La Bolduc

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Madame Édouard Bolduc.
Première page du cahier de la musique Chansons comiques

La Bolduc[1] (née Mary Rose Anna Travers le 4 juin 1894 à Newport (Gaspésie), Québec et morte à Montréal le 20 février 1941)[2],[3],[4] est une auteur-compositrice-interprète québécoise. Musicienne autodidacte, considérée comme la première « chansonnière » du Québec, elle connaît un succès phénoménal auprès du public québécois et la consécration par le biais du disque.

Madame Bolduc a donné à la chanson québécoise des années 1920-1930 un vent de fraîcheur : trouver les mots justes et l'humour nécessaire en plein cœur de la crise économique des années 1930, en racontant le quotidien des petites gens de la ville et des campagnes et ce, dans la langue du peuple, tant avec optimisme (Ça va venir, découragez-vous pas, Nos braves habitants) qu'avec ironie (Toujours l'R-100, Les médecins).

« Un lien de profonde identification survient entre un artiste et son public, lien essentiel à la base de tout succès populaire. »

— Robert Léger, La chanson québécoise en question, 2003, Éditions Québec Amérique, p. 29-30

Les auteurs antérieurs ou contemporains à l'œuvre de Madame Bolduc (entre autres Roméo Beaudry, Ovila Légaré, Louis-Joseph Paradis, Paul Gury) écrivaient des textes intéressants et de bonne facture pour l'époque, mais doivent leur style à la chansonnette française du moment, quand ce ne sont purement et simplement des adaptations de chansons américaines. Sa "signature": les refrains de la plupart de ses chansons sont turlutés et les interludes musicaux sont ponctués à l'harmonica. La turlute, jeu de langue qui ponctue les mélodies et leur donne un rythme particulier, se retrouve dans plusieurs folklores (Irlandais, Écossais)[5].

Les premières années[modifier | modifier le code]

La Bolduc en 1928, entourée d'autres musiciens.

Mary Travers est née au sein d'une famille pauvre et grandit dans une famille catholique. La famine qui sévit en 1894 laissa des traces à travers la Gaspésie (Québec) causant ainsi la pauvreté dans plusieurs familles. Mary était l'une des six enfants de Lawrence Travers, de souche irlandaise, et d'Adéline Cyr, une canadienne-française. Leur maison abritait également les six autres enfants de Lawrence issus d'un premier mariage.

Le père de Mary épousa en premières noces Mary-Ann Murray également Irlandaise avec qui il eut six enfants, tous anglophones. Mary-Ann décéda peu de temps après l'accouchement de son dernier enfant. C'est le 26 janvier 1891 qu'il épousa la mère de Mary, Adéline Cyr. Ensemble, ils eurent plusieurs enfants : Edmond, Mary, Adéline, Agnès, Joseph-Claire morte à l'âge de 4 ans et Thomas.

Dans cette petite maison de campagne, comme dans la plupart des familles, les enfants allaient à l'école, apprenaient le catéchisme et aidaient leurs parents à accomplir les tâches domestiques. Mary, qui avait une grande capacité physique, aidait également son père à travailler dans la forêt. À travers ces promenades dans le bois, Mary développa un sens d'observation unique qu'elle utilisera plus tard dans ses chansons.

Les villageois isolés de Newport voyageaient rarement et connaissaient bien peu les grandes villes ou la musique moderne. Lawrence Travers était le premier et le seul professeur de musique de Mary. Il lui apprit à jouer des instruments de musique traditionnels que l'on retrouvait dans beaucoup de foyers du Québec au tournant du XXe siècle, comme le violon, l'accordéon, l'harmonica, les cuillères et la guimbarde. Ils jouaient surtout des airs et des danses de folklore traditionnel comme les gigues, de mémoire et d'oreille, puisque la famille Travers ne possédait ni tourne-disque, ni piano, ni musique en feuille.

Mary commença à l'âge de 12 ans à jouer dans les veillées et les mariages du village. Son répertoire se constituait de mélodies irlandaises provenant du côté paternel et d'airs folkloriques canadiens-français venant de sa mère, formant ainsi le style unique qui la rendra célèbre. À ce moment-là, puisqu'elle était plutôt anglophone que francophone, elle aimait mieux jouer de la musique irlandaise. On la considérait alors une enfant prodige.

En 1907, elle quitta la Gaspésie pour venir s'installer avec sa demi-sœur, Mary-Ann à Montréal. À l'âge de 13 ans, elle devint une bonne pour une famille bourgeoise montréalaise afin de pouvoir aider ses parents qui vivaient dans la misère. Ce n'est qu'à l'âge de 16 ans, lorsqu'elle se trouva un emploi dans une usine, que la situation économique de ses parents commença à se replacer. De plus en plus, Mary aimait le mode de vie de la ville et souhaitait faire sa vie à Montréal.

La vie après le mariage[modifier | modifier le code]

Les activités religieuses étaient très importantes pour Mary. Ces soirées lui permirent de rencontrer Edmond Bolduc, le frère d'Édouard, son futur époux, qui était ouvrier dans une usine et qui plus tard devint plombier. Ils s'épousèrent le 17 août 1914 et Mary prit le nom de Madame Édouard Bolduc. Ils s'installèrent à Montréal et Mary commença sa carrière de couturière. Mary eut de la difficulté avec ses grossesses, mais réussit à avoir deux premiers enfants, Denise et Lucienne.

Après un certain temps, lorsque les revenus n'étaient pas très élevés, la famille décida de déménager à Springfield, dans l'État du Massachusetts aux États-Unis. Étant donné que la situation ne s'améliorait pas, les Bolduc retournèrent à Montréal en 1922. Dans les quelques années qui suivirent, Mary donna naissance à deux autres enfants, Réal et Fernande.

Un avenir prospère[modifier | modifier le code]

De retour à Montréal, comme elle était musicienne autodidacte, Mary recommença à jouer du violon, de l'harmonica, de l'accordéon et de la guimbarde dans des veillées de musiciens, sans toutefois envisager une réelle carrière de musicienne. Elle chantait et accompagnait dans les soirées musicales de la région afin d'aider sa famille et son époux à passer à travers la crise mais ne composait pas encore. On lui dit qu'elle était aussi bonne que l'harmoniciste Henri Lacroix.

