Gendarmerie royale du Canada

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir GRC (homonymie).
Gendarmerie royale du Canada
Gendarmerie royale du Canada

Création 1920
Énoncé de positionnement Maintiens le droit
Juridiction Canada
Siège Ottawa (Ontario) Drapeau du Canada Canada
Coordonnées 45° 25′ N 75° 40′ O / 45.42, -75.6645° 25′ N 75° 40′ O / 45.42, -75.66  
Employés 28 700
Ministre responsable Steven Blaney (Ministre de la Sécurité publique)
Activité(s) Police de juridiction fédérale
Direction Bob Paulson (Commissaire)
Agence mère Ministère de la Sécurité publique
Site web www.grc-rcmp.gc.ca/
Géolocalisation du siège

Géolocalisation sur la carte : Canada

(Voir situation sur carte : Canada)
Gendarmerie royale du Canada
Précédent Police montée du Nord-Ouest
Dominion Police

La Gendarmerie royale du Canada ou GRC (en anglais : Royal Canadian Mounted Police, abrégé en RCMP) est à la fois la police fédérale du Canada et la police provinciale de la plupart des provinces canadiennes. Les Canadiens français la désignent souvent par l'appellation générique de « police montée » et les Canadiens anglais par mounties ou red coats (« les manteaux rouges », en raison de leur uniforme rouge).

La GRC est le seul corps policier au monde à posséder des mandats d'application de la loi aux niveaux international, national, provincial et municipal, et cela sans être le seul corps policier du pays[1]. En Ontario, au Québec et en Terre-Neuve-et-Labrador, elle est dite non-contractuelle et a le mandat d'appliquer uniquement les lois fédérales, car ces trois provinces disposent de leur propre corps de police provincial : la Police provinciale de l'Ontario, la Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale de Terre-Neuve. Ailleurs, elle opère sous contrat pour faire respecter les lois provinciales en plus du mandat national.

La GRC fut rendue populaire auprès du grand public grâce à son action durant la ruée vers l'or du Klondike au tournant du XXe siècle, au cinéma d'Hollywood (avec des films tel que Outpost of the Mounties (1939), Fighting Shadows (1935) et Clancy of the Mounted (1933)), et grâce à diverses émissions télé, dont notamment Un tandem de choc / Direction : Sud mettant en vedette Paul Gross.

Description[modifier | modifier le code]

Officier de la GRC en habit d'apparat

Au 14 septembre 2009, la GRC emploie environ 28 700 personnes et son quartier général est situé à Ottawa. Dans son rôle non-contractuel, elle possède plusieurs mandats fédéraux, dont Interpol au Canada, les sections anti-terroristes diverses, la protection du premier ministre du Canada, la protection des ministres et dignitaires canadiens et étrangers en visite, les sections d'enquêtes et de renseignements sur le crime organisé, la protection des ambassades canadiennes à l'étranger, la prévention de crimes auprès de la jeunesse canadienne, les services de police sur les réserves autochtones (amérindiennes) et le maintien du registre canadien des armes à feu situé au Nouveau-Brunswick dans la ville de Miramichi. Certains de ces mandats sont aussi appliqués dans les huit provinces contractuelles et les trois territoires.

Dans son mandat contractuel, dans les trois territoires (Territoires du Nord-Ouest, Yukon et Nunavut) et dans huit provinces (Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve, Manitoba, Saskatchewan, Alberta et Colombie-Britannique), elle maintient des postes locaux de gendarmerie dont les gendarmes traitent aussi bien du code de la route que des enquêtes criminelles. On retrouve des centres spécialisés dans la police scientifique, de lutte aux narcotiques, etc. La GRC entretient à ce niveau des liens étroits avec les services de polices municipaux.

Une équipe spéciale, nommée le Carrousel de la GRC, parcourt le Canada et offre un spectacle équestre, rappelant les premiers moments de son histoire. Le Carrousel de la GRC donne d'admirables représentations dans plusieurs pays, dont les États-Unis et la France.

L'organisation territoriale de la GRC est la Division, le mot venant de son passé quasi-militaire. Chaque division couvre à peu de choses près les frontières de chaque province ou territoire canadiens. Chacune des 15 divisions de la Gendarmerie est dirigée par un commandant, en général un Commissaire adjoint, et désignée par une lettre de l’alphabet (par exemple la Division C est celle du Québec). L'Ontario comporte cependant deux divisions : celle pour la capitale nationale (Ottawa) et une autre pour le reste de la province[2]. La quinzième Division est celle nommée Dépôt et chapeaute l'école de formation de Regina (Saskatchewan) et le centre de dressage des chiens policiers de Bowden (Alberta)[3]. Ces divisions sont regroupées en quatre régions : Pacifique, Nord-Ouest, Centre et Atlantique. La GRC est sous la direction d'un Commissaire et de huit sous-commissaires, chacun de ces derniers s'occupant d'une des sections suivantes[2] :

  • Région de l’Atlantique (à Halifax (Nouvelle-Écosse))
  • Région du Centre (à Ottawa)
  • Région du Nord-Ouest (à Regina)
  • Région du Pacifique (à Vancouver)
  • Opérations
  • Service nationaux de police
  • Gestion générale et au Contrôle
  • Orientation stratégique.

