Samuel de Champlain

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Samuel de Champlain
Portrait factice de Champlain, par Théophile Hamel (1870), d'après une gravure de Moncornet représentant Michel Particelli d'Émery.
Portrait factice de Champlain, par Théophile Hamel (1870), d'après une gravure de Moncornet représentant Michel Particelli d'Émery.
Fonctions
1er gouverneur de la Nouvelle-France
16271635
Monarque Louis XIII
Prédécesseur Création du poste
Successeur Marc Antoine Jacques Bras-de-fer de Châteaufort
Biographie
Date de naissance Entre 1567 et 1580
Lieu de naissance Brouage
Date de décès 25 décembre 1635
Lieu de décès Québec
Nationalité Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Profession Navigateur, cartographe, soldat, explorateur, géographe, commandant et chroniqueur
Résidence Habitation de Québec

Signature
Gouverneurs généraux de la Nouvelle-France

Samuel de Champlain serait né à Brouage, dans l'ancienne province de Saintonge en France[note 1] (aujourd'hui Charente-Maritime), entre 1567 et 1580[note 2] ; il est mort à Québec (Nouvelle-France, ancienne dénomination du Canada) le 25 décembre 1635.

En 2012, un acte de baptême identifié par le généalogiste Jean-Marie Germe indiquerait que l'explorateur fut baptisé le 13 août 1574, à La Rochelle, dans l'ancienne province d'Aunis.

Champlain est tout à la fois un navigateur, un cartographe, un soldat, un explorateur, un géographe, un commandant et un chroniqueur français.

Après une formation de navigateur en Saintonge (vers 1586-1594)[note 2], il se fait soldat en Bretagne (1595-1598), puis explorateur des colonies espagnoles d'Amérique (1599-1601), du fleuve Saint-Laurent (1603) ainsi que de l'Acadie (1604-1607) et de la côte atlantique (entre l'actuel Nouveau-Brunswick et Cap Cod). Il est surtout connu pour avoir ensuite fondé la ville de Québec, le 3 juillet 1608. À cette fin, il bénéficie du soutien du roi Henri IV de France, de Pierre Dugua de Mons, de François Gravé, et du chef montagnais Anadabijou[1],[2].

N'appartenant pas à la noblesse, Champlain agit en tant que subalterne d'un noble désigné par le roi : à Québec, il est « lieutenant du vice-roi de la Nouvelle-France » resté en France, puis à partir de 1629 « commandant en la Nouvelle-France en l’absence » du cardinal de Richelieu[coll 1]. Administrateur local de la ville de Québec jusqu'à sa mort, il ne reçoit jamais le titre officiel de gouverneur de la Nouvelle-France, même s'il en exerce les fonctions. Son acharnement à vouloir implanter une colonie française en Amérique du Nord lui vaut, depuis le milieu du XIXe siècle, le surnom de « Père de la Nouvelle-France ».

Les difficultés rencontrées dans cette entreprise sont nombreuses[1], et ce n'est qu'à partir des étés 1634 et 1635, dans les dix-huit derniers mois de sa vie, que Champlain voit son rêve de colonisation se concrétiser, avec l'arrivée et l'établissement de quelques dizaines de familles de colons[note 3].

Sa jeunesse : carrière militaire et premières explorations[modifier | modifier le code]

Charente-Maritime
L'acte de baptême de Samuel, fils d'Anthoynne Chapeleau et de Marguerite Le Roy, le 13 août 1574, à La Rochelle.
Monument à la mémoire de Champlain devant l'église de Brouage
Buste de Champlain à Paris VIII, cours la Reine

Samuel de Champlain[note 4] serait né à Brouage, en Saintonge, mais il n'existe pas de consensus sur sa date de naissance. Les publications la situent généralement en 1567[3],[4], mais les preuves formelles manquent, car les registres de Brouage pour la période antérieure à 1690 furent perdus dans un incendie[5]. L'estimation « 1567 » semble provenir de l'abbé Pierre Damien Rainguet dans son ouvrage[6] publié en 1851. L'abbé Laverdière, dans l'introduction de son édition des Œuvres de Champlain, en 1870, dit accepter ce dire de Rainguet, et il tente de démontrer que la date est plausible[Laverdière 1]. Certaines sources présentent des variations importantes de cette estimation de l'année de naissance : ainsi, le professeur Marcel Trudel la situe d'abord en 1567, puis vers 1570[Trudel 1], ajoutant ensuite « ou plus tard, vers 1580 »[Trudel 2].

Un acte de baptême identifié en 2012 par le généalogiste Jean-Marie Germe dans les registres pastoraux du temple Saint-Yon de La Rochelle (conservés aux Archives départementales de la Charente-Maritime et mis en ligne sur le site du Conseil général) indique que le futur explorateur est baptisé le 13 août 1574, au temple Saint-Yon, à La Rochelle. L'acte concerne un Samuel, fils d'Anthoynne Chapeleau[note 5] et de Marguerite Le Roy[7]. Pour autant, rien n'indique que Champlain soit né dans cette ville. « On considère pour l'instant que la naissance a probablement eu lieu à Brouage et le baptême à La Rochelle », précise Jean-Marie Germe. En outre, dans un acte du 23 décembre 1573, devant le notaire Jean Villain, Antoine Chappelain, qui y vend 50 % d'une barque, est dit « pilote de navire à Brouage »[8]. Les parents du futur explorateur, de confession protestante alors, se seraient rendus à La Rochelle[note 6], où ils font baptiser leur fils, car Brouage ne comptait pas de temple protestant[9]. Cet acte de baptême n'indique ni la date de naissance du fils, ni son âge, ni son lieu de naissance[10]

Brouage, anciennement Jacopolis, est fondée en 1555 et fortifiée en 1578 par le roi catholique de France (donc, ville catholique au milieu d'une région protestante), à la suite de l'annexion de la ville au domaine Royal en 1577, après sept années de contrôle par les protestants. Fondée par un protestant, la ville sera prise et reprise : de 1555 à 1569 elle est protestante, 1569 à 1570 elle est catholique, de 1570 à 1577 elle est protestante, puis définitivement catholique à partir de 1578[11]. Champlain a pu naître à Brouage durant un de ces contrôles calvinistes, ce qui expliquerait son prénom biblique (Samuel), à connotation protestante[12],[13].

Samuel de Champlain est, selon son contrat de mariage (fin 1610)[Laverdière 2], le fils de défunt « Anthoine de Champlain[note 4], capitaine de la Marine, et de Marguerite Le Roy »[Trudel 2].

Son enfance est peu connue, mais il en tire une bonne formation de navigateur et de cartographe, ainsi que de dessinateur et de rédacteur de textes. Il écrit plus tard de nombreux ouvrages : des chroniques de la Nouvelle-France (« Voyages » : œuvres publiées en 1603, 1613, 1619, 1632) et un Traité de la marine et du devoir d'un bon marinier (1632). Un seul ouvrage (écrit peu avant 1603), le Brief discours des choses plus remarquables que Samuel Champlain de Brouage a reconnues aux Indes Occidentales[Laverdière 3],[coll 2], qu'il ne publie pas et qui lui est imputé[coll 3], éclaire la période de sa vie comprise entre 1595 et 1601.

Dans l'armée du roi, en Bretagne (1595-1598)[modifier | modifier le code]

Samuel Champlain s'engage dans l'armée du roi, sous la direction des maréchaux d'Aumont, de Saint-Luc, puis de Brissac[note 7], à Blavet, en Bretagne. Cette armée levée par Henri IV vise à soumettre le duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne, qui offre refuge à un corps expéditionnaire espagnol et aux dernières troupes rebelles de la ligue catholique, durant la huitième guerre de religion (15851598).

Samuel Champlain sert dans ce corps d'armée pendant trois ans, jusqu'à la Paix de Vervins (1598). Il s'y taille une bonne réputation auprès de ses supérieurs hiérarchiques. D'abord fourrier, « aide » de Jean Hardy (qui est le maréchal des logis), puis « enseigne » du sieur de Millaubourg, il finit par obtenir le grade de maréchal des logis[note 8]. Il reçoit du roi dès 1603 une rente viagère, qui en 1618 est augmentée à 600 livres par an[coll 1],[coll 4],[note 9].

Ses premières explorations[modifier | modifier le code]

Dans le Golfe du Mexique (1599-1601)[modifier | modifier le code]

D'après le « Brief discours »[Laverdière 3],[coll 2], Champlain s'embarque en 1599 pour l'Espagne. Il est chargé de la sécurité du Saint-Julien, un navire de son oncle maternel par alliance, Guillaume Allène, dit « le capitaine provençal ». Il se joint à cette expédition de deux ans pour les « Indes occidentales » : aux Antilles et dans le Golfe du Mexique. Informé ou conseillé par des Espagnols, Champlain se serait rendu en exploration jusqu'à Mexico, et jusqu'à ce qui est aujourd'hui le Panama, dont il aurait su l'étroitesse de l'isthme et la pertinence d'y construire un jour un canal offrant un passage à l'autre océan.

Sur le fleuve Saint-Laurent (1603)[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative des départs de Champlain dans le port de Honfleur.

Son premier voyage vers l'Amérique du Nord commence en 1603, où il sert en tant que navigateur, explorateur et cartographe, assistant de François Gravé, (dit Sieur du Pont ou Pont-Gravé, Gravé-Dupont, le Pont), marchand et navigateur, chef d'une expédition de traite des fourrures au Canada[14], sous mandat d'Aymar de Chaste, gouverneur de Dieppe et alors titulaire du monopole commercial de la Nouvelle-France. François Gravé est un explorateur expérimenté de ces régions, et chaque été depuis peut-être 20 ans[1], il remonte le fleuve Saint-Laurent en barque[note 10],[15] jusqu'aux Trois-Rivières. Recommandé par De Chaste auprès de François Gravé, et désireux de se faire valoir auprès d'Henri IV, Champlain promet au roi de lui faire un rapport détaillé de cette expédition.

