Terre-Neuve-et-Labrador

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47° 36′ 04″ N 52° 41′ 52″ O / 47.60107, -52.697639

Terre-Neuve-et-Labrador
Newfoundland and Labrador
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Carte de localisation
Carte de localisation
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Capitale St. John's
Plus grande ville St. John's
Admission dans la Confédération 31 mars 1949 (10e)
Lieutenant-gouverneur Frank Fagan
Premier ministre Paul Davis
Sièges à la Chambre des communes 7
Sièges au sénat 6
Code postal A
Abréviation postale NL
ISO 3166-2:CA CA-NL
Démographie
Gentilé Terre-Neuvien, Labradorien
Population 526 702 hab. (2013)
Densité 1,3 hab./km2
Rang 9e
Langue officielle De jure : Aucune
De facto : Anglais
Géographie
Superficie 405 212 km2
Rang 10e
Terre 373 872 km2
Eau 31 340 km2 (7,70 %)
Fuseau horaire UTC -3:30
Divers
Devise Quaerite Primum Regnum Dei
(Latin : « Cherchez d'abord le royaume de Dieu »)
Domaine Internet .nl.ca

Terre-Neuve-et-Labrador (en anglais Newfoundland and Labrador) est une province du Canada, située à l'extrême est du pays, dans la région de l'Atlantique. Son territoire incorpore l'île de Terre-Neuve et la péninsule du Labrador, donnant ainsi une superficie de 405 212 km2. En 2013, la population de la province est estimée à 526,702 habitants[1]. Environ 92% de la population vit sur l'île de Terre-Neuve (en incluant ses petites îles associées), dont la moitié sur la péninsule d'Avalon. Du fait de sa position insulaire, elle possède sa propre variété d'anglais.

Sa capitale et sa plus grande ville, St. John's, est la vingtième plus grande aire métropolitaine du Canada, et abrite plus de 40% de la population provinciale. Ancienne colonie britannique puis éphémère dominion indépendant, elle fut rattachée au Canada en 1949, devenant la 10e province de la Confédération sous le nom de Terre-Neuve. Le 6 décembre 2001, un amendement constitutionnel a été adopté afin de changer officiellement le nom en « Terre-Neuve-et-Labrador »[2]. Cependant, bon nombre de Canadiens utilisent encore « Terre-Neuve » pour désigner la province.

Histoire avant l'Union[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Terre-Neuve.

Période de colonisation[modifier | modifier le code]

Terre-Neuve a une longue histoire. La première colonie européenne en Amérique, fondée en l'an 1000 par les Vikings, se trouvait à L'Anse aux Meadows sur l'île. Des restes et des artefacts provenant de cette occupation sont présentés à L'Anse aux Meadows, maintenant classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. L’île fut ensuite habitée par les Inuits et les Beothuks.

Malgré diverses allégations sur la fréquentation des Grands Bancs par des pêcheurs européens au début du XVe siècle, et dont la source principale paraît être l'ouvrage de Charles Desmarquets[3], le premier récit historiquement documenté est celui de l'explorateur Jean Cabot, qui accosta à Bonavista en 1497 et prit possession de Terre-Neuve au nom de la couronne d'Angleterre. Humphrey Gilbert établit un poste de pêche en 1583 à St. John's, entamant le processus de colonisation de l'ile. En 1610 John Guy fonda une colonie à Cuper's Cove, aujourd'hui connu sous le nom de Cupids, faisant de Terre-Neuve la deuxième colonie permanente anglaise en Amérique après Jamestown en Virginie[4]. Le fils de Nicholas Guy et sa femme, né le 27 mars 1613, est le premier enfant anglais dont la naissance est connue en ce qui deviendrait le Canada.[2] La colonie anglaise à l'anse Cupid fut suivie par une nouvelle colonie anglaise d'Avalon établie par Sir George Calvert à Ferryland en 1621. Sir George Calvert, qui deviendrait Lord Baltimore, était un converti anglais au catholicisme et tolérait les catholiques dans la colonie d'Avalon[5]. Malgré ces efforts, ces plantations commerciales anglaises n'eurent pas beaucoup de succès par cause du climat et les conditions difficiles en Terre-Neuve. Plus tard il fonderait la colonie anglaise de Maryland.

