Ozias Leduc

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Ozias Leduc

Description de l'image  Ozias Leduc mon portrait 1899.jpg.
Naissance
Mont-Saint-Hilaire, Canada
Décès (91 ans)
Saint-Hyacinthe, Canada
Nationalité Drapeau du Canada Nationalité canadienne
Activités Artiste-peintre
Formation Autodidacte
Maîtres Luigi Capello
Élèves Paul-Émile Borduas, Gabrielle Messier

Œuvres réputées

L'heure mauve
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Ozias Leduc (Mont-Saint-Hilaire, 8 octobre 1864Saint-Hyacinthe, 16 juin 1955) est l'un des peintres les plus importants du Québec. Il est le maître d'artistes tels Paul-Émile Borduas et Gabrielle Messier. Leduc peint beaucoup de portraits, de natures mortes et de paysages, et accompli quelques travaux sur des édifices religieux. Leduc est surnommé « le sage de St-Hilaire ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Né à Saint-Hilaire de Rouville (devenu Mont-Saint-Hilaire). À l'âge de 7 ans, son professeur remarque ses aptitudes en dessin. Fils de menuisier d'une famille de 10 enfants. En 1883, il est employé par Carli, un fabricant de statues à Montréal. En 1886, il devient apprenti de Luigi Capello, un peintre italien, sur des décorations d'église. Il exécute notamment Intérieur de la cathédrale Saint-Pierre de Rome. En 1889, il travaille avec Adolphe Rho, pour décorer une autre église, cette fois à Yamachiche au Québec. Vers 1890, alors qu'il partage son existence entre Montréal et Saint-Hilaire, où il se construit un atelier qu'il surnomme Correlieu (là où se rencontrent les amis) sur le domaine familial[1]. À Montréal, il habite chez sa cousine Marie-Louise Lebrun, femme de son maître Luigi Capello sur la rue Saint-Martin, puis rue Saint-Antoine (Montréal) et enfin rue Saint-Jacques.

Peintre religieux[modifier | modifier le code]

Il commence à travailler sur ses propres décorations d'église. Après avoir travaillé à la décoration de l'intérieur de l'église St-Paul-l'Ermite (1892), il obtient son premier contrat important pour la cathédrale de Joliette, pour laquelle il peint un groupe de 23 tableaux religieux. Vers 1896, il retourne se fixer pour des raisons professionnelles à Saint-Hilaire.

Parmi ses œuvres les plus importantes, on trouve l'église de St-Hilaire (1894-1899). Par cette oeuvre, Leduc se place en rupture avec ce qui se fait alors au Québec. Ambitieux, Leduc glisse quelques éléments discrets se référent à la vie quotidienne des fidèles[2]. Comme il le fera souvent, il se sert de membres de sa famille comme modèle notamment, sa sœur dans le tableau L'Assomption.

Grâce à ce contrat, Leduc peut se permettre un bref voyage à Paris et à Londres en 1897 avec Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, pendant lequel il est marqué par quelques impressionnistes. Mais c'est surtout le courant symbolisme qui stimule son intérêt au niveau pictural.

Pendant sa carrière, il décore plus de 30 églises et chapelles au Québec, en Nouvelle-Écosse et dans l'Est des États-Unis. la cathédrale de St-Ninian d'Antigonish (1902-1903), les églises de St-Romuald à Farnham (1905), de Saint-Enfant-Jésus du Mile-End à Montréal (1917-1919), la chapelle de l'évêché de Sherbrooke (1922-1932), le baptistère de la Basilique Notre-Dame de Montréal (1927-1928), l'église des Saints-Anges Gardiens à Lachine (1930-1931) et celle de Notre-Dame-de-la-Présentation à Shawinigan-Sud (1943-1955), un projet qui lui a demandé treize ans pour sa réalisation[3].

Peintre intimiste[modifier | modifier le code]

Il répond à plusieurs commande de portraits, notamment pour la famille Choquette pour lesquels il produit 3 tableaux s'inspirant des paysages ruraux de la Montérégie[4]. Les paysages entre 1913-1921, notamment Cumulus bleu, Fin de journée, Effet gris (neige), Pommes vertes, Neige dorée et L'Heure mauve, ainsi que ses dessins de la série « Imaginations » (1936-1942), sont parmi les plus remarquables de sa carrière[3]. Sans aucun doute, la région d'origine du peintre Saint-Hilaire, la montagne, la rivière Richelieu et le rang des Trente sera l'univers à explorer, le cadre où il trouve son inspiration[5].

Dessin réalisé par Ozias Leduc pour la couverture de la revue de 1918.

Peintre dans la cité[modifier | modifier le code]

La légende en fait un artiste isolé, tenu à l'écart de la scène artistique et intellectuelle de l'époque. Pourtant, voilà une interprétation qui tient davantage du mythe[6]. Leduc est en effet lié à l'intelligentsia canadienne-française conservatrice comme libérale du début du XXe siècle. Il compte parmi ses relations les écrivains Arsène Bessette, Guy Delahaye, Olivier Maurault, Ernest Choquette, Rodolphe Duguay, Albert Tessier, les poètes exotistes Marcel Dugas, Léo-Paul Morin, René Chopin et Robert de Roquebrune); les architectes Louis-Napoléon Audet et Ernest Cormier; les politiciens Louis-Philippe Brodeur et Philippe-Auguste Choquette[7]. Il participe notamment à la revue avant-gardiste Le Nigog en 1918. Il crée également avec Paul-Émile Borduas les décors pour la pièce de Choquette, Madeleine, en 1928[8] et participe à quelques émissions de radio où il parle du rôle de l'artiste en quête de perfection[9].

