Office québécois de la langue française

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Office québécois
de la langue française
Office québécois de la langue française
Édifice Camille-Laurin, siège social de l'Office québécois de la langue française, à Montréal, dans l'ancien édifice de l'École des Beaux-Arts sur la rue Sherbrooke Ouest
Édifice Camille-Laurin, siège social de l'Office québécois de la langue française, à Montréal, dans l'ancien édifice de l'École des Beaux-Arts sur la rue Sherbrooke Ouest

Création
Juridiction Ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles
Siège Montréal, Drapeau : Québec Québec
Employés 253 (31 mars 2009)
Budget annuel 18,8 millions $CAN (2006-2007)
Ministre responsable Diane De Courcy
Direction Robert Vézina (PDG)
Agences filles Commission de toponymie du Québec
Comité d'officialisation linguistique
Comité de suivi de la situation linguistique
Site web oqlf.gouv.qc.ca/

L’Office québécois de la langue française (OQLF), connu sous le nom de l’Office de la langue française (OLF) jusqu'au , est une institution publique québécoise créée le , soit au même moment que le ministère des Affaires culturelles du Québec (aujourd’hui le ministère de la Culture et des Communications du Québec). Cette institution est à l’origine du Grand dictionnaire terminologique (GDT) et de la Banque de dépannage linguistique (BDL).

La Charte de la langue française, adoptée par l’Assemblée nationale du Québec en 1977, augmenta ses responsabilités en y ajoutant l’application de la politique linguistique du Québec. Deux nouveaux organismes furent alors créés, soit le Conseil de la langue française et la Commission de toponymie du Québec.

Historique[modifier | modifier le code]

C’est le 1er avril 1961 qu’entre en vigueur la Loi instituant le ministère des Affaires culturelles; cette loi prévoit aussi la création de l’Office de la langue française (OLF). L’organisme, né dans la foulée de la Révolution tranquille à l’instigation de George-Émile Lapalme, a alors pour mission de veiller à la correction et à l’enrichissement de la langue parlée et écrite.

Le 28 novembre 1969, la Loi pour promouvoir la langue française est sanctionnée. Cette loi élargit le mandat de l’Office et elle introduit la notion du droit de travailler en français.

En 1974, la Loi sur la langue officielle est adoptée. Elle vise à renforcer le statut et l’usage du français au Québec et confie à l’Office, devenu la Régie de la langue française, un rôle déterminant dans la mise en œuvre de ses dispositions. Comme son nom l’indique, la nouvelle loi proclame le français langue officielle du Québec.

Le 26 août 1977 est sanctionnée la Charte de la langue française. Première loi linguistique à caractère obligatoire, elle reprend plusieurs éléments de la Loi sur la langue officielle, dont elle accroît la portée, et elle renforce de façon substantielle le statut de la langue française au Québec. Pour sa mise en œuvre, la Charte institue, outre l'Office de la langue française, la Commission de toponymie, la Commission de surveillance et des enquêtes et le Conseil de la langue française.

En 2002, la Loi modifiant la Charte de la langue française fusionne l’Office de la langue française et la Commission de la protection de la langue française au sein de l’Office québécois de la langue française (OQLF). Deux nouveaux mandats, le traitement des plaintes et le suivi de la situation linguistique sont alors confiés à l’Office québécois de la langue française. L’organisme a aussi institué deux comités présidés chacun par un ou une membre de l’Office : le Comité d’officialisation linguistique et le Comité de suivi de la situation linguistique.

Mission[modifier | modifier le code]

L’Office québécois de la langue française est un organisme gouvernemental qui a pour mission de définir et de conduire la politique québécoise en matière d’officialisation linguistique et de terminologie ainsi que de francisation de l'Administration et des entreprises. Il a pour mandat de veiller à ce que le français soit la langue normale et habituelle du travail, des communications, du commerce et des affaires.

L’Office est de plus chargé d’assurer le respect de la Charte de la langue française, agissant d’office ou à la suite de la réception de plaintes sur de présumées contraventions à la Charte.

L’Office doit aussi surveiller l'évolution de la situation linguistique au Québec.

