Orchestre symphonique de Montréal

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Orchestre symphonique de Montréal
Concert gratuit de l'OSM dirigé par le chef en résidence Jean-François Rivest dans l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro en août 2008.
Concert gratuit de l'OSM dirigé par le chef en résidence Jean-François Rivest dans l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro en août 2008.

Pays de résidence Canada
Ville de résidence Montréal, Québec
Années d'activité Depuis 1934
Type de formation Orchestre symphonique
Genre Musique classique
Direction Kent Nagano

L'Orchestre symphonique de Montréal, dirigé par le chef américain d'origine japonaise Kent Nagano depuis 2006, est le plus prestigieux orchestre symphonique professionnel du Canada et compte parmi les meilleurs orchestres d'Amérique.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

L'idée d'un orchestre symphonique fit son chemin à Montréal au début des années 1930, alimentée par une campagne de presse, notamment de la part du critique Henri Letondal. Ce dernier et un groupe de citoyens furent les initiateurs du projet pour lequel l'Honorable L.-Athanase David obtint du gouvernement du Québec une subvention de 3000 $.

Répétition de l'OSM, 1934-1935

Fondé en 1934, le premier concert de l'Orchestre eut lieu le 14 janvier 1935, à l'auditorium Le Plateau (Parc Lafontaine) sous la direction du chef canadien Rosario Bourdon. L'orchestre interpréta notamment les œuvres de Beethoven, Tchaïkovsky, Mendelssohn, Debussy, Goldmark, et de Calixa Lavallée. L'orchestre se produit alors sous le nom de Société des Concerts symphoniques de Montréal. C'est en 1953 que la Société devient officiellement l'Orchestre symphonique de Montréal.

Saisi du projet, Wilfrid Pelletier, alors très actif au Metropolitan Opera, à New York, lui accorda son appui. Pelletier faisant finalement ses débuts le 11 avril 1935. Peu après, il devint premier directeur artistique de l'orchestre (1935-1940). Sous son mandat, plusieurs initiatives furent lancées : matinées symphoniques pour la jeunesse (1935), prix annuel de composition Jean-Lallemand (1936-1938) et concerts d'été sur l'esplanade du chalet du Mont-Royal (1938-1964). En 1937 se tient le premier Concours OSM, concours annuel réservé en alternance au piano, au chant et aux cordes.

De 1940 à 1957, le belge Désiré Defauw succède à Pelletier et invite de nombreux chefs d'orchestre renommés, tels que Charles Münch, Bruno Walter, Georges Enesco, Igor Stravinski, Leopold Stokowski, Leonard Bernstein, Pierre Monteux, Josef Krips, Ernest Ansermet et Otto Klemperer.

En 1957, Igor Markevitch, nommé nouveau directeur artistique, multiplie les activités de l'orchestre et lui fait acquérir un statut professionnel. Zubin Mehta le remplace de 1961 à 1967, période pendant laquelle l'orchestre symphonique de Montréal réalise ses premières tournées, et devient le premier orchestre canadien à se produire en Europe. Il est remplacé par Franz-Paul Decker de 1967 à 1975, puis brièvement par Rafael Frühbeck de Burgos de 1975 à 1976.

En 1963, l'inauguration et la Place des Arts et de la Salle Wilfrid-Pelletier offre un domicile à l'OSM qui lui permet de prendre un essor soutenu. L'Orchestre y présente la majorité de ses concerts jusqu'à l'ouverture de la Maison symphonique en 2011. L'Orchestre est également actif l'été avec ses Concerts d'été, souvent donnés en plein air.

L'OSM est appelé à participer à plusieurs événements : présentation d'opéras, cérémonie d'ouverture du Festival mondial à l'Expo 67, ouverture officielle des Jeux olympiques de Montréal, Festival international de Télévision de Prague où l'orchestre remporte la Palme d'or pour son enregistrement du Sacre du printemps d'Igor Stravinsky.

La période Charles Dutoit[modifier | modifier le code]

Charles Dutoit, en répétition (1984)

En 1977, Charles Dutoit devient directeur artistique de l'orchestre, poste qu'il occupa jusqu'en 2002. C'est sous son impulsion que sont créés le festival Mozart Plus à la basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal, ainsi que plusieurs concerts gratuits dans les parcs de la région de Montréal. En 1981, l'orchestre effectue une tournée continentale au Canada et aux États-Unis d'Amérique, puis de 1981 à 1987, sept tournées en Asie dont six passages au Japon, neuf tournées en Europe, et deux en Amérique du Sud.

