Huguenot

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Les huguenots sont les Français protestants pendant les guerres de religion au cours desquelles ils ont été - sous ce nom - en conflit avec les catholiques. Environ 300 000 ont quitté la France suite aux dragonnades et à la révocation de l’édit de Nantes le 18 octobre 1685.

À partir du XVIIe siècle, les huguenots sont appelés religionnaires, car les actes royaux ne parlaient pas de protestantisme mais de « Religion prétendue réformée »[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Il semble que le mot « huguenot » n'apparaisse en France qu'en 1560 dans les textes ou bien dans la correspondance du pouvoir royal[2]. Il remplace celui de « luthérien », utilisé jusqu'alors. Il apparaît dans une lettre de Théodore de Bèze parlant du tumulte d'Amboise, écrite de Genève le . De nombreuses recherches plus ou moins fantaisistes ont tenté d'en trouver l'origine : de Hugues Capet, de la porte Hugon à Tours près de laquelle les protestants faisaient leur assemblée. L'Encyclopédie catholique[3] propose cette étymologie. À Tours, le roi Huguet était un terme générique pour désigner les fantômes qui viennent hanter les vivants, au lieu de faire leur temps au purgatoire[4]. Comme les protestants sortaient la nuit, on commença à les appeler huguenots. Puis l'expression se propagea[5].

L'hypothèse couramment admise[6] est de faire dériver le mot de l'allemand Eidgenossen, signifiant "camarades liés par un serment" (membres d'une ligue, confédérés)[7]. Dans une déclaration de 1562, le prince de Condé emploie les mots Aignos et Aignossen[8]. Au sein du Petit-Conseil de Genève, Eignot fut le nom donné aux partisans des Cantons suisses, ceux du Duc de Savoie étant les Mamelouks.

Théodore de Bèze, proche collaborateur de Jean Calvin, mentionne une étymologie populaire évoquant un légendaire et hérétique roi « Hugonet[9] », mais cette origine n'est pas retenue.

Le mot apparaît dans un quatrain de Ronsard de 1562, Remonstrance au peuple de la France :

Je n'aime point ces noms qui sont finis en os,
Gots, cagots, austrogots, visgots et huguenots,
Ils me sont odieux comme peste, et je pense
Qu'ils sont prodigieux à l'empire de France.

Croix, étendards et panache blanc[modifier | modifier le code]

Les protestants français restent très attachés à la croix huguenote. Les huguenots réfugiés aux Amériques adoptèrent en l'honneur de Marguerite d'Angoulème une marguerite[10] comme symbole, c'est-à-dire huit pétales en étoile, réminiscence des huit béatitudes du martyre évoquées dans le Sermon sur la Montagne[11].

Durant les guerres de religion, les partisans d'un camp ou de l'autre se reconnaissaient à l'étendard du régiment de leur parti, en particulier celui de Navarre. La coutume militaire était de les cravater d'une écharpe distinctive. La Ligue portait une cravate verte[10], couleur que le pape avait donnée à l'occasion de la conférence de Gisors le 13 janvier 1188 aux Flamands partant en croisade et qui était revenu à l'Espagne, championne du catholicisme : Ferdinand d'Aragon et Isabelle la Catholique ont donné à Christophe Colomb un étendard à la croix verte. De même, les ducs de Guise, feudataires de l'Empire et champions de la Ligue, portaient de sinople leur croix de Lorraine. Les huguenots mirent à la bataille d'Ivry une cravate blanche aux étendards. Le blanc étant la couleur du roi, c'était une surenchère légitimiste, qui ajouta à la confusion, les ligueurs portant ce jour-là la même couleur. Par la suite, les huguenots portèrent durant les combats en plus de l'écharpe blanche, une casaque blanche[12]. L'enseigne « nette » resta celle de Coligny. L'expression prêtée à Henri IV « ralliez-vous à mon panache blanc » était une invitation adressée aux partisans huguenots à se rallier à leur ancien chef de guerre converti, aux catholiques à renoncer au parti espagnol, et aux deux à la paix.

Prédécesseurs[modifier | modifier le code]

Les catholiques galiciens et les réformistes, comme Jacques Lefèvre d'Étaples, furent parmi les prédécesseurs des huguenots. Ils suivirent le mouvement débuté par Martin Luther en Saxe et formèrent les Églises réformées en France, appelées dédaigneusement « religion prétendue réformée » dans les textes officiels.

Les vaudois furent d'autres prédécesseurs des huguenots, avec lesquels ils ont décidé de fusionner en 1532 lors du synode de Chanforan, dans les Alpes italiennes. Les vaudois, comme les protestants après eux, critiquaient l'idolâtrie, le culte de la Vierge, l'enrichissement d'une partie du clergé, accusé de mentir sur la religion pour pratiquer le commerce des indulgences, et prêchaient une religion respectant les écrits de l'Évangile, qu'ils incitaient les populations à lire dans leur propre langue. Les prédicateurs vaudois se déplaçaient de villages en villages avec une Bible manuscrite rédigée en provençal, cachée dans leurs vêtements.

Persécutions en France[modifier | modifier le code]

Le XVIème siècle et les guerres de Religion[modifier | modifier le code]

Les dragonnades[modifier | modifier le code]

Arrestation d'une femme huguenote.

Avant même la révocation de l'Édit de Nantes, des huguenots fuient le royaume à cause des pressions et des brimades de plus en plus violentes exercées par le pouvoir royal. Dès 1680, ils sont victimes de persécutions dans le cadre des dragonnades, du nom d'un corps d'armée, les dragons. Les dragonnades obligeaient les protestants à loger les compagnies de dragons, charge dont les catholiques et les nouveaux convertis étaient exemptés. La méthode, avec 30 000 conversions forcées dans le Haut-Poitou, arracha à Madame de Maintenon, en , ce cri d'enthousiasme : « Si Dieu conserve le Roi, il n'y aura pas un huguenot dans vingt ans ! ».

Organisées par Louvois[13], le Secrétaire d'État de la Guerre de Louis XIV, elles dégénèrent en tortures, viols, violences et dépouillement des protestants de leurs biens. Le procédé s'étendit au Béarn, au Languedoc, à la Saintonge… jusqu'à sa généralisation en mars 1685, complétant une série de mesures discriminatoires (augmentation des taxes et autres charges, ainsi que des privations de droits), déjà prises à l'encontre des 800 000 protestants de France.

L'exil et la traque[modifier | modifier le code]

En 1685, la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV supprime définitivement leur liberté de culte. Leur survie est en cause s'ils ne se convertissent pas au catholicisme. Cela conduit la plupart des huguenots à fuir vers les pays protestants d'Europe : Provinces unies des Pays-Bas, Angleterre, Suisse, principautés protestantes allemandes (Hesse-Cassel, Brandebourg, etc.). L’Encyclopédie, à l'article « Réfugié », affirme : « Louis XIV, en persécutant les protestants, a privé son royaume de près d'un million d'hommes industrieux. » Des estimations plus prudentes évoquent le chiffre de 200 000 personnes après la révocation mais la persécution avait commencé dès Louis XIII avec la prise de la Rochelle puis de Privas dans des pertes importantes de vies humaines.