Le 15 mars 1603, Champlain quitte Honfleur (en Normandie), à bord de La Bonne Renommée. Deux autres navires font partie de l'expédition, dont La Françoise. Le 24 mai 1603, la flotte s'ancre à Tadoussac. Le 27 mai, Champlain et François Gravé traversent en barque l'embouchure du Saguenay, et descendent à la Pointe aux Alouettes[16]. Ils rendent ainsi visite au chef montagnais Anadabijou, qui campe aux environs. Ce dernier les accueille alors qu'il est en plein festin, au milieu d'une centaine de guerriers. Un conseil se réunit, et l'un des leurs, qui revient de France, parle amplement du pays qu'il a visité, et raconte l'entrevue qu'il a eue avec Henri IV. Il explique ainsi que le roi des Français leur veut du bien et désire peupler leur terre.

Champlain et François Gravé participent au rituel du calumet de paix, et aspirent de grandes bouffées de fumée de tabac. Cette première entente marque toute la politique indienne française du siècle suivant, et notamment la participation des Français aux guerres contre les Iroquois, alors ennemis des Montagnais et des autres nations fréquentant le fleuve. Cette rencontre terminée, les Français quittent les lieux le 18 juin 1603, vers l'amont.

L'expédition à laquelle participe Champlain suit les traces de Jacques Cartier. Ils souhaitent rejoindre le lieu que Champlain désigne comme le « Grand Sault saint Louis »[note 11], que Jacques Cartier appelait Ochelaga et qu'il n'avait pas réussi à franchir (le 2 octobre 1535)[Laverdière 4]. Champlain décrit des courants puissants qui rendent difficile la navigation de leurs canots[Laverdière 5], et les oblige à terminer leur parcours par voie de terre[Laverdière 6]. Trop pressé d'atteindre ce « grand sault », qu'il espère franchir, Champlain remarque à peine les deux endroits stratégiques où plus tard il établira des postes de traite et de colonisation : Québec et Trois-Rivières.

Champlain n'a pas d'autre assignation officielle pour ce voyage que d'esquisser avec une grande précision une carte de « la Grande Rivière de Canadas », de son embouchure jusqu'au « Grand Sault Saint-Louis ». À son retour en France le 20 septembre, il fait son rapport au roi et publie un compte-rendu de l'expédition, intitulé Des sauvages... (relation de son séjour dans un campement estival de Montagnais à Tadoussac, puis de son parcours sur les traces de Jacques Cartier)[Laverdière 7], avec dessins et cartes.

En Acadie et jusqu'au-delà du futur Boston (1604-1607)[modifier | modifier le code]

À nouveau chargé par Henri IV de lui faire rapport de ses découvertes, Champlain participe à une autre expédition (sans femme ni enfant) en Nouvelle-France au printemps 1604, menée celle-là par Pierre Dugua de Mons et toujours pilotée par François Gravé sieur Dupont. Appareillant du Havre-de-Grâce, l'expédition compte deux navires, la Bonne Renommée et le Don de Dieu. Champlain contribue à l'instauration de l'habitation de l'Île Sainte-Croix, le premier établissement français du Nouveau Monde. Ensuite, le groupe déménage le tout à Port-Royal. Puis Champlain s'active ensuite au jardinage. L'année suivante aussi, mais avec un connaisseur nouveau venu, l'épicier et apothicaire parisien Louis Hébert.

Et, durant toutes ces années, Champlain explore et cartographie le littoral de l'Atlantique, de l'Île du Cap-Breton jusqu'au sud du « Cap Blanc » (Cap Cod, dans le Massachusetts), en passant par la Frenchman Bay qui doit ce nom à sa personne lors de la reconnaissance de cette côte, lors de la recherche des endroits les plus faciles à défendre et les plus propices à y établir une colonie. Puis en 1606 il fonde à Port-Royal l'Ordre de Bon Temps, pour que tous y passent « fort joyeusement » l'hiver. Au mois de mai 1607, la nouvelle arrive que les privilèges de commerce de Pierre Dugua de Mons sont révoqués. Port-Royal est alors livré à la surveillance de leur ami le chef Membertou et toute l'expédition retourne en France.

Le Mercure François de 1608 rapporte ainsi l'installation des premiers Français en Nouvelle-France[17] (après actualisation orthographique des mots mis ici en italique) :

« [...]

Des navigations des François en Canada

Nous avons dit cy-dessus que les Holandois continuaient leurs navigations en l’une & l’autre Inde; & les Anglois en Virginie: Quant aux François naviguant en la Nouvelle France, le sieur des Monts obtint du Roy en cette année nouvelle confirmation de privilège pour la traite des Castors en la nouvelle France, afin qu’il eût moyen d’y mieux établir à l’advenir ses Colonies ; & y envoya au mois de mars trois Navires garnies de bons ouvriers & familles, pour y commencer des Républiques. Il ne sera hors de propos de rapporter quand il entreprit d'y naviguer.

Le Sieur des Monts Vice Amiral en la Nouvelle France 1604

L’an 1603, le sieur des Monts ayant proposé au Roy, qu’il falloit commencer une habitation en la Nouvelle France, & ne se contenter d’en voir le pays, obtint de sa Majesté permission d’y aller avec titre de Vice-Admiral et défences à tous, fors à ceux qui seroient entrez en association avec luy pour ladite entreprise, d’équipper aucuns vaisseaux pour y négocier de fourrures & autres marchandises, durant le temps de dix ans portez par sa permission, sçavoir, depuis le Cap de Raze jusques au quarantième degré, comprenant toute la côte de la Cadie, terre & Cap Breton, Bayes de S. Clerc, Chaleur, Isle-perçee, Gachepé, Chichedec, Mesamechi, Lesquemin, Tadousac et la rivière de Canada.

Faict son habitation en l'Isle Saincte Croix, et y passe l'Hyver

Le septième de mars l’an 1604, le sieur des Monts partit avec deux Navires du Havre de Grâce, pour y commencer ladite habitation, & y demeurer un Hyver, Arrivé qu’il y fut après avoir eu plusieurs tourmentes sur mer, il dressa sa première habitation en la rivière de Canada, dans l’Isle de S. Croix, où il fit un fort qu’il garnit de canon, & de plusieurs bâtiments de charpenterie : Il y en eut aucuns qui se cabannèrent à la mode des Sauvages : Bref, ils défrichèrent l’isle, reconnurent quelques lieux és environs, où ils semèrent des grains& mirent le meilleur ordre qu'ils purent pour y hyverner : Cependant que le sieur de Poitrincourt qui l'avoit accompagné en ce voyage, s'en retourna en France avec les deux Navires, qui apportèrent plusieurs balles de Castors & autres narchandises de pelleterie.

Maladies inconnues, dont moururent plusieurs des françois nouveaux habitants de Canada

L’Hyver venu, qui est très-rigoureux en ce pays-là, ces nouveaux habitans en reçurent de grandes incommoditez, premièrement de bois, & d’eau douce, n’ayans qu’un seul bateau pour passer la grande rivière & en aller quérir car leur barque n’était raccommodée : puis ce fut pitié pour les gelées & neiges, qui y furent si grandes, que le cidre gela dans les tonneaux, & le vin ne s'y distribuait plus que par certains jours de la semaine : plusieurs qui burent de l’eau de neige devinrent incontinent malades de maladies incogneuës en l’Europe, pareilles à celles qu’eurent ceux qui accompagnèrent autresfois Jacques Cartier : les jambes leur devenaient premièrement grosses & enflées, les nerfs retirés et noircis, puis la maladie leur montait aux hanches, cuisses, épaules, aux bras & au col; la bouche leur devenait si infecte d'une chair pourrie laquelle y surabondait & renaissait du jour au lendemain quand on la pensait enlever, qu'en peu de temps trente-six en moururent : Il y en eut quarante ou environ lesquels en guérirent quand le Printemps fut revenu. [...] Le sieur du Pont-Gravé arriva de Honfleur avec une Compagnie pour le secourir. Ceste venuë fit qu’ils advisèrent ensemble d’aller faire demeure à un port que le sieur de Poitrincourt avoit demandé et qu’il avoit appelé le Port-Royal. [...] »

À Québec (1608-1609)[modifier | modifier le code]

L'arrivée de Champlain à Québec[note 10] selon George Agnew Reid, 1909.

Champlain ne reste pas très longtemps en France. Le 18 avril 1608, il repart pour la Nouvelle-France à bord du Don de Dieu, comme lieutenant de Pierre Dugua de Mons, qui reste en France. Ses hommes (il n'y a encore aucune femme) reçoivent pour mission de préparer l'établissement d'une colonie permanente en un lieu favorable le long de la Grande Rivière de Canada (aujourd'hui, « le fleuve Saint-Laurent »).

Champlain accoste le 3 juin à Tadoussac et, avec ses ouvriers, gagne en barque la « pointe de Québec » le 3 juillet, au pied du « cap Diamant », où ils érigent trois bâtiments principaux d'une hauteur de deux étages, entourés d'un fossé de 4,6 mètres de large et d'une palissade de pieux. Cette installation, dite Habitation de Québec (Abitation de Quebecq), devient dès lors l'embryon de la première colonie française à se développer sur les bords du Saint-Laurent.

