Jean Charest

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Jean Charest
Jean Charest, en 2012.
Jean Charest, en 2012.
Fonctions
29e Premier ministre du Québec
29 avril 200319 septembre 2012
Monarque Élisabeth II
Lieutenant-gouverneur Lise Thibault
Pierre Duchesne
Gouvernement Charest
Prédécesseur Bernard Landry
Successeur Pauline Marois
Député provincial de Sherbrooke
30 novembre 199817 septembre 2012
Prédécesseur Marie Malavoy
Successeur Serge Cardin
Député fédéral de Sherbrooke
19841998
Prédécesseur Irénée Pelletier
Successeur Serge Cardin
5e Vice-premier ministre du Canada
24 juin 19934 novembre 1993
Premier ministre Kim Campbell
Prédécesseur Don Mazankowski
Successeur Sheila Copps
9e Ministre de l'Environnement du Canada
21 avril 199124 juin 1993
Premier ministre Brian Mulroney
Prédécesseur Robert de Cotret
Successeur Pierre H. Vincent
Biographie
Nom de naissance John James Charest
Date de naissance 24 juin 1958 (56 ans)
Lieu de naissance Sherbrooke (Québec, Canada)
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti progressiste-conservateur du Canada (avant 1998)
Parti libéral du Québec (depuis 1998)
Conjoint Michèle Dionne
Enfant(s) Amélie, Antoine et Alexandra
Diplômé de Université de Sherbrooke
Profession Avocat
Religion Catholicisme

Jean Charest
Premiers ministres du Québec

Jean Charest, né John James Charest, né le 24 juin 1958 à Sherbrooke au Québec, est un avocat et un homme politique canadien. Il a été Vice-premier ministre du Canada du 25 juin 1993 au 3 novembre 1993 puis chef du Parti progressiste-conservateur de 1993 à 1998. Il s'est notamment fait connaître au Québec comme vice-président du comité du « non » lors du référendum québécois de 1995. Après avoir travaillé pour l'État fédéral, il se lance dans la politique provinciale, en dirigrant le Parti libéral du Québec de 1998 à 2012. Il a occupé la fonction de Premier ministre du Québec de l'arrivée au pouvoir de son parti à l'élection de 2003 à sa défaite lors de l'élection de 2012, le 4 septembre 2012. Son parti devient alors l'opposition officielle et il n'est pas réélu dans la circonscription de Sherbrooke. Le lendemain, il annonce qu'il démissionne de son poste de chef du parti libéral et qu'il quitte la vie politique.

Carrière d'avocat et politique fédérale[modifier | modifier le code]

Né à Sherbrooke, Jean Charest est le fils de Claude Red Charest et Rita Léonard (une Irlando-Canadienne). Il obtint son diplôme en droit de l'Université de Sherbrooke et fut admis au Barreau du Québec en 1981. Ayant épousé Michèle Dionne, il est le père de trois enfants. Il exerce son métier d'avocat jusqu'à ce qu'il soit élu député progressiste-conservateur à la Chambres des communes dans la circonscription de Sherbrooke à l'élection fédérale de 1984. De 1984 à 1986, Charest occupe le poste de vice-président de la Chambre des communes. En 1986, à l'âge de 28 ans, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse au sein du cabinet du Premier ministre Brian Mulroney. Il est le plus jeune membre du conseil des ministres dans l'histoire du Canada. Il est nommé ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur en 1988, mais il doit démissionner en 1990 quand le juge Macerola le dénonce pour avoir tenté de faire pression sur lui au sujet du dossier de l'entraîneur Marc Saint-Hilaire[1],[2]. Il sera plus tard réintégré au cabinet, puis nommé ministre de l'Environnement en 1991. Avec Lucien Bouchard, il avait participé aux négociations préliminaires qui ont abouti à l'accord de Kyoto.

Il est l'un des participants à la construction de l'accord du lac Meech dès 1988 dont le résultat a exclu le Québec.

Après la démission de Brian Mulroney des postes de chef du Parti progressiste-conservateur et Premier ministre du Canada, Charest est candidat à la direction du parti en 1993. Il impressionne bon nombre d'observateurs et arrive bon deuxième derrière la ministre de la Défense, Kim Campbell, qui jouit d'une grande avance. Charest est nommé vice-premier ministre et ministre de l'Industrie, des sciences et technologies dans le cabinet éphémère de Campbell.

