Parti libéral du Québec

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Parti libéral du Québec

Parti provincial actif
Logo du Parti libéral du Québec
Présentation
Président Gilbert Grimard (Intérim)
Chef Philippe Couillard
Permanence 1535 Chemin Sainte-Foy, suite 120
Québec (QC) G1S 2P1
7240, rue Waverly
Montréal (QC) H2R 2Y8
Nb. de membres 60 000 (2011)[1]
Caractéristiques
Idéologie Social-libéralisme
Social-démocratie[2]
Fédéralisme
Nationalisme canadien
Couleurs Rouge
Représentation actuelle
Assemblée nationale
70 / 125
(41e législature)
Historique
Fondation 1867
Personnalités marquantes Honoré Mercier
Lomer Gouin
L.-A. Taschereau
Jean Lesage
Robert Bourassa
Jean Charest
Candidat
Élu
Opp.
Gouv.
Oui Oui Oui Oui

Site Web www.plq.org

Le Parti libéral du Québec (PLQ) est un parti politique québécois œuvrant sur la scène provinciale. Il est le plus ancien parti politique de la province, présent depuis 1867. Le pouvoir lui est revenu dans une alternance qui l'opposa successivement au Parti conservateur du Québec, à l'Union nationale, puis au Parti québécois. Le Parti libéral est un parti fédéraliste, c'est-à-dire qu'il appuie l'idée du maintien du Québec comme province au sein de la fédération canadienne. La minorité anglophone québécoise, les allophones et les fédéralistes francophones constituent la base électorale du PLQ.

Dans l'histoire, le Parti libéral du Québec a privilégié des orientations plutôt progressistes. Économiquement, il se trouve toutefois à la droite du Parti québécois depuis la fondation de ce parti, bien qu'en matière d'affaires sociales leurs positions soient souvent analogues. Le parti se considère toutefois comme une formation centriste sur le spectre politique québécois malgré plusieurs propositions visant à réduire la taille de l'État. Il n'est plus affilié au Parti libéral du Canada depuis 1955.

Le fonds d'archives du Parti libéral du Québec est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines et histoire jusqu'à la Révolution tranquille[modifier | modifier le code]

Le Parti libéral prend ses origines dans le Parti patriote qui appuyait la Rébellion des Patriotes de 1837-1838, et dans le Parti rouge qui militait pour le gouvernement responsable et contre l'autorité de l'Église catholique dans la colonie britannique du Bas-Canada.

Après la création du Dominion du Canada en 1867, les libéraux sont en opposition aux conservateurs pour près de 20 ans, à l'exception d'une période de 18 mois en 1878-1879 quand il y a un gouvernement minoritaire libéral. Toutefois, la situation change en 1885 lorsque le gouvernement conservateur fédéral exécute Louis Riel, le chef du peuple Métis francophone dans l'Ouest canadien. Cette décision est extrêmement impopulaire au Québec. Honoré Mercier profite de cette vague de mécontentement pour décrocher le pouvoir en 1887, mais il succombe à un scandale en 1891. Il est subséquemment acquitté des accusations, mais les conservateurs conservent néanmoins le pouvoir jusqu'en 1897.

Les libéraux, avec à leur tête le progressiste Félix-Gabriel Marchand, remportent l'élection de 1897, et se maintiennent au pouvoir sans interruption pendant les 39 années suivantes; les conservateurs ne sont jamais revenus au pouvoir au Québec. Cette situation reflète celle à Ottawa, où l'arrivée de Wilfrid Laurier à la tête du pays dans l'élection de 1896 marque le début de la longue domination des libéraux sur la scène fédérale. Comme premiers ministres importants de cette période, mentionnons Lomer Gouin et Louis-Alexandre Taschereau.

Toutefois, en 1935, les conservateurs ont un nouveau chef ambitieux : Maurice Duplessis. Duplessis fusionne son parti avec des ex-libéraux dissidents qui avaient formé l'Action libérale nationale. Duplessis mène le nouveau parti, l'Union nationale, au pouvoir en 1936. Les libéraux reprennent le pouvoir dans l'élection de 1939, mais sont de nouveau battus lors de l'élection de 1944. Ils demeureront dans l'opposition jusqu'à la mort de Duplessis, soit pendant 16 ans.