Les Basques, qui pêchaient les bancs de morue dès le début du XVIe siècle, fondèrent Plaisance (aujourd'hui Placentia), un havre fréquenté aussi par les pêcheurs français. En 1655 la France installe un gouverneur à Plaisance, commençant une tentative de colonisation française de l'ile[6]. Mais celle-ci fut un échec, suite aux traités d'Utrecht qui mettent fin à la guerre de succession d'Espagne entre la France et la Grande-Bretagne en 1713. Selon les termes des traités, la France renonce à ses revendications sur l'île de Terre-Neuve (ainsi que celles portant sur les côtes de la Baie d'Hudson) et confirme la possession de celle-ci par la Grande-Bretagne. Les territoires français d'Acadie y sont aussi cédés aux Britanniques. Par la suite, la population française de Plaisance se transféra à l'île Royale (aujourd'hui l'Île du Cap-Breton), fraction d'Acadie restée française, sous la surveillance du dernier gouverneur français.

La colonie n'était pas une province canadienne jusqu'en 1949 et fut de 1907 à son entrée au sein de la Confédération un dominion indépendant membre de l'Empire britannique, ayant une existence juridique séparée du Canada.

Membre de l'Empire britannique[modifier | modifier le code]

Terre-Neuve fut dotée en 1832 d'une assemblée coloniale, qui est actuellement connue sous le terme de la Chambre d'assemblée (House of Assembly). En 1855, Terre-Neuve reçut son propre gouvernement et Philip Francois Little, natif de l'île du Prince-Édouard, forma la première administration de 1855 à 1858.

Événements ayant conduit à l'union avec le Canada[modifier | modifier le code]

Carte de Terre-Neuve-et-Labrador en 1912

Terre-Neuve rejeta une première fois l'union avec la confédération canadienne dans l'élection générale de 1869. Elle demeura colonie britannique jusqu'à ce qu'elle reçût le statut de dominion en 1907 en même temps que la Nouvelle-Zélande. Elle tenta de faire un accord de libre-échange avec les États-Unis mais cela échoua. Le Dominion de Terre-Neuve atteignit son âge d'or sous le Premier ministre Sir Robert Bond.

Géographie

Terre-Neuve constitua son propre régiment pour participer à la Première Guerre mondiale afin de soutenir le Royaume-Uni. Le 1er juillet 1916, une grande partie de ce régiment fut massacrée au début de la Bataille de la Somme. La dette de guerre suite aux dépenses dues à ce régiment conduisit à un endettement croissant lors des années 1920, car contrairement à tous les États souverains de l'époque (qui annulèrent ou étalèrent leurs remboursements de leur dette de guerre à leur avantage), Terre-Neuve fit face à ses engagements financiers sans les renier.

Les années 1920 furent aussi marquées par une atmosphère de scandale. En 1923, le Premier ministre Richard Squires fut arrêté et accusé de corruption. Il fut laissé en liberté peu de temps après sur caution, mais on nomma une commission britannique dirigée par Hollis Walker pour éclairer l'affaire. Peu de temps après, le gouvernement de Squires chuta. Il revint au pouvoir en 1928 pendant la grave crise infligée au pays par la Grande Dépression. Le 5 avril 1932, une émeute de dix mille personnes à l'Assemblée contraignit Squires à s'enfuir.

Le gouvernement suivant, mené par Frederick Alderdice, demanda au gouvernement britannique de prendre le contrôle direct du pays, jusqu'à ce que Terre-Neuve soit autosuffisante.

Histoire au sein du Canada[modifier | modifier le code]

Référendum acquis de justesse[modifier | modifier le code]

En 1946, une élection mit en place une convention nationale pour décider de l'avenir de Terre-Neuve. Après un débat acharné et un premier référendum à trois options en juin 1948, un deuxième référendum en juillet 1948 décida par un vote de 52 % contre 48 % de s'unir avec le Canada.

Terre-Neuve devint membre de la Confédération canadienne le 1er avril 1949.

La politique de la province fut dominée par le Parti libéral sous Joseph R. Smallwood jusqu'en 1972. Cette année-là, le gouvernement Smallwood fut défait par les progressistes-conservateurs, parti dirigé par Frank Moores.

Brian Peckford devint premier ministre en 1979. Pendant cette période, la province lutta avec le gouvernement fédéral pour contrôler les importantes ressources pétrolières maritimes, dispute qui s'acheva par un compromis. En 1989, le Parti libéral de Clyde Wells prit le pouvoir.

