Raton laveur

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Procyon lotor • Raton laveur commun

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Procyon lotor

Description de cette image, également commentée ci-après

Un Raton laveur au Wildpark Lüneburger Heide (de), en Allemagne.

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Super-ordre Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Procyonidae
Sous-famille Procyoninae
Genre Procyon

Nom binominal

Procyon lotor
(Linnaeus, 1758)

Synonymes

  • Procyon gloveralleni Nelson & Goldman, 1930
  • Procyon insularis Merriam, 1898
  • Procyon maynardi Bangs, 1898
  • Procyon minor Miller, 1911

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Raton laveur, ou plus exactement le Raton laveur commun (Procyon lotor Linnaeus, 1758), est une espèce de mammifères omnivores de l'ordre des carnivores. Originaire d’Amérique, cette espèce a été introduite pour la dernière fois en Europe dans les années 1930 (après la disparition un siècle plus tôt de la dernière population introduite). Il doit son nom à son habitude, plus ou moins réelle, de tremper ses aliments dans l’eau avant de les manger. L’animal, de la famille des procyonidae, est essentiellement nocturne et grimpe facilement aux arbres grâce à ses doigts agiles et à ses griffes acérées. Il a le pelage poivre et sel avec de légères teintes de roux. On le reconnaît facilement à son masque noir bordé de blanc autour des yeux et à sa queue rayée de blanc et de noir. Le raton laveur s’adapte à de nombreux milieux naturels. Opportuniste et facile à apprivoiser, il s’aventure également dans les villes nord-américaines (Canada, États-Unis d'Amérique). Son comportement varie selon le sexe et la région où il vit. Il est toujours chassé pour sa fourrure mais ne constitue pas une espèce en danger, ni même menacée.

Aussi ne fait-il l'objet d'aucune mesure de protection, ni en Amérique, ni en Eurasie.

Description[modifier | modifier le code]

Le raton laveur adulte mesure 80 cm en moyenne[1] avec des variations entre 60 cm et 105 cm selon les individus, queue comprise[2]. Les mâles sont plus grands et plus lourds que les femelles.

La masse du raton laveur est comprise entre 3,9 et 9 kg en moyenne[3]. Les individus les plus gros vivent dans les régions septentrionales (8,5 kg en moyenne au Canada[4]) ; record jusqu’à 28 kg[4],[5],[6],[7]. Le poids fluctue selon la saison, atteignant un maximum à l’automne : sa masse peut alors augmenter de 50 % dans les régions situées au nord[8].

La fourrure est généralement gris-brun, tirant plus ou moins vers le gris ou le brun. Le visage blanc porte de larges taches noires autour des yeux en forme de masque et une bande noire sur le nez. Quelques individus sont blancs, mais l’albinisme est très rare[9]. La mue débute au printemps et peut s’étaler sur trois mois. Le pelage estival du raton laveur est court.

Raton laveur : détail de la tête

La tête est large, le museau pointu, les yeux noirs et les oreilles courtes (4 à 6 cm[1]). L’animal possède de longues canines comme tous les carnivores. Les pattes sont dotées de cinq doigts munis de griffes non rétractiles. Les pieds mesurent entre 100 et 125 mm.

La queue du raton laveur est généralement longue de 20 à 28 cm[5] et peut mesurer jusqu’à 40 cm[8]. Elle compte 5 à 7 anneaux bruns ou noirs[2],[6] et son extrémité est toujours noire.

Le raton laveur ne doit pas être confondu avec le chien viverrin (ou tanuki), un canidé dont la fourrure est plus brune, la queue plus courte et de couleur unie, la rayure faciale interrompue sur le museau.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Crâne avec ses dents: 2/2 molaires, 4/4 prémolaires, 1/1 canines, 3/3 incisives (de gauche à droite)

Quatre sous-espèces de raton laveur endémiques à l'Amérique centrale et aux Caraïbes ont souvent été considérées comme des espèces distinctes après leur découverte. Ce sont le raton laveur des Bahamas et celui de la Guadeloupe qui sont très semblables l'un à l'autre, le raton laveur de Tres Marias, qui est plus grand que la moyenne et a un crâne anguleux, et celui de la Barbade aujourd'hui éteint. Les études de leurs caractères morphologiques et génétiques en 1999, 2003 et 2005 ont conduit à répertorier tous ces ratons laveurs comme des sous-espèce du raton laveur commun dans la troisième édition de Mammal Species of the World (2005)[10],[11],[12]. Un cinquième raton laveur insulaire, le raton laveur de Cozumel (Procyon pygmaeus), qui ne pèse que 3 à 4 kg et a notamment de petites dents, est toujours considéré comme une espèce distincte.