Grades[modifier | modifier le code]

Grade Nombre dans la GRC
au 19 septembre 2009[2]
Commissaire 1
Sous-commissaire 8
Commissaire adjoint 26
Surintendant principal 56
Surintendant 186
Inspecteur 433
Sergent-major du corps 1
Sergent-major 6
Sergent-major d'état major 16
Sergent d'état-major 928
Sergent 2 090
Caporal 3 570
Gendarme 11 594
Gendarme spécial 74
Membres civils 3 607
Employés de la fonction publique 6 102

Les grades inférieurs des policiers de la GRC ont pour origine ceux de l'Armée canadienne du XIXe siècle qui étaient presque identiques à ceux de l'Armée britannique actuelle. Les grades supérieurs sont plutôt inspirés de l'administration civile et ont augmenté en nombre ou en importance avec le temps à mesure que la force policière augmentait ses effectifs. Par exemple, le grade d'Inspecteur était initialement celui d'un officier subalterne mais il est devenu celui d'un officier supérieur.

Les Inspecteurs et autres officiers supérieurs sont nommés par le Gouverneur général en conseil (conseil des ministres canadien). Les sous-officiers et les gendarmes forment la majorité du personnel dans les postes régionaux et leur promotion se fait par concours. Les grades sont portés sur la manche de l'uniforme d'apparat mais en épaulette sur celle du veston de travail ou sur la chemise. Les gendarmes spéciaux, auxiliaires ou étudiants portent des insignes distinctifs de ceux des policiers réguliers. En plus des policiers réguliers, on compte des gendarmes spéciaux, des gendarmes auxiliaires, des membres civils et fonctionnaires. Le grade de lance caporal qui était représenté par un seul chevron n'existe plus depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Membres civils[modifier | modifier le code]

Les membres civils n'ont pas les pouvoirs d'officiers de la paix et sont engagés pour leur expertise. On les retrouve dans :

Police scientifique :

Techniques :

Administration :

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Police montée du Nord-Ouest.
Agents de la Police montée du Nord-Ouest, Fort Walsh, Sask., 1878

Le 23 mai 1873, la Police montée du Nord-Ouest (en anglais : North West Mounted Police) est fondée par sir John A. Macdonald, père de la Confédération canadienne et premier ministre du Canada. Le nom retenu était plus descriptif de son rôle que le nom de North West Mounted Rifles (Fusiliers montés du Nord-Ouest) suggéré originalement et moins susceptible d'attirer l'antagonisme des amérindiens et du gouvernement américain. La NWMP devait appliquer la loi dans les Territoires du Nord-Ouest (comprenant alors l'Alberta, la Saskatchewan, une bonne partie du Manitoba et le Nunavut), d'établir des relations amicales avec les Premières Nations (Amérindiens) et d'ouvrir les terres à la colonisation.

Sa création et son déploiement étaient rendus nécessaires par les marchands de whisky américains qui empiétaient sur le territoire canadien, causant des problèmes et menant à un massacre dans la région de Cypress Hills. Sur une suggestion d'un de ses ministres, Macdonald ordonna que la force soit vêtue de rouge, très britannique, pour bien les différencier du bleu des troupes américaines. La NWMP fut organisée comme une unité de cavalerie britannique en régiments et maintient encore certaines de ces traditions aujourd'hui.

Commandée par le colonel George Arthur French, la première troupe de la PMNO est partie de Fort Dufferin au Manitoba le 8 juillet 1874 en direction de ce qui est aujourd'hui l'Alberta. Elle comprenait 22 officiers, 253 hommes (divisés en constables et sous-constables), 142 bœufs de trait, 93 têtes de bétail, 310 chevaux, 114 carrioles de Rivière Rouge, 73 chariots, 2 gros fusils de 9 livres, 2 mortiers, des moissonneuses, des forges et des cuisines mobiles[4]. Le périple fut consigné dans le journal d'Henri Julien, un artiste envoyé par le Canadian Illustrated News pour immortaliser l'événement[5]. L'accent porté à faire respecter les droits des autochtones attira le respect de ces derniers et lors des campagnes de l'armée américaine contre les Sioux en 1876, Sitting Bull et ses hommes se réfugièrent donc dans le sud de la Saskatchewan. James Morrow Walsh, qui était chargé de la région de Wood Mountain pour la PMNO, entra en accord avec Sitting Bull afin de les aider et les deux devinrent de bons amis.