De la Révolution aux années 1990[modifier | modifier le code]

Logo de la Fédération libérale du Québec en 1960

Sous Jean Lesage, le parti remporte une élection historique en 1960, mettant un terme à un règne sans interruption de seize ans de l'Union nationale. C'est le début de la Révolution tranquille, qui modifie en profondeur la société québécoise. Sous le slogan Maîtres chez nous, le gouvernement du Québec entreprend plusieurs initiatives majeures, dont :

  • la nationalisation de l'industrie hydro-électrique à travers l'expansion de Hydro-Québec — cette initiative majeure du gouvernement est menée par le ministre des Ressources naturelles, René Lévesque ;
  • la création du Régime de rentes du Québec, distinct du Régime de pensions du Canada qui existe dans toutes les autres provinces ;
  • la création d'un ministère de l'Éducation, enlevant la responsabilité des écoles à l'Église catholique romaine ;
  • des pressions sur le gouvernement fédéral pour qu'il renégocie les relations fédérales-provinciales.

Sous Jean Lesage, les libéraux donnent naissance à une aile nationaliste. Vers la fin de la décennie 1960, certains libéraux, incluant le ministre René Lévesque, quittent le parti pour se joindre au mouvement souverainiste québécois et participent à la fondation du Parti québécois, dirigé par Lévesque.

Les relations entre le Parti libéral du Québec et son homologue fédéral, le Parti libéral du Canada, s'enveniment sous Lesage, et davantage sous Robert Bourassa. Déjà, en 1955 le PLQ mettait fin à son affiliation au PLC, et à plusieurs moments depuis, les relations entre les deux partis ont été extrêmement tendues.

Logo du Parti libéral en 1970

Comme premier ministre, Bourassa fait adopter la Loi 22 qui fait du français la langue officielle au Québec, et fait pression sur le premier ministre fédéral Pierre Trudeau pour obtenir des concessions constitutionnelles. Son gouvernement est également embarrassé par plusieurs scandales. Bourassa renonce à la direction du parti après sa défaite aux mains du Parti québécois de René Lévesque dans l'élection de 1976.

Bourassa est remplacé à la tête du Parti libéral par Claude Ryan, l'ancien éditeur du quotidien montréalais Le Devoir. Ryan mène à bien la campagne fédéraliste durant le référendum de 1980 sur la souveraineté-association, mais perd ensuite l'élection de 1981 aux mains du PQ. Il démissionne de son poste de chef du Parti libéral, pavant la voie au retour de Robert Bourassa en 1983.

Réélu à la tête du Québec lors des élections de décembre 1985, Bourassa réussit à convaincre le gouvernement fédéral progressiste-conservateur de Brian Mulroney de reconnaître le Québec comme une société distincte et cherche à obtenir plus de pouvoirs pour le Québec et les autres provinces. Ceci a pour résultat l'accord du lac Meech et l'accord de Charlottetown. Ces deux propositions ne sont toutefois pas ratifiées. Bien que nationaliste, Bourassa est toujours demeuré opposé à l'indépendance du Québec.

Logo du Parti libéral en 1994

Réélu en 1989, Bourassa cède les rênes du Parti libéral et du gouvernement en 1993 : Daniel Johnson lui succède alors comme chef libéral et premier ministre du Québec mais il ne demeure en poste que quelques mois : le gouvernement libéral est défait par le Parti québécois de Jacques Parizeau aux élections de 1994.

En 1990, après l'échec de l'accord du Lac Meech et dans la foulée du rejet par le gouvernement Bourassa du rapport Allaire, plusieurs membres nationalistes du Parti libéral, menés par Jean Allaire et Mario Dumont, et incluant plusieurs de l'aile jeunesse du parti, quittent le PLQ pour former l'Action démocratique du Québec. Tout comme en 1980, le PLQ fait campagne pour le NON durant le référendum de 1995 sur la souveraineté, qu'il remporte in extremis.

Le retour au gouvernement (2003)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Jean Charest.

Aux élections du 14 avril 2003, les libéraux sont à nouveau portés au pouvoir et forment le gouvernement du Québec sous la direction du premier ministre Jean Charest.

Logo du Parti libéral depuis 2003

À mi-mandat, les sondages indiquent que le gouvernement de Jean Charest fait face aux plus hauts taux d'insatisfaction jamais enregistrés pour un gouvernement au Québec. Des propositions fortement controversées de réforme de l'éducation, des politiques syndicales et sociales, une maladresse continuelle dans la communication des politiques et décisions du gouvernement, ainsi que d'autres facteurs donnent pendant longtemps au Parti québécois l'espoir de remporter les prochaines élections du 26 mars 2007. Cependant, la chute dans les sondages de ce dernier (14 points de novembre 2005 à juin 2006), entre autres due l'apparition du parti Québec solidaire, replace pour la première fois depuis longtemps le Parti libéral du Québec en première position dans les intentions de vote. Cette glissade du PQ peut être aussi attribuée au leadership maintes fois contesté d'André Boisclair. Lors de l'élection générale de 2007, le PLQ devient néanmoins minoritaire, l'Action démocratique du Québec fait une percée historique et le Parti québécois est relégué au troisième rang en termes d'appuis populaires.