Les quatre plus petites sous-espèces de raton laveur, d'un poids moyen de 1,8 à 2,7 kg, se trouvent le long de la côte sud de la Floride et les îles adjacentes ; un exemple en est le Procyon lotor marinus[13]. La plupart des 15 autres sous-espèces ne diffèrent que légèrement les unes des autres par la couleur de leur robe, leur taille et quelques autres caractéristiques physiques[14]. Les deux sous-espèces les plus répandues sont le raton laveur de l'Est (Procyon lotor lotor) et le raton laveur de la haute vallée du Mississippi (Procyon lotor hirtus). Les deux partagent un pelage relativement sombre avec de longs poils, mais le second est plus grand que le premier. Le raton laveur de l'Est se rencontre dans tous les États américains et provinces canadiennes au nord de la Caroline du Sud et du Tennessee. Le raton laveur de la haute vallée du Mississippi vit dans tous les États américains et provinces canadiennes au nord de la Louisiane, du Texas et du Nouveau-Mexique[15].

Liste[modifier | modifier le code]

Selon MSW :

  • Procyon lotor auspicatus
  • Procyon lotor connuliarus
  • Procyon lotor elucus
  • Procyon lotor excelsus
  • Procyon lotor fuscipes
  • Procyon lotor gloveralleni Syn. Procyon gloveralleni -- raton de la Barbade certainement éteint
  • Procyon lotor grinnelli
  • Procyon lotor hernandezii
  • Procyon lotor hirtus
  • Procyon lotor incautus
  • Procyon lotor inesperatus
  • Procyon lotor insularis
  • Procyon lotor litoreus
  • Procyon lotor lotor
  • Procyon lotor marinus
  • Procyon lotor maynardi
  • Procyon lotor megalodous
  • Procyon lotor pacificus
  • Procyon lotor pallidus
  • Procyon lotor psora
  • Procyon lotor pumilus
  • Procyon lotor simus
  • Procyon lotor vancouverensis

Répartition et habitats[modifier | modifier le code]

Aire de répartition du Raton laveur :
  •      régions d’origine
  •      régions d'introductions

Originaire d'Amérique du Nord, l’espèce occupe le sud du Canada et la majeure partie des États-Unis, du Mexique et de l’Amérique centrale, dans la zone intertropicale[8]. Il est plus rare dans les Antilles. Il est absent de certains secteurs des Montagnes Rocheuses à cause de l’altitude, des déserts et du Grand Nord canadien. En Europe, il est naturalisé en Suisse, en France, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark, en Autriche, en République tchèque, en Slovaquie, en Biélorussie ainsi que dans les pays du Caucase. Il n'a jamais vécu naturellement au Japon.

Le raton laveur fréquente la forêt mixte, la forêt de feuillus et les régions agricoles. On le retrouve en bordure des forêts, le long des cours d’eau et dans les marécages sous presque toutes les latitudes de l’Amérique du Nord. Il peut aussi vivre dans les parcs urbains et les banlieues.

Le territoire du raton laveur varie entre 1 et 50 km2 en fonction des densités humaines[1]. La femelle ne défend pas son territoire. La densité moyenne est de 4 à 20 individus par km2 sur les terres cultivées et jusqu’à 100 par km2 en ville[16]. Le domaine vital d’un mâle compte entre 2 à 12 femelles en période de reproduction[2].

Dans les années 1930, le raton laveur est introduit une nouvelle fois en URSS et en Allemagne pour sa fourrure, dans des fermes d’élevage. Parfaitement acclimaté et en l’absence de prédateurs, il a proliféré depuis. Aujourd’hui, on compte environ 100 000 ratons laveurs en Europe[17]. L’espèce est présente au Luxembourg, en Allemagne, aux Pays-Bas, en France (Aisne où il aurait été introduit par des soldats américains)[1], en Suisse[17], en Pologne et en Belgique.

Aujourd’hui, il est considéré comme une menace pour la biodiversité et a été classé par le Conseil de l’Europe comme espèce invasive dont l’éradication est conseillée en raison de son impact sur la faune locale[18]. En France, il est sur la liste des animaux susceptibles d'être classés nuisibles en France par arrêté préfectoral[19].