Lors de l'élection de 1993, les progressistes-conservateurs sont balayés du pouvoir. Seulement deux des 295 candidats du parti sont élus : Charest et Elsie Wayne. En tant qu'unique membre restant de ce qui devait être le dernier cabinet progressiste-conservateur, Charest est nommé chef intérimaire du parti, et est confirmé au poste en avril 1995.

Avant d'être confirmé dans ses fonctions de chef du parti, Charest lance un effort pour rebâtir le parti. Lors de l'élection de 1997, les conservateurs récoltent 19 % des suffrages, remportant 20 des 301 sièges, principalement dans les provinces maritimes. Le parti revient de loin, mais Charest est déçu par les résultats. Il avait en outre proposé de réduire les impôts, de faire une alternative à Jean Chrétien, de réviser la loi sur les armes à feu et de créer une charte des droits des victimes. Il s'était lié avec ceux qui dénonçaient la possibilité d'une partition de la province en cas de séparation.

Campagne référendaire de 1995[modifier | modifier le code]

Jean Charest était le vice-président du Comité national des Québécoises et des Québécois pour le NON durant la campagne référendaire de 1995.

Chef du Parti libéral du Québec[modifier | modifier le code]

En avril 1998, Charest se plie à la très grande pression publique et politique et quitte la politique fédérale pour entrer dans la politique provinciale, en prenant la direction du Parti libéral du Québec. Monsieur Charest est en effet considéré comme le meilleur espoir des fédéralistes québécois pour vaincre le gouvernement souverainiste du Parti québécois. (Le Parti libéral du Québec n'est pas affilié avec les libéraux fédéraux bien qu'il l'ait déjà été à une époque.)

Quelques mois plus tard, Jean Charest est élu député de la circonscription de Sherbrooke aux élections générales du 30 novembre 1998. Les libéraux, sous Charest, réussissent à récolter un plus grand nombre de votes que le Parti québécois lors de l'élection. Toutefois, puisque le système électoral n'est pas proportionnel au nombre de votes, le Parti québécois remporte suffisamment de sièges pour former un autre gouvernement majoritaire. Par rapport à l'élection générale de 1994 (alors que les libéraux étaient dirigés par Daniel Johson fils), libéraux et péquistes récoltèrent presque le même nombre de sièges à l'Assemblée nationale du Québec. Du 15 décembre 1998 au 29 avril 2003, Jean Charest est Chef de l'Opposition officielle du Québec.

Peu avant la campagne électorale de 1998, Monsieur Charest avait écrit son autobiographie. Aussi, l'éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, en avait écrit une semblable à la même époque.

À l'élection du 14 avril 2003, Charest mène ses troupes libérales à une victoire majoritaire, mettant fin à neuf ans de règne péquiste. Il affirme détenir désormais un mandat pour réformer les soins de santé, geler les frais de scolarité, baisser les impôts, réduire les dépenses et faire des réductions dans le rôle de l'État. Jean Charest est assermenté premier ministre du Québec le 29 avril 2003.

Premier ministre du Québec[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Jean Charest.

Premier mandat[modifier | modifier le code]

Article connexe : 37e législature du Québec.

Ses deux premières années en tant que premier ministre sont marquées par une opposition féroce envers ses politiques de la part de divers groupes sociaux et des syndicats. L'antagonisme et la négativité entre le gouvernement et les employés du secteur public, ainsi que l'absence des baisses d'impôts promises qui se font toujours attendre, contribuent à rendre son gouvernement extrêmement impopulaire auprès du public. Certains ont suggéré que Charest pourrait être candidat à la direction du Parti conservateur du Canada advenant une défaite électorale éventuelle de Stephen Harper. Certains souverainistes[réf. nécessaire] ont aussi tenté d'attaquer Charest en faisant valoir que son prénom légal est « John » et non « Jean », et Marc Bellemare, ancien libéral, tente le « rejet de la poursuite de 700 000 $ intentée contre lui parce que le nom qui y figure ne serait pas le vrai nom du premier ministre. Tel qu'il est inscrit au tableau de l'ordre des avocats du Barreau du Québec, c'est John James Charest qui devrait être le demandeur, et non Jean Charest »[3].