Un jour, Mary apprit que le musicien qui jouait habituellement quelques fois par année dans les «Veillées du Bon Vieux Temps» instituées par Conrad Gauthier, était malade. On lui demanda alors de le remplacer jusqu'à ce qu'il soit mieux. Au début, elle accompagnait d'autres artistes tels le chanteur Ovila Légaré, Juliette Petrie et Alfred Montmarquette. C'est d'ailleurs au cours d'une de ces soirées qu'elle interpréta pour la première fois Y'a longtemps que je couche par terre. Elle fut grandement appréciée des auditeurs dans la foule. On lui réserva trois rappels. Elle est devenue par la suite une invitée régulière de ces soirées et on réclamait désormais Mme Bolduc pour ses chansons comiques. Les choses commençaient bien pour Mary, mais les profits n'étaient pas assez élevés pour nourrir une famille. Entre temps, elle recommença à faire de la couture.

Elle commença sa carrière professionnelle en 1927, durant ces soirées au Monument-National (boulevard Saint-Laurent, à Montréal). Le 25 novembre 1928, alors âgée de 34 ans, la dame se rendit de nouveau au Monument-National pour la Sainte-Catherine où elle participa à une émission de radio au poste CKAC. Tout se passa bien et Mary retourna chez elle. Un avenir prospère venait de commencer pour La Bolduc.

La vie d'artiste célèbre[modifier | modifier le code]

La Bolduc en tournée. Photo prise vers 1930.

À partir de ce moment, après l'émission de radio, la vie de la famille Bolduc passa de la misère à un avenir meilleur. Les jours qui suivirent l'émission, Mary commença à répéter sur une base régulière. Elle enregistra son premier disque en 1929 en accompagnant le chanteur Ovila Légaré. C'est à ce moment qu'elle écrivit de la musique pour le violon et l'harmonica. Mary inaugura aussi des soirées musicales en famille.

Les grandes vedettes de cette époque étaient fort impressionnées du talent de Mary. La nouvelle se transmit de bouche à oreille et se rendit jusqu'au responsable de la compagnie de disques Starr où Mary signa son premier contrat. Le 12 avril de cette même année, elle se rendit en studio pour enregistrer deux chansons accompagnée par Médor Levert à la guitare: Y'a longtemps que je couche par terre, une chanson traditionnelle qu'elle chantait souvent, et La Gaspésienne[6].

À sa sortie dans les magasins, son premier disque n'eut pas de succès. En effet, le producteur montréalais Roméo Beaudry de Starr continuera de lui faire confiance malgré des ventes mitigées jusque là. Mary enregistrera tout de même des airs traditionnels à l'harmonica, mais aucune chanson (à l'exception de Quand on s'est vu dont la voix masculine reste inconnue à ce jour. Le collectionneur Michel Picard souligna la possible collaboration chantée de Roméo Beaudry, directeur artistique chez Starr, auteur, compositeur et éditeur. Robert Therrien appuie cette théorie[7].

C'est le 6 décembre 1929 que débute sa grande période de succès. Sur ce troisième disque (ou quatrième, selon les sources - voir discographie,) on retrouvait une de ses compositions, La Cuisinière, qu'elle avait composée en faisant la cuisine ainsi que Johnny Monfarleau. Chez Archambault Musique sur la rue Sainte-Catherine à Montréal, on faisait la file pour obtenir un exemplaire du 78 tours. Ils en vendirent 10 000 lors du premier mois[8]. C'est à partir de ce moment que Mary est devenue rapidement la chanteuse la plus populaire du Québec, devenant la première femme Québécoise à gagner sa vie en tant que chanteuse, auteure, compositrice et interprète de la chanson au Québec.

Après ce vif succès, Mary décida qu'elle aimerait enregistrer un nouveau disque tous les mois, ce qui rapporterait beaucoup d'argent à la famille. Comme à l'habitude, elle composait ses airs dans la cuisine. Dans ses chansons, Mary s'inspirait du folklore qu'elle connaissait ; on y retrouvait des situations et des personnages comiques pour faire rire les gens. Elle décida même de turluter - « chanter sans paroles en répétant un motif sonore sur un rythme rapide et comme si les sons roulaient dans la gorge, à la façon d'une rengaine »[9] - dans ses chansons. Ses textes traitaient d'anecdotes drôles. En pleine crise économique, les gens du peuple appréciaient beaucoup la musique de La Bolduc.

Sa fille Denise alors âgée de 13-14 ans accompagna sa mère au piano. Déjà là, Mary trouva un peu d'inspiration. À partir de ce moment, Denise accompagna Mary sur ses disques. Son premier enregistrement avec sa mère eut lieu le 14 mai 1930 avec les chansons La Morue et Fricassez-vous. Si les airs étaient toujours puisés dans le répertoire folklorique, la veine créatrice, elle, prenait place dans le passé et le quotidien de son auteur.

Mary Travers commença à lire divers articles de journaux comme source d'inspiration, ce qui lui donna encore plus le goût de composer. Afin de mieux rejoindre son public, Mary commença également à composer des paroles qui parlaient aux gens de la réalité de la société dans laquelle tous vivaient à cette époque. L'année 1930 est celle où elle enregistra le plus de disques ainsi qu'une année chargée de projets tels que des émissions de radio et des soirées dans Les Feux follets au Monument National où elle joua pour la première fois un rôle de comédienne. Elle participa également à la soirée de la Sainte-Catherine.

Les gens voulaient de plus en plus voir et entendre Madame Édouard Bolduc sur scène. Jusqu'à ce jour, Mary n'avait jamais chanté ses mélodies en spectacle autrement que sur disque ou à la radio. « Les Soirées du Bon Vieux Temps » étaient les derniers concerts qu'elle avait donnés en public. Le 25 novembre 1930, elle accepta avec joie l'offre qu'elle reçut pour chanter lors d'un bal masqué à Lachute. La soirée du spectacle arriva et Mary fut très bien accueillie par le public qui connaissait pratiquement toutes les paroles de ses chansons. Contente de son expérience, Mary décida de continuer à chanter ses airs sur scène.

Au fur et à mesure que les années passaient, La Bolduc devenait de plus en plus populaire et vendait énormément de disques. Si nous regardons le fil sa vie, elle changea complètement. Mary passa de la pauvreté au succès et à la richesse. Elle aimait s'occuper de sa famille, composer de nouveaux airs et faire des émissions de radio.