Le premier hiver est difficile pour les 25 hommes restés sur place. La plupart décèdent du scorbut ou de dysenterie, et seuls huit hommes survivent, outre Champlain. Dès le printemps, celui-ci prend soin d'établir de bonnes relations avec les Amérindiens des environs. Comme à Tadoussac, six ans auparavant, il renoue des alliances avec les Montagnais et les Algonquins, qui vivent au nord du Saint-Laurent, acquiesçant à leur demande persistante de les aider dans leur guerre contre leurs ennemis les Iroquois, semi-nomades eux aussi, vivant au sud-ouest du fleuve[note 12].

Au lac Champlain (1609)[modifier | modifier le code]

Défaite des Yroquois au Lac de Champlain (1609), gravure d'un dessin de Champlain, publication de 1613, réédition de Laverdière, Œuvres de Champlain (1870).
Croquis par Champlain, extrait agrandi du centre de la gravure ci-dessus.

Champlain part le 18 juin 1609 en voyage de découverte au pays des Iroquois. Il fait la rencontre d'environ deux à trois cents Hurons et Algonquins sur une île près de Batiscan qui se préparent à partir en guerre contre les Iroquois[18]. Curieux, ils iront visiter l'Habitation de Québec entre le 22 et le 28 juin. Le 28 juin, Champlain repart avec neuf soldats français et les Hurons toujours dans l'idée d'explorer la rivière des Iroquois (aujourd'hui le Richelieu). En cours de route, il nommera certaines rivières comme la rivière Saint-Suzanne (aujourd'hui rivière du Loup), la rivière Du Pont (aujourd'hui rivière Nicolet) et la rivière de Gennes (aujourd'hui rivière Yamaska)[18]. Le 12 juillet, il découvre le lac qu'il baptise de son propre nom (le lac Champlain, se prolongeant dans l'actuel État du Vermont). N'ayant fait, jusque là, aucune rencontre avec les Iroquois et ne pouvant continuer avec son embarcation en raisons des rapides, la plus grande partie de la troupe rebrousse chemin, le laissant avec seulement deux Français à bord d'un canot amérindien et une soixantaine d'Amérindiens.

Le 29 juillet, vers les 22 h 0[18], à l'emplacement du futur fort Carillon, un peu au sud de Crown Point (État de New York), Champlain et son équipe rencontrent un groupe d'Iroquois. Le lendemain, deux cents Iroquois avancent sur leur position. Un guide indigène désigne les trois chefs iroquois : aussitôt Champlain tue deux d'entre eux d'un seul coup d'arquebuse[18], qui provoque aussi la fuite rapide de l'ensemble des Iroquois. Cet évènement entame une longue période de relations hostiles de la confédération des cinq nations iroquoises à l'encontre des colons français.

Voyage en Gaspésie[modifier | modifier le code]

Champlain a également relaté, dans Des Sauvages ou Voyages du Sieur de Champlain faict en l'an 1603, une étrange légende existant près de la Baie des Chaleurs, au sud de la Gaspésie :

« Il y a encore une chose estrange, digne de reciter, que plusieurs sauvages m'ont asseuré estre vray : c'est que, proche de la Baye de Chaleurs, tirant au Su, est une isle où faict residence un monstre espouvantable que les sauvages appellent Gougou, & m'ont dict qu'il avoit la forme d'une femme, mais fort effroyable, & d'une telle grandeur, qu'ils me disoient que le bout des mats de nostre vaisseau ne luy fust pas venu jusques à la ceinture, tant ils le peignent grand; & que souvent il a devoré & devore beaucoup de sauvages; lesquels ils met dedans une grande poche, quand il les peut attraper, & puis les mange; & disoient ceux qui avoient esvité le péril de ceste malheureuse beste, que sa poche estoit si grande, qu'il y eust pu mettre nostre vaisseau. Ce monstre faict des bruits horribles dedans ceste isle, que les sauvages appellent le Gougou; & quand ils en parlent, ce n'est que avec une peur si estrange qu'il ne se peut dire plus, & m'ont asseuré plusieurs l'avoir veu. Mesme ledict sieur Prevert de Sainct Malo, en allant à la descouverture des mines, ainsi que nous avons dict au chapitre précèdent, m'a dict avoir passé si proche de la demeure de ceste effroyable beste, que luy & tous ceux de son vaisseau entendoient des sifflements estranges du bruit qu'elle faisoit, & que les sauvages qu'il avoit avec luy, luy dirent que c'estoit la mesme beste, & avoient une telle peur qu'ils se cachoient de toute part, craignant qu'elle fust venue à eux pour les emporter & qu'il me faict croire ce qu'ils disent, c'est que tous les sauvages en général la craignent & en parlent si estrangement, que si je mettois tout ce qu'ils en disent, l'on le tiendroit pour fables; mais je tiens que ce soit la residence de quelque diable qui les tourmente de la façon. Voylà ce que j'ay appris de ce Gougou[19]. »

Même récit, présenté en version accentuée… ultérieure

« Il y a encore une chose étrange, digne de [la] réciter, [ce] que plusieurs sauvages m'ont assuré être vrai : c'est que, proche de la Baie des Chaleurs, tirant au Sud, [il] est une île où fait résidence un monstre épouvantable que les sauvages appellent Gougou, et [ils] m'ont dit qu'il avait la forme d'une femme, mais fort effroyable, et d'une telle grandeur, qu'ils me disaient que le bout des mâts de notre vaisseau ne lui fût pas venu jusqu'à la ceinture, tant ils le peignent grand ;

et que souvent il a dévoré et dévore [encore] beaucoup de sauvages ; lesquels ils met dedans une grande poche, quand il les peut attraper, et puis les mange ; et, disaient ceux qui avaient évité le péril de cette malheureuse bête, que sa poche était si grande, qu'il y eût pu mettre notre vaisseau.

Ce monstre fait des bruits horribles dedans cette île, que les sauvages appellent le Gougou ; et quand ils en parlent, ce n'est qu['] avec une peur si étrange qu'il ne se peut dire plus, et m'ont assuré plusieurs l'avoir vu.

Même ledit sieur Prévert de Saint-Malo, en allant à la découverture des mines, ainsi que nous avons dit au chapître précédent, m'a dit avoir passé si proche de la demeure de cette effroyable bête, que lui et tous ceux de son vaisseau entendaient des sifflements étranges du bruit qu'elle faisait, et que les sauvages qu'il avait avec lui, lui dirent que c'était la même bête, et avaient une telle peur qu'ils se cachaient de toute part, craignant qu'elle fût venue à eux pour les emporter ;

et qu'il me fait croire ce qu'ils disent, c'est que tous les sauvages en général la craignent et en parlent si étrangement, que si je mettais tout ce qu'ils en disent, l'on le tiendrait pour fables ; mais je tiens que ce soit la résidence de quelque diable qui les tourmente de la façon. Voilà ce que j'ai appris de ce Gougou[20]. »

Aller-retours France-Québec (1609, puis 1610)[modifier | modifier le code]

Champlain regagne la France, pour faire son rapport au sieur de Mons, et tenter avec lui de faire renouveler leur monopole sur le commerce des fourrures. Trop de marchands s'y opposent. Les négociations échouent, mais Champlain et de Mons parviennent à convaincre quelques marchands de Rouen de former avec eux une société. L'objectif est de convertir une partie de l'habitation de Québec en un entrepôt à leur usage exclusif, en vertu de quoi ces marchands promettent de soutenir la colonie.

Le 8 avril 1610, Champlain retourne à Québec, où ses alliés amérindiens lui demandent assistance dans un autre épisode de la guerre contre les Iroquois. Durant la bataille qui s'ensuit, à l'embouchure de la rivière aux Iroquois (aujourd'hui le Richelieu), Champlain reçoit une flèche qui lui perce le lobe de l'oreille et le blesse au cou. À nouveau victorieux, il regagne Québec pour constater que la traite des fourrures fut désastreuse pour les marchands qui le soutiennent, et pour apprendre la nouvelle de l'assassinat d'Henri IV.

Il rentre en France, laissant 16 hommes à Québec. Au cours de son séjour à Paris, il épouse une jeune fille de 12 ans, nommée Hélène Boullé, en décembre 1610, mariage qui lui rapportera une dot de 45 000 livres[21]. Le contrat, daté du 27 décembre 1610, est conservé par le Minutier central des notaires de Paris, département des Archives nationales (site de Paris). Il y est consultable sous la forme d'un microfilm coté MC/MI/RS/281 [22]. Il organise également un nouveau voyage vers le Canada pour l'été 1611.

Hélène Boullé[modifier | modifier le code]

Durant son séjour en France, Samuel Champlain épouse Hélène Boullé, une jeune fille de douze ans, dont le père est huissier à la cour et « secrétaire de la chambre du roi ». À cause du bas âge de « l'épousée », le contrat de mariage stipule que la cohabitation des époux est remise à deux ans plus tard, mais Champlain touche dès la signature 4 500 des 6 000 livres de dot, une somme qui lui assure une sécurité financière[note 13] sans ruiner sa belle-famille[23]. Les fiançailles ont lieu le 29 décembre 1610 à Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris. Née calviniste, Hélène Boullé se fait catholique deux ans plus tard[note 14].

En 1620, Hélène Boullé accompagne Champlain à Québec. Elle s'y ennuie, malgré la présence de son frère Eustache Boullé, qui vit à Québec depuis 1618, au service de Champlain. En 1624, elle retourne en France pour y demeurer définitivement.

En 1633, Champlain quitte à nouveau la France, sans elle, où il meurt à la Noël 1635, sans postérité. Elle n'hérite pas de lui, sans cesser pour autant de vivre à l'aise à Paris[24].