Plusieurs crises importantes ont marqué le premier mandat du gouvernement Charest. La crise du C. difficile, la crise du logement, la crise du financement universitaire, l'effondrement du viaduc de la Concorde, la fusillade au collège Dawson, les accommodements raisonnables, la crise des algues bleues et le problème de démocratie municipale comptent parmi les événements difficiles qui ont marqué ces premières années.

Second mandat[modifier | modifier le code]

Article connexe : 38e législature du Québec.

Jean Charest est réélu premier ministre lors de l'élection québécoise de 2007. Toutefois, son gouvernement devient minoritaire. Son parti fait élire 48 députés, obtenant 33 % des votes. Les deux autres principaux partis, l'Action démocratique du Québec (dirigée par Mario Dumont) et le Parti québécois (dirigé par André Boisclair) font respectivement élire 41 députés (31 % des votes) et 36 députés (28 % des votes). Dans sa circonscription, Sherbrooke, Jean Charest obtient 36,56 % des votes, devançant de peu le candidat du Parti québécois, Claude Forgues.

Le 18 avril 2007, Jean Charest annonce un cabinet ministériel réduit à 18 ministres dit « paritaire ». Dans les faits, ce cabinet compte 19 ministres si l'on inclut le premier ministre avec plus d'hommes (10) que de femmes (9). Ce cabinet représente tout de même une première dans la province en termes de représentativité féminine, ce qui est très bien accueilli de la part des médias et de la population.

Troisième mandat[modifier | modifier le code]

Article connexe : 39e législature du Québec.
Gros plan cadrant le visage de Jean Charest.
Jean Charest en novembre 2010.

Lors de l'élection québécoise de 2008, le Parti libéral de Jean Charest est redevenu majoritaire, mais avec une faible majorité en obtenant 66 sièges sur 125 avec 42 % des voix. Durant son troisième mandat, Jean Charest fait face à une conjoncture économique fortement défavorable, ainsi qu'à une dette publique avoisinant les 220 milliards.

Son troisième mandat est aussi ponctué de plusieurs allégations de financement douteux du Parti libéral du Québec ainsi qu'une multitude de scandales dans le secteur de la construction au Québec, la perte de 39,8 milliards de la Caisse de dépôt et placement du Québec et l'affaire Marc Bellemare (ex-ministre de la Justice sous le gouvernement Charest), celui-ci alléguant avoir subi des pressions de collecteurs de fonds du PLQ lors de la nomination de juges. Ces dernières poursuites se sont réglées hors-Cour. Mais la polémique sur le refus du premier ministre à propos d'une enquête publique concernant la collusion du financement des partis politiques et la corruption dans le monde de la construction perdure. Un sondage indique que 77 % des Québécoises et Québécois exige une telle enquête[4]. Cette commission ne sera finalement créée que deux ans plus tard, devant le mécontentement jusque dans les rangs du parti au pouvoir[5].

En février 2011, l'unique député de Québec solidaire Amir Khadir a déposé à l'Assemblée nationale une pétition demandant la démission du premier ministre libéral ayant rassemblé 247 379 signatures[6].

En février 2012, une grande partie des étudiants du Québec entame une grève, qui trouve l’appui d’associations étudiantes et d'une partie de la société dans son ensemble. Cette grève conteste la mise en place d'une hausse de 1 772 $ des frais de scolarité sur sept ans, soit 82 %. À son apogée, cette grève regroupe plus de 350 000 étudiants post-secondaire et est, dès lors, considérée comme la plus longue protestation de l'histoire du Québec[7]. Pendant les 6 mois que durera cette grève, Jean Charest refusera de rencontrer les leaders étudiants durant les quatre premiers mois[8],[9],[10]et finira par aller leur serrer la main et discuter pendant 30 minutes, sans pour autant prendre part aux négociations. Il élaborera et mettra en place le projet de loi 78, loi 12 (abrogée dès le 20 septembre par les péquistes). Cette loi va être grandement critiquée par une majorité de la société québécoise qui sortira alors dans la rue tous les soirs pour taper sur des casseroles. Amnesty International et l'ONU exprimeront leur inquiétude par rapport aux restrictions qu'impose cette loi pour les libertés fondamentales[11],[12],[13]. S'ensuivront de nombreuses manifestations un peu partout dans la province avec une manifestation nocturne tous les soirs à Montréal. Lors de cette grève, certains observateurs dénoncent la « méthode musclée » des autorités[14]. Brutalité et profilage des "carrés rouges" qui ne seront jamais remis en cause par Jean Charest et son gouvernement qui, au contraire, appuieront la SQ et les autres corps policiers[15],[16].

