Anjou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Anjou (homonymie).
La province d'Anjou au sein du Royaume de France
Les armes des ducs d’Anjou devenues celles de la province.

L’Anjou est une région non-administrative française, correspondant à l’ancienne province du même nom, avec pour capitale Angers. Il doit son nom au peuple gaulois des Andécaves. Bien que le duché ait disparu, le terme «Anjou» est toujours utilisé pour définir le territoire du Maine-et-Loire [1][2]. Le logo du département reprend le terme «Anjou»[3].

Le territoire de l'Anjou correspond à l’actuel département de Maine-et-Loire, ainsi qu'à plusieurs autres territoires intégrés dans divers divisions administratives.

L'Anjou, en temps que comté, émerge de l'histoire au Xe siècle en conséquence de la dislocation du royaume carolingien. Il devient l'une des plus importantes principautés françaises aux XIe siècle et XIIe siècle. En 1204, le roi de France Philippe Auguste met la main sur le comté. Celui-ci retrouve une certaine autonomie à partir du règne de saint Louis en tant qu'apanage. L'Anjou est érigé en duché au début de la guerre de Cent Ans. Il devient officiellement rattaché à la couronne de France en 1481, et sera partiellement disloqué en 1790 lors de la création des départements.

Culturellement, l'Anjou est associé à son vignoble, à la Loire (fleuve), à ses matériaux de construction (ardoise et tuffeau) ainsi qu'à son architecture gothique.

Sommaire

[modifier] Présentation générale

Le duché d'Anjou s'étendit le long de la Loire entre les deux villages ligériens d'Ingrandes : Ingrandes en Maine-et-Loire situé en aval du fleuve et Ingrandes en Indre-et-Loire situé en amont du fleuve.

Un Parc naturel régional concerne en partie l'ancienne province de l'Anjou : le Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, situé entre Angers (Maine-et-Loire) et Tours (Indre-et-Loire).

Ingrandes est un nom dérivé de celui d’Equoranda qui signifie en pré-celtique Equo ou en latin Oequus = « juste aux limites » et Randa = suffixe et terme gaulois qui indique une limite territoriale ou frontière.

Ingrandes-de-Touraine était la limite géographique entre l'Anjou et la Touraine, Ingrandes (Maine-et-Loire) fut la frontière entre l'Anjou et la Bretagne.

(Il en est de même pour Ingrandes dans la Vienne qui fut la frontière entre le grand Anjou sous Foulque III d'Anjou et le Poitou puis, par la suite, la limite entre la Touraine et le Poitou).

[modifier] Géographie

Carte de l'Anjou au XVIIIe siècle lors de son extension maximale. (Cliquez pour agrandir)

[modifier] L'Anjou historique

L'Anjou était partagé en deux parties.

L'Anjou supérieur (Haut-Anjou) Au nord de la Loire et comprenant :

Dans la rive Nord du département de Maine-et-Loire

Dans la partie sud du département de la Sarthe (Maine angevin)

Dans le tiers sud du département de la Mayenne (Mayenne angevine)

Dans le département de l'Indre-et-Loire

L'Anjou inférieur Au sud de la Loire, comprenant :

Dans le département de la Vienne

En limite du département des Deux-Sèvres

Département de la Loire-Atlantique

[modifier] Relief

[modifier] Géologie

La pierre et le sous-sol ont donné son relief et ses couleurs à l’Anjou : tuffeau blanc, ardoise bleue, argile rouge. L’Anjou est ainsi une terre de rencontre et de contraste entre le bassin parisien à l’Est et le massif armoricain à l’Ouest.

À l’Est, l’« Anjou blanc » se confond avec le Saumurois et le Baugeois par ses sols de calcaire et de tuffeau. L’Anjou blanc, c’est celui des grottes de pierre tendre, des champignonnières et des troglodytes du Saumurois. Ces terres blanches, résultant de l’altération de la craie (tuffeau), marquent l’extrémité Sud-Ouest du Bassin Parisien. Cette pierre de tuffeau, qui sous la main des tailleurs, fera la fortune de l’Anjou et l’élégance de ses châteaux, de ses abbayes et de ses villages ainsi que d’une grande partie du Val de Loire.
À l’Ouest de la région, à partir d’Angers et englobant les Mauges et le segréen, la Loire quitte l’Anjou blanc pour pénétrer dans le Sud-Est du Massif Armoricain. L’Anjou noir et ses coteaux de schiste. L’« Anjou noir » presque bleu de ses mines d’ardoises, surnommé également l’« Anjou bleu », le pays de l’ardoise, avec ses sols de schistes et de granits. L’ardoise a scellé cette identité si particulière de l’Anjou noir. Tous les chefs-d’œuvre du Val de Loire sont coiffés de l’ardoise angevine dont la qualité s’est imposée dans le monde entier. Trélazé et la mine bleue de Noyant-la-Gravoyère, près de Segré sont la mémoire ardoisière. L’Anjou noir, c’est également celui des terroirs au sous-sol de schiste, celui des grands vins « villages » des Coteaux-du-Layon qui donnent leur caractère inimitable aux blancs angevins issus du chenin.
Curiosité de l’Anjou, les hasards de la géologie ont réparti deux bassins argileux à chaque extrémité de l’Anjou. C’est l’Anjou rouge, situé au nord-est autour du village des Rairies et au sud-ouest autour du village du Fuilet. Cet argile fut utilisé pour recouvrir les sols de maints châteaux du Val de Loire. Depuis le Moyen-Âge, les maîtres-artisans travaillent la terre cuite issue de ces terrains argilo-schisteux.