Après son apparition sur scène à Lachute, elle reçut plusieurs autres propositions qu'elle refusa jusqu'à ce qu'elle en ait une du Théâtre Arlequin à Québec du 15 au 21 mars 1931. À partir de ce moment, Mary fit partie d'une troupe comique dirigée par Juliette d'Argère connue sous le nom de Caroline. Le succès et les ventes continuèrent à augmenter. La Bolduc était maintenant femme de carrière. On dit alors d'elle : « Elle devient l'idole de tous les démunis, de toutes les victimes de la crise, de tous ceux qui triment dur dans les usines pour des salaires de famine, de toutes celles qui élèvent une trâlée d'enfants dans des conditions misérables.»[10]

En 1931, Mary avait besoin de temps pour elle-même. Elle déménagea donc avec sa famille à Newport, Baie des Chaleurs, son lieu de naissance. Ils revinrent à Montréal à la fin de cette même année. Mary continua à enregistrer des chansons et à organiser des tournées de spectacles.

En 1932, les choses changèrent un peu pour La Bolduc. Elle ajouta des chansons anglaises à son répertoire, mais n'eut pas grand succès. Plus tard, le 2 juillet, elle montra à ses enfants le studio où elle enregistrait ses disques depuis les dernières années. Avec leur mère, ils chantèrent En revenant des foins, Les conducteurs de chars et Les vacances. Ce fut son dernier disque avant 1935 en raison des baisses de ventes sur les marchés américain et canadien affectant toutes les grandes vedettes de cette époque. À partir de ce moment-là, puisque Édouard n'avait pas d'emploi stable, La Bolduc entreprit d'importantes tournées au Québec avec Jean Grimaldi parce que l'argent devait continuer à entrer.

Les grandes tournées[modifier | modifier le code]

Vers 1930

Mary se remit à offrir des soirées de spectacle. Pendant ce temps, elle rassembla une équipe pour les prochaines tournées, la Troupe du Bon Vieux Temps: Armand Lacroix, comédien connu sous le nom de Boniface, le chanteur Jean Grimaldi et sa fille Denise comme pianiste, chanteuse et comédienne. Elle embaucha Jean Grimaldi comme directeur. Leurs concerts comprenaient du vaudeville et du folklore.

Les premières tournées furent dans les alentours de Montréal. Les spectacles composés de trois numéros comiques étaient présentés dans les églises ou dans les cinémas. Ces petites tournées réussies donnèrent beaucoup d'espoir à La Bolduc. Le 20 décembre 1932, elle présenta sur scène ses enfants, Réal et Fernande, avec qui la troupe fit un concert de musique folklorique. Pendant ces années, La Bolduc commença à composer des chansons sur demande.

En 1934, Mary et Henri Rollin, également chanteur et remplaçant de Jean Grimaldi, formèrent une nouvelle troupe pour une tournée en Nouvelle-Angleterre. Ceux-ci rassemblèrent le comédien, le chanteur et le pianiste Paul Foucrault, la comédienne Marcelle Briand, le violoniste Philippe Bouchard, l'accordéoniste Albertine Villeneuve et comme dans les autres groupes, sa fille Denise, qui encore une fois jouait du piano, chantait et faisait de la comédie. Cette fois-ci, les spectacles regroupaient surtout du folklore avec un peu de vaudeville vers la fin des concerts.

L'année 1935 relança la production de disques pour Mary. La compagnie Starr lui demanda d'enregistrer son seul disque au début de l'année 1935. Elle composa une chanson sur les jumelles Dionne et une autre sur la Gaspésie: Les cinq jumelles et La Gaspésienne pure laine. Après trois ans sans avoir écrit de chansons, Mary reprit le goût de composer. Elle s'inspira des articles qu'elle lisait dans les journaux.

Cette même année, de nouveau avec Jean Grimaldi, elle planifia une grande tournée dans le nord du Québec et dans le nord de l'Ontario, aussi loin que Kapuskasing. Cette fois, le groupe était composé d'Armand Lacroix ainsi que Simone Roberval et Éliza Garreau comme comédiennes et chanteuses et Philippe Bouchard. Le vaudeville et les chansons faisaient toujours partie des concerts.

L'année suivante, en 1936, La Bolduc enregistra quatre nouveaux disques dont une des chansons, Les colons canadiens, parle de sa tournée dans le grand nord ontarien. Au printemps 1936, La Bolduc décida de repartir en tournée en Nouvelle-Angleterre. Au mois de juin de cette même année, Mary et Grimaldi rassemblèrent la troupe et retournèrent dans le nord avec Tizoune fils (Olivier Guimond), Manda Parent, André Carmel, Colette Ferrier et Denise Bolduc.

En 1937, un nouveau groupe se forma avec Henri Rollin : Armand Lacroix, Simone Roberval, Guy Robert, Juliette Sylvain et Denise Bolduc, plus tard remplacée par Marcel Grondin. Cette fois-ci, la troupe se dirigea vers le Bas du fleuve, la Gaspésie et le Saguenay. Pendant cette tournée, en route de Rivière-du-Loup à Cap-Chat, ils eurent un accident, blessant Mary qui fut hospitalisée pour quelques semaines. Pendant sa convalescence, les médecins découvrirent une tumeur maligne. À son retour à la maison, Mary ne retrouva plus l'inspiration pour écrire à cause de sa maladie.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Vers 1932.

Lorsque La Bolduc se sentit mieux après tous ses traitements de radiation en 1939, elle recommença à composer quelques airs et participa à des émissions de radio. Cette année-là, elle enregistra ses derniers disques. Pendant sa rémission, Jean Grimaldi l'invita à participer à une autre tournée qu'il organisait en Nouvelle-Angleterre. Elle accepta volontiers et fit donc partie de la Troupe de Comédie Canadienne avec Olivier Guimond, père, Effie Mack, Manda Parent, Florida Roy, Marcel Dequoy, Lionel Parent et Joseph Caron.

À son retour, le cancer aggrava l'état de santé de Mary. À travers tout cela, elle continua à chanter au cours de quelques spectacles. Elle succomba à la maladie, le 20 février 1941, à 46 ans. Elle repose maintenant au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges de la ville de Montréal qui est un cimetière où plusieurs autres célébrités et personnalités connues du Québec sont enterrées.

