Métis (Canada)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Métis (homonymie).

Métis

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Louis Riel

Populations significatives par région
Population totale env. 300 000
Autres
Langues

Anglais, français, michif

Religions

Catholicisme

Ethnies liées

Canadiens français, Cris, Ojibwés, Saulteux, Écossais, Acadiens

Au Canada, le terme de Métis désigne les personnes descendant à la fois des Européens et des Amérindiens. Le peuple métis est un des trois peuples autochtones du Canada (avec les Amérindiens et les Inuits). À ce titre, les Métis disposent d'un gouvernement et jouissent des mêmes droits particuliers. Les principaux représentants métis furent Cuthbert Grant et Louis Riel.

Description[modifier | modifier le code]

Leur territoire d'élection s'étend de l'Ontario à la Colombie-Britannique en passant par les Prairies et les Territoires du Nord-Ouest. On trouve aussi des communautés métisses aux États-Unis dans les États du Dakota du Nord et du Montana. La Nation métisse est née de mariages anciens entre des femmes Cris, Ojibwés et Saulteaux avec des Canadiens français et anglais. Leur histoire commence dès le XVIe siècle. Les Métis parlaient traditionnellement le métchif (mutation phonétique du vieil adjectif masculin « mestif » [> métsif/métchif]), un créole franco-cri. Aujourd'hui, les Métis parlent majoritairement l'anglais, mais le français reste largement pratiqué. Le métchif a tendance à refaire surface grâce à la volonté des Conseils métis provinciaux après une génération de déclin.

Le mot « métis [métisse] » (cf. mestis, mestisse, mestice, mestif, mestive, des graphies obsolètes; espagnol : mestizo, portugais : mestiço) vient du bas latin *mixtīcius, du latin mixtus (participe passé), « mélangé/mêlé » (miscere = « mélanger/mêler »). Il porte la même connotation comme « sang-mêlé » ; terme alternatif anciennement utilisé du reste pour désigner les Métis.

Au Canada, selon la constitution, ce terme est utilisé pour qualifier les descendants des communautés qui vivent au Manitoba actuel le long de la rivière Rouge et Winnipeg. Le nom est aussi utilisé pour les communautés semblables du Québec et du Labrador, bien que l'histoire de ces groupes ethniques soit différente de celle des Métis de l'Ouest.

Le Conseil national des Métis définit une personne comme étant métisse (un Métis ou une Métisse) si elle satisfait aux critères suivants :

– elle s'identifie elle-même comme métisse ;
– elle compte des ancêtres parmi la Nation métisse historique ;
– elle n'est pas amérindienne ;
– elle est acceptée par la Nation métisse.

Tout comme la Confédération canadienne, la Nation métisse est divisée en cinq régions administratives :

– la Nation métisse de l'Ontario ;
– la Fédération métisse du Manitoba (en) ;
– la Nation métisse de la Saskatchewan ;
– la Nation métisse de l'Alberta ;
– le conseil provincial métis de Colombie-Britannique.

Le Conseil national des Métis représente les intérêts de la Nation auprès du gouvernement canadien et à l'échelle internationale.

On estime le nombre de Métis allant de 300 000 à 700 000 ou plus. Selon un rapport de Statistiques Canada, le nombre de gens s'identifiant comme métis était de 292 310 en 2001 à travers le Canada. La province de l'Alberta a la plus grande population (66 055), suivie de près par le Manitoba (56 795) et l'Ontario (48 345)[1].

La Constitution canadienne reconnait les Métis comme peuple autochtone depuis 1982. Cela a permis à plusieurs Métis d'obtenir gain de cause devant la cour pour la reconnaissance des droits ancestraux, comme le droit à la chasse. En 2003, une ordonnance de l'Ontario a statué qu'une communauté métisse de l'Ontario avait le droit ancestral de chasser pour ses besoins alimentaires, une décision perçue comme un premier pas vers des droits de chasse complets pour toute la communauté. Ce droit fut octroyé à l'ensemble de la Nation lorsque les gouvernements provinciaux sont parvenus à un accord avec les gouvernements métis provinciaux. Le 31 mai 2005, le gouvernement du Canada et le Conseil national des Métis ont signé un accord préliminaire, afin d'ouvrir la voie à une certaine autonomie du gouvernement métis dans leur territoire d'origine, illustrant les liens qui unissent les Métis au Canada en dehors du champ juridique.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bouchard, Russel, La Communauté métisse de Chicoutimi : fondements historiques et culturels, Chicoutimi, à compte d’auteur, 2005, 153 pages.
  • Bouchard, Russel, La Longue Marche du peuple oublié, ethnogenèse et spectre culturel du peuple métis de la Boréalie, Chicoutimi, à compte d'auteur, 2006, 213 pages.
  • Bouchard, Russel, Le Peuple métis de la Boréalie : un épiphénomène de civilisation, Chicoutimi, à compte d’auteur, 2006, 173 pages.
  • Giraud, Marcel, Le Métis canadien, son rôle dans l'histoire des provinces de l'Ouest, Paris, Institut d'ethnologie, 1300 pages.
  • Trémaudan, Auguste-Henri, Histoire de la nation métisse dans l’Ouest canadien, Saint-Boniface, Les Éditions du Blé, 1979, 450 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]