Dix ans plus tard, Hélène Boullé entre au couvent des Ursulines de Paris, prenant le voile sous le nom d'Hélène de Saint-Augustin. Elle donne tous ses biens à la communauté, pour bâtir un nouveau couvent à Meaux, où elle s'installe avec quatre religieuses. Elle y demeure pendant six ans, avant d'y mourir le 20 décembre 1654, à l'âge de cinquante-six ans[note 15],[note 16].

Exploration de l'île du Mont Royal (1611)[modifier | modifier le code]

L’un des mandats que Samuel de Champlain s'est fixé est celui de trouver, sur l'île du Mont Royal, soit du côté de la rivière des Prairies soit près du Sault Saint-Louis, le site le plus propice à l'établissement d’une future colonie. En l'honneur de sa jeune épouse, il nomme « île Sainte-Hélène » une grande île qui se trouve au pied du « Grand Sault Saint-Louis », qui est encore le nom de cette île sur lequel s'appuie depuis le XXe siècle le pont Jacques-Cartier.

Il visite divers lieux du côté nord de l'île, le long de la rivière des Prairies, puis décide de traverser l’île, large de quelque 8 lieues (26 kilomètres), pour aboutir à l'embouchure d'une petite rivière[note 17], se déversant au pied du Sault Saint-Louis :

« Ce mesme jour je partis de Quebecq, et arrivay audit grand saut le vingthuitiesme de May, où je ne trouvay aucun des sauvages ….après avoir visité d'un costé et d'autre, tant dans les bois que le long du rivage, pour trouver un lieu propre pour la scituation d'une habitation, et y preparer une place pour bastir, je fis quelque huit lieues par terre cottoyant le grand saut par des bois qui sont assez clairs, et fus jusques à une lac où nostre sauvage me mena; où je consideray fort particulierement le pays[25] »

« Mais en tout ce que je veis, ne ne trouvay point de lieu plus propre qu’un petit endroit, qui est jusques où les barques et chaloupes peuvent monter aisément,…. avons nommé la Place royale, à une lieuë du Mont Royal[26],[note 18] »

Retour à Québec[modifier | modifier le code]

Champlain retourne au poste de Québec le 21 mai 1611. Durant l'été, il se rend à Montréal, au pied du Grand Sault (dans le secteur de l'actuelle Place-Royale), où il fait défricher un peu la terre et construire un muret pour voir s'il résistera aux hivers et aux crues printanières. Puis, afin d'augmenter son prestige auprès des indigènes, il accepte de descendre avec eux en canot d'écorce le Sault Saint-Louis : un exploit réalisé avant lui par un seul autre Européen, Étienne Brûlé.

Carte de la Nouvelle France dressée par Samuel de Champlain en 1612

Cet automne-là, il retourne une fois de plus en France pour assurer l'avenir de son projet. Ayant perdu le soutien des marchands, il écrit des rapports et dessine une carte (laquelle est la plus ancienne qui existe encore aujourd'hui) et demande au nouveau roi, Louis XIII, d'intervenir. Le 8 octobre 1612, Louis XIII nomme Charles de Bourbon, comte de Soissons (futur Prince de Condé) lieutenant-général en Nouvelle-France. Champlain reçoit le titre de lieutenant, avec le pouvoir d'exercer le commandement au nom du lieutenant-général, pour nommer capitaines et lieutenants, de mandater des officiers pour l'administration de la justice et la maintenance de l'autorité policière, des règlements et ordonnances, de faire des traités, d'effectuer des guerres avec les indigènes et de retenir les marchands qui ne font pas partie de la société. Ses fonctions incluent la tâche de trouver la voie la plus courte vers la Chine et les Indes, et les moyens de découvrir et d'exploiter des mines de métaux précieux.

Au début de l'année, il publie un compte-rendu des événements survenus entre 1604 et 1612, intitulé « Voyages […] » et le 29 mars 1613, il arrive de nouveau en Nouvelle-France et fait proclamer son nouveau mandat. Plusieurs indigènes furent dégoûtés par les tactiques des marchands non accrédités. La traite de la fourrure, une fois de plus, rapporte peu de bénéfices. Champlain part le 27 mai pour continuer son exploration de la contrée des Hurons et espère atteindre la « mer du nord » (la baie d'Hudson). Il navigue sur la rivière des Outaouais, qu'il décrit en primeur. C'est en juin qu'il fit la rencontre de Tessouat, le chef des Algonquins de l'Île aux Allumettes et offre de leur construire un fort s'ils acceptent de quitter leur sol pauvre et migrer aux rapides de Lachine.

Explorations vers l'ouest (1613, 1615-1616)[modifier | modifier le code]

Première exploration à la « mer douce » (1613)[modifier | modifier le code]

En son premier voyage dans « les Pays d'en Haut », en mai 1613, Champlain entreprend l'exploration de la rivière des Outaouais. L'interprète (ou « truchement ») Nicolas de Vignau, assure qu'il connaît le chemin conduisant à la « mer du Nord » (la baie d'Hudson) :

« Le 13, je partis de Québec pour aller au Sault Saint Louys où j’arrivay le 21. Or n’ayant que deux canaux, je ne pouvois menier avec moy que 4. hommes entre lesquels estoit un nommé Nicolas de Vigneau, le plus impudent menteur qui se soit veu de long temps, comme la suite de ce discours le fera voir,… il me rapporta à son retour de Paris en l’année 1612. qu’il avoit veu la mer du nort… Ainsi nos canots chargez de quelques vivres, de nos armes & marchandises pour faire présents aux Sauvages, je partis le lundi 27. Mai de l'isle Saincte-Heleine, avec quatre François et un Sauvage[27]. »

À l'instigation de Nicolas de Vignau, Champlain remonte alors la rivière des Outaouais vers le pays des Hurons. Il s'arrête à un campement d’une tribu algonquine, les Kichesipirinis, sur l'île aux Allumettes. Pour conserver le rôle des Kichesipirinis comme intermédiaires entre les Français et les autres tribus amérindiennes, le chef Tessouat contredit Vignau à propos de la route vers la baie d'Hudson. Il se montre également très réticent devant l'intention de Champlain de poursuivre son voyage vers le lac Nipissing. Après quelques cadeaux et échanges diplomatiques, l'explorateur rebrousse chemin et rentre à Québec.

En cours de route, Champlain perd son astrolabe[note 19].

Première messe sur l'île de Montréal (1615)[modifier | modifier le code]

Vitrail de Samuel de Champlain dans l'église de Brouage.

La première messe célébrée sur l'île de Montréal eut lieu le 24 juin 1615 à la rivière des Prairies, par le père Denis Jamet assisté du père Joseph Le Caron, Récollets. En commémoration de cette première messe, la ville de Montréal fit ériger en 1915 au milieu du parc Nicolas Viel une stèle en granit surmontée d'une croix. L'une des faces de cette stèle rappelle cette première messe célébrée à Montréal le 24 juin 1615, sur la rive de la rivière des Prairies, par le Père Denis Jamet. L'autre face rappelle le souvenir du père Viel et de son protégé, Ahuntsic. Cette stèle du sculpteur J.-C. Picher fut l'œuvre de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. De plus, le visiteur pourra prendre connaissance de la magnifique toile du peintre Georges Delfosse à la cathédrale Marie-Reine du Monde, rue René-Lévesque à Montréal dont l'illustration est tirée.

Au sujet de cette première messe dite sur l'île du Mont Royal, Samuel de Champlain déclare :

« et le jour suivant, je party de là pour retourner à la rivière des Prairies, où estant avec deux canaux de Sauvages, je fis rencontre du père Joseph [Le Caron], qui retournoit à notre habitation, avec quelques ornements d'Église pour celebrer le saintc Sacrifice de la messe, qui fut chantee sur le bord de ladite riviere avec toute devotion, par le Reverend Pere Denis [Jamet], et Pere Joseph [Le Caron], devant tous ces peuples qui estoient en admiration, de voir les ceremonies dont on fait et des ornements qui leur sembloient si beaux, comme chose qu'ils n'avoient jamais veuë: car c'estoient les premiers qui ont celebré la Saincte Messe[28]. »

Première exploration aux Grands Lacs (1615-1616)[modifier | modifier le code]

Carte des étapes numérotées de l'expédition de Champlain le long de la rivière des Outaouais.

Second voyage de Samuel de Champlain dans les Pays d'en Haut et expédition guerrière. Le 9 juillet 1615, Champlain quitte Québec et atteint la baie Georgienne en compagnie de deux Français. L'un est probablement Étienne Brûlé. Utilisant la grande route de la traite (rivière des Outaouais, rivière Mattawa, lac Nipissing, rivière des Français et baie Georgienne) Champlain accède alors au cœur du pays des Hurons. Il explore le pays maintenant son allégeance aux alliés autochtones, les Algonquins et les Hurons-Ouendats. Il voyage de village en village jusqu'à Cahiagué, situé sur les rives du lac Simcoe et lieu de rendez-vous militaire. Là, un groupe de guerriers autochtones auquel appartient Étienne Brûlé, part en direction du sud pour susciter la participation des Andastes au combat contre les Iroquois. Il décide alors de poursuivre la guerre contre les Iroquois.

Avec un important contingent de guerriers hurons, Champlain accompagné des quelques Français se dirige vers l'est puis traverse l'extrémité orientale de l'actuel lac Ontario. Ils cachent les canots et poursuivent leur route à pied longeant la rivière Onneiout (Oneida). Parvenus à un fort iroquois situé entre les lacs Oneida et Onondaga, ils livrent bataille sans grand succès. Champlain est blessé d'une flèche au genou. Des Hurons le ramènent dans leur bourgade en le portant à tour de rôle sur leur dos[note 20].