L'Orchestre symphonique de Montréal réalise ensuite cinq concerts au Hollywood Bowl à Los Angeles en août 1987, puis trois concerts au festival de Ravinia pendant l'été 1988. En 1990, l'orchestre répond à l'invitation au festival d'été du prestigieux Boston Symphony Orchestra à Tanglewood, tout en se produisant annuellement au Carnegie Hall de New York depuis 1982.

Il s'ensuit une période de repos, jusqu'en 1999 : l'orchestre participe alors à la 15e édition du Festival de Musica de Canarias aux îles Canaries en janvier, puis entame une tournée au Japon pendant le mois de juin, puis une tournée de deux semaines en Allemagne. En février 2000, l'orchestre réalisa une tournée d'une semaine en Floride.

Vers la fin des années 1990, l'industrie de la musique classique enregistrée commença à décliner, London/Decca mit fin à ses enregistrements, privant ainsi l'OSM de nombreuses possibilités d'enregistrement. Cela n'était que le début de temps difficiles. En 1998, l'orchestre connut un conflit de travail et une grève des musiciens causée par ces conditions difficiles. La grève prit fin au bout de trois semaines grâce à l'intervention de Dutoit et à sa bonne relation avec le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard.

Cependant, les fortes tensions ne se dissipèrent pas pour autant. En 2002, lorsque Charles Dutoit tente de licencier deux membres de l'orchestre, plusieurs musiciens s'opposent fortement à cette décision. Dutoit démissionna peu après. Il revint au principal chef invité, Jacques Lacombe, de maintenir l'orchestre à flot, ce qui lui valut les éloges des critiques.

Le départ de Dutoit, la nomination de Kent Nagano[modifier | modifier le code]

Dès 2003-2004, le scandale causé par la démission de Charles Dutoit, qui avait tenu éloignés plusieurs solistes l'année précédente, se dissipa. Le violoncelliste Yo-Yo Ma revint pour des engagements à l'OSM. On annonce la nomination de Kent Nagano comme directeur musical en mars 2004 (il rentra en vigueur en 2006).

Dès son entrée en fonction, Nagano annonce la création par l'OSM du Concours international de composition Olivier Messiaen et, en mai 2006, l'orchestre joue à Paris, marquant ainsi son premier concert à l'extérieur du Canada depuis sa tournée en Floride en 2000.

Le 28 mai 2009, le premier ministre Jean Charest annonce le début des travaux de la salle de l'OSM. La nouvelle salle de l'OSM, nommée alors l' « Adresse symphonique », d'une valeur de 259 millions $, serait prête à accueillir son premier concert en 2011. Lors de son inauguration en septembre 2011, la résidence de l'OSM est renommée la Maison symphonique de Montréal.

Projets de salle de l'Orchestre symphonique de Montréal[modifier | modifier le code]

Dans l'histoire de l'Orchestre, trois projets de salles ont été projetés, annoncés et finalement abandonnés. Diverses infortunes et changements de gouvernements expliquent cette situation. Finalement, une nouvelle salle (le 4e projet de salle de l'histoire de l'Orchestre) est présentement en construction et sera inaugurée en 2011.