Crise économique et frictions avec le gouvernement fédéral du Canada[modifier | modifier le code]

Durant les années 1990, Terre-Neuve fit face à une crise écologique et environnementale sévère. L'activité de pêcherie de morue, dont les Terre-neuviens avaient vécu pendant cinq cents ans, chuta en raison de la quasi disparition de l'espèce. Le gouvernement fédéral aida Terre-Neuve à hauteur d'un milliard de dollars.

En 1996, l'ancien politicien fédéral Brian Tobin prit le pouvoir. Son but principal était de faire profiter la province des riches dépôts de nickel récemment découverts au Labrador. Il démissionna pour retourner à la politique fédérale en 2000. Le Parti libéral s'est trouvé dans une condition affaiblie depuis ce temps, situation ressentie par l'actuel premier ministre, Roger Grimes.

Un différend perdure avec la Nouvelle-Écosse au sujet de la frontière maritime au sud.

En 2003, le gouvernement fédéral imposa un moratoire complet sur la pêche de la morue, à cause de la population extrêmement basse de ce poisson. Ceci enflamma les esprits partout dans le Canada atlantique ; en Terre-Neuve-et-Labrador, le premier ministre Grimes ordonna une revue de l'Acte d'Union et de la place de la province au Canada.

Ressources minières[modifier | modifier le code]

Le sous-sol de la province regorge de ressources minières. Les gisements de fer les plus importants au monde ont été découverts au Labrador. Le sol renferme également d'énormes quantités de minerais d'or, d'argent, d'amiante, de fluor, de tungstène, de nickel, de cuivre, de plomb, de zinc et de charbon ainsi que de gypse, de calcaire et de cobalt. Ce dernier se trouve surtout dans l'île de Terre-Neuve. Beaucoup de pétrole off-shore a été découvert en mer à 300 km environ au sud-est de la capitale St. John's dans le secteur dénommé Bassin Jeanne d'Arc (Jeanne d'Arc Basin). L'exploitation se poursuit depuis plusieurs années à l'aide de plateformes en mer, sous l'égide de puissantes compagnies nord-américaines. Aux gisements d'Hibernia, White-Rose, Terra-Nova très productifs, viendra s'ajouter celui d'Hebron dans un futur proche.

Pistes de relances du dialogue entre Terre-Neuve-et-Labrador et l'État fédéral[modifier | modifier le code]

Le 2 juillet 2003, les résultats de la Commission royale sur la place de Terre-Neuve-et-Labrador dans la fédération furent révélés[7]. La commission fit état des éléments de tensions dans la relation entre Terre-Neuve-et-Labrador et l'État fédéral :

  • l'impact massif de la destruction de l'activité de pêcherie de la morue ;
  • le fait que les ressources d'hydroélectricité du Labrador aient principalement bénéficié au Québec ;
  • le haut taux de chômage chronique ;
  • les revenus par habitant les plus bas au Canada ;
  • les hauts niveaux d'impôt ;
  • le taux d'émigration le plus élevé.

Le rapport prônait[8] :

  • un fédéralisme plus coopératif avec Terre-Neuve-et-Labrador ;
  • une action commune pour reconvertir l'activité de pêcherie ;
  • une collaboration entre l'État fédéral, le Québec, et Terre-Neuve-et-Labrador pour développer le site hydroélectrique de Gull Island (en) : Lower Churchill Project (en) ;
  • une révision des accords atlantiques pour que les réserves pétrolières maritimes (Hibernia) bénéficient en priorité à Terre-Neuve-et-Labrador ;
  • des pourparlers immédiats et réalistes sur une gestion conjointe de la pêcherie.

Démographie[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

Timbre de Terre-neuve datant de 1897, le premier au monde représentant une mine.

D'après le recensement des habitants du Canada en 2001[9], les groupes ethniques de Terre-Neuve-et-Labrador sont anglais (39,4 %), irlandais (19,7 %), écossais (6,0 %), français (5,5 %), et amérindiens (3,2 %).

En 2006, la population de Terre-Neuve-et-Labrador est estimée à 505 469 habitants.
Seules 499 830 réponses individuelles ont été recensées concernant les langues parlées à travers la province.

Rang Langue Nombre de locuteurs Pourcentage
1. Anglais 488 405 97,7 %
2. Français 1 885 0,4 %
3. Innu-aimun 1 585 0,3 %
4. Chinois 1 080 0,2 %
5. Espagnol 670 0,1 %
6. Allemand 655 0,1 %
7. Inuktitut 595 0,1 %
8. Ourdou 550 0,1 %
9. Arabe 540 0,1 %
10. Hollandais 300 0,1 %
11. Russe 225 < 0,1 %
12. Italien 195 < 0,1 %

Au total, il y a également eu 435 réponses référençant l'anglais et une langue non-officielle, 30 référençant le français et une langue non-officielle, 295 référençant l'anglais et le français, 30 référençant l'anglais, le français et une langue non-officielle et environ 14 305 personnes n'ayant donné aucune réponse durant le recensement des langues primaires[10].