[modifier] Hydrographie

L'Anjou se trouve en totalité incluse dans la bassin hydrographique de la Loire (fleuve) qui traverse la territoire d'est en ouest. Pendant toute la durée de son existence, l'Anjou aura à subir les crues répétitives de la Loire. Afin de contrer ce fléau, Henri II Plantagenêt décida en 1161 la construction d'une première levé afin d'atténuer les crues.

Voir la liste des cours d'eau de Maine-et-Loire

[modifier] Climat

Le climat angevin est réputé doux du fait de sa situation transitoire entre le climat océanique, et le climat continentale. Cette "douceur angevine" a été popularisé par Joachim du Bellay (voir Culture populaire).

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 7,9 9,2 12,6 15,3 19 22,6 24,9 24,7 21,8 17 11,4 8,4 16,2
Températures minimales moyennes (°C) 2,1 2,2 3,9 5,6 8,9 11,8 13,6 13,4 11,3 8,4 4,6 2,8 7,4
Températures moyennes (°C) 5 5,7 8,2 10.4 13,9 16,2 19,2 19,1 16,5 12,7 8 5,6 11,8
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 62,1 50,8 51,7 44,6 54,4 41,2 43,8 44,9 52,2 59,6 64,5 63,4 633,4
Durée mensuelle d'ensoleillement (heures/mois) 70 92 141 179 201 234 248 237 191 129 89 65 1877
Source : Climatologie de 1947 à 2008 - Angers, France

[modifier] Histoire

Article détaillé : Histoire de l'Anjou.

[modifier] Héraldique

Les armes des comtes d’Anjou.
Les armes de la 1re Maison d’Anjou attestées depuis Geoffroy V Plantagenêt mais peut-être antérieures.

Les armoiries des Ingelgeriens ne sont pas connues.

On suppose que les armes de la première maison d'Anjou étaient d'azur, au chef de gueules, aux rais d'escarbouble d'or, brochants sur le tout. Mais cela tient plus du mythe, car les armes n'avaient, à cette époque, pas encore de caractère héréditaire attaché au nom et surtout, elles n'apparaissent pas avant la seconde moitié du XIe siècle. Ce sont donc probablement les Plantagenêt, avec Geoffroy Plantagenêt, qui ont été les premiers à en porter : d'azur, à six lions d'or posés 3, 2 et 1

La première maison capétienne d’Anjou portait : d’azur semé de fleurs de lys d’or, un lambel de gueules brochant sur le tout

La seconde maison capétienne d’Anjou portait : d’azur aux trois fleurs de lys d’or posées 2 et 1 et à la bordure de gueules.

Après les Plantagenêts devenus rois d'Angleterre, les deux maisons d'Anjou françaises, qui se sont succédé (1246-1480), portèrent à partir de 1270 un semé de fleurs de lys à la bordure de gueules. Le roi Charles V remplaça le semé des armes de France par trois fleurs et, plus tard en 1480, son descendant, Louis XI, réunit définitivement l'Anjou à la Couronne. L'Anjou, conservant sa brisure (la bordure), reprit donc les armes de France nouvelles.

[modifier] Architecture

L'architecture angevine est intimement lié aux ressources géologiques de la région. Elle se divise en trois influences principales:

-le Saumurois: caractérisé par l'utilisation massive du tuffeau dans le gros œuvre, la couverture alternant entre l'ardoise et la tuile;

-le Haut-Anjou: caractérisé par l'utilisation massive du schiste ardoisier, aussi bien pour les couverture que pour les gros œuvre;

-les Mauges: caractérisé par l'utilisation plus importante de la brique, et une couverture en tuiles. L'architecture est qualifiée d'architecture de transition avec l'architecture de la Vendée ou du Poitou[5]. Elle utilise une diversité de pierre locale (granite, tuffeau) pour le gros œuvre, réservant la brique pour les encadrements et les chaînes d'angles.

[modifier] Gothique angevin

Article détaillé : Gothique angevin.

Le Gothique angevin, ou "Gothique Plantagenêt" est un style particulier d'architecture gothique qui s'est développé au XIIIe siècle sous l'influence des Plantagenêts. Ce style se diffusa à travers tout les territoires sous contrôle de l'Empire Plantagenêt (Anjou, Maine, Poitou) ainsi que dans les royaumes de Naples et de Sicile.

[modifier] Parler angevin

[modifier] Culture populaire

Le climat tempéré, la beauté des paysages ligériens, le style architectural des demeures et bien d'autres détails, font de l'Anjou une province agréable où il fait bon vivre. Qui mieux que le poète Joachim du Bellay a pu immortaliser cet art de vivre.