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Omnivore, le raton laveur a un régime alimentaire varié mais préfère néanmoins les invertébrés[2], les insectes, les vers et les larves. Étant protégé des piqûres par son épaisse fourrure, il s’attaque aussi aux nids d’insectes[1].

Il mange de petits animaux aquatiques : palourdes d’eau douce, moules, écrevisses, poissons, grenouilles, tortues[1], amphibiens et huîtres[20]. Il s’alimente aussi de petits mammifères (rats musqués, mulots). Il peut aussi s'attaquer aux poules. En été et en automne, il privilégie le maïs, les fruits, les baies, les glands et les noix. Dans les villes, il fouille dans les poubelles qu’il ouvre aisément avec ses doigts agiles. Il lui arrive de manger des charognes[21].

La croyance populaire selon laquelle le raton laveur lave sa nourriture avant de la consommer vient du fait qu’il se nourrit généralement de petits animaux aquatiques et frotte souvent sa nourriture entre ses mains comme pour la pétrir. Ainsi, des amas de coquilles de palourdes sur la rive d’un cours d’eau ou de tiges rompues dans les champs de maïs sont des signes de sa présence.

Gîte[modifier | modifier le code]

Le raton laveur choisit souvent un arbre creux pour s’abriter.

Le raton laveur s’abrite dans les arbres creux, les souches, les cavernes, les terriers de marmottes abandonnés, les granges ou les hangars. Il change souvent d’abri. Vers mi-novembre, l’animal se réfugie dans son gîte et y passe l’hiver en état de torpeur, ne se réveillant que de temps à autre. Comme l’ours noir et le blaireau, il cesse de manger et survit grâce à ses réserves de graisse accumulées pendant l’été. Contrairement à ce qu’on a longtemps cru, la température de son corps et son métabolisme demeurent élevés. Les mâles sortent de leur gîte fin janvier, les femelles vers mi-mars.

En ville, on peut trouver l’animal dans les greniers, les égouts et les cheminées auxquels il accède grâce à ses griffes qui lui permettent de grimper facilement à plusieurs mètres du sol. Chaque gîte abrite entre un et cinq individus[1] (jusqu’à 23 dans le Minnesota[6],[7]). Il fréquente plusieurs abris en dehors de l’hiver[20].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les accouplements ont lieu en janvier ou en février dans les régions du nord[20], en mars dans les autres régions. Les femelles n’ont qu’une seule portée par année et peuvent avoir des petits dès leur première année[22],[16]. Le mâle est polygame et peut se reproduire dès sa deuxième année. La femelle est réceptive pendant 3 à 6 jours[2] et la gestation dure 63 jours[22],[9],[7].

Une portée comprend entre un et trois ratonneaux au sud contre trois à sept au nord[1] et parfois jusqu’à neuf[16]. Les petits naissent en avril ou en mai. Ils sont aveugles, pèsent entre 60 et 75 grammes[2],[7] et ont le dos et les flancs poilus. Les premières dents apparaissent au bout d’une vingtaine de jours. Leurs yeux s’ouvrent à trois semaines[9],[6],[7]. Les ratonnes s’occupent seules de l’élevage des petits qui sont sevrés à quatre mois[22]. Le masque noir de la fourrure autour des yeux ainsi que les anneaux de la queue apparaissent avant dix semaines[1]. Leur cri est semblable au pépiement d’oiseau[16] et ils se nourrissent du lait maternel[2]. Les ratonneaux peuvent à leur tour se reproduire à l’âge d’un ou deux ans selon le sexe. Ils passent leur premier hiver avec leur mère et ne se dispersent qu’au début de l’été suivant.

Comportement[modifier | modifier le code]

Empreintes de raton laveur
Le raton laveur est peu farouche et peut s’installer dans les greniers ou les cheminées

Les jeunes se laissent facilement apprivoiser par les hommes. À l’âge adulte, les mâles deviennent agressifs et reviennent facilement à la vie sauvage après un temps de captivité[1].

Le raton laveur est un bon grimpeur et un bon nageur. Sur terre, il se déplace assez lentement, ce qui le rend vulnérable. Il peut descendre d’un tronc la tête la première, en tournant ses pieds de derrière à 180°[7]. Animal curieux et intelligent[21], il sort de sa tanière surtout la nuit, sauf pendant la période de reproduction et en ville. Le raton laveur émet des grognements lorsqu’il est en danger[16].