Dans les années 1880, la PMNO se voit confier le mandat d'aider l'armée canadienne à mater la rébellion Métis sur les terres qui sont aujourd'hui la Saskatchewan. La rébellion du Nord-Ouest se termina par la défaite des Métis à la bataille de Batoche, le 12 mai 1885. Le chef de celle-ci, Louis Riel sera gardé par la PMNO et jugé par un tribunal qui le condamne à la pendaison. Il sera exécuté le 16 novembre 1885.

En 1898, la PMNO se voit confier le contrôle de la ruée vers l'or du Klondike au Yukon. Au sommet du Col du Chilkoot, les agents exigent entre autres que les prospecteurs amènent une tonne de biens de toutes sortes pour leur survie, ce qui a prévenu la famine, ils inspectent tous les esquifs utilisés pour remonter le fleuve Yukon afin de s'assurer de leur sécurité et ils créent le "Blue ticket" (ticket bleu) afin d'expulser les indésirables.

Changement de mandat[modifier | modifier le code]

Avant 1903, les activités et la juridiction de la PMNO se situent surtout près de la frontière américaine dans ce qui deviendra les Prairies canadiennes. Cette année-là, la PMNO voit ses effectifs déployés vers la côte de l'Arctique canadien. En 1904, le titre « royal » est ajouté au nom de l'organisation pour devenir la Police montée royale du Nord-Ouest (PMRNO). En 1905, elle reçoit la juridiction sur le reste de l'Alberta et de la Saskatchewan. En 1912, on la retrouve également dans la partie nord du Manitoba. Elle demeure fidèle à son système semi-militaire.

Après la Première Guerre mondiale, elle est vue comme un reliquat du XIXe siècle. Dans le Canada en voie d'industrialisation du XXe siècle, la PMRNO est vouée à l'extinction, remplacée par des forces de polices urbaines ou provinciales. En effet, l'Ouest canadien était devenu une zone de fermes plutôt que des territoires amérindiens et un changement de vocation s'imposait. Le gouvernement décida cependant de l'unir à la Dominion Police, une force de police originellement créée pour la protection des parlementaires et devenu en 1911 l'équivalent de la PMRNO pour l'Est du Canada. La fusion donne la Gendarmerie royale du Canada le 1er février 1920, une police fédérale responsable de la sécurité nationale qui gardera la plupart des caractéristiques organisationnelles et visuelles, dont l'uniforme de parade, de la PMRNO. Son nouveau rôle est de voir au respect des lois fédérales canadiennes à travers le pays de façon similaire au FBI créé plus tard. Sauf au Québec, en Ontario et en Terre-Neuve-et-Labrador, la GRC est également louée comme force de police pour faire respecter la loi dans les zones non urbaines.

La goélette Saint-Roch

D'autres nouveaux mandats furent ajoutés dans les années 1920, soit la lutte aux narcotiques, l'aide à différentes agences nationales comme la surveillance des frontières et la déportation des immigrants illégaux. En 1932, la section maritime de la GRC fut créée, à partir de l'intégration d'une section du Ministère du revenu, pour patrouiller les côtes et collecter les douanes. On acheta alors la goélette Saint Roch qui permit de patrouiller l'Arctique. C'est le premier vaisseau à traverser le Passage du Nord-Ouest de l'ouest vers l'est (1940-42), le premier à le faire en une seule saison (1942) et le premier à naviguer autour de l'Amérique du Nord (1950). En plus, de son rôle de maintien de l'ordre, on lui donna également ceux d'agence de contre-espionnage contre la menace communiste naissante. Ce second rôle lui attirera plusieurs critiques durant les décennies suivantes puisque la GRC se mis à espionner non seulement les gens du Parti Communiste mais les syndicalistes et autres gens de gauche, sans trop de contrôles de ses activités. Ce service fait d'abord partie de la section des enquêtes criminelles mais devient une section à part entière en 1939 sous le nom de Service de sécurité de la GRC.