  • En 1983, le directeur artistique de l'Orchestre de l'époque, Zubin Mehta, et le président du Conseil Leo Kolber, annoncent qu'ils élaborent un plan de salle de concerts qui serait aménagé dans un complexe commercial à être construit dans le quadrilatère formé par la rue Sainte-Catherine ouest, Mansfield, de Maisonneuve et McGill College par la compagnie Cadillac Fairview. Ce projet aurait bloqué la travée ouest de l’avenue McGill College et une bonne partie de la vue sur la montagne. L’administration municipale de Jean Drapeau appuie le projet au départ. Par contre, plusieurs groupes d’acteurs soulèvent une opposition de fond : la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, des promoteurs immobiliers, les défenseurs du patrimoine, dont Héritage Montréal, des journalistes ainsi que des citoyens et des citoyennes. Le milieu des affaires est particulièrement interpellé par la question compte tenu du prestige même de la rue qui offre une vue exceptionnelle sur le mont Royal en raison du dégagement que fournit le campus de l’Université McGill. Le promoteur accepte d’organiser des consultations publiques sur le design urbain de l’avenue et du complexe proposé. La préservation de la perspective sur la montagne ressort comme un élément à valoriser sans réserve. Le projet de Cadillac-Fairview est donc abandonné[1].
  • À l'automne 1984, le maire de Montréal, Jean Drapeau, retire son appui au projet de Cadillac Fairview et annonce que la salle de concert sera plutôt construite dans le quadrilatère formé par les rues Sainte-Catherine est, Berri, de Maisonneuve et Saint-Hubert (emplacement actuel de la Place Émilie-Gamelin). En janvier 1985, on annonce le choix d'un promoteur (Sofati) et la première pelletée de terre est levée sur le site le 11 juillet 1985 par le Premier ministre du Québec René Lévesque. Le projet comprend la salle principale de 2600 places, un parking souterrain de 600 places, une galerie de boutiques souterraine et l’école de musique de l’UQAM qui doit occuper trois étages au-dessus des locaux administratifs de l’OSM sur la face N-E du complexe. L’école doit aussi occuper une petite salle de 700 places côté ouest. Montréal aurait aménagé un parc sur l’espace résiduel.
  • Le 12 décembre 1985, le Gouvernement du Parti québécois est battu aux élections générales par les Libéraux dirigés par Robert Bourassa.
  • En octobre 1986, un comité consultatif formé par le ministre des Affaires culturelles du Québec et présidé par Jean-Pierre Goyer recommande de ne pas construire la salle de concert là où la voulait le Maire Jean Drapeau.
  • Le 22 février 2002, le premier ministre du Québec, Bernard Landry, annonce la construction d'une salle de concert pour l'Orchestre au coût de 97 M $ à être incluse dans un complexe de 281 M $, incluant des locaux pour le Conservatoire d'art dramatique de Montréal et le Conservatoire de musique de Montréal ainsi qu'une tour à bureaux pour les fonctionnaires du gouvernement du Québec[2]. Le complexe devait être érigé dans le quadrilatère bordé par les rues Sainte-Catherine, Jeanne-Mance, de Maisonneuve et de Bleury, que l'on appelle aussi l'îlot Balmoral.
  • Le 28 juin 2002, la ministre de la Culture du Québec, Diane Lemieux, annonce la tenue d'un concours pour trouver un architecte pour concevoir la salle de concert de l'Orchestre.
  • Le 14 avril 2003, le Parti québécois est défait aux élections générales et est remplacé par les libéraux dirigés par Jean Charest.
  • Le 20 novembre 2003, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Line Beauchamp, affirme que le Québec n'a pas les moyens de construire une salle de concert sans la participation de partenaires privés. Le projet de 2002 ne se réalisera pas.
  • Le 22 juin 2006, la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, annonce que le Conservatoire d'art dramatique de Montréal et le Conservatoire de musique de Montréal seront aménagés au coût de $ 45 millions dans les locaux qu’il occupait déjà (sur l'avenue Henri-Julien).
  • Le 26 juin 2006, le premier ministre, Jean Charest, accompagné de l'ancien premier ministre et président du Conseil de l'Orchestre symphonique de Montréal, Lucien Bouchard, confirme le projet d'une nouvelle salle de concert expressément conçue pour l'Orchestre; cette salle serait située dans le carré de la Place des arts, à l'angle des rues de Maisonneuve et Saint-Urbain. Le projet est évalué à 105 millions de $ et sera réalisé en partenariat public-privé. Celle-ci devrait être livrée au plus tard en 2011. Cette salle que l'on veut de calibre mondial, est la toute dernière signée du célèbre acousticien Russell Johnson[3].
  • Le 28 mai 2009, le premier ministre du Québec Jean Charest, en compagnie de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, de l'ex-premier ministre et actuel président du conseil d'administration de l'OSM, Lucien Bouchard et du maestro Kent Nagano annonce le début de la construction de la salle de l'OSM. D'une superficie de plus de 19 000 mètres carrés, elle sera composée de 2000 fauteuils et dotée d'un plateau pouvant accueillir 120 musiciens et 200 choristes. La nouvelle salle de l'OSM, nommée l'Adresse symphonique, d'une valeur de 259 millions $, sera prête à accueillir son premier concert en septembre 2011. Le grand orgue de Casavant Frères (83 jeux, 4 claviers, traction mécanique) prévu pour la salle devrait pouvoir être inauguré en 2013[4].

Direction[modifier | modifier le code]

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Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Étude de caractérisation de l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal. Commission des biens culturels du Québec, décembre 2005
  2. Communiqué de presse de l'annonce du projet de 2002
  3. Voir site web de la firme Artec consultant
  4. Isabelle Paré, « Un orgue Casavant pour la future salle de l'OSM », Le Devoir,‎ 4 décembre 2009 (ISSN 0319-0722, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]