Aunis
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L’Aunis (en saintongeais : Aulni) est une ancienne province historique de France, située dans le quart Nord-Ouest du département de la Charente-Maritime. Sa capitale historique est La Rochelle, celle-ci succède à Châtelaillon-Plage, l'ancienne capitale ayant vraisemblablement donné son nom à la petite province.
Cette province a été officiellement reconnue par le roi Charles V en 1374 : « En 1374, Charles V détacha La Rochelle de la Saintonge pour en faire un gouvernement particulier qui comprit dans la juridiction Rochefort, Marennes et quelque temps Benon. C'est alors que l'Aunis apparait légalement comme une province distincte »[1].
Le gentilé de l'Aunis est Aunisien.
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[modifier] Géographie
L'Aunis est avant tout une plaine calcaire, à peine vallonnée, où aucune rivière ne s'y encaisse, ce qui a de tout temps facilité les voies de communication, lesquelles d'ailleurs sont à l'origine du développement économique et de l'essor urbain de cette petite région.
C'est également une région littorale, au relief varié et aux iles attachantes, dont les activités maritimes sont diversifiées et où le tourisme occupe aujourd'hui une part de plus en plus importante.
[modifier] Le cadre géographique
L'Aunis est délimitée par deux fleuves côtiers, la Sèvre Niortaise au nord, et la Charente, au sud. Elle est bordée à l'ouest par l'océan Atlantique et comprend deux îles, l'île de Ré et l'île d'Aix. À l'est, elle est limitée par la vallée du Mignon, petit affluent de rive gauche de la Sèvre Niortaise, par les collines de Saintonge autour de Saint-Félix, par la vallée de la Trézence, et celle de la Boutonne[2].
L'Aunis est une plaine calcaire du jurassique, caractérisée par un relief faiblement vallonné, où aucune vallée n'est encaissée, et dont les altitudes baissent régulièrement vers le littoral. Les îles de Ré et d'Aix lui répondent par les mêmes assises géologiques du jurassique et par les mêmes types de sols. Cette table calcaire, sorte de promontoire de forme triangulaire qui s'avance vers l'océan Atlantique, forme l'extrémité septentrionale du Bassin Aquitain, dont elle constitue le dernier prolongement géologique.
Dans les zones évidées, situées au contact immédiat de cette plaine au relief à peine marqué, de grands marais d'eau douce et salée se sont formés. Ces derniers correspondent aux anciens golfes marins, comblés par des sédiments d'origine marine ou fluviatile, issus de la dernière transgression flandrienne. Ils ont été patiemment asséchés, depuis le Moyen Age, par l'homme. Au nord, le Marais Poitevin desséché, au centre (vallées du Curé et de son affluent principal le Virson) et dans sa partie orientale (vallée du Mignon), tandis qu'au sud s'est formé le marais de la Petite Flandre, asséché depuis le XVIIe siècle. Ils constituent d'importantes réserves d'eau douce, primordiales pour le maintien des activités agricoles et conchylicoles du nord du département.
[modifier] Les voies de communication
Les conditions physiques de cette plaine ont toujours été très favorables aux voies de communication, bien que cette petite région soit plutôt enclavée, étant longtemps aux marges du royaume de France, puis de la nation[3].
De gros efforts ont été entrepris pour rompre cet isolement géographique. Le plus spectaculaire est sans doute lors de la mise en place de la voie ferroviaire dès 1857, reliant alors La Rochelle et Rochefort à la capitale. Cette ligne de chemin de fer a été modernisée à maintes reprises (mise à deux voies, puis électrification en 1993 pour l'accueil des T.G.V.).
La voie ferrée régionale qui relie Nantes à Bordeaux dessert également l'Aunis, en passant par La Rochelle, Châtelaillon-Plage et Rochefort.
Les voies routières ont été également considérablement modernisées : mise à 2X2 voies des routes La Rochelle-Rochefort, La Rochelle-Niort, autoroute A 837 depuis Rochefort jusqu'à Saintes, pont-viaduc à 2X2 voies sur la Charente à Rochefort, rocade urbaine à 2X2 voies contournant toute l'agglomération urbaine de La Rochelle, pont-viaduc de l'île de Ré.
La modernisation des infrastructures de communication a favorisé dès la seconde moitié du XIXe siècle, c'est à dire à partir du Second Empire, les diverses activités économiques de l'Aunis.
[modifier] Les activités agricoles et maritimes
Dans le domaine de l'agriculture, les deux ressources principales sont la céréaliculture intensive (blé, maïs, oléagineux) et l'élevage. Les vaches laitières ont longtemps formé le cheptel dominant, mais, cet élevage cède de plus en plus la place à l'élevage bovin pour la viande (principalement dans les marais desséchés du Marais Poitevin et du Marais de Rochefort).
La vigne, touchée par la crise du phylloxéra dès 1876, a été quasiment abandonnée, elle subsiste cependant dans l'île de Ré.
Sur le littoral, entre l'embouchure de la Sèvre-Niortaise et le nord de La Rochelle, la mytiliculture occupe encore une place importante, tandis que Fouras et la baie d'Yves sont les centres principaux de l'élevage du naissain des huîtres. La Rochelle maintient son activité de port de pêche grâce à son port moderne de Chef-de-Baie mais cette activité n'est plus aussi florissante que par le passé[4].
Dans les marais de l'Aunis, la récolte du sel a fait, pendant le Moyen Age, la fortune de la région, mais elle a complètement disparu sur le littoral aunisien. Cependant, cette activité subsiste encore aujourd'hui dans l'île de Ré, dans la presqu'île d'Ars notamment, et atteint de nouveau une certaine notoriété, même si la production demeure artisanale et les quantités traitées peu importantes.