La révocation interdit sévèrement toute émigration des huguenots et punit toute aide à l'émigration, obligeant à une extrême discrétion et à la francisation des noms. Les nombreux entrepreneurs huguenots qui ont dû prendre la fuite ont perdu leurs biens mais emporté le plus précieux, leur savoir-faire, car la plupart d'entre eux étaient à l'origine des artisans, qui ont ensuite pris des risques pour se reconstituer un patrimoine. Beaucoup avaient développé des connaissances en agronomie et en irrigation ou dans le domaine du textile et de la construction navale.

Fuir était puni par la pendaison ou les galères, pour les hommes, la prison à vie pour les femmes, comme dans la tour de Constance à Aigues-Mortes. Aider les fuyards était jugé encore pire. [réf. nécessaire] [Pourquoi ?] En août 1686, 245 huguenots de l’Oisans arrêtés à Saint-Jean-de-Maurienne sont jetés en prison ou envoyés au gibet[14]. Les paysans sont nombreux à fuir, car leur abjuration est jugée suspecte et n'empêche pas les persécutions. Des poches de rébellion se développèrent et l'image du roi fut ternie à l'étranger où il fait figure de tyran, coupable d'avoir violé les consciences et tué de fidèles sujets .

Ceux qui restèrent en France furent persécutés jusqu'au milieu du XVIIIe siècle par les dragons. Certaines grottes du sud de la France portent le nom des huguenots (notamment les prédicants de passage) qui s'y cachèrent pour ne pas être arrêtés.

Dans le Nord de la France (Douai), on enterrait vivantes les femmes huguenotes dans un cercueil en fer avec juste la tête dehors pour dire une abjuration : leurs enfants étaient alors catholiques de force.

Les mémoires de Colbert et Vauban, en faveur des huguenots[modifier | modifier le code]

Les persécutions qui ont amené un vague d'exil des protestants dès 1680 on amené le ministre des finances de Louis XIV Colbert à rédiger un mémoire pour prendre leur défense. Colbert décède en 1683, deux ans avant leur aggravation, lors de la révocation de l'Édit de Nantes. Dans son Mémoire pour le rappel des Huguenots, édité en 1689, l'ingénieur Vauban détaille l'ensemble des dégâts qu'a causé sur l'économie française le départ des artisans, marins et soldats protestants. Lorsqu'il se rend dans le Queyras, il rechigne à fortifier Château-Queyras et critique les combats qui ont eu lieu entre l'armée et les populations protestantes locales[15].

Émigration en Europe[modifier | modifier le code]

De nombreux huguenots ont fui pour échapper aux galères du Roi vers "l'Arche du Refuge", Provinces-Unies des Pays-Bas et Angleterre, ainsi qu'en Suisse et en Prusse.

En Hollande[modifier | modifier le code]

L'immigration protestante en Hollande commence au XVIe siècle avec le départ de 30 000 protestants flamands d'Anvers pour Amsterdam. La réputation d'Amsterdam comme capitale des libertés religieuses en Europe en fait un nœud de l'émigration vers d'autres régions.

La Haye doit à l'architecte Daniel Marot, arrivé en 1684 aux Pays-Bas, l'intérieur du palais de Het Loo et le grand hall d'audience des États-Généraux. En 1688, il suit Guillaume III d'Angleterre en Angleterre, lors de l'expédition de 11 000 fantassins et 4 000 cavaliers qui déclenche la Glorieuse Révolution. Parmi eux, trois régiments d'infanterie de 750 hommes et un escadron de cavalerie composés de réfugiés protestants en Hollande, auxquels s'ajoutent 730 officiers français disséminés dans les autres régiments, soit 3 300 huguenots. L'ensemble de cette armée est dirigée par le maréchal Armand-Frédéric de Schomberg[16]. Quelques exemples précis d'immigration de protestants cévenols en Hollande sont connus pour cette période[17].

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Arrivée des Huguenots en Prusse en 1685.

Alors que l'empire germanique est encore divisé en 300 États, les protestants français contribuèrent à l’essor de ce qui deviendra en 1701 le royaume de Prusse.

Entre la fin de la guerre de Trente Ans (1648), et la période suivant la révocation de l'édit de Nantes (1685), 50 000 huguenots émigrent en Brandebourg. Les Prussiens accueillent volontiers ces Français car leur économie est au plus bas à la suite de la guerre de Trente Ans et à cinq épidémies de peste qui ont fait 140 000 victimes. Le grand électeur Frédéric-Guillaume Ier de Prusse fait savoir aux communautés du Languedoc et du Dauphiné qu'elles sont les bienvenues.

Les princes-électeurs de Hesse et du Brandebourg s'intéressent à cette population huguenote souvent bien formée et d'un bon niveau intellectuel. Ils encouragent son accueil par l'Édit de Potsdam du 29 octobre 1685, dix jours après la révocation de l'Édit de Nantes[18]. Des lopins de terres leur sont réservés, ainsi que la possibilité de mettre en place une administration parallèle judiciaire et pénale, comme à la colonie de Französisch Buchholz. Les persécutés se transforment en colons. Les nombreux privilèges accordés attisent la jalousie. Malgré cela, l'intégration se passe relativement bien. Ils apportent de nouveaux métiers, comme dans l'horlogerie, et de nouveaux fruits et légumes, comme les oranges, les citrons, les choux-fleurs, les petits pois et les artichauts.

L'influence des huguenots est aujourd'hui remarquable dans les grandes villes d'immigration telles que Berlin ou Francfort-sur-le-Main. Berlin en a accueilli plus de 35 000. Certains quartiers, comme la Friedrichstadt, premier foyer d'installation des huguenots, affichent cet héritage. Beaucoup de protestants d'origine messine s'y sont réfugiés. Parmi eux Dorothea Viehman[19], née Pierson, l'une des principales conteuses auprès desquelles les frères Grimm ont recueilli les contes réunis dans leur recueil, d'origine française pour beaucoup. Une large partie s'installe dans les campagnes environnantes et dans les bourgs. En 1697, la population de Berlin intra-muros atteint 20 000 habitants, dont 4 922 exilés français, selon Pierre Miquel[20]. En 1732, ils sont 8 900 pour la seule ville de Berlin[réf. nécessaire], qui construit son économie pré-industrielle ainsi que son centre économique autour de leur capital et de leur savoir-faire.

Parler le français est prestigieux, les riches Allemands veulent des professeurs français pour leurs enfants. La culture allemande est alors fortement influencée par les huguenots. Des termes allemands, certes de plus en plus désuets, sont issus du français comme etepetete (« être-peut-être ») servant à qualifier une femme prétentieuse ou Muckefuck (« faux mocca ») pour un café un peu trop clair ou de chicorée ou d'orge ("Ersatzkaffee"). L'occupation française des guerres napoléoniennes, en provoquant une réaction nationaliste, effacera cette influence. Dans le sud, la ville d’Erlangen en Franconie, près de Nuremberg est fondée par des huguenots. Près de la frontière tchèque, dans la région du Fichtelgebirge, au nord de l'actuelle Bavière, une tradition perpétue le peuplement protestant français : la décoration des fontaines pour Pâques en forme de fleur de lys.