Épisodes moins glorieux[modifier | modifier le code]

Agent de la GRC en civil s'attaquant à des grévistes à Vancouver en 1938

Suivant la philosophie conservatrice du temps, en 1919, la RNWMP avait été utilisée pour mâter la grève générale de Winnipeg et ses policiers avaient tiré dans la foule, tuant deux grévistes et en blessant trente. La nouvelle GRC continua d'être utilisée lors d'autres conflits durant les années 1930 marqués par la Grande Dépression mondiale et les revendications ouvrières. On note ainsi le décès de trois mineurs à Estevan (Saskatchewan) en 1931, la répression violente de la Marche vers Ottawa de Regina (Saskatchewan) en 1935 faisant deux morts: un policier du service de police de Regina et un manifestant. La GRC a d'ailleurs employé des constables spéciaux pour ce genre de répression et même formé à la fin des années 1930 une milice, la Legion of Frontiersmen (Légion des frontières), pour l'assister en cas de besoin. Les constables spéciaux sont devenus plus tard la force de police dans les aéroports de juridiction fédérale et dans certains tribunaux provinciaux.

La GRC fut également chargée de la mise en application de la loi sur les écoles indiennes qui força des années 1920 à 1960 les enfants amérindiens à devenir pensionnaires dans des écoles assimilatrices.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les tensions entre l'Ouest et l'Union Soviétique ne se font pas attendre. Un employé au décodage de l'ambassade soviétique à Ottawa, Igor Gouzenko, demande asile au gouvernement canadien en 1945 et révèle l'existence d'un réseau d'espionnage à travers le pays. Le Service de sécurité de la GRC reçoit alors le mandat de filtrer les éléments subversifs dans la fonction publique canadienne[6]. Ce qui commença comme une recherche des éléments infiltrés fut étendu à la mise à l'écart des homosexuels en 1950, acte illégal à l'époque considéré comme une faiblesse et un possible moyen de chantage par le KGB[7]. Une machine à détection des homosexuels, utilisant comme prémisse la détection de la dilatation des pupilles d'un sujet exposé à des clichés de nus masculins, fut même développée[8],[9]. Après quatre ans, les résultats ne furent pas probants et son utilisation arrêtée[10]. De nombreux fonctionnaires furent malgré tout renvoyés pour ce motif.

Durant les années 1960, la montée du nationalisme québécois mène à la formation du Front de libération du Québec (FLQ), qui prêche l'indépendance par la violence mais qui n'a pas de lien avec les partis indépendantistes légaux comme le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et le Parti québécois (PQ). Le Service de sécurité de la GRC étant impliqué dans la lutte au terrorisme, il tente d'infiltrer non seulement le FLQ mais également les partis légaux jusque dans les années 1970. Ses agents infiltrés commettent des actes illégaux comme l'incendie d'une grange ou le vol de bâtons de dynamite sur des chantiers de construction, en faisant passer ces actes comme venant du FLQ et ils incitent des membres du FLQ à faire des actes de terrorisme. D'autres agents volent les listes de membres du PQ. Le Service sera dissout en 1984, à la suite des recommandations de la commission MacDonald qui avait enquêté sur ces agissements[11], pour être remplacé par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) sous supervision d'un auditeur civil.

Par la suite, un très grave problème de communication entre le Service canadien de renseignements de sécurité (SCRS) et le GRC ont fait échouer la prévention et l'enquête sur les attentats d'Air India de 1985[12]. Récemment, son commissaire Giuliano Zaccardelli a dû démissionner en raison de son témoignage problématique dans l'affaire Arar, un canadien d'origine syrienne que les autorités américaines ont déporté en Syrie à la suite d'informations de la GRC et qui y a été torturé, ainsi que pour sa gestion douteuse du fonds de pension de la GRC.

Arrivée des femmes[modifier | modifier le code]

Le commissaire de M.J. Nadon annonça le 23 mai 1974 que la GRC commencerait à considérer les applications féminines en tant que policier. La GRC incorpora les trente-deux premières recrues dans son service le 16 septembre dans la Troupe 17 de l'école de Regina. La première classe termina son cours le 3 mars 1975. 1981 voit la première femme élevée au rang de caporal et la première femme à participer au Carrousel de la GRC. En 1987, c'est le premier poste à l'étranger pour une femme et en 1990 la première commandante de poste. En 1992, on nomme la première officier supérieure et en 1998 la première Commissaire adjointe. Du 15 décembre 2006 au 10 août 2007, Beverly Busson est Commissaire intérimaire de la GRC alors qu'elle est remplacée par William J.S. Elliott. C'est la première femme responsable de la GRC.

Policiers tués à Myerthorpe[modifier | modifier le code]

Le 3 mars 2005, quatre jeunes membres de la GRC sont assassinés. Le détachement de la GRC de Mayerthorpe (à 130 kilomètres au nord-ouest d'Edmonton (Alberta) offrait de l’aide dans un procès civil intenté pour recouvrer un bien. Lors de leur visite sur les lieux, les agents découvrirent une vingtaine de plants de marijuana. Les quatre membres de la GRC restés sur place pour garder les pièces à conviction furent assassinés par le propriétaire qui se suicida ensuite[13].