L'Aunis possède, dans sa partie nord-est, une grande forêt de feuillus, la forêt de Benon, qui a été heureusement préservée car elle constitue l'unique forêt de la région. Avec une superficie totale de 3 300 hectares, elle représente pour les citadins le "poumon vert" de La Rochelle.
[modifier] Une industrie diversifiée
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Article détaillé : Liste des principales entreprises de La Rochelle.
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Article détaillé : Economie de La Rochelle.
- Chambre de commerce et d’industrie de La Rochelle
- Chambre de commerce et d’industrie de Rochefort et de Saintonge
L'Aunis n'a pas de tradition industrielle forte comme celle qui marque les régions du Nord ou de la Lorraine, et c'est seulement à la fin du XIXe siècle que des usines ont commencé à se développer. Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement d'industrialisation de l'Aunis s'est poursuivi et renforcé, en se diversifiant et en se modernisant.
Ainsi trois pôles industriels notables émergent en Aunis et concentrent l'industrie en Charente-Maritime :
- La Rochelle s'est spécialisée dans les constructions ferroviaires (Alstom) et navales (Chantiers navals Gamelin) , l'équipement automobile (Delphi), les industries alimentaires (Senoble), l'industrie chimique (Rhodia) et pharmaceutique, les chantiers nautiques de plaisance (Dufour, Fountaine-Pajot). C'est de loin le premier pôle industriel du département de Charente-Maritime. C'est également un très grand port de commerce, se plaçant au huitième rang des ports nationaux, et ayant depuis 2007 le statut privilégié de port autonome.
- Rochefort a développé avec Tonnay-Charente les activités portuaires sur le fleuve Charente. Ces deux villes possèdent des activités industrielles diversifiées avec la construction et l'équipement aéronautiques (EADS, Simair), l'équipement automobile, la fonderie des métaux non ferreux, l'industrie chimique et de transformation des plastiques, l'industrie nautique de plaisance, l'ameublement. Le complexe industriel de Rochefort-Tonnay-Charente constitue toujours le second pôle industriel du département.
- Surgères est devenu un pôle de l'industrie agro-alimentaire, auquel s'ajoutent la métallurgie et l'industrie du plastique.
A ces trois pôles majeurs, il convient d'y ajouter de petits centres industriels dont les activités sont récentes : Aigrefeuille d'Aunis (chantier nautique de plaisance (Fountaine-Pajot), industrie du bois (UPM-Kymmene), unité industrielle de béton) et Marans (chantiers nautiques de plaisance, industrie pharmaceutique, industrie alimentaire).
[modifier] Une région touristique
Grâce à son littoral, l'Aunis a pu développer le tourisme qui, vers la fin du XIXe siècle, a pris de l'importance avec les bains de mer. Des stations balnéaires comme Châtelaillon-Plage et Fouras ont acquis une réelle notoriété, tandis que les grandes plages de l'île de Ré ont connu un réel engouement à partir des années 1960. Le Pertuis d'Antioche, qui forme une véritable petite mer intérieure, a favorisé la navigation de plaisance dans les années 1970. La Rochelle, avec son immense port des Minimes, peut recevoir 5 000 bateaux de plaisance, il est devenu le plus grand port de plaisance du littoral atlantique français. Ars-en-Ré, La Flotte et Saint-Martin-de-Ré sont également des ports de plaisance très recherchés, tandis que les ports fluviaux de Marans, sur la Sèvre-Niortaise, et de Rochefort, sur la Charente, ont aménagé dans des bassins portuaires désaffectés des sites d'accueil pour les bateaux de plaisance, pouvant recevoir plus de 200 unités chacun.
L'île de Ré vit essentiellement du tourisme et peut recevoir jusqu'à 250 000 touristes pendant la saison estivale, cette « invasion » est encore plus spectaculaire dans l'île d'Aix qui accueille jusqu'à 180 000 touristes chaque année, malgré son isolement, n'étant pas reliée par un pont comme sa voisine rhétaise[5].
L'Aunis a également développé le tourisme culturel et urbain avec ses deux grandes villes historiques que sont La Rochelle et Rochefort. Les petites villes de l'intérieur ne manquent pas d'intérêt et ont valorisé leur patrimoine urbain comme Surgères (église Notre-Dame, site du château, centre-ville renové) ou Marans (site portuaire et fluvial) ou encore Tonnay-Charente (aménagement des quais de la Charente). L'Aunis fait de gros efforts pour mettre en valeur le tourisme vert et a développé à Aigrefeuille d'Aunis, notamment, des sites d'accueil touristiques de qualité (lac de Frace, complexe touristique de La Taillée).
[modifier] Une région urbanisée
Cette région rassemble 286 872 habitants en 2006[6], soit près de la moitié de la population totale de la Charente-Maritime (47,9 % de la population en 2006).
Aujourd'hui, le nord-ouest du département rassemble 10 villes sur 17 ayant plus de 5 000 habitants, et 31 communes de plus de 2 000 habitants sur les 60 que compte le département.
La superficie de la région est de 1 497,16 km², soit 21,8 % du département.
La densité de population y est deux fois plus élevée que la moyenne départementale avec 192 hab/km² contre 87 pour la Charente-Maritime, trois fois plus que celle de la région Poitou-Charentes (67 hab/km²) et elle est largement supérieure à la moyenne nationale qui est de 113 hab/km² en 2006.
De fait, le taux d'urbanisation y est comparable à la moyenne nationale, c'est à dire proche des 3/4. Ce qui est considérable, car la Charente-Maritime a un taux d'urbanisation assez moyen, approchant les 60 % de la population totale.
C'est une région qui s'est beaucoup urbanisée depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Mais la concentration de la population est assez inégale dans sa répartition. Tout d'abord, le développement des villes de l'Aunis s'est effectué le long du littoral, qui a fixé la majeure partie des activités économiques et humaines.