Membres[modifier | modifier le code]

L’Office est composé de huit membres dont un président-directeur général nommé par le gouvernement pour au plus cinq ans. Les membres sont[1] :

  • Robert Vézina : Président-directeur général
  • Jacques Beauchemin : Sous-ministre associé responsable de l’application de la politique linguistique
  • Gordon Bernstein : Vice-président de Bernstein Delambre
  • Daniel Boyer : Secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  • Monique C. Cormier : Professeure titulaire et directrice, Département de linguistique et de traduction de l’Université de Montréal
  • Gilles Dulude : Président de Synergroupe Conseils en ressources humaines inc.
  • Marie Gendron : Directrice générale de l'opération sociétale de la Fondation Lucie et André Chagnon
  • Marc Termote : Professeur associé au Département de démographie de l’Université de Montréal

Services[modifier | modifier le code]

Les pages du site Web de l’OQLF présentent de nombreuses ressources sur la langue française, sur les aspects réglementaires et légaux, et des services destinés à aider les consommateurs, les travailleurs et les citoyens à faire valoir leurs droits dans le domaine linguistique dans un pays où la pression de l’anglais est très forte.

Certaines ressources linguistiques sont utiles pour l’ensemble de la communauté francophone, en particulier le Grand dictionnaire terminologique, base de données terminologique comprenant près de trois millions de termes, donnant définitions et équivalences avec l’anglais et, lorsque pertinent, le latin. Cet outil gratuit en ligne est destiné aux rédacteurs souhaitant éviter les anglicismes et les termes considérés comme désuets ou non recommandés. La Banque de dépannage linguistique est également d’intérêt général.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Plusieurs distinctions sont attribuées par l’OQLF pour récompenser les personnes et les organisations qui contribuent à la survie de la langue française en Amérique. Elles sont distribuées dans le cadre du Grand gala des Mérites du français, qui a lieu à chaque année, habituellement en mars pendant la Francofête.

L’OQLF récompense également les efforts de francisation des personnes et des organisations. Depuis plus de 20 ans, l’Office leur remet le Mérite du français au travail et dans le commerce[2].

Depuis 1998, l’Office québécois de la langue française remet aussi les Mérites du français dans les technologies de l’information[3].

Depuis 1999, en collaboration avec l’Union des artistes (UDA), l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), l’OQLF remet les Mérites du français dans la culture.

Depuis 1999, remplaçant le Mérite de la langue française, l’OQLF remet le Prix Camille-Laurin pour souligner les efforts d’une personne qui, dans son milieu social, promeut l’utilité de la qualité de la langue française.

Depuis 2005, en collaboration avec l’Association Québec-France et le Mouvement national des Québécoises et des Québécois, l’Office québécois de la langue française remet le Prix littéraire Québec-France/Marie-Claire-Blais à un écrivain français pour son premier ouvrage.

En collaboration avec le ministère de l’Immigration du Québec, l’OQLF remet les Mérites en francisation des nouveaux arrivants. Une récompense est pour une personne immigrante non francophone, puis une autre pour une personne œuvrant dans le domaine de la francisation des immigrants, un partenaire institutionnel ou communautaire en francisation, et une entreprise[4].

Plaintes[modifier | modifier le code]

Les Québécois dont le droit de consommateur (« être informé et servi en français[5] ») n’est pas respecté peuvent faire parvenir une plainte à l’OQLF, qui est responsable du processus des plaintes.

Contrairement à la croyance populaire, l’Office ne tient pas compte des plaintes anonymes. Selon l’article 168 de la Charte, la plainte doit être écrite et doit contenir l’identité du plaignant[6]. L’Office fera en sorte de s’assurer de la confidentialité des informations reçues, telle que prévue par la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. Aussi, l’OQLF n’a pas le pouvoir d’envoyer un agent sans avoir reçu de plaintes. Le faire sans plaintes requiert un vote par les membres de l’OQLF.

Les statistiques compilées par l’OQLF pour 2005-2006 révèle que près de 1306 plaignants ont rempli 3652 plaintes. 1078 (29,5 %) des plaintes provenaient de la région de Montréal, tandis que 883 (24,2 %) provenaient de la région de l’Outaouais, et 386 (10,6 %) provenaient de la Montérégie[7].

Le non-respect de l’article 51, la langue des produits (étiquettes, emballages, manuels d’instructions, directives, certificats de garanti), s’élevait à un total de 43 % des plaintes. 13,8 % des plaintes concernaient le non-respect de l’article 52 (langue des catalogues, dépliants, directives d’entreprises) et 9,6 % concernaient les articles 2 et 5 (la langue du service)[7].