Osterbrunnen à Marktleuthen
Osterbrunnen à Weissenstadt

Plusieurs orfèvres de Strasbourg fuient à Magdebourg, où ils fondent des entreprises, comme le fils de Johann Nicola Guischard, Johann Philipp Guischard[19]. Une branche de la famille Gruson de Fleurbaix, en Flandre française[21], est partie à Mannheim puis Magdebourg, où un siècle plus tard Hermann Gruson fondera la firme Gruson de Magdebourg, future Gruson Krupp[22]. Jean Meffre, d'Uzès (Gard) écrit à sa famille depuis Magdebourg, où il est réfugié avec plusieurs milliers de huguenots, que l'on « s'habitue facilement à la bière. » Une liste des Français réfugiés à Magdebourg, datant de 1703, a été retrouvée à la bibliothèque de la Société d'histoire du protestantisme français[23]. Ils viennent du Gard, d'Alsace, de Picardie ou de Brie[24].

Près de 70 familles de paysans de la Brie ont fui à NeuIsembourg, où elles ont trouvé des terres à cultiver, selon Pierre Miquel[20]. Les réfugiés huguenots en Saxe-Weimar vont aussi installer de nombreuses manufactures de bonneterie, décrites dans la thèse de Herbert Ellinger en 1933. Friedrichsdorf près de Francfort est fondée en 1686 par des réfugiés français. Plusieurs familles viennent du hameau de « Rue de Bohain », qui fait maintenant partie de Lemé, dans l’Aisne, où perdure une forte tradition protestante[23]. D'autres viennent du village de Pourrières, en Val Cluson, aujourd'hui italien. Sur le versant oriental de la Forêt-Noire, un petit village porte le nom de Queyras, donné par des protestants venus de cette région du sud des Alpes françaises en 1685[25]. D'autres protestants du Queyras, du village d'Abries, fondent une colonie agricole dans le Nord de l'Allemagne, à Carlsdorf, près de Rostock[26].

En Suisse[modifier | modifier le code]

La population de Genève triple durant les années 1680. Alors qu'elle s'élevait à 16 000 habitants, plus de 30 000 huguenots s'y rendent, les premiers étant les plus proches, les paysans du pays de Gex, qui chargent 4 000 charrettes de leurs récoltes. Une partie des arrivants repart lors de la Glorieuse rentrée de l'été 1688, qui voit les protestants vaudois du Piémont italien réfugiés à Genève en 1687 se réinstaller dans leurs vallées, au terme d'une marche de 200 kilomètres, avec le feu vert du duc de Savoie, au moment de la création de la ligue d'Augsbourg par Guillaume III d'Angleterre. Une fois rentrés chez eux, ces vaudois vont accueillir des protestants du Dauphiné venus des vallées voisines, comme le Queyras. Mais les renversements d'alliance du duc de Savoie les obligent ensuite à fuir en Allemagne.

Ces Piémontais avaient été aguerris dès l'épisode sanglant des Pâques vaudoises de 1655, à l'issue duquel les écrits du pasteur Henri Arnaud avaient averti toute l'Europe protestante, plaçant par cet appel à la vigilance les jalons de la Glorieuse Révolution anglaise de 1688.

Les huguenots des villages queyrassins de Saint-Véran et Molines ont été respectivement 86 et 103 à émigrer en 1685, en grande partie à Genève[14]. Parmi eux, les fondateurs de trois des quatre premières usines d'impression d'indiennes en coton d'Europe : Daniel Vasserot et son neveu Antoine Fazy, tous deux du village de Saint-Véran[14]. Une rue de Genève rappelle leur aventure et leur rôle dans l'histoire des indiennes de coton en Europe. L'un de leurs employés installera ensuite, pour son propre compte, cette industrie à Neuchâtel, où s'installera ensuite la famille de Pourtalès, puis l'essaimage touche toute la Suisse romande, puis l'Alsace et la Franche-Comté, en particulier la ville frontalière de Mulhouse, où quatre frères protestants créèrent en 1746 DMC, et qui deviendra la première capitale européenne du coton, avant sa rivale Manchester.

Genève voit aussi arriver des protestants de la région de Nîmes, en particulier Pierre Cazenove, dont les enfants émigreront à Londres pour fonder la Banque Cazenove, le seul établissement bancaire de l'époque encore en activité[réf. nécessaire].

À Gênes[modifier | modifier le code]

Dès le XVIe siècle, le Vivarais et les Cévennes sont des bastions huguenots, grâce en particulier à l'action d'Olivier de Serres. Plusieurs protestants du Gard et des Cévennes sont partis dans les villes commerçantes italiennes. La famille André de Nîmes est partie dès 1677 dans le grand port italien de Gênes pour fonder une fabrique de toile qui donnera son nom au (blue)-jean et à la toile Denim.

En Angleterre[modifier | modifier le code]

La région de Cantorbéry et plusieurs quartiers de Londres ont accueilli des dizaines de lieux de culte huguenots à partir de 1688, après la Glorieuse Révolution de 1688 menée par le futur Guillaume III d'Angleterre, dont l'armée était dirigée par un maréchal de France resté fidèle à sa foi protestante, le Frédéric-Armand de Schomberg.

Cette armée franco-néerlandaise de 15 000 hommes, parmi lesquels 3 000 huguenots français réfugiés en Hollande, a défait les Jacobites irlandais, alliées aux troupes de Louis XIV, à la bataille de la Boyne en Irlande. Près de 5 000 huguenots s'installent à Dublin[27], dont une majorité d'artisans.

Puis le fils du maréchal Schomberg, le comte Ménard de Schomberg revient dans les Alpes défendre les protestants du Dauphiné. En 1692, avec 1 500 Vaudois italiens et 2 000 huguenots réfugiés en Angleterre[14], il passe le col Lacroix et met le siège devant Château Queyras[28]. Un site historique où Vauban exprime des doutes sur la nécessité de combattre les populations locales et traîne les pieds pour fortifier la citadelle, préférant construire celle de Montdauphin. Cet épisode militaire coûtera la vie à une partie des réfugiés huguenots en Angleterre.

L'Angleterre accueille beaucoup de protestants du Sud-Ouest de la France, qui fuient par bateau. Manès, d'Angoulême[29], et plusieurs autres fabricants réputés importent l'industrie du papier à Londres[30]. Après 1687, les huguenots Portal, De Vaux et Dupin perfectionnent la technique du papier blanc.

De 1688 à 1692, vingt-six publications nouvelles apparaissent en Angleterre[31], dont les premiers quotidiens, le nouveau pouvoir ayant décidé de ne pas utiliser la loi sur l'autorisation préalable. Un pasteur du Périgord, Jean de Fonvive, gagne 600 sterling par an[32], avec son journal Post Man, qui sort trois fois par semaine et relie la diaspora des huguenots à travers le monde[33]. Un autre huguenot, Pierre-Antoine Motteux, fait paraître dès 1692 le Gentleman's magazine[34], tandis qu'Abel Boyer (1667-1729), le fils d'un consul protestant de Castres arrivé en 1689, édite le Postboy.