En été et en automne, il emmagasine des réserves de graisse pour la mauvaise saison et peut gagner jusqu’à deux fois son poids d’origine[20]. L’épaisseur de la couche de graisse peut atteindre 2,5 cm sur le dos[1]. En hiver, le raton laveur n’hiberne pas mais entre dans une période d’inactivité et de dormance, sauf dans les régions du Sud où l’animal continue d’être actif.

Menaces[modifier | modifier le code]

Longévité[modifier | modifier le code]

Le raton laveur vit généralement entre 3 et 5 ans en milieu naturel[8] et parfois jusqu’à 14[16] ou 16 ans[8]. En captivité, il peut dépasser les 16 ans[1],[6], voire 21 ans[6],[8]. Les jeunes meurent généralement de malnutrition, de maladie ou tués par un prédateur.

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Représentation stylisée d’un raton laveur sur un artefact trouvé sur le site de Spiro Mounds (Oklahoma)

Le principal prédateur du raton laveur est l’homme. À l’époque précolombienne, il était chassé par les Amérindiens qui appréciaient sa chair et sa fourrure. Aux temps modernes et au XIXe siècle, les trappeurs et les coureurs des bois le capturaient et pratiquaient la traite des fourrures. L’apogée de ce commerce fut atteint dans les années 1920[7] ; entre 1941 et 1989 plus de 1,7 million de ratons furent tués pour leurs fourrures rien que dans l’État du Nebraska[6]. Aujourd’hui, la fourrure du raton ayant peu de valeur et étant difficile à travailler[21], cette activité est tombée en désuétude.

Bien que principalement chassés pour leur fourrure, les ratons laveurs ont également été longtemps une source de nourriture importante pour les Amérindiens et les Américains[23] et le raton laveur au barbecue était un plat traditionnel dans les fermes américaines[24]. C'était souvent un repas de fête. Les esclaves américains mangeaient du raton laveur à Noël[25], mais ce n'était pas forcément un plat de pauvres ou de paysans; Dans le quotidien The Golden Era de San Francisco du 21 décembre 1856, le raton laveur figure parmi les spécialités conseillées pour les fêtes et le raton laveur Rebecca reçu par le président américain Calvin Coolidge lui avait été envoyé initialement pour être servi au dîner de Thanksgiving de la Maison-Blanche[26],[27]. La première édition de The Joy of Cooking, publiée en 1931, contenait une recette pour la préparation du raton laveur avec de l’écureuil et de l’opossum. Elle suggèrait d’enlever les glandes de musc et la graisse avant de faire rôtir l’animal et de l’accompagner avec des patates douces..

Parce que les ratons laveurs sont généralement considérés comme attachants, mignons, et/ou porteur de vermine, beaucoup de consommateurs ordinaires ont une peur répulsive d'en manger[28],[29]. Cependant, plusieurs milliers de ratons laveurs sont encore consommés chaque année aux États-Unis[30],[31]. Bien que le Coon Feed à Delafield dans le Wisconsin soit un événement annuel depuis 1928, sa principale utilisation culinaire se rencontre dans certaines régions du sud des États-Unis comme l'Arkansas où le Gillett Coon Supper est un événement politique important[32],[33].

Chaque année, 2 à 4 millions d’individus sont tués[1] par les automobilistes ou les chasseurs. Le raton laveur est perçu comme une menace pour les agriculteurs lorsqu’il s’attaque aux vergers, aux œufs, aux champs de maïs, aux greniers, aux cabanes à sucre ou aux ruches[21]. En Suisse, il est chassé et jugé indésirable pour l’équilibre naturel[17].

Autrefois recherché par l’homme pour sa fourrure, le raton laveur est toujours la proie de la martre d’Amérique, du lynx roux, du puma, du coyote, du loup gris, du renard roux mais aussi du chien domestique. Le grand-duc d’Amérique capture parfois des petits. Il est attaqué par les alligators dans le Sud des États-Unis.