Mary Travers fut sans doute la vedette la plus populaire vers la fin des années 1920 et 30 au Québec. Elle écrivit plus de 300 chansons (ce chiffre semble démesuré lorsqu'on compare les chansons enregistrées par Madame Bolduc qui furent simplement des reprises de chansons folkloriques, ses propres créations les inédits manuscrits repris par l'interprète Danielle Martieneau et recensés dans le livre Lina Remon et Jean-Pierre Joyal, op.cit) inspirées par les traditions folkloriques irlandaises et québécoises. On la surnommait «la turluteuse du peuple»[11]. Elle sut plaire à son public pendant la crise économique. Malgré toute l'évolution de la musique populaire de cette époque, tout au long de sa carrière de musicienne, La Bolduc garda le même style de musique dans ses chansons, la musique folklorique. Il ne faut pas oublier qu'«en l'espace de deux ans, Mary est passée de femme au foyer à artiste célèbre»[12].

Discographie[modifier | modifier le code]

Disque La Cuisinière[13], de La Bolduc

Durant sa carrière, La Bolduc a enregistré 46 disques (91 titres à l'exception du 92e titre "L'enfant volé" interprété par sa fille Lucienne).

Avec les recherches de Robert Thérien pour le compte de la Bibliothèque Nationale du Canada (Gramophone Virtuel), plusieurs enregistrements ont refait surface après des années d'oubli. On entend distinctement La Bolduc au service d'Ovila Légaré, Eugène Daigneault, Alfred Montmarquette, tous sous contrat avec Starr, sous la direction artistique de Roméo Beaudry.

La plupart des titres de Madame Bolduc des solos avec accompagnement de musique à bouche, guitare, piano, guimbarde et accordéon. Sa fille Denise l'accompagnait au piano, Médor Levert à la guitare et Alfred Montmarquette[14], à l'accordéon. En 1930, elle enregistra trois disques avec ce dernier: le 18 mars, le 30 avril et le 20 mai. Avec Ovila Légaré, elle enregistra deux disques, le 27 octobre 1930 et au mois de novembre de la même année dont on ne connaît pas la date précise. Dans les années 1931 et 1932, elle enregistra également des disques avec sa famille: le 7 novembre 1931 à l'occasion de la fête de Noël et le 2 juillet 1932. La première chanson de son trente-sixième disque, L'enfant volé du 6 mai 1932, est chantée par sa fille Lucienne. Quelques années plus tard, le 27 avril 1936, elle enregistra sa chanson Arrête donc Mary avec Jean Grimaldi. Tout son répertoire tourne autour des styles de chansons et folklore comiques et des chansons d'actualité ainsi que quelques vieilles chansons, reels et valses. Certaines d'entre elles, qui traitent des soucis quotidiens des gens ordinaires, étaient considérées trop osées par les stations de radio qui ne les passent pas sur les ondes. De plus, grâce à l'intervention de Robert Therrien auprès de la Bibliothèque Nationale du Canada], nous connaissons mieux le travail de musicienne et de choriste de studio de Madame Bolduc. Par sa voix inimitable et son jeu d'harmonica, elle est aisément identifiable. C'était un pan important de son œuvre qui manquait à l'appel.

La discographie suivante a été établie dans le livre de David Lonergan La Bolduc: la vie de Mary Travers (op.cit.) "à partir de celle de Jean-Jacques Schira et de Monique Leclerc, complétée par d'autres sources dont Marie-Blanche Doyon et la collection Bolduc du Musée de la Gaspésie" Schira, Jean-Jacques, Les éditions sonores au Québec (1898-1960), p.79-101 in Robert Giroux, directeur, Les aires de la chanson québécoise, Triptyque, Montréal, 1984 213 pages. Les précisions proviennent des notes du coffret Madame Bolduc: l'œuvre complète publié en 1994 par les Productions Octogone (OCT-501A-2) sous la direction de Michel Picard - collectionneur émérite des disques de La Bolduc - et des notes de Robert Therrien, collectionneur et historien de la chanson québécoise, collaborateur au site de la Bibliothèque Nationale du Canada "Le Gramophone Virtuel".

Les différents accompagnateurs de Madame Bolduc: A = Médart Levert, guitariste et neveu par alliance de Mary Travers (La Bolduc) B = Denise Bolduc, pianiste, fille aînée de Madame Bolduc. P = Pianiste inconnu

Mise en garde amicale du rédacteur des quatre prochains paragraphes: Dans les biographies et les fiches de studio disponibles, on peut lire le nom de Médart Levert comme accompagnateur à la guitare. Son jeu sobre se reconnaît facilement. Je n'indiquerai qu'avec certitude la présence de Denise Bolduc sur les disques de sa mère (mention d'étiquette). J'écris cette partie en souhaitant qu'un musicologue ou un passionné pertinent puisse appuyer cette explication, cette hypothèse. Je ne veux pas "briser une légende", aussi belle et tenace (une famille unie par la musique) ni dénigrer le travail fort acceptable des enregistrements où figurent Denise auprès de sa mère, mais certains enregistrements diffèrent beaucoup dans la façon de jouer le piano. Il est difficile d'admettre, à trois ans de différence, que le toucher de piano varie autant pour une personne ! (Suffit d'écouter "Les policemen" ou "Aux Chauffeurs d'automobiles" avec leurs superbes variations pianistiques et, dans un deuxième temps "Les médecins" ou "La lune de miel" ou l'accompagnement de Denise, quoique très efficace pour le style Bolduc, s'avère moins brillant dans l'exécution des chansons mentionnées). Il est évident que Denise ne comprend pas bien qu'une chanson devient en mode mineur (dans le cas des Médecins, notamment).

Tenant compte du fait que Denise était jeune fille au début de la carrière de sa mère (peut-être était-elle à l'école lors de certaines sessions de studio ?), il n'est pas négligeable de penser que Madame Bolduc ait eu recours quelquefois aux services de pianistes de studio (Allan Mc Iver ou Léo Lesieur, par exemple, à l'emploi de Starr sous la direction de Roméo Beaudry, pour accompagner tantôt Le Trio Lyrique, Roméo Mousseau ou Ludovic Huot, dans le cas de Mc Iver, Léo-Paul Bourassa ou Ovila Légaré dans le cas de Lesieur).

Autre particularité des enregistrements de Madame Bolduc: Beaucoup de témoignages (dont ceux de sa fille cadette Fernande) et des photos nous dévoilent que Madame Bolduc jouait du violon - en virtuose à ce qu'il paraît. Sa fille Fernande, lors du témoignage de 1959 (Réal Benoît, op.cit.) signale que Madame Bolduc avait déjà enregistré des disques de violon avant son succès "La Cuisinière". Cependant, la plupart des disques instrumentaux où Madame Bolduc est mentionnée laisse voir un travail d'harmoniciste. À moins de jouer de l'harmonica avec un harnais semblable à celui qu'utilisait Bob Dylan, il est impensable de manier un harmonica et un violon en même temps, tenant compte de la virtuosité déployée à l'harmonica par Madame Bolduc. Comment le violon et l'harmonica peuvent être joué par la même personne ?: écoutez "Gendre et Belles-Mères" pour vous faire votre idée en attendant de trouver une réponse pertinente.