Les deux agglomérations urbaines les plus peuplées du département de Charente-Maritime sont situées en Aunis. La Rochelle et Rochefort tendent maintenant à former un bipole urbain, où les deux communautés d'agglomérations ont renforcé les liens interurbains, notamment par la mise en place des relations ferroviaires cadencées. Cet espace, qui s'urbanise fortement, dépasse aujourd'hui les 200 000 habitants (201 509 habitants en 2006)[7] ; il se classe au second rang régional après le couloir du Clain, qui tend à unir les agglomérations de Poitiers et de Châtellerault. Dans cet espace littoral, les villes ont formé un tissu urbain dense et la densité de population y est particulièrement élevée : 288 hab/km² dans les trois cantons de Rochefort[8], 686 hab/km² dans le seul canton d'Aytré[9], 919 hab/km² dans l'ensemble des cantons de La Rochelle[10]. Le bipole La Rochelle-Rochefort concentre à lui seul 9 villes sur 17 de plus de 5 000 habitants, et 20 communes de plus de 2 000 habitants sur 60 qu'en compte la Charente-Maritime en 2006.
La concentration de population est encore forte aux abords immédiats de l'agglomération de La Rochelle, où le canton de La Jarrie a une densité de population largement supérieure à 100 hab/km² (149 hab/km² en 2006)[11].
Au-delà du bipole La Rochelle-Rochefort, les densités de population sont nettement moins élevées, et elles sont même inférieures à la moyenne départementale, qui est de 87 hab/km² en 2006. Ainsi les cantons d'Aigrefeuille d'Aunis, de Surgères et de Marans ont-ils respectivement 70 hab/km² et 62 hab/km² pour les deux derniers. Seul, le canton de Courçon a une densité inférieure à 50 hab/km² (46 en 2006), mais il enregistre une croissance démographique spectaculaire entre 1999 et 2006 avec un gain démographique de + 28, 4 %!. Le Pays d'Aunis, qui est une structure administrative rassemblant quatre communautés de communes (Courçon, Pays Marandais, Plaine d'Aunis et Surgères), recense en 2006 une population de 61 058 habitants sur 939 km², soit une densité de 65 hab/km². C'est encore une région fortement rurale, mais qui tend à s'urbaniser rapidement.
L'urbanisation s'est également accélérée dans l'île de Ré, surtout dans la partie orientale qui correspond au canton de Saint-Martin-de-Ré, où toutes les communes ont plus de 2 000 habitants, et où la densité de population est l'une des plus élevées de tout le département avec 299 hab/km² en 2006 contre 87 pour l'ensemble du département et 242 pour l'arrondissement de La Rochelle. La densité de population de l'île de Ré est particulièrement élevée, c'est l'île la plus densément peuplée de tout le littoral français, avec en 2006, une densité record de 207 hab/km²!
Les villes principales de l'Aunis[12] sont les suivantes[13] :
- La Rochelle avec 77 196 habitants est de loin la ville la plus peuplée du département de Charente-Maritime. Son agglomération urbaine approche les 120 000 habitants, elle se classe au deuxième rang en Poitou-Charentes, après Poitiers.
- Rochefort est la troisième ville de Charente-Maritime, se situant après La Rochelle et Saintes[14], mais elle forme avec Tonnay-Charente la deuxième agglomération urbaine du département avec 37 095 habitants, ce qui en fait également la cinquième agglomération urbaine de la région Poitou-Charentes[15].
- Surgères compte 5 982 habitants, elle est au douzième rang des villes du département de Charente-Maritime[16].
- Marans regroupe 4 654 habitants, c'est la commune la plus étendue de tout le département de la Charente-Maritime[17].
- Fouras est redevenue une dynamique station balnéaire depuis les années 1990. La ville franchit de nouveau le cap des 4 000 habitants[18], recensant 4 024 habitants en 2006.
- Aigrefeuille d'Aunis, qui compte 3 523 habitants, commande la Communauté de communes Plaine d'Aunis qui, avec 20 987 habitants, est la plus peuplée du Pays d'Aunis[19].
- Dans l'île de Ré, Saint-Martin-de-Ré et La Flotte forment une petite agglomération urbaine qui regroupe 5 504 habitants, mais Sainte-Marie-de-Ré, avec 3 027 habitants, est la commune la plus peuplée de l'île.
[modifier] Toponymie
Le nom de cette petite province de l'Ouest de la France apparaît pour la première fois dans l'Histoire, en 785. A la suite de la partition de l'Aquitaine en neuf comtés, décrétée par Charlemagne en 778, le nom de l'Aunis, orthographiée « pagus Alnensis », apparaît alors dans le testament du comte Roger[20].
Mais l'étymologie de cette petite province a donné lieu à bien des interprétations différentes[21], et même à des fantaisies qui ont encore cours aujourd'hui[22]. De nos jours, elle ne ne fait toujours pas l'unanimité parmi les historiens et étymologistes[23].
Cependant, trois interprétations intéressantes sont émises par les étymologistes, sans qu'il soit possible de trancher.
- Selon certains étymologistes, il faudrait lier le nom de la province à ses origines sylvestres, où les aulnes étaient des arbres très fréquents à l'époque médiévale ; ce serait le « pays des aulnes »[24].
- Pour d'autres, il faut interpréter l'étymologie de la province en la rapprochant à celle d'un ancien peuple barbare, duquel elle tirerait son nom. Ainsi, selon certains historiens, l'Aunis aurait été peuplée par la tribu des Alains, qui envahit la Gaule en 406 [25].
- Enfin, la troisième interprétation relie le nom de l'Aunis à l'histoire mouvementée de la ville de Châtelaillon dans sa période médiévale. La première capitale de l'Aunis fut en effet Châtelaillon (aujourd'hui Châtelaillon-Plage), désignée sous le nom de « Castrum Allionis » signifiant « château d'Aunis ». Cette dernière théorie est celle qui semble avoir la faveur d'un grand nombre d'historiens[26].