Maladies[modifier | modifier le code]

Le raton laveur peut être porteur de la rage, de la maladie de Carré ou de la gale mais aussi de parasites (infection à parvovirus, leptospirose et Baylisascaris procyonis). La rage est transmissible à l’homme par la salive.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Nom commun[modifier | modifier le code]

En anglais, « raton laveur » se traduit par le mot raccoon, lui-même issu de l’algonquin aroughcoune[34] », qui signifie « celui qui gratte avec ses mains[17],[6],[7] ». Les trappeurs de la Nouvelle-France auraient ensuite formé le mot « raton », par analogie avec « raccoon[17] ». Au Québec, chez les plus vieilles générations, il est connu sous le nom de «chat sauvage» [35]. Les cadiens le nomment quant à eux chaoui[36]

Nom scientifique[modifier | modifier le code]

Dans les premières décennies après sa découverte par les membres de l'expédition de Christophe Colomb, qui a été la première personne à laisser une trace écrite sur l'espèce, les taxonomistes ont pensé que le raton laveur était apparenté à de nombreuses espèces différentes, comme les chiens, les chats, les blaireaux et plus particulièrement les ours[37]. Carl von Linné, le père de la taxonomie moderne, a placé le raton laveur dans le genre Ursus, d'abord comme Ursus cauda elongata (« ours à longue queue ») dans la deuxième édition de son Systema Naturae, puis comme Ursus lotor (« ours laveur ») dans la dixième édition[38]. En 1780, Gottlieb Konrad Christian Storr a placé le raton laveur dans son propre genre -Procyon- qui peut se traduire soit par « avant le chien » ou « qui ressemble au chien[39] ». Il est également possible que Storr ait eu son mode de vie nocturne à l'esprit et ait choisi l'étoile Procyon comme éponyme pour le genre[40]. L'épithète spécifique du raton laveur est lotor, lotor signifiant « laveur » en latin.

Évolution[modifier | modifier le code]

Sur la base de preuves fossiles en France et en Allemagne, les premiers membres connus de la famille des Procyonidae vivaient en Europe à la fin de l'Oligocène, il y a environ 25 millions d'années[41]. Les dents et les structures du crâne semblables suggèrent que les Procyonidés et les Mustelidés partagent un ancêtre commun, mais les analyses génétiques indiquent une relation plus étroite entre les ratons laveurs et les ours[42]. Après avoir traversé le détroit de Béring au moins six millions d'années plus tard, l'espèce de l'époque a eu son centre de répartition se situant probablement en Amérique centrale[43]. Les coatis (genres Nasua et Nasuella) et les ratons laveurs (genre Procyon) ont été considérés comme pouvant éventuellement partager une origine commune, une espèce du genre Paranasua présente il y a entre 5,2 et 6,0 millions d'années[44]. Cette hypothèse, basée sur des comparaisons morphologiques, est en conflit avec une analyse génétique de 2006 qui indique que les ratons laveurs sont plus étroitement apparentés aux Bassariscus[45]. Contrairement à d'autres procyonidés, comme le Raton crabier (Procyon cancrivorus), les ancêtres du raton laveur commun ont quitté les zones tropicales et subtropicales et migré vers le nord il y a environ 4 millions d'années, une migration qui a été confirmée par la découverte de fossiles dans les Grandes Plaines datant du milieu du Pliocène[46].

Le raton laveur dans la culture[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Steven R. Boyett, The Architect of Sleep
  • Barbara Leonard Reynolds, Pepper
  • Sterling North, Rascal
  • Rutherford Montgomery, Walt Disney’s Weecha the Raccoon
  • Harriett E. Weaver, Frosty ; A Raccoon To Remember
  • Oliver Knörzer & Puri Andini, Sandra et Woo.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