Un hivernement forcé en Huronie (1615-1616)[modifier | modifier le code]

Champlain désire alors revenir au Sault Saint-Louis. Mais les Hurons en décident autrement. Ils refusent de l'y mener avant le printemps suivant. Champlain doit donc hiverner en Huronie.

Il profite de son long séjour dans la région pour explorer le sud-ouest, les Pétuns et les Cheveux-Relevés (sud de la Huronie et de la péninsule Bruce). Lors d'une grande chasse en compagnie de Hurons, Champlain se perd en forêt. Il erre pendant trois jours dans les bois, pour avoir suivi un bel oiseau. Tous le croient mort, tant en Huronie qu'à Québec.

Il prend aussi le temps de rédiger une description détaillée du pays, des mœurs, des coutumes et de la façon de vivre des Autochtones. Il s'émerveille devant la beauté du paysage et la fertilité des lieux. Il ne tire cependant que des renseignements limités sur l'Ouest mystérieux, car en raison des guerres qui sévissent entre les diverses nations, les Autochtones ont peu voyagé dans cette direction. À la fin de juin 1616, il est de retour au Sault Saint-Louis.

Constitution de sociétés[modifier | modifier le code]

Statue de Samuel de Champlain à Ottawa (Ontario)

Le 26 août, Champlain est de retour à Saint-Malo. Il y écrit un compte-rendu du voyage en amont de la rivière des Outaouais et publie une autre carte de la Nouvelle-France. En 1614 il forme la « Compagnie des Marchands de Rouen et de Saint-Malo » et la « Compagnie de Champlain », laquelle limite les marchands de Rouen et Saint-Malo depuis onze ans. Il retourne en Nouvelle-France au printemps 1615, cette fois-ci avec quatre Récollets afin de promouvoir la vie religieuse dans la nouvelle colonie. Champlain s’embarque à Honfleur. La flottille comprend le Saint-Étienne, le Don de Dieu et le Loyal.

Champlain continue de travailler pour améliorer les relations avec les indigènes, promettant de les aider encore dans leur luttes contre les Iroquois. Avec ses guides indigènes, il explore la rivière des Outaouais et aboutit au lac Nipissing. Il suit ensuite « la rivière des Français » jusqu'à ce qu'il atteigne la « mer d'eau douce » : le lac Attigouautau (aujourd'hui le lac Huron).

Le 1er septembre, à Cahiagué (au lac Simcoe), débute une expédition militaire. Les guerriers amis passent le Lac Ontario à sa pointe orientale où ils cachent leurs canots et ils continuent leur voyage à pied. Ils suivent la rivière Oneida, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent face à un fort iroquois. Les Hurons font pression pour attaquer prématurément : l'assaut échoue. Champlain est blessé deux fois aux jambes par des flèches, dont une dans le genou. L'attaque dure environ trois heures, jusqu'à ce que les attaquants soient forcés de fuir.

Bien qu'il ne le veuille pas, les Hurons insistent pour que Champlain passe l'hiver avec eux. Durant son séjour, il les accompagne dans leur grande chasse au cerf, durant laquelle il se perd et erre trois jours, dormant sous les arbres, jusqu'à ce qu'il fasse par chance une rencontre avec un des Amérindiens. Il passe le reste de l'hiver apprenant « leur pays, leurs façons, leurs coutumes, leur mode de vie ». Le 22 mai 1616, il quitte la contrée des Hurons et il est de retour à Québec le 11 juillet. Il passe quelque temps à agrandir le fort qu'il nomme Habitation et repart pour la France le 20 juillet.

En France, Champlain apprend que le Prince de Condé a été arrêté. Le maréchal de Thémines est promu au titre de vice-roi. Champlain écrit un rapport au roi de France et à la Chambre de Commerce, afin d'augmenter le soutien de ses efforts en Nouvelle-France. Il écrit ceci, en chemin vers la Nouvelle-France :

« On a pu facilement atteindre le Royaume de Chine et les Indes Occidentales, d'où l'on peut tirer profit de grandes richesses » et les droits de service, lesquels peuvent être collectés des échanges résultants, « peuvent surpasser en valeur au moins dix fois tous ceux prélevés en France. »

Il énonce que la France contrôle un pays « de presque dix-huit cents lieues en longueur, arrosé par les plus loyales rivières du monde » et que des âmes innombrables pourraient être converties au christianisme. Pour atteindre ces buts, Champlain suggère que soit fondée « une ville aussi large que Saint-Denis, laquelle devrait être nommée, s'il vous plaît Dieu et le Roi, Ludovica ». Il demande que la France envoie 15 Récollets, 300 familles de quatre personnes et 300 soldats. Concernant le commerce, Champlain estime que la colonie peut produire un revenu annuel d'approximativement 5 400 000 livres, principalement de la pêche, des mines, des fourrures et des profits comme résultat à la « plus courte route vers la Chine ». La Chambre de Commerce en est convaincue immédiatement et Champlain regagne son monopole sur la traite de la fourrure. Le Roi charge ses associés de « poursuivre tout le travail qu'il sera jugé nécessaire pour établir les colonies qui voudront se retrouver dans le-dit pays ».

Champlain repart en Nouvelle-France au printemps de 1618 pour y arriver seulement le 28 août. Les Britanniques sont parvenus à obtenir la liberté des échanges. Aussi ses associés refusent-ils d'assurer la population de la colonie, craignant de ne pouvoir obtenir des fourrures que des colons. Champlain en est dérangé, écrivant « Ils pensaient… ils installaient une sorte de république là selon leurs propres notions. » Il fait valoir son droit de commander Québec, faisant signer à ses associés un contrat assurant qu'ils maintiendraient 80 personnes dans la ville de Québec. Son projet de retour prochain en la Nouvelle-France, est annulé quand les associés refusent à nouveau de reconnaître ses droits, et il est forcé de rester en France. Durant son séjour, il écrit un compte-rendu de ses voyages entre 1615 à 1618. En octobre 1619, le Prince de Condé est libéré et vend ses droits comme vice-roi au duc de Montmorency, amiral de France.[réf. nécessaire][29]

Le duc de Montmorency confirme Champlain dans sa fonction et, le 7 mai 1620, Louis XIII lui demande de maintenir le pays de Nouvelle-France « en obéissance à moi, faisant vivre le peuple qui est là-bas en aussi proche conformité avec les lois de mon royaume que vous le pouvez. » Champlain retourne immédiatement en Nouvelle-France à bord du Saint Étienne, et se concentre désormais sur l'administration du pays plutôt que sur l'exploration.

Champlain passe l'hiver à construire le Fort Saint-Louis au haut du Cap Diamant. À la mi-mai, il apprend que la traite de fourrure est prise en main par une autre compagnie, dirigée par les frères de Caën. Après quelques négociations tendues, il se décide à fusionner les deux compagnies sous la direction des de Caën. Champlain continue son travail sur les relations avec les Amérindiens et parvient à leur imposer un chef de son choix à lui. Il parvient également à signer un traité de paix avec les tribus iroquoises.

Champlain continue à travailler sur l'amélioration de son Habitation, posant la première pierre le 6 mai 1624. Le 15 août, il retourne une fois de plus en France où il est encouragé à continuer son travail aussi bien qu'à continuer la recherche d'un passage vers la Chine. Le 5 juillet, il revient à Québec et continue à travailler à l'expansion de la colonie.

En 1627, le cardinal de Richelieu marque son intérêt pour les affaires de Québec en créant la Compagnie des cent-associés. Champlain, tout comme Richelieu, en devient membre. Ce nouveau régime conduit Champlain à devenir, le 21 mars 1629 le « commandant en la Nouvelle-France en l’absence » du cardinal de Richelieu[coll 1].

Chute de Québec[modifier | modifier le code]

Les choses n'allaient pas se maintenir pour Champlain et son petit village. Les approvisionnements étaient au plus bas durant l'été de 1628 et les marchands anglais avaient pillé la ferme de Cap Tourmente au début de juillet. Le 10 juillet, Champlain reçoit une sommation de quelques marchands anglais, Gervase Kirke et ses fils Lewis, Thomas et David Kirke. Il refuse de faire affaire avec eux, mais en réponse les Anglais font le blocus de la ville avec leurs trois navires. Au printemps de 1629, les vivres atteignent un niveau extrêmement bas et Champlain est forcé d'envoyer des gens à Gaspé pour conserver les rations. Le 19 juillet, les frères Kirke arrivent et Champlain est forcé de négocier les termes de la capitulation de la ville, le 14 septembre 1629. Au 29 octobre, Champlain se retrouvait à Londres.

Durant les années suivantes, Champlain écrit Voyages de la Nouvelle France […], dédié à Richelieu, ainsi que son Traité de la marine et du devoir d'un bon marinier. Il est absent du Québec jusqu'au traité de Saint-Germain-en-Laye en 1632.

Dernier retour à Québec[modifier | modifier le code]

Statue de Samuel de Champlain, à Québec, au lever du soleil (avec un visage aussi expressif que celui ordinairement accordé à Jacques Cartier), par Paul-Romain Chevré (Paris, 1896-1898), tel que restauré pour 2008, à Québec depuis 1898, près du Château Frontenac, sur la Terrasse Dufferin.