[modifier] Histoire
Pendant l'Antiquité, la région, qui sera tardivement appelée Aunis et reconnue comme une province, sera longtemps à l'écart de la civilisation.
Il lui faudra attendre le milieu du Moyen Age pour entrer véritablement dans l'Histoire, où La Rochelle qui en deviendra la capitale historique scellera à toujours son destin avec celle de sa petite province.
[modifier] Le "pays des aulnes" dans l'Antiquité
À l'époque celtique, puis gallo-romaine, la partie septentrionale de la Santonie[27] qui sera nommée Aunis est une région longtemps délaissée, à l'écart de la civilisation, comme de tout axe de communication[28].
C'est que l'antique forêt d'Argenson[29] recouvrait alors toute cette région. Cette immense forêt, qui se prolongeait bien au-delà de la Boutonne et de la Charente, à l'est[30], forma pendant de longs siècles, une frontière naturelle, quasi impénétrable, la séparant de l'antique province des Pictons[31]. C'était le "pays des aulnes", où ces arbres avaient conquis le bord des rivières et des vallées marécageuses, mais où aussi des hêtres et des chênes avaient formé une forêt profonde et mystérieuse, inspirant certainement la crainte, la fascination autant que les superstitions[32].
De plus, de profonds golfes marins (golfe des Pictons, au nord, golfe des Santons, au sud) en faisaient une presqu'île effilée[33] qui s'avançait loin vers l'océan, et l'isolaient du pagus Santonum, actuelle Saintonge. Cet isolement géographique rendait encore plus malaisé les communications et donc les échanges[34].
Enfin, les vallées du Curé, du Virson, du Mignon, de la Gères qui étaient beaucoup plus larges qu'aujourd'hui pénétraient assez profondément dans la région envahie par cette immense forêt. Mais elles avaient l'inconvénient d'être marécageuses et inondables, les transformant en véritables paluds, et de vastes tourbières s'étaient formées à leurs abords immédiats, ceci rendait la région particulièrement difficile d'accès.
Toutes ces caractéristiques naturelles réunies feront de "cette région, (...), souvent inondée, marécageuse, peu saine, peu riche, facile à défendre, mais ne pouvant servir de point d'appui pour une attaque"[35] une contrée inhospitalière pendant de longs siècles.
C'est pourquoi seul son littoral a été occupé par les Celtes, bien que le « Pagus Santonum » - dans la partie appelée Saintonge - eut la préférence des Santones dès ses origines, puis des Romains dès le premier siècle avant l'ère chrétienne. La Saintonge, en effet, offrait de bien meilleures conditions d'occupation et de développement que sa partie septentrionale grâce à ses larges vallées de la Charente- et de ses deux affluents principaux, la Seugne et la Boutonne -, et de la Seudre, ainsi qu'à l'immense estuaire de la Gironde, qui la mettait en contact direct avec la brillante civilisation de l'Empire romain au sud, via notamment, la vallée de la Garonne. Les communications se faisaient de préférence par les voies d'eau, même après que les Romains aient mis en place les techniques élaborées - mais couteuses - des voies romaines.
Avant la conquête romaine vers le milieu du premier siècle avant notre ère, les Celtes s'étaient déjà bien implantés sur les rivages septentrionaux du golfe des Santons. Ils avaient de même colonisé certaines iles du golfe, qui correspondent aujourd'hui au Marais de Rochefort[36]. Les Santons avaient mis laborieusement au point une technique d'extraction du sel marin, et leurs lieux de production, fort archaïques, étaient situés à proximité immédiate du littoral. Ce sont les antiques "sites à sel"[37]. Ces lieux de production artisanale furent particulièrement nombreux dans la partie septentrionale du golfe des Santons, aussi bien en bordure de son rivage que des profonds estuaires et tout autour des îles (île d'Albe notamment)[38].
Lors de la conquête romaine, les sites à sel seront immédiatement abandonnés, car les nouveaux colonisateurs importaient avec eux une technique autrement plus performante et largement plus productive, l'exploitation des salines. Cependant, les premières salines romaines seront fixées de préférence plus au sud, à Marennes notamment, et sur les rives de la Seudre. En effet, la production du sel, qui obéissait déjà à des critères de rentabilité, pouvait être expédiée beaucoup plus rapidement par la Gironde[39], alors importante artère fluviale pour le transit commercial avec les provinces méridionales de l'Empire romain.
Pendant les trois premiers siècles de la période gallo-romaine, les Romains vont surtout s'atteler à coloniser l'espace compris entre le littoral de l'Aunis et l'antique sylve d'Argenson, à partir des anciens sites d'occupation des Santons. Les nouveaux colons tourneront un peu le dos à la mer en implantant alors des villae[40] à Ardillières, à Le Thou, à Ballon, à Thairé. Tous ces sites précédemment énumérés ont laissé à la postérité de nombreuses traces archéologiques de cette époque[41].
Cependant, vers la fin du IIIe siècle, le pagus Santonum connut une nouvelle période de prospérité, qui profita également à sa partie septentrionale, après avoir été intégré à l'Aquitaine Seconde en 285, pendant le règne de l'empereur Dioclétien[42]. C'est alors que les Romains s'intéressèrent au "pays des aulnes" et ont commencé à défricher la forêt d'Argenson dans sa bordure orientale. En effet, après avoir établi dans le courant du premier siècle la voie romaine qui reliait Mediolanum Santonum (Saintes) à Juliomagus (Angers) mais qui cependant contournait l'Aunis, des clairières furent ouvertes dans cette vaste forêt, notamment à Vouhé[43] et à Saint-Georges-du-Bois, l'antique Argenton[44], où ils y ont édifié un petit amphithéâtre gallo-romain[45].