  • Dans un célèbre poème intitulé Inventaire, Jacques Prévert déroule une interminable, poétique et absurde liste divisée en quatre sections : la première se finit par  : « un raton laveur », la seconde par : « un autre raton laveur », la troisième par : « et... cinq ou six ratons laveurs », et la quatrième par : « et... plusieurs ratons laveurs ». Ce poème a été mis en musique et interprété par les Frères Jacques.
  • Dans les contes traditionnels amérindiens, le raton laveur symbolise un animal qui se montre toujours plus rusé que ses ennemis.
  • Dans le dessin animé Candy, l’héroïne possédait un raton laveur baptisé Capucin.
  • Roni Raccoon est la mascotte des Jeux olympiques d'hiver de 1980 à Lake Placid.
  • La série de jeux vidéo Sly Raccoon a pour héros principal un raton laveur.
  • L’histoire de certains épisodes de la série de jeux vidéo Resident Evil se passe dans la ville de Raccoon City.
  • Dans les années 1990, le dessin animé québécois Les Amis ratons avait pour personnages principaux une famille de ratons laveurs.
  • Landry est un raton-laveur imaginaire inventé par la société japonaise Sanrio.
  • Une chanson des Beatles s'intitule : Rocky Raccoon.
  • Rocket Raccoon est un super héros anthropomorphique de l'univers Marvel.
  • Raccoo-oo-oon (en) était un groupe de rock expérimental américain
  • Dans la série de romans policiers de James Lee Burke mettant en scène Dave Robicheaux, la fille de ce dernier possède comme animal de compagnie un raton laveur nommé Tripod.
  • L'épisode 2 saison 13 de la série d 'animation South Park "The Coon", met en scène Eric Cartman qui se prend pour un super-héros en se déguisant en raton laveur.
  • Dans Les Sims munie de l'application Entre chiens et chats, un raton laveur peut apparaître et fouiller dans la poubelle en la renversant, mettant ainsi des ordures dans les alentours.
  • Dans le jeu Grand Theft Auto V un masque de raton laveur est disponible au magasin de la plage de Los Santos.

Photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m (fr) Richard C. Rosatte, « Le raton laveur », Faune et flore du pays (Canada) (consulté le 21-09-2007)
  2. a, b, c, d, e, f et g [PDF] (fr) « Paramètres d’exposition chez les mammifères : le raton laveur », Centre d’expertise environnementale du Québec (consulté le 21-09-2007)
  3. Samuel I. Zeveloff, Raccoons: A Natural History, Smithsonian Books, Washington, D. C. 2002, (ISBN 978-1588340337), S. 58
  4. a et b (fr) « Raton laveur », Musée canadien de la nature (consulté le 21-09-2007)
  5. a et b (fr) « Raton laveur », Grand Québec.com (consulté le 21-09-2007)
  6. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « The Racoon », BBC (consulté le 21-09-2007)
  7. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « Common Raccoon », E nature (consulté le 21-09-2007)
  8. a, b, c, d, e et f (en) Tanya Dewey, « Procyon lotor », Animal Diversity Web (consulté le 24-09-2007)
  9. a, b et c (en) « Raccoon », Brain museum (consulté le 21-09-2007)
  10. Zeveloff, pp. 42–46
  11. (en) Kristofer M. Helgen, « Taxonomic status and conservation relevance of the raccoons (Procyon spp.) of the West Indies », Journal of Zoology, Oxford, The Zoological Society of London, vol. 259, no 1,‎ janvier 2003, p. 69–76 (ISSN 0952-8369, lien DOI?)
  12. (en) Kristofer M. Helgen, Sánchez-Cordero, Víctor (éditeur) et Medellín, Rodrigo A. (éditeur), Wilson, Don E., Contribuciones mastozoológicas en homenaje a Bernardo Villa, Mexico City, Instituto de Ecología of the Universidad Nacional Autónoma de México,‎ 2005 (ISBN 978-9703226030, lire en ligne), « A Systematic and Zoogeographic Overview of the Raccoons of Mexico and Central America », p. 230
  13. Zeveloff, pp. 59, 82–83
  14. MacClintock, p. 9; Zeveloff, pp. 79–89
  15. Zeveloff, pp. 79–81, 84
  16. a, b, c, d, e et f « Le raton laveur » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Ministère des richesses naturelles de l’Ontario. Consulté le 24-09-2007
  17. a, b, c, d et e (fr) « Le raton-laveur: adorable fripouille mais saccageur en puissance », waldwissen.net (consulté le 21-09-2007)
  18. (fr) « Le raton laveur envahit la Belgique », La Libre Belgique,‎ 10 août 2007
  19. Arrêté du 30 septembre 1988 fixant la liste des animaux susceptibles d'être classés nuisibles
  20. a, b, c et d « Les ratons laveurs », bestioles.ca (consulté le 24-09-2007)
  21. a, b, c et d (fr) « Animaux importuns - dommages causés par la faune », Ressources naturelles et faune du Québec (consulté le 21-09-2007)
  22. a, b et c (fr) « Raton laveur », Zoo sauvage de Saint-Félicien (consulté le 07-04-2011)
  23. Holmgren, pp. 18–19, Zeveloff, p. 165
  24. Farm: A Year in the Life of an American Farmer. Richard Rhodes, reprint, U of Nebraska Press, 1997, p.270.
  25. Harriet Jacobs, Incidents in the Life of a Slave Girl, Digireads.com Publishing, 2005, p.72.
  26. San Diego's Hilarious History By Herbert Lockwood, William Carroll Published by Coda Publications, 2004, p. 46.
  27. Jen O'Neill. White House Life: Filling the Position of First Pet November 12, 2008. http://www.findingdulcinea.com/features/feature-articles/2008/november/Filling-the-Position-of-First-Pet.html.
  28. (en) Megan Twohey, « Raccoon dinner: Who's game? Illinois, it turns out, has bountiful supply of the critters - and fansand foodies are gobbling them up - Chicago Tribune », Archives.chicagotribune.com,‎ 18 01 2008 (consulté le 19 03 2010)
  29. (en) Lee Hill, « The other dark meat: Raccoon is making it to the table | McClatchy », Mcclatchydc.com,‎ 13 01 2009 (consulté le 19 03 2010)
  30. (en) « Mammals: Raccoon - (Procyon lotor) », Mdc.mo.gov (consulté le 19 03 2010)
  31. (en) « Raccoon », Nebraska Wildlife Species Guide, Nebraska Game and Parks Commission (consulté le 07 12 2008)
  32. (en) Marion Berry, « Gillett Coon Supper », Local Legacies: Celebrating Community Roots, The Library of Congress (consulté le 7 décembre 2008)
  33. (en) « Coon Feed still packs ‘em in », Gmtoday.com,‎ 28 01 2008 (consulté le 19 03 2010)
  34. Aroughcun, Aracoun ou encore Arakum
  35. page «chat sauvage» Wikipédia
  36. Amanda Lafleur, Benjamin Forkner, « A Cajun French-English Glossary », sur Louisiana State University (consulté le 30 octobre 2010)
  37. Holmgren, pp. 47–67
  38. Holmgren, pp. 64–67; Zeveloff, pp. 4–6
  39. Holmgren, pp. 68–69; Zeveloff, p. 6
  40. Hohmann, p. 44; Holmgren, p. 68
  41. Zeveloff, p. 19
  42. Zeveloff, pp. 16–18, 26
  43. Zeveloff, pp. 20, 23
  44. Zeveloff, p. 24
  45. (en) Klaus-Peter Koepfli, « Phylogeny of the Procyonidae (Mammalia: Carnivora): Molecules, morphology and the Great American Interchange », Molecular Phylogenetics and Evolution, Amsterdam, Elsevier, vol. 43, no 3,‎ juin 2007, p. 1076–1095 (ISSN 1055-7903, liens PubMed? et DOI?, lire en ligne [PDF])
  46. Hohmann, p. 46; Zeveloff, p. 24

