Normandie

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Normandie
Blason de la Normandie
Blason de la Normandie
Drapeau normand
Drapeau normand
Image illustrative de l'article Normandie
Administration
Capitale Rouen[1] et seconde capitale[2] : Caen[3]
Capitales administratives: Caen, Rouen, Saint-Hélier, Saint-Pierre-Port
Démographie
Gentilé Normand, Normande
Population 3 450 388 hab. (2005)
Densité 115 hab./km2
Langue(s) Normandie continentale : français, normand
Normandie insulaire : anglais, français, jersiais, guernesiais
Géographie
Coordonnées 49° 12′ N 0° 01′ E / 49.2, 0.0166666749° 12′ Nord 0° 01′ Est / 49.2, 0.01666667  
Superficie 30 100 km2
Divers
Devise « Diex Aïe ! » - « Que Dieu nous aide ! », - Thor Aïe « Que Thor nous aide », Viriliter et Sapienter « Courage et Sagesse »

La Normandie (anglais : Normandy, normand : Normaundie) est une ancienne province française. Elle est aujourd'hui un espace géographique et culturel, dont deux collectivités territoriales portent le nom en partage :

Fondé en Neustrie par Rollon, le duché occupa tout d’abord la basse vallée de la Seine en 911, puis le Bessin, le pays d'Auge et l'Hiémois en 924, le Cotentin, l’Avranchin et les îles de la Manche en 933. Duché de 911 à 1204, la partie insulaire (anglo-normande) de la Normandie, hormis Chausey, a formé les bailliages de Jersey et de Guernesey, sous dépendance de la couronne britannique, tandis que sa partie continentale (française) a formé une province historique française de 1204 à 1790.

Située au nord-ouest de la France, elle est bordée par la Manche. Très stables, les frontières continentales de cette ancienne province concordent assez fidèlement, hormis quelques territoires incorporés aux actuels départements de l'Eure-et-Loir, de la Mayenne, de l'Oise et de la Sarthe, lors de la création des généralités et quelques communes enclavées échangées avec la Mayenne après la création des départements à la Révolution, avec le Calvados, l’Eure, la Manche, l’Orne et la Seine-Inférieure.

Sommaire

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom Normandie est dérivé du terme normand, avec le suffixe d'origine latine -ie (cf. Germania « Germanie », Italia « Italie », etc.). Normand est lui-même un emprunt au francique *nortman[5] ou au vieux norrois norðmaðr[6],[7], qui signifient tous deux « homme du nord ». Nortmannus est attesté pour la première fois en latin médiéval dès la fin du IXe siècle[8],[9]. Quant à Normand (écrit Norman), il figure dans la Chanson de Roland[10]. La Normandie est donc étymologiquement le « pays des hommes du Nord ».

L'expression Norðmannaland, équivalent germanique de Normandie, est trouvée en vieil anglais à la fin du IXe siècle dans Orosius et se réfère au « Danemark », pays alors aux contours difficiles à définir[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Normandie.

Préhistoire, Protohistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

La présence humaine dans la région n'est pas antérieure à la fin du paléolithique inférieur (auparavant cette région était extrêmement froide). Au paléolithique moyen, elle est attestée par de nombreuses trouvailles d’industrie lithique. Mais, au paléolithique supérieur, la région est occupée par la toundra, peu propice à la vie humaine. Cependant elle sera de nouveau habitée, comme le montre la grotte de Gouy près de Rouen, qui, du fait de ses gravures pariétales datées du Magdalénien, se trouve être la grotte ornée la plus septentrionale d’Europe. Par ailleurs de nombreux mégalithes encore visibles parsèment d’une façon assez régulière la campagne normande[12].

Mais ce n'est véritablement qu'à l'âge du bronze (entre 2300 et 800 av. J.-C.) que la Normandie va être mise en valeur. À cette époque, des fermes, des systèmes parcellaires et de vastes nécropoles sont implantés dans le territoire, formant un premier maillage de sites couvrant l'ensemble des terroirs normands[13].

La découverte d’objets comme le casque gaulois doré d’Amfreville-sous-les-Monts (IVe siècle av. J.-C.) ou celui, en fer, du musée de Louviers, ainsi que de sites comme la grande nécropole de Pîtres[14] (Eure), avec ses urnes à incinération, ses épées enroulées et des traces de tombes à char, ou la nécropole d'Ifs (Calvados), qui date de la fin de la période de Hallstatt ou du début de celle de la Tène, témoignent de la présence gauloise en Normandie.

Le peuple celte des Belges s’installe en Normandie entre le VIe et le IIIe siècle av. J.-C.. Le témoignage de Jules César (dans La Guerre des Gaules) nous permet d’identifier les différents groupes gaulois occupant la région. En 56 ou 57 avant J.-C., ces populations se regroupent pour résister à l’invasion des légions romaines. Après la défaite gauloise d’Alésia, les peuples de Normandie continuent quelque temps la lutte mais, en 51 av. J.-C., toute la Gaule est soumise à Rome[15].

Mosaïque d’Orphée retrouvée à Lillebonne, en Seine-Maritime

Entre 27 et 15 av. J.-C.[16], l’empereur Auguste réorganise le territoire gaulois et fait passer les Calètes et les Véliocasses dans la province de Gaule lyonnaise, dont la capitale est Lyon. La romanisation de la Normandie, comme ailleurs en Occident, passe par la construction de routes et de villes.

On connaît de nombreuses villas gallo-romaines sur le territoire normand. Les constructeurs utilisaient les matériaux locaux : silex, craie, calcaire, brique, torchis. Le chauffage des bains ou de certaines pièces emprunte le procédé de l’hypocauste romain (villa suburbaine de Vieux-la-Romaine)[17].

L’agriculture fournit du blé et du lin d’après Pline l’Ancien. Enfin, dans les campagnes normandes de l’Antiquité, les fana (petits temples à plan centré, en général carré, de tradition celtique) sont nombreux. On en situe un exemple à l’ouest d’Harfleur. Les fouilles ont aussi révélé la présence de nombreuses statuettes de déesses-mères en terre cuite, dans les tombes et les maisons normandes. Ainsi, au Vieil-Évreux, il existe un des plus importants centres de pèlerinage d’Europe qui comprenait un forum, des thermes romains, une basilique monumentale, deux fana et le deuxième plus grand théâtre de Gaule[18].

À partir du deuxième tiers du IIIe siècle, les raids « barbares » dévastent de nombreux lieux de la région normande. Le littoral doit faire face à la piraterie maritime des Saxons, mais aussi des Francs et des Frisons. Des contingents germaniques sont donc recrutés par l'armée romaine pour lutter contre d'autres Germains[19] et ces immigrants reçoivent l'autorisation de s'établir dans l'Empire[20].

À l’occasion des réformes de l’empereur Dioclétien (285-305), la future Normandie s'individualise en devenant la Lyonnaise Seconde, dont les limites préfigurent celles de la Normandie ducale sept siècles plus tard : elle s'étend du Couesnon à la Bresle, et est bornée au sud par les cours supérieurs de la Sarthe et de l'Avre. Seule différence significative, la Lyonnaise Seconde inclut le futur Vexin Français, le pays des Véliocasses restant alors indivis.

C’est aussi à cette époque que commence la christianisation de la province : les historiens savent qu’en 314, Rouen a déjà un évêque[21]. À partir de 406, les peuples germaniques et alano-hunniques déferlent sur l’Occident. Des Saxons viennent s’installer sur les côtes normandes, dans la région de Bayeux, ainsi que sur les îles Anglo-Normandes. De leur côté, de nombreux Francs occupent le pays de Bray et une partie du pays de Caux, parfois comme soldats romains, puis, après la victoire de Clovis sur le « royaume romain » de Syagrius, comme soldats du nouveau pouvoir franc.

Les Francs et les invasions scandinaves[modifier | modifier le code]

Dès 486, le nord de la Gaule passe sous le contrôle du chef franc Clovis. La colonisation franque fut assez dense dans la partie est et quasiment nulle dans la partie ouest de l'actuelle Normandie.

La christianisation amorcée au Bas-Empire romain se poursuit dans la région : construction de cathédrales, édification d’églises, oratoires sur les routes, etc. L’établissement des paroisses se réalise progressivement. À l’époque carolingienne, les tombes des villageois se regroupent autour de l’église paroissiale.

Le monachisme normand se développe à partir du VIe siècle, surtout dans l’Ouest de la région, plus isolé. Au VIIe siècle, des nobles d'origine franque fondent plusieurs abbayes dans la vallée de la Seine. Ces abbayes normandes adoptèrent la règle de saint Benoît. Elles possédaient de grands domaines fonciers, dispersés en France, dont elles tiraient des revenus élevés.

Le royaume franc dirigé par Charlemagne connait un raid dès 799 : c'est le point de départ d'une longue série d'attaques vikings, dont la plus connue est sans doute le siège de Paris de novembre 885 à mai 887. Les chroniques des monastères nous apprennent que la Seine charria des flottes scandinaves en 841, en 845, en 851, en 852, en 856[22] et en 861. À partir de 851, ils hivernent en Basse-Seine.

Si des mesures défensives sont rapidement prises après l'événement de 799, il n’en demeure pas moins que les incursions vikings restent d’une redoutable efficacité tout au long du IXe siècle. Ce succès s’explique d’abord par la vitesse d’exécution de la machine militaire viking, efficace et novatrice. Par ailleurs, la décadence politique de l'empire franc après 830 facilite certainement la tâche aux assaillants.