Au nord, sur les rives méridionales du golfe des Pictons qui sont anciennement occupées par les Celtes, les Romains décident d'entreprendre dès le IVe siècle le défrichement de la forêt d'Argenson. C'est dans ce secteur que se trouve l'actuelle forêt de Benon, et ils y implantent également des villae, dont les toponymes sont particulièrement évocateurs, comme ceux du site gallo-romain du Breuil-Bertin - commune de Saint-Ouen-d'Aunis[46], ou de l'antique Nobiliaco - actuelle commune de Nuaillé-d'Aunis[47] - ou encore de la villa Liguriaco, à Saint-Sauveur-d'Aunis[48].
Tous ces efforts de défrichement, puis de colonisation, furent certes tardivement entrepris, mais ils furent stoppés lors des grandes invasions du Ve siècle. Ainsi, les peuples "barbares"[49] scellèrent l'effondrement de l'Empire romain d'Occident[50], par des ravages et des destructions auxquels la Santonie n'échappa pas[51]. Cette province fut dès lors occupée par les Wisigoths au début du Ve siècle[52], puis par les Francs. Ces derniers s'y installèrent, suite à la célèbre victoire de Vouillé en 507[53].
[modifier] Le "pagus alnensis" pendant le Moyen Age
L'Aunis connut de nouveau, au tout début de la période appelée Moyen Age, un temps de mise à l'écart, étant "ignorée" des Barbares qui avaient surtout emprunté les grandes voies romaines lors de leurs invasions. Du VIe siècle, au moment de l'établissement des Francs, au IXe siècle, lors de la dynastie carolingienne, la petite province vécut trois siècles de repli et de vie autarcique[54].
C'est pendant le règne carolingien que cette partie de la Saintonge fait véritablement irruption dans l'Histoire.
Son nom, pagus Alnensis, apparaît pour la première fois en 785 [55]. Elle dépendait alors des comtes du Poitou. Vers la fin du Xe siècle, suite à l'effondrement du pouvoir carolingien, l'Aunis se détacha de la Saintonge et eut pour première capitale, Châtelaillon[56].
Aux IXe et Xe siècles, les comtes du Poitou s'empressèrent d'abord de fortifier le littoral de l'Aunis. Ils érigèrent la puissante forteresse de Châtelaillon avec ses quatorze tours[57], afin de parer à la menace que constituait les Vikings. Mais les incursions répétées des Normands à l'intérieur des terres, où ils remontaient le cours des fleuves et des rivières, créaient une insécurité encore plus grande. C'est pourquoi le Duc du Poitou établit, dans sa petite province, la cité fortifiée de Surgères au IXe siècle[58] ou encore le castrum de Benon, avec "un donjon qui s'élevait au milieu d'une place, entourée de deux chemins de ronde et de trois larges douves"[59].
A partir du XIe siècle, les comtes du Poitou commencèrent à s'intéresser à l'arrière-pays de cette petite région, longtemps isolée et délaissée, et décidèrent alors de la mettre en valeur. Tout d'abord, ils encouragèrent l'installation de puissantes abbayes afin de défricher l'antique forêt d'Argenson. Benon accueillit l'abbaye de la Grâce-Dieu, qui fut la toute première abbaye cistercienne à être fondée en Aunis[60], celle-ci participa activement au mouvement de défrichement. Grâce aux moines défricheurs, de vastes clairières furent ouvertes dans l'antique forêt pour y fixer des villages et des cultures (blé, avoine, orge) et y planter assez précocement la vigne. Ce puissant mouvement monastique, relayé ensuite par les seigneurs laïcs, participa au défrichement de l'Aunis dès le XIe siècle. Mais c'est surtout aux XIIe et XIIIe siècles que cette mise en valeur, de ce qui constituera plus tard la plaine de l'Aunis, connaîtra son plein développement.
Sur le littoral, des salines ont été aménagées et ont fait les débuts de la richesse de l'Aunis, et à partir du XIe siècle, assuré la prospérité de la province. Châtelaillon devint rapidement la grande cité fortifiée de l'Aunis et un important port par lequel transitait le sel de l'Aunis et le vin de la Saintonge[61].
A la suite de la chute de Châtelaillon en 1130, La Rochelle prit rapidement de l'importance et devint la nouvelle capitale de l'Aunis : « La chute de Châtelaillon date de 1130, mais ce n'est qu'en 1144 que le domaine entier de la famille Alon fut démembré. Une partie passa aux Mauléon, en particulier la presqu'île d'Aunis sur laquelle allait s'élever dès 1151 la nouvelle ville de La Rochelle »[62].
Cette petite province fut donc occupée en 1130 par le duc d'Aquitaine Guillaume X[63], portée en dot par Aliénor d'Aquitaine à Louis VII, puis, après le divorce de cette princesse, à Henri II, roi d'Angleterre[64]. L'Aunis fut enlevée aux Anglais par Louis VIII en 1224[65], mais leur fut restituée par le traité de Brétigny en 1360 par Jean II[66]. Ce dernier secoua leur joug en 1371 et livra la petite province au roi de France Charles V.
[modifier] La province de l'Aunis naît en 1374
C'est alors que ce roi l'érigea officiellement en province, en la détachant définitivement de la Saintonge en 1374 : « En 1374, Charles V détacha La Rochelle de la Saintonge pour en faire un gouvernement particulier qui comprit dans la juridiction Rochefort, Marennes et quelque temps Benon. C'est alors que l'Aunis apparait légalement comme une province distincte »[1].
L'Aunis était une province beaucoup plus étendue à l'époque médiévale, et elle a connu de nombreuses fluctuations de ses limites territoriales. Elle s'étendait du Marais Poitevin au nord, jusqu'à la basse vallée de la Charente, au sud. A l'ouest, elle incluait l'île de Ré, ainsi que l'île d'Aix, face à l'embouchure de la Charente. Par contre, ses terres, à l'est, ont connu des limites extrêmement variables et qui sont demeurées incertaines. Il semble bien que l'Aunis s'étendait jusqu'aux portes de Niort et incluait également la viguerie de Saint-Jean d'Angély[67]. Lors de la création officielle de la province en 1374, pendant le règne de Charles V, l'Aunis reçoit Rochefort et Marennes, mais ses limites à l'est ne sont pas précisées[68].