On l'entend en virtuose - et trop brièvement - jouer de la guimbarde (appelée au Québec BOMBARDE) dans "Mon vieux est jaloux". Pour les besoins de la rime, elle nous offre un néologisme du plus bel effet : "Moi le soir, quand je me couche / c'est de jouer de la bombarlouche !) et dans certains accompagnements (notamment dans l'enregistrement d'Ovila Légaré "Pousse-toé Ferdinand" écrite par Roméo Beaudry, où La Bolduc manie l'harmonica et la guimbarde).

Tous les disques sont sur Étiquettes Starr (souvent l'appellation GENNETT revient dans les biographies de La Bolduc: la compagnie a gardé le nom de la fusion entre les disques Gennett et les pianos Starr. À compter de 1926, les enregistrements acoustiques font place à l'enregistrement électrique avec microphone. Sous les étiquettes, Gennett cède la place à "New Process"jusqu'en 1933, environ. Source: "En remontant les années / Roll back the year - L'histoire et l'héritage de l'enregistrement sonore au Canada des débuts à 1930" par Edward B. Moogk, Bibliothèque Nationale du Canada, 1975 p. 89 à 91 et Robert Thérien, op.cit.

Le numéro de catalogue précède la date d'enregistrement. Les deux numéros entre parenthèses correspondent au numéro de matrice des chansons dans l'ordre dans lequel elles sont présentées. Le chiffre lié par le trait d'union indique quelle prise fut utilisée lors de la publication des 78 tours. (Source: Michel Picard, op.cit. et Gramophone Virtuel, op.cit.)

1929

  • 1. 15591 (3744-1: 3747-1) 12 avril: Y'a longtemps que je couche par terre et La Gaspésienne - A
  • 2. 15618 (3880-2: 3881-2) 13 août: Gendre et belle-mère A - et Quand on s'est vu - P
  • 3. 15623 (3895  : 3892) 6 septembre Jim Crow et Ah Ah Ah (???) D'après Michel Picard, ces enregistrements existent bel et bien, sans le soutien musical de La Bolduc.

On peut entendre les deux titres sur le site du Gramophone Virtuel op.cit.

  • 4. 15661 (3930-2: 3992-2) 22 novembre: Valse Denise et Reel de la goélette - P
  • 5. 15665 (4012-1: 4013-2) 6 décembre: La cuisinière et Johnny Monfarleau - A

1930

  • 6. 15679 (4104-3: 4116-2) 18 janvier: La servante et le 15 janvier: Regardez donc mouman - A
  • 7. 15682 (4144-2: 4145-1) 29 janvier: Arthémise marie le bedeau et Tourne ma roulette - A
  • 8. 15700 (4282-5: 4306-2 en RÉ, 4248-2 en FA) 11 mars: Le bonhomme et la bonne femme (Trois prises alternatives disponibles sur le site de la Bibliothèque Nationale du Canada LE GRAMOPHONE VIRTUEL. Il est fait mention de cette chanson dans le coffret 4CD de Michel Picard, op.cit.: une matrice serait détruite. Pourtant, il est possible d'entendre 4282-5 pour la réédition courante, 4247-1 et une autre matrice du même numéro mais d'une autre interprétation.)

et Si vous avez une fille qui veut se marier (Pour identifications: ---LE BONHOMME... , Madame Bolduc se permet un solo d'harmonica supplémentaire dans une version, une introduction courte et une respiration au milieu d'une des turlutes dans l'autre. Dans la réédition courante (CD ou 33 tours), la chanson est linéaire et bien égale. ---SI VOUS AVEZ UNE FILLE... Il est possible d'entendre des prises différentes de celles énumérées ici. Madame Bolduc a enregistré deux versions de cette chanson librement empruntée au folklore, une en FA rééditée en CD à partir de la collection de Michel Picard 1994, Productions Octogone, coffret de 4 disques, l'autre en RÉ, deux prises différentes (la première est disponible sur le site de la Bibliothèque Nationale du Canada LE GRAMOPHONE VIRTUEL) l'autre est connue depuis l'ère du microsillon (source: 33 tours Carnaval C-505, ou MCA CB 33025 ou différentes rééditions CD libres de droits d'auteur)

  • 9. 15702 (4271-2: 4272-2) 18 mars: Reel comique et Galop des pompiers - (avec Alfred Montmarquette, accordéon)
  • 10. 15712 (4311-3: 4312-3) 23 avril: Le joueur de violon et Ton amour ma Catherine - A
  • 11. 15719 (4354-1: 4355-1) 30 avril: Gigue des commères et Fantaisie écossaise (avec Alfred Montmarquette, accordéon)
  • 12. 15720 (4378-2: 4380-1) 14 mai: Fricassez-vous et La morue - B
  • 13. 15721 (4353-2: 4379-1) 30 avril: Reel turluté et le 14 mai: Valse turlutée - A
  • 14. 15722 (4386-1: 4387-2) 20 mai: Clog à Tizef Parent et Reel des barbouillés (avec Alfred Montmarquette, accordéon)
  • 15. 15730 (4432-2: 4468-1) 18 juin: Mon vieux est jaloux et 2 juillet La pitoune - B?
  • 16. 15733 (4458-2: 4459-1) 27 juin: Un petit bonhomme avec un nez pointu et Chez ma tante Gervais - B
  • 17. 15751 (4535-3: 4534-2) 21 août: Toujours l'R-100 et Les maringouins - B
  • 18. 15761 (4573-2: 4574-2) 23 septembre: Ça va venir découragez-vous pas et Fin fin Bigaouette - B?
  • 19. 15765 (4616-2: 4615-2) 27 octobre: La bastringue et Mademoiselle dites-moi donc (prises alternatives 4615-1 et 4616-1 sur coffret 4 CD op.cit. et sur Le Gramophone Virtuel op.cit.)
  • 20. 15770 (4629-2: 4648-1) 4 novembre: Les agents d'assurance et Rouge carotte - B
  • 21. 15771 (4649-2: 4651-2) 13 novembre: Le jour de l'an et Le bas de Noël - B(?)
  • 22. 15772 (4632-3: 4633-2) 13 novembre: Dans le temps du jour de l'an et Chapleau fait son Jour de l'an (musicienne accompagnatrice à l'harmonica. Ovila Légaré est l'artiste principale. Madame Bolduc se distingue par son jeu d'harmonica. Elle n'est pas citée sur les étiquettes, peut-être sur les fiches de studio. Voir Gramophone Virtuel).
  • 23. 15780 (4701-3: 4709-2) 10 décembre: La grocerie du coin et le 12 décembre: Le propriétaire