La Normandie ducale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Duché de Normandie.
Tombeau de Rollon, cathédrale de Rouen.
Le monde normand au XIIe siècle.

En 911, le chef viking Rollon conclut un accord avec le carolingien Charles le Simple. Aux termes du traité de Saint-Clair-sur-Epte et comme proposé lors du concile de Trosly, le roi lui remit la garde du comté de Rouen, soit à peu de choses près l’actuelle Haute-Normandie, en échange d’un serment de vassalité et d'un engagement à se faire baptiser. Rollon devait également protéger l’estuaire de la Seine et Rouen, la nouvelle capitale normande, des incursions scandinaves.

À la suite de conquêtes, le territoire sous souveraineté normande s’agrandit :

Les archevêques de Rouen avaient poussé les princes normands à élargir leurs possessions jusqu’à remplir l’espace de la province ecclésiastique de Rouen, faisant coïncider l’une et l’autre à peu près.

Selon René Musset, « la Normandie est née d'un hasard historique : le don d'un territoire à un chef de bande scandinave, Rollon, mais d'un territoire qui, de longue date, se dessinait[23] ».

La Normandie fut un important duché du royaume de France de 911 à 1204, sur lequel l’autorité du roi demeura cependant toute théorique.

Les Normands essaimèrent et administrèrent des territoires souvent éloignés. Ils fondèrent des royaumes et des principautés en Méditerranée. En 1057, Robert Guiscard et Roger de Hauteville jetèrent les fondations du futur royaume de Sicile. En 1098, Bohémond de Tarente fonda la principauté d'Antioche, dont le territoire se situe dans les actuelles Turquie et Syrie. En 1129, Robert Burdet fonda une principauté en Espagne après avoir pris Tarragone aux Musulmans.

L’œuvre de Guillaume le Conquérant[modifier | modifier le code]

Conquête normande de l'Angleterre.

Descendant de Rollon, Guillaume le Conquérant compléta les limites de la Normandie historique par la conquête du Passais sur le Maine en 1050.

En 1066, il envahit l’Angleterre, dont il devient le souverain, sous le nom de Guillaume Ier d’Angleterre.

La conquête normande de l’Angleterre a permis le développement de la langue anglo-normande, dialecte d’oïl qui a donné naissance à une littérature anglo-normande influente sur la littérature française du Moyen Âge. Ceci explique également que la langue anglaise contient de très nombreux emprunts lexicaux d’origine latine ou scandinave par le truchement de l’anglo-normand et de l’ancien français.

Institution et Droit normand[modifier | modifier le code]

Instituée par Rollon, premier duc de Normandie au commencement du Xe siècle, l’Échiquier de Normandie était la cour souveraine de Normandie. L’échiquier était une assemblée de tous les notables de la province, une espèce de parlement ambulatoire, qui se tenait deux fois par an.

La Coutume de Normandie est un système légal apparu en Normandie au début du Xe siècle et qui est resté en vigueur dans les îles Anglo-Normandes après la Révolution française.

La Charte aux Normands est un acte conférant certains droits ou privilèges aux Normands octroyé le 19 mars 1315[24], par le roi de France Louis le Hutin lequel, en répondant aux barons normands impatients, en confirme tous les termes en juillet 1315[25]. Cette charte, faisant écho à la Magna Carta ou la Charte des libertés des Anglais, sera considérée jusqu’en 1789 comme le symbole du particularisme normand. Elle offre à la province des garanties en matière juridique, fiscale et judiciaire. Longtemps respectée, cette charte cessa d’être en vigueur à la fin du XVIe siècle et ne fut réellement abolie que sous Louis XIV, mais continua néanmoins de figurer dans les ordonnances et les privilèges du roi jusqu’en 1789.

Le successeur de l'Échiquier fut le parlement de Normandie, qu’on appelait aussi parlement de Rouen, parce qu’un édit royal l'avait institué dans cette ville, alors que son prédécesseur pouvait se tenir dans différentes villes de cette province.

La Normandie française au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le 25 mai 1199, Jean Sans Terre se fait couronner duc de Normandie à Rouen. Il rend hommage au roi de France et des négociations aboutissent au traité du Goulet. Jean sans Terre épousa de force Isabelle Taillefer, promise à Hugues IX de Lusignan, vassal du roi de France. Ce dernier se sentant lésé fit appel à la justice de son suzerain Philippe Auguste qui prononça la commise des fiefs de Jean Sans Terre, à cause de son absence[15]. Autrement dit, le seigneur français confisquait les terres de son vassal, en application du droit féodal. Il donna ces domaines au neveu du Plantagenêt, Arthur Ier de Bretagne, à part la Normandie qu’il se réservait. À l’été 1202, Philippe Auguste s’empare du pays de Bray. Jean Sans Terre fait assassiner son neveu Arthur de Bretagne ; ses barons normands, influencés par le roi de France, l’abandonnent. Dès l’été 1203, Château-Gaillard est assiégé et tient bon jusqu’au 6 mars 1204. Le 21 mai, la ville de Caen tombe aux mains des Français. Enfin, le 24 juin 1204, les troupes de Philippe Auguste entrent à Rouen, après avoir vaincu la résistance de ses habitants. Le roi a conquis la Normandie, qui est incorporée au domaine royal : cela signifie que le roi disposera de nouveaux revenus et imposera ses officiers dans l’ancien duché[26].

Administrativement, la partie continentale est restée un duché à part entière jusqu’en 1466, tout en relevant du royaume de France. Elle était alors partagée en bailliages, lesquels étaient subdivisés en vicomtés remontant à l’époque féodale et supprimés en 1744 seulement. Plus tard, un nouveau découpage en élections fiscales apparut, qui divisa la Normandie en deux, puis trois généralités : celles de Rouen et de Caen en (1542) et celle d’Alençon en 1636. La partie insulaire demeura partagée en deux bailliages de Jersey et Guernesey.

Siège de Rouen par les Anglais en 1419.

La Normandie joue un rôle important durant la guerre de Cent Ans (1337-1453). Si elle n'est pas à l'origine du conflit, elle devient rapidement un enjeu entre le roi d'Angleterre et le roi de France. La richesse de la Normandie, son passé commun avec les Anglais, sa proximité géographique avec l’île expliquent cette situation particulière.

Dans un premier temps, les Anglais se contentent de lancer des chevauchées destructrices à travers la région. Dans un second temps, la présence anglaise est beaucoup plus pesante puisqu’ils occupent la région pendant plus de trois décennies (1417-1450). En 1420, le traité de Troyes fait du roi d’Angleterre l’héritier du royaume de France. La Normandie apparaît alors comme l’élément central de la France anglaise. Finalement, le roi de France Charles VII reconquiert la riche province et pardonne aux Normands qui ont collaboré avec l’ennemi. La Normandie retrouve la paix mais sort très affaiblie du conflit.

Jean de Béthencourt a conquis les îles Canaries en 1402.

Îles Anglo-Normandes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Îles Anglo-Normandes#Histoire.

En 1204, les « îles Anglo-Normandes » restent sous la souveraineté de la couronne anglaise contrairement à la partie continentale rattachée au domaine royal du royaume de France (la Normandie et l’Angleterre n’ayant fait qu’un de 1066 à 1204).

Les îles Anglo-Normandes furent sporadiquement peuplées de Bretons à partir du Ve siècle jusqu’aux invasions vikings. Elles ont fait partie du duché de Normandie à partir de 933. La reconquête française entreprise à la fin de la guerre de Cent Ans s’étant arrêtée à Cherbourg sans franchir la vingtaine de kilomètres d’eau qui séparait le continent de ces îles, celles-ci restèrent dans le duché de Normandie. À l’heure actuelle, le souverain britannique détenant parmi ses titres celui de duc de Normandie, les îles relèvent directement de la couronne britannique. Dépendances autonomes de la couronne britannique, politiquement divisées en deux bailliages distincts, Jersey et Guernesey ont gardé des traditions et des lois normandes.

À l’est du Cotentin, les îles Saint-Marcouf, devenues un repère de pirates, furent concédées à la France par la couronne britannique en 1802.

La Renaissance et le Grand Siècle[modifier | modifier le code]

Après la guerre de Cent Ans, la Normandie s’est reconstruite et a connu une période faste dans la première moitié du XVIe siècle : les campagnes se sont couvertes de manoirs et la prospérité a modifié le visage des villes. Les Grands ont construit de magnifiques hôtels urbains en adoptant rapidement le style de la Renaissance. Après 1550, les guerres de religion, puis l’alourdissement des impôts ont mis un frein à cette prospérité.

Samuel de Champlain quitta le port de Honfleur en 1604 et fonda l'Acadie. Quatre ans plus tard, il fonda la ville de Québec.

En 1625, Pierre Belain d'Esnambuc prit possession de la Martinique, de la Guadeloupe, de Saint-Christophe et de Marie-Galante.

Vers 1650, la Normandie connaît une petite période de prospérité. Mais à partir de 1689, la guerre reprend contre l’Angleterre : le littoral normand subit plusieurs attaques. En 1694, Le Havre et Dieppe sont bombardés.