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M.J. Duchêne, M. Artois, Encyclopédie des carnivores de France. Les Carnivores introduits : Chien viverrin (Nyctereutes procyonoides Gray, 1834) et Raton laveur (Procyon lotor Linnaeus, 1758), SFEPM, Nort-sur-Erdre, 1988, 49 p.
  • (en) Samuel I. Zeveloff, Raccoons : a natural history, Washington, Smithsonian Institution Press,‎ 2002 (ISBN 9781588340337).
  • (en) Dorcas MacClintock, A natural history of raccoons, Caldwell, New Jersey, Blackburn Press,‎ 2002 (ISBN 978-1930665675).
  • (de) Ulf Hohmann, Bartussek, Ingo; Böer, Bernhard, Der Waschbär, Reutlingen, Germany, Oertel+Spörer,‎ 2001 (ISBN 978-3-88627-301-0)
  • (en) Virginia C. Holmgren, Raccoons : in folklore, history & today's backyards, Santa Barbara (Californie), Capra Press,‎ 1990 (ISBN 978-0884963127).
  • J. Prescott, P. Richard, Mammifères du Québec et de l’Est du Canada, éditions Michel Quintin, Waterloo, 1996
  • R. Nowak, Walker’s Mammals of the World, The Johns Hopkins University Press, Baltimore, 1991
  • D.Wilson, S. Ruff, The Smithsonian Book of North American Mammals, The Smithsonian Institution Press, Washington, D.C., 1999

Références externes[modifier | modifier le code]

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