De son élection en avril 2003 aux élections de 2007, le gouvernement libéral a fait face à de nombreuses critiques de la part des centrales syndicales, telles la FTQ ou la CSN, des organismes de défense des droits sociaux ainsi que du mouvement étudiant québécois. La « réingénierie » de l'État, telle qu'annoncée par le Premier ministre Jean Charest serait, selon eux, la première étape vers la réduction du rôle et de la taille de l'État. Ils dénoncent fortement la remise en cause du modèle québécois développé au cours des années 1960. Mais c'est la loi 31 sur le code du travail, qui autorisait, entre autres, la sous-traitance dans les institutions publiques, qui causa le plus grand émoi dans le milieu syndical.

Les nombreux reculs du gouvernement fragilisèrent son pouvoir et firent en sorte que les libéraux se retrouvent minoritaires après les élections de 2007, un évènement rare au Québec.

Suite à la réélection des libéraux à la tête d'un gouvernement minoritaire, le taux de popularité du gouvernement, paradoxalement, ne cesse d'augmenter pour atteindre un taux de satisfaction de 61 % en mars 2008. Suite à l'électrochoc subi par le PLQ, Jean Charest a décidé de remanier entièrement le mode d'action du gouvernement. Le conseil des ministres est passé à seulement 18 ministres et est devenu le premier à respecter la parité hommes/femmes. L'entourage de Jean Charest a aussi changé, notamment son chef de cabinet, et il a rappelé deux anciens conseillers de l'époque de Robert Bourassa, John Parisella et Michel Bissonnette.

Jean Charest, lors de la campagne électorale de 2012

Jean Charest à la tête d'un gouvernement minoritaire depuis 2007 déclenche des élections anticipées pour le 8 décembre 2008 alors que les libéraux sont en tête des sondages. Il va réussir à former un troisième gouvernement consécutif, une première depuis la révolution tranquille. Cette élection marque aussi le retour à un gouvernement majoritaire, le retour du PQ dans le rôle de l'opposition officielle, l'élection du premier député de Québec Solidaire et surtout la dramatique chute de l'ADQ.

Article détaillé : Plan Nord.

En 2011, le Parti libéral décide de lancer le Plan Nord avec pour objectif de créer des milliers d'emplois pour le Québec. Ce projet a été applaudi et critiqué par plusieurs intervenants.

Le troisième mandat du gouvernement Charest est assombri pratiquement dès le départ par des allégations de corruption, de collusion et de copinage dans l'octroi des contrats de travaux publics dans la grande région de Montréal. Après avoir refusé pendant des années de mettre sur pied une commission d'enquête afin de faire la lumière sur ces allégations, le premier ministre Charest cède enfin à la pression populaire en 2011 et accepte de mettre sur pied la Commission Charbonneau.

En février 2012, la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest met le feu aux poudres d'une contestation générale populaire qui embrasera la métropole québécoise et les principales villes du Québec durant la majeure partie du printemps. Cette grève générale illimitée des étudiants québécois, bientôt rejoints dans leur contestation par de larges segments de la société civile, durera six mois et servira de prétexte au déclenchement des 40e élections générales québécoises.

La fin du règne libéral (2012)[modifier | modifier le code]

Les élections du 4 septembre 2012 marquent la fin d'un règne libéral de neuf ans. Le PLQ est alors relégué au second rang, formant l'opposition officielle avec 50 sièges, pas très loin derrière le gouvernement Marois, dont les 54 sièges lui ont valu de former un gouvernement minoritaire.

L'après-Charest (depuis 2013)[modifier | modifier le code]

Le 17 mars 2013, lors du premier congrès à la chefferie du PLQ depuis 1983, Philippe Couillard succède à Jean Charest à la tête du PLQ avec l'appui de 58,5 % des membres du parti.

Le 7 avril 2014, Philippe Couillard mène son parti à la formation d'un gouvernement majoritaire, suite à l'élection de 70 députés sur 125 à l'élection provinciale.

Structure[modifier | modifier le code]

Commission Jeunesse[modifier | modifier le code]

Une des particularités du Parti libéral du Québec est sa Commission-Jeunesse.