Dans un pays où le meurtre de policiers est un événement rarissime, ce crime a eu un très grand retentissement. En 2008, des centaines de policiers, de proches et de citoyens ont participé au dévoilement de quatre statues grandeur nature en hommage aux quatre agents tués en 2005 dans un parc commémoratif créé à proximité des lieux de la tragédie[14]. Une enquête publique sur les événements s'est également tenue pour faire la lumière sur les circonstances qui ont mené à ces meurtres et pour faire des recommandations afin de prévenir une tel drame à l'avenir. Le juge Daniel Pahl a entre autres recommandé en 2011 que[15] :

  • chaque détachement de la GRC se dote d'un coordinateur chargé d'évaluer les menaces éventuelles ;
  • que les autres policiers soient informés au sujet des individus potentiellement dangereux ;
  • que la GRC se dote de politiques détaillées concernant la surveillance des scènes de crime et l'évaluation des risques lors des opérations dangereuses ;
  • que soit amélioré l'armement et l'équipement des policiers ;
  • que les équipes d'intervention d'urgence doivent compter dans leurs rangs au moins un auxiliaire médical.

Affaire Dziekanski[modifier | modifier le code]

Le 14 octobre 2007, quatre policiers de la GRC de Richmond (Colombie-Britannique) ont interpellé un homme aux manières excentriques à l’aéroport international de Vancouver. Pour maîtriser l'individu, M. Robert Dziekanski, ils ont employé un pistolet à impulsion électrique (pistolet Taser) et se sont empilés sur cette personne. Peu après, M. Dziekanski a perdu connaissance et est décédé sans que l'équipe des services d'urgence puisse le réanimer[16]. Il fut révélé plus tard que monsieur Dziekanski était un ressortissant polonais venant rejoindre sa famille au Canada et que ne parlant pas l'anglais, il était désorienté.

Un témoin de la scène a pris la confrontation sur vidéo avec son appareil numérique et les images montrèrent que l'usage de la force et du pistolet semblaient prématurés[17]. Les policiers impliqués dans l'affaire furent accusés de parjure et d'entrave à l'enquête[18]. Une commission d'enquête fut mis sur pied pour examiner cet incident, et d'autres, impliquant l'usage du pistolet à impulsion électrique et résultant dans le décès de la personne interpellée. Il semble que souvent, le recours à cette arme de dernier recours soit faite trop tôt et sans essais d'autres méthodes[19]. La GRC a émis depuis des directives restreignant son usage aux cas où un agent est menacé de mort[20].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Des membres de la GRC s'illustrèrent à titre personnel dans la Seconde Guerre des Boers, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale:

  • Des membres de la NWMP ont pris un congé sans solde pour former la majorité du second bataillon des Canadian Mounted Rifles (CMR) et une partie du régiment Lord Strathcona's Horse durant la Guerre des Boers. Le CMR s'étant distingué durant les combats, le roi Edouard VII octroya le titre "Royal" au NWMP le 24 juin 1904.
  • Durant le premier conflit mondial, un escadron de volontaires de la RNWMP servit en France avec le Canadian Light Horse à partir du 6 août 1914. Deux autres s'ajoutèrent en 1918, le premier en France et en Flandres, l'autre en Sibérie.

Durant les deux premiers conflits mondiaux, la GRC fut chargée de la surveillance des camps d'internement des prisonniers de guerre au Canada et de ceux des citoyens d'origines ennemies (japonais, italiens, allemands). La GRC forma également un contingent de police pour le maintien de l'ordre dans les troupes canadiennes durant la Seconde Guerre mondiale.

De 1989 à nos jours, la GRC a participé à plus de 35 missions des Nations unies. Son travail consiste à promouvoir la paix et la sécurité dans le monde et à soutenir les efforts internationaux pour rétablir l’ordre, en collaborant avec les services de police locaux dans les États en proie à des conflits ou à la menace de conflits. Un contingent participe notamment à la formation de la police nationale en Haïti.

Honneurs militaires[modifier | modifier le code]

Depuis sa formation sous le nom de NWMP (ou police montée du Nord-Ouest), la GRC est un service de police mais avec un statut semi-militaire. En tant que tel, la GRC est considérée comme un régiment de dragons et peut porter des barrettes et étendards obtenus en service militaire depuis 1921. Son premier étendard date de 1935 et le plus récent comporte les distinctions mentionnées ci-dessous. En tant que régiment, la GRC a participé au couronnement de George VI du Royaume-Uni en 1937 avec le King's Life Guard.