Les Normands continuèrent l'exploration du nouveau monde : en 1678, René Robert Cavelier de La Salle voyagea dans les régions des Grands Lacs et découvrit le Mississippi. À partir de 1699, Pierre Le Moyne d'Iberville et son frère Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville fondèrent la Louisiane, Biloxi, Mobile et La Nouvelle-Orléans. Les territoires localisés entre Québec et le delta du Mississippi furent ouverts à l'établissement de colonies, le Canada et la Louisiane. Les colons de la Normandie étaient les premiers et parmi les plus actifs en Nouvelle-France.

La mutation des campagnes et l’industrialisation[modifier | modifier le code]

À partir du XVIIIe siècle, l’industrialisation et la modernisation de l’agriculture ont transformé l’économie de la province.

La proximité de l’Angleterre, avec laquelle la France est souvent en guerre entre 1689 et 1815, fait de la Normandie une terre d’affrontements.

Avant la Révolution française, la province de Normandie française formait un gouvernement militaire, exception faite d’un gouvernement particulier au Havre.

La province française fut ensuite partagée en 1790 en cinq départements : le Calvados, la Manche, l’Orne, l’Eure, et la Seine-Inférieure devenue Seine-Maritime.

Les Normands réagissent peu aux nombreux bouleversements politiques qui caractérisent le XIXe siècle (Premier Empire, Restauration, monarchie de Juillet, Deuxième République, Second Empire, Troisième République).

Globalement, les campagnes normandes se dépeuplent car les fermiers normands se mettent à produire du lait et ses dérivés, activité moins demandeuse en main-d'œuvre que la culture céréalière, tandis que les villes en pleine Révolution industrielle croissent. Il s’agit principalement des villes de la vallée de la Seine (Le Havre surtout, Rouen et sa banlieue, Elbeuf).

La Normandie tient une place importante dans le mouvement artistique. La toile peinte lors d'un séjour au Havre par Claude Monet en 1872, Impression soleil levant, a donné son nom au mouvement impressionniste[27].

La Normandie est également le berceau de grands écrivains du XIXe siècle (Guy de Maupassant, Gustave Flaubert, Alphonse Allais, Maurice Leblanc, Henri de Régnier, La Varende).

Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, les Prussiens entrent en Normandie au cours des mois d'octobre et de novembre 1870. De nombreux combats ont lieu. L'occupation se passa très mal, elle prit fin en septembre 1873. Le sentiment d'une revanche à prendre s'amplifie[28].

La Normandie dans les deux Guerres mondiales[modifier | modifier le code]

Le premier conflit mondial épargne la Normandie. Cependant Sainte-Adresse accueille le 13 octobre 1914 le gouvernement de la Belgique et Rouen devient une base Anglaise. De plus, la mise à feu le 29 août 1917 du haut-fourneau de Colombelles, permet de réduire les conséquences de l'occupation des régions industrielles, les régiments normands prennent leur part, et au delà, à l'effort de la nation.

Aux morts de la guerre s'ajoute la chute du taux de natalité déjà commencée au XIXe siècle. La production rurale, faute de main-d'œuvre suffisante, baisse considérablement, ainsi que la production industrielle, qui manque d'ouvriers qualifiés.

Le front populaire de 1936 permet à des millions de salariés de partir en congés pour la première fois, la Normandie et ses plages vont recevoir des Français qui n'ont jamais vu la mer.

Débarquement des troupes alliées en juin 1944 en Normandie.

Les îles Anglo-Normandes furent les seuls territoires dépendants de la couronne britannique occupés par l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale et Guernesey fut le théâtre de l'opération Ambassador.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Normandie fut un des points de départ de la reconquête de l’Europe par les Alliés, mettant fin à l’occupation allemande. Le 6 juin 1944 fut lancée l’opération Neptune, la phase d'assaut de l'opération Overlord, la plus grande opération amphibie de toute l’histoire militaire mondiale, menée simultanément sur plusieurs plages du Calvados et de la Manche.

De nombreuses agglomérations furent détruites lors des bombardements alliés. Le souvenir de la bataille est partout présent en Normandie, notamment avec les nombreux et vastes cimetières militaires, les blockhaus qui défient le temps qui passe, les musées, dont le grand Mémorial de Caen, des rues qui portent le nom des acteurs alliés ou des régiments ayant participé à la libération de la région, ou encore les caissons de béton qui ont composé les digues du port artificiel au large d'Arromanches.

La Normandie depuis la Libération[modifier | modifier le code]

Après une période d'après-guerre difficile, la reconstruction des villes dévastées s'opéra.

En 1956, le Calvados, la Manche et l’Orne furent administrativement regroupés dans la région de Basse-Normandie tandis que l’Eure et la Seine-Maritime dans celle de Haute-Normandie. Depuis, la réunification de la Normandie par le regroupement des cinq départements normands est un sujet récurrent.

Comme d'autres régions françaises, les deux régions normandes développent leurs économies à la faveur des plans de décentralisation industrielle, avec notamment l'implantation d'usines liés à l'industrie automobile.

La réunification des deux Normandie est actée le 17 décembre 2014 pour une entrée en vigueur le 1er janvier 2016.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la Province de Normandie.

Situation[modifier | modifier le code]

La Normandie se trouve à l’ouest du continent européen et au nord-ouest de la France.

Ses deux façades maritimes (au nord et à l'ouest), de 603 km de longueur, font face à la Manche. À l'ouest de la péninsule du Cotentin se trouvent les îles Anglo-Normandes. Les territoires limitrophes sont en commençant par le sud-ouest et en allant vers l'est : la Bretagne (Ille-et-Vilaine), les Pays de la Loire (Mayenne, Sarthe), le Centre (Eure-et-Loir), l'Île-de-France (Yvelines, Val-d'Oise), et la Picardie (Oise, Somme).

Sa superficie est de 29 906 km2[29] (30 100 km2[30] avec les îles anglo-normandes), elle s'étend entre 50°07' et 48°17' de latitude nord, et entre -1°94' (-2°67' avec les îles anglo-normandes) et 1°79’ de longitude ouest.

La partie continentale est située dans le fuseau horaire de l'Heure normale d'Europe centrale, UTC+01:00 et les îles sont dans le Temps moyen de Greenwich, UTC±00:00.

Le paysage normand est surtout caractérisé par des bocages, (Bocage normand, Pays d'Auge, Pays de Bray), et des plaines, (Plaine de Caen, Campagne de Falaise, Plaine d'Argentan, Campagne d'Alençon, Campagne de Saint-André, Campagne du Neubourg). D'un point de vue géologique, la géographie de la Normandie peut se scinder selon une ligne transversale allant de Bayeux à Alençon, l'ouest faisant partie intégrante du Massif armoricain, et l'Est du Bassin parisien.
À l'est, les paysages de plaines et de plateau de faible hauteur, (pays de Caux), atteste la présence du calcaire ou de la craie. Les couches de silex aident la résistance à l'érosion. Les surfaces y sont presque horizontales ou très peu ondulées. Les rivières découpent des vallées profondes. L'agriculture de la Haute-Normandie est diversifiée entre céréales et élevage.

Îles Anglo-Normandes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Îles Anglo-Normandes.
Îles anglo-normandes.

Archipel de la Manche à l'ouest de la péninsule du Cotentin, les îles Anglo-Normandes faisait partie du Massif armoricain. Jersey, Guernesey, Aurigny, Sercq et Herm, sont les principales îles auxquels il faut ajouter un nombre important d'îlots et d'écueils qui se découvrent à marée basse. Les îles, souvent bordées de côtes abruptes, ont des paysages variés.

Îles Normandes[modifier | modifier le code]

Le plus célèbre des îlots français, le Mont-Saint-Michel, baigne dans la baie du mont Saint-Michel, entre la Bretagne et la péninsule du Cotentin en compagnie de Tombelaine. Plus au large, l'archipel de Chausey comporte 52 îles d'une superficie totale de 6,5 km2 dont une seule, la Grande-Île, comporte des habitations occupées par une petite population permanente de 30 personnes. Au large de Cherbourg, l'île Pelée soutient la digue Est de la rade de Cherbourg. Au nord-est du Cotentin, Tatihou, en face de Saint-Vaast-la-Hougue est une île accessible à pied à certaines marées basses. À l'ouest de la péninsule du Cotentin l'archipel Saint-Marcouf inclut l'île du Large et l'île de Terre.

Littoral[modifier | modifier le code]

Les côtes maritimes normandes présentent des aspects très divers. Le long de la côte d'Albâtre, les hautes falaises du pays de Caux, au pied desquelles s’étendent des plages de galets, sont de véritables murs verticaux de craie et de silex, parfois échancrées par des valleuses abritant quelques ports, notamment Dieppe et Fécamp. La Côte Fleurie et la Côte de Nacre, offre de nombreuses stations balnéaires et de vastes plages de sable fin, (Deauville/Trouville, Courseulles-sur-Mer). La Manche, présente à la fois des promontoires cristallins élevés dans le nord du Cotentin, (cap de la Hague), et des parties de littoral bas et sablonneux, (vers Saint-Vaast et le Mont Saint-Michel).

La Normandie connaît une importante érosion de son littoral qui est en grande partie liée à l’anthropisation. Environ 60 % des plages de la région ont tendance à reculer[31]. L’érosion la plus active concerne le littoral compris entre la baie du Mont Saint-Michel et le cap de la Hague, à l’ouest du département de la Manche : le recul peut aller jusqu’à cinq mètres par an en moyenne[31]. Sur les falaises de craie de Seine-Maritime, le recul est de 20 cm/an en moyenne[31].

Régions naturelles[modifier | modifier le code]

Au nord de la Seine[modifier | modifier le code]

Rideaux de culture dans le pays de Caux.