Les tisserands huguenots, menacés par le durcissement du pouvoir en France, affluent à Londres dès la fin des années 1660, lorsque le faubourg de Spitalfields naît de la nécessité de reconstruire sur des bases plus saines après le grand incendie de 1666[35]. Ils apportent leur connaissance de la soie, de la joaillerie, du travail des métaux et des rubans et sont les fournisseurs de la plupart des grandes cours d'Europe. Leurs qualifications souvent plus élevées sont perçus comme des menaces par les artisans anglais. En 1684, Jean Larguier de Nîmes, est fait maître tisserand à condition d'utiliser de la main-d'œuvre anglaise[36]. Dans la ville lainière de Norwich, des émeutes visent les Français en 1683[37]. Les tisserands de soie huguenots de Tours sont nombreux à Spitalfields. Londres dépasse la ville de Lyon, en 1820, pour la consommation de soie brute. Lyon avait connu au XVIe siècle une émigration plutôt vers Amsterdam, après une première vague de violences. L'histoire de l'imprimerie à Lyon avait fait de la ville la capitale de l'imprimerie au détriment d'Anvers ; ce titre est perdu au XVIIe siècle au profit d'Amsterdam puis Londres.

Les exportations britanniques de l'année 1700, à 85 % de la laine, sont double de leur niveau des années 1660[38].

Les huguenots sont très présents dans la vie culturelle et financière de l'Angleterre, qui instaure en 1689 la liberté de religion et la liberté de la presse. C'est un dénommé Coste, des Cévennes, qui traduit l'œuvre du républicain anglais John Locke, le Traité du gouvernement civil de 1689, premier ouvrage autorisant le peuple à se révolter en cas d'abus.

Les traces des huguenots sont visibles dans les secteurs de Tentergrown, Soho, Petitcoat Lane et du marché couvert de Spitalfields, à 900 mètres du Royal Exchange.

À Dublin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les 239 huguenots de Dublin.

Jean-Paul Pittion, auteur de The Hugenots in Ireland, an Anatomy of an Emigration a sauvé de l'oubli, il y a 25 ans, le cimetière[39] où l'on peut retrouver par leurs noms les 239 huguenots de Dublin[40] enterrés dans une sépulture collective, qui a survécu dans une petite rue près d'un parc, Mansion Row. Les huguenots de Dublin avaient un autre cimetière, dans Cathédral Lane, utilisé jusqu'en 1865. Lorsque cette communauté s'est installée dans la capitale irlandaise, elle a dopé sa croissance économique et démographique au point d'en faire dès 1700 la deuxième ville de l'empire britannique. Le quartier de Temple Bar, sorte de quartier latin dublinois était celui des huguenots.

Une partie de ces huguenots servait dans l'armée franco-néerlandaise de 15 000 hommes, parmi lesquels 3 000 huguenots français réfugiés en Hollande, qui a réussi la Glorieuse Révolution de 1688 et ensuite défait en 1690 les troupes jacobites irlandaises, alliées aux soldats de Louis XIV, à la bataille de la Boyne, dans le sud de l'Irlande[27]. Les premiers huguenots non-combattants arrivèrent en Irlande pour y travailler: cartographes, graveurs, soyeux, artistes, architectes ou agronomes, très vite au nombre de 5 000 personnes, venues de Picardie, Bordeaux et d'autres régions, ils ont beaucoup apporté à cette partie de l'Irlande[41] et ont développé l’industrie de lin à partir de 1698 dans la région de Lisburn.

Dès 1666, le duc d'Ormond avait créé une église de France de la Saint-Patrick et attiré près de Dublin des tisserands huguenots en toile, en espérant qu'ils joueraient un rôle pacificateur après les guerres de Cromwell[42].

En Suède[modifier | modifier le code]

Moins connue que les autres, plus ancienne, l'émigration en Suède s'explique par le fait que ce pays s'est rangé du côté des protestants pendant les guerres de religion qui, en Allemagne se sont soldées par la paix de Westphalie en 1648.

En 1617 arriva à Stockholm Jean Bédoire, un calviniste français, qui fut un des fondateurs de l'Église Réformée française. Lors des persécutions qui suivirent la Révocation de l'Édit de Nantes en 1685, de nombreux réformés fuirent la France, certains d'entre eux vers la Suède. Cependant, le roi suédois Charles XI leur refusa le droit de culte mais ils trouvèrent refuge chez les presbytériens britanniques dans une paroisse bilingue. Il y restèrent jusqu'à l'avènement du roi suédois Charles XII qui leur accorda plus de liberté. Ils purent petit à petit avoir leur propre culte conforme à l'ordonnance du 4 janvier 1724. L'Église fut reconnue officiellement par un Édit royal en 1741[43].

Plusieurs milliers de Wallons de Suède, venus pour des raisons religieuses et économiques, en passant par la Hollande, ont en particulier lancé les Forges d'Engelsberg. Entre 1620 et 1750, les exportations de fer suédoises ont triplé, à 17 300 tonnes par an, en particulier pour les canons des marines anglaises et hollandaises. L'armateur liégeois Louis De Geer accueilli par Guillaume de Bèche qui se trouve en Suède depuis 1595 et exploite les forges de Nyköping et Finspang, en faisant venir des Wallons exilés aux Pays-Bas, deviendra le « père de l’industrie suédoise ».

Les de Geer se lancent dans le commerce des armes, s'implantent à La Rochelle et prêtent de l’argent au roi Gustave II Adolphe de Suède. Louis De Geer devient partenaire de de Bèche pour les usines de Finspang, d’où sortiront des canons de fer réputés mondialement. Entre 1620 et 1640, cinq mille artisans qualifiés sont recrutés en Wallonie, en France (Givet), en Lorraine, avec bureau de recrutement et contrats de travail. Au nord-est d’Uppsala, vingt-trois bruks (villages de forges), répartis sur quatre communes, produisent jusqu'en 1992, des gueuses (barre de fer) à partir de la mine de fer de Dannemora, considérée comme la première du monde, en quantité de minerai extrait comme en qualité[44].

Au Danemark[modifier | modifier le code]

Leur arrivée est plus tardive et réclamée pour leur expertise agronomique dans la culture du tabac. Ils venaient d'une région située entre Stettin (qui appartient à la Suède entre 1631 et 1720) et Berlin, de Battin, Bergholz, Rossow, Strasbourg, Wallmow. Frédéric IV de Danemark, en plein accord avec son cousin le roi de Prusse, invite trois fermiers Jacob de Vantier, Daniel Le Blond et Paul d’Arrest en accordant des exemptions de taxes, l'ouverture d’une école, le maintien du français et de leur religion. La ville nouvelle de Frédéricia, dans le Jutland accueille trente-six familles en 1721. Les colons s’organisent en communauté avec consistoire, école, et bibliothèque, puis défrichent peu à peu les landes jutlandaises, introduisant la pomme de terre et les artichauts. Ils sont les premiers à produire, en deuxième assolement, des raves. La communauté huguenote occupait une place importante dans l’activité financière danoise.

Émigration aux Amériques[modifier | modifier le code]

C'est d'Hollande et d'Angleterre que les huguenots gagnent les colonies américaines, car le port de La Rochelle, point de départ des corsaires huguenots au XVIe siècle a été désarmé par Richelieu en 1628. Les Hollandais les envoyèrent aussi en Afrique du Sud pour leurs compétences agricoles, dans la région du Cap, où le hameau de Lormarin est la réplique du village Lourmarin du Luberon.