Cet évènement est alors utilisé comme argument pour déclencher, durant l'été, l'élection de 2012 qui a lieu le 4 septembre. Le Parti québécois est alors porté au pouvoir, pour former un gouvernement minoritaire et le Parti libéral devient l'opposition officielle. Jean Charest, après plus de vingt ans comme député, est même défait dans sa propre circonscription, Sherbrooke, où le péquiste Serge Cardin est élu. Le 5 septembre 2012, au lendemain de cette défaite, Jean Charest annonce sa démission comme chef du Parti libéral du Québec[17]. Philippe Couillard lui succédera.

Suite à cette démission, il réintègre la pratique du droit en janvier 2013 en se joignant au cabinet McCarthy Tétrault à Montréal[18].

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • En 1998, le chanteur québécois Mononc' Serge écrit une chanson satirique, Le Frisé, à propos de Jean Charest[22].
  • Au lendemain des élections québécoises du 14 avril 2003, le groupe de rap québécois Loco Locass a composé et distribué gratuitement l'année suivante la chanson Libérez-nous des libéraux.
  • Jean Charest a déjà été la cible d'un bombardement Google. La recherche des termes « mouton insignifiant » ou simplement « insignifiant » dans le moteur de recherche Google donnait comme premier résultat la biographie officielle du ministre Charest[23].
  • Le 16 août 2011, il a fait l'objet d'un canular le laissant pour mort. Un pirate informatique a piraté le site du quotidien Le Devoir entre 1 h et 2 h du matin et aurait rédigé un article le présumant mort d'une crise cardiaque. L'attaché de presse du premier ministre a vite fait de rectifier la nouvelle ainsi que le journal victime de piratage[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Canada Online. Québec Premier Jean Charest. En ligne (page consultée le 15 mars 2007).
  2. Michel David, « Le fâcheux », Le Devoir,‎ 2 septembre 2010
  3. Le Journal de Montréal, 3 septembre 2010, page 6.
  4. Les Québécois exigent une commission
  5. Le Devoir : Après la controverse, la commission Charbonneau
  6. ROBITAILLE, Antoine. «247 379 signatures contre Charest - Une pétition qui dérange», Le Devoir, 17 février 2011.
  7. [1]
  8. [2]
  9. [3]
  10. [4]
  11. Amnisite International : Une dérive dans la protection des droits fondamentaux : Amnistie internationale s’oppose à l’adoption du projet de Loi 78
  12. La Presse : Amnistie internationale critique sévèrement la loi 78
  13. Radio Canada : Des experts de l'ONU préoccupés par la Loi 78
  14. Radio Canada : Amnistie et la Ligue des droits dénoncent des abus policiers lors de manifestations étudiantes
  15. La Presse : Jean Charest défend les policiers
  16. Le Devoir : Un travail policier « remarquable » dans les circonstances, affirme Charest
  17. Le Devoir : Jean Charest quitte la vie politique
  18. « Jean Charest se joint au cabinet d'avocats McCarthy Tétrault » (consulté le 10 janvier 2012)
  19. « Alain Spalanzani remet un doctorat honoris causa à Jean Charest, Premier ministre du Québec », sur www.upmf-grenoble.fr,‎ 29 novembre 2009 (consulté le 31 décembre 2009)
  20. « Le premier ministre du Québec Jean Charest reçoit l’Ordre du Mérite Bavarois », sur www.baviere-quebec.org,‎ 12 juillet 2007 (consulté le 31 décembre 2009)
  21. « La Légion d'honneur pour Jean Charest », sur www.radio-canada.ca, SRC,‎ 2 février 2009 (consulté le 3 février 2009)
  22. « L'exutoire de Mononc' Serge », sur lapresse.ca
  23. Marie-Ève Morasse, « Google ne résiste pas à la «bombe» Colbert », sur technaute.cyberpresse.ca, Gesca (consulté le 12 décembre 2008).
  24. http://actualites.ca.msn.com/grands-titres/m%C3%A9dias-jean-charest-toujours-vivant

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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