(Pour "Le propriétaire", prise ratée 4709-1, publiée en 78 tours en remplacement de matrice; l'épreuve d'impression figure au nombre des inédits sur le coffret 4 CD, op.cit) (Pour "La Grocerie du Coin" et pour la seule fois dans sa production discographique, Madame Bolduc s'offre les services d'un siffleur, M. Sam Garfield. Il est possible de l'entendre entre autres sur deux 78 tours Starr du chanteur Albert Marier (adaptations de chansons américaines faites par Roméo Beaudry): 15698 "Parmi les tulipes en fleurs" et "Parade d'amour" (non cité sur l'étiquette) et 15507 "La chanson du coucou" et "Ayez un bon sourire et fermez votre parapluie" (cité sur étiquette) - voir sur le net "Gramophone Virtuel" et site de la Bibliothèque Nationale du Québec, Catalogue Iris.

1931

  • 24. 15790 (4761-2: 4762-2) 15 janvier: Fêtons le mardi-gras et Un vieux garçon gêné - B
  • 25. 15795 (4788-1: 4787-1) 3 février: Les filles de campagne et Nos braves habitants - B
  • 26. 15800 (4872-3: 4873-1) 26 mars: Le sauvage du nord et Jean-Baptiste Beaufouette - B

(ces deux titres se retrouvent en prises alternatives commercialisées en 78 tours, jamais rééditées depuis leur parution, figurent sur LE GRAMOPHONE VIRTUEL op.cit.) --Pour les identifier Signes distinctifs:


Jean-Baptiste Beaufouette (4873-2), c'est assez simple: les refrains ne sont pas interprétés de la même façon. La version retrouvée le plus souvent en réédition commence par "Cran cri cran cri cri cran"...


"Le sauvage du Nord" (4872-2) dernier couplet: les mots varient. La réédition courante laisse entendre : "Si tu veux pas que je te lance / la tête avec une flèche". Dans la version entendue sur le Gramophone (ou chez le collectionneur chanceux!!), "Si tu veux pas que je te PERCE / la tête avec une flèche".

  • 27. 15814 (4887-2: 4888-3) 9 avril: La chanson du bavard et L'ouvrage aux Canadiens - B
  • 28. 15822 (5062-2: 5061-1) 7 juillet: C'est la fille du vieux Roupi et Il va me faire mourir c'gars-là - B
  • 29. 15834 (5063-2: 5064-2) 8 juillet: La Côte-Nord et Aux chauffeurs d'automobiles - P (?)
  • 30. 15845 (5152-2: 5151-1) 15septembre: Ah! C'qu'il est slow Tit Joe et Le commerçant des rues - B
  • 31. 15850 (5153-2: 5212-2) 8 octobre : Chanson de la bourgeoise et le l8 octobre: Tit Noir a le mal imaginaire - B
  • 32. 15854 (5270-1: 5271-1) 6 novembre: R'garde donc c'que t'as d'lair et Danse en souliers de bœufs (J'danse pas la rumba comme à Cuba) - B

Note: ces enregistrements seraient parmi ceux que Madame Bolduc aurait enregistré selon un nouveau procédé inventée aux pires heures de la crise économique par la firme de disques Starr. Dans le but d'en "donner pour l'argent du client", la compagnie Compo aurait développé un disque "Double Longueur" où les titres présents se seraient retrouvés gravés sur une seule face selon une technique semblable au microsillon et qui leur confère un son médiocre.

  • 33. 15855 (5273-2: 5274-2) 7 novembre: Bien vite c'est le jour de l'an et Voilà le père Noël qui nous arrive (avec ses enfants: Denise au piano, Lucienne, Réal et Fernande aux chœurs)

1932

  • 34. 15856 (5403-1: 5404-2) 20 janvier: J'ai un bouton sur la langue et Rose cherche à se marier - B
  • 35. 15857 (5406-2: 5405-2) 20 janvier: Les femmes et Quand j'étais chez mon père - B
  • 36. 15861 (5744-1: 5744-1) 6 mai: L'enfant volé chantée par Lucienne Bolduc, sa fille âgée de 12 ans, et le 5 mai: Si les saucisses pouvaient parler - B

À propos de "L'enfant volé": Cette chanson en est une d'actualité, composée sur l'air de la chanson française "La légende des flots bleus" (paroles : Raoul Le Peltier / musique: Henri Christiné et Paul Dalbret, 1907. réf: "Mémoire de la Chanson: 1200 chansons du Moyen Âge à 1919" réunies par Martin Pénet, Éditions Omnibus, 2001) - relate l'enlèvement et le meurtre de l'enfant de l'aviateur Charles Lindbergh. Le texte a souvent été attribué à Madame Bolduc (y compris sur l'étiquette du 78 tours). L'utilisation abondante de verbes bien accordés et d'un vocabulaire riche dans le texte de la chanson détonne avec sa production habituelle. En tenant compte de sa faible scolarité (ses filles corrigeaient ses fautes d'orthographe), on peut se demander: fut-elle aidée à l'écriture de cette chanson, est-ce un emprunt ou un plagiat? Sûrement plus un emprunt à un parolier qui a dû publier cette chanson d'actualité dans un des différents périodiques musicaux du temps, comme "Montréal qui Chante", "Canada qui chante" ou "Le Passe-temps". Aucun biographe ne soulève la question. - P

  • 37. 15862 (5741-1: 5742-2) 5 mai: Les policemen - P et Les Américains -B
  • 38. 15863 (5839-2: 5840-2) 2 juillet: En revenant des foins et Les conducteurs de chars (avec sa famille: Denise au piano, Lucienne, Réal et Fernande aux chœurs)
  • 39. 15864 (5842-2: 5841-1) 2 juillet: Les vacances (avec sa famille: Denise au piano, Lucienne, Réal et Fernande aux chœurs) et Sans travail - B

1935

  • 40. 15907 (7156-1: 7157-2) 6 mars: Les cinq jumelles et La Gaspésienne pure laine - B