Les huguenots en Nouvelle-France[modifier | modifier le code]

Le peuplement de l'Acadie se fait essentiellement sous le mandat des gouverneurs Isaac de Razilly et Charles de Menou d'Aulnay qui font appel à des colons majoritairement recrutés dans leur région d'origine, soit la Sénéchaussée de Loudun qui, à l'époque, est encore rattaché à l'Anjou, administrativement aussi bien que culturellement et linguistiquement[45]. Bien que la la plupart de ces immigrants fussent de religion catholique, certains étaient protestants (huguenots). En effet, plusieurs Français protestants s'installèrent dans les régions de Beaubassin et de Grand-Pré, découvertes en 1681, où ils deviendront des « défricheurs d'eau » en utilisant des « aboiteaux », technique empruntée aux Hollandais pour assécher une partie du marais poitevin, ce qui leur permit de gagner sur la mer ou les rivières des terres fertiles. Après la déportation de 1755, les huguenots s'assimileront aux catholiques[46].

En plus de l'Acadie, les huguenots sont aussi nombreux à vouloir s'exiler au Canada, même si à partir de 1628, il est interdit aux protestants d'émigrer en Amérique du Nord. Le clergé catholique y tient solidement l'administration coloniale, notamment les registres d'état civil; et si le protestantisme peut durer après 1628, c'est chez les coureur des bois, parce que les mariages, naissances et décès ne sont pas consignés dans les registres. Selon les estimations, autour de 300 protestants se seraient installés sur le territoire de la Nouvelle-France (Acadie, Canada, Louisiane et Terre-Neuve), à une époque où l'accroissement naturel représente l'essentiel de la croissance démographique[47]

Pierre Dugua de Mons, Hélène Boullé, Jean-François de La Rocque de Roberval, Pierre de Chauvin et d'autres figures marquantes des débuts de la Nouvelle-France étaient des huguenots, comme l'a rappelé l'exposition Une présence oubliée : les huguenots en Nouvelle-France, au musée de l’Amérique française[48].

Aux Antilles[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Pierre Miquel, plus d'un millier de huguenots ont été déportés de force aux Antilles françaises, où une partie d'entre eux s'est ensuite enfuie pour rejoindre les flibustiers et les boucaniers, au Panama et au Honduras, alors que la Caraïbe est prise en main par Charles François d'Angennes à partir de 1678, quatre ans après la vente de son château à Madame de Maintenon, nouvelle maîtresse de Louis XIV.

Les huguenots sont nombreux à se réfugier dans les repaires de pirates, où ils se mélangent avec les Hollandais et les Anglais, et luttent ensemble contre la flotte espagnole.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Timbre commémoratif de l'arrivée des Huguenots et des Wallons en Amérique en 1624.

D'autres huguenots réfugiés en Hollande partent sur l'île de Manhattan en Nouvelle-Amsterdam, (l'actuelle New York), où le gouverneur wallon de la Nouvelle-Néerlande, Pierre Minuit[49] avait acheté l'île aux indiens. Ils rejoignent aussi la Virginie et la Caroline, soit directement de France, soit, plus souvent après une première halte en Angleterre, après avoir anglicisé leurs noms.

Les huguenots venus directement de France se sont ajoutés à ceux qui sont passés par l'Angleterre et les Provinces-Unies. Ils ont été nombreux à participer à la croissance de la Nouvelle-Amsterdam (la future New York) et de Boston, où des francophones Wallons protestants sont arrivés dès les années 1630 pour fonder la Nouvelle-Néerlande avec en particulier un village sur l'île new-yorkaise de Staten Island. Dans la région de New York, une nouvelle vague arrive dans les années 1680 pour fonder New Paltz, le Nouveau Palatinat, région rhénane d'Allemagne qui les avait accueillis.

Un des premiers recensements à la suite de la Révolution américaine signalera la présence de plus de 100 000 Américains d'origine huguenote, sur environ un million et demi. Les arrivées de colons huguenots dans les treize colonies sera supérieur au nombre total de colons envoyés en Nouvelle-France durant tout le Régime français, les jésuites s'étant opposés très vite à l'envoi de protestants[50].

Au nord de New York, en allant sur Boston, la Nouvelle-Rochelle témoignent de leur origine française[51]. Soixante ans plus tôt, des huguenots passés par Londres avaient déjà débarqué au cap Fourchu, avec le Mayflower, aux côtés d'Anglais, près de Boston.

Cinq d'entre eux ont fondé le site qui s'appelait Esopus du nom de la tribu locale amérindienne, et qui a été rapidement rejoint par des wallons de la Nouvelle-Amsterdam et Fort Orange (Nouvelle-Néerlande)[52]. Une quarantaine d'entre eux furent fait prisonniers par les indiens. Pieter Stuyvesant le rebaptisa Wiltwijck (région des cerfs en néerlandais). Une fois la cession de la Nouvelle-Néerlande aux Anglais effective, en 1664, la ville fut rebaptisée Kingston. En 1777, elle fut promue capitale de l'État de New York, pendant la guerre d'indépendance américaine.

Au sud, en Virginie, un groupe de sept cents huguenots se sont établis à Manakin[53]. Les huguenots sont arrivés à Manakintown en décembre 1700, directement d'Angleterre, la couronne leur ayant donné officiellement des terres sur le Nouveau Monde, acheminés sur les bateaux Mary and Ann, le Ye Peter and Anthony et le Nassau. Une loi de 1699 leur donne la nationalité anglaise[54].

On les trouve aussi dans la quatrième et dernière zone de la côte Est, les deux Caroline. Au XVIIe siècle, alors que la Georgie est utilisée comme pénitencier, les deux Caroline sont annexées un peu après la Virginie par de nouveaux colons, dont beaucoup de huguenots. En Caroline du Sud, le bateau le Richemond débarque une cinquantaine de familles en 1685. Le voyage a été financé par la couronne d'Angleterre, afin que les huguenots développent la culture de la vigne, du mûrier et de l'olivier.

Dans les décennies qui suivent, les huguenots sont nombreux à emprunter la Great wagon road, qui longe les Appalaches, du Nord au Sud dans l'intérieur des terres, à partir de la Pennsylvanie, la colonie créé en 1685 par William Penn, fils de l'amiral William Penn qui a conquis la Jamaïque pour Cromwell en 1655. Cette porte d'entrée des minorités religieuses en Amérique est aussi le pays des Amish, église protestante apparue en Alsace dans les années 1680 et très vite persécutée malgré sa non-violence, décrite dans le film Witness.

L'un des huguenots américains le plus célèbre est Davy Crockett, issu de la famille huguenote de Croquetagne, qui anglicise son nom en se réfugiant en Angleterre, avant de venir dans les Appalaches. En 1828, il est l'élu à la représentant des trappeurs de la « frontière sauvage » du Tennessee, à 700 kilomètres seulement de l'Atlantique, et y combat l'Indian Removal Act du président Andrew Jackson qui veut déporter les Indiens au-delà du Mississippi.

Ailleurs, dans le monde[modifier | modifier le code]

En Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Huguenots d'Afrique du Sud.

La Compagnie néerlandaise des Indes orientales, créée en 1602 avec un stock d'or dont le tiers provenait des huguenots des Flandres wallonnes, finance l'installation de huguenots, en 1688, à 60 kilomètres au Nord du Cap, dans le secteur de Franschhoek (« le coin des Français » en néerlandais). Des huguenots du Luberon (Lourmarin et La Motte-d'Aigues) importent la culture du vin, et fondent des hameaux homonymes, dans la première vraie colonie du continent africain, jusqu'alors ceinturé de simple comptoirs.

