de Pembroke (Ontario). La seconde en importance est l’île du Grand-Calumet, tout près de Fort-Coulonge. L’île de Hull compte une partie de la population de la ville de Gatineau.

Ponts et traverses[modifier | modifier le code]

Pas moins de dix-huit ponts routiers et six traversiers permettent de passer d’une rive à l’autre de l’Outaouais, sans parler des ponts ferroviaires.

Un pont ferroviaire enjambe la rivière des Outaouais, à Mattawa, Ontario, à environ 300 km au nord de la capitale canadienne.

Municipalités et localités[modifier | modifier le code]

Les villes d'Ottawa en Ontario (capitale fédérale canadienne, 900 000 hab.) et Gatineau au Québec (250 000 hab.) forment le noyau principal de population sur la rivière. Plus en aval, on retrouve les municipalités québécoises de Montebello, Papineauville, Grenville, Rigaud et Saint-André-d'Argenteuil ainsi que la ville ontarienne de Hawkesbury.

Rive gauche

Rive droite

Rivière des Outaouais en hiver, entre Ottawa et Gatineau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire du Pontiac.
Carte des étapes numérotées de l'expédition de Samuel de Champlain de 1615 le long de l'Outaouais.

Il y a 9 000 ans, la mer de Champlain (carte), créée suite au retrait des glaciers, commence à se retirer vers l'est, formant ainsi les vallées de l'Outaouais et du St-Laurent. À son plus haut niveau, elle occupait les terres situées sous 200 m d'altitude (par rapport au niveau actuel des mers).

La rivière a été pendant longtemps le chemin privilégié par les amérindiens et par les premiers explorateurs pour atteindre les Grands Lacs et l'ouest du Canada (Pays d'en Haut) par la rivière Mattawa puis le lac Nipissing et vers le nord par le lac Témiscamingue, le cours supérieur de l'Outaouais et les cours d'eau qui y communiquent. Son nom actuel vient d'une tribu originaire de l'Île Manitoulin (située dans le lac Huron) qui s'en servait pour venir faire la traite des fourrures avec les premiers explorateurs français. Son nom algonquin, Kitchesippi, signifie Grande rivière. La rivière des Outaouais a aussi porté les noms suivants: La Grande rivière (Galinée 1670), Rivière des Outaouai, Rivière des Hurons, Rivière des Outaouacs ou des Prairies (Bernou 1680), Outaouais (Alexander Henry (en)), Utawas River (Alexander Mackenzie)[7].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Cours d'eau », sur L'Atlas du Canada (consulté le 15 novembre 2008)
  2. Commission de toponymie — Lac Capimitchigama
  3. Bernard Hallé (Géographe), « Les canaux de l’Outaouais et du Richelieu : Des liens nord-sud », Continuité, Éditions Continuité, no 93 « Les canaux ou l’eau apprivoisée »,‎ été 2002 (ISSN 0714-9476 et 1923-2543, lire en ligne)
  4. Musée canadien de l’histoire — Le barrage des Chaudières
  5. (en) « Rescue of 22lb fish in 1974 », Gazette Vaudreuil-Soulanges, vol. 63, no 10,‎ 1er mai 2013, p. 8 (lire en ligne).
  6. Le nord de l’Outaouais. Manuel-Répertoire d’Histoire et de Géographie régionales, Le Droit, Ottawa, 1938, 396 p. Chapitre 2, À l’ouest de Hull, pp 212-213.
  7. Kennedy, Clyde C. The Upper Ottawa Valley, Renfrew County Council, Pembroke, Ontario, 1970

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]