Ozias Leduc
Ozias Leduc
| Naissance | 8 octobre 1864 Mont-Saint-Hilaire, Canada |
|---|---|
| Décès | 16 juin 1955 (91 ans) Saint-Hyacinthe, Canada |
| Nationalité | |
| Activité(s) | Artiste-peintre |
| Formation | Autodidacte |
| Maître | Luigi Capello |
| Élèves | Paul-Émile Borduas, Gabrielle Messier |
| Œuvres réputées | L'heure mauve |
Ozias Leduc (Mont-Saint-Hilaire, 8 octobre 1864 – Saint-Hyacinthe, 16 juin 1955) est l'un des peintres les plus importants du Québec. Il est le maître d'artistes tels Paul-Émile Borduas et Gabriel Messier. Leduc peint beaucoup de portraits, de natures mortes et de paysages, et accompli quelques travaux sur des édifices religieux. Leduc est surnommé « le sage de St-Hilaire ».
Sommaire |
Biographie [modifier]
Formation [modifier]
Né à Saint-Hilaire de Rouville (devenu Mont-Saint-Hilaire). À l'âge de 7 ans, son professeur remarque ses aptitudes en dessin. Fils de menuisier d'une famille de 10 enfants. En 1883, il est employé par Carli, un fabricant de statues à Montréal. En 1886, il devient apprenti de Luigi Capello, un peintre italien, sur des décorations d'église. Il exécute notamment Intérieur de la cathédrale Saint-Pierre de Rome. En 1889, il travaille avec Adolphe Rho, pour décorer une autre église, cette fois à Yamachiche au Québec. Vers 1890, alors qu'il partage son existence entre Montréal et Saint-Hilaire, où il se construit un atelier qu'il surnomme Correlieu (là où se rencontrent les amis) sur le domaine familial[1]. À Montréal, il habite chez sa cousine Marie-Louise Lebrun, femme de son maître Luigi Capello sur la rue Saint-Martin, puis rue Saint-Antoine (Montréal) et enfin rue Saint-Jacques.
Peintre religieux [modifier]
Il commence à travailler sur ses propres décorations d'église. Après avoir travaillé à la décoration de l'intérieur de l'église St-Paul-l'Ermite (1892), il obtient son premier contrat important pour la cathédrale de Joliette, pour laquelle il peint un groupe de 23 tableaux religieux. Vers 1896, il retourne se fixer pour des raisons professionnelles à Saint-Hilaire.
Parmi ses œuvres les plus importantes, on trouve l'église de St-Hilaire (1894-1899). Par cette oeuvre, Leduc se place en rupture avec ce qui se fait alors au Québec. Ambitieux, Leduc glisse quelques éléments discrets se référent à la vie quotidienne des fidèles[2]. Comme il le fera souvent, il se sert de membres de sa famille comme modèle notamment, sa sœur dans le tableau L'Assomption.
Grâce à ce contrat, Leduc peu se permettre un bref voyage à Paris et à Londres en 1897 avec Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, pendant lequel il est marqué par quelquesimpressionnistes. Mais c'est surtout le courant symbolisme qui stimule son intérêt au niveau pictural.
Pendant sa carrière, il décore plus de 30 églises et chapelles au Québec, en Nouvelle-Écosse et dans l'Est des États-Unis. la cathédrale de St-Ninian d'Antigonish (1902-1903), les églises de St-Romuald à Farnham (1905), de Saint-Enfant-Jésus du Mile-End à Montréal (1917-1919), la chapelle de l'évêché de Sherbrooke (1922-1932), le baptistère de la Basilique Notre-Dame de Montréal (1927-1928), l'église des Saints-Anges Gardiens à Lachine (1930-1931) et celle de Notre-Dame-de-la-Présentation à Shawinigan-Sud (1943-1955), un projet qui lui a demandé treize ans pour sa réalisation[3].