L'émigration des huguenots vers l'Afrique du Sud n'a concerné que moins d'un millième des 300 000 protestants qui quittèrent la France après la révocation de l'édit de Nantes. Cent-soixante-dix-huit familles font le voyage sur quatre bateaux, entre 1688 et 1691[55].

Les bateaux empruntaient une voie maritime longue, par l’extrémité Nord des îles britanniques, pour éviter les navires français, naviguant quatre mois avec une forte mortalité. On dénombre plus de trente décès pour deux d'entre eux. La majorité des réfugiés ne possède rien ou presque rien en arrivant. Arrivées au Cap, ces 178 familles représentent à elles seules le sixième d'une colonie qui en représente environ un millier et qui avait récupéré après sa création 190 esclaves noirs dans une colonie portugaise des Indes. Une enquête publiée dans le Sunday Times Magazine du 4 octobre 1981, indique que sur les 36 noms les plus usités en Afrique du Sud, neuf sont d'origine huguenote.

Ces protestants sont originaires pour l'essentiel de deux groupes de régions, l'une s'étendant en arc de cercle du Comté de Flandre à la Saintonge, l'autre allant du Dauphiné au Languedoc en passant par la Provence. Un quart vient du Luberon. Ils demandèrent à être regroupés et à bénéficier d’une gestion ecclésiale, avec élection conforme à leur tradition démocratique.

« Parmi eux, il y a des viticulteurs, des spécialistes de la production d’eau de vie et de vinaigre ; de la sorte, nous espérons qu’ils pourvoiront à la pénurie de certains produits dont vous vous plaignez », écrit la Compagnie des Indes orientales, qui leur attribuaient fermes, outils, instruments, graines, remboursés plus tard.

Les plants de vigne passent de cent en 1655, trois ans après l’arrivée de Jan Van Riebeckk, à 1,5 million en 1700, dont 40 000 pour les frères de Villiers et autant pour Jean Roy, de Lourmarin (Luberon). Le vin d'Afrique du Sud, septième producteur mondial, est concentré à 90 % dans l'ex-colonie huguenote.

Dans l'océan Indien[modifier | modifier le code]

De 1691 à 1693, une colonie de flibustiers huguenots a vécu dans l'océan Indien sur l'île Rodrigues, mais sans parvenir à se développer. Cette première colonie permanente établie par le huguenot François Leguat et sept de ses compagnons avait été mandatée sur ordre du marquis du Quesne. Partis d'Amsterdam le 10 juillet 1690 sur la frégate l'Hirondelle, les huit compagnons quittèrent l'île au bout de deux ans sur un radeau de fortune… faute de femmes dans leur exil volontaire. Le récit détaillé de ce voyage par François Leguat dans ses mémoires[56] contribua à faire connaître Rodrigues dans les îles avoisinantes de l'océan Indien : en 1737, ce sont des Français de l'île Maurice et de la Réunion qui leur ont succédé dans l'île.

En Amérique latine[modifier | modifier le code]

Du hameau de Costeroux, dans le Queyras, Paul Ebren et son épouse, Marguerite Eyméoud, émigrent, vers 1685, au Mexique. Il meurt à Guadalajara, à une époque où les émigrants non-espagnols sont encore très rares en Amérique latine.

À la même époque, on retrouve des huguenots dans le Darien, à la frontière de la Colombie et du Panama, où ils vivent avec les indiens Cunas, dans l'archipel des îles San Blas, dans ce qui deviendra au XXe siècle le territoire autonome de Cuna Yala, au sein de la province du Darién.

En 1688 et 1689, ils organisent régulièrement le Rendez-vous de l'île d'Or, qui consiste à faire traverser une armée de flibustiers anglais écossais et huguenots à travers les jungles de l'isthme, pour accéder aux mers du Sud, une tradition qui remonte aux exploits de Francis Drake et Guillaume Testu à la fin du siècle précédent. En 1715, la communauté compte environ 800 personnes dont plusieurs couples mixtes entre Européens et Cunas, et cultive le cacao.

Représentants célèbres[modifier | modifier le code]

