Poutine (plat)

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Poutine
Image illustrative de l'article Poutine (plat)

Lieu d'origine Québec
Créateur Fernand Lachance
Date 1957
Place dans le service Plat principal
Température de service Chaud
Ingrédients Frites
Fromage en grains
Sauce brune

La poutine est un mets d’origine québécoise constituée de frites et de fromage en grains (cheddar frais) que l’on recouvre de sauce brune ou « barbecue ». Son origine n'est pas connue précisément et il en existe de nombreuses variantes basées sur l'ajout de différentes sauces, de fromage voire de viande à une portion de pommes de terre frites.

Sommaire

Origine [modifier]

Photo du menu sur le mur au Royaume de la Patate en 1984.
En 1984, le 3e item du menu du Royaume de la Patate, sur le mur, est "Mixte", sans mention de "poutine".
Photo du menu imprimé du Royaume de la Patate en 1995.
En 1995, "Mixtes" figurait encore au menu du Royaume de la Patate, avec la mention "poutine".

La poutine trouve son origine dans le Québec rural des années 1950, elle est depuis devenue populaire partout au Québec. Son origine exacte est très controversée. Plusieurs endroits précis se disputent l’origine de la poutine :

  • L’histoire la plus répandue est qu’elle proviendrait d’un restaurant autrefois appelé Le Lutin qui rit à Warwick, dans la MRC d'Arthabaska. Selon la légende, en 1957, un client nommé Eddy Lainesse a demandé au propriétaire Fernand Lachance de mettre le casseau de fromage et le casseau de frites dans le même sac et le propriétaire aurait répondu : « Ça va faire une maudite poutine », d’où le nom qui veut dire « mixture étrange »[1],[2].
  • Un restaurant de Drummondville appelé Le Roy Jucep énonce qu'il est l'inventeur de la poutine. En effet, le restaurant a enregistré une marque de commerce qui énonce que "Le Roy Jucep" est l'inventeur de la poutine. Jean-Paul Roy, propriétaire du restaurant Le Roy Jucep en 1964, est le premier à avoir servi la poutine comme on la connaît aujourd’hui c’est-à-dire « patates frites, fromage et sauce ». D'où le fait qu’il clame être le premier à l’avoir commercialisée mais non l’inventeur[3],[réf. à confirmer]. Le nom viendrait d’un mélange d’une déformation du mot anglais pudding et du surnom du cuisinier Ti-Pout. Monsieur Roy aurait, selon son témoignage, commencé à servir le fromage avec les frites et la sauce après la demande régulière de trois personnes. Jean-Paul Roy est décédé en août 2007 à l’âge de 74 ans.
  • La poutine pourrait également provenir de la région de Nicolet, dans le Centre-du-Québec ou de Saint-Hyacinthe en Montérégie[2]. Le grand nombre de fromageries fabriquant du fromage cheddar en grains dans ces deux régions pourrait expliquer le phénomène[réf. insuffisante].
  • Une autre légende veut que la naissance de la poutine ait eu lieu à Princeville au restaurant « La P'tite Vache » fondé en 1966 par Henri Provencher. À l'époque, la fromagerie Princesse (maintenant située à Plessisville) produisait du fromage en grain mais n'avait pas de kiosque de vente au détail. La Petite Vache étant située dans un immeuble adjacent à la fromagerie, ils commencèrent à vendre du fromage en grain frais à la caisse du restaurant. Un client assidu venait au restaurant et y commandait une frite et achetait un sac de fromage en grain pour ensuite aller à sa table, ouvrir le sac et y mélanger le fromage. Max Sévigny qui a été propriétaire du restaurant a confirmé en novembre 2010[Où ?] que l'appellation originale était 50-50 en référant à un mélange de 50 % de frites et 50 % de fromage. La sauce a ensuite été incluse et le nom « mixte » adopté. Le 50-50 a fait son apparition dès la première année d'opération de la Petite Vache. Pendant plusieurs années, dans les villes de Plessisville, Princeville et Victoriaville, la poutine était connue sous le nom d'un « mixte ». Ce n'est que lorsque de grandes chaînes commencèrent à vendre ce produit que le nom poutine apparut ; probablement en relation avec d'autres mets aussi appelés poutines et fait à base de pommes de terre. Le nom « mixte » a continué à être utilisé pendant plusieurs années dans les villes ci-haut nommées même après que le mot poutine soit largement répandu.[réf. nécessaire]

Le fromage en grain frais du jour est particulièrement apprécié. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de même que celle des Bois-Francs, comporte un grand nombre de fromageries fabriquant ce fromage particulier. Lorsqu’il est très frais, ce fromage prend alors l’appellation populaire de « fromage skouick-skouick », désignant le bruit caractéristique produit lorsqu'on le croque, lequel est très recherché par les amateurs de poutine.