Le pays de Caux est la partie la plus septentrionale de la Normandie. Son sous-sol est constitué d’une grande épaisseur de craie, couvert d’une couche d’argile à silex et d’un limon fertile[32], le tout est surmonté par un vaste plateau à la surface légèrement ondulée. À cheval sur les départements de Seine-Maritime et d'Oise, le pays de Bray, créé à partir de l'érosion d'un anticlinal, est une région de bocage, qui se caractérise par un sol argileux, favorable aux herbages pour l'élevage bovin laitier. Le Vexin normand, délimité par les vallées de l'Epte, de l'Andelle et de la Seine, se présente comme un plateau calcaire dont les méandres de la Seine ont creusé par endroits des falaises de craie abruptes.

Au sud de la Seine[modifier | modifier le code]

Le long de la Seine, le Marais-Vernier, dans le Roumois, offre des paysages pour partie agraire à champs ouverts, (openfields), où les cultures céréalières se mêlent à l'élevage bovin. La campagne du Neubourg, plateau de craie et d'argile à silex, recouvert d'une épaisse couche de lœss, possède de vastes étendues découvertes et plates, largement dominées par les cultures céréalières. La monotonie du paysage est rompue, de manière ponctuelle, par quelques rares boisements. La campagne de Saint-André, (ou d’Évreux), est un plateau presque entièrement voué à de grande culture céréalière qui évoque beaucoup la Beauce voisine. Le plateau de Madrie, situé entre la Seine et l’Eure, a un sol sableux qui permet la céréaliculture. Le Lieuvin et le pays d'Ouche sont des régions aux paysages de bocages, elles annoncent le pays d'Auge qui est à cheval sur les départements du Calvados, de l'Orne et de l'Eure. Le pays d'Auge est vallonné, bocagé, parsemé de nombreux bois ou forêts.

Au centre[modifier | modifier le code]

La partie Jurassique du Bassin parisien a un sol argileux qui favorise la pâture et l'élevage. Au nord-ouest du Calvados le Bessin désignait à l'origine le territoire compris entre l'Orne et la Vire[33]. Depuis le XIXe siècle et la disparition des haies bocagères, le Bessin oriental est devenue la plaine de Caen, terre vouée principalement à l'agriculture, (en particulier les cultures céréalières). La plaine de Caen est peu à peu gagnée par l'urbanisation et la périurbanisation. Plus au sud, mais encore dans le Calvados, s'étend la campagne de Falaise, puis dans l'Orne, l’Hiémois, la plaine d'Argentan, la campagne d'Alençon et enfin au sud-est de l'Orne, le Perche, d'où de nombreuses petites rivières se dispersent de ses collines pour aller rejoindre la Manche, (Touques, Dives, Orne) ou la Seine (Eure, Avre, Iton, Risle).

Le Massif armoricain[modifier | modifier le code]

À l'ouest de la Normandie, le Massif armoricain, au sol souvent acide, offre de nombreux bocages. La région n'a pas vu pénétrer les systèmes d'assolement que l'on a rencontré dans les openfield de l'Est. Ces réseaux imbriqués de prairies, haies, talus et fossés jouent un rôle de corridors biologiques et empêchent l'érosion des sols.

La presqu’île du Cotentin est divisée en quatre « pays » historiques : au nord-ouest, la Hague ; au nord-est, le val de Saire ; au centre, le Plain (qui fait néanmoins partie du bassin parisien), région de bocage ; au sud, la passe du Cotentin ou Bauptois, zone de marais et de landes. Au sud-ouest du département de la Manche, l’Avranchin est tourné vers la baie du mont Saint-Michel, au sud-est, le Mortainais à un paysage de bocage sur un flanc granitique et gréseux. Le bocage virois correspond au bassin de Vire et à la partie du synclinal bocain[34],[35] parcourue par la Vire et la Souleuvre. La Suisse normande à cheval sur le Calvados et l’Orne à un relief accidenté et verdoyant, avec des gorges sculptées par l’Orne et ses affluents, par érosion dans le Massif armoricain. Les berges du fleuve offrent un relief escarpé et un espace forestier important. Sur les collines, les champs, de taille modeste et pentus, sont très souvent bordés d’épaisses haies ou de murets en granite avec une végétation dense. Le pays d'Houlme est la partie occidentale de l’actuel département de l’Orne. Le Domfrontais ou Passais est une région bocagère situé dans le sud-ouest du département de l'Orne, à l'Est de laquelle se trouve la forêt d'Andaine.

Relief[modifier | modifier le code]

Le site de la Roche d'Oëtre.

Le Signal d'Écouves, d'une altitude de 413 m, est le point culminant de la Normandie. Façonnées dans le grès armoricain (gros bancs de quartzite très durs), il est entièrement recouvert par la forêt. Le panorama se restreint aux collines proches.

En Suisse normande, le point le plus élevé du département du Calvados est le Mont Pinçon qui culmine à 362 m d’altitude, tandis que la Roche d'Oëtre, dans l'Orne, avec 118 mètres de hauteur, est un des plus prestigieux belvédères naturels de l’Ouest de la France.

Au sud-ouest de l'Orne, Saint-Céneri-le-Gérei avec une altitude maximum de 193 m, est hissé sur un piton rocheux granitique et irrégulier des Alpes Mancelles.

À Mortain (327 mètre d'altitude), des gorges profondes ont été creusées par les cours d'eau. On y trouve notamment les plus grandes cascades du Massif armoricain. Le belvédère de la Petite Chapelle Saint-Michel offre un très beau panorama donnant sur le Mont-Saint-Michel situé à 42 km de Mortain.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la Normandie est un climat de type océanique. Les hivers sont relativement cléments sur le littoral, entre 5 °C et 6 °C en janvier, mais plus frais dans les terres, entre 3 °C et 4 °C en janvier. Les étés y sont frais, entre 16 °C et 17 °C en juillet, et humides. Les précipitations sont relativement abondantes, 123 jours de pluie par an en moyenne[36]. L'ensoleillement annuel moyen est d'environ 1586 heures[36].

Données climatiques de quelques villes Normandes
  Température
(Moyenne annuelle)
(en °C)
Précipitations
par an
(en mm)
Ensoleillement
par an
(en heures)
Min. Max.
Alençon[37] 6,4 15,1 738,4 1615
Caen[38] 7,1 14,7 723,2 1624
Rouen[39] 6,2 13,9 820,6 1518

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des cours d'eau normands.

Les cours d’eau de la Normandie sont la Seine et ses tributaires : Epte, Andelle, Eure, Risle, Robec ainsi que de nombreux petits fleuves côtiers : Bresle, Touques, Dives, Orne, Vire, Sée, Sélune, Couesnon, Gerfleur. La Veules, plus petit fleuve de France, se jette à Veules-les-Roses, entre Dieppe et Saint-Valery-en-Caux, dans la Seine-Maritime. Les bordures sud de la province, drainées par la Mayenne, la Sarthe et leurs affluents, appartiennent au bassin de la Loire.

Géologie[modifier | modifier le code]

Carte géologique du massif armoricain.

La Normandie appartient à la plaque eurasienne. Elle se partage entre deux grandes régions naturelles de formations très différentes du nord de la France : le bassin parisien et le massif armoricain. Cette répartition ne correspond d’ailleurs pas à la division entre les deux régions normandes car la limite traverse du nord au sud, les départements du Calvados et de l’Orne.

Il y a 600 millions d'années, seule la partie cadomienne du massif armoricain est émergée.

À l’ouest, (Manche, sud-ouest du Calvados, ouest de l’Orne) le massif armoricain consiste en lambeaux de l'ancienne chaîne cadomienne, constituée de roches plutoniques granitiques accompagnées pour la plupart de roches détritiques terrigènes auxquelles se sont ajoutés des sédiments paléozoïques et qui ont été légèrement plissés durant l'orogenèse hercynienne.

Les lignes de crêtes armoricaines sont approximativement orientées est-ouest et sont constituées de « grès armoricain » (quartzite) très dur.

La partie armoricaine alterne forêts et prairies.

Il y a 200 millions d'années, durant le Jurassique inférieur, alors que le massif armoricain est émergé, ce qui deviendra le Bassin parisien est une mer. Au Miocène, (il y a 5 à 20 millions d'années), le réseau hydrographique actuel, dont la Seine, est mis en place. Le bassin est alors une vaste plaine dominant à peine le niveau de la mer.

Au centre, (à l’est et au nord du Calvados et à l’est de l’Orne), les couches calcaires jurassiques du Bassin parisien sont très propices aux cultures céréalières.

À l'est, (Haute-Normandie), le Bassin parisien est une vaste dépression où se sont accumulées des roches sédimentaires d'origine marine, lacustre et lagunaires et fluviatile[40].

Le sol, argileux, favorise la pâture et l'élevage, cependant le sud-est de la Haute-Normandie constitue le prolongement du plateau céréalier de la Beauce.

La diversité géologique a pour conséquence une certaine diversité des paysages, malgré tout limitée par la communauté de climat, tempéré et humide. De ce fait, certains paysages (prairies, bocages) se retrouvent à l’identique dans nombre de parties de la Normandie qui comprend un certain nombre de « pays » bien caractérisés.

Article détaillé : Massif armoricain.

Environnement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Environnement en Normandie.