Cette commission permanente est responsable de l'implication des jeunes au sein du parti et possède le mandat des membres de 16 à 25 ans.

Elle délègue au minimum un tiers des délégués lors des Congrès des membres du PLQ (l'instance décisionnelle suprême du parti).

Chaque été, environ 500 jeunes libéraux se réunissent pour l'une des instances de la Commission, le congrès-jeune.

La Commission-Jeunesse du PLQ a plusieurs luttes à son historique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de son parti. Elle a proposé la création de la carte-soleil, a lutté contre Claude Ryan dans les années 1980 contre le dégel des frais de scolarité et exigé que la TVQ ne soit plus perçue sur la vente de livre au Québec notamment. Dans les années 1980, les congrès annuels de la Commission-Jeunesse attiraient près de 1 500 personnes.

Elle connut des moments moins réjouissants, notamment lors du dépôt du rapport Allaire, qui causa un déchirement au sein du PLQ et un exode des membres, amenant la création de l'Action démocratique du Québec. Le président de la Commission-Jeunesse à ce moment était Mario Dumont, chef de l'ADQ de 1994 à 2008.

Parmi les débats amenés par les jeunes libéraux, notons l'enseignement de l'anglais dès la première année du primaire, l'instauration de la carte d'assurance-maladie, l'abolition de la malbouffe dans les écoles, le maintien du financement du régime de prêts et bourses et la création du Fonds des générations.

Chefs[modifier | modifier le code]

Liste des chefs du Parti libéral du Québec
Nom Chef Premier ministre
Henri-Gustave Joly de Lotbinière 1867-1883 1878-1879
Honoré Mercier 1883-1892 1887-1891
Félix-Gabriel Marchand 1892-1900 1897-1900
Simon-Napoléon Parent 1900-1905 1900-1905
Lomer Gouin 1905-1920 1905-1920
Louis-Alexandre Taschereau 1920-1936 1920-1936
Adélard Godbout[4] 1936-1949 1936, 1939-1944
Georges-Émile Lapalme 1950-1958
Jean Lesage 1958-1970 1960-1966
Robert Bourassa[5] 1970-1976 1970-1976
Claude Ryan[6] 1978-1982
Robert Bourassa 1983-1994 1985-1994
Daniel Johnson (fils) 1994-1998 1994
Jean Charest[7] 1998-2012 2003-2012
Philippe Couillard 2013- 2014-

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Le Québec, sous l'impulsion du PLQ, s'est doté d'importants outils de justice sociale et de développement économique. En voici quelques exemples :

  • l'âge minimum de 16 ans pour travailler (1910)
  • le droit de vote des femmes (1940)
  • l'instruction obligatoire (1942)
  • la loi des appels d'offres en contrats routiers (1960 au Québec)
  • l'école primaire et secondaire gratuite (1961 au Québec)
  • la création du ministère de l'Éducation et du Conseil supérieur de l'éducation (1964)
  • la création de la Caisse de dépôt et de placement du Québec (1965)
  • l'assurance-maladie (1970)
  • le régime des allocations familiales du Québec (1973)
  • l'aide juridique (1973)
  • proclamation du français comme langue officielle de l'État du Québec (1974)
  • la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (1975)

C'est aussi le PLQ qui a mis en chantier la Révolution tranquille (1960), généralement considérée comme un vaste mouvement de libéralisation des mœurs, globalement comparable au phénomène de « Counterculture » aux États-Unis ou aux événements de mai 1968 en France.

Les libéraux ont également mis en œuvre la nationalisation de l'électricité au Québec (1963). Ils ont créé la société de développement hydroélectrique Hydro-Québec (1944) et réalisé les colossaux complexes hydroélectriques de la Baie James et de la Côte-Nord (1960 à aujourd'hui).

Le fonds d’archives Parti libéral du Québec est conservé au centre d’archives de Québec de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Journet, « Il ne reste que 2521 membres à l'ADQ », La Presse,‎ 14 décembre 2011 (lire en ligne).
  2. Paul André Linteau. Quebec Since 1930: A History. Pp. 521.
  3. Fonds Parti libéral du Québec (P717) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  4. George Carlyle Marler a assuré l'intérim de 1949 à 1950.
  5. Gérard D. Levesque a assuré l'intérim de 1976 à 1978.
  6. Gérard D. Levesque a assuré l'intérim de 1982 à 1983.
  7. Jean-Marc Fournier a assuré l'intérim de septembre 2012 à mars 2013.
  8. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliothèque et Archives nationales du Québec – Fonds Parti libéral du Québec(P537) » (consulté le 10 février 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]