Étymologie [modifier]

Ce mot existe en Acadie et en Louisiane, avec des significations similaires, il semble qu’il s’agisse d’une adaptation du mot anglais pudding. D’ailleurs, on retrouve ce mot dans le dictionnaire canadien-français d’Oscar Dunn, publié à la fin du XIXe siècle, avec la signification de « pudding ». En Louisiane francophone, « poutine » est le mot utilisé pour signifier pouding. Le mot est d’origine anglaise, il est toujours utilisé là-bas pour désigner tout dessert qui suit un repas.

Certains voudraient que le mot pudding soit la variante anglicisée du mot « boudin » (en anglais, le boudin noir s’appelle black pudding).

La prétendue origine provençale poutingo, qui signifie « mauvais ragoût », est plus que douteuse, puisqu’il y a eu très peu d’immigrants provençaux au Québec ou en Amérique du Nord.

Dans certaines régions de la Beauce (Québec), de Lotbinière et à Thetford Mines, la poutine est parfois surnommée mixte.

Sur la côte-est du Nouveau-Brunswick, dans les régions de Baie-Sainte-Anne, Pointe-Sapin, Saint-Louis-de-Kent et Richibouctou, le mot patachoux est utilisé afin de distinguer la poutine de la Poutine râpée.

Variantes [modifier]

Poutine prise en mets rapide. L'image montre une poutine classique constituée de frites et de fromage non-affiné en grains, recouvert de sauce espagnole.

Il existe de nombreuses variantes ; certains restaurants en proposent près d'une centaine (le restaurant Max Poutine à Victoriaville, suggère plus de 75 différentes sortes de poutine). Bien que certaines variantes soient typiquement régionales, il est possible de se voir proposer tous ces types de poutine, et plus encore, dans certains restaurants spécialisés de Montréal ou d’ailleurs au Québec. Les variantes les plus connues sont :

  • la poutine italienne est une variante très courante. On y remplace la sauce brune par de la sauce à spaghetti (sauce bolognaise) ;
  • la poutine mexicaine (pommes frites de carne asada): pommes frites, carne asada, guacamole, crème aigre, fromage, et pico de gallo.
  • le frite sauce est une version édulcorée de la poutine, sans le fromage, comprenant seulement les frites et la sauce. Toutefois, le qualificatif de poutine pour cette version est controversé en raison de l'absence de l'ingrédient de base que constitue le fromage en grain. ;
  • la western est une poutine conventionnelle à laquelle on a ajouté des saucisses ;
  • la steak-haché est une poutine conventionnelle à laquelle on a ajouté de la viande hachée ;
  • la galvaude, où, selon les recettes, du poulet et des petits pois verts sont ajoutés au lieu du fromage ;
  • la galpout, où, selon les recettes, du poulet et des petits pois verts sont ajoutés en plus du fromage ;
  • la papachoux est une version galvaude mais en y ajoutant du chou, composé de frites, de sauce, de salade de chou crémeuse, de poulet ainsi que de petits pois ;
  • la poutine aux crevettes est une version issue de la région de la Gaspésie, notamment de Matane qui est réputé pour sa petite crevette nordique. ; il s’agit de frites, de sauce et de fromage, mais la sauce est en fait une sauce aux trois fromages, car la poutine aux crevettes ne se sert pas avec une sauce brune ; on met des frites, des crevettes, de la sauce blanche aux fromages et du fromage en grains ;
  • la poutine à la viande fumée (Smoked Meat) : patate frite, fromage en grain, sauce brune, viande fumée.
  • la poutine toute garnie (All dressed) : avec des piments et des champignons préalablement revenus à la poêle ;
  • la poutine au foie gras : faite de frites « belges », de fromage du terroir, on y ajoute des morceaux de foie gras et l’on nappe le tout d’une demi-glace ;
  • la poutine au poulet : patates frites, fromage en grains, sauce brune et morceaux de poulet ;
  • la poutine au fromage râpé : Poutine ordinaire, mais servie avec du fromage râpé au lieu du fromage en grain. Elle est offerte dans des régions où le fromage en grain n'existait pas il y encore quelques années. On la nomme poutine ontarienne à Ottawa ou dans ses environs.[réf. nécessaire]

Où la trouver [modifier]

Un restaurant de Vancouver, en Colombie-Britannique, vante les mérites de sa poutine.