Les parcs naturels régionaux[modifier | modifier le code]

La Normandie a quatre parcs naturels régionaux, (le parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, le parc naturel régional Normandie-Maine, le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin et le parc naturel régional du Perche), qui occupent 17 % du territoire régional. Ils présentent des richesses très variées, qu’il s’agisse du patrimoine culturel ou du patrimoine naturel.

Flore[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste des forêts normandes.

La forêt couvre 14 % du territoire. Un faible couvert forestier comparé à la moyenne nationale (28 %) mais compensé par les « forêts linéaires » que forment les haies bocagères.

Les landes recouvrent les sols pauvres, acides mais humides du département de la Manche.

Faune[modifier | modifier le code]

Les zones humides (marais, pré-salés, tourbières, baies) sont des refuges pour de nombreux amphibiens et une multitude d'oiseaux nicheurs ou migrateurs (râle des genêts, spatule blanche, avocette, héron butor…).

Faune originaire de Normandie[modifier | modifier le code]

Du fait d'une tradition agricole ancestrale, la Normandie est la région d'origine de nombreuses races animales d'élevage ou de compagnie. Surtout connue pour son cheptel bovin grâce à la célèbre Vache Normande, une multitude de races constituent la faune Normande.

Asins et équins :

Bovins :

Ovins et Caprins :

Porcins :

Volailles :

Voir Volailles de Normandie

Animaux domestiques :

Transports[modifier | modifier le code]

Le réseau routier[modifier | modifier le code]

La Normandie a un réseau routier dense qui maille tout son territoire. Ce maillage a été renforcé par la construction des ponts de Tancarville, Normandie et le pont Gustave-Flaubert à Rouen. Des autoroutes relient Rouen, Le Havre et Caen entre elles et également à Paris, Lille, Rennes ou Angers ainsi qu'au reste du réseau autoroutier européen[41],[42].

Le réseau ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Intercités Normandie.

La Normandie est desservie par quatre lignes nationales :
Paris - Rouen - Le Havre,
(Paris) Mantes-la-Jolie - Caen - Cherbourg,
Argentan - Granville
et Le Mans - Mézidon.

Plusieurs lignes régionales existent, comme entre Lison et Pontorson (liaison Caen - Rennes),
entre Serquigny et Oissel (liaison Caen - Rouen),
entre Rouen et Dieppe,
entre Rouen et Abancourt (liaison Rouen - Amiens),
entre Abancourt et Le Tréport (liaison Paris - Le Tréport),
entre Bréauté et Fécamp,
entre Le Havre et Rolleville,
et entre Lisieux, Trouville et Cabourg.

En plus de ces lignes ouvertes au trafic des voyageurs, certaines sont réservées au fret (par exemple la desserte d’Honfleur) ou bien fermées. Parmi ces dernières, on peut citer le cas des lignes Caen - Flers et Le Havre - Fécamp dont certains (et notamment les Verts) réclament une réouverture.

On peut aussi mentionner l’existence de quelques trains touristiques.

Le réseau maritime[modifier | modifier le code]

Avec 600 km de côtes le long de la Manche, la Normandie dispose de l’axe maritime le plus fréquenté du monde. Elle constitue le troisième complexe portuaire européen et le premier complexe portuaire français avec cinq ports, dont les deux grands ports internationaux du Havre et de Rouen et les ports de Cherbourg, Caen et Dieppe. La moitié des transports internationaux maritimes de France et 60 % du trafic de conteneurs français passent par ses ports.

La liaison avec la Grande-Bretagne et l’Irlande est assurée par les ports de Cherbourg (559 200 passagers), du Havre (268 700 passagers), Caen (1 021 700 passagers) et Dieppe (254 400 passagers).[réf. nécessaire]

La desserte des îles Anglo-Normandes est assurée depuis les ports de Granville, Carteret et Diélette, vers Jersey (Gouray et Saint-Hélier), Guernesey (Saint-Pierre-Port), Aurigny et Sercq.

Le réseau fluvial[modifier | modifier le code]

La Normandie représente 10 % du trafic fluvial français : 13 millions de tonnes de marchandises transitent sur la Seine entre Le Havre et la région parisienne.

Le réseau aérien[modifier | modifier le code]

Il y a huit aéroports internationaux en Normandie :

Administrations et politiques[modifier | modifier le code]

Administrations[modifier | modifier le code]

La Normandie compte deux régions françaises, la Haute-Normandie et la Basse-Normandie et deux bailliages dépendant de la Couronne britannique, Jersey et Guernesey.

Les capitales régionales françaises sont Rouen et Caen.

Les capitales des bailliages dépendant de la Couronne britannique sont Saint-Hélier et Saint-Pierre-Port.

Les régions françaises sont gérées par un conseil régional élu pour six ans au suffrage universel direct qui ne possèdent pas de compétence législative, mais disposent d'un pouvoir règlementaire[43], notamment dans le domaine de l'action économique. Les conseillers régionaux élisent le président du conseil régional. Ce dernier préside l'assemblée et dispose du pouvoir exécutif. Il est chargé de faire voter et exécuter les décisions budgétaires, il est autorisé à recruter du personnel pour constituer ses services.
Chaque région possède également un préfet de région, nommé par le Gouvernement, dont le rôle est de représenter l'État et de s'assurer du bon fonctionnement des services déconcentrés, comme par exemple la coordination des services de police.

De plus, Cherbourg est la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.

Les deux bailliages dépendant de la Couronne britannique jouissent d'une autonomie interne, sauf pour la défense et la diplomatie. Ils ne font pas formellement partie du Royaume-Uni, ni conséquemment, de l’Union européenne. Une loi du Royaume-Uni ne s'applique à un bailliage que sur la demande d'un gouvernement insulaire. Dans le cadre du bailliage de Guernesey, Sercq et Aurigny sont elles-mêmes autonomes, chacune ayant son propre Parlement et son administration locale.
Le souverain britannique nomme deux lieutenant-gouverneurs, un pour chaque bailliage. Ils sont les représentants de la Couronne britannique. Les lieutenant-gouverneurs sont de fait chef d'État, ils approuvent et promulguent (au nom de la Couronne) les lois votées par les Parlements en accord avec leurs Constitutions. Leurs fonctions sont principalement diplomatiques et cérémonieuses.
Les baillis, nommés également par la couronne, sont les premiers dirigeants civils. Ils tiennent leurs postes jusqu'à leurs retraites. Ils président en tant que juge à la Cour royale ; ils gouvernent les États, et représentent la couronne aux occasions civiques. Les baillis doivent être des hommes de lois qualifiés.

Le bailliage de Jersey inclut les Minquiers, les Écréhou, les Dirouilles et les Pierres de Lecq (ou Paternosters en anglais)[4] et le bailliage de Guernesey les îles d’Aurigny, Brecqhou, Sercq, Herm, Burhou, Casquets, Ortac, Jéthou, Lihou, Burhou et les Casquets.

Superficie (km2) Population Préfecture
ou capitale
Sous-préfecture Densité (hab/km2)
Normandie 30 100 3 450 388 114
Haute-Normandie 12 317 1 825 667 Rouen 151
76 Seine-Maritime 6 278 1 248 580 Rouen Dieppe et Le Havre 199
27 Eure 6 040 577 087 Évreux Bernay et Les Andelys 96
Basse-Normandie 17 589 1 467 522 Caen 83
14 Calvados 5 548 678 303 Caen Bayeux, Lisieux et Vire 122
50 Manche 5 938 496 937 Saint-Lô Avranches, Cherbourg-Octeville et Coutances 84
61 Orne 6 103 292 282 Alençon Argentan et Mortagne-au-Perche 48
GBG Guernesey 78 65 573 Saint-Pierre-Port 836
GBJ Jersey 116 91 626 Saint-Hélier 790


Politique[modifier | modifier le code]

Composition des conseils régionaux
en Haute-Normandie et Basse-Normandie depuis 2013
Haute-
Normandie
Têtes
de liste
Partis Sièges Sièges de
la majorité
  Nicolas Mayer-Rossignol[A 1] PS
22
37
  Sébastien Jumel FG - R&S
9
  Claude Taleb - Cap21
6
  Bruno Le Maire Majorité présidentielle
12
  Nicolas Bay FN
6
Basse-
Normandie
Tête
de liste
Parti Sièges Sièges de
la majorité
  Laurent Beauvais[A 1] PS - PCF - PRG - MRC
23
32
  François Dufour
9
  Jean-François Le Grand Majorité présidentielle
15
  1. a et b Président du conseil régional.

Régionalisme[modifier | modifier le code]

L’activité du régionalisme normand vise essentiellement à mettre fin à la partition de la Normandie datant de la création des régions administratives françaises en 1956 et d’obtenir la réunification des actuelles régions de Haute et de Basse-Normandie. La Réunification de la Normandie est un thème récurrent, notamment aux moments des élections régionales. Il est notamment défendu par le Mouvement normand.