Situation économique[modifier | modifier le code]

L'économie de Terre-Neuve-et-Labrador connaît depuis quelques années une croissance fulgurante, grâce aux développements de l'exploitation pétrolière offshore, grâce aussi aux projets miniers, dont celui de « Voisey's Bay » et au tourisme. En 2007, le PIB y a progressé de 9,1 %. Le PIB par habitant, longtemps au dernier rang des provinces, est passé à 48 739 $ en 2007, pour se situer au deuxième rang, derrière l'Alberta. Le Québec, en comparaison, avait un PIB par habitant de 37 138 $.

Les mises en chantiers résidentiels étaient de 3 261 en 2008[11].

Le taux de chômage reste élevé à cause de la proportion relativement importante de travailleurs saisonniers.

Fiche de renseignements[modifier | modifier le code]

  • Capitale : St-Jean (St. John's)
  • Devise : Quaerite Primum Regnum Dei (Cherchez d'abord le royaume de Dieu)
  • Fleur emblème : La sarracénie pourpre
  • Date d'entrée dans la Confédération : Le 1er avril 1949
  • Membres de l'Assemblée législative : 48
  • Députés à la Chambre des communes : 7
  • Sénateurs : 6
  • Population en 2008 : 508 270
  • Revenu familial annuel moyen - 2003 : 47 100 $
  • Taux d'emploi - 1997- 62,4 %
  • Coûts des soins de santé par habitant - 1995 : 2 612 $
  • L'inflation mesurée à l'IPC - 1997 : 1,2 %
  • Revenu hebdomadaire moyen - 1997 : 483,49 $
  • Mises en chantier d'habitations - 2007 : 2 649 (Source : la SCHL)
  • Taxe de vente harmonisée - 2009 : 13 % (dont 5 % provient du TPS fédéral)
  • Population urbaine - 1996 : 41,8 %
  • PIB par habitant - 2007 : 48 739 $ (Source : Statistiques Canada, PIB par province)
  • Croissance du PIB - 2008 : 9,1 %
  • Superficie par rapport au reste du Canada : 4,06 %

Sport[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Estimates of population, Canada, provinces and territories », Statistics Canada (consulté le 28 septembre 2013)
  2. « Newfoundland's name change now official », Canadian Broadcasting Corporation,‎ 6 décembre 2001 (lire en ligne)
  3. Charles Desmarquets, Mémoires chronologiques pour servir à l'histoire de Dieppe et à celle des navigations françaises, Paris, Libr. Desauges,‎ 1785 : une analyse du contenu de ce livre et du crédit qu'il faut y ajouter est donnée par exemple dans la préface de Ch.-A. Julien au volume Les Français en Amérique dans la première moitié du XVIe siècle, Presses universitaires de France,‎ 1946 (réimpr. Voyages au Canada, 1989, éd. La Découverte).
  4. Cf. Gillian T. Cell, Newfoundland Discovered, English Attempts at Colonization, 1610-1630, Toronto, Hakluyt Society,‎ 1982 ; et du même auteur, Early European Settlement and Exploitation in Atlantic Canada (éd. par G. M. Story),, Saint-Jean de Terre-Neuve, Memorial University of Newfoundland,‎ 1982, « The Cupids Cove Settlement: A Case Study of the Problems of Early Colonisation », p. 97-114
  5. Colonisation officielle: la mise en valeur de Terre-Neuve
  6. Historique de Plaisance, Patrimoine de Terre-Neuve et du Labrador, Memorial University of Newfoundland [1]
  7. Le Gaboteur, « Rapport de la commission royale - Un document fort timide », sur Acadie.net,‎ 26 août 2003
  8. (en) Royal Commission on renewing and strengthening our place in Canada, Our place in Canada,‎ 2003 (ISBN 1-55136-209-5[à vérifier : ISBN invalide], présentation en ligne, lire en ligne)
    Présentation en français
  9. Démographie du Canada.
  10. (en) [Recensement des langues les plus utilisés au Canada]
  11. Source : Statistiques Canada, Mise en chantier, par province

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Le NGCC Labrador au port de St. John's à l'été 1982

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]