Lorsqu'il revient d'Angleterre en France, le 1er mars 1633, Champlain réclame à Richelieu son poste de gouverneur (officieux) de la Nouvelle-France. Il obtient le titre de « commandant » à Québec, « en l'absence du ministre » (c'est-à-dire « lieutenant », comme auparavant). Champlain part de Dieppe (ou de Rouen, selon les sources) le 23 mars 1633 pour Québec, qu'il atteint le 22 mai (directement pour la première fois[note 10], sans transbordement à Tadoussac), après une absence de quatre ans. Plus de 200 personnes l'accompagnaient, à bord de trois navires : le Saint Pierre, le Saint Jean et le Don de Dieu (la devise de la ville de Québec est « Don de Dieu ferai valoir »).

Le 18 août 1634, il envoie un rapport à Richelieu disant qu'il avait rebâti sur les ruines de Québec, élargi les fortifications, construit une autre habitation à quinze lieux en amont, aussi bien qu'une autre à Trois-Rivières. Il a aussi commencé une offensive contre les Iroquois annonçant qu'il voulait les éliminer ou les « ramener à la raison ».

Au mois d'octobre 1635, Champlain est frappé de paralysie. Il meurt le 25 décembre 1635, sans enfant.

Son dernier testament, signé à Québec le 17 novembre 1635, et déposé chez un notaire parisien le 22 novembre 1636, est contesté avec succès par sa cousine Marie Camaret (épouse de Jacques Hersant, fille de Georges Camaret, capitaine, et de Françoise Le Roy, une sœur de la mère de Champlain)[30],[31],[24]. Il est conservé aujourd'hui au Minutier central des notaires, département des Archives nationales et peut être consulté sous la forme d'un microfilm coté MC/MI/RS/282. Un inventaire [32] de ses biens a été dressé à la même période (21 novembre 1636) ; l'acte a été microfilmé (cote MC/MI/RS/283).

Il est enterré temporairement dans une tombe sans nom, tandis que la construction était finie sur la chapelle de Monsieur le Gouverneur. En tant que tel, et malgré de nombreuses fouilles, l'emplacement exact du tombeau de Champlain reste à vérifier, mais le dossier est désormais fort bien documenté[33].

Portrait[modifier | modifier le code]

Gravure. Portrait factice de Champlain par E. Ronjat.

Il n'existe pas de portrait authentique de Champlain. Toutes les représentations que l'on en donne sont des faux[note 21] ou des interprétations. La seule image originale est une gravure d'une bataille au lac Champlain en 1609, mais les caractéristiques faciales sont trop vagues pour en avoir une bonne idée.

Il est aujourd'hui admis par les historiens que le portrait que l'on a cru longtemps (depuis environ 1850) être celui de Samuel de Champlain serait en fait celui d'un contrôleur des finances (1648) nommé Michel Particelli d'Émery. Il est toutefois de coutume, faute de mieux, de représenter Champlain sous ces traits.

Carte géographique de la Nouvelle-France, dressée par Samuel Champlain, David Pelletier cartographe (Paris, 1612).
— À remarquer : le visage particulier au centre d"une rose des vents.

Mais, selon une théorie de l'historien Marcel Trudel, sur des cartes géographiques de l'Amérique du Nord dessinées par Samuel de Champlain en 1612 et 1632, figurent au centre d'une rose des vents, l'autoportrait de Champlain. — Un tel autoportrait d'un géographe était chose courante au XVIIe siècle. Si cette théorie est exacte, nous avons là les représentations authentiques (mais rudimentaires) du visage de Samuel de Champlain.

Œuvres[modifier | modifier le code]

numérisés et accessibles sur le site du Projet Gutenberg[34] et sur celui de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)[35]
  • Samuel de Champlain, Aux origines du Québec. Expéditions en Nouvelle-France. 1604-1611, texte en français moderne établi et présenté par Eric Thierry, Paris, Cosmopole, 2010, 279 p. (ISBN 978-2-8463-0045-2)
  • Samuel de Champlain, Les Fondations de l'Acadie et de Québec. 1604-1611, texte en français moderne établi, annoté et présenté par Eric Thierry, Québec, Septentrion, 2008, 294 p. (ISBN 978-2-8944-8566-8 et 978-2-8966-4520-6)
  • Samuel de Champlain, A la rencontre des Algonquins et des Hurons. 1612-1619, texte en français moderne établi, annoté et présenté par Eric Thierry, Québec, Septentrion, 2009, 240 p. (ISBN 978-2-8944-8604-7 et 978-2-8966-4559-6)
  • Samuel de Champlain, Au secours de l'Amérique française. 1632, texte en français moderne établi, annoté et présenté par Eric Thierry, Québec, Septentrion, 2011, 696 p. (ISBN 978-2-8944-8676-4 et 978-2-8966-4669-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Champlain, Œuvres de Champlain
Charles-Honoré Laverdière, éditeur annotateur

(texte intégral en ligne : gutenberg.org)