Il existe aussi plusieurs mouvements régionalistes se réclamant de l'Autonomisme ( le Parti Fédéraliste de Normandie, l'Action Normande, le Normanring, Mouve Tei ... ) dont les objectifs sont la Réunification Normande, l'autonomie de la Normandie, la défense de sa langue, de ses sports, jeux , danses et musiques traditionnels, ces derniers points sont également défendus par plusieurs associations culturelles ( TecNor, Terroir Histoire et Tradition de Normandie, les Haches du Cotentin, Magène, Association Régionaliste Alfred Rossel, Le p'tit capé d'Brix, Société Jèrriaise, Société Guernesiaise ... )

Emblèmes et symboles[modifier | modifier le code]

Blason de la Normandie[modifier | modifier le code]

Blason de la Normandie traditionnel en France
Les treis cats

L’écu rouge à deux léopards jaunes tournant la tête de face, blasonné de gueules à deux léopards[44] d’or l’un sur l’autre est l’emblème héraldique de la Normandie continentale. Dans les îles Anglo-Normandes, les deux bailliages de Jersey et de Guernesey qui constituent la Normandie insulaire portent un blason à trois léopards, comme celui de Richard Ier d’Angleterre, dit plus tard Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre et duc de Normandie. Lequel des deux blasons est le plus ancien demeure un sujet de polémique et de recherche historique pour certains.

Henri II Plantagenêt aurait porté comme comte d’Anjou un long bouclier bleu chargé sans doute de huit lionceaux d’or (comme on peut encore l’admirer au Mans sur la plaque funéraire de son père Geoffroy Plantagenêt) puis les aurait réduits à deux lions, la taille des boucliers s’étant raccourcie. Le premier sceau de son troisième fils Richard Cœur de Lion ainsi que des témoignages contemporains attestent qu’il fit d’abord usage d’un écu à un seul lion. De retour en Angleterre en 1194, il adopta un nouveau sceau à trois lions/léopards posés l’un sur l’autre. L’une des hypothèses, discutable, est que Richard aurait introduit le troisième léopard tiré du blason de sa mère Aliénor d'Aquitaine. Les ducs d’Aquitaine n’ayant qu’un seul léopard. Mais il est fort probable qu'il y ait plutôt adjoint celui du sceau de la ville de Rouen (créé au XIe siècle à partir du Hrifsklímsli[réf. nécessaire] : « monstre agrippeur », le léopard était partie intégrante du sceau de la ville au début du XIIe siècle), pour remercier les Normands d'avoir aidé à verser sa rançon (ce que les Plantagenêt, en France, avaient refusé de faire).

Toutefois, on ne connaît pas de représentation héraldique à deux léopards avant Richard autre que l’écu de son frère Jean sans Terre comme comte de Mortain avant son accession au trône, ce qui tendrait à accréditer le fait que ce blason à deux léopards était l’écu héraldique originel de la ville de Mortain (le blason actuel aux fleurs de lys étant une création française issue de l’écu de la branche capétienne donc française d’Évreux-Navarre). Lorsque la Normandie continentale est passée sous contrôle français, Philippe Auguste a importé l’héraldique royale, tandis que le duché de Normandie insulaire (îles Anglo-Normandes) a conservé le blason à trois léopards, emblème familial que les Plantagenêts n’avaient pas de raison de modifier.

Parmi les ducs de Normandie issus des Capétiens, Jean le Bon porta les armes des Valois (de France ancien à la bordure de gueules), et son fils Charles, duc de Normandie et dauphin de Viennois porta un écartelé de Valois et de Viennois. Au XIVe siècle, les armoriaux présentent déjà l’écu à deux léopards d’or pour la Normandie. Mais il a fallu attendre 1465 pour voir officiellement apparaître les deux léopards dans les armes d’un duc de Normandie, avec Charles de France, jusqu’en 1466. Nanti du titre de duc de Normandie de 1785 à 1789, le fils de Louis XVI a, quant à lui, porté un écartelé de France et de Normandie à deux léopards. Notons que Robert d’Alençon, comte du Perche (+1371) semble avoir parti ses armes d’Alençon ancien brisé d’un châtelet et de Normandie à deux léopards.

Bien qu'utilisé depuis 1290, l'utilisation des armes royales par les îles Anglo-Normandes a été acceptée en 1907, mais jamais officiellement accordée[45].

Drapeaux normands[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drapeau normand.

Le drapeau normand est un emblème non officiel de la Normandie, province historique française.

N'étant pas une collectivité territoriale dotée de symboles officiels, elle n'a donc pas de drapeau légal mais seulement des drapeaux officieux.

Plusieurs drapeaux sont actuellement en usage et coexistent donc en Normandie. Ils suivent deux modèles : le drapeau héraldique et le drapeau à croix de saint Olaf.

Les deux bailliages de Jersey et de Guernesey et leurs dépendances usent en revanche de drapeaux officiels.

Devise[modifier | modifier le code]

En 1046, le fils et successeur désigné de Robert le Magnifique, Guillaume, échappe de peu à une tentative d'assassinat organisée par des barons rebelles du Bessin et du Cotentin qui ont choisi comme chef Gui de Brionne[46].

Guillaume lève une armée qui, alliée à ses chevaliers et ses gens d'armes fidèles, va affronter, en 1047, les troupes rebelles dans la plaine du Val-ès-Dunes.

Beaucoup de rebelles sont des païens (« Vieux Normands ») ou des chrétiens encore imprégnés de mythologie nordique et sont restés plus proches de leurs origines scandinaves que les Normands de l'Est. Ils chargeront au cri de « Thor Aïe ! » (« Thor aide »)[réf. nécessaire], les troupes du duc répondent « Diex Aïe » (ou « Dex Aïe » : Que Dieu me vienne en aide)[47],[48]. Le jugement de Dieu est favorable à Guillaume qui s'affirme comme le chef incontesté de la Normandie.

Une autre devise est souvent utilisée : « Viriliter et Sapienter » (Courage et Sagesse) locution Latine qui se trouve sur la Tapisserie de Bayeux ( Hic Willelm dux alloquitur suis militibus ut praeparent se viriliter et sapienter ad prelium contra aglorum exercitu )

Hymne[modifier | modifier le code]

La chanson Ma Normandie, de Frédéric Bérat, se chante officiellement à Jersey.

La chanson "Ma Normandie" laisse souvent place a d'autres chants utilisés comme Hymne : Sarnia Chérie (en Anglais et Normand Guernesiais, chantée a Guernesey) Man Biau P'tit Jerri (en Anglais et Jèrriais, Chantée sur Jersey) Sus la Mé, chanson écrite par Alfred Rossel qui est considérée comme l'Hymne du Cotentin. On trouve également deux versions de Ma Normandie en langue normande, l'une écrite par Alphonse Allain et l'autre par Fred Vaquin, on trouve aussi une version écrite en Jèrriais.

Saint patron[modifier | modifier le code]

Saint Michel, archange, est le saint patron de la Normandie.

Un des édifices les plus célèbres qui lui a été dédié est Le Mont-Saint-Michel qui tient ce nom depuis 710 grâce à l’évêque saint Aubert d’Avranches.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La Normandie compte plus de 3,15 millions d’habitants (Normands) pour une densité de population proche de la moyenne nationale, soit environ 110 habitants au kilomètre carré. La population des îles normandes dépasse, quant à elle, les 150 000 habitants, soit environ 780 habitants au kilomètre carré.

Les communes normandes les plus peuplées
Commune Division administrative territoriale Population sans doubles comptes Population unité urbaine Population aire urbaine Densité hab./km2 de la commune
Rouen Préfecture de région de Haute-Normandie, chef-lieu de la CREA 110 933 464 000 649 291 5 177
Caen Préfecture de région de la Basse-Normandie, chef-lieu de la Communauté d'agglomération Caen la Mer 108 954 198 000 397 000 4 266
Le Havre Sous-préfecture de la Seine-Maritime 175 497 248 547 294 000 3 829
Cherbourg-Octeville Sous-préfecture de la Manche 39 003 91 717 118 000 2 825
Évreux Préfecture de l’Eure 50 537 110 000 1 947
Elbeuf Chef-lieu de canton, ville de la CREA 17 178 1 059
Dieppe Sous-préfecture de la Seine-Maritime 31 963 81 845 2 952
Alençon Préfecture de l’Orne 28 918 68 000 2 616
Saint-Lô Préfecture de la Manche 19 623 51 629 833
Lisieux Sous-préfecture du Calvados 23 166 44 716 1 737
Louviers Chef-lieu de canton 17 734 48 557 670
Flers Chef-lieu de canton 16 947 34 386 747
Vernon Chef-lieu de canton 25 147 34 384 704
Fécamp Chef-lieu de canton 19 207 31 013 1 289
Sotteville-lès-Rouen Ville de la CREA 28 835 4 085
Saint-Hélier Capitale du bailliage de Jersey 29 400 2 671
Granville Chef-lieu de canton 12 687 29 300 1 323
Saint-Étienne-du-Rouvray Ville de la CREA 28 102 1 594
Argentan Sous-préfecture de l’Orne 17 448 27 387 805
Vire Sous-préfecture du Calvados 12 815 26 274 550
Grand-Quevilly Ville de la CREA 24 930 2 361
Bayeux Sous-préfecture du Calvados 14 961 25 943 1 957
Petit-Quevilly Ville de la CREA 21 898 5 051
Mont-Saint-Aignan Ville de la CREA, campus de Rouen 19 341 2 602
Bernay Sous-préfecture de l'Eure 10 449 12 300 19 430 434
Yvetot Chef-lieu de canton 11 816 15 329 1 598
Bois-Guillaume-Bihorel ville de la CREA 21 808 1 920

Langues[modifier | modifier le code]

Le Coup d’œil purin, satire polémique dans la langue normande, éditée à Rouen, en 1773

La Normandie est partagée entre deux langues officielles usitées au quotidien : le français (en France) et l’anglais (dans les îles Anglo-Normandes). L'anglais et le français sont les langues officielles du bailliage de Jersey. L'anglais est la seule langue officielle du bailliage de Guernesey. Chaque langue est toutefois mâtinée d’expressions et de mots locaux tirés des langues régionales (voir aussi français de Jersey).