La NWMP/RNWMP/GRC a reçu les distinctions militaires pour :

Et la distinction honoraire :

  • Écusson du Corps de la Police militaire canadienne[21]

Uniforme[modifier | modifier le code]

Classique[modifier | modifier le code]

Acteur habillé selon la Troupe K de la NWMP

La GRC est reconnue par son uniforme de parade, consistant en un veston rouge à boutons dorés appelé Red Serge (hérité des red coats britanniques), un pantalon équestre bleu marine à ligne jaune sur le côté extérieur de la jambe (blues), un chapeau stetson à large bord, une longue paire de bottes de cuir brun appelée High Browns et un ceinturon baudrier de cuir brun appelé Sam Brown.

L'uniforme provenait originellement des magasins de la milice canadienne et comportait plusieurs variantes, selon la milice de provenance, mais fut rapidement standardisé. Des épaulettes bleues furent ajoutées durant les années 1920 après avoir obtenu le titre "Royal", remplaçant des épaulettes écarlates à bord doré. Les pantalons étaient initialement chamois mais les membres de la NWMP échangeaient souvent avec les troupes américaines le long de la frontière et la couleur bleue de pantalons utilisés maintenant pourrait provenir de là. La bande jaune est une autre tradition britannique. Les policiers de rang inférieurs à inspecteur portent des gorgerins bleus stylisés sur le collet. Les officiers supérieurs ont un collet bleu plein et des manches se terminant par des pointes bleues.

Le NWMP portait au départ le casque colonial anglais qui n'était pas très pratique dans la vie quotidienne. Les membres adoptèrent donc des couvre-chefs à large bord pour patrouiller, ceux-ci offrant plus de protection contre le soleil et les éléments. Sam Steele est souvent crédité pour l'introduction des chapeaux de style Stetson. Il ne fut cependant officiellement adopté qu'en 1904 mais déjà un contingent de la NWMP au jubilé de diamant de la Reine Victoria portait ce couvre-chef et les membres du Lord Strathcona's Horse de la Guerre des Boers l'utilisaient. En 1873, Les bottes étaient noires et le ceinturon était une double ceinture de balles sans baudrier puisque la carabine était l'arme habituelle.

Moderne[modifier | modifier le code]

Uniforme de service

Son uniforme de travail est, pour les provinces à contrat, la chemise grise, la cravate bleu foncé, le pantalon bleu marine avec une ligne jaune sur le côté extérieur de la jambe, les bottes noires, la veste pare-balle, un veston bleu à collet ouvert en Gore-Tex et une casquette régulière. La ceinture de travail comprend un gaz lacrymogène en aérosol (à base de poivre), un bâton télescopique, une paire de menottes et une arme de poing de type pistolet(soit un Sig-Sauer p226/220 ou d'un S&W 5946/3953). La chemise grise est remplacée par une blanche et le veston est plus formel pour les officiers supérieurs. En hiver, des bottes plus chaudes, des paletots et des casques en fourrure s'ajoutent à l'uniforme de base. En Colombie-Britannique, le chapeau comporte une bande noire en peau d'ours. Le 15 mars 1990, Baltej Singh Dhillon, un officier sikh a obtenu le droit de porter un turban aux couleurs de la GRC au lieu du Stetson malgré certaines protestations du public.

Dans les provinces non-contractuelles, les policiers de la GRC vont porter l'uniforme de travail quand ils sont appelés à des fonctions de gendarmerie comme la patrouille des frontières. Cependant, la plupart d'entre eux seront habillés en civil. Leur travail est l'enquête, la protection des dignitaires, etc. Les sections spécialisées ont également un habillement approprié.

Formation[modifier | modifier le code]

Peloton de recrues à l'école de la gendarmerie royale du Canada de Regina

Pour devenir un gendarme de la GRC, il faut satisfaire aux exigences de base suivantes : être citoyen canadien, parler couramment l’une ou l’autre des deux langues officielles du Canada, être titulaire d’un diplôme d’études secondaires canadien ou l’équivalent, posséder un permis de conduire canadien valide et sans restriction, avoir 19 ans au moment de l’engagement. Les candidats pour la GRC doivent passer ensuite une batterie de tests psychologiques et physiques pour évaluer leurs aptitudes en rapport avec le travail de policier. On passe également leur passé au peigne fin et on leur fait subir une test au polygraphe afin d'éliminer les candidats douteux[22].