Au Québec [modifier]

Au Québec, on trouve la poutine dans presque tous les restaurants-minute ainsi que dans des chaînes dites indépendantes, comme les casses-croûtes[4]. La poutine est tellement populaire que les grandes chaînes de restauration rapide, telles que McDonald's, Burger King, A&W, PFK et Wendy’s l'ont ajoutée à leur menu pour leurs succursales québécoises ainsi qu'à plusieurs endroits au Canada et ailleurs dans le monde (voir ci-dessous).

Ailleurs au Canada [modifier]

Dans certains commerces ailleurs au Canada, le Québec et la poutine sont indissociables, comme en témoigne l'usage de termes de langue française.

La poutine est bien connue au Nouveau-Brunswick, une province voisine du Québec, en particulier dans les régions acadiennes, où on peut en acheter dans n’importe quel commerce de restauration rapide. La poutine peut également être trouvée en Ontario, une autre province voisine, notamment aux endroits où une partie importante de la population est francophone, à Ottawa par exemple.

Des chaînes de restaurant offrent aussi ce mets, comme Harvey’s. La poutine est également offerte a la Belle Patate à Canmore, en Alberta qui importent leur fromage et viande fumée directement du Québec ainsi qu'au Cheese Factory, à Edmonton, en Alberta. Ce dernier restaurant, qui se spécialise dans la fabrication de fromage, se situe dans la section francophone de la ville. Certains restaurants de Vancouver, en Colombie-Britannique offrent la poutine sur leur menu, tout comme la plupart des restaurants et hôtels du Yukon. La chaîne Dairy Queen l'offre également à plusieurs endroits dont Vancouver. Bien que plusieurs commerces se réclament d'offrir la vraie poutine québécoise, le résultat aboutit souvent à des variantes qui s'éloignent substantiellement de la recette originale. Le fromage sera parfois complètement affiné (texture différente), les frites cuites au four (plutôt qu'à l'huile), la sauce d'une autre saveur (comme les trois poivres).

Dans le monde [modifier]

Dans les Amériques, on peut déguster une poutine sur la plage isolée de Zipolite au Mexique, près de l’hôtel Royal Decameron au Panama aux hôtels Tryp Cayo-Coco et Melia Las Dunas de Cuba ainsi que près de San José au Costa Rica et plus particulièrement dans la zone sud dans un petit village du nom de Ojochal, dans un restaurant s appelant O Rancho Soluna, tenu par de vrais Québécois. Certains restaurants de New York et du New Jersey proposent leur propre mélange de frites, sauce et fromage, baptisé « Disco Fries ».

En Europe, on trouve la poutine en France entre autres aux pubs canadiens Moose Head et The Great Canadian à Paris. La poutine est servie au pub "I Papalin" à deux pas de la Place du Palais Princier, en Principauté de Monaco. Elle est également proposée sous trois formes dans le petit café de village La Tête des Trains, à Tousson au sud de Paris (poutine au Roquefort, aux lardons, à la carbonade) avec des frites maison, le fromage utilisé étant soit de la tomme fraîche ou de la mozzarella. Dans le centre de Lyon, la poutine est servie dans la friterie Frite Alors![5] (enseigne provenant directement du Québec), à côté de la place des Terreaux. À Pessac, dans la communauté urbaine de Bordeaux, on trouve le Québec Music Café qui propose la poutine sous trois formes, dont une à l’emmental manifestement influencée par la gastronomie française. L’on peut également déguster une poutine « arrangée », car servie avec des morceaux de poulet, au restaurant Le Québec dans la rue piétonne principale à Nice. Elle est servie sous l’appellation « poutine québécoise » et les pommes de terre sont de type « potatoes ». Cela permet tout de même de donner un avant-goût aux curieux qui n’auraient pas l’occasion de goûter la poutine traditionnelle. On la retrouve aussi au Kébec Corner à Poitiers sous le marché Notre Dame. On la trouve aussi au restaurant Frittiersalon sur Boxhagener Straße dans l’arrondissement Friedrichshain-Kreuzberg de Berlin ainsi qu’au pub The Maple Leaf à Londres, en Grande-Bretagne.

Au Maroc, la poutine a fait son apparition récemment. En effet beaucoup de jeunes Marocains sont partis travailler et étudier au Québec. Ils ont ramené la poutine avec eux au Maroc. La version de la poutine marocaine est légèrement différente de la poutine québécoise, les patates sont remplacées par des merguez. On peut déguster la poutine sont dans les endroits fréquentés par les touristes.

