Scandale des commandites

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Le scandale des commandites est une affaire politique canadienne relative à l'usage de fonds publics pour financer diverses opérations de relations publiques visant à contrecarrer les actions du Parti québécois en faveur de la souveraineté du Québec. Dans la perspective de sensibiliser l'opinion publique québécoise sur les actions positives du gouvernement fédéral canadien dans la province du Québec, d'importants contrats ont été signés avec des agences publicitaires. Mais l'usage des sommes allouées, l'efficacité de la campagne et le montant des contrats n'ont pas fait l'objet d'évaluations et de contrôles stricts.

L'implication du Parti libéral du Canada, au pouvoir de 1993 à 2006, est importante dans cette affaire qui se déroula de 1997 à 2003. Les fonds publics investis ont été évalués en 2005 à 332 millions CAD[1].

Paul Martin, Premier ministre du Canada, a créé en 2004 la Commission Gomery, chargée de faire la lumière sur ce scandale.

Le programme des commandites[modifier | modifier le code]

Chronologie des investigations[modifier | modifier le code]

La Commission Gomery[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Commission Gomery.

Conséquences politiques[modifier | modifier le code]

Entre 2004 et 2005, les répercussions du scandale et les révélations faites devant la commission Gomery ont alimenté le conflit au sein du Parti libéral du Canada entre les partisans de Jean Chrétien et ceux de Paul Martin. Les libéraux ont généralement suivi les conclusions de la commission Gomery en interprétant les détournements de fonds publics comme les conséquences des actions d'un petit groupe restreint et corrompu au sein du précédent gouvernement libéral, et en particulier au sein du cabinet de l'ancien Premier ministre Jean Chrétien. Les proches du nouveau premier ministre Paul Martin ont dénoncé une culture de la corruption au sein de l'administration précédente et affirmé que les éléments problématiques avaient été écartés de la nouvelle administration fédérale.

Paul Martin et son camp au sein du Parti libéral ont œuvré pour se dissocier de ce scandale, en rejetant la responsabilité sur Jean Chrétien et son groupe. Ils ont également pointé les nombreux départs qui ont accompagné la fin du gouvernement de Jean Chrétien, et en particulier celui de l'ancien ministre John Manley.

Le camp de Jean Chrétien a dénoncé la récupération du scandale à des fins de politique interne au Parti Libéral, et comme excuse pour retirer de leurs postes au sein du parti et du gouvernement des partisans de Jean Chrétien qui n'avaient aucune responsabilité dans cette affaire. Les importants remaniements au sein du nouveau cabinet de Martin, et son refus de signer les nominations d'affiliés à Jean Chrétien, sont en particulier fréquemment cités en exemples de cette politique. De nombreuses voix se sont élevées au sein du camp de Jean Chrétien pour dénoncer la mise en place de la Commission Gomery comme un outil visant à discréditer son administration, et pour remettre en cause l'impartialité de cette commission.

Le Parti conservateur du Canada a dénoncé une culture de corruption inhérente au Parti Libéral, et le scandale des commandites est l'un des points clés de leur campagne pendant l'élection fédérale de 2006 qui a porté les conservateurs au pouvoir.

Le Mouvement souverainiste du Québec, représenté au parlement fédéral par le Bloc québécois, et au gouvernement de la province par le Parti québécois, a dénoncé ce scandale comme la preuve de la corruption institutionnelle et des dysfonctionnements du fédéralisme canadien. Le scandale des commandites est perçu par une partie notable de la population du Québec comme un retour de flamme du programme de propagande pro-canadien, et a au contraire discrédité les actions du gouvernement fédéral dans la province. Les sondages précédent l'élection de 2006 montraient une nette progression du mouvement souverainiste, atteignant des estimations de 53 % en décembre 2005. La faveur de ce mouvement a ensuite décru, et les résultats de l'élection de 2006 au Québec sont marqués par un recul du Bloc québécois en nombre de voix et en nombre de sièges au Parlement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]