Entre le et le , l’OQLF a classé 2899 plaintes. 797 étaient des cas résolus, 523 étaient des plaintes non fondées, 430 où le produit a été retiré immédiatement des tablettes, 199 plaintes étaient passées date, et 183 étaient des cas de traduction de produits. Pour l’année 2006, il y a eu 127 infractions allant de 250 $ à 5 000 $[8].

Perception négative des anglophones[modifier | modifier le code]

L’Office québécois de la langue française a été créé afin de promouvoir la norme usuelle de la langue française au Québec. L’OQLF est aussi devenue l'une des plus évidentes manifestations des tensions linguistique que le Québec a connues à travers l'adoption successives de différentes lois concernant la langue officielle qui devait être en usage dans la province; entre 1977 et 1988, l'Office était chargé de faire respecter les dispositions de la Charte de la langue française qui imposaient le français comme seule langue autorisée sur l’affichage commercial extérieur.

Le terme « Language Police » (« Police de la langue ») a été popularisé par l’émission américaine 60 Minutes, qui a enquêté sur les lois linguistiques du Québec. Légalement, l’OQLF n’a pas les pouvoirs de la police, même si la loi prévoit des amendes aux contrevenants. La grande majorité des cas de contravention à la loi se règlent à l'amiable. Les cas litigieux sont normalement confiés au Procureur général qui décide ou non d'entamer des poursuites selon la preuve constituée par l'Office. La plupart du temps, l’Office convaincra l’entreprise contrevenante qu'il est de son propre intérêt financier de respecter la majorité des consommateurs (qui parlent français). En général, les entreprises choisissent de leur propre gré de s’adresser en français aux consommateurs francophones, puisqu’ils constituent 80 % de la population québécoise.

Il y a néanmoins des cas, chaque année, où des entreprises reçoivent des amendes, mais aucune n'a jamais été fermée pour violation de la loi, car aucune disposition de la Charte de la langue française ne donne ce pouvoir à l'Office ou au gouvernement. Selon les statistiques de l’OQLF, 95 % des plaintes des citoyens qui sont jugées valides sont résolues sans avoir recours aux tribunaux. Dans une année moyenne, l’OQLF reçoit entre 3 000 et 4 000 plaintes des citoyens. Parmi elles, 40 à 50 % concernent les produits commerciaux qui n’ont pas de manuels ou d’emballages francophones, 25 % concernent l’affichage des magasins, 10 % les sites Web et 5 % la langue du service[9].

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

À l'origine, la Charte de la langue française obligeait tous les affichages commerciaux à être exclusivement en langue française. En 1988, lors de la poursuite de Ford c. Québec (Procureur général), la Cour suprême du Canada a jugé que cette pratique était anticonstitutionnelle. À la suite des protestations massives à l’appui de la législation, le gouvernement Bourassa a invoqué la disposition de dérogation, permettant à la loi de demeurer pour une période de cinq ans, après quoi elle devrait être révisée. En 1993, les Nations unies ont jugé que ce n’était pas de la juridiction du gouvernement de limiter la liberté d’expression de cette façon particulière. Également en 1993, mais sans lien avec la déclaration des Nations unies, Québec a révisé la loi et a assoupli ses règlements linguistiques, exigeant dorénavant que le français soit représenté de manière prédominante dans l’affichage extérieur des entreprises, tel que suggéré par la Cour suprême du Canada.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Membres de l’Office québécois de la langue française, dans le site Web de l’OQLF, février 2014
  2. Mérites du français au travail et dans le commerce, sur le site Web de la FrancoFête. Consulté le
  3. Mérites du français dans les technologies de l’information, sur le site Web de la FrancoFête. Consulté le .
  4. Mérites en francisation des nouveaux arrivants, sur le site Web du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles. Consulté le .
  5. Article 5 du Chapitre II sur les Droits linguistiques fondamentaux de la Charte de la langue française, sur le site Web de l’Office québécois de la langue française. Consulté le .
  6. Questions générales concernant le respect des droits linguistiques, sur le site Web de l’Office québécois de la langue française. Consulté le .
  7. a et b Respect des droits linguistiques et plaintes — 2005-2006 — Statistiques, sur le site Web de l’Office québécois de la langue française. Consulté le .
  8. Respect des droits linguistiques et plaintes — Infractions pour l’année 2006, sur le site Web de l’Office québécois de la langue française. Consulté le
  9. Respect des droits linguistiques, sur le site Web de l’Office québécois de la langue française. Consulté le .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]