Profondément ancré dans son village natal, Leduc s'implique également dans la vie communautaire en étant tour à tour président de la commission scolaire puis conseiller municipal. Voyant déjà Saint-Hilaire enlaidie par une urbanisation rapide et massive, il cherche à embellir son village en faisant planter des arbres et en planifiant la construction de parcs[10]. Il fait quelques esquisses d'un potentiel drapeau canadien, très ressemblant du reste de celui adopté en 1965[11].

Le Maître[modifier | modifier le code]

Dès 1899, Leduc enseigne le dessin au couvent de Saint-Hilaire. Il fera de même dans divers couvents de la région de Montréal entre 1901 et 1919[12].

Leduc reçut un doctorat honorifique de l'Université de Montréal en 1938. Il a enseigné son art à Paul-Émile Borduas, Gabrielle Messier et Norma Roberge[13].

Il est décédé à Saint-Hyacinthe en 1955. La Galerie L'Art français l'expose régulièrement[14]. Le fonds d'archives d'Ozias Leduc est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996, p.289
  2. Laurier Lacroix, «Saint-Hilaire, la matière de l'art d'Ozias Leduc», Le sage et le rebelle, 2005, p.13
  3. a et b Leduc, Ozias
  4. Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996,p.291
  5. Laurier Lacroix, «Saint-Hilaire, la matière de l'art d'Ozias Leduc», Le sage et le rebelle, 2005, p.9
  6. A.M. Gehmacher, The mythologization of Ozias Leduc, 1890-1954, PhD University of Toronto, 1995, 287p.
  7. Jean-Mathieu Nichols, «Ozias Leduc et son réseau artistique», L'Œil régional, 27 août 2005, p.45
  8. Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996,p.296
  9. 'Ibid, p.297
  10. Ozias Leduc, l'homme public
  11. Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996,p.298
  12. Ibid, p.291
  13. Exposition Hommage à Norma Roberge
  14. Paul Gladu, "À la Galerie l'Art français...Comme notre vie nationale a peu inspiré nos peintres!" dans Le petit journal, 27 décembre 1964, p. A-28, "En visitant (...) la Galerie L'Art français (...) voici un ensemble riche et varié. Des anciens, (...) Ozias Leduc"
  15. Fonds Ozias Leduc (MSS327) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louise Beaudry, Une analyse formelle et iconographique de quatre paysages (1913-1921) d'Ozias Leduc (1864-1955), SHVR, Concours Percy-W.-Foy 1985, 183 p.
  • Collaboration, Le sage et le rebelle, Beloeil, SHBMSH et Mont-Saint-Hilaire, Musée d'art de Mont-Saint-Hilaire, 2005, 72 p.
  • Bernard Favreau, Au-delà de l'image. L'Église de Mont-Saint-Hilaire et son peintre Ozias Leduc, Beloeil, Valiquette Éditeur, 2000, 120p.
  • Nancy Lafontaine, L'iconographie historique et ouvrière d'Ozias Leduc à Shawinigan-Sud, Québec, Univ. Laval, Faculté des Lettres, mémoire de maîtrise ès arts, 1999, 133 p.
  • Arlene Margaret Gehmacher, The Mythologization of Ozias Leduc, 1890-1954, Toronto, Université de Toronto, thèse de Ph.D., 1995, 315 p.
  • Arlene Margaret Gehmacher, In Pursuit of the Ideal: The Still Life Paintings of Ozias Leduc, Toronto, Université deToronto, thèse de Maîtrise en Philosophie, Département de l'Histoire de l'Art, 1986, 82 p.
  • Monique Lanthier, Portrait et photographie chez Ozias Leduc, Montréal, Univ. de Montréal, Faculté des arts et des sciences, Départ. d 'histoire de l'art, mémoire de maîtrise ès arts, 1987, 190 p.
  • Laurier Lacroix, Dessins inédits d'Ozias Leduc. Ozias Leduc the Draughtsman, Montréal, catalogue d'un exposition itinérante pour les Galeries d'art Sir George Williams de l'Université Concordia, 1978, 168 p.
  • Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996, 318 p.
  • Lévis Martin, Ozias Leduc et son dernier grand oeuvre. La décoration de l'église Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan-Sud, Montréal, Fides, 1996, 188p.
  • Lévis Martin, Ozias Leduc, pour un ultime chef d'oeuvre, Québec, Presses de l'Université Laval, 2010, 178 p.
  • J. Craig Stirling, Ozias Leduc et la décoration intérieure de l'église de Saint-Hilaire, Ministère des Affaires culturelles, Collection Civilisation du Québec, 1985, 279 p.
  • André-G . Vachon (sous la direction de), Ozias Leduc et Paul-Émile Borduas, Montréal, PUM, 1973, 152 p.
  • Barbara Ann Winters, The Work and Thought of Ozias Leduc in the Intellectual and Social Context of his Time, Université de Victoria, thèse de Maîtrise ès Arts en Histoire de l'Art, 1990, 447 p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Images et galeries[modifier | modifier le code]

Informations[modifier | modifier le code]

Critiques et interprétations[modifier | modifier le code]

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