  • Ambroise Paré, chirurgien des rois, est à l'origine de plusieurs instruments de médecine actuelle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Ruymbeke, dir., Les Huguenots et l'Atlantique, vol. 1 : Pour Dieu, la Cause ou les Affaires, préface de Jean-Pierre Poussou, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), Les Indes savantes, 2009
  • Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Vuymbeke, dir., Les Huguenots et l'Atlantique, vol. 2 : Fidélités, racines et mémoires, Paris, Les Indes savantes, 2012.
  • Mickaël Augeron, John de Bry, Annick Notter, dir., Floride, un rêve français (1562-1565), Paris, Illustria, 2012.
  • Yves Krumenacker, Les Protestants du Poitou au XVIIIe siècle (1681-1789). Éditions Honoré Champion, 1997. 528 p., rel. 978-2-85203-742-7
  • Le Livre des délibérations de l’église réformée de l’albenc (1606-1682), édition du manuscrit conservé à la bibliothèque d’Étude et d’Information. Fonds dauphinois. Établie par F. Francillon. Éditions Honoré Champion, 1998. 352 p., rel. 978-2-85203-741-0.
  • Édifier ou instruire ? Les Avatars de la liturgie réformée du XVIe au XVIIIe siècle. Textes recueillis par Maria-Cristina Pitassi. Éditions Honoré Champion, 2000. 146 p., rel. 978-2-7453-0220-5.
  • Didier Boisson, Les Protestants de l’ancien colloque du Berry, de la révocation de l’édit de Nantes à la fin de l’Ancien Régime (1679-1789), ou l’inégale résistance de minorités religieuses. Éditions Honoré Champion, 2000. 800 p., rel. 978-2-7453-0238-0.
  • Myriam Yardeni, Repenser l’histoire : aspects de l’historiographie huguenote des guerres de religion à la Révolution française. Éditions Honoré Champion, 2000. 224 p., rel. 978-2-7453-0240-3.
  • La Diaspora des huguenots. Les réfugiés protestants de France et leur dispersion dans le monde (XVIe-XVIIIe siècles). Préface de P. Joutard, conclusion de C. Bordes-Benayoun. Textes réunis par Eckart Birnstiel avec la collaboration de Chrystel Bernat. Éditions Honoré Champion, 2001. 208 p., rel. 978-2-7453-0425-4.
  • Hubert Bost, Ces Messieurs de la R.P.R. Histoires et écritures de huguenots, XVIIe-XVIIIe siècles. Éditions Honoré Champion, 2001. 416 p., rel. 978-2-7453-0503-9.
  • La Vie intellectuelle aux refuges protestants. Tome I. Actes de la Table ronde de Münster du 25 juillet 1995, réunis par Jens Häseler et Antony McKenna. Éditions Honoré Champion, 1999. 368 p. (ISBN 978-2-7453-0008-9).
  • La Vie intellectuelle aux refuges protestants. Tome II. Huguenots traducteurs. Actes de la Table ronde de Dublin, juillet 1999, édités par Jens Häseler et Antony McKenna. Éditions Honoré Champion, 2002. 192 p., rel. 978-2-7453-0530-5.
  • Yves Krumenacker, Des Protestants au Siècle des lumières. Le modèle lyonnais. Éditions Honoré Champion, 2002. 368 p., rel. 978-2-7453-0533-6.
  • Myriam Yardeni, Le Refuge huguenot : assimilation et culture. Éditions Honoré Champion, 2002. 240 p., rel. 978-2-7453-0537-4.
  • Viviane Rosen-Prest, L’Historiographie des huguenots en Prusse au temps des Lumières. Éditions Honoré Champion, 2002. 832 p., rel. 978-2-7453-0587-9.
  • Catherine Rome, Les Bourgeois protestants de Montauban au XVIIe siècle. Une élite urbaine face à une monarchie autoritaire. Éditions Honoré Champion, 2002. 592 p., rel. 978-2-7453-0595-4.
  • Guillemenot-Ehrmantraut (D), L’Église réformée de langue française à Mannheim de 1652 à 1689. Éditions Honoré Champion, 2003. 512 p., rel. 978-2-7453-0723-1.
  • Refuge et Désert. L’évolution théologique des huguenots de la Révocation à la Révolution française. Actes du colloque du Centre d’étude du XVIIIe siècle, Montpellier, 18-20 janvier 2001. Édité par Hubert Bost et Claude Lauriol. Éditions Honoré Champion, 2003. 320 p., (ISBN 978-2-7453-0751-4).
  • Marc Scheidecker et Gérard Gayot, Les protestants de Sedan au XVIIIe siècle. Le peuple et les manufacturiers. Éditions Honoré Champion, 2003. 302 p., 16 pl. ill. n/b. rel. 978-2-7453-0834-4.
  • Céline Borello, Les Protestants de Provence au XVIIe siècle. Préface de M. Vovelle. Éditions Honoré Champion, 2004. 560 p., rel. 978-2-7453-0883-2.
  • Anna Minerbi Belgrado, L’Avènement du passé. La Réforme et l’histoire. Éditions Honoré Champion, 2004. 352 p., rel. 978-2-7453-0934-1.
  • Pascal Rambeaud, De La Rochelle vers l’Aunis. L’histoire des réformés et de leurs Églises dans une province française au XVIe siècle. Éditions Honoré Champion, 2003. 608 p., rel. 978-2-7453-0910-5.
  • Raymond Mentzer, La Construction de l’identité réformée aux XVIe et XVIIe siècles : le rôle des consistoires. Éditions Honoré Champion, 2006. 322 p., rel. (ISBN 978-2-7453-1210-5).
  • Le Consistoire de l’église wallonne de Rotterdam, 1681-1706. Édition annotée des Actes avec une présentation historique par Hubert Bost. Éditions Honoré Champion, 2008. 448 p., rel. (ISBN 978-2-7453-1623-3).
  • Myriam Yardeni, Huguenots et juifs. Éditions Honoré Champion, 2008. 224 p., rel. (ISBN 978-2-7453-1639-4).
  • Les Huguenots dans les îles britanniques de la renaissance au lumières. Écrits religieux et représentations. Textes réunis par Anne Dunan-Page et Marie-Christine Munoz-Teulié. Éditions Honoré Champion, 2008. 272 p., rel. (ISBN 978-2-7453-1675-2).
  • Le Dictionnaire des pasteurs dans la France du XVIIIe siècle. Sous la direction d’Yves Krumenacker. Éditions Honoré Champion, 2008. 464 p., rel. 978-2-7453-1683-7.
  • Boisson (Didier). Consciences en liberté ? Itinéraires d’ecclésiastiques convertis au protestantisme (1631-1760). Éditions Honoré Champion, 2009. rel. 978-2-7453-1773-5
  • Luc Daireaux, Réduire les huguenots. Protestants et pouvoirs en Normandie au XVIIe siècle, Éditions Honoré Champion, 2011. 1119 p., rel. (ISBN 978-2-7453-2081-0)
  • Pierre Miquel, Les Guerres de religion, éditions Fayard
  • Mémoires - Société archéologique et historique de la Charente De Société archéologique et historique de la Charente.
  • Sur les huguenots d'origine vaudoise : Die Waldenser auf ihrem Weg ays dem Val Cluson durch die Schweiz nach Deutschland 1532-1820/30 en 5 volumes, plus de 3000 pages, du Dr Theo Kiefner[23].
  • Jürgen Wilke, « Statut et pratiques judiciaires des Huguenots en Brandebourg-Prusse (1685-1809), », dans Magdelaine (M.), Thadden (R. von), op. cit., p. 111-126.
  • Les Réfugiés huguenots en Saxe-Weimar. Leurs manufactures de bonneterie, de Herbert W. Ellinger, 1933.
  • Les Soupirs de la France esclave, qui aspire après la liberté, série de pamphlets anonymes de 1689 et 1690, publié à Amsterdam, qu'il faut sans doute attribuer à Michel Levassor[60].
  • Jean Tivolier, Monographie de la vallée du Queyras (Hautes-Alpes).
  • Gabriel de Convenant, avoué de la « glorieuse rentrée » des Vaudois. Correspondance avec les États-Généraux des Provinces-Unies (1688-1690)[61]
  • Charles Alfred, Baron de Janzé Les Huguenots, Cent ans de persécutions 1685-1789 (1886) Lecture ou téléchargement sur Gutenberg.org