Une fois acceptés pour la formation, ils sont envoyés au centre de formation de Regina (Saskatchewan) où ils subissent un entraînement physique quotidien qui comporte de marcher au pas, de jogger entre les cours ou d'exercer les tactiques de défense policières, de faire des pompes à répétition, de courir sur une distance de 6,5 km, de grimper neuf volées d’escaliers, et plus. Ils reçoivent des cours sur les techniques policières, les lois et règlements, le maniement des armes à feu, la conduite de véhicules de police, la sécurité publique et policière, la discipline et l’entraînement tactique. Le tout se passe entre 6 h 15 et souvent tard le soir durant 24 semaines[23].

Sur les 12 000 candidats, hommes et femmes, qui demandent chaque année à rentrer dans le régiment de la GRC, moins de 5 % sont retenus. Malgré cette sélection sévère, d'autres abandonneront en cours de stage, rebutés par la dureté d'une formation qui voit la plus petite erreur sanctionnée.

Armement[modifier | modifier le code]

Les « Mounties » reçoivent une arme de poing et une arme d'épaule pour ceux patrouillant dans le Grand Nord :

Lors des parades, ils portent une lance de bambou et d'acier chromé.

Transport[modifier | modifier le code]

Un avion appartenant à la GRC
Véhicule moderne de la GRC

La GRC possède son propre service aérien, ayant comme mission de trouver et de mettre au point les outils et l'expertise technique permettant aux membres de première ligne et aux partenaires de prévenir le crime et d'enquêter sur celui-ci, d'appliquer la loi, de contrer le terrorisme et de travailler dans un environnement sécuritaire. La flotte du service aérien de la GRC comprend un Piaggio P180 Avanti, trois Cessna Caravan, six Cessna, deux Twin Otter, quatre Hélicoptères Bell 206, quatre Eurocopter AS 350B3s et treize Pilatus PC-12.

Le service de transport terrestre de la GRC possède une flotte impressionnante de véhicules automobiles. Des véhicules tel que le Ford Crown Victoria, la Chevrolet Impala, la Chevrolet Lumina, la Chevrolet Caprice, la Chevrolet Camaro, le Chevrolet Cube Van, le Chevrolet Suburban, certains modèles de SUV Land Rover, la Ford Mustang, le Ford Expedition, le Ford Explorer, le Ford Cube Van, le Ford Command Post, le GMC Jimmy, le GMC Van, le GMC Yukon, le GMC Caprice, certains modèles de motocyclettes Harley Davidson, la Volkswagen Beatle et la PT Cruiser, ces deux derniers véhicules étant réservés aux activités communautaires et publicitaires. Tous les véhicules sont de type propulsion avec moteur V8 (véhicules modifiés). La GRC utilise près de 8 677 véhicules terrestres, banalisés (35 %) et non-banalisés (65 %).

La GRC possède aussi un service de marine ayant comme tâches principales de voir à l'application de la loi sur les douanes et l'accise, de la loi sur la marine marchande du Canada et d'autres lois fédérales, et à procéder à certaines opérations de sauvetage. Le service de la marine de la GRC dispose actuellement d'une flotte de cinq patrouilleurs de plus de 9,2 mètres de long, soit un sur la côte est canadienne et quatre sur la côte ouest. Tous les bateaux de patrouille sont munis d'un radar et des instruments de navigation électroniques et informatiques les plus modernes.

La flotte comprend notamment le patrouilleur Inkster (un catamaran rapide en aluminium de 19,75 mètres), le Nadon, le Higgitt, le Lindsay et le Simmonds (des vedettes rapides de type catamaran, longues de 17,7 mètres et pouvant atteindre une vitesse de pointe de 36 nœuds grâce à leurs deux moteurs diesel D2840 LE401 V-10 Man de 820 hp soit 831 ch) et le Stikine (un bateau de 13,72 mètres en fibre de verre équipé de deux moteurs diesel Volvo TAMD70E de 300 hp (soit 304 ch) et pouvant atteindre une vitesse maximale de 23 nœuds).

En plus des patrouilleurs, la Gendarmerie possède et utilise 377 embarcations plus petites à divers endroits au Canada. On inclut dans cette catégorie tous les bateaux de moins de 9,2 m de long, depuis les canots et les bateaux transportables sur le toit d'une voiture jusqu'aux embarcations pneumatiques à coque rigide et aux très stables semi-hors-bords de fabrication commerciale. Les navires d'eaux intérieures sont utilisés dans les enquêtes générales et les enquêtes reliées à l'application de la Loi sur la marine marchande du Canada, des Règlements sur les petits bâtiments, de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs et de diverses autres lois fédérales ou provinciales.