[modifier] L'Aunis pendant la Réforme
La Réforme s'y introduisit dès le temps de François Ier et y devint très puissante : l'Aunis fut le dernier rempart de la résistance du parti, qui ne succomba qu'avec La Rochelle en 1628.
[modifier] L'Aunis à la fin de l'Ancien Régime
Lors de la création des départements français à la Constituante de 1790, l'Aunis est une très petite province autant par sa superficie que par sa population. Malgré la résistance de ses habitants et l'intervention énergique de ses députés, elle a été associée en 1790 à la plus grande partie de la Saintonge pour former le département de la Charente-Maritime[69].
[modifier] Citation
Rabelais, Gargantua, chap. 33 : (les conseillers à Picrochole) :
« L'aultre partie, cependent, tirera vers Onys, Sanctonge, Angomoys et Gascoigne, ensemble Perigot, Medoc et Elanes. Sans resistence prendront villes, chasteaux et forteresses. »
[modifier] Principaux monuments
À La Rochelle :
- Les tours Saint-Nicolas, de la Chaîne, de la Lanterne (ou des Quatre Sergents).
- L'hôtel de ville Renaissance.
À Surgères :
- L'église romane Notre-Dame de Surgères
À Rochefort :
[modifier] Personnalités liées à l'Aunis
- Amador de la Porte, Gouverneur des pays Saintonge et de l'Aunis.
[modifier] Notes et références
- ↑ a b L. DELAYANT, Histoire de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872, p. 141
- ↑ Les limites territoriales de l'Aunis ont beaucoup varié dans l'histoire. Celles qui sont décrites dans cette étude géographique dresse un tableau élargi des limites orientales de cette petite province qui, pour des raisons pratiques, est "habituellement" confinée aux limites administratives des cantons de Surgères et de Tonnay-Charente.
- ↑ Cet enclavement régional a été de plus accentué par la présence des marais (Marais Poitevin, Marais de Rochefort), lesquels ont été longtemps des obstacles aux voies de communication terrestres
- ↑ Le port de La Rochelle n'exerce pratiquement plus la pêche industrielle, il était encore au 4e rang des ports de pêche français au début des années 1970. Aujourd'hui, il est le deuxième port de pêche du département de la Charente-Maritime, venant après le port de la Cotinière, dans l'île d'Oléron
- ↑ Le Guide des départements, Charente-Maritime, (ouvrage collectif), édition du Terroir, Tours, 1985, monographie sur l'île d'Aix, p.54-56
- ↑ C'est à dire : la C.D.A. de La Rochelle, les Pays de l'île de Ré, de l'Aunis et du Rochefortais
- ↑ Il s'agit des C.D.A. de La Rochelle (146 121 habitants) et de Rochefort (55 388 habitants)
- ↑ cantons de Rochefort Centre, Nord et Sud - recensement de 2006 (population municipale)
- ↑ Ce canton regroupe les communes d'Angoulins-sur-Mer, Châteallaillon-Plage et Aytré - recensement de 2006 (population municipale)
- ↑ cantons 1,2,3,4,4,5,6,7,8,9 de La Rochelle et canton d'Aytré - recensement de 2006 (population municipale)
- ↑ Dans la communauté de communes de Plaine d'Aunis, où se situent les petites villes de Aigrefeuille d'Aunis et La Jarrie, la densité approche les 100 hab/km² (98 en 2006)
- ↑ Dans le cadre de étude, c'est à dire comprenant la C.D.A. de La Rochelle, les Pays de l'île de Ré, de l'Aunis et du Rochefortais
- ↑ Tous les chiffres de population sont ceux du dernier recensement officiel de l'I.N.S.E.E. - recensement de 2006 - et ne concernent que la population municipale. Les populations des agglomérations urbaines sont celles de la délimitation de 1999, fixée par les services officiels de l'I.N.S.E.E.
- ↑ Saintes recense 26 531 habitants en 2006 et confirme son second rang en Charente-Maritime (population municipale)
- ↑ Châtellerault se classe au sixième rang des agglomérations urbaines de la région Poitou-Charentes en 2006. Avec la commune voisine de Cenon-sur-Vienne, elle forme une unité urbaine de 36 422 habitants en 2006.
- ↑ En 2006, Surgères fait partie des 17 villes de plus de 5 000 habitants en Charente-Maritime, elle se situe - dans l'ordre démographique (population municipale) - après La Rochelle (1), Saintes (2), Rochefort (3), Royan (4), Aytré (5), Saint-Jean-d'Angély (6), Lagord (7), Tonnay-Charente (8), Périgny (9), Saujon (10), Saint-Pierre-d'Oléron (11).
- ↑ En effet, sa superficie totale est 82,49 km², elle est presque aussi étendue que toute l'île de Ré, à quelques km² près (85,32 km²). [source : I.N.S.E.E.].
- ↑ Elle avait compté 4 121 habitants au recensement de 1962, atteignant alors son maximum démographique, chiffre que la ville n'a toujours pas dépassé.
- ↑ Ne pas confondre le Pays d'Aunis avec l'ancienne province historique de l'Aunis dans leurs limites territoriales respectives. Le Pays d'Aunis regroupe 4 communautés de communes (Courçon, Marans, Plaine d'Aunis et Surgères) tandis que la province historique de l'Aunis, celle qui est l'objet de cette étude, constitue tout le Nord-Ouest du département de la Charente-Maritime, incluant alors La Rochelle, l'île de Ré, Rochefort.