Peintre intimiste [modifier]
Il répond à plusieurs commande de portraits, notamment pour la famille Choquette pour lesquels il produit 3 tableaux s'inspirant des paysages ruraux de la Montérégie[4]. Les paysages entre 1913-1921, notamment Cumulus bleu, Fin de journée, Effet gris (neige), Pommes vertes, Neige dorée et L'Heure mauve, ainsi que ses dessins de la série « Imaginations » (1936-1942), sont parmi les plus remarquables de sa carrière[3]. Sans aucun doute, la région d'origine du peintre Saint-Hilaire, la montagne, le rivière Richelieu et le rang des Trente sera l'univers à explorer, le cadre où il trouve son inspiration[5].
Peintre dans la cité [modifier]
La légende en fait un artiste isolé, tenu à l'écart de la scène artistique et intellectuelle de l'époque. Pourtant, voilà une interprétation qui tient davantage du mythe[6]. Leduc puisqu'il est lié à l'intelligentsia canadienne-française conservatrice comme libérale du début du XXe siècle. Leduc compte parmi ses relations les écrivains Arsène Bessette, Guy Delahaye, Olivier Maurault, Ernest Choquette, Rodolphe Duguay, Albert Tessier, les poètes exotistes Marcel Dugas, Léo-Paul Morin, René Chopin et Robert de Roquebrune); les architectes Louis-Napoléon Audet et Ernest Cormier; les politiciens Louis-Philippe Brodeur et Philippe-Auguste Choquette[7]. Il participe notamment à la revue avant-gardisteLe Nigog en 1918. Il créé également avec Paul-Émile Borduas les décors pour la pièce de Choquette, Madeleine, en 1928[8]. Il participe également à quelques émissions de radio où il parle du rôle de l'artiste en quête de perfection[9].
Profondément ancré dans son village natal, Leduc s'implique également dans la vie communautaire en étant tour à tour président de la commission scolaire puis conseiller municipal. Voyant déjà Saint-Hilaire enlaidie par une urbanisation rapide et massive, il cherche à embellir son village en faisant planter des arbres et en planifiant la construction de parcs[10]. Il fait quelques esquisses d'un potentiel drapeau canadien, très ressemblant du reste de celui adopté en 1965[11].
Le Maître [modifier]
Dès 1899, Leduc enseigne le dessin au couvent de Saint-Hilaire. Il fera de même dans divers couvents de la région de Montréal entre 1901 et 1919[12].
Leduc reçut un doctorat honorifique de l'Université de Montréal en 1938. Il a enseigné son art à Paul-Émile Borduas, Gabrielle Messier et Norma Roberge[13].
Il est décédé à Saint-Hyacinthe en 1955.
Notes et références [modifier]
- Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996, p.289
- Laurier Lacroix, «Saint-Hilaire, la matière de l'art d'Ozias Leduc», Le sage et le rebelle, 2005, p.13
- Leduc, Ozias
- Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996,p.291
- Laurier Lacroix, «Saint-Hilaire, la matière de l'art d'Ozias Leduc», Le sage et le rebelle, 2005, p.9
- A.M. Gehmacher, The mythologization of Ozias Leduc, 1890-1954, PhD University of Toronto, 1995, 287p.
- Jean-Mathieu Nichols, «Ozias Leduc et son réseau artistique», L'Œil régional, 27 août 2005, p.45
- Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996,p.296
- 'Ibid, p.297
- Ozias Leduc, l'homme public
- Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996,p.298
- Ibid, p.291
- Exposition Hommage à Norma Roberge
Liens externes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Louise Beaudry, Une analyse formelle et iconographique de quatre paysages (1913-1921) d'Ozias Leduc (1864-1955), SHVR, Concours Percy-W.-Foy 1985, 183 p.
- Collaboration, Le sage et le rebelle, Beloeil, SHBMSH et Mont-Saint-Hilaire, Musée d'art de Mont-Saint-Hilaire, 2005, 72 p.
- Bernard Favreau, Au-delà de l'image. L'Église de Mont-Saint-Hilaire et son peintre Ozias Leduc, Beloeil, Valiquette Éditeur, 2000, 120p.
- Nancy Lafontaine, L'iconographie historique et ouvrière d'Ozias Leduc à Shawinigan-Sud, Québec, Univ. Laval, Faculté des Lettres, mémoire de maîtrise ès arts, 1999, 133 p.