  1. Laverdière, Notice biographique de Champlain, tome I, pp. ix-lxxvj.
  2. Tome V, pièce justificative XXXI, pages 33-35/1445-1447 : contrat de mariage de Samuel de Champlain avec Hélène Boullé, devant les notaires Nicolas Chocquillot et Loys [Louis] Arragon, le 27 décembre 1610, registre des Insinuations, greffe du Châtelet, Paris.
  3. a et b Tome I —  Brief discours des choses plus remarquables que Samuel Champlain de Brouage a reconnues aux Indes Occidentales [...] (1602, illustré, non publié).
  4. op. cit., p. 670
  5. ibid., p. 103
  6. ibid., p. 104
  7. Tome II (1603).
Marcel Trudel
  1. Marcel Trudel, « Champlain, Samuel de », sur thecanadianencyclopedia.com, L'Encyclopédie canadienne (consulté le 10 octobre 2008) : « Il serait né vers 1570. »
  2. a et b Marcel Trudel, « Champlain, Samuel de », sur www.biographi.ca, Dictionnaire biographique du Canada en ligne,‎ 2000 (consulté le 10 octobre 2008. « Il serait né vers 1570, peut-être en 1567, ou plus tard, vers 1580. »)
Denis Vaugeois et alii
  1. a, b et c Gilles Herman, « Chronologie de Champlain », 31 mai 2007.
  2. a et b Gagnon, ibid. : Le Brief discours [...] est une des copies d'un manuscrit original non retrouvé. Trois exemplaires manuscrits, anonymes et différents, du Brief Discours existent : l'un, provenant de Dieppe, à la John Carter Brown Library (at Brown University) de Providence (Rhode Island), un autre à l'Université de Bologne, un troisième aux Archives d'État de Turin. Aucun des trois ne semble être le manuscrit original, mais les trois s'avèrent des copies plus ou moins fidèles à l'original non encore retrouvé. Le manuscrit de Dieppe-Providence est le plus complet, y compris pour ce qui est des illustrations, dont il est d'ailleurs le seul à les présenter en couleur : c'est le manuscrit que Laverdière a retenu et publié en 1870. — Les recherches se poursuivent encore, jusque dans les archives espagnoles, au sujet de ce voyage de Champlain aux Indes occidentales.
  3. Gagnon, François-Marc, Le Brief Discours est-il de Champlain ?, pp. 83-92, dans Raymonde Litalien (dir.) et Denis Vaugeois (dir.), Champlain : La naissance de l'Amérique française, Septentrion (Québec) et Nouveau monde éditions (Paris),‎ 2004, 400 p. (ISBN 2-89448-388-0, présentation en ligne)
  4. Gagnon, ibid. p. 86
Notes
  1. Dans le titre de son premier ouvrage paru (1603), il se dit Sammuel Champlain (sans la particule « de ») et de Brouage ; ensuite (2e ouvrage, 1613), il se dira Sieur de Champlain et Saintongeois.
  2. a et b Voir les arguments qui rendent davantage plausible sa naissance vers 1580 et la fin de son premier apprentissage de la navigation en 1594 : [PDF] Jean Liebel, On a vieilli Champlain, Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, no 2, 1978, p. 229-237. — Le lieu de l'accouchement (naissance) peut différer du lieu de résidence des parents, comme le souligne ici Jean Liebel.
  3. Robert Giffard est (en 1634) le premier grand recruteur et premier seigneur colonisateur de la Nouvelle-France — six ans après sa première tentative, mise à mal par des forbans. Avant 1634, la plupart des résidents de Québec sont logés dans l'un des deux forts (le premier, sur la rive du fleuve, et le second, depuis une décennie, sur le cap), quelques autres habitent chez les Récollets (arrivés en 1615) ou chez les Jésuites (arrivés en 1625). Deux seules familles ont bâti maison en Nouvelle-France : celle de Louis Hébert, arrivée en 1617, et celle de son gendre Guillaume Couillard, arrivé en 1613. Outre les interprètes réfugiés chez leurs amis autochtones, les membres de ces deux familles sont les seuls Français à demeurer en Nouvelle-France, à Québec, durant les quatre années de l'occupation des Kirke, de l'été 1629 à l'été 1633.
  4. a et b Avant la fin de décembre 1610, personne ni même Samuel Champlain n'accole à cette lignée patronymique la particule « de » — voir dans le titre de ses œuvres. C'est dans son contrat de mariage que cette particule apparaît pour la première fois. Lui-même ni sa famille ne possède de fief, ni ne tire des revenus de fiefs. Mais, cette particule est tolérée pour les notables, surtout s'ils sont admis à la cour du roi, ce qui est le cas de Champlain.
  5. Remarque : « Chapeleau » comporte dans l'ordre les mêmes consonnes (Ch, p, l) que dans « Champlain », il ne manque que les nasales (am, in). — Le père de Samuel est souvent nommé « Chappelin » ou « Chappelain », dans les archives, mais ne signe pas.
  6. Aujourd'hui, La Rochelle et Brouage sont distantes de quelque 55 kilomètres par la route. En ligne droite, en barque, la distance est moindre.
  7. Maréchaux successifs, commandants à Blavet :
  8. Dans le contexte, son titre de maréchal des logis désigne alors probablement un hallebardier responsable des écuries : un « maréchal des logis de cavalerie », qui commande aux fourriers. Au siècle suivant, la première parution (1694) du Dictionnaire de l'Académie française indique que : « Mareschal des Logis, Est celuy qui fait le departement [=la distribution, l'assignation, la répartition] des logis de ceux qui suivent la Cour ou des troupes de l'armée. Grand Mareschal des logis chez le Roy. Mareschal des logis par quartier. premier Mareschal des logis chez la Reine, chez les fils de France. Mareschal des logis General d'une armée. Mareschal des logis de cavalerie. Mareschal des logis d'une Compagnie de cavalerie. »
  9. À l'époque, les mers sont infestées de pirates et le roi de France n'a pas encore de marine de guerre. La connaissance pratique du maniement des armes est donc essentielle à tout bon navigateur français : il doit armer ses vaisseaux et assurer sa propre défense sur mer. Et, celui qui sert quelques années dans l'armée du roi, peut ensuite espérer du roi le privilège de recevoir une rente viagère, si infime soit-elle.
  10. a, b et c Avant 1633, les navires français de plus de 100 à 300 tonneaux restent ancrés au large dans la baie du Moulin-Baude, à une lieue à l'est (environ 5 kilomètres en aval) de Tadoussac. Des barques ou autres petits bateaux servent à naviguer sur le fleuve, en amont jusqu'à Québec ou jusqu'au Sault Saint-Louis. En 1633, pour terminer son ultime traversée, Champlain, sûr de lui, se rend jusqu'à Québec avec ses navires, pour la première fois et sans encombre.
  11. Un « sault » désigne un rapide, une cascade, une chute d'eau : une « rupture de pente d'un cours d'eau »
  12. Les Européens ont sur les autochtones, et pour longtemps, la supériorité des armes, étant les seuls à être équipés d'armes à feu : canons, couleuvrines, arquebuses, mousquets, pistolets… contre arcs et flèches ou javelots.
  13. La Compagnie des marchands, dont Champlain est un des actionnaires, lui paie un salaire, pour lui et pour son personnel : cuisinier, serviteurs, soldats et ouvriers. Il reçoit aussi du roi une rente viagère. Des chefs amérindiens lui offrent parfois des fourrures en présent, qu'il peut revendre. Il hérite, de sa parenté à Brouage, de trois maisons qu'il liquide. Ces 4 500 livres équivalent à près de 45 années de salaire pour un ouvrier non spécialisé, nourri, logé. Sa belle-famille est cependant restée riche.
  14. Actes existants concernant Hélène Boullé : contrat de mariage (27 décembre 1610 devant les notaires Nicolas Chocquillot et Loys [Louis] Arragon, registre des Insinuations, greffe du Châtelet, Paris), exhérédation d'Hélène Boullé, femme de Champlain, par ses parents Nicolas Boullé et Marguerite Alix (10 janvier 1614) et révocation de cet acte (23 mai 1636), testament de Marguerite Alix, femme de Nicolas Boullé, déshéritant sa fille Hélène (14 février 1614) et révocation de cet acte (23 mai 1636), contrat d'engagement de sa suivante (domestique) Ysabel Terrier (22 juillet 1617, à Paris), dernier testament de Champlain (1635, à Québec), réception d'Hélène Boullé au couvent des Ursulines de la rue Saint-Jacques (20 mars 1646, A.N. Min. Centr. LXII, 82), privilège accordé par l'évêque à Hélène Boullé, fondatrice d'une maison des Ursulines à Meaux (10 mars 1648, acceptation des religieuses Ursulines d'un contrat pour l'achat d'une maison à Meaux (19 mai et 22 juin 1650, Arch. Dept. Seine & Marne, Série H624), procuration du (17 octobre 1650) et constitution de rente par les Ursulines de Meaux aux Ursulines de Paris (26 octobre 1650, A.N. Min. Centr. LXIV, liasse 90, De Rivière) rachat de cette rente (17 novembre 1654, id.), etc. — voir aussi : Fonds René-Baudry, Université de Moncton
  15. Voir : Cyprien Tanguay, Dictionnaire généalogique des familles canadiennes [du régime français (1608-1760)] (Montréal, Eusèbe Sénécal, 1871-1890, 7 vol.)  et René Jetté, Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730 (Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 2002 (1re édit. 1983), 1206 p. (ISBN 978-2-89105-815-5) Gaétan Morin Éditeur, distributeur de l'ouvrage),
  16. Voir aussi : Nicole Fyfe-Martel, Hélène de Champlain (roman historique, trilogie), (Montréal, HMH [1], 2003, 2005, 2007, 3 tomes avec bibliographie, réimpr. mars 2008). ; Note : Un peu de fiction pétillante sur trame historique rigoureuse, l'auteure est tante de l'historien Mathieu D'Avignon (elle le révèle dans la section remerciements).
  17. C'est la rivière Saint-Pierre, formant un petit lac près de son embouchure, aujourd'hui devenue l'embouchure du Canal Lachine.
  18. C'est à cet endroit, dans ce qui est aujourd’hui la Pointe-à-Callière, dans le Vieux-Montréal, que s'établit, trente ans plus tard (en 1642) la colonie de Ville-Marie.
  19. À la fin de l'été 1867, près de Cobden en Ontario, un adolescent trouve ce qui lui semble un petit disque en laiton, à l'occasion de travaux de défrichage menés par son père. Il comporte un anneau de suspension, un pointeur mobile, des graduations. Ce petit astrolabe est gravé d'un « 1603 ». Quiconque l'apprend conclut à « l'astrolabe de Champlain ». Mais... avec ce vieil astrolabe miniature, on trouve une chaîne rouillée, de petits récipients en cuivre, ainsi que deux gobelets en argent gravé. En 2004, le chercheur Douglas Hunter propose une autre conclusion qui tient compte de l'ensemble des données, et que le journaliste Jean-François Nadeau rapporte, sous le titre Est-ce bien l'astrolabe de Samuel de Champlain? (Le Devoir du 30 décembre 2004. Voir l'article. — D'autres auteurs ignorent encore cette interrogation, même le Musée de l'Amérique française (à Québec), comme le Musée canadien des civilisations (à Ottawa), l'actuel gardien de cet objet qu'il nomme, toutefois, prudemment « l'astrolabe dit de Champlain ».
  20. Ces Hurons sont probablement plus costaux que Champlain.[style à revoir]
  21. Le portrait de Champlain utilisé dans l'article est un portrait factice par Eugène Ronjat. Source : François Guizot, A Popular History of France from the Earliest Times, vol. 6, chap. 53, Boston, Dana Estes & Charles E. Lauriat (Imp.), 19th C., p. 190.
Autres références
  1. a, b et c Gilles Herman/Denis Vaugeois, Champlain et Dupont Gravé en contexte.
  2. Mathieu d'Avignon, Champlain et les fondateurs oubliés, les figures du père et le mythe de la fondation., Québec, Les Presses de l'Université Laval (PUL),‎ 2008, 558 p. (ISBN 978-2-7637-8644-5, présentation en ligne)
    L'auteur remet en cause l'image populaire du fondateur unique. Pour un commentaire sur le livre voir : Louis Cornellier, « Le complot de Champlain », Le Devoir,‎ 19 avril 2008 (lire en ligne)
  3. « Samuel de Champlain », Encyclopædia Universalis. Lire un extrait
  4. « Samuel de Champlain : Navigateur, cartographe royal (sic), explorateur, diplomate né à Brouage » sur en-charente-maritime.com, Site Officiel du Comité Départemental du Tourisme de la Charente-Maritime. Consulté le 9 octobre 2008.
  5. « Samuel de Champlain : père de la Nouvelle-France », sur francorigines.ca, Francorigines : « Vivez l’expérience de l’Ontario français » (consulté le 10 octobre 2008)
  6. Pierre Damien Rainguet, Biographie saintongeaise ou Dictionnaire historique de tous les personnages qui se sont illustrés dans les anciennes provinces de Saintonge et d'Aunis jusqu'à nos jours, Saintes,‎ 1851 (réimpr. 1971) (lire en ligne), 140-141
  7. Olivier Parent, « Champlain serait né à La Rochelle », Le Soleil,‎ 15 avril 2012 (lire en ligne)
  8. Greffes du notaire Villain pour les années 1573 et 1574, dans l'étude de maître Ranson à Marennes. — Cet acte de vente est transcrit dans : Nouveaux Documents sur Champlain et son époque (volume 1, 1560-1622), Publication des Archives publiques du Canada, no 15. Ottawa, 1967. 492 pages — documents recueillis et publiés par Robert Le Blant, conseiller à la Cour d'appel de Douai et René Baudry, c.s.c., alors chargé de recherches et représentant en France des Archives publiques du Canada.
  9. Annie Mathieu, « Samuel de Champlain serait né protestant », Le Soleil,‎ 17 avril 2012 (lire en ligne)
  10. Le texte de l'acte peut se lire comme suit :
    « Le vandredy treziesme Jour daougst / mil cinq centz SoySente et quatorze / a este baptize Samuel filz de / Anthoynne chapeleau et de m (mot rayé) / margerite Le Roy p[a]rain Estienne / Paris, mayrenne Marye Rousseau. / Signatures : Denors, N Girault (paraphe). »
    — Source : Fiche « Champlain (De), Samuel », du Fichier Origine.
  11. « BROUAGE par Jean Detertre. » (consulté le 17 avril 2010)
  12. « On entre dans le "pays" de Champlain. », sur Brouage.org (consulté le 17 avril 2010)
  13. « 1570 - Agrippa d’Aubigné - 3 - Guerre en Saintonge jusqu’à la paix de Saint-Germain », sur Histoire Passion (consulté le 17 avril 2010)
  14. Jean Glénisson, « Célébrations nationales 2003 - Samuel Champlain et François Gravé, sieur du Pont, remontent le Saint-Laurent », sur culture.gouv.fr, Ministère français de la Culture,‎ 2003 (consulté le 10 Octobre 2008)
  15. Moulin-Baude, dans l'historique de Tadoussac
  16. Pointe-aux-Alouettes (à Baie-Sainte-Catherine)
  17. Photographies, page par page, du Mercure François : année 1608, p. 227r, table 5, p. 291r,… p. 293v
  18. a, b, c et d Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec : Des origines à 1791, Septentrion,‎ 1995, 488 p. (ISBN 9782894480502, présentation en ligne), p. 43-44
  19. Samuel Champlain, D'un monstre espouvantable que les Sauvages appellent Gougou, & de nostre bref & heureux retour en France, dans Des Sauvages…, Paris, 1603 : Chapître XIII, p. 62 / p. 126 (Éditions du Jour, Tome I), Montréal, 1973 - lire en ligne, sur Gutenberg.org.
  20. Même extrait, du XVIIe siècle, sous accentuation ultérieure, propre au XXe siècle, cité par exemple dans « Champy : La Créature du Lac Champlain ».
  21. Lemieux, Raymond, Les années Champlain in Québec - La grande aventure, Québec Science, Spécial 400e anniversaire, été 2008, p.50, (ISSN 00216127)
  22. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?udId=c1p72iegcrs3—13idloti5n5dr&consIr=&irId=FRAN_IR_042825&frontIr=&auSeinIR=false. Cote originelle du document : MC/ET/LXXXV/108
  23. Robert Le Blant, La famille Boullé 1586-1639, Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 17, no 1, 1963, p. 55-69 en ligne.
  24. a et b Robert Le Blant, Le triste veuvage d’Hélène Boullé, Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 18, no 3, 1964, p. 425-437 [PDF] Lire en ligne.
  25. Abbé C.-H. Laverdière, M. A., Œuvre de Champlain, 1870, p. 838
  26. Abbé C.-H. Laverdière, M. A., Œuvre de Champlain, 1870, p. 838-839
  27. Abbé C.-H. Laverdière, M. A., Œuvre de Champlain, 1870, p. 857
  28. Abbé C.-H. Laverdière, M. A., Œuvre de Champlain, 1870, p. 504
  29. Joseph Desjardins, Guide parlementaire historique de la Province de Québec. : 1792 à 1902, Québec,‎ 1902 (lire en ligne), p. 3
  30. (fr) Photocopies du Dernier testament de Champlain (6 pages) (par Archives Canada-France).
  31. (en) Conrad E. Heidenreich: Who was Champlain? His Family and Early Life. (Métis sur mer; 8 août 2008). — As said into a note to this text, "this lecture is based on parts of a book by Conrad E. Heidenreich and K. Janet Ritch soon to by published by The Champlain Society, provisionally entitled: The Works of Samuel de Champlain: Des Sauvages and other Documents Related to the Period before 1604".
  32. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?udId=c1p7129ou20r—152zm3aqca7z4&consIr=&irId=FRAN_IR_042434&frontIr=&auSeinIR=false. Cotes originelles des documents : MC/ET/LXII/138 et MC/ET/LXII/167
  33. Pierre Dubeau, « La chapelle Champlain : en deçà du mystère », Comité Champlain, 2008.
  34. Œuvres de Samuel de Champlain - Projet Gutenberg (divers formats disponibles)
  35. Œuvres de Champlain / publiées sous le patronage de l'Université Laval par C.-H. Laverdière - En 5 vol. numérisés au format PDF par la BAnQ