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage (tiré des Regrets - 1558) :

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,
Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.

Cependant, le côté étriqué et froid de la bourgeoisie provinciale en Anjou a également donné naissance à la chanson Ô Bel Anjou (2006), de Jann Halexander, connue pour les vers suivants :

Car qui n'a pas goûté à la douceur angevine,
Ne saura en voir toute la froideur mesquine.

[modifier] Personnalités nées en Anjou

Article détaillé : Liste de personnes nées en Anjou.


[modifier] Notes et références

  1. http://www.anjou-tourisme.com/ Anjou Tourisme
  2. http://www.anjou.org/ Anjou.org CEE49
  3. http://www.ugsel49.fr/images/Logo%20divers/Conseil%20G%C3%A9n%C3%A9ral%2049.jpg Logo du CG49
  4. rattachée lors de sa création par le cardinal de Richelieu au Saumurois
  5. http://www.cpie.paysdesmauges.fr/uploads/documents/cahiers_des_mauges_01.pdf Cahiers des Mauges, N°1

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Bendjebbar André, La vie quotidienne en Anjou au XVIIIe siècle, Hachette, Paris, 1983, 288 pages.
  • Bourquin Laurent, Les mutations du peuplement nobiliaire angevin à l’époque moderne, Histoire Economie et Société, 17è année, no 2, 2è trimestre 1998, S.E.D.E.S., Paris, pages 241 à 259.
  • Dornic François, Histoire de l’Anjou, Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? » no 934, Paris, première édition 1961, deuxième édition mise à jour 1971, 127 pages.
  • Favreau Robert :
    • en collaboration avec Marais Jean-Luc et alii, Anjou, Editions Bonneton, Paris, seconde édition entièrement revue, mise à jour et augmentée 1992, 399 pages.
    • Société Monumenta Historiae Galliarum, FAVREAU Robert (dir.), Atlas Historique Français, le territoire de la France et de quelques pays voisins, Anjou, en deux volumes, Institut Géographique National, Paris, 1973, 171 pages et 49 planches.
  • Ferrieu Xavier, Un gentilhomme angevin du siècle des Lumières, Auguste-Claude-François de Goddes, marquis de Varennes (1715-1782), Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest (Anjou, Maine, Touraine), tome 83, année 1976, no 1, pages 93 à 109.
  • Gontard de Launay, Recherches généalogiques et historiques sur les familles des maires d’Angers, en cinq tomes, Lachèse et Compagnie, Angers, 1893-1899.
  • Laplanche François, Le protestantisme en Anjou au temps de l’édit de Nantes, Archives d’Anjou, no 2, 1998, Association des Amis des Archives de l’Anjou, Angers, pages 77 à 92.
  • Lebrun François :
    • Les hommes et la mort en Anjou aux 17e et 18e siècles, Essai de démographie et de psychologie historiques, Librairie Maloine-Mouton, Paris-La Haye, 1971, 562 pages.
    • Le diocèse d’Angers , Lebrun François (dir.), Beauchesne, collection “Histoire des diocèses de France”, no 13, Paris, 1981, 307 pages.
    • L’histoire vue de l’Anjou 987-1958, recueils de textes d’histoire régionale, en trois tomes, tome I 987-1789, Siraudeau et Cie, Angers, 1983, 179 pages.
  • Le MoY A. L’Anjou, Hachette, collection “Histoire et géographie régionales de la France”, Paris, 1924, 210 pages.
  • Letourneau G. :
    • Mémoires de Joseph Grandet, Histoire du Séminaire d’Angers depuis sa fondation en 1659 jusqu’à son union avec Saint-Sulpice en 1695, en deux tomes, Germain et G. Grassin, Angers, 1893, LXXXVII-526 et 696 pages.
    • Histoire du Séminaire d’Angers depuis son union avec Saint-Sulpice en 1695 jusqu’à nos jours, Germain et G. Grassin, Angers, 1895, XXIII-442 pages.
  • Ormières Jean-Louis, Histoire de l’Anjou, Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? » no 934, Paris, 1998, 126 pages.
  • Poirier-Coutansais Françoise, Souchon Cécile (dir.), Guide des archives de Maine-et-Loire, Angers, 1978, 426 pages.
  • Port Célestin, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l’ancienne province d’Anjou, en quatre tomes, Edition revue et mise à jour par Jacques Levron et Pierre d’Herbécourt pour le tome I, Jacques Levron, Pierre d’Herbécourt, Robert Favreau et Cécile Souchon pour le tome II, André Sarazin et Pascal Tellier pour les tomes III et IV, H. Siraudeau et Cie, Angers, 1965, 1978, 1989 et 1996, 871, 491, 545 et 835 pages.
  • Urseau Charles, L’instruction primaire avant 1789 dans les paroisses du diocèse actuel d’Angers, Picard, Paris, 1890, 344 pages.
  • Verrier A.-J., Onillon R., Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l’Anjou, Slatkine Reprints, Genève, 1970, réimpression de l’édition d’Angers (en deux tomes) de 1908.

Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Anjou ».