- ↑ F. de VAUX de FOLETIER, Histoire d'Aunis et de Saintonge, Princi Néguer Editor, 2000, p. 18
- ↑ Même le grand historien du XIXe siècle, L. DELAYANT exprimait, dans son Histoire de la Charente-Inférieure, une attitude prudente sur l'interprétation du nom de cette petite province : "L'étymologie de ce nom d'Aunis, qu'on trouve écrit en latin de plusieurs manières fort différentes, a été l'objet de suppositions entre lesquelles il est difficile de choisir". L. DELAYANT, Histoire de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872, p. 54
- ↑ Ainsi, certaines personnes pensent que "l'origine la plus probable est celle du village d'Aulnay (Aulnay en Saintongeais) qui était beaucoup plus important au Moyen Âge qu'aujourd'hui. Aulnay faisait frontière entre Santons et Pictons. Peu à peu la province s'est réduite jusqu'à se situer loin d'Aulnay. C'est la plus petite province française". Cette interprétation ne tient pas et ne résiste nullement à l'examen, car elle ne s'accorde absolument pas avec les noms originaux pour Aulnay qui, en latin, s'écrivait Odenaco (en 951) ou encore Audeniaco (en 970), alors que l'Aunis, dans son nom le plus ancien qui nous soit parvenu, s'orthographiait "pagus Alnensis " ou encore "pagus Alienensis"
- ↑ J.M. CASSAGNE - M. KORSAK, Origine des noms de villes et villages de la Charente-Maritime, éditions Bordessoules, p.8
- ↑ "L'Aunis constituerait un ancien pagus aliennensis ou pagus alnisius ; autrement dit le pays des aulnes. Logique si l'on se souvient qu'autrefois la mer s'avançait beaucoup plus vers l'intérieur des terres qu'aujourd'hui et que ce pagus aliniensis constituait donc une région lacustre. Rappelons que l'aulne (alnus en latin) pousse en milieu humide", in J.M. CASSAGNE - M. KORSAK, Origine des noms de villes et villages de la Charente-Maritime, éditions Bordessoules, p.9
- ↑ L.DELAYANT décrit les idées qui avaient cours en son temps pour lesquelles les Alains se seraient implantés en Aunis : "Leurs attaques eurent d'abord pour but le pillage plutôt que la conquête. Les Vandales, les Alains ne firent que passer. Il faut noter ces derniers. Quelques retardataires d'entre eux refoulés par les Wisigoths se cachèrent, dit-on, dans cette terre de refuge, entre la Sèvre et la Charente, et leur nom fournit une des nombreuses étymologies qu'on donne au mot Aunis", in L. DELAYANT, Histoire de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872, p. 42
- ↑ dont le célèbre historien du département, L.DELAYANT, qui n'hésite pas à émettre sa pensée dans son Histoire de la Charente-Inférieure, livre dans lequel il écrit : "La moins improbable paraît celle qui le fait venir de sa principale localité dans ce temps, le Castrum Allionis"", in L. DELAYANT, Histoire de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872, p. 54
- ↑ ou pagus Santonum (pays des Santons)
- ↑ Voir notamment la carte des voies romaines, intitulée "Les Santons dans l'Aquitaine du Haut-Empire romain", in La Charente-Maritime, L'Aunis et la Saintonge des origines à nos jours, Editions Bordessoules, 1981, p.44
- ↑ [1]
- ↑ "L'Aunis et la Saintonge occidentale (...) étaient des zones moins denses, à peuplement clairsemé. Le (...) territoire était occupé par de très vastes forêts : la forêt d'Argenson, aux frontières du Poitou ; les forêts d'Essouvert, de la Boixe et de la Braconne qui la prolongeaient ...", in J. GLENISSON, La Charente-Maritime, L'Aunis et la Saintonge des origines à nos jours, Editions Bordessoules, 1981, p.128
- ↑ J. GLENISSON, La Charente-Maritime, L'Aunis et la Saintonge des origines à nos jours, Editions Bordessoules, 1981, p.128
- ↑ Pendant longtemps, les forêts inspireront ces sentiments et seront alors préservées
- ↑ F. de VAUX de FOLETIER la décrit comme un "isthme crayeux", in F. de VAUX de FOLETIER, Histoire d'Aunis et de Saintonge, Princi Néguer Editor, 2000, p. 4
- ↑ D'ailleurs, en observant une carte des voies routières de l'époque gallo-romaine, l'Aunis est complètement mise à l'écart. Ainsi, l'ancienne chaussée romaine qui reliait Mediolanum Santonum (actuelle ville de Saintes) à Juliomagus (actuelle ville d'Angers) passait tout à l'est de l'Aunis. Le nom de cette voie romaine est attestée dans la toponymie de certains lieux-dits comme La Chaussée de Saint-Félix et La Chaussée de Marsais (actuelle D.120, qui va de Saint-Jean-d'Angély jusqu'à la limite du département des Deux-Sèvres). Cette voie romaine est bien attestée dans la Table de Peutinger, où aucune chaussée romaine ne parcourt l'Aunis. Se reporter, par exemple, à la carte des voies romaines dessinée dans La Charente-Maritime, L'Aunis et la Saintonge des origines à nos jours, Editions Bordessoules, 1981, p.72
- ↑ L. DELAYANT in Histoire de la Charente-Inférieure, H. Petit, libraire-éditeur,La Rochelle, 1872, p.37
- ↑ lequel comprend le marais de la Petite Flandre, asséché dès le XVIIe siècle
- ↑ Grâce à l'archéologie, des dizaines de "sites à sel" ont pu être répertoriés sur l'ancien rivage de l'Aunis, principalement dans la partie qui correspond maintenant au Marais de Rochefort
- ↑ commune de Muron
- ↑ où se trouvait le grand port de Portus Santonum
- ↑ c'est à dire d'immenses fermes agricoles s'étendant sur des dizaines d'hectares, prémices des villages actuels