Carrousel[modifier | modifier le code]

Cavaliers lors de la fête de la Confédération canadienne à Ottawa

Le Carrousel est une unité de la GRC qui est né du désir des premiers membres de la Police à cheval du Nord-Ouest de démontrer leur adresse de cavaliers et de divertir la population. La plupart était d'anciens militaires britanniques et ils mirent sur pied un spectacle équestre utilisant des figures tirées des mouvements traditionnels de cavalerie. Le premier Carrousel a été présenté en 1887, à l'école de formation de Regina, sous la direction de l'inspecteur William George Matthews. Le Carrousel, formé de vingt hommes, a donné une représentation publique en tournée pour la première fois en 1901. Sa popularité n'ayant cessé de grandir au fil des ans, le Carrousel est aujourd'hui connu partout dans le monde[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Renseignements sur la GRC », Gendarmerie royale du Canada,‎ 25 février 2009 (consulté le 2009-07-15)
  2. a, b et c « Structure organisationnelle », Gendarmerie royale du Canada (consulté le 2009-05-30)
  3. « Centre de dressage des chiens de police », Bienvenue à la Division Dépôt (consulté le 2009-05-30)
  4. « La Marche vers l'Ouest », Gendarmerie royale du Canada (consulté le 2009-05-30)
  5. (en) The Diary of Henri Julien
  6. (en) Reg Whitaker, Left-Wing Dissent and the State: Canada in the Cold War Era, Toronto, Oxford University Press, coll. « C. E. S. Franks, Dissent and the State »,‎ 1988, 195 p. (ISBN 0-195407-42-3)
  7. (en) John Sawatsky, Men in the Shadows : The Shocking Truth about the RCMP Security Service, Toronto, Totem Books,‎ 1980 (ISBN 0-002168-21-9), p. 124, 130
  8. (en) John Sawatsky, Men in the Shadows : The Shocking Truth about the RCMP Security Service, Toronto, Totem Books,‎ 1980 (ISBN 0-002168-21-9), p. 133–138
  9. (en) Nancy Nicol, « National Security Campaigns », Sélections de ‘Stand Together’, JSPOT: Journal of Social and Political Thought,‎ no 5 : été 2003
  10. (en) Gary Kinsmen, 'Character Weakness' and 'Fruit Machines' : Towards an Analysis of the Anti-Homosexual Security Campaign in the Canadian Civil Service, Labour/Le Travail,‎ printemps 1995, 35[Quoi ?] p., p. 133–162
  11. Bibliothèque du Parlement, « Origine et évolution du Service du renseignement de sécurité canadien », Gouvernement du canada,‎ 24 janvier 2000 (consulté le 2007-10-09)
  12. (en) « Air India », Globe and Mail (consulté le 2009-10-03)
  13. « Fusillade de Mayerthorpe : enquête publique médico-légale », Communiqué de presse, sur Gendarmerie royale du Canada,‎ 10 janvier 2011 (consulté le 10 juin 2012)
  14. La Presse Canadienne, « La ville de Mayerthorpe commémore le meurtre de quatre policiers de la GRC », La Presse,‎ 4 juillet 2008 (lire en ligne)
  15. « Mayerthorpe : pas de faute de la GRC, conclut l'enquête publique », sur Radio-Canada.ca, Radio-Canada,‎ 28 mars 2011 (consulté le 10 juin 2012)
  16. « Décès d'un détenu à l'aéroport international de Vancouver, utilisation d'une arme à impulsions », Rapport de situation, sur Commission des plaintes du public contre la GRC consulté le =10 juin 2012,‎ 26 avril 2011
  17. « Vidéo de la mort de Dziekanski », Reportage, sur Télévision de Radio-Canada (consulté le 10 juin 2012)
  18. La Presse Canadienne, « L'affaire Dziekanski : quatre agents de la GRC accusés de parjure », La Presse,‎ 12 mai 2011 (lire en ligne)
  19. « Rapport sur le décès de M. Robert Dziekanski, qui était sous la garde de la GRC, le 14 octobre 2007 », Communiqué de presse, sur Commission des plaintes du public contre la GRC,‎ 12 février 2010 (consulté le 10 juin 2012)
  20. La Presse canadienne, « La GRC reconnaît que le Taser peut tuer », Le Devoir,‎ 13 février 2009 (lire en ligne)
  21. Présenté le 21 septembre 1957 lors d'une cérémonie sur la colline parlementaire à Ottawa par l'Armée canadienne
  22. « Recrutement », Gendarmerie royale du Canada (consulté le 2007-05-30)
  23. « Vue d’ensemble du Programme de formation des cadets », Gendarmerie royale du Canada (consulté le 2009-05-30)
  24. « Carrousel et équitation », Gendarmerie royale du Canada,‎ 19 avril 2007 (consulté le 2009-07-22)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]