Français de Suisse
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| Suisse Romand "romand/romand" |
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| Parlée en | Suisse |
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| Région | Suisse romande |
| Nombre de locuteurs | 1 500 000[1] |
| Classification par famille | |
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| Statut officiel | |
| Langue officielle de | |
| Codes de langue | |
| IETF | fr-ch |
| modifier |
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Le français de Suisse est parlé en Suisse romande, la partie francophone de la Suisse, par environ 1,48 million de personnes.
Il se différencie peu du français de France ou du français de Belgique. Ainsi un Suisse Romand n'aura aucune difficulté à comprendre un Français, alors qu'un Français pourra s'étonner de quelques mots employés uniquement en Suisse romande et dans les régions limitrophes françaises (par exemple dans le parler savoyard).
Le Suisse Romand se caractérise par quelques termes issus de l'arpitan ou francoprovençal, par des mots tels que septante, huitante ou nonante, ainsi que localement par des mots et expressions issues de langues germaniques tel que mouttre, witz, ou poutser. Ce dernier phénomène provenant en partie de la puissance de la communauté alémanique en Suisse et donc de son influence sur le reste du pays mais également de la migration de nombreux Alémaniques en Romandie[réf. nécessaire]. Le français local de Suisse romande ressemble à celui des régions limitrophes, notamment celui de la Savoie voisine, qui fait également partie de l'aire linguistique arpitane[2].
Sommaire |
Différences entre le Suisse Romand et le français de France [modifier]
Différence d'accent [modifier]
Le français de Romandie se distingue d'abord du français standard par son ou ses accents. Un locuteur vaudois, par exemple, aura très souvent tendance à prononcer le « e muet » des mots se terminant par -ée, -ie, -ue. Ce e muet peut être rendu soit par un jod ([j]) dans les terminaisons en -ée, soit par un allongement de la voyelle qui précède pour les terminaisons en -ée, -ie, -ue; exemples :
- « aimée » se prononce en [eme] en français standard, mais [ɛmej] ou [ɛmeː] en vaudois
- « vie » se prononce [viː] en vaudois
- « venue » se prononce [vənyː] en vaudois.
Loin d'être une déformation due à un quelconque « accent paysan », cette particularité témoigne du fait que le français vaudois est en quelque sorte plus archaïque, et par ailleurs plus proche du francoprovençal que du français standard. Ainsi cette prononciation des e dits « muets » en français standard est la survivance vestigiale de la syllabe latine -ta : lat. vita > vaudois [viː] où l'allongement du [i] serait la dernière trace du -ta latin avant l'amuïssement total qu'on connaît en français standard.
À l'emporter au lieu de à emporter [modifier]
Il n'est pas rare de voir des commerçants suisses afficher la mention « à l'emporter », par exemple, une pizza à l'emporter en Suisse, et une pizza à emporter en France.
J [modifier]
La lettre J se prononce « ji » ou « ij » en Suisse alors que l'usage français courant est exclusivement « ji ».
Nombres [modifier]
Le français de France utilise les termes soixante-dix pour 70, quatre-vingts pour 80 et quatre-vingt-dix pour 90. Le Suisse Romand utilise respectivement les termes septante, huitante (seulement dans certaines régions des cantons de Vaud, de Fribourg et du Valais ; les cantons de Genève, de Neuchâtel, du Jura et de Berne utilisant quatre-vingts) et nonante ou neunante dans le canton de Vaud. Septante et nonante se retrouvent également en Belgique, en Savoie et en République démocratique du Congo.
Cette différence est particulièrement frappante pour des nombres tels que 1492, qui se lit souvent en France quatorze cent quatre-vingt-douze selon la tradition vicésimale tandis qu'en Suisse, on le lira avec une logique plus décimale mille quatre cent nonante-deux.
Y au lieu de le ou la [modifier]
À l’oral seulement et dans la région genevoise (mais qu’on retrouve aussi très fréquemment en Savoie), le pronom le ou la en tant que complément d’objet direct est très souvent remplacé par y.
Exemples :
- « Où veux-tu que j'y pose le gâteau aux pommes ? Poses-y sur la table ! »
- « Si t’y fais, fais-y comme il y faut ! »[3]
Le sens profond de cette différence [modifier]
Charles-Ferdinand Ramuz donnait à ces différences un sens qui dépasse le lexique ou la syntaxe pour faire du Suisse romand la manifestation d'un pays différent de la France quoique partageant avec elle sa langue.
Cette revendication d'une spécificité d'un pays francophone à l'égard de la France se retrouve au Québec qui se réclame d'une culture québécoise ou en Wallonie tel que l'a exprimé en 1983 le Manifeste pour la culture wallonne et son prolongement dans un texte semblable de 2003. Ces observations valent non seulement pour le Québec, la Wallonie ou la Suisse romande, mais aussi pour d'autres pays de la Francophonie.
En Suisse romande se conjuguent les influences du suisse allemand, qui tend à exporter des mots, et du parler francoprovençal, majoritairement parlé jusqu'au début du XXe siècle (selon les cantons).
Notes et références [modifier]
TRS = RTS? => TSR (Télévision Suisse Romande) = nouvellement RTS (Radio Télévision Suisse)