En Asie, il est possible de déguster une poutine dans plusieurs pays, notamment au pub anglais The Pub situé à Hanoï au Viêt Nam. En Chine, on sert de la poutine au Dave's Oasis situé à Chengdu, au Massé Bistro & Bar à Shanghai ainsi qu'aux restaurants The Box, Grinders ou encore American Steak & Egg à Pékin en Chine. À Hong Kong, on peut retrouver de la poutine au Cul-de-sac ainsi qu'au restaurant The Keg à Lan Kwai Fong. Plusieurs restaurants de Séoul et de Corée du Sud servent de la poutine, notamment le Rocky Mountain Tavern et le New York Fries. Au Japon, la poutine est servie dans le bar The Maple Leaf à Tokyo sous l’appellation « Putchin ».

Hommages et références culturelles [modifier]

Les références à la poutine dans la culture populaire québécoise sont nombreuses :

  • Le groupe musical québécois Mes Aïeux interprète une chanson nommée Hommage en grain qui parle de la relation des Québécois avec la poutine[6] : « Si la décence invite à déguster lentement son bol, faut quand même faire ça vite avant qu’les frites d’viennent molles. » ou encore « C’est comme manger une livre de beurre, mais Montignac nous fait pas peur. »
  • Le groupe québécois Les Cowboys fringants mentionne la poutine dans leurs chansons En berne et La Catherine.
  • Le chanteur québécois Mononc' Serge a aussi abordé ce mets populaire dans une chanson nommée Les Patates.
  • Le duo comique montréalais Bowser and Blue a composé l’hommage The Night They Invented Poutine[7].
  • Le groupe ska Alaska possède dans son répertoire la chanson Monsieur Poutine[8].
  • Le groupe québécois Omnikrom a aussi abordé ce mets populaire dans une chanson nommée Danse la poutine en duo avec TTC.
  • La chanteuse québécoise Lynda Lemay explique le terme à son public Français dans son cours de Québécois.
  • Les Wampas dans leur chanson Seul en Gaspésie (album Rock’n’Roll Part 9 ) chantent : « La poutine me colle aux doigts »
  • Dans la bande dessinée La Belle Province, Lucky Luke se retrouve dans un saloon où les Québécois se battent en lançant de la poutine.
  • Normand Baillargeon traduit baloney detection kit de Carl Sagan par « kit de détection de poutine »[9].
  • Dans la parodie de Lucky Luke dans un numéro du magazine humoristique québécois Safarir, Lucky Luke est envoyé au Québec par le président George W. Bush pour capturer Michael Moore. Dans la parodie, Lucky passe au Supplice du goudron et des plumes deux fois, une fois pour avoir détesté la poutine que le barman lui a servie dans un saloon, et la deuxième fois pour avoir détesté la poutine qu’on lui a servie dans un saloon du village voisin tout en maugréant qu’elle était encore pire que celle qu’il a mangée dans l’autre village[10].
  • Un livre de Charles-Alexandre Théorêt, intitulé Maudite poutine ! L’histoire approximative d’un plat populaire, se penche sur le succès de la célèbre mixture québécoise. Éditions Héliotrope, 2007.
  • Le festival de la poutine de Drummondville a été créé en l’honneur de ce plat[11]. Le festival est organisé par les membres du groupe Les Trois Accords[12].
  • L'éditeur québécois de jeux de société Le Scorpion masqué a publié en mars 2009 un jeu de société intitulé Miss poutine. L'action se déroule dans un casse-croûte populaire (et fictif) nommé Miss poutine. La poutine est le plat le plus souvent demandé dans le jeu et c'est également le seul plat qui demande à combiner deux cartes (au lieu d'une seule) pour être servi.
  • Dans l'émission Les Pieds dans la marge, l'équipe lance une poutine à une altitude de 17 km. Baptisée la Spoutine (Spoutnik), la poutine parcourut près de 100 km à l'aide d'un ballon-sonde.

Notes et références [modifier]

  1. Le roi de la poutine, sur Office québécois de la langue française, Gouvernement du Québec. Consulté le 1er février 2010.
  2. a et b Mets typiques du Canada, sur Radio-Canada.ca. Consulté le 19 janvier 2011
  3. Jean-Paul Roy raconte comment il a commercialisé la poutine
  4. Un restau de bord de route, sans prétention. Le service se fait habituellement au travers d'un guichet.[1]
  5. Article abordant le sujet Frite Alors!, page consultée le 16 mars 2013
  6. Paroles disponibles sur parolesmania.com, page consultée le 12 avril 2007
  7. Le duo Bowser et Blue
  8. The SKA Lyric Archive
  9. Normand Baillargeon, Petit cours d’autodéfense intellectuelle, Lux, coll. « Instinct de liberté », 2006.
  10. Safarir, numéro 197
  11. Festival de la poutine de Drummondville
  12. Première édition du Festival de la poutine de Drummondville

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

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