1936

  • 41. 15966 (7474-2: 7473-1) 20 mars: Les colons canadiens et La lune de miel -B
  • 42. 15978 (7488-1: 7489-1) 15 avril: Les pompiers de St-Éloi et Gédéon amateur - B
  • 43. 15977 (7497-1: 7490-1) 27 avril: Arrête donc Mary (avec Jean Grimaldi) et Les médecins - B
  • 44. 15993 (7644-1: 7645-2) 24 août: Les belles-mères (avec Zézé - André Carmel) et Quand j'ai vingt ans

1939

  • 45. 16223 (8921: 8292) 23 février: Tout le monde a la grippe et Le voleur de poules - B
  • 46. 16226 (9084: 9085) 23 février: Je m'en vais au marché et Les souffrances de mon accident - B

De ces deux sessions, il existe deux pressages possibles. Les premiers, très rares, sont de meilleures qualités de pressage. Il est possible d'entendre la différence sur le site du Gramophone Virtuel. (dans le livret rédigé par Michel Picard pour le coffret de 4CD (op.cit.), une indication, venant des feuilles de studio, précise que des matrices auraient été égarées ou brisées. Pour le disque 16226 - le dernier - le catalogue précise: "9084, Dub of 16226 A; 9085 Dub of 16226 B"

Des pressages américains furent commercialisés chez Columbia (étiquette verte d'abord, rouge ensuite) à partir des matrices Starr des enregistrements de Madame Bolduc. Ils devaient répondre à une demande du public franco-américain ou à celles des mordus de "world music" avant l'heure. Voici les correspondances de numéro - le premier figurant chez Starr, le second chez Columbia.

15665-34324 La cuisinière - Johnny Monfarleau 15679-34296 La servante - Regardez donc Mouman 15682-EU Arthémise marie le bedeau - Tourne ma roulette 15700-34340 Le bonhomme et la bonne femme - Si vous avez une fille qui veut se marier 15712-EU Le joueur de violon - Ton amour ma Catherine 15730-EU Mon vieux est jaloux - La Pitoune 15733-34323 Un petit bonhomme avec un nez pointu - Chez ma tante Gervais 15761-34321 Ça va venir, découragez-vous pas - Fin Fin Bigaouette 15765-34322 La Bastringue - Mademoiselle, dîtes-moi donc (en duo avec Ovila Légaré) 15780-34374 La grocerie du coin - Le propriétaire

Le titre 15700 a été réédité en 45 tours par Compo (Étiquette Starr, fin des années 1950)

Rééditions microsillons 33 tours (liste exhaustive)

APEX Volume 1 - ALF 1505 Volume 2 - ALF 1515

CARNAVAL (entre parenthèses - même disque publié chez MCA Coral) LA BOLDUC CHANTE LA BOLDUC - C-434 (CB 33015) ENCORE! ENCORE! La Bolduc - C-464 (CB 33021) LE PETIT SAUVAGE DU NORD La Bolduc - C-492 (CB 33024) SI VOUS AVEZ UNE FILLE QUI VEUT SE MARIER - C-505 (CB 330..) SWING LA BAQUAISE et autres chansons - Trame sonore du film de l'Office National du Film - Madame Bolduc C-518 (CB 33025) MADAME BOLDUC - C-450 (CB 33019) FÊTONS LE MARDI-GRAS Madame Bolduc C-510 (CB 330..) LA BOLDUC - Collection Québécoise 20 grands succès d'hier - MCA Coral CB 37000 LA BOLDUC (Réédition chez Philo, États-Unis. Date inconnue)

Au XXIe siècle, environ 100 de ses chansons survivent (beaucoup de celles qui se sont démodées furent écrites pour des occasions spéciales). Peut-être que la plus connue aujourd'hui est la chanson J'ai un bouton sur le bout de la langue, ou encore Si vous avez une fille qui veut se marier (qui est une composition librement inspirée du canevas folklorique qui vit naître "Dans tous les cantons" ou "Veillée rustique" (répertoriée dans le livre d'Ernest Gagnon, folkloriste-ethnologue canadien et citée dans le livre de Lina Remon et Jean-Pierre Joyal, op.cit.) ou la traditionnelle Le Jour de l'An.

Chansons sur les disques[modifier | modifier le code]

Le temps des fêtes de La Bolduc[modifier | modifier le code]

  1. La bastringue
  2. C'est dans l'temps du jour de l'an
  3. Le bas de Noël
  4. Les belles-mères
  5. Tout le monde a la grippe
  6. Quand j'ai vingt ans
  7. Gédéon Amateur
  8. Bien vite c'est le jour de l'an
  9. Voilà l'Père Noël qui nous arrive
  10. Les femmes
  11. J'ai un bouton su'l bout d'la langue
  12. Mon vieux est jaloux
  13. Nos braves habitants
  14. Mademoiselle, dites-moi donc
  15. Aux chauffeurs d'automobile
  16. La lune de miel
  17. Le joueur de violon
  18. La chanson du bavard
  19. Arrête donc Mary
  20. Ça va venir découragez-vous pas

Hommages[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa carrière, Jeanne-D'Arc Charlebois a perpétué le style et le répertoire de Madame Bolduc qu'elle a fait connaitre également en Europe. Elle a présenté de nombreux récitals de ses chansons, dont un à Montréal en 1984, et a participé au spectacle «Les turluteries» avec André Gagnon, Diane Dufresne et Jim Corcoran au Centre National des Arts à Ottawa en 1992.

Outre Jeanne d'Arc Charlebois, de nombreux autres interprètes ont repris le patrimoine de Madame Bolduc, depuis sa mort en 1941. Nous retrouvons (liste exhaustive): André Gagnon (l'album "Les turluteries" de 1972), Dominique Michel, Marthe Fleurant, le 22e Régiment, Lise Lemieux, Florence, Réal Béland et Denise Émond (mieux connu sous leur nom d'artistes "Ti-Gus et Ti-Mousse"), Angèle Arsenault, Normand Miron, Suzanne Valéry, le groupe Suroît, le groupe La Bottine Souriante, Monique Jutras, Angèle Poirier et Jacqueline Barrette (qui l'a incarnée dans le film d'Isabelle Turcotte "Madame la Bolduc" en 1992).