- ↑ A Ballon, les restes d’une villa gallo-romaine ont été retrouvées ; à Ardillières, des tombes avec du mobilier gallo-romain ont été mises à jour ; à Thairé, la présence gallo-romaine est attestée ; au Thou, une villa gallo-romaine et des monnaies gallo-romaines ont été découvertes au XIXe siècle. [sources : M. de La Torre, Guide l’art et de la nature – Charente-Maritime (notices sur Ardillières, Ballon et Le Thou), Nathan, 1985 ; Guide des départements, La Charente-Maritime, notices sur Ballon, Editions du Terroir, Tours, 1985, p.61. ; L. MAURIN, La Charente-Maritime – L’Aunis et la Saintonge des origines à nos jours , Saint-Jean d’Angély, 1981, [voir notamment la « carte de l’occupation du sol à l’époque gallo-romaine » en page 77]
- ↑ "en 285, Dioclétien, réduisit l'étendue des provinces pour faciliter l'organisation de la défense. La civitas Santonum fut incorporée à l'Aquitaine Seconde qui se subdivisait en six cités", in J.M. DEVEAU, Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, P.U.F, Collection Que-Sais-Je?, 1974, p.18
- ↑ Dans cette commune, les traces d'une villa gallo-romaine ont été repérées, ainsi que de nombreux vestiges épars, in M. de La Torre, Guide l’art et de la nature – Charente-Maritime (notice sur Vouhé), Nathan, 1985
- ↑ La forêt d’Argenson est par ailleurs orthographiée Argençon ou encore Argenton. Cette dernière appellation était d’ailleurs celle de l’actuelle commune de Saint-Georges-du-Bois, au nord de la ville de Surgères. En effet, cette paroisse se nommait Argenton et son nom apparaît dans une charte de 1179, nom qui s’appliquait aussi à cette immense forêt aux origines antiques. Voir J.L. FLOHIC, Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime (ouvrage collectif), Collection Le patrimoine des communes, Flohic éditions, 2002, (monographie sur la commune de Saint-Georges-du-Bois, tome II)
- ↑ Cet amphithéâtre rural a été découvert grâce à la photographie aérienne, in M. de La Torre, Guide l’art et de la nature – Charente-Maritime (notice sur Saint-Georges-du-Bois), Nathan, 1985
- ↑ au site du Breuil-Bertin des vestiges gallo-romains ont été trouvés, in M. de La Torre, Guide l’art et de la nature – Charente-Maritime (notice sur Saint-Ouen-d'Aunis), Nathan, 1985
- ↑ Ce toponyme typique de l'époque gallo-romaine désignait "des nouvelles terres défrichées dans une forêt", voir également J.L. FLOHIC, Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime (ouvrage collectif), Collection Le patrimoine des communes, Flohic éditions, 2002, (monographie sur la commune de Nuaillé-d'Aunis, tome I)
- ↑ site occupé plus tard par un monastère, in J.M. CASSAGNE - M. KORSAK, Origine des noms des villes et villages de la Charente-Maritime, éditions Bordessoules, p.292
- ↑ Appellation générique que les Romains attribuaient aux peuplades situées au-delà des limites de l'Empire romain, notamment les Germaniques en ce qui concerne les grandes invasions de la Gaule
- ↑ La date habituelle retenue par les historiens est l'an 476, voir notamment P. GRIMAL, L'Empire romain, éditions du Fallois, 1993, p. 184
- ↑ J.M. DEVEAU, Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, P.U.F, Collection Que-Sais-Je?, 1974, p.18 et 19
- ↑ L. DELAYANT, Histoire du département de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872,p.42
- ↑ L. DELAYANT, Histoire du département de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872,p.44
- ↑ Les archives se référant à cette époque concernant l'Aunis sont d'une grande rareté, aussi bien en archéologie, ce qui démontre le véritable isolement de cette province pendant le haut Moyen Age
- ↑ F. de VAUX de FOLETIER, Histoire d'Aunis et de Saintonge, Princi Néguer Editor, 2000, p. 18
- ↑ Le Guide des départements, la Charente-Maritime, éditions du Terroir, Tours, 1985, p. 31
- ↑ Ce site défensif était réputé par sa forteresse appelée "Lisleau", in L. DELAYANT, Histoire de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872, p. 80
- ↑ Le Guide des départements, la Charente-Maritime, éditions du Terroir, Tours, 1985, p. 32 et p.210
- ↑ J.L. FLOHIC, Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime (ouvrage collectif), Collection Le patrimoine des communes, Flohic éditions, 2002, (monographie sur la commune de Benon), tome I
- ↑ Le Guide des départements, la Charente-Maritime, éditions du Terroir, Tours, 1985, p. 62
- ↑ J. GLENISSON, La Charente-Maritime, L'Aunis et la Saintonge des origines à nos jours, Editions Bordessoules, 1981, p.128
- ↑ F. JULIEN-LABRUYERE, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p.190
- ↑ L. DELAYANT, Histoire de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872, p. 80
- ↑ L. DELAYANT, Histoire du département de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872,p.86
- ↑ L. DELAYANT, Histoire du département de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872,p.107
- ↑ L. DELAYANT, Histoire du département de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872,p.134
- ↑ L. DELAYANT, Histoire de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. PETIT, libraire-éditeur, 1872, p. 54
- ↑ F. de VAUX de FOLETIER, Histoire d'Aunis et de Saintonge, Princi Néguer Editor, 2000, p. 47
- ↑ Depuis sa création, en 1790, jusqu'en 1941, le département se nommait Charente-Inférieure, en raison simplement du cours inférieur du fleuve Charente, tandis qu'à ses débuts, le département voisin de la Charente se nommait Haute Charente
[modifier] Source partielle
« Aunis », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang [sous la dir. de], Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 [détail des éditions] (Wikisource)