La principale langue régionale de Normandie est le normand, qui comprend plusieurs formes linguistiques (voir ligne Joret). De nos jours, le normand s’entend le plus souvent dans le Cotentin[49] et le pays de Caux, ainsi qu’aux îles Anglo-Normandes comme le jersiais et le guernesiais. Alfred Rossel, Louis Beuve (1869-1949), Côtis-Capel (1915-1986) et Marcel Dalarun (né en 1922), poètes cotentinais, en sont des figures connues.

Alors qu'on ne compte plus aujourd'hui qu'environ 20 000 locuteurs en Normandie[réf. nécessaire], diverses associations contribuent à la sauvegarde du normand en organisant des cours et des discussions, et en éditant des disques de chansons et des recueils, dans un contexte régional fortement marqué par la disparition progressive des locuteurs.

Au Moyen Âge, en Angleterre, à la Cour des rois et dans l’aristocratie anglo-normande, l’anglo-normand, une ancienne langue d'oïl, était parlée. La littérature anglo-normande s’est développée au cours de la période allant de 1066 à 1204 lorsque le duché de Normandie et l’Angleterre étaient unis au sein du royaume anglo-normand.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Toponymie normande.

La toponymie normande est fondée sur un substrat celtique et gallo-roman conséquent, ainsi que sur une mince couche de toponymes et d'appellatifs empruntés au germanique westique, notamment dans le pays de Bray. On note une prééminence des patronymes et matronymes germaniques dans la formation des noms de domaine basés sur des appellatifs romans au Moyen Âge (pour toute cette partie, se référer à toponymie française). Cependant, dans le pays de Caux, le Roumois, le Clos du Cotentin, les côtes ouest du Cotentin, la basse vallée de la Seine et les environs de Caen les anthroponymes d'origine scandinave ou anglo-scandinave prédominent nettement. Dans certaines régions, les appellatifs d'origine scandinave sont aussi nombreux que ceux d'origine romane, si l'on exclut les formations modernes bien évidemment. La densité de la colonisation par les Vikings/Normands a été notable dans ces pays du duché de Normandie, le reste du territoire ayant gardé un caractère autochtone pré-normand significatif.

Religion[modifier | modifier le code]

Pour l'Église catholique la Basse-Normandie et la Haute-Normandie font partie de la province ecclésiastique de Rouen.

L’évangélisation de la Normandie remonte au haut Moyen Âge (IVe siècle). Dès cette époque furent fondés des évêchés à Rouen, Évreux, Lisieux, Sées, Bayeux, Coutances et Avranches. La province ecclésiastique de Rouen (siège d’un archevêché) correspond aux limites de l’ancienne province. Les ravages dus aux incursions normandes cessent avec le baptême, sous le nom de Robert, de Rollon, premier duc de Normandie qui sera dès lors protecteur de l’Église.

Les ducs de Normandie, puis les rois de France ont encouragé le développement du monachisme normand : la région compte de nombreuses abbayes : abbaye du Mont-Saint-Michel, l’abbaye aux Hommes et l’abbaye aux Dames de Caen, l’abbaye de Jumièges, l’abbaye de Saint-Wandrille, l’abbaye de Hambye, l’abbaye de Graville, l’abbaye de Fécamp, l’abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville, l’abbaye de Saint-Évroult, l’abbaye Notre-Dame du Bec, l’abbaye de Montivilliers, l’abbaye de Cerisy, l’abbaye de Lonlay, l’abbaye de Mortemer, l’abbaye Saint-Martin de Troarn, l’abbaye de Montebourg, les abbayes Saint-Amand et Saint-Ouen de Rouen…

Comme le dit un célèbre proverbe « saint Martin et sainte Marie se partagent la Normandie ». En effet, ils se partagent la majeure partie des dédicaces des églises normandes. Cela s’explique par le fait que la Normandie a été évangélisée vraisemblablement par saint Martin de Tours et ses disciples à partir du IVe siècle, le culte marial prenant ensuite son essor au Ve siècle (après le concile d'Éphèse de 431 en Orient puis à partir de 476 en Occident), en pleine période d’enracinement du christianisme dans la province.

Parmi les saints normands, il faut noter Jean Eudes, un acteur majeur de l'École française de spiritualité, Thérèse de Lisieux, née à Alençon et morte à Lisieux où elle est à l’origine d’un des plus importants pèlerinages de France. Le nom d’un autre docteur de l'Église lié à la Normandie est Anselme de Cantorbéry. Arrivé comme élève en 1059 à l'abbaye Notre-Dame du Bec il en devient l'abbé en 1078 puis archevêque de Cantorbéry en 1093. Il est l’un des plus grands théologiens et philosophes du Moyen Âge.

Pendant la Réforme, (au XVIe siècle), une partie de la Normandie constituait un des bastions du protestantisme en France, et le pays de Caux garde une minorité protestante.

L’anglicanisme est la religion d’État des îles de la Manche, mais le catholicisme et le méthodisme y sont représentés par des minorités assez importantes de fidèles.

Éducation[modifier | modifier le code]

Les académies de Caen et de Rouen regroupent l'ensemble des établissements scolaires de la région Basse-Normandie et de Saint-Pierre-et-Miquelon pour celle de Caen et de la Haute-Normandie pour celle de Rouen. L'académie de Caen fait partie de la zone A (voir ici). L'académie de Rouen fait partie de la zone B (voir ici).

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Article connexe : Normandie université.

La Normandie abrite l'université de Caen, fondée en 1432 par Henri VI d'Angleterre. Le 7 juillet 1944, deux jours avant la libération par les Britanniques, l'université est totalement rasée par les bombardements. Le 13 novembre 1948, la reconstruction commence et elle rouvre ses portes en 1957 avec 4 000 étudiants. En 1966, l'université de Rouen est créé, elle-même voyant l'autonomisation de l'université du Havre en 1984. En 2010, le Pôle de recherche et d'enseignement supérieur Normandie université est inauguré.

En 2010, l'université de Caen Basse-Normandie comptait 24244 étudiants, celle de Rouen 24351 étudiants et celle du Havre 7040 étudiants.

Économie[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, l’économie bas-normande est très agricole tandis que la Haute-Normandie a vu se développer de gros pôles industriels.

La filière automobile est un gros employeur, avec 25 000 salariés en Basse-Normandie (PSA, Renault Trucks, Faurecia...), tandis que le premier employeur industriel haut-normand est Renault, qui dispose de quatre usines (Sandouville, Cléon, Grand-Couronne et Dieppe).

L’économie normande, du fait de la grande façade maritime sur la Manche, est fortement tournée vers la mer (pêche, transport maritime, trafic passagers...). Le Havre dispose ainsi d’un pôle logistique.

L’énergie est un secteur important en Normandie, à travers notamment trois centrales électronucléaires (Paluel, Flamanville et Penly), ainsi qu'une centrale thermique à flamme au Havre.

La Normandie représente 60 % des surfaces de lin textile en France.

Le tourisme est également une ressource importante.

Emplois par secteur économique (2008)[50],[51]
agriculture
construction
industrie
service marchand
service non marchand
PIB (en million d'euros) (2009)[52] Taux de chômage (2010)[53]
Haute-Normandie
2,0 %
7,5 %
18,7 %
42,2 %
29,6 %
48 555 (2,54 % du PIB national)
10,30 %
Basse-Normandie
4,9 %
7,7 %
16,7 %
39,2 %
31,4 %
34 869 (1,84 % du PIB national)
8,60 %
France
2,6 %
6,7 %
13,9 %
47,0 %
29,8 %
1 907 145
9,30 %

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Normandie.

L'industrie du tourisme en Normandie dispose de nombreux atouts qui en font la 8e destination régionale des touristes Français. Elle est particulièrement bien située sur le segment des courts séjours : elle occupe le 5e rang régional[54].

Sciences[modifier | modifier le code]

Article connexe : Scientifiques normands.

Techniques[modifier | modifier le code]

Pot de pharmacie en faïence de Rouen de la fin du XVIIe siècle

Culture[modifier | modifier le code]

Groupe de danse folklorique normande
Article détaillé : Culture de la Normandie.

Architecture[modifier | modifier le code]

L’habitat traditionnel est fortement influencé par la géographie et la géologie, qui déterminent les matériaux de construction disponibles. La chaumière normande typique (colombages de chêne, torchis, toit de chaume) se retrouve notamment du pays de Caux au pays d’Auge, la maison de brique vers l’est de la province, la maison de pierre calcaire dans le Calvados (plaine de Caen, Bessin, pays de Falaise) et l’Orne, celle de granit dans la Manche, l’ouest de l’Orne et le sud-ouest du Calvados (granit gris et granit rose), sans oublier quelques maisons en schiste en Suisse normande.

Histoire de l'architecture en Normandie[modifier | modifier le code]

Les envahisseurs vikings devenus barons normands construiront des châteaux en bois sur des monticules de terre qui donneront lieu au développement des châteaux à motte féodale et des grandes églises en pierre dans le style roman propre aux Francs. Dès 950, ils érigeront des donjons en pierre (voir aussi Logis seigneurial).

