Méridien
En géographie, un méridien est un demi grand cercle imaginaire tracé sur le globe terrestre reliant les pôles géographiques. Tous les points de la Terre situés sur un même méridien ont la même longitude. On parle également d'arc de méridien entre deux latitudes.
En astronomie, un méridien est un grand cercle imaginaire tracé sur la sphère céleste, passant par les pôles célestes. L'ascension droite, par exemple, est repérée par les méridiens célestes. Le méridien, ou plan méridien, d'un lieu est un grand cercle de la sphère céleste passant par le pôle céleste, le zénith et le nadir du lieu. À midi solaire, le Soleil est dans le plan méridien.
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Propriétés [modifier]
Tous les méridiens sont perpendiculaires à toutes les parallèles et ont tous la même longueur. Ce sont des grands cercles ou des demi-grands cercles et, comme géodésiques, la plus courte distance entre deux de leurs points.
Par convention, il y a 360 méridiens séparés par un degré d'arc.
Au niveau de l'équateur, la distance entre deux méridiens est égale à 1/360e partie de l'équateur, soit 111,3 kilomètres approximativement. En s'éloignant de l'équateur, cet écart diminue, il est proportionnel au 1/360e partie de l'équateur multiplié par le cosinus de la latitude. Ainsi, à 45 degrés de latitude, la distance entre deux méridiens est égale à 111 kilomètres multiplié par le cosinus de 45 degrés, soit 0,707, ce qui fait 78,7 kilomètres approximativement. A 60 degrés de latitude, l'écart entre deux méridiens passe à 55 kilomètres, le cosinus de la latitude étant égal à 0,5. Aux pôles géographiques, la distance entre les méridiens est nulle puisqu'ils y convergent.
Fuseaux horaires [modifier]
Un fuseau horaire correspond à un angle équivalent à 15 méridiens, sachant qu'il y a 24 heures dans une journée.
Mille nautique [modifier]
Le mille nautique avait été défini comme étant la 1/60e partie d'un degré d'un arc de méridien; il équivaut en moyenne 1 852 m.
Méridien d'origine [modifier]
Si les latitudes peuvent être mesurées à partir de l'équateur, il n'existe pas de référence naturelle équivalente pour fixer l'origine des longitudes. Il est donc nécessaire de définir un méridien d'origine, où les points ont par définition une longitude égale à zéro.
Actuellement, le méridien d'origine pour la plupart des systèmes géodésiques est voisin du méridien de Greenwich qui passe par l'observatoire de Greenwich, en Angleterre. Jusqu'au début du XXe siècle, différents pays utilisèrent d'autres méridiens d'origine comme le méridien de Paris en France (02° 20' 14" E), le méridien de Berlin en Allemagne (13° 24' E), le méridien de Tolède en Espagne ou le méridien d'Uppsala en Suède.
En France, le roi Louis XIII décréta par ordonnance en 1634 que le premier méridien serait celui dit de l'Île de Fer (aujourd'hui île d'El Hierro dans l'archipel des îles Canaries), arbitrairement situé à 20°00'00" à l'ouest du méridien de Paris. Cette localisation permettait d'obtenir une longitude positive pour toutes les terres européennes et a été longtemps suivie par plusieurs autres pays.
Choisir un méridien d'origine de longitude 0° implique l'existence d'un antiméridien, situé à l'opposé sur le globe. La ligne de changement de date suit cet antiméridien sur la majeure partie de sa longueur.
Méridien et définition du mètre [modifier]
La première définition du mètre a été édictée par le décret de l'Assemblée Nationale du 30 mars 1793, il représentait la longueur du dix millionième du quart du méridien terrestre, un méridien à l'époque était considéré comme faisant le tour de la Terre. Cette longueur est d'abord approximative car la référence doit encore être mesurée. Delambre et Méchain s'attèlent à la mesure de la distance entre Dunkerque et Barcelone et après la publication de leur rapport, le mètre étalon est définitivement fixé par la loi du 19 frimaire an VIII de la République (10 décembre 1799) :
« ART . Ier La fixation provisoire de la longueur du mètre, à trois pieds onze lignes quarante-quatre centièmes, ordonnée par les lois des Ier août 1793 et 18 germinal an III, demeure révoquée et comme non avenue. Ladite longueur, formant la dix-millionième partie de l'arc du méridien terrestre compris entre le pôle nord et l'équateur, est définitivement fixée, dans son rapport avec les anciennes mesures, à trois pieds onze lignes deux cent quatre-vingt-seize millièmes. »
Méridien magnétique [modifier]
C'est un méridien particulier passant par les pôles magnétiques.
Frontières [modifier]
Certaines frontières entre pays ou régions ont été déterminées par des méridiens, bien que le cas soit moins fréquent que pour les parallèles :
- 141e méridien ouest : frontière entre l'ouest du Canada, province du Yukon, avec l'Alaska à partir du Mont Saint Elias et au nord de ce sommet jusqu'à l'océan Glacial Arctique.
- 120e méridien ouest : frontière entre l'Utah et le nord de la Californie, au sud 42e parallèle nord.
- 109e méridien ouest : frontière entre le Colorado et l'Utah entre les 37e et 41e parallèles nord et entre le Nouveau-Mexique et l'Arizona au sud du 37e parallèle nord. L'intersection du 109e méridien ouest et du 37e parallèle nord à Four Corners est l'unique point où quatre États se touchent.
- 102e méridien ouest : frontière entre le Manitoba et la Saskatchewan et partie de la frontière entre le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest, au Canada.
- 25e méridien ouest : tripoint frontalier entre l'Algérie, la Mauritanie et le Mali.
- 20e méridien est : partie de la frontière entre la Namibie et l'Afrique du Sud et le Botswana
- 129e méridien est : frontière entre l'Australie de l'Ouest, le territoire du Nord et l'Australie du Sud.
- 138e méridien est : frontière entre le territoire du Nord et le Queensland (Australie).
- 141e méridien est : frontière entre l'Australie du sud, le sud du Queensland, la Nouvelle Galle du sud et l'Etat de Victoria (Australie).
- Historiquement la ligne de Tordesillas, située par 46° 37' ouest, a servi à partager les terres encore non explorées par les Européens entre l'Espagne et le Portugal lors de la signature du traité de Tordesillas en 1494.
Bibliographie [modifier]
- Pierre Bayart, La Méridienne de France, 2007, l'Harmattan, coll. « acteurs de la science ». Préface de Jean-Claude Pecker.