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Francophone[modifier | modifier le code]

  • Mathieu d'Avignon, Champlain et les fondateurs oubliés. Les figures du père et le mythe de la fondation, 2008, Québec, Les Presses de l'Université Laval, 558 pages, (ISBN 978-2-7637-8644-5).
  • Eric Thierry, La France de Henri IV en Amérique du Nord. De la création de l'Acadie à la fondation de Québec, Paris, Edit. Honoré Champion, 2008, 502 p.
  • Raymonde Litalien et Denis Vaugeois (dir.) Champlain : la naissance de l'Amérique française Sillery (Québec) : Septentrion ; Paris : Nouveau monde éd. ; La Rochelle : Conseil général de la Charente-Maritime, 2004. 397 p., 34 cm. (ISBN 2-89448-388-0) puis (ISBN 2-84736-079-4).
  • Émile Cappella, Champlain, le fondateur de Québec. Paris : Magellan & Cie, coll. « Traces & fragments », 2004. 125 p., 24 cm. (ISBN 2-914330-49-9).
  • Caroline Montel-Glénisson, Champlain : la découverte du Canada, Paris : Nouveau Monde éditions, 2004, 188 pages
  • La Grosse Aaventure des marins saintongeais dans les terres neuves et Le Grand Livre des voyages de Champlain - Bernard Mounier, Patrick Henniquau, Ed. Bonne Anse, co-éd. avec la CDA, 2005
  • Yves Cazaux, Le rêve américain, de Champlain à Cavelier de La Salle, Albin Michel, 1988, 544 pages.
  • Rosario Bilodeau, Champlain, Montréal : Éditions HMH limitée, 1961, 198 pages
  • Marcel Trudel, Champlain : texte, Montréal : Fides, 1956, 94 pages
  • Paul Bouchart d'Orval, Le mystère du tombeau de Champlain, Montréal, Société nationale Samuel de Champlain, 3e édition 1951, 125 pages
  • Maurice Besson, Champlain, Paris : Éditions de l'Encyclopédie de l'empire français, 1946, 156 pages
  • Constantin-Weyer, Champlain, Paris : Plon, 1931, 241 pages
  • Étienne Micard, L'Effort persévérant de Champlain, Paris : Éditions Pierre Roger, 1929, 281 pages
  • Léon Le Clerc, Champlain célébré par les Normands et les Canadiens : mémorial des fêtes données à Honfleur les 13, 14 & 15 août 1905, Honfleur : Imprimerie R. Sescau, 1908, 128 pages
  • Abbé Silvio Corbeil, Chomedey de Maisonneuve : drame chrétien en trois actes ; Samuel de Champlain : pages oratoires ; trois auréoles!, Montréal : Cadieux & Derome, 1899, 115 pages
  • Henri-Raymond Casgrain, Champlain : sa vie et son caractère, Québec : Imprimerie de L.-J. Demers & frère, 1898, 60 pages
  • Champlain et son œuvre : une page d'histoire, Québec : A.E. Talbot, éditeur, 1898, 107 pages
  • Hubert Deschamps, Les voyages de Samuel Champlain, Paris, PUF, 1951
  • Narcisse-Eutrope Dionne, Samuel Champlain, fondateur de Québec et père de la Nouvelle-France. Histoire de sa vie et de ses voyages, s.é., Québec, 2 tomes de 430 et 559 pages

Anglophone[modifier | modifier le code]

  • David Hackett Fisher, Champlain's Dream, Knopf Canada, 2008, 848 pages, (ISBN 978-0-307-39766-9 et 0-307-39766-1).
  • Conrad Edmund Heidenreich, Champlain and the Champlain Society : an early expedition into documentary publishing, Toronto : The Champlain Society, 2006, 130 pages
  • Raymonde Litalien et Denis Vaugeois, Champlain : the birth of French America, Montreal : McGill-Queen's University Press ; Sillery : Septentrion, 2004, 397 pages (traduit du français par Käthe Roth)
  • Joe C.W. Armstrong. Champlain, Toronto : Macmillan of Canada, 1987, 318 pages
  • Conrad Edmund Heidenreich, Explorations and mapping of Samuel de Champlain, 1603-1632, Toronto : B. V. Gutsell : Department of Geography, York University, 1976, 140 pages
  • Samuel Eliot Morison, Samuel de Champlain: Father of New France (Little Brown, 1972) (ISBN 0-316-58399-5)
  • George MacBeath (ed.), Champlain and the St. John, 1604-1954, Saint John, N.B. : New Brunswick Historical Society, 1954, 80 pages
  • Morris Bishop, Champlain : the life of fortitude, New York : Alfred A. Knopf, 1948, 364 pages
  • Louise Hall Tharp, Champlain Northwest voyager, Boston : Little Brown & Co., 1944, 250 pages
  • Henry Wayland Hill, The Champlain tercentenary : final report of the New York Lake Champlain Tercentenary Commission', Albany : Lyon Co., 1913, 325 pages
  • Narcisse-Eutrope Dionne, N.-E. Champlain, Toronto : Morang, 1905, 299 p. (dans la série The Makers of Canada ; v. 1)
  • John Murdoch Harper, Champlain : a drama in three acts ; with an introduction entitled Twenty years and after, Toronto ; Quebec : the Trade Publishing Company : T.J. Moore & Company, 1908, 296 p.
  • Edwin Asa Dix, Champlain, the founder of New France, New York : D. Appleton, 1903, 246 pages
  • Francis Parkman, Champlain and his associates : an account of early French adventure in North America, New York : Charles E. Merrill, 1890, 64 pages

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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