- Arlene Margaret Gehmacher, The Mythologization of Ozias Leduc, 1890-1954, Toronto, Université de Toronto, thèse de Ph.D., 1995, 315 p.
- Arlene Margaret Gehmacher, In Pursuit of the Ideal: The Still Life Paintings of Ozias Leduc, Toronto, Université deToronto, thèse de Maîtrise en Philosophie, Département de l'Histoire de l'Art, 1986, 82 p.
- Monique Lanthier, Portrait et photographie chez Ozias Leduc, Montréal, Univ. de Montréal, Faculté des arts et des sciences, Départ. d 'histoire de l'art, mémoire de maîtrise ès arts, 1987, 190 p.
- Laurier Lacroix, Dessins inédits d'Ozias Leduc. Ozias Leduc the Draughtsman, Montréal, catalogue d'un exposition itinérante pour les Galeries d'art Sir George Williams de l'Université Concordia, 1978, 168 p.
- Laurier Lacroix (sous la direct. de), Ozias Leduc. Une oeuvre d'amour et de rêve, Montréal, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 1996, 318 p.
- Lévis Martin, Ozias Leduc et son dernier grand oeuvre. La décoration de l'église Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan-Sud, Montréal, Fides, 1996, 188p.
- Lévis Martin, Ozias Leduc, pour un ultime chef d'oeuvre, Québec, Presses de l'Université Laval, 2010, 178 p.
- J. Craig Stirling, Ozias Leduc et la décoration intérieure de l'église de Saint-Hilaire, Ministère des Affaires culturelles, Collection Civilisation du Québec, 1985, 279 p.
- André-G . Vachon (sous la direction de), Ozias Leduc et Paul-Émile Borduas, Montréal, PUM, 1973, 152 p.
- Barbara Ann Winters, The Work and Thought of Ozias Leduc in the Intellectual and Social Context of his Time, Université de Victoria, thèse de Maîtrise ès Arts en Histoire de l'Art, 1990, 447 p.
Filmographie [modifier]
- Jean Palardy, Correlieu, 1959
- Michel Brault, Ozias Leduc...comme l'espace et le temps, 1996 [vidéo] extrait sur YouTube.
- François Brault, Ozias Leduc, peintre-décorateur d'églises, 1864-1955, 1984
- [vidéo] Lévis Martin sur l'ultime chef d'oeuvre sur YouTube.
Images et galeries [modifier]
- Galerie du projet Cybermuse du gouvernement canadien.
- Dieu soit avec vous de la Galerie d'Art Mackenzie.
- Nature morte, étude avec un chandelier.
- L'enfant au pain.
- Le jeune étudiant (aussi connue sous le nom « le jeune lecteur »).
Informations [modifier]
- Courte biographie du Musée national des beaux-arts du Québec.
- Très courte biographie dans le projet Horizons de virtualmuseum.ca
- Courte biographie à la Galerie Elliott Louis.
- Biographie et informations sur le Jeune lecteur à Pêche et océans Canada figurant sur un timbre montrant cette peinture.
- Présentation de Ozias Leduc et de son travail sur l'église de Notre-Dame-de-la-Présentation.
- Site de de la Société d'histoire Beloeil-Mont-Saint-Hilaire contenant plusieurs articles sur Ozias Leduc.
Critiques et interprétations [modifier]
- Une entrevue en anglais sur Leduc avec Laurier Lacroix, professeur d'histoire de l'art à l'Université du Québec à Montréal, par Compass (un « journal Jésuite »).
- Un article de Michel Clerk sur les contributions de Leduc à la vie publique.
- La chapelle de l'évêché de Sherbrooke: quelques dessins préparatoires d'Ozias Leduc, par Laurier Lacroix. Aussi disponible à summary en anglais.
- Étude des dessins préparatoires à la décoration du baptistère de l'église Notre-Dame de Montréal en français, par Jean-René Ostiguy. Aussi disponible à summary en anglais.
- L'œuvre déchue, par Stéphane Baillargeon, sur Ozias Leduc et l'église des Saints-Anges de Lachine.