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la discussion de Jean-Louis Guez de Balzac dans le Socrate Chrestien, 10e discours (1623) sur la meilleure façon de nommer les protestants.
  2. Eric Durot, François de Lorraine, duc de Guise entre Dieu et le Roi, Paris, Classiques Garnier, 2012, p. 533 et 543.
  3. Huguenot
  4. Les Cultures du peuple, de Natalie Z. Davis
  5. Natalie Z. Davis, « Les rites de violence » in Les Cultures du peuple. Rituels, savoirs et résistances au XVIe siècle, Paris, Aubier, 1979.
  6. Pour la première fois par le père Maimbourg, jésuite, dans son Histoire de la Réforme, origine reprise par Voltaire et Sismondi avec citation d'autorité.
  7. ou de la corruption de ce mot à Genève Eidgnots, utilisé aussi par les partisans des Guises
  8. Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français. Volume 8 - Peut-on préciser à quel moment Paris les protestants de France commencèrent à être appelés Huguenots - Paris - 1859
  9. « L'exaspération était an comble; le peuple fanatisé croyait aux génies, aux farfadets, aux revenants. Il avait mis en pratique des croyances populaires sur le roi Hugon, La ville de Tours avait conservé ses traditions: ce souverain nocturne parcourait, disait-on, les rues de la cite pendant la nuit pour égarer les saintes filles. On maudissait son ombre, on priait pour conjurer le maléfice. « Chaque jour, à la « cloche des agonisans, il enlevait une proie; il « renversait les croix dans les cimetières et faisait « son séjour dans les antres obscurs. » A l'imitation de cet esprit de ténèbres, les protestants étaient convenus de se réunir la nuit pour chanter leurs hymnes et entendre leur prêche. Le peuple leur donna le nom de huguenots, ou disciples du roi Hugon. » « Quelques historiens attribuent L'origine de leur nom a une monnaie Je peu rie valeur, appelée Hugonnette ». Dans Jérôme Delandine de Saint-Esprit. Histoire des conjurations (1508-1589): branche des seconds Valois Mallet, 1843 (Livre numérique Google).
  10. a et b N. W., Bulletin historique et littéraire XLIV, p. 671, Société de l'histoire du protestantisme français, Paris, 1895.
  11. Matthieu, Évangile V 3-10 « Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice ».
  12. N. W., Bulletin historique et littéraire XLIV, p. 672, Société de l'histoire du protestantisme français, Paris, 1895.
  13. Sa Majesté désire que vos ordres […] soient donnés de bouche aux maires et échevins des lieux, sans leur faire connaître que sa Majesté désire par là violenter les huguenots à se convertir… C'est en s'adressant en ces termes, le , à l'intendant du Poitou René de Marcillac, que Louvois donna le feu vert aux dragonnades qui allaient s'abattre sur la religion réformée.
  14. a, b, c et d http://books.google.fr/books?id=QUpoHQAACAAJ&dq=monographie+de+la+vall%C3%A9e+du+queyras&ei=pzXSSL7XM5S4yQTr6YzqAw
  15. "Fort Queyras, 700 ans d’histoire "Fort Queyras, 700 ans d’histoire" de Nicolas Crunchant, Éditions du Queyras, 1re édition
  16. http://books.google.fr/books?id=VbcDAAAAMAAJ&pg=PA271&lpg=PA271&dq=m%C3%A9nard+de+schomberg&source=web&ots=cCJ8S9Pomt&sig=S9NFhmFA0KNZbfqa8RhZnbyftpA&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=9&ct=result#PPA263,M1
  17. Ghislain Baury, La dynastie Rouvière de Fraissinet-de-Lozère. Les élites villageoises dans les Cévennes protestantes à l'époque moderne d'après un fonds documentaire inédit (1403-1908), Sète, Les Nouvelles Presses du Languedoc,‎ 2010, http://sites.google.com/site/dynastierouviere/
  18. Musée virtuel du Protestantisme français - L'Édit de Potsdam
  19. a et b http://huguenots.lecrivainpublic.net/scripts/travail.php?doc=106
  20. a et b Pierre Miquel Les guerres de religion
  21. http://gw2.geneanet.org/index.php3?b=lion1&lang=fr;iz=3997;alwsurn=yes;p=hermann+august+jacques;n=gruson
  22. [1]
  23. a, b et c http://forum.geneanet.org/read.php?42,205058
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  27. a et b http://huguenots-france.org/france/refuge/Veterans3.htm
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  29. http://books.google.fr/books?ei=dR3SSJ6kK5WyyQTvooHqAw&id=tYpNAAAAMAAJ&dq=%22man%C3%A8s%22%2C+papier+angleterre&q=%22man%C3%A8s%22&pgis=1
  30. http://books.google.fr/books?um=1&q=%22man%C3%A8s+d%27angoul%C3%AAme%22%2C+papier+angleterre&btnG=Chercher+des+livres
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  34. http://books.google.fr/books?id=EjoCAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=%22histoire+de+la+presse%22&lr=&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES&ei=_ezqSbvEFJ2EyASKxJmCBQ#PPA233,M1
  35. http://books.google.fr/books?id=Bm4sFfBAG18C&pg=PA397&lpg=PA397&dq=%22jean+de+fonvive%22&source=bl&ots=dvCHCAnQl9&sig=mI6iKLDN9yf-uQnj75Hr-RRkawQ&hl=fr&ei=_PjqSfLiEsrMjAer6rCeCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4#PPA367,M1
  36. http://books.google.fr/books?id=Bm4sFfBAG18C&pg=PA397&lpg=PA397&dq=%22jean+de+fonvive%22&source=bl&ots=dvCHCAnQl9&sig=mI6iKLDN9yf-uQnj75Hr-RRkawQ&hl=fr&ei=_PjqSfLiEsrMjAer6rCeCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4#PPA368,M1
  37. http://books.google.fr/books?id=Bm4sFfBAG18C&pg=PA397&lpg=PA397&dq=%22jean+de+fonvive%22&source=bl&ots=dvCHCAnQl9&sig=mI6iKLDN9yf-uQnj75Hr-RRkawQ&hl=fr&ei=_PjqSfLiEsrMjAer6rCeCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4#PPA371,M1
  38. http://books.google.fr/books?id=3NkwxSBwmmYC&pg=PA14&dq=navy+%22patrick+o%27brien%22&lr=&as_drrb_is=q&as_minm_is=0&as_miny_is=&as_maxm_is=0&as_maxy_is=&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES&ei=9S3qSbzAOYiUzASU36CsDQ#PPA179,M1
  39. http://www.flickr.com/photos/mjross/4513756/
  40. http://www.hidden-dublin.com/huguenot/huguenot2.html
  41. http://espaceirlande.free.fr/htm/lesirlandais/huguenots.php
  42. http://books.google.fr/books?id=LS_r_IARCj0C&q=%22duc+d%E2%80%99Ormond%22+huguenots+1666&dq=%22duc+d%E2%80%99Ormond%22+huguenots+1666&lr=lang_fr&ei=k4rTSOqGGIGSyATe8PzpAw&pgis=1
  43. http://www.franskareformkyrkan.se/content/fr/fr_historia.asp
  44. http://www.mesancetres.ca/pages.php?section=6&lang=fr&texte=71
  45. MASSIGNON, Geneviève. 1962. Les parlers français d'Acadie: Enquête linguistique, vol. 1-2. Paris: Klincksieck. Lorsqu’on parle aujourd'hui de l’origine des Acadiens comme étant poitevins-saintongeais ou originaire de la région Aunis-Saintonge, c’est parce que depuis 1790, lors de la création des départements français sous la Révolution française, le Loudunais est rattaché au département de Vienne qui fait partie de la région Poitou-Charentes.
  46. « La colonie française de l'Acadie 1604-1755' », Trésor de la langue française au Québec, Université Laval.[3]
  47. Leslie Choquette, De France à paysans : modernité et tradition dans le peuplement du Canada français, Sillery, Québec: Septentrion, 2001.
  48. Une présence oubliée : les huguenots en Nouvelle-France - Musée de la civilisation (Québec), 5 mai 2008 (voir archive)
  49. http://www.theatrales.uqam.ca/chronologie/chrono5.html
  50. http://www.vigile.net/spip.php?page=archives&u=http://archives.vigile.net/00-11/histoire-gaudette.html
  51. Notice - De l'esprit de conquête au Refuge
  52. http://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?res=9A0CE2D91731E033A25756C2A9659C94629ED7CF
  53. Huguenots of Manakin Home Page
  54. http://cdl.library.cornell.edu/cgi-bin/moa/pageviewer?frames=1&coll=moa&view=50&root=%2Fmoa%2Fcont%2Fcont0003%2F&tif=00364.TIF
  55. http://www.upfsa.co.za/LesHuguenotsdAfriqueduSud.pdf
  56. François Leguat, « Voyage et Avantures de François Leguat et de fes compagnons en deux isles désertes des Indes Orientales. », Londres, 1707.
  57. From strangers to citizens: the integration of immigrant communities in Britain, Ireland, and colonial America, 1550-1750, par Randolph Vigne, Charles Littleton
  58. Histoire de la presse en Angleterre et aux États-Unis, par Athanase Cucheval-Clarigny, page 233
  59. http://www.universalis.fr/encyclopedie/T304139/VAN_ROBAIS_J.htm
  60. http://books.google.fr/books?id=CJASAAAAIAAJ&pg=PA355&dq=Les+soupirs+de+la+France+esclave&lr=&ei=myvSSNHSJozAzASIvPzpAw
  61. http://huguenots.ch/fr/C_catalogue.php