Les Normands raffineront le plan des premières basiliques avec l’abbatiale Saint-Étienne de Caen, commencée en 1067, qui servira de modèle aux cathédrales anglaises de plus grande taille dont la construction débutera vingt ans plus tard.

En Angleterre, l’art roman de la fin du XIe au début du XIIe siècle est appelé art normand[55], car ce sont les Normands qui l'ont importé dans l'île. Cette influence normande ce fit également sentir en Écosse, en Irlande ou en Sicile.

La cathédrale de Durham, construite au XIIe siècle en Angleterre, sans aucun doute par des tailleurs de pierres normands, révolutionne l’art roman : la voute de la nef est constituée d'arcs qui se croisent en diagonale. Ce mode de conception est le trait d'union avec le style gothique.

Une des spécificités du gothique normand, (fin du XIIe siècle - début du XIIIe siècle), est la présence d'une tour centrale.

Au XVIIe siècle, on construit des châteaux de style classique (Balleroy, Beaumesnil, Cany, Flamanville).

Au XVIIIe siècle, Jacques François Blondel réalisa de nombreuses maisons de plaisance en Normandie ainsi que des petits châteaux en pierre de Caen.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Jacques Baumier créé le style néo-normand pour des villas qui se caractérise par des bâtiments construits à partir d'une structure à pan de bois traditionnelle, mais avec des matériaux modernes.

Entre 1886 et 1914, le quartier de la « belle Époque » à Bagnoles-de-l'Orne, inspiré par le courant néo-normand, développe un style architectural "Bagnolais" à nul autre semblable.

Après la Bataille de Normandie, de nombreuses villes normandes sont lourdement touchées. Une reconstruction urbaine massive s'impose dans les années 1950 et 1960. Au Havre une note avant-gardiste apparait. À Caen, de larges avenues rectilignes bordées par des immeubles de pierre de Caen d'environ cinq étages, confère une grande unité architecturale.

C’est le Normand Charles de Gerville qui, en 1818, est à l’origine de l’utilisation du terme de « roman ». Par ailleurs, le « gothique flamboyant », jadis appelé « gothique normand », est un terme moderne inventé par le Normand Eustache-Hyacinthe Langlois[56],[57].

Matériaux utilisés[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine normande.

La gastronomie normande repose sur les quatre principaux produits de ses terroirs : la pomme, le lait, la viande et les fruits de mer. Ces abondants produits constituent la base de nombreuses spécialités régionales.

Région cidricole, la Normandie utilise les pommes, le cidre et le calvados dans sa cuisine. Le poiré et l’alcool de poire s’y produisent également.

Medias normands[modifier | modifier le code]

Natifs notoires de Normandie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Musée de Normandie - Le château, « Le nom de Guillaume le Conquérant est étroitement associé à celui de Caen, ville qu'il a créée en la faisant passer du rang de gros bourg commerçant à celui de deuxième capitale du duché de Normandie, après Rouen. », consulté le 13 décembre 2010
  2. Historia« ...seconde capitale de Normandie, après Rouen... »
  3. Historia, « Caen, capitale politique : choisie par Guillaume et son épouse Mathilde, la ville nouvelle s'épanouit sous la tutelle de ses deux abbayes. Centre intellectuel autant que pôle économique, elle est promise à un bel avenir. » consulté le 22 juin 2011
  4. a et b Site de la Cour internationale de Justice - décision îlots des Écréhous et des Minquiers, consulté le 6 mai 2008.
  5. Albert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand, Nouveau Dictionnaire étymologique et historique, Paris, Larousse, 1971, p. 497.
  6. Site du CNRTL : étymologie de Normand [1]
  7. Jan de Vries, Altnordisches etymologisches Wörterbuch, 3. Aufl., Brill, Leiden, 1977.
  8. Charles du Fresne, sieur du Cange, Glossarium.
  9. CNRTL, ibidem
  10. Vers 3794 « Baivier e Saisne sunt alet à cunseill, e Peitevin e Norman e Franceis ; asez i as Alemans e Tiedeis » (« Saxons et Bavarois sont entrés en conseil, avec les Poitevins, les Normands et les Français ; les Alémaniques et les Thiois sont en nombre)
  11. Janet Bately, The Old English Orosius, Early English Text Society Supplementary, Series 6, Oxford: Oxford University Press, 1980, p. 196.
  12. Vincent Carpentier, Emmanuel Ghesquière et Cyril Marcigny, Archéologie en Normandie, éditions Ouest-France, Edilarge, 2007 (ISBN 9782737341649)
  13. Cyril Marcigny, Cécile Colonna, Emmanuel Ghesquière et Guy Verron (dir.), La Normandie à l’aube de l’histoire : les découvertes archéologiques de l’âge du bronze 2300-800 av. JC, Paris, Somogy, 2005 (ISBN 2850569194)
  14. Bilan archéologique de la Drac - Pîtres
  15. a et b Untitled Document
  16. Christian Goudineau, Regard sur la Gaule : Chapitre IV, Les provinces de Gaule : problèmes d'histoire et de géographie, Actes Sud,‎ octobre 2007, 576 p. (ISBN 978-2-7427-6924-7, présentation en ligne).
  17. Michel de Boüard, Histoire de la Normandie, Toulouse, Privat, 1970
  18. Normandie Héritage - Histoire, Tradition et Patrimoine Normand
  19. Des éléments non germaniques comme les Alano-sarmates y sont aussi mêlés, comme l'indique la présence de mobilier pontico-danubien à Saint-Martin-de-Fontenay, mais la Notitia dignitatum n'en fait pas état pour la Lyonnaise Seconde, et aucune trace toponymique ni lexicale ne peut leur être attribuée dans cette province.
  20. Michel Reddé, L'armée romaine en Gaule, Paris, Éditions Errance, 1996, (ISBN 978-2-87772-119-6)
  21. Les Romains en difficulté sur Histoire-normandie.fr
  22. Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, opt. cit., p.372-374
  23. René Musset, La Normandie, 1960
  24. Louis Halphen, Classiques de l’histoire de France au Moyen Âge 1974, p. 239.
  25. Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie universelle générale, p. 783.
  26. Anne-Marie Flambard Héricher et Véronique Gazeau (dir.), 1204, La Normandie entre Plantagenêts et Capétiens, Caen, CRAHM, 2007 (ISBN 978-2-902685-35-6), p. 56
  27. L'impressionnisme est né en Normandie
  28. Voir : Académie de Rouen
  29. Haute-Normandie, 12 317 km2 + Basse-Normandie, 17 589 km2 = 29 906 km2
  30. Haute-Normandie, 12 317 km2 + Basse-Normandie, 17 589 km2 + Guernesey, 78 km2 + Jersey, 116 km2 = 30 100 km2
  31. a, b et c Christiane Galus, « L’érosion touche plus du quart du littoral français ». dans Le Monde du 12-08-2007, [lire en ligne]
  32. J. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p. 6.
  33. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau - Caen, Éditions Charles Corlet - Presses universitaires de Caen, 1996, p. 25
  34. [2]
  35. Géologie de la zone bocaine
  36. a et b Météo-France Moyenne des stations d'Alençon, Caen, Évreux et Rouen
  37. Météo-France, Alençon
  38. Météo-France, Caen Carpiquet
  39. Météo-France, Rouen Boos
  40. Jacques Debelmas, Géologie de la France, Ed. Doin, 1974 ; Francis Doré, Guides géologiques régionaux Normandie, Ed. Masson.
  41. Espace de valorisation économique
  42. Conseil économique et social régional de Haute-Normandie
  43. Article 72 de la Constitution
  44. Léopard est le nom que les héraldistes continentaux donnent au lion passant de profil mais dont la tête est tournée vers le spectateur. Une légende plaisante fait de cet animal fantastique (sans aucun rapport avec le léopard des zoologistes) le bâtard d’une lionne et d’un pard, qui est le mâle de la panthère (elle-même genre de dragon crachant du feu). Il convenait donc aux Capétiens de se moquer des Plantagenêts et de leurs « léopards bâtards », que les Anglais décrivent bien sûr comme des lions et les Normands plus familiers comme des « p’tits cats ».
  45. (en) Heraldry of the World
  46. Appelé aussi Gui de Bourgogne, fils du comte Renaud Ier de Bourgogne et d’Alice de Normandie, fille du duc Richard l'Irascible
  47. Conspiration des barons Normands contre Guillaume-le-Bâtard, duc de Normandie et bataille du Val-des-Dunes en 1047 - Par Charles Edmond Prudent Le Cointe
  48. thoraiediexaie
  49. L’enseignement du normand dans le Nord-Contentin (→Étude des pratiques et des attitudes linguistiques)
  50. « INSEE »,‎ 2008 (consulté le 12 janvier 2011)
  51. Pour la France métropolitaine
  52. « INSEE »,‎ 2009 (consulté le 12 janvier 2011)
  53. « INSEE »,‎ 2010 (consulté le 12 janvier 2011)
  54. TNS Sofres-DGCIS, SDT 2010
  55. Ludovic Vitet, Études sur les beaux arts et sur la littérature, Paris : Charpentier, 1846, vol. 2, p. 146 lire.
  56. Jean Lafond, « Eustache-Hyacinthe Langlois, peintre-graveur », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, Paris : SNAF, 1971, p. 313-317.
  57. Cahiers Léopold Delisle, Paris : Société parisienne d'histoire et d'archéologie normandes, 1976, vol. 26-28, p. 272.
  58. Jacobs et Stirton 1987, p. 14

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]