Exposition biographique[modifier | modifier le code]

En 1994, lors du centième anniversaire de sa naissance, le Musée de la Gaspésie a inauguré une exposition sur La Bolduc. Les objets furent une gracieuseté de sa fille Fernande. La collection comprend plusieurs objets personnels que Mary utilisa au cours de sa vie et de sa carrière de musicienne: accessoires de scène, vêtements, bijoux, violon, musique à bouche, guimbarde, affiches de spectacles, contrats d'engagement, coupures de presse, chansons manuscrites, documents photographiques, disques et plusieurs autres[15].

Anecdote[modifier | modifier le code]

La Bolduc est plus connue des Canadiens anglophones en tant que Madame Bolduc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur les étiquettes de ses disques 78 tours, on lit : « Mde Ed.Bolduc » soit « Madame Édouard Bolduc » (nom de son mari). Comme le mentionne le journaliste Philippe Laframboise sur le revers de pochette du 33 tours Collection québécoise - 20 Grands succès d'hier: LA BOLDUC (MCA Coral, CB 37000, 1974) : « Dans le temps, on l'appelait Madame Bolduc. Pour toujours, elle demeure LA BOLDUC. Oui, on dit La Bolduc comme on dit La Callas et cela aussi, c'est la plus belle forme de consécration qui devait lui arriver! »
  2. Dans le livre de Lina Remon et Jean-Pierre Joyal Paroles et Musique Madame Bolduc (voir descriptif plus bas), une mention est faite à la page 3 : « À Newport, le registre confirme le 4 juin 1894 mais tous les autres documents utilisés au cours de sa vie indiquent le 24 juin. Pour elle, c'était le 24 juin. » D'après le témoignage de sa fille cadette Fernande. Malgré l'excellent travail du biographe David Lonergan (La Bolduc: la vie de Mary Travers, Éditions Isaac-Dion 1992), sa déclaration de naissance semble erronée, sauf erreur.
  3. Acte de baptême de la paroisse de Newport cité dans La Bolduc, livre écrit par Réal Benoît, Éditions de l'Homme 1959, p. 18 (baptistaire visible sur le site internet du « Gramophone Virtuel » de la Bibliothèque Nationale du Canada);
  4. Madame La Bolduc, film biographique documentaire de la réalisatrice Isabelle Turcotte, avec Jacqueline Barrette dans le rôle titre (on mentionne la volonté de Madame Bolduc à vouloir célébrer son anniversaire le 24 juin, jour de la fête du patron des Canadiens Français Saint-Jean-Baptiste, au lieu du 4 juin, tout comme elle fêtait le 17 mars, date de la Saint-Patrick, patron des Irlandais).
  5. "Chansons actuelles: Claire Lafrenière", CD 2007. Notes de livret et recherche: l'historien Jacques Clairoux.
  6. David Lonergan, op. cité, discographie p. 200 et Lina Remon & Jean-Pierre Joyal, Paroles et Musique Madame Bolduc, Guérin Éditeurs, 19 p. 38)
  7. Lina Remon et Jean-Pierre Joyal, op.cit., Robert Therrien L'histoire de l'enregistrement sonore au Québec et dans le monde 1878-1950, Les Presses de l'Université Laval, 2003, p. 138-139, Michel Picard, coffret 4CD (op.cit.)
  8. Les 100 ans de Madame Bolduc vol.1, carnet d'accompagnement, éd. Les disques Fonovox, 1994, 15p.
  9. Dictionnaire québécois d’aujourd’hui, page 1213.
  10. David Lonergan. 1992. La Bolduc: La vie de Mary Travers (1894-1941) Biographie. Bic, Québec: Isaac-Dion Éditeur, page 99.
  11. Christine Dufour. 2001. Mary Travers Bolduc: La turluteuse du peuple.
  12. David Lonergan. 1992. La Bolduc: La vie de Mary Travers (1894-1941) Biographie. Bic, Québec: Isaac-Dion Éditeur, page 105.
  13. (en) : https://en.wikipedia.org/wiki/La_Cuisini%C3%A8re
  14. Source: "Gabriel Labbé, deux livres Les pionniers du disque folklorique québécois, 1920-1950 — Éditions de l'Aurore, 1977 et "Musiciens Traditionnels du Québec, 1920-1993 — VLB éditeur, 1995" voir Wikipédia - Gabriel Labbé)
  15. Ibid 5, Jean-Marie Fallu, directeur général, Musée de la Gaspésie, page 6.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BENOÎT, Réal. 1959. La Bolduc, Montréal, Éditions de l'Homme, 123 p.
  • LONERGAN, David. 1992. La Bolduc: La vie de Mary Travers (1894-1941) Biographie. Bic (Québec): Issac Dion Éditeur, 212 pages.
  • DUFOUR, Christine. 2001. Mary Travers Bolduc: La turluteuse du peuple. Montréal: XYZ éditeur, 182 pages.
  • DAY, Pierre. 1991. Une histoire de La Bolduc: Légendes et turlutes. Montréal: VLB éditeur, 130 pages.
  • LAFRAMBOISE, Philippe. 1992. "La Bolduc : 72 chansons populaires", VLB Éditeur, 218 pages.
  • CHAMBERLAND, Roger, & GAULIN, André. 1994. La chanson Québécoise de La Bolduc à aujourd'hui : Anthologie. Montréal : Nuit Blanche Éditeurs, pages 11, 15, 21, 22, 31, 33, 461 et 490.
  • KALLMANN, Helmet, POTVIN, Gilles, & WINTERS, Kenneth (dirs.). 1998. «Bolduc» par Philippe Laframboise dans Encyclopédie de la musique au Canada Tome I. Canada: FIDES, pages 354-355.
  • KALLMAN, Helmet, & POTVIN, Gilles (eds.). 1992. «BOLDUC» par Philippe Laframboise dans Encyclopedia of music in Canada, second édition. Toronto: University of Toronto Press, pages 137-138.
  • VERSAILLES, Claire. « Bolduc, La » dans L'Encyclopédie canadienne. URL: http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • Site Mary Travers dite «La Bolduc». 1999. Canada : Site Mary Travers inc. URL: http://www.labolduc.qc.ca/
  • REMON, Lina & JOYAL Jean-Pierre. 1993. "Madame Bolduc: Paroles et musiques". Montréal, Guérin Éditeur, 245 pages.
  • THÉRIEN, Robert. 2003. "L'histoire de l'enregistrement sonore au Québec et dans le monde 1878 - 1950". Les Presses de l'Université Laval, 233 pages. Pages 138-139.
  • 101 années de vedettariat au Québec, Outremont, Éditions du Trécarré,‎ 2000, 160 p. (ISBN 2-89249-977-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]